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mercredi 23 mars 2011

Ban Ki-Moon afirma que la ONU ayudará a Túnez en su transición democrática

El secretario general de la ONU, Ban Ki-Moon, dijo hoy en la capital tunecina que Naciones Unidas y la comunidad internacional están preparadas para ayudar al pueblo tunecino a construir "una verdadera democracia participativa".
En declaraciones a la prensa tras su entrevista con el primer ministro interino, Beyi Caid Essebsi, Ban precisó que la contribución será en el "proceso electoral, en la elaboración del proyecto de una Constitución, la restauración del estado de Derecho y en la promoción de los Derechos Humanos y de igualdad de genero".
El secretario general de la ONU calificó de "constructivos" sus encuentros con el presidente interino, Fuad Mebaza, el propio primer ministro y el titular de Asuntos Exteriores, Muldi Kefi, así como con los representantes de los partidos políticos y de diversas organizaciones de la sociales.
"El principal objetivo de mi visita a Túnez es para expresar mi solidaridad y admiración a los tunecinos que han llevado a cabo una revolución pacífica por la democracia" un movimiento -precisó- "realizado por simples ciudadanos, jóvenes, hombres y mujeres".
Durante su primera visita a Túnez tras el desmoronamiento del régimen de Ben Alí un centenar de jóvenes islamistas pertenecientes al integrista Partido de la Liberación (PL), no legalizado por las autoridades del Gobierno transitorio, marcharon por las calles del centro de la capital.
Los jóvenes islamistas corearon consignas contra la visita de Ban Ki-Moon al que calificaron de "agente sionista" y contra "las resoluciones de la ONU hacia los países musulmanes".
En un pasquín político distribuido durante la manifestación, los jóvenes criticaban a Gadafi "por preparar el camino a una intervención extranjera" y denunciaban a "los países islámicos que no han usado sus armas y no han plantado cara a su dictadura sangrienta".
"El problema está en los líderes árabes y musulmanes que son capaces de vender a sus pueblos por permanecer en el poder sin importarles el precio", afirmaron los militantes del PL.
"No existe un líder árabe musulmán que tenga el coraje de movilizar sus tropas militares para salvar al pueblo hermano de Libia de la dictadura de Gadafi", añadió la nota.

# Les entrepreneurs français ne voient pas d’un mauvais œil les négociations sociales

Les entreprises françaises montrent une volonté forte d’investir en Tunisie, a déclaré Dino Cinieri, député UMP et président du groupe d’amitié France – Tunisie au parlement français. Accompagnant Axel Poniatowski, député UMP et président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale française et les députés Chantal Bourragué (UMP) et François Loncle (PS) dans une mission en Tunisie, M. Cinieri, en réponse à une question de Business News, a révélé, sans vouloir s’exprimer au nom des entrepreneurs français, que ceux-ci ne voyaient pas d’un mauvais œil les négociations sociales actuelles et qu’ils ont consenti des augmentations salariales de l’ordre de 11 à 15% jusqu’à présent. La rencontre avec la presse qui s’est déroulée mardi 22 mars 2011 a été l’occasion de revenir sur les impressions des membres de cette mission suite à leurs rencontres avec des partis politiques, des syndicalistes et des représentants de la société civile.

Après quelques « vaguelettes » suite aux déclarations de Michèle Alliot-Marie au moment où Ben Ali réprimait brutalement la contestation, les relations franco-tunisiennes sont revenues au beau fixe, estime Axel Poniatowski. Un nouveau « vent de liberté et de libre expression » souffle sur la Tunisie, mais dans une « relative modération », ajoute-t-il encore.
Les attentes des Tunisiens lui semblent claires : relance de l’investissement, renforcement de l’aide au développement… François Loncle confirme. La question économique et sociale est la priorité absolue, selon la quasi-majorité des témoignages qu’il a recueillis. Les débats institutionnels et la construction de la démocratie ne devront pas occulter cette question, poursuit-il.

Les échanges avec les journalistes se sont focalisés sur l’intervention militaire de la coalition internationale en Libye. M. Poniatowski estime que cette intervention a été bien comprise par les Tunisiens et qu’elle faisait la quasi-unanimité. Encore faut-il qu’elle ne dure pas trop longtemps ajoute M. Loncle.
D’autres sujets ont été survolés en vrac : présence des jeunes dans le nouvel échiquier politique, la place de la femme dans le processus de transition démocratique, le parti islamique Ennahdha… Sur ce dernier point, sans vouloir se prononcer vraiment sur les réelles motivations et les intentions politiques des islamistes ou ce qu’il a cru deviner, M. Poniatowski dit avoir trouvé ses interlocuteurs « modérés dans leurs expressions ».

mardi 22 mars 2011

L'intense journée à Tunis du Secrétaire Général de l'ONU, M. Ban Ki-moon

En visite officielle en Tunisie, le Secrétaire général des Nations Unies s'est entretenu avec le Président de la République intérimaire, le Premier ministre du gouvernement provisoire et le ministre des affaires étrangères.
Il a, également, eu une réunion avec des membres de l'instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.
Par ailleurs, il a rencontré des représentants de la jeunesse tunisienne et de la société civile ainsi que des parents de Mohamed Bouazizi.
A Carthage
Le président de la République par intérim Foued Mebazaa a reçu, mardi matin, à Carthage, le secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies Ban Ki-moon, en visite, actuellement, en Tunisie. A cette occasion, Il a salué la position de l'ONU et sa solidarité avec la revendication des Tunisiens de leur droit à la liberté et à la dignité. Il a émis l'espoir que l'ONU apporte le soutien nécessaire à la Tunisie, afin de gagner les paris politiques, économiques et sociaux de la prochaine étape.
Au sujet de l'évolution de la situation en Libye, M. Mebazaa a souligné que la Tunisie demeure toujours aux côtés du peuple libyen frère auquel il est lié par des relations fraternelles séculaires.
De son côté, M. Ban Ki-moon a qualifié "d'historique" sa visite en Tunisie, durant cette période. Il a fait part de sa considération et de son admiration pour la révolution tunisienne qu'il considère comme "un modèle de changement démocratique du fait qu'elle est spontanée, pacifique et émanant de la volonté du peuple".
Il a souligné que l'ONU est disposée à apporter son appui au processus de transition démocratique et à la consolidation des efforts de la Tunisie pour la concrétisation des attentes de son peuple à un avenir meilleur.
Il a ajouté que des prémisses positifs ont commencé à apparaître au niveau politique, en Tunisie, prémisses qu'il a ressentis, en particulier, a-t-il dit, lors de ses rencontres avec des représentants de partis politiques et de la société civile.
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a, en outre, loué les efforts de la Tunisie, Gouvernement provisoire et peuple, pour venir en aide aux réfugiés en provenance de Libye, ainsi que l'élan de solidarité exprimé, à cette occasion, malgré la conjoncture délicate et difficile que traverse le pays.

Avec les jeunes et des représentants de la société civile

« Il n'existe pas une seule voie pour assurer une transition démocratique. Les transitions réussies ont des caractéristiques communes, pouvant être résumées en ce triptyque : compromis, concessions et consensus », a déclaré le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, ajoutant qu'il est essentiel d'engager, en parallèle, des discussions sans exclusive avec le plus large éventail possible d'organisations et de composantes de la société.
« En Tunisie, la transition démocratique, menée par le peuple, et pour le peuple, est sur la bonne voie. Ce qui est plus important est que le peuple tunisien a choisi cette voie, grâce à un consensus pacifique » a affirmé, mardi, à Tunis, M. Ban Ki-moon, lors d'une rencontre avec les représentants de la société civile tunisienne, composée par un panel d'étudiants, de jeunes, d'universitaires et de militants des droits de l'homme.
La Tunisie, a-t-il précisé, a, aujourd'hui, une feuille de route aux contours clairs, constatant que « le pays est en train de mettre en place d'autres pièces à l'édifice pour garantir des élections transparentes et libres ».
A cette occasion, le Premier responsable de l'ONU a tenu à saluer le « brave » peuple tunisien qui, a-t-il dit, est à « l'avant-garde des évènements épiques qui secouent la région arabe », un peuple « en quête de liberté, de dignité, et de justice sociale, dont le combat a résonné à travers le monde entier ».
Malgré son caractère tragique, a-t-il estimé, l'acte « solitaire » de Mohamed Bouaziz, a été une source d'inspiration ayant « enclenché une série d'évènements extraordinaires ».
Par ailleurs, le Secrétaire général de l'ONU a fait part de l'engagement des Nations Unies à soutenir le nouveau gouvernement et la société civile.
« L'Organisation des Nations Unies est prête à aider la Tunisie dans ses efforts visant à développer la société, créer des emplois, et organiser des élections » a-t-il affirmé, précisant que l'ONU a engrangé une expérience et un savoir-faire depuis 55 ans en la matière et que sa contribution, aussi modeste soit-elle, demeure « précieuse ».
Il n'a, d'ailleurs, pas omis de rappeler que feu Hédi Annabi, diplomate tunisien chevronné, est décédé, suite au séisme ayant secoué Haïti, dans ce même cadre.
Présents à cette rencontre, les représentants de la société civile ont soulevé une série de questions inhérentes à la démocratie, à la liberté d'expression et à la révolution tunisienne.
En réponse aux interventions, M. Ban Ki-moon a souligné que les Nations Unies s'engagent à soutenir le processus électoral en Tunisie, à l'assister à l'élection d'une Assemblée constituante et à l'adoption d'une nouvelle Constitution, prélude au déroulement d'élections libres et transparentes.
Les Nations Unies, a-t-il indiqué, devront envoyer en Tunisie un groupe d'experts parallèlement à une assistance financière nécessaire pour la tenue des élections.
En réponse à la question d'une jeune fille sur l'influence des grandes puissances sur les résolutions prises par les Nations Unies, M. Ban Ki-moon a fait remarquer que « les petits pays, une centaine sur les 192 Etats membres ont une influence notable, notamment au niveau de l'Assemblée générale où chaque vote est utile ».
Il a ajouté que l'ONU était à l'écoute des grandes puissances mais également des petits pays qui sont tous membres à part entière à l'instance onusienne.
Au sujet d'une question relative au manque de réactivité de l'ONU en ce qui concerne le Monde arabe, le Secrétaire général de l'ONU a fait remarquer que pour le cas de la Libye, les Nations Unies aidées par la Ligue des Etats arabes avaient rapidement réagi pour défendre les droits de l'Homme des civils en danger.
Concernant la question palestinienne, il a indiqué que l'ONU avait négocié lors de l'agression menée contre GAZA, un cessez-le-feu et facilité l'assistance humanitaire au profit du peuple palestinien, notamment, à travers l'UNRWA, une assistance certes modeste mais cruciale pour les populations civiles de la Bande de GAZA.
La conférence de presse
Le processus démocratique en Tunisie et la situation en Libye et au Yémen ont été les principales questions soulevées par M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, lors d'une rencontre avec les médias nationaux et internationaux, organisée, mardi soir, à Gammarth.
« La Tunisie peut être fière d'avoir été à l'origine des révoltes pour la démocratie dans la région » a déclaré M. Ban Ki-moon. Le monde a pu voir que « le cri d'un homme réclamant justice pouvait rallier toute une Nation » a-t-il ajouté.
Il a, à cet égard, mis en exergue le rôle de la jeunesse tunisienne, « ce grand trésor de ce pays », une jeunesse forte de ses idées, de son énergie et de ses idéaux », estimant indispensable de lui prêter une écoute attentive dans la construction de l'avenir.
« La région a besoin d'une Tunisie libre et démocratique, et le monde a, à son tour, besoin que les dirigeants de cette région soient élus librement », a-t-il dit, réitérant le soutien de l'organisation onusienne au processus démocratique en Tunisie.
Il a déclaré avoir demandé aux responsables tunisiens de poursuivre les enquêtes au sujet des « crimes et forfaits » commis durant l'ancien régime, et de continuer la lutte contre la corruption.
Il a salué la générosité « proverbiale » de la Tunisie dans le traitement réservé aux réfugiés ayant fui la Libye.
« Nous vous en sommes reconnaissants » a-t-il indiqué. Concernant la situation en Libye, M. Ban Ki-moon a affirmé que son envoyé spécial dépêché sur place avait pour mission d'écouter les points de vue des deux camps, affirmant n'ayant avoir eu, personnellement, aucun contact avec des représentants du régime de Kadhafi. Il a indiqué, qu'il s'adressera, jeudi, au Conseil de sécurité de l'ONU a ce sujet.
Concernant les critiques relatives aux frappes aériennes contre la Libye, le Secrétaire général a précisé que même si certains Etats membres ont émis des réserves avant l'adoption de la résolution 1973, tous sont tenus de s'y conformer, une fois celle-ci adoptée.
Il a fait part de sa confiance quant à l'évolution de la situation sur le terrain, précisant que Kadhafi « ne devrait pas se dresser contre tous », exprimant sa profonde conviction que « la justice finira par l'emporter ».
S'agissant de la crise au Yémen, M. Ban Ki-moon a rappelé qu'il a condamné à de multiples reprises l'usage de munitions réelles contre les manifestants et les civils. « C'est inacceptable » a-t-il martelé, ajoutant que les autorités yéménites ont la « responsabilité » de protéger la vie de leurs citoyens.
Evoquant les critiques émises par certains journalistes concernant le peu d'engagement de l'organisation internationale, dans le passé, à défendre la démocratie dans le monde arabe, il a déclaré que les questions de démocratie et des droits de l'homme ont été soulevées à maintes reprises avec les dirigeants du monde arabe, « mais en vain », a-t-il précisé.

Pourquoi la Suisse a-t-elle été la première à bloquer les avoirs de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ?

Peu de personnes avaient pressenti l'ampleur des conséquences des semaines de soulèvement populaire en Tunisie. Le 14 janvier 2011, l'ancien président tunisien Ben Ali a dû fuir son pays. Cinq jours plus tard seulement, le 19 janvier 2011, la Suisse bloquait ses avoirs éventuels en Suisse, tout comme ceux de sa famille et de ses proches. Au soir du 11 février 2011, le gouvernement suisse a pris la même décision à peine de 30 minutes après la chute du président Moubarak en Egypte. Enfin, le 24 février 2011, alors que les dirigeants libyens s'en prenaient violemment à la population de leur pays, la Suisse a décidé de bloquer avec effet immédiat les éventuels avoirs en Suisse de Mouammar Kadhafi et de son entourage. Pourquoi le gouvernement suisse a-t-il pris la décision de bloquer les avoirs de ces despotes ? Pourquoi la Suisse a-t-elle été, dans les trois cas, la première à réagir, montrant ainsi la voie à de nombreux autres États ?
La réponse est simple : c'est parce la politique que nous poursuivons est claire. Depuis 20 ans, le gouvernement suisse s'attache à écarter systématiquement les avoirs d'origine illégale de la place financière suisse. Les milieux financiers ont pris note de cette politique depuis longtemps. Les experts de renommée internationale reconnaissent que peu de pays ont fourni autant d'efforts dans ce sens ces dernières années. Un spécialiste de la Banque mondiale constatait récemment "la Suisse, refuge de l'argent sale, est une réalité qui appartient au passé ou qui convient, tout au plus, aux romans policiers".
Bien que la place financière suisse ne se positionne qu'au septième rang mondial, notre pays tient le devant de la scène en matière de restitution d'avoirs volés. Ces dernières années, aucun pays n'a égalé un tant soit peu la Suisse dans ce domaine : la somme des fonds rendus à leur pays d'origine s'élève à 1,7 milliard de dollars américains.
Mais si la Suisse a restitué autant d'argent, serait-ce parce qu'elle accepte davantage d'argent sale que les autres places financières ? Aujourd'hui, la concurrence entre places financières est globale. La réputation et la crédibilité d'une place financière constituent des critères toujours plus importants en matière de concurrence sur le long terme. Il serait donc naïf de penser que les banques suisses peuvent se permettre de fixer des standards plus laxistes que ceux de leurs concurrents. Nos succès, nous les devons bien plus aux réformes de la politique suisse. Au cours des dernières années, le gouvernement et le Parlement ont renforcé les lois existantes et en ont créé de nouvelles ; les lacunes ont été identifiées et les lois ont été améliorées en fonction. À bien des égards, les dispositions suisses actuelles vont plus loin que la législation d'autres pays et font office de modèle. Le dernier exemple en date est la loi sur la restitution des avoirs illicites de personnes politiquement exposées, connue sous le nom de "Lex Duvalier". Les États considérés comme fragiles, généralement gangrénés par la corruption, sont peu protégés contre les agissements de leurs dirigeants. La loi suisse est une première mondiale dans ce domaine. Elle permet de restituer des avoirs à des États dont l'arsenal juridique ne permet pas d'effectuer les procédures nécessaires pour exiger le retour des biens détournés par un dictateur.
Toutefois, je reste convaincue qu'il faut en premier lieu lutter contre la corruption là où elle sévit. Le gouvernement helvétique a ainsi décidé de bloquer les comptes suisses de Ben Ali et de Moubarak pour aider les États concernés à récupérer leurs biens présumés volés par la voie juridique, dans les meilleurs délais.
Depuis le gel des avoirs tunisiens et égyptiens, ces deux pays ont déposé une demande d'entraide judiciaire auprès de la Suisse. Le travail du gouvernement helvétique a ainsi porté ses fruits et nous pouvons en être fiers.

Tunisie. Les conditions d’une transition démocratique réussie

La société civile est un acteur majeur de la transition démocratique en Tunisie, souligne un communiqué de Fidh consacré au séminaire international sur la transition démocratique, organisé à Tunis du 17 au 20 mars.
La Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (Remdh) et leurs organisations membres en Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh), le Conseil national des libertés en Tunisie (Cnlt), l’Association tunisienne des femmes démocrates (Atfd) et Collectif Maghreb Egalité, ont organisé du 17 au 20 mars 2011, à Tunis, un séminaire international sur la transition démocratique, suivi d’ateliers sur la place et les besoins de la société civile tunisienne durant cette période.
Depuis la chute du régime Ben Ali, c’est la première fois qu’une telle manifestation accueille plusieurs centaines de personnes: invités étrangers (Espagne, Belarus, Russie, Egypte, Maroc, Pérou, etc.), experts internationaux, représentants officiels du gouvernement tunisien et des institutions européennes, membres des organisations de la société civile tunisienne, ont débattu pendant deux jours des conditions d’une transition démocratique réussie.
La prééminence des normes internationales Les objectifs de ces deux manifestations étaient triples: confronter les expériences vécues à l’étranger lors des transitions démocratiques, définir le cadre de cette transition en Tunisie et, enfin, évaluer et préciser le rôle et les besoins de la société civile de Tunisie. Les travaux qui se sont déroulés montrent l’adhésion sans réserve à quelques principes qui réunissent l’humanité tout entière et qui ne sont pas différents selon les continents ou les rives de la Méditerranée.
Ces principes sont essentiellement:
- la prééminence constitutionnelle des normes internationales qui doivent recevoir une application directe dans le droit interne;
- une loi électorale qui permette un scrutin loyal et sincère et qui autorise à la fois la formation d’une majorité et la représentation des minorités politiques;
- une constitution qui assure la protection de toutes les libertés, et une égalité réelle entre les individus et entre les sexes, y compris en prenant en ce dernier domaine des mesures de rééquilibrage;
- le respect de la liberté absolue de conscience, ce qui implique l’indépendance de la sphère publique à l’égard de la norme religieuse sans pour autant nier l’existence du fait religieux lui-même;
- une justice indépendante et égale pour tous;
- une presse libre de rapporter les faits et d’exprimer des opinions, et indépendante des groupes d’intérêts notamment financiers;
- une organisation économique et sociale qui assure l’accès de tous aux besoins fondamentaux et à la justice sociale.
Diversité et richesse du peuple tunisien
Pour aller vers ces objectifs, la société civile tunisienne ne prétend pas être le seul acteur de cette transition. Parce qu’elle a mené, avec d’autres, la résistance contre la dictature, parce qu’elle exprime la diversité et la richesse du peuple tunisien, elle occupe une place essentielle. Elle entend participer au processus en cours et y porter ses valeurs d’indépendance, de démocratie, de liberté, d’égalité et de justice sociale. Mais elle n’a pas pour but de se substituer aux partis politiques qui ont, eux, vocation à construire des projets politiques entre lesquels le peuple devra arbitrer.
Pour jouer pleinement son rôle, la société civile tunisienne a des besoins matériels à la mesure des attaques dont elle a été victime sous le régime précédent. C’est pourquoi un appel a été lancé aux contributions de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne (UE). Cette aide doit s’inscrire dans les choix de la société civile tunisienne et non les dicter, et avoir une ampleur suffisante pour permettre un réel travail en profondeur.
Il faut en effet reconstruire un tissu social fait de dialogue, de fermeté sur les principes, mais aussi d’ouverture. La société civile tunisienne doit s’ouvrir aux hommes et aux femmes de toutes les conditions sociales, de toutes les régions du pays et de toutes les générations, notamment la jeunesse d’aujourd’hui qui a su spontanément exprimer son désir de liberté et de dignité.
Ce séminaire et ces ateliers sont le début d’un mouvement qui se veut plus large et plus fort. Il devra donner à chacun les moyens d’exercer pleinement sa citoyenneté. Il devra faire en sorte que personne ne se sente jamais plus rejeté, et que tous trouvent dans le processus en cours l’espoir d’une société démocratique toujours plus juste, plus libre et fraternelle.

lundi 21 mars 2011

Tunisie: pas encore la démocratie, mais déjà un premier sondage!

Quelques semaines après la révolution qui a fait tomber Ben Ali, la Tunisie découvre les joies de la démocratie et ses outils politiques. Parmi lesquels les sondages, gadgets survendus dans nos vieilles démocraties qui en abusent, ils apparaissent comme des outils de connaissance et d'expression politiques dans des pays récemment sortis de longues périodes d'absolutisme. Marianne2 dévoile les résultats de l'un des premiers sondages réalisé en Tunisie. 

Après le temps des révolutions, la Tunisie découvre les joies fragiles d'une démocratie balbutiante. Parmi les nouveautés qui s'installent peu à peu dans le paysage politique tunisien : les sondages. Gadgets suspects, polluants des côtes démocratiques dans nos contrées qui en consomment plus que de raison, tout en relativisant leurs résultats, ils apparaissent comme un espace d'expression politique et de connaissance des aspirations des populations dans des pays à peine sortis de l'absolutisme. En Tunisie les bureaux d’études multiplient les enquêtes pour prendre le pouls de l'opinion.

Du temps de Ben Ali, ces enquêtes politiques n’étaient que très rarement réalisées, compte tenu du fait que le pouvoir n’acceptait aucune critique.

Selon l’un des premiers sondages politiques réalisé par l'Institut ID Claire, 64,3% de la population affiche un certain optimisme concernant l’avenir de la Tunisie contre 15,4% qui se montre plus sceptique.
Les domaines à améliorer en priorité concernent la justice (34,1%), l’éducation (13,3%), l’administration publique (13%), la santé et l’emploi (7,9%).
Les principales attentes et aspirations des personnes sondées sont en premier lieu l’amélioration du niveau de vie (27,3%), plus de justice sociale (18,1%) et une baisse du chômage (16,7%). La lutte contre la corruption, les réformes économiques et la réforme de la constitution font également partie des priorités.

Les Tunisiens défavorables à un régime présidentiel

Interrogés sur les changements à apporter à la Constitution Tunisienne, il apparait que la principale préoccupation est le nombre de mandats présidentiels qu’ils ont demandé de préciser et de limiter. Les répondants souhaiteraient également, à travers la constitution,  garantir la démocratie, la liberté d'expression et la liberté de la presse. D’autres éléments ont été évoqués tels que l'immunité du président (qui doit pouvoir être levée), la liberté et la transparence des élections, la réduction des pouvoirs du président, l’indépendance de la justice, la séparation entre les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judicaire) et le changement de régime. Le parfait anti-portrait du régime Ben Ali...

Concernant le type de régime souhaité, la majorité des interrogés (66,2%) choisit  le régime parlementaire. Cette préférence est principalement motivée par la volonté du tunisien de participer, de donner son avis et surtout de prendre part aux décisions.
Seuls 18,1% veulent maintenir un régime présidentiel car depuis l’indépendance c’est le seul qu’ont connu les Tunisiens.

C’est le comportement des Tunisiens lors des différentes élections (municipales, législatives et présidentielles) qui se révèle particulièrement intéressant. Le sondage montre que la participation aux votes a toujours été très limitée. Il s’est avéré ainsi que seulement 18,1% ont déjà voté dans des élections municipales, 15,5% dans des élections législatives et 30,6% dans des élections présidentielles quand Ben Ali annonçait des scores fleuves de 85% voire 95% et des taux de participation jamais inférieurs à 80% !

Aucune figure politique ne sort du lot

A l’évidence, il est beaucoup trop tôt pour que les Tunsiens voient clair dans la nouvelle donne politique :
 « Concernant les représentants des partis, il apparait nettement un manque de connaissance étant donné que la scène politique de l’avant 14 Janvier était dominée par le RCD. Nous avons demandé aux répondants de nous donner spontanément leurs visions de l’orientation politique des partis. Faute de bien connaître le programme politique de chaque parti, les sondés ont donné des réponses subjectives » fait remarquer l’Institut.

Le sondage montre que les Tunisiens n’ont toujours pas de figure politique qui se distingue des autres vu que 83,3% des répondants n’ont pas donné de nom ! Néanmoins,  Ahmed Nejib Chebbi le leader du Parti Démocratique Progressiste  prend timidement la tête du classement avec seulement 6,6%, suivi par Rached Ghanouchi (5,1%), le  leader du mouvement islamiste tunisien, largement réprimé sous Ben Ali  et qui a obtenu sa légalisation récemment après 30 ans d’interdiction.

Un air de démocratie souffle bien sur la Tunisie, mais le chemin sera long et difficile : le journal tunisien WMC rapportait récemment que lors d'un débat télévisé sur une chaîne privée tunisienne, on a demandé à un jeune ce que signifiait la démocratie pour lui, il a répondu: «Je ne sais pas. Vous me demandez quelque chose que je n’ai jamais connu et que je n’ai jamais pratiqué. Je répondrais à votre question lorsque je l’aurais pratiqué!». Tout est dit.

Tunisie: premiers ratés inquiétants de la transition démocratique

La transition tunisienne vers la démocratie engagée depuis la chute de Ben Ali a connu ces derniers jours des ratés préoccupants: la Haute commission chargée de préparer les élections cruciales de juillet a tourné à la foire d'empoigne.
Alors que la Tunisie avait été une pour pousser Zine el Abidine Ben Ali vers la sortie, les querelles de clocher reprennent désormais le dessus, chacun voulant pousser ses pions.
Jeudi, la Haute commission, la plus importante "instance démocratique" du pays n'a pas pu terminer sa première réunion et a ajourné ses travaux à mardi prochain, certains participants jugeant que sa composition même était "incompatible avec les objectifs de la révolution et les aspirations du peuple tunisien".
En clair, pour plusieurs secteurs politiques, cette commission de 70 personnes serait "noyautée" par le pouvoir de transition mis en place après la chute de Ben Ali le 14 janvier.
Composée de représentants de partis politiques, de la société civile, d'experts en droit constitutionnel, la Haute commission est censée produire un nouveau code électoral et un brouillon de Constitution qui sera présentée à l'assemblée constituante sortie des urnes en juillet prochain. Son rôle est donc pivot.
"Le problème c'est qu'aujourd'hui personne ne peut se prévaloir d'une quelconque légitimité, y compris le gouvernement transitoire. L'équipe actuelle de Béji Caïd Essebsi a fait la même erreur que celle de son prédécesseur Mohammed Ghannouchi en n'intégrant pas des forces qui ont compté pendant la révolution", dit à l'AFP l'analyste politique Larbi Chouikha.
Ce qui peut ne sembler qu'une querelle d'experts cache en fait un risque beaucoup plus grand pour la démocratie naissante, sous pression permanente de ceux qui, dans la rue et les campagnes, ont fait tomber la dictature.
Le danger, selon un politologue, c'est "au pire un chaos total, au 'mieux' retarder l'échéance du 24 juillet", les premières élections vraiment libres depuis l'indépendance en 1956 et qui donneront naissance à la IIe République tunisienne.
Elément moteur dans la chute de Ben Ali, la centrale syndicale UGTT a donné de la voix samedi en exigeant que la Haute commission soit remaniée pour "représenter les régions, les sensibilités politiques et les jeunes sans exclusive et marginalisation".
"Nous voulons que soient représentées les régions d'où est partie la révolution contre Ben Ali", renchérit Choukri Benaid, porte-parole du Mouvement nationaliste démocratique (gauche) qui vient juste d'être légalisé.
"Il faut élargir la Haute commission aux forces politiques qui ont combattu la dictature et aux vraies personnalités patriotiques indépendantes", dit-il à l'AFP.
La querelle se porte sur le choix du mode de scrutin pour le rendez-vous électoral de juillet: uninominal à deux tours ou de listes à un tour et à la proportionnelle.
Pour certains juristes consultés par l'AFP, le scrutin de listes, en vigueur depuis l'indépendance, "aboutit au monopole total du parti au pouvoir". Et après 23 ans de domination absolue du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali, ils ne veulent pas en entendre parler.
D'autres jugent en revanche qu'un scrutin uninominal "risque d'exacerber les régionalismes".
Le Premier ministre Essebsi a lui-même mis en garde jeudi contre les "dérives" et les "tentatives de détourner la révolution". "Il y a des lignes rouges à ne pas dépasser et pour lesquelles le peuple tunisien s'est battu pour arriver à bâtir un Etat moderne", a-t-il dit, citant notamment "le régime républicain, l'identité arabo-musulmane et les droits des femmes".
"Pour une démocratie balbutiante, un minimum de consensus est requis autour de la démarche à adopter pour assurer la transition", juge le quotidien La Presse.

La Chine accorde une aide humanitaire à la Tunisie et à l'Egypte

Le gouvernement chinois a décidé d'accorder une aide humanitaire à la Tunisie et à l'Egypte, a annoncé vendredi le ministère chinois du Commerce.

Cette aide de 50 millions de yuans (7,6 millions de dollars) est destinée à atténuer la pression des gouvernements tunisien et egyptien face à l'arrivée de réfugiés venus de leur pays voisin, la Libye, a indiqué le ministère chinois du Commerce sur son site Internet.

Cette aide comprend deux millions de dollars en espèce pour la Tunisie et un million de dollars pour l'Egypte, selon la même source.

Par ailleurs, la Chine envoie à la Tunisie du matériel de secours d'une valeur de 30,3 millions de yuans (4,6 millions de dollars), composé de nourriture, de tentes, de couvertures, de médicaments et de générateurs électriques.

Obama: la Tunisie peut continuer à compter sur l'amitié des Etats-Unis

Le Président Américain Barack Obama a adressé un message de félicitations au président de la République par intérim, Foued Mebazaa, et au peuple tunisien, à l'occasion du 55e anniversaire de l'indépendance.
"C'est le premier anniversaire de l'indépendance après que le peuple tunisien ait courageusement et pacifiquement pris son avenir en main et entamé une nouvelle phase de transition vers la démocratie", a-t-il indiqué.
Le président Obama a souligné que "les événements des derniers mois ont de nouveau prouvé la dignité et la force du peuple tunisien", réitérant le soutien des Etats-Unis aux tunisiens dans leur quête des valeurs universelles.
Il a mis l'accent sur les relations d'amitié historiques et séculaires qui unissent les deux pays, affirmant que la Tunisie peut continuer à compter sur cette amitié au moment où elle s'engage pour un avenir meilleur.

dimanche 20 mars 2011

AVEC LES RÉFUGIÉS EN TUNISIE

Ancien médecin généraliste à Pulversheim, le docteur Samuel Saltzmann, directeur de la branche française d’une ONG internationale, a passé un peu moins d’une semaine dans un camp de réfugiés en Tunisie, à quelques kilomètres de la frontière libyenne. Il raconte.

Le docteur Samuel Saltzmann est désormais au service du Comité d’action pour les Chrétiens persécutés (CACP). Le travail de cette ONG chrétienne se fait en grande partie avec des partenaires locaux. C’est l’un d’eux, fin février, qui l’a prévenu de l’imminence d’une situation d’urgence à la frontière entre la Libye et la Tunisie. Le docteur Saltzmann s’est rendu sur place au milieu du mois de mars.
La majorité des réfugiés du camp de Choucha, près de la ville tunisienne de Ben Guerdane, sont des travailleurs étrangers : « Beaucoup de Bengalis sont là mais aussi des Maliens, des Ghanéens ». Le contact avec les Libyens est plus limité : « La plupart sont en voiture et ne s’arrêtent pas au camp. Par crainte des mercenaires, toutes les automobiles qui passent la frontière sont fouillées de fond en comble ».
La population du camp, de l’ordre de 20 000 personnes lors du séjour du docteur Saltzmann mais qui a augmenté depuis, est soumise à un va-et-vient incessant : « Tous les jours, il y a près de 1 000 personnes qui partent et 2 000 qui arrivent. »
L’évacuation vers l’Égypte a débuté, de même que le rapatriement des Bengalis vers leur pays d’origine. Beaucoup de ces derniers refusent cependant de quitter le camp en raison des maigres espoirs de travail que leur offrirait un retour au Bangladesh.
L’approvisionnement du camp s’organise sous la férule de l’armée tunisienne qui coordonne l’action des ONG présentes.
« Je dois dire que le travail des Tunisiens est remarquable, la nourriture est en quantité suffisante », dit le docteur Saltzmann.

« C’est leur contribution à la révolution »

La vie au camp est surtout rythmée par les distributions de nourriture qui, compte tenu du nombre de personnes, se déroulent bien. « Il y a parfois des tensions, c’est sûr, surtout à cause du manque d’eau et des difficultés de communication entre les réfugiés de différentes nationalités ».
Samuel Saltzmann se dit impressionné par l’importance des dons des Tunisiens : « Ils considèrent que c’est leur contribution à la révolution, ils attachent une grande importance à l’accueil fait aux réfugiés ».
Les membres du CACP ont aidé à servir la nourriture et ont préparé 6 000 repas par jour. « Aujourd’hui, les grosses structures comme le PAM (ndlr : Programme alimentaire mondial qui relève des Nations Unies) ont pris le relais. »
Pour autant, l’organisation reste prête à agir : « Tout dépend de ce qui va se passer dans les prochains jours, il est probable que de nombreux Libyens fuient vers la frontière égyptienne ». En cas de nécessité, une intervention rapide est envisagée, l’organisation disposant de deux contacts à Tripoli.

Tunisie: l'opposant Marzouki prône une "commission vérité et réconciliation"

L'opposant tunisien Moncef Marzouki a appelé dimanche à la mise en place d'une "commission vérité et réconciliation" semblable à celle créée en Afrique du Sud après la fin de l'apartheid, afin de tourner la page de la répression et des abus commis sous le régime Ben Ali.
"Les personnes impliquées devront reconnaître leurs forfaits avant de bénéficier du pardon dans un esprit de tolérance", a plaidé ce professeur de médecine, qui se défend d'être un partisan de "la chasse aux sorcières".
Lors d'une conférence de presse, le chef du Congrès pour la République (CPR) qui envisage de se porter candidat à la présidence le moment venu, a néanmoins jugé impératif de traduire les principaux responsables du régime déchu devant la justice, "car il ne faut pas oublier que des gens sont morts sous la torture".
Pour rompre définitivement avec "le régime dictatorial de Ben Ali" dont il était un farouche détracteur, il a plaidé pour "l'assainissement du corps de la sécurité et de l'appareil judiciaire".
Récemment, le ministre de la Justice au gouvernement de transition a mis à l'écart cinq juges qui avaient condamné des opposants et défenseurs des droits de l'Homme lors de procès qualifiés d'"inéquitables", voire de "scandaleux" par nombre d'organisations non gouvernementales tunisiennes et internationales.
Des élections sont prévues en Tunisie le 24 juillet prochain pour instituer une Assemblée constituante appelée à élaborer une nouvelle Loi fondamentale.
Pendant 23 ans, le président Zine el Abidine ben Ali a dirigé la Tunisie d'une main de fer, jusqu'à ce qu'il soit acculé à la fuite en Arabie saoudite par la Révolution populaire du Jasmin à la mi-janvier.

Tunisie/Tourisme : baisse de 41% des recettes en devises

Le plan de relance , la situation des  marchés émetteurs ainsi que les tendances du tourisme mondial ont été au centre d'un débat tenu hier à Tunis sous la présidence de M Mehdi Houas Ministre du commerce et du tourisme et M Slim Chaker secrétaire d'Etat chargé du tourisme.
Le débat a réuni les représentants du tourisme tunisien à l'étranger , les présidents des fédérations nationales de l'hôtellerie et des agences de voyages et les présidents des fédérations professionnelles  régionales  du secteur.

M Mehdi houas a, à cette occasion insisté sur la nécessité de s'investir davantage dans l'effort et d'être réactifs afin d'apporter les réponses les plus adaptées aux difficultés qui marquent le paysage touristique national. Des réponses souligne le Ministre qui sont synonymes de célérité dans l'action et d'innovation en matière  d'approche des marchés et plus encore  d'une meilleure compréhension des motivations  des clientèles.

Il a par ailleurs exhorté les représentants du tourisme tunisien à l'étranger d' être inventifs dans leurs démarches de promotion afin que les budgets disponibles soient affectés de la manière la plus efficace.

De son coté M Slim Chaker Secrétaire d'Etat au tourisme a donné un exposé sur les instruments mis en place pour traiter la situation du secteur tout en insistant sur la nécessité d'adopter une politique promotionnelle qui renseigne sur le nouveau visage de la Tunisie après la révolution et d'être constamment innovant en vue de véhiculer des messages qui rassurent les touristes sur le climat de sérénité et de quiétude qui prévaut en Tunisie.

Auparavant M Habib Ammar Directeur général de l'office nationale du tourisme tunisien (ONTT) avait  introduit le débat en faisant remarquer que la situation actuelle soulève plusieurs inquiétudes partagées par tous les intervenants du secteur, qui au 10 mars dernier avait enregistré une baisse 41% de ses recettes en devises, une régression de 60% au niveau des nuitées touristiques et une baisse de 42% pour ce qui est des entrées.

Invité par le Ministère du commerce et du tourisme à ce conclave M Frederic Pierret Directeur exécutif de l'organisation mondiale du tourisme (OMT) a donné un éclairage sur la situation actuelle du tourisme mondial et sur les perspectives de son développement et a fait remarquer que les prévisions  de croissance du tourisme international pour 2011 pourraient se situer entre 4 et 5% tout en précisant qu'au cours de 2010 le tourisme mondial avait enregistré 936 Millions d'arrivées internationales.

Au sujet de la relance du tourisme tunisien M Pierret a indiqué que la Tunisie est aujourd'hui perçue comme un pays sur, un pays libre et de droit, un pays fort d'une infrastructure moderne et d'un produit de qualité.
L'image d'un pays transparent est aussi un argument de taille qui contribue à la reconquête de la confiance des touriste et des investisseurs souligne encore le Directeur exécutif de l'OMT. Des exposés sur  les marchés émetteurs ont été examinés par les participants à ce débat.

samedi 19 mars 2011

L’Europe est prête à aider la Tunisie


Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a salué le courage du peuple tunisien, qui « a soufflé le vent du changement vers le monde arabe et le monde entier, ce qui ne permettra à long terme à aucun dictateur d’y résister ».
Ce vibrant hommage a été rendu lors de la conférence de presse qu’il a donnée vendredi 18 mars 2011 au siège de la commission européenne, à l’issue de sa visite officielle en Tunisie.
Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a voulu s’exprimer devant la presse nationale sur les projets futurs de l’Union européenne en Tunisie, après le 14 janvier 2011.
« L’Europe est prête à aider la Tunisie nouvelle. Elle veut que nous le fassions. Nous offrons un nouveau partenariat plus orienté vers des valeurs et des peuples. Le Parlement européen donne tout l’appui possible à la transition démocratique et pourrait être particulièrement utile pour la construction de partis forts et indépendants » a-t-il déclaré
Politiquement, Jerzy Buzek a annoncé que sa mission en Tunisie a consisté à encourager l’appui possible à la transition démocratique des élections tunisiennes du 24 juillet 2011 et ce à travers une série de dispositions et d’aides qui tourneront autour de l’aide financière et du savoir-faire.
Economiquement, le président du Parlement européen a indiqué que la coopération bilatérale touchera la concrétisation de projets concrets en agriculture, en industrie et en tourisme.
Au sujet de la Libye, Jerzy Buzek a déclaré : « Je me félicite de la création d’une zone d’exclusion aérienne et je souhaite sa mise en œuvre rapide. Le cessez le feu annoncé par Kadhafi est une première étape, mais ne peut qu’être le début de la transition du pouvoir. Le régime de Khadafi a perdu toute légitimité et il doit s’en aller immédiatement »

LIBYE-TUNISIE: Le manque d’informations entrave la réponse humanitaire


RAS JEDIR, 19 mars 2011 (IRIN) - Alors que les Nations Unies viennent d’autoriser une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye et « toutes les mesures nécessaires », mis à part l’invasion, « pour protéger les populations et les zones civiles », les agences humanitaires présentes juste de l’autre côté de la frontière tunisienne essaient de se préparer à toute une série de cas de figure différents.

« La situation est vraiment étrange, » a dit Fakhreddine Sraoulia du Croissant Rouge Tunisien. « Nous devons être prêts à [faire face] au pire scénario, qui pourrait être l’arrivée de plusieurs milliers de personnes ou un retour aux scènes de chaos que nous avons vues à la frontière il y a deux semaines. Mais d’un autre côté, ce n’est peut être pas ce qui va se passer. »

Une augmentation brutale du nombre de réfugiés pourrait être provoquée aussi bien par une recrudescence des violences que par une amélioration, une accalmie de la situation.

« Nous ne sommes pas présents de l’autre côté et c’est difficile pour nous d’estimer qui nous allons accueillir dans les jours et les mois qui viennent, » a dit Firas Kayal, porte-parole de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) au camp de transit de Choucha , situé à 25 kilomètres à l’intérieur de la Tunisie.

« Nous faisons de la planification d’urgence, tout en concentrant nos efforts sur le problème que nous avons ici, » a t-il dit à IRIN. « Nous continuons à penser que seuls 15 à 20 pour cent des travailleurs migrants de Libye ont quitté le pays. Les choses pourraient bien sûr changer de façon dramatique ; il nous faut donc être prêts. »

A Choucha, les ressources sont vraiment mises à rude épreuve, mais les organisations non gouvernementales (ONG) et les agences onusiennes disent se préparer à l’arrivée éventuelle de milliers de travailleurs migrants et de réfugiés de plus. L’Organisation internationale des migrations (OIM) dit avoir besoin de fonds supplémentaires pour augmenter la cadence des évacuations.

« Lundi [14 mars], l’OIM a évacué près de 4 000 migrants vers le Bangladesh, le Mali, le Soudan et d’autres pays à partir de Choucha, » a dit Mohammed Abdiker, directeur des opérations de l’OIM. « Cependant, la nuit d’avant, 7 850 personnes avaient fui la Libye. Le calcul n’est pas compliqué. Il faut vraiment accélérer les évacuations pour faire face à un afflux d’arrivants qui ne va pas s’arrêter dans un proche avenir. »

Selon des renseignements donnés à l’OIM par le gouvernement ghanéen, les groupes évacués comprenaient 800 Ghanéens chassés de leur domicile vers les plages de la cité libyenne de Misrata. Les migrants auraient reçu l’ordre de quitter le pays sous les deux jours.
« Nous voulons pouvoir évacuer 6 000 personnes par jour, » a ajouté M. Abdiker. « Mais pour ce faire, l’OIM a besoin de toute urgence de donateurs qui fournissent de nouveaux fonds substantiels, d’autant plus qu’on nous signale de plus en plus de migrants ayant besoin d’aide, en Libye comme à l’extérieur. »

Stockage de réserves

Afin de répondre à une augmentation dramatique du nombre de nouveaux arrivants, les organisations humanitaires font des réserves de nourriture, de fournitures médicales et d’articles non-alimentaires, dans le camp et aux abords du camp.

Cette semaine, 47 tonnes d’approvisionnement du Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) - dont des kits d’hygiène et des rations nutritionnelles pour les enfants – sont arrivées à la ville frontalière de Ben Guerdane. L’UNICEF est en train d’installer 300 dalles de latrines et 80 toilettes chimiques. Choucha a aussi reçu un chargement de 319 tentes et en attend 3 600 supplémentaires.

A deux kilomètres de Choucha, s’est ouvert un camp de transit d’une capacité de 7 000 places, financé par les Emirats Arabes Unis ; le camp commence à se remplir.

Save the Children, qui a commencé à travailler à Choucha cette semaine, s’efforce de développer dans le camp des espaces mieux adaptés aux enfants, en cas de nouvel exode de familles venant de Libye. L’organisation aura bientôt six travailleurs qualifiés pour gérer les installations et distribue des lampes de poche aux familles à leur arrivée.

L’UNICEF prévoit de faire un recensement pour établir le nombre de familles installées dans le camp et a commencé à vacciner les moins de cinq ans contre les maladies les plus risquées.

Les ressortissants d’Afrique sub-saharienne

Au cours des derniers jours, le pourcentage de travailleurs migrants et de réfugiés de pays d’Afrique sub-saharienne arrivant au camp a augmenté. Selon le HCR, entre 40 et 50 familles se sont installées cette semaine dans la zone du camp de Choucha adaptée aux enfants.

Un bébé, le premier de Choucha, est né au camp le 13 mars.

« Il est important d’avoir au camp un espace destiné aux enfants et aux familles, » a dit à IRIN Mary, une Ghanéenne mère de deux enfants. « Quand de nouvelles familles arrivent, nous pouvons rester ensemble, plutôt qu’à l’autre bout du camp qui est surtout pour les hommes. »

Les ONGs se préparent également à un afflux de personnes souffrant de stress et de traumatismes.

Selon le Corps médical international (IMC), des informations non confirmées indiquent que des femmes sub-sahariennes auraient été séparées de leur famille et victimes d’attaques sexuelles alors qu’elles tentaient d’atteindre la frontière tunisienne.

vendredi 18 mars 2011

Pierre Lellouche en Tunisie : "la France est à vos côtés"

Accompagné de Mehdi Houas, ministre du Commerce et du Tourisme, Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur, vient de donner une conférence de presse au siège de l’Institut arabe des Chefs d’Entreprise (IACE), à l’issue d’une visite de deux jours qu’il a qualifiée "d’extrêmement pleine". "Venir en Tunisie au moment où elle vit une histoire extraordinaire et accompagner sa transition démocratique est une réelle émotion et une vraie joie", a-t-il dit, rappelant les répercussions de la révolution tunisienne sur les centaines des milliers d’hommes dans la région, "ce qui prouve que la démocratie est aussi possible dans le monde musulman".

"La Tunisie est confrontée encore à des défis, avec  ce peuple qui découvre les valeurs de la liberté et de la justice et qui a des besoins importants", a-t-il indiqué, évoquant sa rencontre avec le Premier ministre tunisien, "où je lui ai assuré au nom du gouvernement, et de l’ensemble des Français de droite et de gauche que la France est à vos côtés".

Au-delà de la diplomatie et des ses symboles, la France appuiera la Tunisie sur le plan économique, a-t-il laissé entendre, annonçant la visite la semaine prochaine en Tunisie de son collègue de l’Industrie, Eric Besson. "Vous avez besoin de redémarrer votre croissance, et les 1200 entreprises françaises présentes en Tunisie ont le moral et comptent augmenter leurs investissements et leur présence en Tunisie, excepté quelques petits problèmes ça et là, des problèmes techniques et juridiques qui sont en train d’être réglés". Qu'en est-il au juste ? "Il y a des entreprises qui ont subi des dommages matériels, et qui ont besoin de règles pour sécuriser leurs investissements. Certaines entreprises contiennent des actifs de la famille de l’ex-Président, ces actifs appartiennent au peuple, et c'est au gouvernement tunisien de les récupérer", a-t-il répondu en substance.

"Les engagements futurs de la France en Tunisie dépendront des priorités du gouvernement actuel", a-t-il admis en réponse à une question. "C’est la Tunisie qui va établir son programme de relance, nous sommes en attente de vos besoins pour pouvoir fixer cette coopération et donner la possibilité aux entreprises françaises de travailler".

"La coopération entre la Tunisie et la France doit-être basée sur un principe gagnant/ gagnant à travers un transfert de technologie, et non de délocalisation de part et d’autre, a dit Pierre Lellouche, citant l’exemple de Danone où du lait tunisien est fabriqué par des machines françaises".


De son côté, Mehdi Houas, ministre du Tourisme, a indiqué que "ce qui reste à faire en Tunisie est difficile, mais le peuple tunisien saura être à la hauteur du challenge". Le ministre du Tourisme et du Commerce a parlé d’ un nouveau positionnement de la Tunisie par rapport à l’Europe. "La Tunisie était longtemps une destination Low cost, avec un tourisme de masse à bas prix, une industrie basée sur une fabrication à bas coût. Aujourd’hui avec cette révolution, et le respect du droit social, et du droit légal, nous sommes en train de présenter un deal gagnant/gagnant, non pas pour être une plateforme de délocalisation, mais une plateforme de relais pour attaquer l’Afrique".

"Il ne faut pas que le printemps arabe soit étouffé dans le sang"
Interrogé sur la frappe annoncée ce matin ( vendredi) "dans quelques heures" en Libye, et ses conséquences qui demeurent floues, Pierre Lellouche n’a pas donné une réponse claire se limitant à louer "l’effort de mobilisation de la communauté internationale pour que cesse  le massacre de la population libyenne par son guide actuel ou passé".

"Un gouvernant a un devoir de protection de sa population, et non de tuer son peuple au risque d’être traduit en justice. La France a dit non et nous avons mobilisé des pays européens, les Etats-Unis, et les pays de la Ligue arabe. Nous avons réussi à faire voter une résolution non sans mal, pour une zone d’exclusion aérienne, qui sous-tend une action militaire au besoin", a-t-il souligné. "Un sommet aura lieu demain à Paris en présence des Etats-Unis, des pays européens et arabes pour voir l’application de cette résolution".

"La France était au rendez-vous de ses valeurs, il ne fallait pas que le printemps arabe soit étouffé dans le sang par la répression libyenne", a-t-il indiqué s’abstenant de donner le moment prévue pour cette attaque militaire annoncée, "seul le Président de la République française, qui est chef des armées qui peut décider de l’emploi de la force".

Au sujet du conflit israélo-palestinien, la position de la France est claire, selon Pierre Lellouche, "nous avons demandé à Israël, en tant que pays ami, une position claire qui ne se borne pas à rendre la paix impossible par les constructions. Nous prônons une solution à deux Etats. Ce conflit facilite ceux qui exploitent le terreau de la misère. Il faut qu’on règle ce problème, si on veut empêcher que le fanatisme continue à s’accroitre". 

Tunisie : Une année fructueuse (OBG)


Pourvu que la Tunisie arrive à se remettre de l’instabilité politique qui avait frappé le pays en début d’année, et suite aux bonnes performances 2010, le secteur bancaire tunisien semble prêt à tirer les fruits des prévisions économiques mondiales (encourageantes) en 2011 et des efforts renouvelés au sujet des prêts non performants (PNP). Toutefois, des questions restent en suspens quant aux projets du gouvernement sur le long terme, notamment pour faire de cet état nord africain un centre régional financier.
Même si les données définitives ne sont pas encore disponibles, les performances du secteur semblent avoir été plutôt bonnes en 2010. Le principal courtier local Maxulla Bourse estime que les bénéfices nets du secteur bancaire ont augmenté de plus de 20% par rapport à 2009 pour atteindre 504 millions de dinars (257,08 millions d’euros) en 2010. Alors que toutes les banques n’ont pas encore annoncé leurs résultats pour 2010, les premiers signes sont positifs. L’institution publique et deuxième plus grande banque du pays, la Société Tunisienne de Banque (STB), a enregistré une hausse de 8,46% des dépôts de sa clientèle, avec 5,1 milliards de dinars (2,6 milliards d’euros) en 2010, ainsi qu’une augmentation de son portefeuille de prêts de 12,46% par rapport à 2009, atteignant les 5,4 milliards de dinars (2,75 milliards d’euros). Les bénéfices ont ainsi progressé de 5% par rapport à l’année précédente pour atteindre 42 millions de dinars (21,42 millions d’euros).
Les autorités cherchent à améliorer les perspectives du secteur et la banque centrale est aussi entrain de prendre des mesures pour s’assurer du bon fonctionnement du système financier face aux changements politiques en cours. Alors que le devenir de ces efforts reste incertain face à la transition politique, l’administration précédente prenait des mesures dans le cadre d’un programme de développement du secteur sur le long terme pour transformer la Tunisie en un centre régional de services financiers. Dans ce but, le gouvernement avait annoncé en juin 2010 une série de mesures, notamment une réduction du ratio de PNP du pays à moins de 7% des prêts, consolidant la mis en place de 400 nouvelles agences bancaires et une hausse de 3% à 5% du poids du secteur dans le PIB.
Dans le cadre de son programme à long terme, le gouvernement avait aussi annoncé plusieurs autres projets, dont la création de deux nouvelles organisations bancaires. La première, Tunisie Holding, serait chargée de développer la stratégie du secteur et de superviser les banques publiques, et la seconde, Al Moubadara, se chargerait des prêts à court terme destinés aux petites et moyennes entreprises. Le programme avait aussi comme autre objectif, de consolider le secteur en augmentant notamment les exigences de fonds propres à 100 millions de dinars (51 millions d’euros) d’ici 2014.
Les efforts destinés à réduire les PNP peuvent se baser sur le succès des années précédentes durant lesquelles, selon des chiffres du FMI, le ratio de PNP est passé de 24,2% en 2003 à 15,5% en 2008 et 13,2% en 2009. En 2009, ce taux est descendu à 14,1% pour les banques publiques et 12,5% pour les banques privées. Le taux de provisionnement des PNP est passé de 44,1% en 2003 à 58,3% en 2009 -57,1% pour les banques publiques et 59,2% pour les banques privées. Ces taux varient fortement d’une banque à une autre, certaines institutions réussissant mieux que d’autres.
Bien que les chiffres 2010 pour le secteur ne soient pas encore disponibles, la STP par exemple a annoncé un taux de PNP de 18,8% et un taux de provisionnements de 46,8% à la fin de l’année 2010. Attijari Bank a fait état d’un taux de provisionnement de PNP supérieur à la moyenne avec 68,1% contre 64,2% en 2009. La Banque Arabe de la Tunisie annonce elle un taux de provisionnement encore plus élevé (75,2% en 2010 contre 73,2% en 2009) et un taux de PNP de 7,1% en 2010 contre 8,7% en 2009. Quant à la Banque Internationale arabe de Tunisie (BIAT), elle a indiqué que ses prêts PNP ont chuté à 8,2% avec un taux de provisionnement de 71,3% à la fin de l’année 2010 alors qu’en 2009 ils s’établissaient respectivement à 9,4% et 70,3%.
Alors que les PNP déclinaient et que les taux de provisionnement augmentaient, la valeur des prêts aux particuliers dans le secteur bancaire étaient aussi à la hausse. Selon les chiffres de la banque centrale, ils ont atteint 10,7 milliards de dinars (5,46 milliards d’euros) en décembre 2010, soit une hausse approximative de 21% par rapport à décembre 2009. Les prêts immobiliers représentaient 78% de ce total et ont augmenté de 26% entre décembre 2009 et décembre 2010, pour atteindre 8,35 milliards de dinars (4,26 milliards d’euros). Depuis 2005, les crédits hypothécaires ont plus que triplé. Les prêts automobiles, même s’ils restent minimes, ont progressé rapidement durant ces cinq dernières années, passant de 150 millions de dinars (76,51 millions d’euros) à 335 millions de dinars (170,88 millions d’euros) à la fin de l’année dernière, soit une hausse de 120%.
Afin d’assurer un bon fonctionnement et une certaine fluidité du système bancaire dans le contexte des récents changements politiques, la banque centrale tunisienne a pris le contrôle en janvier des deux institutions qui ont été touchées par le changement de régime, la Banque de Tunisie ainsi que la seule banque islamique du pays, la Zitouna Banque. Dans le même temps, la banque centrale a tenté de rassurer les créanciers en déclarant à la presse internationale qu’elle disposait de suffisamment de réserves en devises étrangères pour répondre aux obligations financières du pays.
Alors que les récents événements politiques pourraient légèrement accentuer la tendance à la baisse des PNP sur le court terme, des progrès accélérés devraient être observés sur le long terme. Certes, il règne une incertitude quant aux projets à long terme du nouveau gouvernement pour le secteur, mais 2011 devrait être une année sans souci particulier pour les banques du pays d’autant que la banque centrale s’agite pour assurer la stabilité du système et pour répondre aux préoccupations des créanciers et investisseurs étrangers.

La France disposée à soutenir financièrement la Tunisie


TUNIS, 17 mars 2011 (TAP) - «Nous sommes dans l'attente des initiatives que la Tunisie va prendre, pour pouvoir l'accompagner et être au diapason de ses projets futurs », a souligné M. Pierre Lellouche, secrétaire d'Etat français, chargé du commerce extérieur.
Lors d'une séance de travail tenue jeudi à Tunis, avec M. Abdelaziz Rassaa, ministre de l'Industrie et de la Technologie, M. Lellouche, a souligné la volonté d'accompagner « l'immense révolution tunisienne » qui a eu un impact sur tout le monde arabe et la méditerranée et de l'aider à réussir économiquement et plus particulièrement dans le domaine de l'industrie.
Il a relevé, également, qu'il est du devoir de la France de soutenir les entreprises françaises implantées en Tunisie, surtout que ces dernières ont « une bonne impression de la Tunisie » et veulent y rester. Des consultations sont menées à cette fin, avec les entreprises françaises par le biais du MEDEF.
Le gouvernement français, vise à travers les visites successives de ministres et de hauts responsables, à apporter son appui à la Tunisie et l'aider dans son développement économique, a ajouté M. Lellouche.
Pour sa part, M. Rassaa, a précisé que les priorités du gouvernement tunisien portent, actuellement, sur le développement régional, l'emploi et l'énergie, annonçant que plusieurs fiches de projets sont à l'étude.
Il a indiqué qu'un plan de relance économique est en cours d'examen et sera lancé prochainement.
Les représentants d'entreprises françaises implantées en Tunisie qui ont pris part, à cette rencontre, ont exprimé leur disposition à accompagner la Tunisie dans ces différents projets, notamment dans le domaine technologique.

Paris envoie un haut responsable en Tunisie pour discuter des investissements

Le secrétaire d'Etat français chargé du Commerce extérieur, Pierre Lellouche, effectue jeudi et vendredi une visite en Tunisie pour discuter de la promotion d'investissements français avec le gouvernement de transition tunisien, a annoncé jeudi le ministère français de l'Economie et des Finances.
Il s'agit de "la première visite d'un ministre du gouvernement français à la tête d'une délégation d'une quinzaine d'entreprises françaises, représentant dix secteurs d'activités" en Tunisie, depuis l'installation d'un gouvernement de transition en janvier dernier après la chute du régime de Ben Ali, a affirmé le ministère français dans un communiqué.
L'objectif de cette visite vise à maintenir les entreprises françaises en Tunisie et à y assurer leurs investissements, a indiqué le ministère français.
M. Lellouche "abordera en direct et au cas par cas avec les autorités tunisiennes et les entreprises concernées, différentes thématiques telles que la juste compensation pour les dommages aux biens, le traitement des participations détenues par les affiliés de l'ancien régime dans les joint-ventures avec des entreprises françaises et la stabilisation du climat social", précise le communiqué.
M. Lellouche "annoncera des gestes concrets pour renforcer le partenariat privilégié entre la France et la Tunisie dans cette phase de transition", et "réaffirmera la volonté de la France d'être l'avocat de la Tunisie dans les enceintes européennes et multilatérales", ajoute le communiqué.
En février dernier, le président français Nicolas Sarkozy avait dépêché sa ministre de l'Economet et des Finances, Christine Lagarde, et son ministre chargé des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, pour réaffirmer la confiance entre Paris et Tunis.

L'Amérique n'impressionne plus les Tunisiens

La visite d'Hillary Clinton à Tunis le 17 mars, a été marquée par un rejet populaire. La présence en force et peu discrète des officiers américains de sécurité n'était pas non plus pour plaire à la population.

 Sale temps pour la diplomatie occidentale en cette ère de Révolution en Tunisie. A la question posée par une consoeur à l'ambassadeur de France : "Quelle leçon la France ne nous donnera pas maintenant" (et qui l'a mis en rogne !). L'un de nous aurait pu, le 17 mars, si la conférence de presse avait eu lieu au ministère des Affaires étrangères, poser cette question à Madame Clinton : "Quelle menace nouvelle inventera l'Amérique pour tenir la Tunisie en laisse ?" [Une centaine de personnes opposées à la venue d'Hillary Clinton en Tunisie avait organisé un sit-in devant le siège du ministère des Affaires étrangères où des mesures de sécurité draconiennes avaient été mises en place, donnant lieu à des tensions entre les équipes de sécurité tunisiennes et américaines. La conférence a finalement eu lieu au siège du Premier ministre à la Kasbah après plus de trois heures de retard].

L'Oncle Sam a fabriqué Ben Laden et à ses yeux, Ben Ali "se justifiait" parce qu'il représentait "un rempart contre la mouvance intégriste ou ce qu'il  appelle le terrorisme". Et puis, les Tunisiens n'oublieront pas que Washington a pris son temps pour applaudir à la Révolution tunisienne. Et maintenant, que les choses se clarifient aux yeux de la Maison Blanche, Madame Clinton affirme "l'engagement américain à soutenir la transition démocratique tunisienne, politiquement et financièrement".

Politiquement, on sait que l'Amérique, pays d'un bipartisme de fait, serait très à l'aise  si une bonne centaine de partis politiques s'installaient sur l'échiquier au nom du respect des sensibilités. Et gare à écorcher les sensibilités religieuses ! Mais sur le plan financier, on ne sait pas vraiment comment vont s'y prendre les Américains.

Cela dit, la démarche américaine reste la même : sa diplomatie consiste immanquablement à faire brandir des menaces. Après Al-Qaïda, voilà que Hillary Clinton agite celle de Kadhafi. "La Tunisie sait très bien que si Kadhafi ne s'en va pas, il va très probablement créer des ennuis chez vous, en Egypte et à n'importe qui d'autre, c'est dans sa nature", a-t-elle déclaré sur Nessma TV. Cela ressemble a du chantage. C'est comme si elle demandait à la Tunisie - comme elle y avait fait allusion en Egypte [où Hillary Clinton s'est rendue le 15 et 16 mars]  - à aider à renverser Kadhafi. Et alors, on ne sait pas vraiment ce qu'est venue faire Madame Clinton. Que nous a-t-elle apporté ? A moins qu'elle ne soit venue prendre, chez nous, la température de la Libye. Quant à la parodie de sa conférence de presse, elle restera dans les annales. Bel échantillonnage de liberté d'expression. Il est vrai qu'elle ne pouvait pas bouger à son aise, comme quelques années en arrière, à Sidi Bousaïd, au centre Ettadhamen et à travers les associations mafieuses d'une certaine... Leïla Ben Ali.



Pierre Lellouche en Tunisie pour renforcer le commerce bilatéral

Le secrétaire d'Etat français au Commerce extérieur Pierre Lellouche a plaidé jeudi soir pour des "relations politiques et économiques les plus étroites possibles avec la Tunisie".
Arrivé jeudi avec une dizaine de chefs d'entreprise, M. Lellouche a indiqué à l'AFP être venu apporter "le soutien de la France" qui est "le premier avocat de la Tunisie dans l'Union européenne".
La France est le premier partenaire de la Tunisie, 1.250 entreprises y sont implantées, qui emploient environ 110.000 personnes. "Le climat est bon, nos entreprises veulent rester", a-t-il poursuivi.
Pour lui, l'instauration d'un état de droit est favorable aux affaires et est "dans l'intérêt de la transition", une allusion au système mafieux mis en place du temps du régime du président Ben Ali et du clan de son épouse.
Outre des visites de quelques sociétés françaises, le secrétaire d'Etat devait avoir un entretien vendredi avec le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi.
La veille il avait rencontré les ministres du Développement économique, de l'Industrie et des Finances.
"Il s'agit de déterminer les moyens les plus concrets et immédiats d'accompagner la transition démocratique en cours" depuis la chute du président Ben Ali le 14 janvier, a-t-il expliqué.
Interrogé sur la position dominante de la France comme premier partenaire de la Tunisie, le secrétaire d'Etat a estimé que la relation commerciale bilatérale était "d'égal à égal".
"Notre dispositif d'accompagnement doit coller aux choix du gouvernement de transition", a encore dit Pierre Lellouche, qui dit être aussi venu "pour solder les problèmes qu'il y a pu avoir pendant la transition".
Alors que l'Italie est confrontée à un afflux très important de migrants tunisiens vers l'île de Lampedusa, Pierre Lellouche a par ailleurs estimé que "c'est en développant ce pays que l'on contrôlera les flux migratoires".
Il a de ce point de vue plaidé "pour un maximum de coopération en matière d'immigration légale et un maximum de fermeté concernant l'immigration illégale".
Concernant l'impact sur la Tunisie de la crise en Libye voisine, il a parlé de "répercussions immenses".
Sur le conflit lui-même et l'attitude de la communauté internationale face au régime du colonel Kadhafi, il a estimé que la France, très en pointe sur ce dossier, a eu "une attitude et une position plus morales que d'autres".