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mardi 22 février 2011

La France tente de redorer son image en Tunisie


Sauvegarder les intérêts supérieurs de la nation... Les ministres français de l’Economie et des Affaires européennes Christine Lagarde et Laurent Wauquiez ont tenté, à Tunis ce mardi, de regagner la confiance des Tunisiens. La France propose une vaste aide financière à leur pays. Michèle Alliot-Marie, la ministre des Affaires étrangères, ne faisait pas partie de la délégation française. Ses liens avec le régime Ben Ali ont jeté le discrédit sur la France. De même que les maladresses de son nouvel ambassadeur, Boris Boillon.
Opération séduction. Les ministres français de l’Economie, Christine Lagarde, et des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, ont été accueillis ce mardi au Palais de Carthage par le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi. Ils se sont rendus à Tunis pour « renouveler le soutien à la transition démocratique » et appuyer « le peuple tunisien à concrétiser ses aspirations et construire une Tunisie démocratique et prospère ». Laurent Wauquiez a proposé un « plan Marshall » pour la Tunisie. Les responsables français en visite « d’amitié et de travail » tentent de reconquérir la confiance des citoyens tunisiens déçus par la diplomatie française depuis la chute de l’ancien président Zine El-Abidine Ben Ali le 14 janvier. « La confiance entre la Tunisie et la France n’a pas été rompue », rappelle Christine Lagarde dans les colonnes du Figaro. La France a commis depuis le début de la révolte populaire tunisienne une série d’erreurs diplomatiques. En cause, les sorties de la chef de la diplomate française, Michèle Alliot-Marie, grande absente de cette visite.
Une visite diplomatique sans Alliot-Marie
La ministre française des Affaires étrangères, qui est au Brésil, paie les frais de sa gestion contestée des évènements lors de la révolution de Jasmin. De l’offre de « coopération policière » de MAM à ses vacances en Tunisie au début de la révolte tunisienne, elle a été au centre d’une série de polémiques depuis la mi-janvier.
Paris et Tunis entretiennent ainsi depuis la chute de Ben Ali des rapports diplomatiques difficiles. Le 24 janvier, le président Nicolas Sarkosy reconnaissait que la diplomatie française avait « sous-estimé les aspirations du peuple tunisien à la liberté ». Samedi dernier, ce sont les propos jugés « agressifs » conjugués à une attitude « arrogante » et l’« esprit hautain » du nouvel Ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, qui avaient provoqué le mécontentement de la population tunisienne. Boris Boillon, excédé, avait qualifié de « débiles » les questions d’une journaliste tunisienne. Son prédécesseur, Pierre Ménat, venait pourtant tout juste de faire les frais des méprises de la diplomatie française.
Le « plan Marshall » tunisien : le dernier « élan » français ?
La visite « d’amitié et de travail » des deux ministres français sonne comme une nouvelle étape dans les relations diplomatiques entre Paris et Tunis, après le dérapage de Boris Boillon dont le choix visait pourtant à leur faire « prendre un nouvel élan », selon le porte parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valéro. Laurent Wauquiez a lui aussi joué la carte de l’apaisement. « On ne vient pas pour donner des leçons mais pour écouter quels sont leurs besoins », a précisé ce mardi Laurent Wauquiez, qui a évoqué la possibilité d’augmenter des financements européens et estimé nécessaire d’établir « un plan Marshall maintenant pour la Tunisie, européen mais aussi mondial ». La France a d’autre part déjà débloqué le 14 février une « aide d’urgence » de 350 000 euros à la Tunisie destinée aux populations les plus vulnérables. Rétablir de bonnes relations avec Tunis est un enjeu capital pour l’Hexagone qui reste, sur le plan commercial, son premier fournisseur.

Paris plaide pour un "plan Marshall" pour la Tunisie


TUNISIA, Tunisia — Premiers responsables français à se rendre à Tunis depuis la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier dernier, la ministre de l'Economie Christine Lagarde et le ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez ont plaidé mardi pour un "plan Marshall" pour la Tunisie.
Lors d'une conférence de presse, Mme Lagarde a évoqué l'initiative prise par la France à la clôture du G20 Finances à Paris pour "engager la communauté internationale dans un message de soutien et d'amitié et aussi de mobilisation économique et financière pour accompagner le peuple tunisien dans son mouvement démocratique".
Aussitôt arrivés dans la capitale tunisienne, les deux émissaires du président Nicolas Sarkozy ont eu un long entretien avec le Premier ministre Mohamed Ghannouchi et plusieurs membres du gouvernement, les assurant du "soutien de la France à la transition démocratique en Tunisie".
"Nous sommes venus aussi exprimer l'admiration de la France à l'égard du peuple tunisien pour cette révolution à la fois pionnière et profondément morale", a déclaré Mme Lagarde.
"Le peuple tunisien a donné une leçon au monde entier et ce qu'il a fait force le respect", a estimé Laurent Wauquiez. "La France veut résolument s'engager au côté de la Tunisie pour investir dans la démocratie et pour que l'Europe en fasse un choix prioritaire", a-t-il martelé.
Paris "s'emploiera à être le meilleur avocat de la Tunisie à Bruxelles", a promis M. Wauquiez. La France va "militer" pour faire en sorte que la Tunisie puisse accéder, avant la fin de cette année, au statut avancé avec l'UE, un statut "privilégié et sur mesure". Ce statut avancé devrait notamment faciliter l'accès des PME tunisiennes aux marchés européens.
"L'Europe doit augmenter les moyens financiers consacrés à la Tunisie", a-t-il par ailleurs suggéré, souhaitant que la Banque européenne d'investissement (BEI) accroisse ses moyens financiers au profit de la Tunisie. AP

L'UE envisage 6 milliards d'euros de prêts pour le sud de la Méditerranée

La Banque européenne d'investissement (BEI), bras financier de l'UE, s'est dite prête, mardi 22 février, à doubler ses prêts aux pays du sud de la Méditerranée, à environ 6 milliards d'euros pour la période 2011-2013, afin d'aider leur "transition" vers la démocratie.
L'objectif de la BEI est de "montrer que l'Europe est capable de réagir très vite" aux bouleversements en cours dans cette région, a précisé le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive. "Nous voulons être présents tout de suite pour financer maintenant les besoins économiques pour que la désespérance qu'il y a dans la région ne cède pas le pas à une conflagration aussi économique et sociale [...]
"A l'heure actuelle, dans un pays comme la Tunisie, une liberté retrouvée peut permettre d'avoir un taux de croissance accru de 1 ou 2 % de point de PIB par an", a-t-il souligné.
Tunis pourrait bénéficier de près de 1 milliard d'euros de prêts de la BEI dès cette année. Outre la Tunisie, la région Méditerranée recouvre dans le budget de la BEI l'Algérie, l'Egypte, le Maroc, la Jordanie, le Liban, la Syrie, les territoires palestiniens et Israël. La Banque n'a en revanche "jamais été autorisée à agir en Libye", selon son président.
RELEVER D'UN MILLIARD D'EUROS LE PLAFOND DES PRÊTS
Ce dernier, Philippe Maystadt a rappelé que le mandat donné à la BEI par l'UE prévoyait initialement pour cette région, pour la période 2007-2013, un total de 8,7 milliards d'euros. Sur ce montant, "il ne reste plus que 2,8 milliards pour couvrir la fin de la période, jusque 2013", a-t-il précisé. Mais des possibilités existent pour augmenter l'enveloppe régionale, a-t-il expliqué.
Le Parlement européen a notamment demandé la semaine dernière de relever de 1 milliard d'euros le plafond des prêts que la BEI peut consentir dans cette région d'ici 2013, a-t-il rappelé, mais les gouvernements de l'UE doivent encore donner leur feu vert.
La BEI fonctionne comme un bras financier de l'UE : elle emprunte sur les marchés avec la garantie de l'UE, ce qui lui permet de bénéficier de conditions favorables, et de prêter à son tour les fonds collectés à des taux moins élevés que le marché, dans le cadre de financement de projets spécifiques.

Tunisie : Le trésor de "Ben Ali Baba"



Les autorités tunisiennes ont mis la main sur un magot caché dans le palais où vivaient le président Ben Ali et sa femme, Leïla Trabelsi.

Samedi 19 février. Nous nous trouvons dans le bureau de Mehdi Houas, le ministre du Tourisme tunisien. Il parle au téléphone avec Abdelkarim Zbidi, son homologue de la Défense. « Allume ta télévision, tu vas voir ce qu'ils ont découvert ! », lui enjoint ce dernier. Comme des millions de Tunisiens qui regardent le journal de 20 heures, les hauts fonctionnaires demeurent bouche bée devant le spectacle.

Coffres-forts

Les images ont été tournées le jour même dans le palais de Sidi Bou Saïd (situé à 15 km de Tunis) où vivaient l'ex-président Zine el-Abidine Ben Ali et sa famille. Derrière une bibliothèque en trompe-l'œil où sont disposés de faux livres anciens, Abdelfattah Amor, président de la Commission nationale chargée de mettre au jour les affaires de malversation et de corruption du régime Ben Ali, révèle à ses concitoyens des armoires, hautes de 2 mètres, dissimulées dans les murs. Il s'agit de coffres-forts. Ils contiennent une fortune : des liasses de billets soigneusement disposées les unes sur les autres et dont les « bracelets » sont frappés du tampon de la Banque centrale de Tunisie, des bijoux de grande valeur, des parures serties de diamants et de pierres précieuses disposées dans des écrins, des montres de luxe et même – la chose aura sûrement choqué les musulmans les plus pratiquants – des bouteilles d'alcool et de vins millésimées.

Eventuelles bombes

Selon les autorités, la découverte aurait été faite par hasard, tandis qu'une équipe de démineurs sondait le palais, à la recherche d'éventuelles bombes. En pénétrant dans la bibliothèque, leurs détecteurs de métaux se seraient affolés. Euros, dollars, dinars (tunisien), selon le gouvernement, le montant des devises retrouvées en argent liquide dans le palais (et placées aussitôt dans les coffres de la Banque de Tunisie) s'élève à plus de 20 millions d'euros. D'autres devises sont toujours en cours de comptage.

Deux ministres français mardi en Tunisie pour apporter "une réelle solidarité et appuyer la transition"


Les ministres français de l'Economie, Christine Lagarde, et des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, se rendront mardi en Tunisie pour une visite d'amitié et de travail, afin d'apporter une "réelle solidarité" de la France et "appuyer la transition" en cours après la chute du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali.
A la demande du Président Nicolas Sarkozy, cette visite sera l'occasion de "réitérer un message politique de soutien à la transition démocratique engagée et de souligner la disponibilité de la France pour aider le peuple tunisien à concrétiser ses aspirations et construire une Tunisie démocratique et prospère", indique-t-on lundi de source officielle à Paris.
Dans la perspective de la conférence internationale de Carthage, consacrée aux réformes politiques et économiques, les deux ministres rencontreront les nouvelles autorités tunisiennes "afin de se mettre à l'écoute de leurs attentes", précise un communiqué des ministères de l'Economie et des Affaires étrangères.
Mme Lagarde et M. Wauquiez "étudieront avec leurs interlocuteurs les moyens d'y répondre, dans la durée et avec le concours de tous les acteurs concernés y compris l'Union pour la Méditerranée et l'Union européenne".
"Nous devons développer une vraie coopération et appuyer la transition, avec une obligation de résultat. C'est le message que je vais porter en Tunisie", a affirmé M. Wauquiez, dans un entretien au quotidien +Le Monde+, daté du mardi.
Au sujet de la vague récente d'immigration clandestine de milliers de Tunisiens vers l'île italienne de Lamedusa, le ministre a indiqué que "l'Europe doit et va, aider les Tunisiens, mais en Tunisie, et non à Lampedusa".
"L'Union européenne doit arrêter de courir derrière l'actualité", a-t-il reconnu, notant que "collectivement, nous (l'UE) n'avons peut-être pas réagi assez vite, mais le temps de l'action est venu".
Il s'agit de la première visite d'officiels français depuis la fuite de l'ex-président tunisien.
La France a été critiquée pour sa réaction tardive au changement en Tunisie et sa ministre des Affaires étrangères, Mme Michèle Alliot-Marie, s'est trouvée au centre d'une tempête politico-médiatique pour son voyage en Tunisie, en pleine révolution, ainsi que pour ses relations étroites avec un homme d'affaires tunisien lié au clan Ben Ali.
Cette visite intervient également au moment où le nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, a essuyé la colère de manifestants tunisiens qui ont réclamé son départ, après ses propos peu diplomatiques à l'égard des journalistes tunisiens.

Deux ministres français attendus en Tunisie pour y apporter le soutien

Le président français Nicolas Sarkozy a décidé d'envoyer deux ministres en Tunisie pour réaffirmer son soutien à la transition démocratique, a-t-on appris lundi de source gouvernementale.
La ministre de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, Christine Lagarde, et le ministre chargé des Affaires européennes, Laurent Wauquiez, se rendront mardi à Tunis pour "réitérer un message politique de soutien à la transition démocratique engagée et de souligner la disponibilité de la France pour aider le peuple tunisien à concrétiser ses aspirations et construire une Tunisie démocratique et prospère", selon un communiqué publié par le gouvernement français.
Il s'agit du premier déplacement de membres du gouvernement français en Tunisie depuis l'installation des nouvelles autorités. Il intervient aussi entre le Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne (UE) des 20 et 21 février, qui a permis d'examiner les relations entre l'UE et son voisinage sud, et avant une réunion de haut niveau organisée par l'UE, mercredi 23 février, à Bruxelles, avec les principaux intervenants multilatéraux.
Dans la perspective de la conférence internationale de Carthage consacrée aux réformes politiques et économiques, les deux ministres français rencontreront les nouvelles autorités tunisiennes afin de se mettre à l'écoute de leurs attentes. Ils étudieront avec leurs interlocuteurs les moyens d'y répondre, dans la durée et avec le concours de tous les acteurs concernés y compris l'Union pour la Méditerranée et l'Union européenne.

lundi 21 février 2011

La Tunisie nomme un nouveau ministre des affaires étrangères pour remplacer l'admirateur d'Alliot-Marie


Le gouvernement de transition tunisien a nommé un diplomate de carrière, Mouldi Kefi, au poste de ministre des affaires étrangères, en remplacement d'Ahmed Ounaeïs, qui avait dû démissionner le 13 février après une controverse suscitée par ses propos laudateurs envers son homologue française, Michèle Alliot-Marie, a annoncé l'agence officielle TAP, citant une source autorisée au sein de la présidence.
Mouldi Kefi, qui a servi sous les présidence de Habib Bourguiba et de Zine El-Abidine Ben Ali, a notamment travaillé comme diplomate à Prague, Berlin-Est et Moscou, avant d'enchaîner les postes d'ambassadeur au Nigeria, Ghana, Liberia et en Sierra-Leone ainsi qu'en Indonésie, selon une biographie officielle.

"MME ALLIOT-MARIE, AVANT TOUT UNE AMIE DE LA TUNISIE"
Agé de 65 ans, marié et père de quatre enfants, il succède à Ahmed Ounaïes, 75 ans, qui avait démissionné à la mi-février à la veille de la visite en Tunisie de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton. Ancien ambassadeur à la retraite, M. Ounaïes avait été nommé secrétaire d'Etat aux affaires étrangères dans le premier gouvernement d'union nationale, le 17 janvier. Il était devenu ministre dans le gouvernement de transition remanié le 27 janvier par le premier ministre, Mohamed Ghannouchi.
En visite à Paris, dont le ralliement tardif à la révolution du jasmin a fait grincer des dents à Tunis, Ahmed Ounaïes n'avait pas tari d'éloges début février sur son homologue Michèle Alliot-Marie. "J'aime écouter Mme Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes", avait-il affirmé. Il avait salué en elle "avant tout une amie de la Tunisie", alors que Michèle Alliot-Marie était sommée au même moment de s'expliquer en France pour avoir bénéficié des largesses d'un grand patron tunisien lié en affaires au clan Ben Ali et pour avoir proposé au régime vacillant le "savoir-faire" des policiers français, alors que la répression battait son plein.

La Tunisie demande l'extradition de l'épouse de Ben Ali

Selon une source au ministère des affaires étrangères citée par l'agence officielle TAP, la Tunisie a officiellement demandé lundi 21 février à l'Arabie saoudite l'extradition de Leïla Trabelsi, épouse du président déchu Ben Ali.

La veille, Tunis avait déjà demandé à Riyad l'extradition du président, accusé d'être impliqué "dans plusieurs crimes graves" et d'avoir incité les Tunisiens à "s'entretuer", tout en réclamant des informations sur son état de santé ou "son décès éventuel". Ben Ali et sa famille ont fui en Arabie saoudite le 14 janvier après avoir été renversés par un mouvement de contestation sans précédent.

VERS UN DÉMANTÈLEMENT DU RCD
Par ailleurs, le ministre de l'intérieur tunisien, Farhat Rajhi, a déposé lundi une demande officielle de dissolution du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l'ancien puissant parti du président déchu. Selon un communiqué du ministère, cette demande intervient à la suite d'une décision prise par le ministre de l'intérieur le 6 février, entérinant la suspension provisoire de toutes les activités du RCD ainsi que toute réunion ou rassemblement de ses membres et la fermeture de tous les locaux qu'il possède ou qu'il exploite de quelque manière que ce soit.

Au temps de sa splendeur, le RCD, fondé le 27 février 1988 par Zine El Abidine Ben Ali, revendiquait plus de deux millions d'adhérents pour 10 millions d'habitants. Depuis que le président Ben Ali, 74 ans, a fui le palais de Carthage pour l'Arabie saoudite le 14 janvier, des Tunisiens n'ont cessé de manifester pour réclamer sa dissolution.

Túnez reclama a Arabia Saudí la extradición de Ben Ali

Las autoridades tunecinas solicitaron ayer formalmente a Arabia Saudí la extradición del ex presidente Zine el Abidine Ben Ali por su implicación en la muerte de manifestantes durante la revuelta que propició su derrocamiento, informa Efe. El ex presidente de 74 años, se refugió en Arabia Saudí el 14 de enero. En la actualidad se encuentra en estado de coma en el hospital de Yeda, tras sufrir una lesión cerebral, informa France Presse.

Por otra parte, el secretario de Estado de Asuntos Exteriores de España, Luis Yáñez-Barnuevo, viajará el próximo jueves a Túnez, en lo que constituirá la primera visita de un alto cargo español a dicho país tras la huida del presidente Ben Ali, el 14 de enero.
El número dos de la diplomacia española visitará Túnez después de que ya lo hayan hecho el secretario del Foreign Office, William Hage, y su homólogo alemán, Guido Westerwelle, entre otros.
La ministra española de Asuntos Exteriores, Trinidad Jiménez, acudió ayer a Bruselas para analizar las revueltas. A su llegada, Jiménez mostró su "enorme preocupación" por la sangrienta represión de las protestas en algunos países, pero no citó expresamente a Libia, cuyo Gobierno ha amenazado con dejar de cooperar con la UE en la lucha contra la inmigración.
Los 27 estudiarán hoy cómo apoyar los procesos de transición en Túnez y Libia, adaptando la política de vecindad y la Unión Por el Mediterráneo.

Continúan las protestas en países árabes y Túnez amnistía a presos políticos

Redacción Internacional, 19 feb (EFE).- Las manifestaciones en demanda de un cambio político han continuado hoy en Bahréin, Libia, Argelia y Yemen, mientras en Túnez los presos políticos fueron amnistiados.
En Bahréin, miles de manifestantes han vuelto a tomar la plaza de la Perla poco después de que el mando general de las fuerzas armadas anunciara que había ordenado a los efectivos y unidades militares que regresaran a los cuarteles.
La vuelta de los militares a los cuarteles coincide con una nueva llamada del príncipe heredero de Bahréin, jeque Salman bin Hamad al Jalifa, a la oposición para "tratar todos los asuntos con sinceridad".
El jeque Salman bin Hamad al Jalifa pidió también a las fuerzas de seguridad y a los manifestantes que se retiren de los lugares donde hay concentraciones para evitar enfrentamientos, según la agencia oficial, BNA.
El príncipe "pidió a todas las fuerzas de seguridad que se retiren inmediatamente de las zonas de congregación y a los presentes que se retiren para evitar enfrentamientos entre las fuerzas de seguridad y los manifestantes", según la agencia.
En Libia, la policía abrió fuego contra los manifestantes en Mosrata, tercera ciudad del país.
Abderrahman Souihli, profesor universitario de esa ciudad, aseguró a la cadena de televisión Al Yazira que decenas de jóvenes se lanzaron a la calle para exigir un cambio de régimen y la salida del poder de Muamar al Gadafi.
Las fuerzas policiales respondieron violentamente a la manifestación y, según declaró el profesor, ocho personas fueron alcanzadas por balas. "Ignoro si hay muertos, pero están gravemente afectados", añadió.
El activista de derechos humanos, Mohamed Sedaka, aseguró a la cadena de televisión qatarí, que la ciudad de Bengasi se encuentra desde última hora de la mañana "totalmente bajo control" de los manifestantes contrarios al régimen de Gadafi que lleva 41 años en el poder.
En Argelia, el diputado de la opositora Reagrupación por la Cultura y la Democracia (RCD) Tahar Besbes resultó hoy gravemente herido por las fuerzas policiales durante las protestas en Argel en demanda de cambios en el régimen, informó a Efe el portavoz de esa fuerza política, Mohcen Belabés.
Centenares de policías trataron de impedir en las calles adyacentes a la plaza del Primero de Mayo, en el centro de Argel, que los manifestantes iniciaran una marcha en demanda de reformas.
Los manifestantes corearon: "poder asesino", "abajo la opresión" y otras consignas contra el régimen y el presidente argelino, Abdelaziz Buteflika.
Entre estos se encontraba el presidente de honor de la Liga Argelina de Defensa de los Derechos Humanos (LADDH), Ali Yahia Abdenur, abogado de 91 años, que se ha convertido en la voz más respetada de la contestación en Argelia.
En Yemen, en la Universidad de Sana de la capital de Yemen hubo disturbios que ocasionaron un muerto.
Mientras tanto, en Túnez entró en vigor la amnistía general para los presos políticos según un decreto firmado por el presidente tunecino interino Fuad Mebaza.EFE

El hijo de Gadafi advierte sobre una guerra civil


TRÍPOLI (Reuters) - El líder libio Muammar Gadafi se enfrentará una revuelta popular hasta "el último hombre", dijo el lunes uno de sus hijos en momentos en que personas se sumaban por primera vez a las protestas en la capital tras días de agitación violenta en la ciudad oriental de Benghazi.
Manifestantes antigubernamentales se congregaron en las calles de Trípoli, líderes tribales hablaron contra Gaddafi, y unidades del Ejército desertaron a la oposición mientras el país exportador de petróleo experimenta una de las revueltas más sangrientas que han afectado recientemente al mundo árabe.
El embajador de Libia en India, Ali al-Essawi, dijo a la cadena británica BBC que renunciará en protesta por la violenta represión que ha dejado más de 200 muertos.
Essawi también acusó al Gobierno de desplegar mercenarios extranjeros contra los manifestantes.
El hijo de Gaddafi Saif al-Islam apareció en la televisión nacional en un intento tanto para amenazar a los sublevados como para calmar a los habitantes, diciendo que el Ejército mantendrá la seguridad a cualquier precio.
"Nuestra moral está alta y el líder Muammar Gaddafi encabeza la batalla en Trípoli, y estamos detrás de él, así como el Ejército libio", declaró su hijo.
"Seguiremos luchando hasta el último hombre, incluso hasta la última mujer (...) No dejaremos Libia a los italianos o los turcos", agregó.
Agitando el dedo frente a la cámara, Saif culpó a los exiliados libios por fomentar la violencia. Pero también prometió diálogo sobre reformas y alzas salariales.
Las promesas podrían no ser suficientes para sofocar la ira desencadenada tras cuatro décadas del gobierno de Gaddafi - reflejando los eventos en Egipto donde una revuelta popular derrocó al presidente Hosni Mubarak hace 10 días.

El presidente estadounidense, Barack Obama, está recibiendo informes regulares sobre los sucesos en Libia, y su gobierno buscar una "aclaración" de altos cargos libios mientras presiona por que acabe la violencia contra los manifestantes pacíficos, indicó.
En la ciudad costera de Bengasi los manifestantes parecían casi tener todo el control después de obligar a las tropas y policías a replegarse en un recinto. Edificios gubernamentales fueron incendiados y saqueados.
En la primera señal de disturbios serios en la capital, miles de manifestantes se enfrentaron con partidarios de Gadafi. Durante la noche se escucharon disparos y la policía usó gases lacrimógenos para dispersar a los opositores, algunos de los cuales lanzaron piedras contra carteles de Gadafi.
Al menos 223 personas han muerto en cinco días de disturbios, según el grupo de derechos humanos Human Rights Watch La mayoría falleció en Bengasi, punto de partida del levantamiento y una región donde el control de Gadafi siempre ha sido débil.
Habib al-Obaidi, un cirujano del hospital Al-Jalae, dijo que los cuerpos de 50 personas, que en su mayoría murieron a tiros, fueron llevados al recinto el domingo por la tarde. También llegaron 200 heridos, agregó.
"Una de las víctimas quedó destrozada después de ser alcanzada en el abdomen por una granada impulsada por cohete", declaró.
Miembros del escuadrón "Relámpago" del Ejército también llevaron camaradas heridos al hospital, indicó el médico. Los soldados dijeron que se pasaron a la causa de los manifestantes y que lucharon y derrotaron a miembros de la guardia de élite de Gadafi.
"Ahora dicen que superaron a la Guardia Pretoriana y que se unieron a la revuelta popular", declaró el abogado Mohamed al Mana por teléfono desde el hospital.
Si Gaddafi esperaba descartar la revuelta en Bengasi como un problema provincial, el domingo por la noche se enfrentó un alarmante desarrollo cuando multitudes ocuparon las calles de Trípoli. Un residente dijo a Reuters que podía escuchar disparos y multitudes de personas.
El apoyo para Gaddafi entre las tribus desérticas de Libia también se está debilitando. El líder de la tribu Al Zuwayya, en el el este del país, amenazó el domingo con bloquear las exportaciones de petróleo a menos que las autoridades detengan lo que llamó la "opresión a los manifestantes", según el canal de televisión Al Yazira.
Hablando en la cadena de televisión árabe, el jeque al Zuway dijo: "Detendremos las exportaciones de petróleo a países occidentales dentro de 24 horas" si no cesa la violencia.
 

dimanche 20 février 2011

Tunis demande à l'Arabie Saoudite l'extradition de Ben Ali


La Tunisie a demandé dimanche à l'Arabie Saoudite l'extradition du président déchu Ben Ali, accusé d'être impliqué "dans plusieurs crimes graves", a annoncé le ministère des Affaires étrangères. Selon un communiqué du ministère, "les autorités tunisiennes ont adressé par voie diplomatique une demande officielle aux autorités saoudiennes. Cette demande a (...) pour objet d'extrader le président déchu" Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite le 14 janvier après avoir été renversé par un mouvement de contestation sans précédent. Victime d'un AVC le 17 février, l'ex-président Ben Ali est dans le coma et, selon certaines rumeurs, pourrait être décédé. Tunis a d'ailleurs exigé des Saoudiens des informations sur la santé ou le "décès éventuel" de Ben Ali.

"Suite à une nouvelle série d'accusations adressées à l'encontre du président déchu, accusations relatives à son implication dans plusieurs crimes graves qui consistent à commettre et à inciter à l'homicide volontaire et à semer la discorde entre les citoyens d'un même pays en les poussant à s'entretuer", la Tunisie a demandé son extradition, poursuit le communiqué.

Le gouvernement tunisien a réclamé dimanche aux autorités de Ryad de lui "fournir dans les plus brefs délais" des informations sur l'état de santé ou "le décès éventuel" du président déchu Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite le 14 janvier.

Dans un communiqué cité par l'agence officielle TAP, le ministère des Affaires étrangères informe avoir formulé une demande à l'adresse du Royaume d'Arabie Saoudite, afin qu'il lui fournisse "dans les plus brefs délais, toutes  les données dont il dispose concernant l'état de santé du président déchu, à la  lumière des informations contradictoires véhiculées à propos de la détérioration de son état de santé et de son décès éventuel."

L'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, 74 ans, qui a fui son pays le 14 janvier sous la pression de la rue,  est dans le coma depuis jeudi dans un hôpital de Jeddah. "Il est à l'hopital à Jeddah (...). Il a eu un AVC (accident vasculaire cérébral), il est dans un état grave", a indiqué un proche de la famille.

Le président déchu et sa famille ont fui en Arabie Saoudite le 14 janvier à l'issue de près d'un mois de contestation populaire après 23 ans de pouvoir sans partage.
 

Tunisie: découverte d'un "trésor" dans un des palais des Ben Ali

TUNIS (AP) — De très importantes sommes en dinars tunisiens et en devises étrangères, ainsi que des bijoux d'une "valeur inestimable" ont été découverts dans l'un des palais du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et de son épouse Leïla Trabelsi sur la colline de Sidi Bousaïd, une banlieue huppée à environ 15km au nord de Tunis, selon des images diffusées par la télévision nationale.
Les images de cette impressionnante "cave d'Ali Baba" sont diffusées en exclusivité depuis samedi soir par la télévision nationale tunisienne, qui attribue cette découverte à la commission nationale d'investigation sur la corruption et les abus de l'ancien régime. Le président de cette commission, le juriste Abdelfattah Amor, était présent sur les lieux.
Des rangées entières de liasses de billets de banques -des coupures de 500 euros, des dollars ainsi que des devises égyptiennes, libanaises et turques, en plus de gros paquets de dinars tunisiens- étaient placées dans de grands coffres-forts dissimulés derrière une bibliothèque aux portes glissantes.
Des liasses montrées par la télévision étaient encore cachetées, portant le sceau de la Banque centrale de Tunisie (BCT) datées de 2001 ou de 2009. "Celle-ci est à elle seule d'une valeur de 100 millions", a déclaré un membre de la commission en tenant une liasse de coupures de 500 euros toutes neuves.
"Il y a là des milliards et des milliards, peut-être plus qu'il y en a à la Banque centrale", s'est exclamé, stupéfait, le journaliste Mehrez Laâmari.
Les coffres contenaient également des parures serties de diamants, d'émeraudes et d'autres pierres précieuses, colliers et ceintures en or massif.
Le Pr Abdefattah Amor a assuré que cette "fortune" serait évaluée en présence des membres de la commission et de huissiers notaires. "Elle sera dès aujourd'hui déposée dans les coffres de la BCT et, après les procédures légales, elle devra retourner au peuple tunisien", a-t-il ajouté.
En fin de reportage, la télévision a montré un fourgon fortement escorté sortir du palais de Sidi Bousaïd pour se diriger vers le siège de la Banque centrale à Tunis. AP

"Libertad, dignidad y justicia", el grito de los manifestantes en Marruecos

Las revueltas se propagan por los países del Magreb para pedir más democracia.- Miles de personas se concentran en Rabat y Casablanca

Miles de personas han comenzado a reunirse en Casablanca y Rabat con la intención de iniciar una manifestación pacífica por reformas políticas y una limitación de los poderes del rey. En Casablanca, los manifestantes gritan "Libertad, Dignidad y Justicia" además de "menos poder para la monarquía", "El rey debe reinar y no gobernar" y "el pueblo quiere una nueva Constitución", informa la agencia AFP. En Rabat, capital del país, alrededor de cuatro mil personas se concentran en la plaza Bad Alhad, en las puertas de la Medina. Los lemas que se gritan son similares a los de Casablanca, en francés y árabe. El ambiente es relajado y en la concentración, en la que no se ven símbolos islamistas, se mezclan las clases sociales aunque sobre todo hay personas de clase media, familias con niños, y gente joven.
Policías antidisturbios impiden el paso a los asistentes a una protesta en Argel contra el régimen.- EFE
Otras ciudades del país, como Fez, Tánger y Marraquech, también viven concentraciones, todas con el mismo objetivo: pedir reformas constitucionales y la dimisión del Gobierno. La policía, de momento, se mantiene relativamente discreta y en primera línea.
El Ejecutivo contiene la respiración ante las protestas convocadas a través de la red social Facebook, en una quincena de ciudades entre las que figuran las más importantes del país. El hecho no tiene precedentes, por primera vez, los ciudadanos piden democracia, el fin de la corrupción y la dimisión del Gobierno y se especula sobre cuánta gente se echará a las calles o cómo reaccionarán las fuerzas de seguridad, que al caer la noche estaban siendo desplegadas ayer.
Las comunicaciones a través de Internet son muy limitadas y tampoco es posible hacer un seguimiento de las manifestaciones a través del canal de televisión Al Yazira, ya que su emisión ha sido suspendida. La policía impide el acceso a Rabat también por carretera y mantiene un control en el puente que une la capital y Salé, feudo de Justicia y Caridad, partido islámico.
Varios cientos de jóvenes se anticiparon a la convocatoria y salieron a la calle ayer en Tánger (norte de Marruecos), el viernes por la noche, instigados por la rama marroquí del movimiento antiglobalización ATTAC, que reclama la imposición de tasas a las transacciones financieras internacionales. Su protesta empezó con una sentada en la plaza de las Naciones, pero después intentaron desfilar por el centro de la ciudad y se toparon con una barrera policial.
Los jóvenes rompieron las lunas de decenas de vehículos y apedrearon una comisaría, pero su principal objetivo fueron los símbolos de las empresas extranjeras que firmaron grandes contratos con el Ayuntamiento de Tánger, empezando por la francesa Amendis, filial de Veolia, que proporciona luz y potabiliza el agua de la ciudad. Un autobús de Autasa (del madrileño Grupo Ruiz) y camiones de TecMed (filial de Urbaser), que recoge las basuras, fueron también atacados.
A 40 kilómetros al sur de Tánger, en Arcila, Mohamed Benaissa, el exministro de Asuntos Exteriores de Marruecos, se llevó un susto de muerte cuando decenas de jóvenes apedrearon su domicilio cuya primera puerta forzaron. Gritaron: "¡Que caiga Benaissa!", parafraseando un eslogan coreado en Egipto contra Hosni Mubarak. La policía disolvió la concentración.
En las horas previas al domingo los jóvenes convocantes en Facebook han recabado nuevas adhesiones a la convocatoria de protestas, sobre todo de las secciones sindicales en muchas de las provincias, que se añaden a las de las juventudes del principal movimiento islamista, de pequeños partidos de izquierdas y a las ONG. También se detecta entre sus seguidores cierta preocupación por el riesgo de que los actos vandálicos registrados en Tánger puedan empañar hoy el conjunto de las protestas.
La prensa afín al régimen recoge, en cambio, con grandes titulares el rechazo a manifestarse por parte de las direcciones nacionales de los sindicatos, de los partidos de la coalición gubernamental y también de los islamistas más moderados así como de numerosas asociaciones. La agencia de prensa oficial MAP anunciaba incluso en portada que tres de los jóvenes inspiradores de la protesta en Facebook la desconvocaban para evitar que sea aprovechada con "fines espurios".
Las autoridades frustran una manifestación en Argelia
Mientras en Marruecos la población protesta, en Argelia las autoridades lograron de nuevo frustrar ayer, sin que apenas hubiera enfrentamientos, el segundo gran intento de la oposición de manifestarse en este mes. El régimen parece haber sorteado el segundo reto planteado por sus adversarios. El masivo despliegue de agentes antidisturbios prácticamente abortó ayer, por segunda vez en lo que va de mes, la manifestación convocada por la Coordinadora que agrupa al grueso de la oposición.
Para conseguirlo, la policía cerró con barreras metálicas los accesos a la plaza del Primero de Mayo, lugar previsto de la convocatoria donde a duras penas lograron llegar entre 800 y 1.000 manifestantes, menos que las semanas anteriores, según testigos presenciales. Allí estuvieron cercados por miles de policías. Uno de ellos propinó un golpe en el vientre a Tahar Besbes, diputado de la oposición, que al caer al suelo golpeó con su cabeza el bordillo de la acera. Anoche estaba ingresado en estado grave en un hospital.
La presión física que ejercían los antidisturbios sobre los concentrados en la plaza era tal que, según la agencia France Presse, Rachid Malaoui, líder del sindicato independiente de los funcionarios, perdió el conocimiento.

 

 

Más de 100 muertos en Libia, según la organización de derechos humanos HRW


La cfira de fallecidos en las protestas en Libia se eleva por encima de las cien personas. Es el último cálculo facilitado por la organización de derechos humanos Human Rights Watch, con la que coincide Amnistía Internacional. El número real podría ser mayor, ya que, según recoge la información facilitada por la organización, la cifra es conservadora y se ha recopilado con entrevistas a testigos y personal de los hospitales. Otras fuentes hospitalarias hablan de más de 200 muertos debido a la represión en la ciudad de Bengasi -en el noreste del país-. Por contra, el Gobierno libio no ha facilitado ninguna cifra de heridos o muertos ni ha hecho ningún comentario sobre la violencia en el país.
El ministro de EXteriores británico, William Hague, indicó ayer que tenía constancia de que solo en un hospital había 35 cadáveres. Quryna, el diario de Seif el Islam, el hijo de Gadafi, ha reconocido ya 24 muertos en Bengasi abatidos cuando intentaban asaltar comisarías y un cuartel. Amnistía Internacional ha asegurado que la mayoría de las víctimas habían sido alcanzadas por disparos en la cabeza y el pecho, lo que pondría de manifiesto el interés de las fuerzas de seguridad de tirar a matar.
La agencia Reuters cita testigos de la ciudad de Bengasi -donde se ha registrado lo peor de las protestas- que cuentan cómo los cuerpos armados retrocedieron ayer a una zona residencial fortificada en el centro de la ciudad, desde cuyos edificios estaban disparando a la gente que volvía a sus casas tras participar en las protestas por los asesinatos de días anteriores. "Aquí han matado a decenas de personas... Estamos en medio de una masacre", dijo un testigo del tiroteo, que añadió que había acompañado a algunas de las víctimas de los disparos al hospital de la ciudad. En este mismo hospital, un médico confirmó a la agencia que las víctimas tenían numerosas heridas producidas por rifles de alta velocidad.
Muamar el Gadafi optó ayer por reprimir las protestas libias con fuego de mortero y ametralladoras, según testigos citados por el canal de televisión Al Yazira. Las primeras imágenes que salen del país, vídeos caseros grabados por los propios manifestantes, muestran grupos armados persiguiendo a la gente y hombres cayendo por las balas. La brutal respuesta de los militares hizo que alrededor de 50 líderes religiosos apelaran a los soldados, que son musulmanes, para dejar de matar a sus conciudadanos. "Apelamos a cada musulmán que forme parte del régimen o esté asistiéndolo de alguna manera, a reconocer que la matanza de seres humanos inocentes está prohibida por nuestro Creador", reza el comunicado, lanzado por las autoridades religiosas de numerosas ciudades del oeste. "No mates a tus hermanas y hermanos. Para la masacre ahora".
Silencio de Gadafi
A pesar de los llamamientos, Gadafi impuso ayer un manto de silencio sobre su país y en el quinto día de protestas contra su régimen trascendieron aún menos informaciones que en días anteriores. En Libia no hay prensa internacional, como sí hubo en Egipto o en Túnez, para cubrir unas revueltas que los medios de comunicación locales prácticamente ignoran.
Gran parte de la información sale del país a través de las redes sociales, pero el viernes el régimen cortó el acceso a Twitter y a Facebook y ayer, a Internet, siguiendo el ejemplo de lo que hizo a principios de mes el presidente Hosni Mubarak en Egipto. Al Yazira, la televisión panárabe, no ha sido autorizada a entrar en Libia, pero ahora el régimen se esfuerza para que tampoco pueda ser vista en el país interfiriendo conla señal del satélite. Las escasas informaciones que salen del país se obtienen, en buena medida, a través de llamadas telefónicas o gracias, por ejemplo, a un vídeo sacado a escondidas por algún viajero.
Esta opacidad hace aún más difícil averiguar lo que de verdad sucede en el más próspero y menos poblado de los países del África mediterránea, pero también pone de relieve, junto con la despiadada represión, la determinación de Gadafi, que lleva ya casi 42 años en el poder, a convertirse a cualquier precio en un gobernante sempiterno.
Sí parece que Bengasi (1,09 millones de habitantes) y Al Baida (210.000 habitantes) han escapado, al menos parcialmente y durante largas horas, al control de las autoridades que, para amedrantar a la gente, colocan a francotiradores en los edificios cercanos a las protestas. También se abre fuego sobre la muchedumbre desde helicópteros.
Gadafi reprime pero, tan propenso como es a hablar en otras ocasiones, guarda silencio ante la mayor crisis que padece su régimen desde hace 42 años. La televisión libia sigue difundiendo, por quinto día consecutivo, imágenes de sus partidarios con retratos del líder y ensalzando sus virtudes.

Protestas en Marruecos para pedir límites al poder del rey

RABAT (Reuters)- Al menos 2.000 personas se congregaron el domingo en una plaza de la capital de Marruecos para exigir que el rey Mohamed ceda parte de sus poderes a un nuevo gobierno electo, y que haya más independencia del poder judicial.
Algunos de los manifestantes llevaban banderas de Túnez y Egipto, en un reconocimiento de los levantamientos populares de esos dos países.
Policía uniformada se mantuvo a distancia de la protesta, en el área Bab El Ahad de Rabat, aunque había agentes de paisano mezclados con la multitud con libretas.
Analistas dicen que Marruecos, con un monarquía reformista que es bastante respetada, y una economía creciente, es uno de los países árabes menos probables a sucumbir en la oleada de protestas que recorren la región.
Entre los eslóganes que se coreaban en una protesta pasada por la lluvia se incluía: "El pueblo rechaza una constitución hecha para esclavos" y "El pueblo quiere el fin de la autocracia".
"Esta es una protesta pacífica para impulsar la reforma constitucional, restaurar la dignidad y acabar con los sobornos y la malversación de los fondos públicos", dijo Mustafa Muchtati del grupo Baraka (Suficiente), uno de los organizadores de la protesta.
Las protestas callejeras, iniciadas por el Movimiento 20 de Febrero para el Cambio, han atraído a 19.000 seguidores en Facebook, tras las revueltas en Egipto y Túnez. El movimiento también llama a que el rey saque a la coalición de Gobierno y disuelva el parlamento.
Las revoluciones, especialmente en vecino Túnez, han puesto el tema de una reforma constitucional de nuevo en la agenda tras la represión que siguió a atentados suicidas de 2003 y el surgimiento de un partido político liderado por un ex funcionario de seguridad cercano al rey.
En la víspera de la protesta, un movimiento juvenil marroquí dijo que se retiraba debido a desacuerdos con grupos islámicos e izquierdistas. 

El caos se apodera de la ciudad libia de Bengasi

TRÍPOLI/MANAMA (Reuters) - Fuerzas de seguridad en la ciudad libia de Bengasi causaron la muerte de decenas de personas mientras intentaban aplastar una revuelta contra el líder Muamar Gadafi, en el más letal de los numerosos levantamientos que sacuden al mundo árabe.
Testigos dijeron que Bengasi estaba en un estado de caos, con edificios del Gobierno saqueados y tropas y policías que se vieron obligados a replegarse a un complejo fortificado, desde donde disparan a los manifestantes.
Un grupo activista dijo que los violentos enfrentamientos entre manifestantes y fuerzas de seguridad había dejado al menos 173 muertos en cuatro días.
En el reino de Bahréin, miles de manifestantes opositores al Gobierno acamparon el sábado por la noche en la Plaza de la Perla. Pero tras varios días de violencia en la isla gobernada por una monarquía suní la atmósfera parecía ser más conciliadora, con negociaciones que se realizarían el domingo entre la oposición y el príncipe heredero.
Durante el fin de semana también se registraron disturbios en Yemen, Marruecos, Omán, Kuwait, Argelia y Yibuti, mientras la gente salía a las calles demandando un cambio político y económico.
En Arabia Saudí las autoridades detuvieron a activistas que intentaban formar el primer partido político del reino.
El clamor por reformas en toda la región de enorme importancia estratégica para Occidente y fuente de gran parte del petróleo del mundo comenzó en diciembre en Túnez.
El derrocamiento del presidente Zine al-Abidine Ben Ali inspiró después a los egipcios a rebelarse en contra del gobernante Hosni Mubarak, que se vio forzado a renunciar el 11 de febrero.
Los tumultos han desafiado a los líderes regionales de países apoyados por Occidente. Aunque cada nación tiene su dinámica propia, desde la religión hasta el tribalismo, todos parecen unidos por la frustración ante la crisis económica y la falta de libertades políticas. 

Contestation anti-gouvernementale à Tunis



Quelque 4000 Tunisiens manifestaient dimanche à Tunis pour réclamer la démission du gouvernement de transition
"Gouvernement de Ghannouchi dégage !", scandaient notamment les manifestants qui se dirigeaient vers la Kasbah, haut lieu de la contestation de janvier.

Outre la démission du gouvernement de transition dirigé par Mohamed Ghannouchi, les protestataires demandaient l'élection d'une assemblée constituante et un système parlementaire.

La manifestation se déroulait sans violences. Des hélicoptères tournoyaient dans le ciel, deux blindés de l'armée étaient déployés sur la place que policiers et militaires surveillaient de loin. Elle avait commencé en fin de matinée sur l'avenue Habib Bourguiba, haut  lieu de la contestation qui a provoqué la chute du président Zine El Abidine Ben Ali.

Manif samedi pour la laïcité
Ils étaient déjà des centaines, samedi, dans la capitale tunisienne, pour demander "une Tunisie laïque", après l'assassinat d'un prêtre polonais et l'attaque d'une rue de prostitution par des islamistes. Le gouvernement tunisien et le mouvement islamiste Ennahda avaient condamné samedi le meurtre d'un prêtre polonais vendredi près de Tunis.

"Arrêtez vos actes extrémistes", "Laïcité= liberté et tolérance", pouvait-on lire sur des panneaux brandis sur l'avenue Bourguiba. "Nous avons appelé à cette manifestation pour montrer que la Tunisie  est un pays tolérant qui refuse le fanatisme et afin de renforcer la laïcité dans la pratique et dans la loi", a déclaré un blogueur de 29 ans, Sofiane Chourabi.

Condamnations après le meurtre d'un prêtre polonais
Le gouvernement tunisien a condamné samedi l'assassinat d'un prêtre polonais vendredi près de Tunis. Le mouvement islamiste Ennahda a également "vivement" condamné ce meurtre. Le père Marek Rybinski, 34 ans, a été retrouvé égorgé vendredi matin dans le garage d'une école religieuse privée, où il s'occupait de comptabilité, située dans la région de La Manouba, près de Tunis.

Dirigée par trois prêtres de la communauté salésienne à Manouba, près de Tunis, dont l'un a été assassiné, l'école privée avait reçu des menaces de mort dans une lettre confuse adressée aux "Juifs", a déclaré samedi son directeur à l'AFP. "Attention les Juifs. On a mis des caméras et des micro chez vous. Mettez tout ce que vous avez d'argent dans un sac rouge et donnez-le à un ouvrier de chez vous (...) avant midi. Aucun coup de téléphone sinon ça sera la guerre entre nous et la mort", dit la lettre de menace anonyme avec une croix gammée glissée entre les barreaux de la grille de l'école le 30 janvier et transmise par le père Mario Mulestagno. Une plainte avait été déposée à la police.

Au lendemain du meurtre, le ministère des Affaires religieuses a réaffirmé samedi son attachement à "la liberté du culte aussi bien au niveau des croyances qu'au niveau des pratiques" et regretté que "de tels agissements aient eu lieu dans un pays qui s'attache au principe du respect d'autrui et au droit à la différence".

Vendredi, le ministère de l'Intérieur tunisien, qui "dénonce vigoureusement" ce crime, a souhaité rassurer les ressortissants étrangers et les Tunisiens, affirmant qu'il mettrait "tout en oeuvre" pour garantir leur sécurité. "C'est un groupe de terroristes fascistes ayant des orientations extrémistes qui est derrière ce crime compte tenu de la façon dont il a été assassiné", a dit le ministère de l'Intérieur, selon qui les auteurs seront "sévèrement punis". Le communiqué du ministère de l'Intérieur cité par la TAP ne dit pas s'il soupçonne des extrémistes islamistes, mais il accuse ces extrémistes de profiter d'une situation exceptionnelle pour perturber la sécurité et plonger le pays dans la violence.

Il s'agit d'"un acte à caractère criminel", a estimé le ministère polonais des Affaires étrangères. Le maire socialiste de Paris Bertrand Delanoë, en visite en Tunisie, "condamne (ce) crime horrible". Il s'agit d'un "acte inqualifiable, contraire à l'identité du peuple tunisien tolérante et fraternelle", ajoute-t-il dans son communiqué souhaitant que "toute la lumière soit faite". C'est le premier meurtre à la fois d'un religieux et d'un étranger depuis la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier.

La Manouba, ville de la banlieue nord-ouest de Tunis, est connue notamment pour son important campus universitaire. La Manouba faisait partie des résidences d'été des beys de Tunis.

Des islamistes attaquent une rue de prostituées
Vendredi après-midi à Tunis, "des islamistes ont tenté d'entrer dans la rue Abdallah Guech pour l'incendier", a déclaré à l'AFP un policier tunisien sous couvert de l'anonymat. Une des principales maisons closes de Tunis est située dans cette rue proche de la Medina. "Des habitants les ont empêchés de rentrer dans cette rue jusqu'à l'arrivée des agents des forces de l'ordre qui ont bloqué l'entrée en interdisant tout passage. Ils ont ensuite réussi à disperser ces manifestants", a ajouté le policier. Les islamistes avaient auparavant manifesté dans le centre-ville en criant "Non aux lieux de prostitution dans un pays musulman".

La semaine dernière, la communauté juive de Tunisie avait exprimé son inquiétude au gouvernement après des incidents antisémites devant la grande synagogue de Tunis. "Là, nous sommes dans la vigilance", a répété vendredi le président de la communauté Roger Bismuth. "C'est l'oeuvre de salafistes, les plus extrémistes des islamistes formés par les wahhabites, mais il n'y a pas de terreau en Tunisie pour le développement du salafisme", a-t-il ajouté.

Le gouvernement réagit face à l'instabilité
Conscient du vide sécuritaire prévalant depuis la chute du régime, le gouvernement avait décidé la semaine dernière de rappeler des réservistes partis à la retraite depuis cinq ans qui ont rejoint l'armée mercredi. Le gouvernement est confronté chaque jour à l'instabilité avec de nombreux braquages à main armée, des manifestations de Tunisiens réclamant desespérément une aide sociale et à l'immigration clandestine de milliers de Tunisiens partis chercher un emploi en Europe.

Pour tenter d'apaiser les tensions sociales et répondre aux demandes d'une population exaspérée par le chômage (14%, le double pour les jeunes), le gouvernement a annoncé vendredi une série de mesures d'aide sociale d'urgence à destination des plus défavorisés (allocations financières, titularisation d'ouvriers de chantier, attribution de cartes de soins gratuits). Il a aussi appelé les partenaires sociaux à entamer les négociations dans le privé et le public, demande majeure de la puissante centrale syndicale UGTT, selon son porte-parole Taieb Baccouch.

Enfin, le gouvernement a adopté samedi l'amnistie générale des prisonniers politiques. Un décret-loi doit être annoncé dans les "tout prochains jours".

Après le meurtre du prêtre Marek Rybiński, la Tunisie en colère dans la rue

"Le terrorisme ce n’est pas la Tunisie !", "La religion est une affaire privée" pouvait on entendre sur les lèvres de quelques 20.000 manifestants rassemblés dans la capitale tunisienne en colère après l’infâme assassinat d’un prêtre salésien polonais dans une école catholique du nord de la ville (Manouba).

"Nous ne voulons pas des extrémistes assassins musulmans, ce prêtre enseignait à nos enfants, personne n’avait le droit de lui ôter la vie !" s’exclame dans la foule Fouad, 29 ans.
Lundi le père Marek Rybiński, âgé de 34 ans, prêtre depuis 2005, et envoyé en mission en Tunisie en 2007, a été retrouvé dans une remise de l’école où il était comptable, assassiné après avoir été battu, sa gorge était tranchée, rien n’a été volé, ni sur lui, ni dans l’établissement scolaire. Peu avant, fin janvier, les prêtres qui vivent en communauté à Manouba ont reçu des
menaces de morts. Une plainte avait été déposé alors à la police locale. La Tunisie ne veut pas d’une explosion d’intégrisme et d’embrasement meurtrier religieux sur son sol. La nouvelle de ce meurtre a fortement scandalisé le peuple. Selon les derniers éléments de l’enquête, le crime aurait pu être commit par un groupe de bandits qui tentaient de soutirer de l’argent aux salésiens e Manouba. Mais d’autres sources parlent de provocation. L’enquête sur cet assassinat est prioritaire pour les autorités. L’archevêque de Tunis doit rencontrer ce dimanche le Premier Ministre tunisien.
Le principal mouvement islamiste, Ennahda, a pour sa part condamné samedi cet acte. Face aux violences depuis la chute de Ben Ali, et alors qu’il s’agit depuis la révolution tunisienne du deuxième religieux catholique assassiné, le gouvernement a appelé « tous les hommes de religion et la société civile » à agir « avec détermination pour éviter que de tels actes ne se reproduisent ».
La communauté polonaise, en présence de l’ambassadeur de Pologne en Tunisie se recueillera dans la Paroisse de la Goulette ( périphérie de Tunis) , pour célébrer une eucharistie in memoriam du père Marek Rybiński.

Le beau-frère de Ben Ali à Montréal?

(Ottawa) C'est Belhassen Trabelsi, souvent décrit comme le «parrain» de la belle-famille du président tunisien déchu, qui est arrivé la semaine dernière à Montréal avec sa famille, a appris La Presse. Et malgré le mécontentement que leur venue suscite à Ottawa, ils pourraient rester encore longtemps.
M. Trabelsi a atterri jeudi dernier à l'aéroport Trudeau à bord d'un jet privé en compagnie de sa femme, de ses quatre enfants et de leur gardienne. Ils auraient d'abord séjourné dans un hôtel de l'ouest de Montréal. On ignore s'ils s'y trouvent toujours.
Belhassen Trabelsi, frère aîné de la femme de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, est considéré comme le pivot des affaires de la famille et a été mêlé à plusieurs histoires de corruption dans son pays.
«La famille élargie du président Ben Ali est fréquemment présentée comme le carrefour de la corruption en Tunisie. Souvent qualifiée de quasi-mafia, une vague allusion à la Famille suffit à indiquer de laquelle vous voulez parler», précise un câble provenant de l'ambassade des États-Unis à Tunis daté de 2008.
«Le frère de Leila (Ben Ali), Belhassen Trabelsi, est le membre le plus connu de la famille et passe pour avoir trempé dans un grand nombre d'affaires de corruption», ajoute la note diplomatique rendue publique par WikiLeaks.
Révoquer la résidence
Trabelsi détient le statut de résident permanent au Canada; c'est pourquoi il a pu entrer au pays. Or, le gouvernement fédéral a déclaré depuis son arrivée que ni lui ni les autres membres corrompus du régime Ben Ali ne sont les bienvenus au Canada.
Le ministère de l'Immigration étudie donc la possibilité de révoquer son statut de résident permanent, dernière étape avant l'accession à la citoyenneté. Il pourrait y arriver notamment si Trabelsi l'a obtenu grâce à des déclarations mensongères ou s'il n'a pas séjourné au pays assez longtemps au cours des dernières années.
Hier, La Presse a révélé que le gouvernement fédéral envisage aussi de geler les actifs de l'ex-président et de ses proches. Selon une dépêche de La Presse Canadienne que le ministère des Affaires étrangères n'a pas voulu confirmer hier, il n'attendrait qu'une requête de la Tunisie avant de mettre le processus en branle.
Un gendre de Zine el-Abidine Ben Ali aurait acheté à Westmount, en 2008, une maison qu'il aurait payée plus de 2,5 millions de dollars.
Les démarches entreprises par le Canada, quelles qu'elles soient, pourraient s'étirer sur des années. Si son statut de résident permanent était révoqué, par exemple, le beau-frère du dictateur pourrait demander celui de réfugié, en plus de contester la révocation devant les tribunaux.
Des groupes maghrébins du Québec ont mandaté un avocat pour faire pression sur le ministère fédéral de l'Immigration afin qu'il agisse tout de même.
La semaine dernière, le gouvernement provisoire de la Tunisie a annoncé qu'il ouvrait une enquête dans l'espoir de faire la lumière sur «l'acquisition illégale de biens» et sur des «placements financiers illicites à l'étranger».
La fortune du président déchu et de ses proches est évaluée à 5 milliards de dollars. À ce jour, une trentaine d'entre eux ont été arrêtés.

Saisie des biens de Ben Ali: Tunis tarde à fournir des infos à Ottawa

(Ottawa) Les autorités tunisiennes tardent à soumettre au gouvernement canadien les renseignements pertinents qui lui permettraient de saisir, comme elles le réclament, les biens que détiendraient au Canada l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, sa famille et ses associés.
Le ministère canadien de la Justice a envoyé le 3 février une lettre au doyen des juges d'instruction de la Tunisie, Igrahim Eloueslati, pour lui demander de fournir les renseignements dont Ottawa a besoin pour donner suite à la requête de saisie tout en respectant le droit canadien.
Les autorités tunisiennes n'ont toujours pas répondu, a appris La Presse hier.
«En droit canadien, l'aide sollicitée par la Tunisie peut être accordée sous réserve de respect de certaines exigences juridiques. Malheureusement, les demandes, telles qu'elles ont été présentées, ne fournissent pas au Canada suffisamment de renseignements pour lui permettre d'y acquiescer», écrit le ministère de la Justice dans sa lettre, que La Presse a obtenue.
Trois notes diplomatiques
Essentiellement, la demande d'assistance formulée par les autorités tunisiennes se résume à trois notes diplomatiques dans lesquelles on dit vouloir obtenir des dossiers bancaires et des renseignements sur des actions ainsi que la saisie des biens de la famille Ben Ali.
«L'Autorité centrale canadienne s'efforcera de travailler avec les autorités tunisiennes afin de leur expliquer quelles sont les lacunes que comporte leur demande et de leur décrire les renseignements additionnels qu'elles doivent fournir pour réussir à obtenir l'aide demandée du Canada», ajoute-t-on dans la lettre.
À l'heure actuelle, il n'existe pas de traité d'entraide juridique entre le Canada et la Tunisie. Il faut donc que les autorités tunisiennes précisent au Canada l'entente internationale sur laquelle elles fondent leur demande, soit la Convention des Nations unies contre la corruption ou encore la Convention des Nations unies sur la criminalité transnationale organisée. Les deux pays sont signataires de ces deux traités.
Dans sa lettre, le ministère de la Justice demande aussi aux autorités tunisiennes de préciser les allégations qui pèsent sur la famille Ben Ali et ses associés et de présenter un sommaire des éléments de preuve à l'appui de l'enquête. «Il ne suffit pas de simplement indiquer dans votre demande qu'il y a une enquête en cours et que divers types de preuve/d'aide permettront de faire avancer l'enquête», dit la lettre, signée par Janet Henchey, avocate principale et directrice générale du service d'entraide internationale.
Numéros de comptes
En ce qui a trait aux dossiers bancaires, les autorités canadiennes demandent que l'on précise les numéros des comptes visés par la demande de saisie ainsi que le nom et l'emplacement de l'institution financière canadienne où les dossiers devraient se trouver. «Il n'est pas suffisant de demander les dossiers concernant «tout» compte bancaire détenu par les suspects. Le Canada ne possède pas de base centrale de données sur tous les comptes bancaires détenus par des individus au Canada.»
Le Canada demande aussi à la Tunisie de lui fournir une ordonnance de saisie ou de blocage de biens rendue par une cour criminelle tunisienne. «La personne dont les biens seraient bloqués ou saisis doit faire l'objet d'une accusation dans votre pays», écrit-on.
La valeur totale des avoirs de la famille Ben Ali au Canada est inconnue, mais on sait que la famille possède une maison évaluée à plus de 2 millions de dollars à Westmount.
Depuis quelques jours, le Bloc québécois talonne le gouvernement Harper pour qu'il gèle, même provisoirement, les avoirs de la famille de Ben Ali au Canada. Le Bloc soutient que d'autres pays ont agi rapidement et juge inacceptable la lenteur du gouvernement canadien.
L'ambassadeur de la Tunisie en poste à Ottawa, Mouldi Sakri, a aussi montré des signes d'impatience cette semaine. Il a affirmé que le gouvernement Harper met en jeu l'image du Canada à l'étranger en traînant les pieds dans ce dossier.
Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l'ambassadeur jeudi pour lui faire expliquer les étapes juridiques qui doivent être respectées pour qu'Ottawa donne suite à la requête, selon nos sources.

La Suisse vérifie 80 millions de francs d'avoirs tunisiens

Un mois après la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, le Ministère public de la Confédération (MPC) vérifie 80 millions de francs de fonds tunisiens placés en Suisse. Une trentaine de notifications de soupçons sont parvenues au bureau de communication en matière de blanchiment d'argent (MROS).
"Ces avoirs ont tous un lien avec la Tunisie", a indiqué dimanche à l'ATS la porte-parole de l'Office fédéral de la police (fedpol) Danièle Bersier, confirmant une information parue dans le journal dominical alémanique "SonntagsZeitung". La porte-parole n'a pas souhaité préciser si ces fonds étaient liés au clan Ben Ali. Le MPC doit désormais décider s'il va engager une procédure pénale.
Cinq jours après la fuite de Tunisie de Ben Ali, le 19 janvier, le Conseil fédéral avait gelé les avoirs du président déchu ainsi que d'une quarantaine de ses proches. Une semaine plus tard, Berne avait évalué à plusieurs dizaines de millions de francs la somme touchée par cette mesure.
Tunis a déposé une demande d'entraide judiciaire auprès des autorités helvétiques, ce qui implique que l'argent bloqué pourrait être transféré dans le futur en Tunisie.

Manifestation contre le gouvernement provisoire à Tunis

Les forces de sécurité tunisiennes ont tiré en l'air dimanche à Tunis pour tenter de disperser 40.000 manifestants réclamant la démission du gouvernement mis en place après la chute, le 14 janvier, du président Zine ben Ali.

Il s'agissait de la seconde journée consécutive de manifestation de rue dans la capitale malgré l'interdiction frappant les rassemblements prise après le départ en exil du "raïs" de Carthage.
Les protestataires s'étaient rassemblés dans la matinée devant les bureaux du Premier ministre Mohamed Ghannouchi en criant "Dégagez !" et "Nous ne voulons pas des amis de Ben Ali !", a rapporté un journaliste de Reuters.
D'autres réclamaient des augmentations de salaire.
Les forces de sécurité ont tiré à plusieurs reprises des coups de semonce en l'air avant d'y renoncer tandis que deux hélicoptères militaires survolaient le rassemblement à basse altitude, d'après son récit.
Les manifestants sont restés sur place et il ne semble pas qu'il y ait des blessés.
Samedi, 15.000 personnes avaient manifesté sur la principale artère de la capitale, l'avenue Bourguiba, pour dénoncer la mouvance islamiste et appeler à la tolérance religieuse, à la suite de l'assassinat d'un prêtre polonais par un groupe extrémiste.
"Le terrorisme n'est pas tunisien" et "La religion est une affaire privée", avait scandé la foule.
Plusieurs centaines d'autres manifestants avaient également réclamé le remplacement du gouvernement de transition.
Le ministère de l'Intérieur a publié samedi soir un communiqué où il souligne que les manifestations restent illégales, en vertu des mesures d'exception prises depuis la révolution. Les personnes qui se joindront à de nouveaux mouvements de rue seront poursuivies, a-t-il prévenu.
Plus d'un mois après le chute de Zine ben Ali, certains Tunisiens reprochent au gouvernement provisoire chargé de préparer la transition vers des élections libres de ne pas assurer une sécurité suffisante face à une montée de la criminalité.
Ils l'accusent aussi de ne pas en faire assez pour venir en aide aux plus défavorisés.
Les manifestations du week-end à Tunis font suite à une période de calme relatif.
Zine ben Ali, qui dirigeait la Tunisie d'une main de fer en se présentant comme le rempart contre le danger islamiste, était considéré par beaucoup de ses compatriotes comme un autocrate corrompu.
Il se trouve aujourd'hui en exil à Djeddah (Arabie saoudite) où il serait selon certaines sources, en mauvaise santé.
Une élection présidentielle devrait intervenir en juillet ou août en Tunisie pour clore la phase de transition de la "révolution du jasmin".
Guy Kerivel et Jean-Loup Fiévet pour le service français

Canada-Tunisie Les avoirs de la famille de Ben Ali compris entre 10 et 20 millions


MONTREAL - Les avoirs que possède au Canada la famille de Zine El Abidine Ben Ali sont compris entre 10 et 20 millions de dollars, rapporte samedi le quotidien The Globe and Mail, alors que la Tunisie presse Ottawa de geler les biens du clan de l'ex-président. Tunis a demandé il y a trois semaines au gouvernement canadien de procéder au gel des biens des proches du dictateur déchu, de même qu'à l'extradition de son puissant beau-frère Belhassen Trabelsi, un homme d'affaires millionnaire arrivé à Montréal le 20 janvier.
Contrairement à la Suisse et à l'Union européenne, Ottawa n'a pas encore agi comme lui demande le nouveau gouvernement tunisien, expliquant avoir besoin de davantage de détails sur les avoirs visés et sur les charges pesant contre les personnes concernées.
Selon des sources interrogées par le journal de Toronto, la famille Ben Ali détient entre 10 et 20 millions de dollars canadiens (autant d'américains) de biens sur le sol canadien.
La Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) et d'autres agences ont commencé à enquêter. Mais sans preuves solides indiquant que la provenance des fonds est frauduleuse, il est impossible d'aller plus loin, a dit au Globe Bob Paulson, sous-commissaire de la GRC chargé des enquêtes internationales.
Mercredi l'ambassadeur tunisien à Ottawa, Mouldi Sakri, avait demandé au cabinet de Stephen Harper de procéder «rapidement» au gel des biens, craignant qu'ils ne disparaissent avant qu'une décision judiciaire ne soit effective.

Mehdi Houas, ministre du Tourisme tunisien : « Il n'y a aucun doute sur la maturité de ce peuple »


Un mois après sa révolution, la Tunisie repart au combat. Cette fois, pour faire revenir les touristes, secteur lourd de l'économie du pays. Mehdi Houas, un entrepreneur franco-tunisien, devenu ministre du Tourisme, évoque la nouvelle Tunisie, libre et motivée. ...
- Le tourisme est bien sûr vital pour la Tunisie... « Il représente 7 % du PIB, plus de trois milliards d'euros par an. 350 000 familles en vivent directement 350 000 autres vivent de l'artisanat presque autant sont dans le commerce. Un bon tiers de la Tunisie vit de ce secteur. On a besoin de l'Europe, d'être un partenaire, de reconstruire un cercle vertueux. On n'a pas envie d'être un boulet mais d'être un moteur, même petit... »
- Qu'advient-il des hôtels détenus par Ben Ali et les Trabelsi ?« Sur 550 hôtels, vingt-cinq leur appartiennent. Ils reviennent à l'État s'il ne s'avère pas qu'ils ont été volés... »
- Que pensez-vous des liaisons de la France et Mme Alliot-Marie avec la Tunisie de Ben Ali ?« Je n'ai pas à me prononcer sur cette affaire. Tout a été déjà dit. Cette révolution a surpris tout le monde, la France en particulier. Ben Ali et son clan ont étouffé ces relations sous prétexte d'une guerre contre l'islamisme. Il avait réussi à convaincre les Occidentaux de le laisser tranquille... »
- Quelle image gardez-vous de la révolution ?« Celle des premiers Tunisiens qui ont été tués par des tirs à balles réelles. Et ceux qui ont pris leur suite en connaissant les risques. Il n'y avait plus de retour en arrière possible dans cette révolte pour la dignité, contre l'injustice. » -
- Pourquoi vous êtes-vous engagé dans la nouvelle Tunisie ?« Quand on m'a appelé, j'étais dans mon bureau à Paris. J'ai pris ma décision en une demi-minute. Je n'avais pas le droit de rater ce rendez-vous avec l'Histoire, avec un peuple merveilleux. Je suis totalement à la disposition de cet État mais il faut transformer l'essai. »
- Depuis un mois, comment se déroule la transition ?« Il n'y a aucun doute sur la maturité de ce peuple. Le pays a totalement changé, comme la presse. Les conventions internationales sur les libertés ont été signées dans les deux semaines après la révolution. On retrouve des gestions de conflits sociaux légitimes, comme en France. Inimaginable il y a deux mois ! La transformation se déroule à une allure extraordinaire. Il s'agit de relancer la machine économique qui s'était grippée. Et il faut que tous s'habituent à ce changement. »
- Le chef du gouvernement, M. Ghannouchi, est l'ancien Premier ministre de Ben Ali, n'est-ce pas un frein ?« Je le pense sincère quand il dit qu'il ne connaissait pas la profondeur des dégâts causés par Ben Ali. Il a envie de se racheter et d'accompagner le virage démocratique. Les ministres liés à l'ancien régime ont été limogés. Le gouvernement de transition prend ses responsabilités avec la création de commissions indépendantes sur les élections, la spoliation des biens et la corruption. Ça donne un certain crédit, même si nous faisons face aussi à de gros problèmes sociaux. »
- Comment réconcilier la société tunisienne ?« L'État mafieux a mis la pression sur beaucoup de gens. Il n'y aura pas de chasse aux sorcières. Ceux qui ont réellement volé ou corrompu répondront de leurs actes. Les autres méritent qu'on tourne la page et s'inscrivent dans la construction de la Tunisie de demain. » •

Delanoë : Paris aidera les Tunisiens

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, actuellement en visite en Tunisie, s'est confié dimanche sur Europe 1. Coutumier des séjours en Tunisie, il s'est réjoui de "voir les mêmes personnes à l’aise dans leur pays (...) parce qu’elles sont libres". Le socialiste a annoncé que la mairie de Paris allait "aider" les Tunisiens lors de leurs prochaines élections, notamment en stimulant le tourisme. Il désire aussi fonder des "passerelles entre les universités françaises et tunisiennes."
Concernant la polémique entourant le manque de "politesse" du nouvel ambassadeur de France à Tunis, Boris Boillon, Bertrand Delanoë a déclaré souhaiter "que la diplomatie française soit inspirée par les valeurs françaises de démocratie, des droits de l'Homme."
L'élu a par ailleurs rendu hommage à son ami Mohamed Charfi, un universitaire décédé en 2008, auteur de Mon combat pour les lumières, un ouvrage que Bertrand Delanoë avait préfacé. "Il fallait le faire vivre, lui qui avait été un opposant intelligent, efficace", a-t-il salué, expliquant qu'il avait rencontré la famille de Mohamed Charfi, avec beaucoup d'émotion.