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jeudi 24 mars 2011

Tunisie : génération révolution !

Le départ de Ben Ali et la fin de la dictature est d'abord le triomphe de toute une jeunesse. De notre envoyé spécial à Tunis.

Peut être le moment ne sera-t-il pas inscrit dans les livres d'histoire. Pourtant, ce qui s'est passé le premier vendredi de mars, à la Kasbah de Tunis, la belle place blanche enserrée de ministères qui surplombe la vieille ville, a marqué un vrai tournant dans le cours de la Révolution de Jasmin. Dans la joie et sous la pluie - signe de prospérité dans un pays qui en voit trop peu- dans des transports d'émotion, pleurs, chants, youyous, on a démonté les tentes, pliés les calicots et on est remonté dans les cars pour repartir dans sa fac, sa ville ou son village : les organisateurs avaient décrété la levée du « sit in » qui n'avait pratiquement pas cessé ici, depuis les événements de janvier. Officiellement, cette fin de mouvement marquait une victoire. Les centaines de jeunes qui campaient depuis des jours sous l'œil débonnaire de quelques militaires assoupis sous leur char étaient venus avec des demandes précises – en gros la mise à l'écart des politiciens trop compromis avec la dictature et un certain calendrier électoral 

La démission, le week-end précédent, après des manifestations de masse et une répression violente, d'un premier ministre qui avait trop servi Ben Ali (Mohammed Ghannouchi) ; puis le discours du président de la République, la veille au soir, promettant l'élection en juillet d'une « assemblée constituante » l'avaient montré : toutes ces revendications avaient abouti.
Seulement, chacun a bien senti qu'il se jouait autre chose derrière cette apparente fin en triomphe. La Kasbah, avec ses airs de Woodstock 2011 en version arabe, avec ses guitares, ses chansons, ses tentes de fortune, ses filles voilées rigolant avec ses néo-gauchos, ses provinciaux et ses tunisois, ses posters de Che Guevara collés à côté du drapeau national et ces badauds venant en famille goûter le bonheur inouï de pouvoir enfin parler librement de l'avenir d'un pays libre, c'était aussi d'une certaine manière, la Révolution acte I : c'est à dire l'union, dans un joyeux chahut, de l'étudiant de la capitale et du chômeur de Kasserine, le mariage de toute une jeunesse, la génération facebook et la génération Bouazizi (1). Les tentes pliées, et la marche électorale commencée, la Tunisie passe à l'acte II, celui que les politologues appelleront la « transition démocratique ». Nul doute qu'il soit nécessaire. Nul doute qu'avec ses effets de tribune, ses constitutions de partis et ses manœuvres politiciennes, il se jouera autrement. Quel rôle y prendront donc ces jeunes qui furent les héros de l'acte I ? C'est toute la question.
A gros traits, on dira qu'il existe déjà, pour attirer à eux les uns et les autres, au moins deux grands pôles prêts à agir. Le premier, ce sont les islamistes, et surtout le grand parti qui les représente ici, Ennahdha (la renaissance), dont Rachid Ghannouchi, le vieux leader, vient de rentrer triomphalement de 20 ans d'exil, auréolé de ce cadeau inestimable que Ben Ali et l'imbécillité de ses alliés occidentaux lui ont donné : la gloire du persécuté. Il ne faut jamais oublier ce fait indiscutable. En Tunisie, un nombre énorme de citoyens a une sainte horreur des islamistes et de ce qu'ils représentent. Nul n'a oublié à quels délires a pu conduire la lutte contre eux, dans une dictature où le simple fait de porter le voile, la barbe ou de faire sa prière pouvait valoir les pires ennuis. Quand on rencontre Hichem, un des leaders « jeunes » de Ennahdha, la première chose qu'il nous raconte, les larmes dans les yeux, ce sont ces années de lutte ; ce camarade torturé par les flics il n'y a pas six mois ; ce père, emprisonné pendant 17 ans, qu'il n'a presque jamais vu qu'à travers un parloir. De ces combats, nous affirme-t-il, il a gardé un principe : « la première chose qui compte pour nous, c'est la liberté. D'ailleurs, le Prophète ne dit pas autre chose » Et tout en parlant, il sort son téléphone portable pour y chercher dans l'appli « coran » les versets qui le prouvent. Hichem, est un jeune étudiant moderne, chaleureux, sympathique, à l'image même que cherche à donner pour l'instant un mouvement qui, officiellement, regarde plus vers le très modéré parti AKP de Turquie que vers l'Iran d'Ahmaninejab. Est-ce une façade ? Est-ce un discours mensonger fait pour endormir la méfiance du peuple avant de chercher à rafler le pouvoir ?
Notre second pôle le craint. Eux, pour l'instant, ne sont pas rassemblés dans un parti structuré, mais rassemblés par des valeurs, la laïcité, l'égalité de la femme, le combat pour les droits de l'homme. De ce côté là non plus, il ne manque pas de gens qui ont résisté à la tyrannie avec un courage magnifique, des militants historiques ou des jeunes, comme Sofiane Chourabi, un des célèbres bloggeurs qui, depuis dix ans, s'est toujours montré prêt à tous les risques pour poster sur la toile telle ou telle vidéo montrant la vérité de la dictature. D'ailleurs, le virus ne l'a pas quitté. Il arrive à notre rendez vous avec un œil au beurre noir, souvenir cuisant d'un récent tabassage par la police, qui voulait l'empêcher de filmer, lors de la répression qui a suivi les manifs du samedi d'avant. Tout de même, ajoute-t-il en riant, les choses ont un peu changé : cette fois il a pu porter plainte, et le porte parole du ministère lui a téléphoné personnellement pour s'excuser. Lui, comme nombre de ses amis, rêve d'une Tunisie à la démocratie exemplaire, pluraliste, où la religion serait respectée, mais cantonnée à la sphère privée. Et pour commencer le travail, il vient de lancer avec d'autres une association qui va bientôt organiser dans les facs, les lycées des ateliers tentant d'apprendre à la jeunesse les bases de la vie politique.
Il y a de quoi faire, de ce côté-là, on part de zéro. C'est le point paradoxal de cette histoire. Toute cette jeunesse, en allant affronter dans la rue les matraques d'un régime policier, a montré qu'elle était capable de faire de la politique dans son sens le plus noble. Après des années où on n'a gavé le pays que de mensonges ou de football, elle n'a aucune idée de la façon dont on peut la faire dans sa pratique la plus quotidienne. « Pour qui aller vous voter ? » demande-t-on à tous ceux et celles qu'on rencontre, les étudiants de la fac, les chômeurs d'une lointaine banlieue. Et tous de répondre, avec une franchise désarmante : « comment voulez vous qu'on sache, on ne sait même pas qui se présente ?». Ils ont pour eux une base solide : cette liberté chèrement acquise, qu'ils ne voudraient voir volée par personne. Ils ont des désirs clairs : un métier, une économie qui fonctionne, la fin du chômage. Mais aucune idée sur ceux qui pourraient les aider à les accomplir.

Protéger les réfugiés, aider la Tunisie (Communiqué de France Terre d'Asile)

 Paris, le 23 mars 2011 – Chaque jour, de nouveaux réfugiés arrivent aux frontières tunisiennes et égyptiennes. La majorité des arrivants sont des travailleurs migrants, employés en Libye avant que les violences n’éclatent dans le pays. Par ailleurs, parmi les nouveaux arrivants, nombreux sont ceux qui pourraient relever du mandat du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), et qui auraient besoin d’une protection internationale.
C’est notamment le cas des Somaliens, des Erythréens et de la plupart des Soudanais, dont beaucoup n’étaient pas recensés par le HCR en Libye.
A l’heure où nous écrivons ces lignes, un grand nombre de réfugiés subsahariens bénéficiaires d’une protection internationale n’ont pas pu quitter la Libye. Cette situation nous amène à appuyer la démarche du Haut Commissaire António Guterres, qui a saisi le président de la Commission européenne et les Etats membres pour leur demander de trouver une solution à la situation des réfugiés fuyant la Libye, y compris par la réinstallation d’un certain nombre de réfugiés, au-delà des quotas déjà définis par les Etats membres.

Réfugiés somaliens - camp de Choucha (frontière tuniso-libyenne)
« Nous demandons à l’Union européenne, aux Etats-Unis, au Canada, à l’Australie, aux Nations unies et aux agences internationales, de l’aide et la réinstallation »

Nous appelons la France à contribuer à cet effort au nom d’une double solidarité à exercer d’une part envers les personnes nécessitant une protection internationale, et d’autre part envers les jeunes démocraties tunisienne et égyptienne, qui ne sauraient supporter seules les conséquences d’une dégradation durable de la situation en Libye.
Plus concrètement, nous rappelons que les Etats membres ont l’obligation (découlant de la ratification de la Convention de Genève) de garantir l’accès au territoire et à une procédure d’asile aux personnes fuyant leur pays et nécessitant une protection internationale, y compris d’examiner la possibilité de mettre en œuvre la directive sur la protection temporaire.

mercredi 23 mars 2011

kadafi zanga zanga.flv


Crisis humanitaria: 320 mil refugiados en la frontera con Túnez y Egipto

La falta de información precisa dificulta la planificación de la ayuda. Los organismos de Naciones Unidas reportan escasez de alimentos y medicinas en las ciudades en donde se desarrollan los combates

Las dificultades para brindar ayuda humanitaria a la población libia es cada vez más difícil. Diferentes organizaciones de ayuda intentan introducir al país cargamentos de provisiones médicas y alimenticias el miércoles.

El trabajo en la frontera es fundamental, ya que solamente el sábado, el día en que Francia comenzó los ataques, unas 2.823 personas cruzaron la frontera hacia Egipto. Otras 1.500 emprendieron el éxodo hacia Túnez durante el fin de semana.

En cuanto a la situación de falta de comestibles, La situación en el país es crítica, ya que la gente teme salir de sus casas por las incesantes balaceras entre partidarios y detractores del dictador libio.

Las tiendas permanecen cerradas, y el único recurso es utilizar las reservas que tengan en sus casas. Aquellas que se mantienen abiertas muestran incrementos de hasta el 110% para el pan y 88%, el arroz.

El Programa Mundial de Alimentos logró introducir unas 1.500 toneladas de comida en el este de Libia. Esta cantidad permite alimentar a unas cien mil personas por el lapso de un mes. Además, prepararon otras seis mil para enviar en caso de emergencia.

La organización mantiene en la frontera entre Libia y Túnez dos cocinas operando con plena capacidad, que permiten proveer de unas 25 mil comidas diarias. En la frontera con Egipto, 16 mil personas ya han recibido raciones de emergencia

La Agencia de Naciones Unidas para los Refugiados contribuyó, a la vez, con otras diez mil raciones diarias en las fronteras. El lunes despachó un avión con destino a la ciudad egipcia de Alejandría, para luego trasladar los recursos a la ciudad fronteriza de Sallum.

La aeronave transportaba seis refugios prefabricados, sábanas, cocinas y bolsas de dormir, junto con carpas, con la intención de proveer de un techo a unas 50 mil personas en la frontera con Egipto. El Fondo de Naciones Unidas para los Niños contribuyó, a su vez, con docenas de letrinas.

La situación sanitaria también atraviesa un caos absoluto. La falta de insumos lleva a los hospitales de las zonas de combate al borde de tener que cerrar sus puertas. Los analgésicos y la anestesia son los principales faltantes.

La organización internacional Médicos sin Fronteras denunció que se les denegó el acceso para tratar a los heridos. Dijo, incluso, haber recibido informes de personas que comentaban las enormes dificultades para acceder a un tratamiento médico.

La asociación logró transportar unas 33 toneladas de material médico a las fronteras, 16 de ellas han arribado a Túnez. Sin embargo, las condiciones de seguridad en el país han hecho imposible el traslado de los médicos a las zonas afectadas. En varias oportunidades intentaron acceder a Ras Lanuf, pero debieron volver sus pasos. El equipo de cirugía se encuentra a la espera en Alejandría.

La Organización Mundial de la Salud, por su parte, ha aprovisionado la ciudad tunecina de Djerba con unas seis toneladas de provisiones médicas. Entre ellas, se incluyen medicamentos y equipamiento para tratar a unas 50 mil personas durante tres meses.

La leçon d’humanité de Béji Caïd Essebsi


Dans une interview accordée au magazine français Marianne2, le Premier ministre tunisien du gouvernement de transition fait le point sur une situation régionale issue de la "Révolution" tunisienne, des réfugiés de Ras Jedir et de l’intervention militaire des puissances occidentales en Libye. Le constat est incroyable, selon les termes repris par Marianne2 !
Ce constat étonne tant par son réalisme que par le ton utilisé. M. Béji Caïd Essebsi n’y va pas par quatre chemins pour mettre en valeur le mérite et le courage de cette Tunisie nouvelle. Il n’y va pas également de main morte pour accabler une Europe trop refermée sur elle-même et qui se veut pourtant "humanitaire" à souhait.
Une sorte de diatribe contre cette Europe qui se dit submergée par les réfugiés (ou les immigrés illégaux selon les convictions de chacun). Une leçon pour cette Europe si riche mais incapable de porter secours à des personnes en perdition.
M. Béji Caïd Essebsi le dit : «la Libye est une affaire intérieure tunisienne»… et ce n’est pas pour le pétrole !!!
«Attention, pour nous la Libye ce n’est pas l’étranger, c’est une affaire intérieure. Les mêmes familles vivent des deux côtés de la frontière. Presque chaque ville de Tunisie possède son quartier tripolitain. Nous avons reçu plus de 160.000 réfugiés en quelques semaines. Nous n’avons pas crié à l’invasion. Nous leur avons porté secours dans la limite de nos moyens. Les habitants des régions frontalières les ont reçus chez eux. On ne nous a pas signalé de mécontentement local».
L’Europe devrait donc méditer sur ce qui se passe actuellement à Ras Jedir et en Libye. Qu’est-ce que Lampedusa face au drame humanitaire qui se passe actuellement à ciel ouvert sur la frontière tuniso-libyenne ? Rien, si ce n’est que cela se déroule en toute humilité ! Lampedusa n’est rien comparé à Ras Jedir ! Une bonne leçon d’humilité !
«Vous, en France, quand dans un moment de crise, 5.000 Tunisiens débarquent à Lampedusa, très, très loin de votre territoire, vous y voyez un cataclysme. Marine le Pen court à Lampedusa. Il vaut mieux rester calme. Ce sont des drames humains accidentels qui ne tirent pas à conséquence irrémédiable. On fait avec. Vous réalisez : 160.000 immigrés survenant soudainement chez nous, toute proportion gardée, c’est l’équivalent d’un million d’immigrés en France en quelques jours. Je n’ose même pas imaginer la panique. Je ne donne de leçon à personne mais je crois que la démocratie consiste justement à régler sans heurt les problèmes qui surgissent naturellement dans une société. A propos de cette vague d’immigration, j’ai entendu des voix nous féliciter, « Vous êtes des héros », m’a-t-on dit. J’ai répondu, merci mais les héros sont fatigués, tout cela coûte cher et nous sommes un petit pays en difficulté économique. Aidez nous un peu en attendant que la Libye entre dans une ère de stabilité».

Béji Caïd Essebsi : «la Libye est une affaire intérieure tunisienne»

Interrogé par notre reporter Guy Sitbon, le premier ministre tunisien récemment nommé, Béji Caïd Essebsi, analyse la situation dans la région avec une grande sérénité, malgré ce constat incroyable : 160 000 immigrés libyens en Tunisie, ça représente l'équivalent de un millions d'immigrants en France. 

Le bouillonnement arabe a fait émerger beaucoup de visages mais peu de figures emblématiques. L’histoire retiendra le nom du jeune diplômé, Mohammed Bouazizi, qui en se donnant la mort a donné vie aux révolutions et celui de Béji Caïd Essebsi, premier ministre de la Tunisie depuis trois semaines. Il s’est mis en tête de façonner de toutes pièces une démocratie dans un pays arabe et musulman. Du jamais vu de mémoire d’éternité. A peine établi au pouvoir, une guerre d’envergure éclate à ses frontières. Si el Béji, comme on l’appelle respectueusement, est un ami de vieille date, il ne me raconte pas d’histoires.

Marianne : Vous commencez mal votre mandat, Si el Béji, une guerre civile à vos frontières.
Béji Caïd Essebsi (BCE) :Il faut voir les choses dans la durée, et non pas au jour le jour.  L’important est d’éviter une partition de la Libye en deux pays ou plus.

Etes-vous pour ou contre l’intervention militaire des puissances occidentales ?
BCE: Nous soutenons la légalité internationale. La Ligue Arabe en a fait autant.

Oui mais la Ligue Arabe a l’air de se rétracter.
BCE: L’actuel secrétaire de la Ligue Arabe est candidat aux prochaines élections présidentielles en Égypte, ils ne faut pas l’oublier. Si le monde était bien fait, ces opérations en Libye auraient dû être conduites par la Ligue Arabe. Regardez, aucun État arabe n’a bougé.

Vous non plus, la Tunisie non plus.
BCE
: Attention, pour nous la Libye ce n’est pas l’étranger, c’est une affaire intérieure. Les mêmes familles vivent des deux côtés de la frontière. Presque chaque ville de Tunisie possède son quartier tripolitain. Nous avons reçu plus de 160.000 réfugiés en quelques semaines. Nous n’avons pas crié à l’invasion. Nous leur avons porté secours dans la limite de nos moyens. Les habitants des régions frontalières les ont reçus chez eux. On ne nous a pas signalé de mécontentement local.
Vous, en France, quand dans un moment de crise, 5.000 Tunisiens débarquent à Lampedusa, très, très loin de votre territoire, vous y voyez un cataclysme. Marine le Pen  court à Lampedusa. Il vaut mieux rester calme. Ce sont des drames humains accidentels qui ne tirent pas à conséquence irrémédiable. On fait avec. Vous réalisez : 160.000 immigrés survenant soudainement chez nous, toute proportion gardée, c’est l’équivalent d’un million d’immigrés en France en quelques jours. Je n’ose même pas imaginer la panique. Je ne donne de leçon à personne mais je crois que la démocratie consiste justement à régler sans heurt les problèmes qui surgissent naturellement dans une société. A propos de cette vague d’immigration, j’ai entendu des voix nous féliciter, « Vous êtes des héros », m’a-t-on dit. J’ai répondu, merci mais les héros sont fatigués, tout cela coûte cher et nous sommes un petit pays en difficulté économique. Aidez nous un peu en attendant que la Libye entre dans une ère de stabilité.

Comment voyez-vous les choses évoluer en Libye ? Pourquoi n’intervenez-vous pas ?
BCE: Je suis un disciple de Bourguiba. Il disait souvent : « il ne faut pas insulter l’avenir ». Ce que je retiens de la crise libyenne et ce qui m’accable, ce sont les massacres. Un gouvernement, une armée tire sur son peuple comme on ne le ferait pas contre un peuple ennemi. Nul n’a plus le droit de tuer son peuple. Cela doit cesser. Il faut une solution claire et nette. Un État, un gouvernement, l’ordre public.

En démocratie ?
BCE: L’histoire obéit à des cycles. Le temps des colonisations, les vagues de décolonisation, la phase des dictatures. Cette page des dictatures est tournée. En Tunisie comme partout ailleurs, nous sommes heureusement entrés dans l’ère de la liberté, l’ère de la démocratie. Nous avons donné le départ, d’autres ont suivi. D’autres encore sont pour l’instant sur le bord de la route. Tous seront touchés, d’une manière ou d’une autre. Une époque historique est révolue. Ceux qui ne le voient pas le paieront très cher.

Mais ni vous, ni moi, ni qui que ce soit d’autre n’avait prévu ce bouleversement.
BCE: Je ne l’avais pas prévu parce que je connais l’histoire. Or, il n’existe aucun précédent à ce phénomène. Ni les révolutions de 1848 en Europe, ni la chute du communisme. Je ne l’avais pas prévu mais j’étais depuis longtemps persuadé que la marmite bouillait et que le couvercle sauterait. Comment ? Quand ? Seuls les événements pouvaient le dire. Ils l’ont dit.

La fuite de Ben Ali vous a-t-elle surpris ?
BCE: Oh, non ! Je connaissais un peu le bonhomme. Inculte et lâche. Trop corrompu pour s’intéresser à autre chose qu’à sa fortune. Les hommes d’argent n’ont souvent pas d’autre cause que l’argent.

Avec toutes ces secousses, l’ordre public en Tunisie fait parfois défaut, non ? Vous contrôlez insuffisamment votre police, non ?
BCE: Vous savez, la sécurité je sais un peu de quoi il en retourne. Longtemps ministre de l’intérieur, j’y ai passé dix ans de ma carrière. L’autorité en régime de liberté n’est plus ce qu’elle était en dictature. Tout ce que tu dis est vrai mais tout entre dans l’ordre lentement. N’est ce pas Valéry qui disait « L’ordre pèse toujours sur l’individu, le désordre lui fait désirer la police ou la mort » ? Les Tunisiens me font confiance. Dès que j’ai pris mes fonctions, les manifestants ont évacué paisiblement la place du gouvernement. Les actes de délinquance se font plus rares, vous l’avez vous-même observé. Mais la confiance est chose fragile. On la perd aussi vite qu’on l’a gagné. Nous donnons aujourd’hui la priorité aux zones sud-est, la Dorsale d’où est partie la révolution et qui ont été amplement délaissées jusque là. N’est-il pas dit « les derniers seront les premiers » ? Nous préparons les premières élections libres. L’assemblée constituante désignera un président et un nouveau gouvernement s’en suivra.

Vous ne craignez pas que les élections révèlent un pays plus proche de l’islamisme qu’on ne le croit ? Que la démocratie ne ressemble pas aux démocrates ?
BCE: On n’autorisera pas ceux qui veulent se prévaloir de la liberté pour écraser la liberté. Je dois recevoir quelqu’un, j’ai été content de te voir, revenez me voir quand vous voulez.

Tunisie – La polémique Nessma TV


La chaîne Nessma TV crée l’événement et suscite la polémique. Depuis le talk show avec la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, la chaîne se trouve l’objet, non seulement d’une grande polémique, mais elle reçoit même, depuis quelques jours, des menaces diverses par fax anonymes, enregistre des rassemblements hostiles devant le siège de la chaîne appelant, entre autres, à sa fermeture pure et simple.
C’est ce qu’a déploré, Nabil Karoui, directeur de Nessma TV lors d’une conférence de presse tenue mercredi 23 mars 2011 au siège de la chaîne et au cours de laquelle il a répondu en toute franchise à toutes les questions, même les plus embarrassantes : la venue d’Hillary, bien entendu, la situation à l’intérieur de Nessma, les griefs contre Cactus Prod et son patron Sami Fehri, la question de l’audimat, l’émission du 30 décembre sur Sidi Bouzid, les relations entre Nessma et le gouvernement transitoire... Sans oublier la fameuse et, désormais, célèbre phrase « notre père Ben Ali ».

Dans son speech introductif, Nabil Karoui a tenu à mettre l’accent sur le fait que la Révolution a surpris tout le monde, plus précisément le paysage médiatique dont Nessma qui a dû se transformer, du jour au lendemain, en chaîne de news et de politique. C’est dire que tout le personnel a dû faire un recyclage et une mise à niveau en un temps record afin d’épouser les nouveaux temps, être au diapason des nouvelles donnes et répondre aux nouvelles attentes des téléspectateurs.
Etant une chaîne maghrébine, par essence, Nessma est en train d’effectuer un retour progressif à la grille normale et habituelle incluant les variétés, le sport, les documentaires, les « formats », un journal télévisé le soir.
N’étant pas une chaîne publique avec des recettes émanant des factures de la STEG et des subventions de l’Etat, Nessma a des contraintes publicitaires qui représentent ses ressources exclusives. D’où son souci de présenter des programmes diversifiés de qualité et de ne pas se limiter aux émissions d’ordre, uniquement, politique.

Répondant, ensuite, aux questions des journalistes, très nombreux, M. Karoui a fait preuve d’un esprit fair play et sans tabous essayant de n’éluder aucun point.
Concernant la rencontre avec Hillary Clinton, il a précisé que la demande est venue des Américains, par le biais de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, qui ont choisi notre pays et une chaîne maghrébine pour ce passage télévisé. La chaîne pouvait-elle refuser une pareille offre, s’est interrogé et exclamé M. Karoui ? « Ni Tarak Ben Ammar, ni Silvio Berlusconi n’ont été impliqués dans ce sujet », a-t-il martelé.
Passant au déroulement de la rencontre et au contenu, le directeur de Nessma a dit et redit qu’il ne s’agit ni de conférence de presse, ni d’interview politique, mais bel et bien d’un talk show comme on en fait sur la plupart des chaînes européennes et américaines.
Concernant les questions, il a affirmé que vu le temps consacré, les circonstances et la nature de cette rencontre, il n’en pouvait être autrement et, pour un talk show, elles ont été plutôt assez politisées. Quant aux invités, il a assuré qu’il n’y a eu aucune exclusion, mais étant donné le nombre limité de places, la chaîne ne pouvait donner une suite favorable à tous ceux qui ont exprimé le désir d’y participer. Nébil Karoui a ainsi démenti formellement qu’il y a eu exclusion préméditée du journaliste Sofiane Chourabi (présent dans la salle) lequel a accepté cette explication comme il l’a dit lui-même sur les ondes de la Radio nationale mercredi après-midi. Quant à la blogueuse-journaliste Emna Ben Jemâa, Nébil Karoui a indiqué qu’il y avait 25 blogueurs dans la salle et qu’il fallait donc faire des choix.

Expliquant, ensuite la célèbre phrase : « Ben Ali, notre père », Nabil Karoui a indiqué que partant du principe qu’il fallait prononcer ce « sésame » obligatoire pour tous les médias, il a voulu « assumer » pour tous les autres personnels de la chaîne, ce qui ne veut nullement dire que c’est une conviction personnelle. Une « taxe » que d’aucuns savent dans le milieu et tous les téléspectateurs témoignent que les journalistes de Nessma TV n’ont pas été « poussés » à la surenchère benalienne, contrairement à leurs confrères d’autres médias et d’autres télés.
Passant à la campagne hostile et dénigrante dont Nessma fait l’objet depuis quelques jours, le directeur de la chaîne en a parlé sur un ton amer. C’est stressant pour tout le personnel que de se sentir harcelé et menacé dans son intégrité. Des rassemblements presque quotidiens devant le siège, des fax anonymes comportant des messages abjects et des menaces directes.
Mais là où ça dépasse tout entendement, c’est quand des voix s’élèvent pour réclamer, purement et simplement, la fermeture de la chaîne, et ce au vu et au su de tous !

Evoquant le volet de Cactus Prod, Nabil Karoui n’y est pas allé de main morte accusant cette entreprise et son directeur Sami Fehri (un épiphénomène, dit-il) d’avoir bénéficié de tous les privilèges parce qu’il est le protégé de Belhassen Trabelsi.
Et d’ajouter que Cactus prenait toutes les émissions sans appels d’offres, utilisait le matériel de la télévision nationale sans contrepartie et bénéficiait des prime time engrangeant, ainsi, des recettes publicitaires colossales. « D’ailleurs, nous allons porter plainte contre Cactus Prod et son directeur » a-t-il lancé avant de conclure ce point en disant : « Citez moi une seule émission produite par Cactus à une autre chaîne que celle nationale qui constituait pour lui, une véritable vache à lait ».
Au sujet de l’audimat et des 12,5%, seulement, « accordés » par Sigma Conseil à Nessma TV, Nabil Karoui n’a pas été tendre, non plus, là-dessus. « Hassan Zargouni, qui roulait pour les Trabelsi, ne représente que lui-même. Techniquement, il ne vaut rien », a-t-il affirmé.

Parlant de la relation entre Nessma et le gouvernement transitoire tunisien, le directeur de la chaîne a indiqué que l’image des activités du Président de la république ou du Premier ministre sont, désormais, regardées par le monde entier, d’où l’impératif d’en faire une image positive et attrayante. Et c’est à titre bénévole et gratuit que l’entreprise Karoui&Karoui, Samia Cherif d’Ecom Event et Fatma Belhaj Ali de Tunisiana constituent une sorte de pool et travaillent ensemble pour la communication du gouvernement.

Traitant du problème de la quarantaine d’employés remerciés, M. Karoui a précisé qu’ils étaient en fin de contrat et que pour des contraintes budgétaires et vu les temps difficiles avec zéro recette pendant plus de deux mois, la direction a décidé une compression légitime et compréhensible des dépenses.
Répondant, enfin, à des critiques adressés par les facebookeurs à l’encontre de Jamel Arfaoui, le directeur de la chaîne a tenu à préciser qu’il est solidaire avec les journalistes et les employés de Nessma et que les plateaux des débats nécessitent une variété et une diversification des avis et des approches.

Bon à noter, que ledit plateau de débat quotidien, présenté par Elyès Gharbi et animé par les deux journalistes Soufiane Ben Hamida et Jamel Arfaoui, est préparé, de main de maître par un trio professionnel de charme, en l’occurrence Myriam Kada, Insaf Boughdiri et Rim Saïdi, qui se trouvent dans les coulisses, mais contribuent concrètement et efficacement au contenu et à la réussite de ces plateaux. Il est vrai que les trois consoeurs ont bien roulé leurs bosses dans le journalisme.

Zapatero afirma que la Alianza de Civilizaciones permitió apoyar a la oposición en Túnez

La Alianza de Civilizaciones permitió a España apoyar a la oposición tunecina al régimen de Zine el Abidine Ben Ali años antes de la caída de éste, según ha puesto en valor este martes el presidente del Gobierno, José Luis Rodríguez Zapatero.

En la sesión de control al Gobierno en el Senado, Zapatero ha vinculado este gesto, unido a la ausencia de grandes intereses económicos en el pequeño país magrebí, al hecho de que él fuera el primer jefe del Gobierno europeo (y occidental también) en viajar a Túnez tras la salida de Ben Ali, algo que no fue "casualidad".
   El presidente se ha pronunciado así en respuesta a una pregunta del senador del PNV Iñaki Anasagasti, que le ha echado en cara que la Alianza de Civilizaciones, proyecto que Zapatero patrocinó junto al primer ministro turco, Recep Tayyip Erdogan, "no casa bien" con la operación militar en Libia en la que España participa.

   Anasagasti ha recordado que España "tradicionalmente se ha llevado muy bien con los autócratas" del mundo árabe para "proteger sus intereses económicos, cortar las posibles oleadas de inmigrantes y para evitar amenazas contra la seguridad".
   Ha considerado que el Gobierno "necesita definir sus objetivos estratégicos generales y sus prioridades de política exterior más alla de las necesidades comerciales" no sólo en el Magreb y Oriente Medio, "también en América y Venezuela".
   Y esa política, ha añadido, tendrá que incluir "la defensa de principios valientes de democracia y no sólo poner en marcha iniciativas desteñidas que ayuden a tranquilizar conciencias como la Alianza de Civilizaciones".
   Y la democracia, ha continuado, "no puede tolerar" la existencia de  "un rey empresario muy corrupto", en alusión a Mohamed VI de Marruecos, que ha hecho un anuncio de reformas que la gente en la calle no considera suficiente.
   Anasagasti también ha acusado a España y a la UE de no haber movido "nunca un dedo para animar a Ben Ali a que flexibilizara su régimen".
   Es ahí cuando Zapatero ha echado en cara a Anasagasti estar mal informado, porque él nombró a un prestigioso pensador político y opositor a Ben Ali, Mohamed Charfi, como uno de los sabios del grupo que permitió poner en marcha el proyecto de la Alianza de las Civilizaciones.
   Esa decisión, ha relatado el presidente, "molestó mucho a Ben Ali". La mujer de Charfi, Fauzia, quien formó parte del Gobierno provisional de transición, se entrevistó con Zapatero durante la visita de éste al país el pasado 2 de marzo y le agradeció personalmente el "reconocimiento y apoyo" que dio a su marido nombrándole miembro de ese grupo de sabios, lo que supuso "un respaldo a la oposición democrática de Túnez".
POSICIÓN "ACTIVA" DE ESPAÑA
   Zapatero ha defendido la posición "activa" adoptada por España de "apoyo" a quienes están protagonizando los cambios democráticos en el mundo árabe y de "estímulo" a los países que han anunciado reformas y entre los que citó a Marruecos, cuyo "importantísimo plan" avanzado por el rey el Gobierno de España "saluda".
   El presidente, que pidió a Anasagasti ser "respetuoso" con Mohamed VI, ha indicado que el Gobierno español "espera un Marruecos democrático de transición que siga las reformas democráticas" como en su día los españoles consiguieron avances democráticos en este país "con la colaboración de todos".
   Tras el debate y una vez en el pasillo, Zapatero ha parado a Anasagasti para precisarle que España sí ha ayudado a Túnez, a lo que el senador peneuvista ha respondido que él no tiene por qué saberlo si el presidente no informa de lo que ha hecho, según explicó a Europa Press el propio senador del PNV.
   Unos minutos después, el jefe del Ejecutivo fue preguntado por los periodistas acerca de esa breve conversación y Zapatero respondió que le había dicho lo mismo que le había contado en el Pleno de la Cámara sobre Túnez. Al ser cuestionado por el gesto que había hecho el senador, que parecía estar enfadado, Zapatero zanjó el asunto asegurando que ambos se llevan bien.

Consejo de Europa formará a agentes electorales para los comicios en Túnez

El presidente de la Comisión de Venecia, Gianni Buquicchio, anunció hoy, tras una visita de tres días a Túnez, que este centro de análisis del Consejo de Europa formará a 300 agentes electorales para las elecciones de la Asamblea Constituyente de ese país el próximo 24 de julio.
Tras su instrucción, los agentes podrán formar a su vez a más personal para cubrir las necesidades en todos los colegios electorales del país.
En un encuentro con periodistas, Buquicchio manifestó que las reuniones mantenidas entre miembros de ese "think tank" con el primer ministro tunecino, Béji Caïd Essebsi, y con el ministro de Exteriores de ese país, Kefi Mouldi, "han permitido establecer un clima de confianza prometedor".
Buquicchio recomendó a sus interlocutores que apliquen la forma de escrutinio "más representativa posible de todas las tendencias políticas existentes en el país", ya que ha habido "un florecimiento de partidos políticos", que se acercan al medio centenar.
El sistema, según el presidente de la Comisión de Venecia, debe ser "proporcional con ajustes", con el fin de que "las regiones estén bien representadas". En este sentido, aseguró que los expertos en la materia ponen como ejemplo el modelo sueco.
Buquicchio aseguró que Túnez tiene tres prioridades: la estabilidad del Gobierno, la prosperidad de la población con el relanzamiento económico y la democracia.
Pero, añadió, que los resultados "inmediatos y visibles no son posibles y no se pueden sacar de la chistera". Al tiempo, Buquicchio pidió a sus interlocutores que no se precipiten a la hora de abordar la reforma democrática que el pueblo reclama.
Por ello, apostó por retrasar a septiembre u octubre las elecciones constituyentes del 24 de julio, si la Comisión para la reforma política y constitucional "no va al ritmo deseado".
La Comisión de Venecia promueve la democracia a través del derecho, ofrece consejos jurídicos a los países que lo demandan y asiste a los mismos para adecuar los marcos jurídico y constitucional a los estándares del Consejo de Europa.
Además, mantiene una estrecha relación con la Unión de Tribunales y Consejos Constitucionales Árabes.
Túnez es miembro de la Comisión de Venecia desde 2008. También son parte de este organismo Marruecos y Argelia.
Una delegación de la Comisión de Venecia visitará Marruecos los próximos 5 y 6 de mayo, en relación con la recientemente creada Comisión consultiva sobre la reforma constitucional, cuyo presidente, Abdelatif Menuni, es miembro de la Comisión de Venecia.

Ban Ki-Moon afirma que la ONU ayudará a Túnez en su transición democrática

El secretario general de la ONU, Ban Ki-Moon, dijo hoy en la capital tunecina que Naciones Unidas y la comunidad internacional están preparadas para ayudar al pueblo tunecino a construir "una verdadera democracia participativa".
En declaraciones a la prensa tras su entrevista con el primer ministro interino, Beyi Caid Essebsi, Ban precisó que la contribución será en el "proceso electoral, en la elaboración del proyecto de una Constitución, la restauración del estado de Derecho y en la promoción de los Derechos Humanos y de igualdad de genero".
El secretario general de la ONU calificó de "constructivos" sus encuentros con el presidente interino, Fuad Mebaza, el propio primer ministro y el titular de Asuntos Exteriores, Muldi Kefi, así como con los representantes de los partidos políticos y de diversas organizaciones de la sociales.
"El principal objetivo de mi visita a Túnez es para expresar mi solidaridad y admiración a los tunecinos que han llevado a cabo una revolución pacífica por la democracia" un movimiento -precisó- "realizado por simples ciudadanos, jóvenes, hombres y mujeres".
Durante su primera visita a Túnez tras el desmoronamiento del régimen de Ben Alí un centenar de jóvenes islamistas pertenecientes al integrista Partido de la Liberación (PL), no legalizado por las autoridades del Gobierno transitorio, marcharon por las calles del centro de la capital.
Los jóvenes islamistas corearon consignas contra la visita de Ban Ki-Moon al que calificaron de "agente sionista" y contra "las resoluciones de la ONU hacia los países musulmanes".
En un pasquín político distribuido durante la manifestación, los jóvenes criticaban a Gadafi "por preparar el camino a una intervención extranjera" y denunciaban a "los países islámicos que no han usado sus armas y no han plantado cara a su dictadura sangrienta".
"El problema está en los líderes árabes y musulmanes que son capaces de vender a sus pueblos por permanecer en el poder sin importarles el precio", afirmaron los militantes del PL.
"No existe un líder árabe musulmán que tenga el coraje de movilizar sus tropas militares para salvar al pueblo hermano de Libia de la dictadura de Gadafi", añadió la nota.

# Les entrepreneurs français ne voient pas d’un mauvais œil les négociations sociales

Les entreprises françaises montrent une volonté forte d’investir en Tunisie, a déclaré Dino Cinieri, député UMP et président du groupe d’amitié France – Tunisie au parlement français. Accompagnant Axel Poniatowski, député UMP et président de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée nationale française et les députés Chantal Bourragué (UMP) et François Loncle (PS) dans une mission en Tunisie, M. Cinieri, en réponse à une question de Business News, a révélé, sans vouloir s’exprimer au nom des entrepreneurs français, que ceux-ci ne voyaient pas d’un mauvais œil les négociations sociales actuelles et qu’ils ont consenti des augmentations salariales de l’ordre de 11 à 15% jusqu’à présent. La rencontre avec la presse qui s’est déroulée mardi 22 mars 2011 a été l’occasion de revenir sur les impressions des membres de cette mission suite à leurs rencontres avec des partis politiques, des syndicalistes et des représentants de la société civile.

Après quelques « vaguelettes » suite aux déclarations de Michèle Alliot-Marie au moment où Ben Ali réprimait brutalement la contestation, les relations franco-tunisiennes sont revenues au beau fixe, estime Axel Poniatowski. Un nouveau « vent de liberté et de libre expression » souffle sur la Tunisie, mais dans une « relative modération », ajoute-t-il encore.
Les attentes des Tunisiens lui semblent claires : relance de l’investissement, renforcement de l’aide au développement… François Loncle confirme. La question économique et sociale est la priorité absolue, selon la quasi-majorité des témoignages qu’il a recueillis. Les débats institutionnels et la construction de la démocratie ne devront pas occulter cette question, poursuit-il.

Les échanges avec les journalistes se sont focalisés sur l’intervention militaire de la coalition internationale en Libye. M. Poniatowski estime que cette intervention a été bien comprise par les Tunisiens et qu’elle faisait la quasi-unanimité. Encore faut-il qu’elle ne dure pas trop longtemps ajoute M. Loncle.
D’autres sujets ont été survolés en vrac : présence des jeunes dans le nouvel échiquier politique, la place de la femme dans le processus de transition démocratique, le parti islamique Ennahdha… Sur ce dernier point, sans vouloir se prononcer vraiment sur les réelles motivations et les intentions politiques des islamistes ou ce qu’il a cru deviner, M. Poniatowski dit avoir trouvé ses interlocuteurs « modérés dans leurs expressions ».

mardi 22 mars 2011

L'intense journée à Tunis du Secrétaire Général de l'ONU, M. Ban Ki-moon

En visite officielle en Tunisie, le Secrétaire général des Nations Unies s'est entretenu avec le Président de la République intérimaire, le Premier ministre du gouvernement provisoire et le ministre des affaires étrangères.
Il a, également, eu une réunion avec des membres de l'instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique.
Par ailleurs, il a rencontré des représentants de la jeunesse tunisienne et de la société civile ainsi que des parents de Mohamed Bouazizi.
A Carthage
Le président de la République par intérim Foued Mebazaa a reçu, mardi matin, à Carthage, le secrétaire général de l'Organisation des Nations-Unies Ban Ki-moon, en visite, actuellement, en Tunisie. A cette occasion, Il a salué la position de l'ONU et sa solidarité avec la revendication des Tunisiens de leur droit à la liberté et à la dignité. Il a émis l'espoir que l'ONU apporte le soutien nécessaire à la Tunisie, afin de gagner les paris politiques, économiques et sociaux de la prochaine étape.
Au sujet de l'évolution de la situation en Libye, M. Mebazaa a souligné que la Tunisie demeure toujours aux côtés du peuple libyen frère auquel il est lié par des relations fraternelles séculaires.
De son côté, M. Ban Ki-moon a qualifié "d'historique" sa visite en Tunisie, durant cette période. Il a fait part de sa considération et de son admiration pour la révolution tunisienne qu'il considère comme "un modèle de changement démocratique du fait qu'elle est spontanée, pacifique et émanant de la volonté du peuple".
Il a souligné que l'ONU est disposée à apporter son appui au processus de transition démocratique et à la consolidation des efforts de la Tunisie pour la concrétisation des attentes de son peuple à un avenir meilleur.
Il a ajouté que des prémisses positifs ont commencé à apparaître au niveau politique, en Tunisie, prémisses qu'il a ressentis, en particulier, a-t-il dit, lors de ses rencontres avec des représentants de partis politiques et de la société civile.
Le secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies a, en outre, loué les efforts de la Tunisie, Gouvernement provisoire et peuple, pour venir en aide aux réfugiés en provenance de Libye, ainsi que l'élan de solidarité exprimé, à cette occasion, malgré la conjoncture délicate et difficile que traverse le pays.

Avec les jeunes et des représentants de la société civile

« Il n'existe pas une seule voie pour assurer une transition démocratique. Les transitions réussies ont des caractéristiques communes, pouvant être résumées en ce triptyque : compromis, concessions et consensus », a déclaré le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies, ajoutant qu'il est essentiel d'engager, en parallèle, des discussions sans exclusive avec le plus large éventail possible d'organisations et de composantes de la société.
« En Tunisie, la transition démocratique, menée par le peuple, et pour le peuple, est sur la bonne voie. Ce qui est plus important est que le peuple tunisien a choisi cette voie, grâce à un consensus pacifique » a affirmé, mardi, à Tunis, M. Ban Ki-moon, lors d'une rencontre avec les représentants de la société civile tunisienne, composée par un panel d'étudiants, de jeunes, d'universitaires et de militants des droits de l'homme.
La Tunisie, a-t-il précisé, a, aujourd'hui, une feuille de route aux contours clairs, constatant que « le pays est en train de mettre en place d'autres pièces à l'édifice pour garantir des élections transparentes et libres ».
A cette occasion, le Premier responsable de l'ONU a tenu à saluer le « brave » peuple tunisien qui, a-t-il dit, est à « l'avant-garde des évènements épiques qui secouent la région arabe », un peuple « en quête de liberté, de dignité, et de justice sociale, dont le combat a résonné à travers le monde entier ».
Malgré son caractère tragique, a-t-il estimé, l'acte « solitaire » de Mohamed Bouaziz, a été une source d'inspiration ayant « enclenché une série d'évènements extraordinaires ».
Par ailleurs, le Secrétaire général de l'ONU a fait part de l'engagement des Nations Unies à soutenir le nouveau gouvernement et la société civile.
« L'Organisation des Nations Unies est prête à aider la Tunisie dans ses efforts visant à développer la société, créer des emplois, et organiser des élections » a-t-il affirmé, précisant que l'ONU a engrangé une expérience et un savoir-faire depuis 55 ans en la matière et que sa contribution, aussi modeste soit-elle, demeure « précieuse ».
Il n'a, d'ailleurs, pas omis de rappeler que feu Hédi Annabi, diplomate tunisien chevronné, est décédé, suite au séisme ayant secoué Haïti, dans ce même cadre.
Présents à cette rencontre, les représentants de la société civile ont soulevé une série de questions inhérentes à la démocratie, à la liberté d'expression et à la révolution tunisienne.
En réponse aux interventions, M. Ban Ki-moon a souligné que les Nations Unies s'engagent à soutenir le processus électoral en Tunisie, à l'assister à l'élection d'une Assemblée constituante et à l'adoption d'une nouvelle Constitution, prélude au déroulement d'élections libres et transparentes.
Les Nations Unies, a-t-il indiqué, devront envoyer en Tunisie un groupe d'experts parallèlement à une assistance financière nécessaire pour la tenue des élections.
En réponse à la question d'une jeune fille sur l'influence des grandes puissances sur les résolutions prises par les Nations Unies, M. Ban Ki-moon a fait remarquer que « les petits pays, une centaine sur les 192 Etats membres ont une influence notable, notamment au niveau de l'Assemblée générale où chaque vote est utile ».
Il a ajouté que l'ONU était à l'écoute des grandes puissances mais également des petits pays qui sont tous membres à part entière à l'instance onusienne.
Au sujet d'une question relative au manque de réactivité de l'ONU en ce qui concerne le Monde arabe, le Secrétaire général de l'ONU a fait remarquer que pour le cas de la Libye, les Nations Unies aidées par la Ligue des Etats arabes avaient rapidement réagi pour défendre les droits de l'Homme des civils en danger.
Concernant la question palestinienne, il a indiqué que l'ONU avait négocié lors de l'agression menée contre GAZA, un cessez-le-feu et facilité l'assistance humanitaire au profit du peuple palestinien, notamment, à travers l'UNRWA, une assistance certes modeste mais cruciale pour les populations civiles de la Bande de GAZA.
La conférence de presse
Le processus démocratique en Tunisie et la situation en Libye et au Yémen ont été les principales questions soulevées par M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, lors d'une rencontre avec les médias nationaux et internationaux, organisée, mardi soir, à Gammarth.
« La Tunisie peut être fière d'avoir été à l'origine des révoltes pour la démocratie dans la région » a déclaré M. Ban Ki-moon. Le monde a pu voir que « le cri d'un homme réclamant justice pouvait rallier toute une Nation » a-t-il ajouté.
Il a, à cet égard, mis en exergue le rôle de la jeunesse tunisienne, « ce grand trésor de ce pays », une jeunesse forte de ses idées, de son énergie et de ses idéaux », estimant indispensable de lui prêter une écoute attentive dans la construction de l'avenir.
« La région a besoin d'une Tunisie libre et démocratique, et le monde a, à son tour, besoin que les dirigeants de cette région soient élus librement », a-t-il dit, réitérant le soutien de l'organisation onusienne au processus démocratique en Tunisie.
Il a déclaré avoir demandé aux responsables tunisiens de poursuivre les enquêtes au sujet des « crimes et forfaits » commis durant l'ancien régime, et de continuer la lutte contre la corruption.
Il a salué la générosité « proverbiale » de la Tunisie dans le traitement réservé aux réfugiés ayant fui la Libye.
« Nous vous en sommes reconnaissants » a-t-il indiqué. Concernant la situation en Libye, M. Ban Ki-moon a affirmé que son envoyé spécial dépêché sur place avait pour mission d'écouter les points de vue des deux camps, affirmant n'ayant avoir eu, personnellement, aucun contact avec des représentants du régime de Kadhafi. Il a indiqué, qu'il s'adressera, jeudi, au Conseil de sécurité de l'ONU a ce sujet.
Concernant les critiques relatives aux frappes aériennes contre la Libye, le Secrétaire général a précisé que même si certains Etats membres ont émis des réserves avant l'adoption de la résolution 1973, tous sont tenus de s'y conformer, une fois celle-ci adoptée.
Il a fait part de sa confiance quant à l'évolution de la situation sur le terrain, précisant que Kadhafi « ne devrait pas se dresser contre tous », exprimant sa profonde conviction que « la justice finira par l'emporter ».
S'agissant de la crise au Yémen, M. Ban Ki-moon a rappelé qu'il a condamné à de multiples reprises l'usage de munitions réelles contre les manifestants et les civils. « C'est inacceptable » a-t-il martelé, ajoutant que les autorités yéménites ont la « responsabilité » de protéger la vie de leurs citoyens.
Evoquant les critiques émises par certains journalistes concernant le peu d'engagement de l'organisation internationale, dans le passé, à défendre la démocratie dans le monde arabe, il a déclaré que les questions de démocratie et des droits de l'homme ont été soulevées à maintes reprises avec les dirigeants du monde arabe, « mais en vain », a-t-il précisé.

Pourquoi la Suisse a-t-elle été la première à bloquer les avoirs de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi ?

Peu de personnes avaient pressenti l'ampleur des conséquences des semaines de soulèvement populaire en Tunisie. Le 14 janvier 2011, l'ancien président tunisien Ben Ali a dû fuir son pays. Cinq jours plus tard seulement, le 19 janvier 2011, la Suisse bloquait ses avoirs éventuels en Suisse, tout comme ceux de sa famille et de ses proches. Au soir du 11 février 2011, le gouvernement suisse a pris la même décision à peine de 30 minutes après la chute du président Moubarak en Egypte. Enfin, le 24 février 2011, alors que les dirigeants libyens s'en prenaient violemment à la population de leur pays, la Suisse a décidé de bloquer avec effet immédiat les éventuels avoirs en Suisse de Mouammar Kadhafi et de son entourage. Pourquoi le gouvernement suisse a-t-il pris la décision de bloquer les avoirs de ces despotes ? Pourquoi la Suisse a-t-elle été, dans les trois cas, la première à réagir, montrant ainsi la voie à de nombreux autres États ?
La réponse est simple : c'est parce la politique que nous poursuivons est claire. Depuis 20 ans, le gouvernement suisse s'attache à écarter systématiquement les avoirs d'origine illégale de la place financière suisse. Les milieux financiers ont pris note de cette politique depuis longtemps. Les experts de renommée internationale reconnaissent que peu de pays ont fourni autant d'efforts dans ce sens ces dernières années. Un spécialiste de la Banque mondiale constatait récemment "la Suisse, refuge de l'argent sale, est une réalité qui appartient au passé ou qui convient, tout au plus, aux romans policiers".
Bien que la place financière suisse ne se positionne qu'au septième rang mondial, notre pays tient le devant de la scène en matière de restitution d'avoirs volés. Ces dernières années, aucun pays n'a égalé un tant soit peu la Suisse dans ce domaine : la somme des fonds rendus à leur pays d'origine s'élève à 1,7 milliard de dollars américains.
Mais si la Suisse a restitué autant d'argent, serait-ce parce qu'elle accepte davantage d'argent sale que les autres places financières ? Aujourd'hui, la concurrence entre places financières est globale. La réputation et la crédibilité d'une place financière constituent des critères toujours plus importants en matière de concurrence sur le long terme. Il serait donc naïf de penser que les banques suisses peuvent se permettre de fixer des standards plus laxistes que ceux de leurs concurrents. Nos succès, nous les devons bien plus aux réformes de la politique suisse. Au cours des dernières années, le gouvernement et le Parlement ont renforcé les lois existantes et en ont créé de nouvelles ; les lacunes ont été identifiées et les lois ont été améliorées en fonction. À bien des égards, les dispositions suisses actuelles vont plus loin que la législation d'autres pays et font office de modèle. Le dernier exemple en date est la loi sur la restitution des avoirs illicites de personnes politiquement exposées, connue sous le nom de "Lex Duvalier". Les États considérés comme fragiles, généralement gangrénés par la corruption, sont peu protégés contre les agissements de leurs dirigeants. La loi suisse est une première mondiale dans ce domaine. Elle permet de restituer des avoirs à des États dont l'arsenal juridique ne permet pas d'effectuer les procédures nécessaires pour exiger le retour des biens détournés par un dictateur.
Toutefois, je reste convaincue qu'il faut en premier lieu lutter contre la corruption là où elle sévit. Le gouvernement helvétique a ainsi décidé de bloquer les comptes suisses de Ben Ali et de Moubarak pour aider les États concernés à récupérer leurs biens présumés volés par la voie juridique, dans les meilleurs délais.
Depuis le gel des avoirs tunisiens et égyptiens, ces deux pays ont déposé une demande d'entraide judiciaire auprès de la Suisse. Le travail du gouvernement helvétique a ainsi porté ses fruits et nous pouvons en être fiers.

Tunisie. Les conditions d’une transition démocratique réussie

La société civile est un acteur majeur de la transition démocratique en Tunisie, souligne un communiqué de Fidh consacré au séminaire international sur la transition démocratique, organisé à Tunis du 17 au 20 mars.
La Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme (Remdh) et leurs organisations membres en Tunisie, la Ligue tunisienne des droits de l’homme (Ltdh), le Conseil national des libertés en Tunisie (Cnlt), l’Association tunisienne des femmes démocrates (Atfd) et Collectif Maghreb Egalité, ont organisé du 17 au 20 mars 2011, à Tunis, un séminaire international sur la transition démocratique, suivi d’ateliers sur la place et les besoins de la société civile tunisienne durant cette période.
Depuis la chute du régime Ben Ali, c’est la première fois qu’une telle manifestation accueille plusieurs centaines de personnes: invités étrangers (Espagne, Belarus, Russie, Egypte, Maroc, Pérou, etc.), experts internationaux, représentants officiels du gouvernement tunisien et des institutions européennes, membres des organisations de la société civile tunisienne, ont débattu pendant deux jours des conditions d’une transition démocratique réussie.
La prééminence des normes internationales Les objectifs de ces deux manifestations étaient triples: confronter les expériences vécues à l’étranger lors des transitions démocratiques, définir le cadre de cette transition en Tunisie et, enfin, évaluer et préciser le rôle et les besoins de la société civile de Tunisie. Les travaux qui se sont déroulés montrent l’adhésion sans réserve à quelques principes qui réunissent l’humanité tout entière et qui ne sont pas différents selon les continents ou les rives de la Méditerranée.
Ces principes sont essentiellement:
- la prééminence constitutionnelle des normes internationales qui doivent recevoir une application directe dans le droit interne;
- une loi électorale qui permette un scrutin loyal et sincère et qui autorise à la fois la formation d’une majorité et la représentation des minorités politiques;
- une constitution qui assure la protection de toutes les libertés, et une égalité réelle entre les individus et entre les sexes, y compris en prenant en ce dernier domaine des mesures de rééquilibrage;
- le respect de la liberté absolue de conscience, ce qui implique l’indépendance de la sphère publique à l’égard de la norme religieuse sans pour autant nier l’existence du fait religieux lui-même;
- une justice indépendante et égale pour tous;
- une presse libre de rapporter les faits et d’exprimer des opinions, et indépendante des groupes d’intérêts notamment financiers;
- une organisation économique et sociale qui assure l’accès de tous aux besoins fondamentaux et à la justice sociale.
Diversité et richesse du peuple tunisien
Pour aller vers ces objectifs, la société civile tunisienne ne prétend pas être le seul acteur de cette transition. Parce qu’elle a mené, avec d’autres, la résistance contre la dictature, parce qu’elle exprime la diversité et la richesse du peuple tunisien, elle occupe une place essentielle. Elle entend participer au processus en cours et y porter ses valeurs d’indépendance, de démocratie, de liberté, d’égalité et de justice sociale. Mais elle n’a pas pour but de se substituer aux partis politiques qui ont, eux, vocation à construire des projets politiques entre lesquels le peuple devra arbitrer.
Pour jouer pleinement son rôle, la société civile tunisienne a des besoins matériels à la mesure des attaques dont elle a été victime sous le régime précédent. C’est pourquoi un appel a été lancé aux contributions de la communauté internationale, notamment de l’Union européenne (UE). Cette aide doit s’inscrire dans les choix de la société civile tunisienne et non les dicter, et avoir une ampleur suffisante pour permettre un réel travail en profondeur.
Il faut en effet reconstruire un tissu social fait de dialogue, de fermeté sur les principes, mais aussi d’ouverture. La société civile tunisienne doit s’ouvrir aux hommes et aux femmes de toutes les conditions sociales, de toutes les régions du pays et de toutes les générations, notamment la jeunesse d’aujourd’hui qui a su spontanément exprimer son désir de liberté et de dignité.
Ce séminaire et ces ateliers sont le début d’un mouvement qui se veut plus large et plus fort. Il devra donner à chacun les moyens d’exercer pleinement sa citoyenneté. Il devra faire en sorte que personne ne se sente jamais plus rejeté, et que tous trouvent dans le processus en cours l’espoir d’une société démocratique toujours plus juste, plus libre et fraternelle.

lundi 21 mars 2011

Tunisie: pas encore la démocratie, mais déjà un premier sondage!

Quelques semaines après la révolution qui a fait tomber Ben Ali, la Tunisie découvre les joies de la démocratie et ses outils politiques. Parmi lesquels les sondages, gadgets survendus dans nos vieilles démocraties qui en abusent, ils apparaissent comme des outils de connaissance et d'expression politiques dans des pays récemment sortis de longues périodes d'absolutisme. Marianne2 dévoile les résultats de l'un des premiers sondages réalisé en Tunisie. 

Après le temps des révolutions, la Tunisie découvre les joies fragiles d'une démocratie balbutiante. Parmi les nouveautés qui s'installent peu à peu dans le paysage politique tunisien : les sondages. Gadgets suspects, polluants des côtes démocratiques dans nos contrées qui en consomment plus que de raison, tout en relativisant leurs résultats, ils apparaissent comme un espace d'expression politique et de connaissance des aspirations des populations dans des pays à peine sortis de l'absolutisme. En Tunisie les bureaux d’études multiplient les enquêtes pour prendre le pouls de l'opinion.

Du temps de Ben Ali, ces enquêtes politiques n’étaient que très rarement réalisées, compte tenu du fait que le pouvoir n’acceptait aucune critique.

Selon l’un des premiers sondages politiques réalisé par l'Institut ID Claire, 64,3% de la population affiche un certain optimisme concernant l’avenir de la Tunisie contre 15,4% qui se montre plus sceptique.
Les domaines à améliorer en priorité concernent la justice (34,1%), l’éducation (13,3%), l’administration publique (13%), la santé et l’emploi (7,9%).
Les principales attentes et aspirations des personnes sondées sont en premier lieu l’amélioration du niveau de vie (27,3%), plus de justice sociale (18,1%) et une baisse du chômage (16,7%). La lutte contre la corruption, les réformes économiques et la réforme de la constitution font également partie des priorités.

Les Tunisiens défavorables à un régime présidentiel

Interrogés sur les changements à apporter à la Constitution Tunisienne, il apparait que la principale préoccupation est le nombre de mandats présidentiels qu’ils ont demandé de préciser et de limiter. Les répondants souhaiteraient également, à travers la constitution,  garantir la démocratie, la liberté d'expression et la liberté de la presse. D’autres éléments ont été évoqués tels que l'immunité du président (qui doit pouvoir être levée), la liberté et la transparence des élections, la réduction des pouvoirs du président, l’indépendance de la justice, la séparation entre les trois pouvoirs (législatif, exécutif et judicaire) et le changement de régime. Le parfait anti-portrait du régime Ben Ali...

Concernant le type de régime souhaité, la majorité des interrogés (66,2%) choisit  le régime parlementaire. Cette préférence est principalement motivée par la volonté du tunisien de participer, de donner son avis et surtout de prendre part aux décisions.
Seuls 18,1% veulent maintenir un régime présidentiel car depuis l’indépendance c’est le seul qu’ont connu les Tunisiens.

C’est le comportement des Tunisiens lors des différentes élections (municipales, législatives et présidentielles) qui se révèle particulièrement intéressant. Le sondage montre que la participation aux votes a toujours été très limitée. Il s’est avéré ainsi que seulement 18,1% ont déjà voté dans des élections municipales, 15,5% dans des élections législatives et 30,6% dans des élections présidentielles quand Ben Ali annonçait des scores fleuves de 85% voire 95% et des taux de participation jamais inférieurs à 80% !

Aucune figure politique ne sort du lot

A l’évidence, il est beaucoup trop tôt pour que les Tunsiens voient clair dans la nouvelle donne politique :
 « Concernant les représentants des partis, il apparait nettement un manque de connaissance étant donné que la scène politique de l’avant 14 Janvier était dominée par le RCD. Nous avons demandé aux répondants de nous donner spontanément leurs visions de l’orientation politique des partis. Faute de bien connaître le programme politique de chaque parti, les sondés ont donné des réponses subjectives » fait remarquer l’Institut.

Le sondage montre que les Tunisiens n’ont toujours pas de figure politique qui se distingue des autres vu que 83,3% des répondants n’ont pas donné de nom ! Néanmoins,  Ahmed Nejib Chebbi le leader du Parti Démocratique Progressiste  prend timidement la tête du classement avec seulement 6,6%, suivi par Rached Ghanouchi (5,1%), le  leader du mouvement islamiste tunisien, largement réprimé sous Ben Ali  et qui a obtenu sa légalisation récemment après 30 ans d’interdiction.

Un air de démocratie souffle bien sur la Tunisie, mais le chemin sera long et difficile : le journal tunisien WMC rapportait récemment que lors d'un débat télévisé sur une chaîne privée tunisienne, on a demandé à un jeune ce que signifiait la démocratie pour lui, il a répondu: «Je ne sais pas. Vous me demandez quelque chose que je n’ai jamais connu et que je n’ai jamais pratiqué. Je répondrais à votre question lorsque je l’aurais pratiqué!». Tout est dit.

Tunisie: premiers ratés inquiétants de la transition démocratique

La transition tunisienne vers la démocratie engagée depuis la chute de Ben Ali a connu ces derniers jours des ratés préoccupants: la Haute commission chargée de préparer les élections cruciales de juillet a tourné à la foire d'empoigne.
Alors que la Tunisie avait été une pour pousser Zine el Abidine Ben Ali vers la sortie, les querelles de clocher reprennent désormais le dessus, chacun voulant pousser ses pions.
Jeudi, la Haute commission, la plus importante "instance démocratique" du pays n'a pas pu terminer sa première réunion et a ajourné ses travaux à mardi prochain, certains participants jugeant que sa composition même était "incompatible avec les objectifs de la révolution et les aspirations du peuple tunisien".
En clair, pour plusieurs secteurs politiques, cette commission de 70 personnes serait "noyautée" par le pouvoir de transition mis en place après la chute de Ben Ali le 14 janvier.
Composée de représentants de partis politiques, de la société civile, d'experts en droit constitutionnel, la Haute commission est censée produire un nouveau code électoral et un brouillon de Constitution qui sera présentée à l'assemblée constituante sortie des urnes en juillet prochain. Son rôle est donc pivot.
"Le problème c'est qu'aujourd'hui personne ne peut se prévaloir d'une quelconque légitimité, y compris le gouvernement transitoire. L'équipe actuelle de Béji Caïd Essebsi a fait la même erreur que celle de son prédécesseur Mohammed Ghannouchi en n'intégrant pas des forces qui ont compté pendant la révolution", dit à l'AFP l'analyste politique Larbi Chouikha.
Ce qui peut ne sembler qu'une querelle d'experts cache en fait un risque beaucoup plus grand pour la démocratie naissante, sous pression permanente de ceux qui, dans la rue et les campagnes, ont fait tomber la dictature.
Le danger, selon un politologue, c'est "au pire un chaos total, au 'mieux' retarder l'échéance du 24 juillet", les premières élections vraiment libres depuis l'indépendance en 1956 et qui donneront naissance à la IIe République tunisienne.
Elément moteur dans la chute de Ben Ali, la centrale syndicale UGTT a donné de la voix samedi en exigeant que la Haute commission soit remaniée pour "représenter les régions, les sensibilités politiques et les jeunes sans exclusive et marginalisation".
"Nous voulons que soient représentées les régions d'où est partie la révolution contre Ben Ali", renchérit Choukri Benaid, porte-parole du Mouvement nationaliste démocratique (gauche) qui vient juste d'être légalisé.
"Il faut élargir la Haute commission aux forces politiques qui ont combattu la dictature et aux vraies personnalités patriotiques indépendantes", dit-il à l'AFP.
La querelle se porte sur le choix du mode de scrutin pour le rendez-vous électoral de juillet: uninominal à deux tours ou de listes à un tour et à la proportionnelle.
Pour certains juristes consultés par l'AFP, le scrutin de listes, en vigueur depuis l'indépendance, "aboutit au monopole total du parti au pouvoir". Et après 23 ans de domination absolue du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali, ils ne veulent pas en entendre parler.
D'autres jugent en revanche qu'un scrutin uninominal "risque d'exacerber les régionalismes".
Le Premier ministre Essebsi a lui-même mis en garde jeudi contre les "dérives" et les "tentatives de détourner la révolution". "Il y a des lignes rouges à ne pas dépasser et pour lesquelles le peuple tunisien s'est battu pour arriver à bâtir un Etat moderne", a-t-il dit, citant notamment "le régime républicain, l'identité arabo-musulmane et les droits des femmes".
"Pour une démocratie balbutiante, un minimum de consensus est requis autour de la démarche à adopter pour assurer la transition", juge le quotidien La Presse.

La Chine accorde une aide humanitaire à la Tunisie et à l'Egypte

Le gouvernement chinois a décidé d'accorder une aide humanitaire à la Tunisie et à l'Egypte, a annoncé vendredi le ministère chinois du Commerce.

Cette aide de 50 millions de yuans (7,6 millions de dollars) est destinée à atténuer la pression des gouvernements tunisien et egyptien face à l'arrivée de réfugiés venus de leur pays voisin, la Libye, a indiqué le ministère chinois du Commerce sur son site Internet.

Cette aide comprend deux millions de dollars en espèce pour la Tunisie et un million de dollars pour l'Egypte, selon la même source.

Par ailleurs, la Chine envoie à la Tunisie du matériel de secours d'une valeur de 30,3 millions de yuans (4,6 millions de dollars), composé de nourriture, de tentes, de couvertures, de médicaments et de générateurs électriques.

Obama: la Tunisie peut continuer à compter sur l'amitié des Etats-Unis

Le Président Américain Barack Obama a adressé un message de félicitations au président de la République par intérim, Foued Mebazaa, et au peuple tunisien, à l'occasion du 55e anniversaire de l'indépendance.
"C'est le premier anniversaire de l'indépendance après que le peuple tunisien ait courageusement et pacifiquement pris son avenir en main et entamé une nouvelle phase de transition vers la démocratie", a-t-il indiqué.
Le président Obama a souligné que "les événements des derniers mois ont de nouveau prouvé la dignité et la force du peuple tunisien", réitérant le soutien des Etats-Unis aux tunisiens dans leur quête des valeurs universelles.
Il a mis l'accent sur les relations d'amitié historiques et séculaires qui unissent les deux pays, affirmant que la Tunisie peut continuer à compter sur cette amitié au moment où elle s'engage pour un avenir meilleur.

dimanche 20 mars 2011

AVEC LES RÉFUGIÉS EN TUNISIE

Ancien médecin généraliste à Pulversheim, le docteur Samuel Saltzmann, directeur de la branche française d’une ONG internationale, a passé un peu moins d’une semaine dans un camp de réfugiés en Tunisie, à quelques kilomètres de la frontière libyenne. Il raconte.

Le docteur Samuel Saltzmann est désormais au service du Comité d’action pour les Chrétiens persécutés (CACP). Le travail de cette ONG chrétienne se fait en grande partie avec des partenaires locaux. C’est l’un d’eux, fin février, qui l’a prévenu de l’imminence d’une situation d’urgence à la frontière entre la Libye et la Tunisie. Le docteur Saltzmann s’est rendu sur place au milieu du mois de mars.
La majorité des réfugiés du camp de Choucha, près de la ville tunisienne de Ben Guerdane, sont des travailleurs étrangers : « Beaucoup de Bengalis sont là mais aussi des Maliens, des Ghanéens ». Le contact avec les Libyens est plus limité : « La plupart sont en voiture et ne s’arrêtent pas au camp. Par crainte des mercenaires, toutes les automobiles qui passent la frontière sont fouillées de fond en comble ».
La population du camp, de l’ordre de 20 000 personnes lors du séjour du docteur Saltzmann mais qui a augmenté depuis, est soumise à un va-et-vient incessant : « Tous les jours, il y a près de 1 000 personnes qui partent et 2 000 qui arrivent. »
L’évacuation vers l’Égypte a débuté, de même que le rapatriement des Bengalis vers leur pays d’origine. Beaucoup de ces derniers refusent cependant de quitter le camp en raison des maigres espoirs de travail que leur offrirait un retour au Bangladesh.
L’approvisionnement du camp s’organise sous la férule de l’armée tunisienne qui coordonne l’action des ONG présentes.
« Je dois dire que le travail des Tunisiens est remarquable, la nourriture est en quantité suffisante », dit le docteur Saltzmann.

« C’est leur contribution à la révolution »

La vie au camp est surtout rythmée par les distributions de nourriture qui, compte tenu du nombre de personnes, se déroulent bien. « Il y a parfois des tensions, c’est sûr, surtout à cause du manque d’eau et des difficultés de communication entre les réfugiés de différentes nationalités ».
Samuel Saltzmann se dit impressionné par l’importance des dons des Tunisiens : « Ils considèrent que c’est leur contribution à la révolution, ils attachent une grande importance à l’accueil fait aux réfugiés ».
Les membres du CACP ont aidé à servir la nourriture et ont préparé 6 000 repas par jour. « Aujourd’hui, les grosses structures comme le PAM (ndlr : Programme alimentaire mondial qui relève des Nations Unies) ont pris le relais. »
Pour autant, l’organisation reste prête à agir : « Tout dépend de ce qui va se passer dans les prochains jours, il est probable que de nombreux Libyens fuient vers la frontière égyptienne ». En cas de nécessité, une intervention rapide est envisagée, l’organisation disposant de deux contacts à Tripoli.

Tunisie: l'opposant Marzouki prône une "commission vérité et réconciliation"

L'opposant tunisien Moncef Marzouki a appelé dimanche à la mise en place d'une "commission vérité et réconciliation" semblable à celle créée en Afrique du Sud après la fin de l'apartheid, afin de tourner la page de la répression et des abus commis sous le régime Ben Ali.
"Les personnes impliquées devront reconnaître leurs forfaits avant de bénéficier du pardon dans un esprit de tolérance", a plaidé ce professeur de médecine, qui se défend d'être un partisan de "la chasse aux sorcières".
Lors d'une conférence de presse, le chef du Congrès pour la République (CPR) qui envisage de se porter candidat à la présidence le moment venu, a néanmoins jugé impératif de traduire les principaux responsables du régime déchu devant la justice, "car il ne faut pas oublier que des gens sont morts sous la torture".
Pour rompre définitivement avec "le régime dictatorial de Ben Ali" dont il était un farouche détracteur, il a plaidé pour "l'assainissement du corps de la sécurité et de l'appareil judiciaire".
Récemment, le ministre de la Justice au gouvernement de transition a mis à l'écart cinq juges qui avaient condamné des opposants et défenseurs des droits de l'Homme lors de procès qualifiés d'"inéquitables", voire de "scandaleux" par nombre d'organisations non gouvernementales tunisiennes et internationales.
Des élections sont prévues en Tunisie le 24 juillet prochain pour instituer une Assemblée constituante appelée à élaborer une nouvelle Loi fondamentale.
Pendant 23 ans, le président Zine el Abidine ben Ali a dirigé la Tunisie d'une main de fer, jusqu'à ce qu'il soit acculé à la fuite en Arabie saoudite par la Révolution populaire du Jasmin à la mi-janvier.

Tunisie/Tourisme : baisse de 41% des recettes en devises

Le plan de relance , la situation des  marchés émetteurs ainsi que les tendances du tourisme mondial ont été au centre d'un débat tenu hier à Tunis sous la présidence de M Mehdi Houas Ministre du commerce et du tourisme et M Slim Chaker secrétaire d'Etat chargé du tourisme.
Le débat a réuni les représentants du tourisme tunisien à l'étranger , les présidents des fédérations nationales de l'hôtellerie et des agences de voyages et les présidents des fédérations professionnelles  régionales  du secteur.

M Mehdi houas a, à cette occasion insisté sur la nécessité de s'investir davantage dans l'effort et d'être réactifs afin d'apporter les réponses les plus adaptées aux difficultés qui marquent le paysage touristique national. Des réponses souligne le Ministre qui sont synonymes de célérité dans l'action et d'innovation en matière  d'approche des marchés et plus encore  d'une meilleure compréhension des motivations  des clientèles.

Il a par ailleurs exhorté les représentants du tourisme tunisien à l'étranger d' être inventifs dans leurs démarches de promotion afin que les budgets disponibles soient affectés de la manière la plus efficace.

De son coté M Slim Chaker Secrétaire d'Etat au tourisme a donné un exposé sur les instruments mis en place pour traiter la situation du secteur tout en insistant sur la nécessité d'adopter une politique promotionnelle qui renseigne sur le nouveau visage de la Tunisie après la révolution et d'être constamment innovant en vue de véhiculer des messages qui rassurent les touristes sur le climat de sérénité et de quiétude qui prévaut en Tunisie.

Auparavant M Habib Ammar Directeur général de l'office nationale du tourisme tunisien (ONTT) avait  introduit le débat en faisant remarquer que la situation actuelle soulève plusieurs inquiétudes partagées par tous les intervenants du secteur, qui au 10 mars dernier avait enregistré une baisse 41% de ses recettes en devises, une régression de 60% au niveau des nuitées touristiques et une baisse de 42% pour ce qui est des entrées.

Invité par le Ministère du commerce et du tourisme à ce conclave M Frederic Pierret Directeur exécutif de l'organisation mondiale du tourisme (OMT) a donné un éclairage sur la situation actuelle du tourisme mondial et sur les perspectives de son développement et a fait remarquer que les prévisions  de croissance du tourisme international pour 2011 pourraient se situer entre 4 et 5% tout en précisant qu'au cours de 2010 le tourisme mondial avait enregistré 936 Millions d'arrivées internationales.

Au sujet de la relance du tourisme tunisien M Pierret a indiqué que la Tunisie est aujourd'hui perçue comme un pays sur, un pays libre et de droit, un pays fort d'une infrastructure moderne et d'un produit de qualité.
L'image d'un pays transparent est aussi un argument de taille qui contribue à la reconquête de la confiance des touriste et des investisseurs souligne encore le Directeur exécutif de l'OMT. Des exposés sur  les marchés émetteurs ont été examinés par les participants à ce débat.