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dimanche 24 avril 2011

La Tunisie adopte la parité hommes-femmes en politique

Les partis politiques en Tunisie seront obligés de présenter autant de femmes que d’hommes sur les listes électorales. La parité a été adoptée, le 11 avril 2011, par la Haute Instance chargée de préparer les élections.

La féministe Faïza Skandrani s’est mobilisée pour obtenir cette avancée des droits des femmes. Elle raconte.  

« Donner les mêmes chances aux femmes qu’aux hommes »

 Éditrice et universitaire, la Tunisienne Faïza Skandrani a coordonné le Groupe d’appui à la parité et est aujourd'hui la présidente de la toute nouvelle association Egalité et Parité.

Qu’est-ce qui vous a incité à défendre le principe de la parité politique ?

Tout a commencé quand le chef intégriste musulman Rached Ghannouchi (chef du parti islamiste Ennahda qui s'est exilé à Londres après avoir subi la répression du régime de Ben Ali, ndlr) est revenu en Tunisie. J'ai été très étonnée de l'accueil que lui ont fait les médias tunisiens. Il est passé cinq fois à la télé et à la radio en même pas deux jours. Il a montré patte blanche en se présentant comme un défenseur des valeurs démocratiques. Mais, en ce moment en Tunisie, on parle de moins en moins de démocratie et d'égalité et de plus en plus de foulard, de niqab, de polygamie… des choses qu'on avait pourtant dépassées depuis longtemps !

Par contre, personne ne parle des association féministes, telles que les Femmes démocrates et les Femmes tunisiennes pour la recherche et le développement, dont je suis membre, alors qu’elles ont été récemment victimes d’une campagne de diffamation sur Facebook.

C’est donc ce contexte qui m’a poussé à réagir. J’ai d’abord incité les féministes que je connaissais à mettre en place une stratégie de communication, s'ouvrant sur les partis et les ONG. Mais soucieuses de leur autonomie, elles étaient réticentes. Avec le soutien d’une ONG espagnole, on a quand même lancé un appel pour exiger l'inscription du principe de parité au sein de la future constitution tunisienne et on a créé un groupe plus large, ouvert autant aux hommes qu’aux femmes, en impliquant des personnalités.

La parité sur les listes électorale n’a donc pas été votre premier cheval de bataille !

Pour être franche, non. Notre objectif était d'abord de rendre les femmes plus visibles et de les faire rentrer dans les instances décisionnelles où elle sont quasiment inexistantes. Mais j’avais le sentiment que l’on se perdait dans des débats très techniques sur la future constitution et que l’on passait à côté de l’essentiel.

En fait, c’est lors d’une conférence sur le code électoral qu’une féministe marocaine nous a mis la puce à l'oreille. Elle nous a dit, attention, le scrutin uninominal est dangereux pour les femmes ; le mode de scrutin par liste est le meilleur parce que c'est le seul qui puisse donner aux femmes une présence certaine en politique. C’est à ce moment-là que nous avons décidé d’écrire en une soirée un manifeste exigeant la parité sur les listes électorales. Ensuite, tout s'est fait très vite.

Comment avez-vous réussi à convaincre les membres de la Haute instance à adopter la parité ?

La plupart des femmes qui siègent au sein de la Haute Instance étaient déjà acquises à notre cause. Il fallait surtout convaincre les hommes. Le 29 mars, date à laquelle ils devaient se réunir, on a arrêté leur voiture pour leur donner notre manifeste et engager la discussion. On n’a pas eu de réactions immédiates. Mais on a senti que les choses bougeaient.

Avez-vous été surprise quand la parité a été validée le 11 avril ?

Non pas du tout car on avait aussi fait du lobbying au sein des partis progressistes qui s’étaient quelques jours plutôt prononcés en faveur de la parité. On leur a dit qu’on en avait marre de se faire instrumentaliser par des hommes qui utilisent la voix des femmes pour se faire élire. On a même obtenu le soutien des islamistes d’Ennahda qui siègent à la Haute Instance !

Comment avez-vous gagné le soutien des islamistes ?

On n’a rien fait pour. Les islamistes savent que les femmes sont actives et peuvent rejoindre leurs rangs. La parité peut aussi servir leurs intérêts. Cela, d’ailleurs, m’inquiète mais c’est le risque à courir. A nous de convaincre les femmes pour qu’elles se rallient à notre projet de société, progressiste et égalitaire. Il est donc indispensable que les médias donnent la parole aux futures candidates pour que chacun puisse voter en connaissance de cause. Moi je ne voterai pas pour une femme qui est contre mes idées.

La parité fait augmenter le nombre d’élues mais n’assurent pas aux femmes la moitié des sièges. Est-ce donc le bon système pour obtenir une réelle égalité politique entre les sexes ?

La parité sur les listes électorales ne conduit pas à l’égalité parfaite comme le montre l'expérience française. Mais l'important pour moi, c'est de donner les mêmes chances aux femmes qu’aux hommes. C’est une première étape. Si on arrive à 30% d’élues au début, on peut espérer, à terme, atteindre les 50 %. L’essentiel, aujourd’hui, c’est de permettre aux Tunisiennes de faire leur entrer en politique.

Il y a désormais un débat qui est engagé sur la parité en Tunisie. Beaucoup disent qu’on vote pour candidat en fonction non pas de son sexe mais de ses compétences. Pourtant, combien d’hommes incompétents a-t-on déjà élu ? Et combien de femmes très compétentes se retrouvent exclues des présidences d’université, des conseils d’administration des entreprises ?

Après avoir gagné la parité pour l’élection de l’assemblée constituante, quel est désormais votre prochain objectif ?

On s’est engagé à réaliser un ficher de 1000 candidates que l'on va proposer aux partis qui n’arrêtent pas de dire que c’est impossible de trouver suffisamment femmes pour l’élection du 24 juillet.

On va se rendre dans les circonscriptions mêmes les plus rurales pour parler aux femmes et les inciter à s'inscrire dans les partis.   

On va aussi lancer des stages de communication pour apprendre aux femmes à prendre la parole en public et à défendre leurs idées. On va essayer de pousser les femmes en avant pour qu'elles prennent confiance en elles. On a gagné la parité mais tout le travail reste à faire... 

Etes-vous inquiète pour l’avenir démocratique de la Tunisie ?

Même si les choses semblent bien parties, oui, je reste inquiète. Pour que la parité et le scrutin par liste soient définitivement adoptés, il faut encore que le Premier ministre valide les propositions votées par la Haute Instance. Or, en ce moment, il y a beaucoup de gens qui sont en train de manoeuvre pour dire que la parité ne sert pas la cause des femmes et qu’il faut mieux un scrutin uninominal.

Je suis aussi inquiète par la place que prennent les islamistes. J’ai peur qu’il y ait des dérapages ou des alliances secrètes avec des membres de la police ou de l’ancien pouvoir. Il faut absolument que l’on parte avec les mêmes chances et les mêmes règles sinon c'est perdu d'avance. Le temps de parole dans les médias doit être limité et les moyens financiers plafonnés pour chaque parti. Mais on ne va pas lâcher la pression.

La Tunisie se cherche une justice post-révolutionnaire sans haine

La question a été ravivée par l'exemple de l'Egypte, qui a fait sa révolution après la Tunisie, et où les procédures judiciaires contre l'ancien président Hosni Moubarak et ses fils se sont accélérées.
M. Ben Ali, son épouse et des proches ont réussi à fuir, quelques dizaines de personnes sont derrière les barreaux, d'autres acteurs du régime balayé le 14 janvier sont toujours en liberté.
Dix-huit actions sont intentées contre Zine El Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie saoudite. Depuis le 8 avril, ses ex-ministres et conseillers sont interdits de quitter le pays, ainsi que les personnes impliquées dans des affaires de corruption.
Le dernier secrétaire général du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD, le parti de Ben Ali dissous en mars) Mohamed Ghariani a été arrêté le 11 avril, et deux jours plus tard c'était au tour d'un ex-secrétaire général et ex-ministre du transport, Abderrahim Zouari, pour "détournement de fonds publics" et abus de pouvoir.
Une liste de personnes à arrêter circule aussi sous le manteau.
Mais, au sortir de 23 ans d'un régime basé sur le "flicage" de la population et la torture, les autorités de transition doivent trouver un juste milieu entre une chasse aux sorcières qui emporterait tous ceux "estampillés Ben Ali" quels que soient les degrés de responsabilité - tortionnaires, politiques, ou simples profiteurs - et une action résolue mais dont la lenteur serait sans doute perçue comme de la complaisance.
"Je ne crois pas à la justice expéditive et collective", dit à l'AFP le premier ministre Béji Caïd Essebsi, y compris pour purger l'appareil judiciaire hérité de l'ancien régime. Il préconise juste un "coup de tamis".
Plus récemment, déclarait-il à un hebdomadaire français, la justice "ne va pas aussi vite que nous l?aurions souhaité, mais je préfère cela à l?injustice".
Une dizaine de magistrats connus pour leur "allégeance" au système Ben Ali ont récemment été démis, selon le ministre de la justice Lazhar Karoui Chebbi. Mais, comment enquêter et poursuivre en justice les auteurs de crimes et d'abus commis sous Ben Ali sans esprit de vengeance et en respectant les droits de l'Homme et de la défense?
Récemment, des responsables politiques, des avocats et magistrats tunisiens et internationaux ont planché à Tunis sur la notion de "justice transitionnelle" avec pour thème "aborder le passé, construire le futur".
La Commission indépendante "d'investigation sur les violations et abus" commis depuis le 17 décembre (la répression jusqu'au 14 janvier, ndlr) ne peut "aucunement remplacer l'institution judiciaire", a affirmé son président Taoufik Bouderbala, et son principal objectif est "la recherche de la vérité".
Mais pour Mokhtar Yahyaoui, un magistrat radié en 2001 pour avoir osé réclamer par écrit à Ben Ali l'indépendance de la justice, celle-ci n'est toujours pas libre: "tout est fait pour la maintenir sous la tutelle du pouvoir exécutif et avant de parler de justice transitionnelle il faudrait parler de justice tout court", dit-il à l'AFP.
En réclamant des procès équitables pour les anciens pontes du régime déchu, un autre avocat, Amin Ben Khaled, estime qu'"en l'absence d'un minimum de droit, la brise révolutionnaire risque de devenir un ouragan totalitaire (...) qui balaiera le fragile processus de transition démocratique".
"La justice ne doit plus faire peur aux pauvres, mais à ceux qui ont le pouvoir. Nous avons connu le noir, nous allons vers le blanc", assure Me Yahyaoui.

Tunisie - La vérité sur le document "anti-extrémiste" révélé par Ennahdha


Le journal El Fejr, organe officiel d’Ennahdha, a publié dans son édition du vendredi 22 avril 2011 une première synthèse d’un document de travail élaboré par trois organisations tunisiennes dont l’objectif est la mise en place d’une stratégie pour créer une opinion publique hostile à l’entrée des Islamistes dans la Constituante lors des élections du 24 juillet.
Le journal a promis de fournir d’autres révélations et qui se cache derrière cette stratégie dans son prochain numéro, vendredi prochain.
De notre côté, nous avons publié les informations révélées par Ennahdha en prenant soin d’émettre les réserves d’usage. En attendant de les vérifier.

Un de nos fidèles lecteurs a reçu le document en question et nous l’a envoyé. Il y contient les noms qu’El Fejr a promis de dévoiler la semaine prochaine, ce qui nous a permis de les contacter pour obtenir les explications nécessaires. Et ces explications, les voici.
Le document révélé par Ennahdha n’était qu’un brouillon. Un premier brouillon pour élaborer une stratégie de communication pour mener une campagne visant à renforcer la prise de conscience des femmes de ce qui fait « l’exception tunisienne ». Elle vise également, selon le brouillon, à faire que les jeunes votent pour un projet de société démocratique et évitent tout attrait des extrêmes, à renforcer le sentiment d’identité tunisienne que le modèle de Révolution a révélé : ce que nous sommes, nos valeurs, notre histoire, nos coutumes, et non une « identité importée ».
Enfin, elle vise à convaincre les femmes et les jeunes d’aller voter, et de ne pas se laisser influencer par quiconque.

En aucun cas, le brouillon en question ne s’est attaqué aux islamistes. Il attire, toutefois, l’attention sur le cauchemar de 1986 qui commence à reprendre avec les agressions de femmes dans la rue, les imams démis par la force de leurs fonctions, les crèches islamistes, la séparation des filles et garçons dans les écoles et lycées…
Le brouillon rappelle l’attentat contre un hôtel à Monastir, le saccage de locaux du PSD (le parti de Bourguiba), l’agression contre un imam modéré qui a été brûlé vif au Kram (banlieue nord de Tunis), l’agression au vitriol contre des femmes non voilées...
En bref, et en lisant le document, il n’y a rien qui accable les Islamistes ou Ennahdha, à l’exception de ceux qui ont des choses à se reprocher. Le groupe d’associations, dans leur premier brouillon, ne cherchait donc qu’à faire valoir l’exception tunisienne. Quant à la question du budget recherché, auprès d’organismes tunisiens et étrangers, tout ce qu’a révélé El Fejr est indiqué dans le brouillon en question.

Le document final, cependant, est nettement mieux élaboré que le brouillon. Il a retiré tous les termes pouvant donner lieu à une multiplicité d’interprétations et ne met en évidence que le projet citoyen de cette association (il ne s’agit plus de plusieurs associations). L’association en question s’appelle « Engagement citoyen », elle est apolitique et fondée par un collectif de femmes tunisiennes le 11 avril 2011. Des femmes qui se veulent d’abord et avant tout des citoyennes.
Leur objectif est de lancer une campagne de communication ambitieuse et pédagogique pour susciter une prise de conscience collective et sensibiliser le public tunisien, et tout particulièrement les femmes et les jeunes, aux enjeux réels que représente cette période de transition historique en termes de régression possible de leur statut et de leurs droits et libertés fondamentales. Il s’agit d’inciter les Tunisiens et en particulier les femmes et les jeunes à voter en connaissance de cause pour un projet de société démocratique qui reflète leurs aspirations et préserve leurs droits.
Rien de méchant, a priori, et rien qui ne semble (dans ce document final) qui ne prête à une campagne anti-islamiste comme l’indique El Fejr sur sa une.

Tunisie - Appel pour la constitution d’un front patriotique uni

Faouzia Farida Charfi, Sami Ben Sassi, Saadeddine Zmerli et Riadh Ben Fadhl, intellectuels et acteurs de la société civile tunisiens, ont lancé un appel pour "la constitution d'un front patriotique uni en vue de participer aux élections du 24 juillet 2011 sur des listes communes sous un mot d'ordre, plaçant l'intérêt du pays et la réussite de la transition démocratique moderniste au dessus de toute autre considération."
Cet appel adressé "à tous les partis et forces politiques, aux syndicats, aux associations professionnelles et aux organisations de la société civile, à toutes les citoyennes et à tous les citoyens" exhorte toutes les parties à "surmonter leurs divisions", à se rassembler et à s'engager dans cette "bataille électorale afin que le suffrage universel conduise à l'Assemblée Constituante une majorité de démocrates et progressives permettant d'élaborer un projet de société à même de consacrer les choix démocratiques, modernistes et de justice sociale par des élections libres et transparentes".

Les signataires de l'appel mettent l'accent sur la nécessité "d'agir ensemble pour la réalisation des objectifs de la Révolution" du 14 janvier qui a "mis fin au régime de la corruption et du despotisme qui a étouffé les énergies, annihilé les libertés et précipité le pays au bord de l'abîme."
"Pour la réalisation des objectifs de la Révolution et construire un Etat démocratique moderne et juste" l'appel définit des points fondamentaux. Il s'agit, notamment, de "la fidélité aux martyrs de notre pays", tombés pour l'indépendance et lors de la Révolution du 14 janvier, la préservation et le développement des acquis modernistes et rationalistes, la séparation structurelle des pouvoirs et la garantie de l'indépendance de la justice, la liberté de la presse et de l'information, de la pensée et de la création, la séparation de la religion du politique, l'affirmation des valeurs de solidarité entre les différentes couches de la société et l'entraide entre citoyens, la protection et le développement du secteur des services publics, l'adoption d'une politique fiscale juste et efficace, dans le cadre d'une économie qui garantit la concurrence honnête et transparente et assure un climat propice à la réalisation du développement équilibré et juste entre les régions et les couches sociales.

Ces "fondamentaux" consistent, également, en la protection de l'environnement comme priorité nationale et l'élaboration d'une politique basée sur l'exploitation rationnelle de nos ressources naturelles, la nécessité de respecter la neutralité des écoles en les maintenant à l'écart de la compétition politique et l'obligation de renforcer les valeurs éducationnelles saines qui préservent l'élève de toute forme d'intimidation spirituelle et existentielle et de tout embrigadement idéologique ou instrumentalisation à des fins électorales.

Los rebeldes libios recuperan un puesto de control en la frontera con Túnez

Los rebeldes libios tomaron este jueves el puesto de control de Wassin, en la frontera con Túnez. El lugar se encuentra unos 200 kilómetros al sur de Ras Ajdir, el principal paso entre Libia y Túnez.
Unos 13 soldados de las fuerzas del régimen de  Muamar al Gadafi  -entre ellos dos generales- huyeron a través de este puesto de control, por el que cientos de desplazados procedentes de la ciudad libia de Nalut entraron en Túnez en los últimos días.
Nalut, habitada sobre todo por árabes bereberes, fue duramente atacada por las tropas de Gadafi. Wassin ya había sido tomado antes por los rebeldes, pero las fuerzas del régimen consiguieron recuperarlo después.
Por otra parte, Al Yazira anunció que tres personas han muerto y otras 17 han resultado heridas anoche por los bombardeos de las fuerzas de Gadafi en la ciudad de Misrata.
Esta ciudad, la tercera más importante de Libia, es asediada por las fuerzas gubernamentales desde hace dos meses y al menos 1.000 personas han muerto desde el 17 de febrero, cuando comenzaron los disturbios que se transformaron en una guerra civil  en el país magrebí.

Fuerzas de Gadhafi huyen a Túnez

Francia e Italia se unieron a Gran Bretaña para enviar asesores militares para que apoyen a las fuerzas rebeldes libias.






Las tropas rebeldes en Libia ganaron el control de un cruce fronterizo con Túnez, tras fuertes batallas con fuerzas pro gubernamentales, informaron testigos en el oeste del país.
Las fuentes indicaron que este jueves 21 de abril de 2011, los rebeldes tomaron el control de un puesto en el lado libio de la frontera, en una carretera que lleva al pueblo tunecino de Dehiba. las fuerzas leales al líder libio, Moammar Gadhafi, huyeron a través de la frontera hacia Túnez para escapar de los rebeldes.
La agencia estatal de noticias tunecina TAP dice que 13 soldados libios, incluyendo un coronel y un comandante han cruzado hacia Túnez donde fueron detenidos.
Varias agencias de noticias han citado testigos diciendo que unos 100 soldados leales al líder libio, Moammar Gadhafi, huyeron hacia Túnez y se entregaron.
Por su parte, la prensa estatal libia informó que un ataque de los aviones de la Organización del Tratado del Atlántico Norte (OTAN), el miércoles 20 de abril por la noche, en las afueras de Trípoli, la capital, mató a siete personas e hirió a otras 18.
Sin embargo, funcionarios de la OTAN dijeron a la agencia de noticias AFP que el ataque aéreo de la alianza impactó en un complejo militar en un suburbio de la capital, pero que no había indicación de que hubieran muerto civiles.
Anteriormente, un comandante de la OTAN advirtió a los civiles en Libia que permanezcan alejado de las fuerzas pro gubernamentales para que los ataques aéreos de la alianza puedan ser más efectivos, mientras los rebeldes continúan pidiendo a la OTAN que aumente sus ataques.
Las fuerzas pro Gadhafi usando a la población civil como escudos humanos, colocando sus artillerías y vehiculos blindados en zonas urbanas y cerca de hospitales y escuelas para evitar ser atacados por los aviones de la OTAN.
Más apoyo
Francia e Italia dicen que se unieron a Gran Bretaña para enviar un pequeño número de asesores militares para que apoyen a las fuerzas rebeldes libias, en su enfrentamiento con las tropas del l'ider libio Moammar Gadhafi.
De todas maneras, las potencias europeas descartaron el envío de tropas de infantería para complementar la zona de exclusión de vuelos impuesta por las Naciones Unidas y que está siendo ejercida por las fuerzas área de la Organización del Tratado del Atlántico Norte (OTAN) para proteger a civiles.
Funcionarios franceses informaron que los oficiales trabajarán con líderes civiles rebeldes agrupados en el Consejo Nacional de Transición. Francia dice que ya tiene algunos oficiales militares en el terreno en el este de Libia.
El ministro de Defensa italiano, Ignazio La Russa, dijo que su país enviará 10 instructores para ayudar a entrenar a rebeldes que batallan contra las fuerzas leales al líder libio, Moammar Gadhafi.
Entre tanto, el presidente estadounidense, Barack Obama, habló por teléfono con el primer ministro británico, David Cameron como parte de sus consultas sobre Libia con aliados.
El presidente Obama y el primer ministro acordaron que las decisiones del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas (ONU) sobre Libia deben ser implementadas en su totalidad.

Continúan fuertes enfrentamientos en Misrata


Más de cien soldados de Gadafi desertaron y cruzaron a Túnez

Los rebeldes ganaron terreno al oeste de Libia ayer tras hacerse con uno de los puestos fronterizos con Túnez, hasta ahora bajo dominio de las fuerzas leales a Muamar el Gadafi. Tras la derrota, 102 soldados pro Gadafi, entre ellos algunos oficiales, desertaron y cruzaron a la frontera hacia Túnez, donde eran interrogados uno por uno por militares tunecinos. Un coronel y doce oficiales fueron arrestados.
Los insurgentes tomaron los edificios del control fronterizo cercano a Wazin, en la ruta que une la ciudad libia de Nalut con la localidad tunecina de Dehiba. Allí izaron numerosas banderas de la monarquía, símbolo de los rebeldes, mientras un tractor destruía un enorme retrato del coronel Gadafi que marca la entrada a Libia.
Según el subjefe de la operación de los insurgentes, Yusef, «entre cinco y diez soldados» leales a Gadafi murieron y otros 25 resultaron heridos. Del lado rebelde hubo «un herido leve».
En el puesto fronterizo, agujereado por las balas, se pudo ver poco antes del mediodía cómo unas treinta camionetas llenas de rebeldes, tras abastecerse de agua, se dirigían a una región montañosa, Ghazaya, donde se encuentran las tropas de Gadafi.
Desde hace varios días, los combates sacuden el oeste del país. Más de cien personas murieron el fin de semana pasado en Nalut y Yefren, dos ciudades al suroeste de Trípoli dominadas por las fuerzas pro régimen, según habitantes de esta región.
Desmentido de la OTAN
Durante la madrugada de ayer, la OTAN llevó a cabo bombardeos en la región de Jelat al Ferjan, en el suroeste de Trípoli, que, según el régimen, causaron la muerte de siete civiles e hirieron a otros 18, además de destruir un cierto número de casas.
Sin embargo, la Alianza Atlántica desmintió que sus ataques mataran a civiles. «El objetivo era un búnker de mando y control en medio de un complejo militar. No hay ningún indicio de que hubiera víctimas civiles», subrayó.
La OTAN ha pedido a los civiles que se alejen de las fuerzas gadafistas, para así poder llevar a cabo mejor los bombardeos.
El presidente del Consejo Nacional de Transición (CNT), Mustafá Abdeljalil, declaró al canal France 24 que los rebeldes han obtenido armas, ya sea comprándolas con «dinero libio» como recibiéndolas de «ciertos amigos», que no identificó. Sin embargo, añadió, que «son insuficientes».
El ministro ruso de Exteriores, Serguéi Lavrov, dijo ayer que el envío de asesores militares occidentales a Libia es «claramente el comienzo de una acción terrestre en el conflicto», una operación que calificó de «arriesgada» y con «consecuencias imprevisibles». Algunos oficiales franceses ya están realizando una misión para aconsejar al CNT.
El embajador de Libia en Rusia, Amir al Garib, acusó a las potencias occidentales de transferir a los rebeldes libios los activos congelados de Gadafi.

Estados Unidos autoriza el uso de aviones no tripulados para combatir en Libia

El régimen libio arma a la población para luchar contra una posible "invasión" de la OTAN. - Hillary Clinton asegura que las tropas aliadas a Muamar el Gadafi continúan sus "sucios ataques" y la utilización de bombas de racimo 

La Casa Blanca hace el anuncio el mismo día que el régimen de Muamar Gadafi ha comenzado a entregar armas a la población civil para combatir una hipotética "invasión" de la OTAN, según ha confirmado el portavoz del Gobierno, Musa Ibrahim. "Muchas ciudades se han organizado con escuadrones para combatir cualquier invasión de la OTAN", ha explicado Ibrahim, quien ha indicado que "toda la población" cuenta ahora con rifles y armas ligeras. "Si la OTAN llega a Misrata o a cualquier otra ciudad libia, desencadenremos un infierno", ha añadido.
Ibrahim ha advertido que las tropas aliadas se encontrarán con "una bola de fuego" y que la situación será "diez veces peor que en Irak". El portavoz del régimen ha aclarado que no se ha procedido a la entrega de armas para que los civiles "luchen contra los rebeldes", sino contra la OTAN si "piensa llegar sobre el terreno para ocupar cualquier ciudad libia". Las tropas aliadas tendrían ante así "no al Ejército libio", sino "a tribus, a hombres y mujeres jóvenes".
Los combates entre sublevados y tropas del Gobierno se han intensificado en los últimos días en Misrata, el principal enclave rebelde en el oeste del país y del que, según Ibrahim, el régimen ya controla el 80 por ciento. Los rebeldes, ha apostillado, únicamente controlan el puerto y las áreas cercanas.
El portavoz del régimen ha explicado que en Misrata no existe un "equilibrio" entre quienes apoyan al líder el Gadafi y quienes respaldan la rebelión desatada en febrero. "Todas las tribus tanto dentro como fuera de Misrata han declarado que están junto al Gobierno legítimo de este país", ha sentenciado, antes de apuntar que estas comunidades están "fuertemente armadas".
Por su parte, la secretaria de Estado Hillary Clinton asegura que las tropas aliadas al régimen de Muamar el Gadafi sigue realizando "sucios ataques" contra la población civil libia y que ha recibido algunos informes en  los que se asegura que están utilizando bombas de rácimo, prohibidos por la comunidad internacional desde 2008.  Clinton ha pedido también la liberación inmediata de los ciudadanos estadounidenses, concretamente, de dos periodistas que siguen retenidos en Libia. De visita en Rusia, el secretario general de la ONU, Ban Ki-moon, ha pedido al régimen del dictador libio, Muamar el Gadafi, a que cese el fuego y los asesinatos de civiles en el país norteafricano: "Llamo a las autoridades libias a cesar el fuego y el asesinato de gente", ha asegurado Ban Ki-Moon. El secretario general de la ONU ha subrayado que la prioridad de la institución a la que representa es "lograr un efectivo cese del fuego para poder ofrecer ayuda humanitaria a la población civil".
Por su parte, Francia ha aumentado en la última semana el número de incursiones aéreas en Libia, pasando de las aproximadamente 30 que hacía cuando comenzó la operación militar internacional a 41, según ha informado este jueves el Ministerio de Defensa. Los aviones franceses destruyeron en la última semana varios vehículos militares y carros de combate de las fuerzas del líder libio, Muamar el Gadafi, cerca de la ciudad de Misrata, así como dos lanzaderas de misiles tierra-aire y un centro de comunicación en la región de Sirte, ha precisado el portavoz Thierry.
Control de un paso fronterizo
Los rebeldes libios se han hecho con el control de un paso fronterizo con Túnez después de fuertes enfrentamientos entre los insurgentes y las tropas leales a Gadafi, según informaron fuentes presenciales desde territorio tunecino. Alrededor de un centenar de soldados del régimen de Muamar el Gadafi se han entregado voluntariamente a la guardia fronteriza tunecina después de que las fuerzas rebeldes se hicieran con el control del paso de Wazin tras fuertes combates, según Al Yazira. Un coronel y doce otros oficiales libios han sido arrestados por militares tunecinos tras cruzar la frontera huyendo de los rebeldes que tomaron el puesto fronterizo de Dhiba en la sureña región desértica de Tataouine, según ha informado la agencia TAP.
"Hemos visto cómo los rebeldes se han hecho con el control fronterizo", ha declarado un testigo desde la localidad tunecina de Dehiba. En esta zona, precisó, ha habido fuertes enfrentamientos desde el martes por la mañana. Miles de refugiados libios han llegado a lo largo de los últimos días a Dehiba procedentes de la región libia de las Montañas Occidentales.
Entre tanto la batalla en Misrata no cesa. Al menos tres combatientes rebeldes han muerto como consecuencia de un ataque con mortero contra el principal reducto opositor en el oeste de Libia, según informaron fuentes insurgentes. Por otra parte, la televisión estatal ha asegurado que al menos siete personas han muerto y 18 han resultado heridas a causa de un bombardeo de la OTAN sobre varias viviendas del barrio Jallat al Farjan de Trípoli. Según fuentes militares las fuerzas de la Alianza atacaron posteriormente la localidad de Gharyan, al sur de la capital, donde varias personas resultaron heridas y algunas viviendas fueron destruidas en este ataque. La OTAN, sin embargo, ha desmentido que haya matado a civiles en Trípoli. La Alianza asegura, en contra de lo que afirma la agencia oficial libia, Jana, que no hay "ningún indicio" de que sus bombardeos de anoche en la capital hayan alcanzado a la población civil.

 

Túnez, Canarias y las contradicciones

Después de que los medios de comunicación dedicáramos un gran despliegue a la revolución ocurrida en Túnez, donde un movimiento de libertad logró derrocar al dictador que permanecía en el poder desde hacía varios lustros, ahora no hay tanto entusiasmo en reflejar las incidencias que se están produciendo y en hacer reflexiones sobre las consecuencias entonces al parecer imprevistas y las soluciones poco agradables.

La situación en estos momentos tiene características dramáticas, aunque al parecer ahora no posee el suficiente glamour como para que los internautas que corrieron a las plazas para hacerse fotos y luego precipitarse a colgarlas en Facebook y solicitar para sí el mérito de una acción que en verdad protagonizaban y se jugaban la vida en movimientos y grupos sociales y políticos en la calle. Ahora, esos autoproclamado héroes “de papel”, parafraseando a Mao, han desaparecido.

Túnez ha colapsado en una de sus principales fuentes de ingreso para la población, como es el turismo, y en las últimas semanas han sido decenas de miles las personas que se han lanzado al mar para alcanzar las costas europeas, especialmente las italianas, donde el Gobierno de Silvio Berlusconi ha decidido conceder más de veinte mil permisos de residencia temporal a otros tantos emigrantes, tunecinos y libios, y reclama que otros países europeos los acojan.

Canarias, que observa la situación desde una relativa distancia, tiene conexiones con el asunto aunque sea de manera colateral. Una parte de la reactivación económica última en las Islas -y en mayor medida en otros lugares españoles mediterráneos- ha estado en la caída de Túnez y de otros países árabes como destino para clientes europeos. Aunque sea duro decirlo, nos beneficiamos turísticamente de lo mal que le va a ellos, pero, a su vez, a la vista de lo que está sucedido, es evidente que este estado de cosas será bueno en lo particular para nosotros, pero malo en general para casi todos. Y en ese contexto es lógico desear que el ambiente en Túnez y en otros países vuelva a la normalidad, lo que implica que retorne allí el turismo como fuente de ingreso que evite la necesidad de emigrar de los tunecinos.

Pero no podemos negar que hay un sentimiento dual que se mueve en la hipocresía y el egoísmo de mirar hacia otro lado al adoptar algún compromiso, ya que en el fuero interior muchos tal vez considerarán que el problema  “es de otros”, de los italianos -y de Francia, adonde acuden muchos de estos refugiados desde Italia-, olvidando o no queriendo recordar que nosotros también padecimos oleadas iguales y entonces proclamábamos que los flujos migratorios no se controlarán mientras no se desarrolle en los países africanos una política que les permita poder quedarse allí.

Es una interesante contradicción la nuestra, entre economía y moral, tan simple y, a la vez, paradójicamente, tan compleja.

España ayudará al Gobierno transitorio tunecino a preparar elecciones

La secretaria de Estado para la Cooperación Internacional, Soraya Rodríguez, afirmó hoy que España ayudará al gobierno transitorio tunecino en la preparación de las próximas elecciones legislativas, así como con la apertura de una línea de crédito para Túnez.
En una entrevista a EFE tras reunirse con los ministros tunecinos de Planificación y Cooperación Internacional, Abdelhamid Triki, y Agricultura y Medioambiente, Mojtar Jalali y con el secretario de Estado de Asuntos exteriores, Raduan Nuisser, Soraya Rodriguez dijo sobre la celebración de las elecciones democráticas del próximo 24 de julio "se ha ofrecido 1 millón de euros y también asistencia a nivel técnico para la puesta en marcha del proceso electoral y del escrutinio".
La secretaria de Estado anunció que "España ha abierto una línea de financiación con el Banco Europeo de Desarrollo de 300 millones de euros para los países del sur del Mediterráneo pero de forma prioritaria para Egipto y Túnez".
Explicó que esta línea de crédito "va dirigida prioritariamente a las pequeñas y medianas empresas y a proyectos de agua y de energías renovables para las zonas del interior".
"También hay otro paquete importante de financiación para proyectos agrícolas y de desarrollo rural para las pequeñas explotaciones agrícolas del medio rural que afectará a la producción, pero también a las infraestructuras, la formación y la creación de empleos centrada en los jóvenes y en las mujeres", añadió.
Señaló que "en estos momentos apoyar la situación económica de Túnez es muy importante porque con la revolución hay ingresos que se han dejado de percibir por el turismo, y lamentablemente la situación en Libia tiene sus consecuencias por lo que hay que ayudar a reactivar la economía y el empleo".
La tercera línea de actuación de Cooperación va dirigida a la sociedad civil "con la que venimos trabajando desde antes de la revolución, pero esta vía se va a potenciar porque las próximas elecciones son muy importantes para iniciar el camino de la democracia que se construya finalmente con la articulación de la sociedad civil".
Soraya Rodríguez comentó que transmitió a las autoridades "nuestra admiración por como se está desarrollando este proceso de transición y como han propuesto este modelo de democracia paritaria que supone un gran avance para la mujer tunecina, árabe y para el mundo entero ya que en muchos países aun no la hemos conseguido".
La secretaria de Estado visitará mañana la zona fronteriza de Ras Jedir y los campos de refugiados en donde se reunirá con los responsables de ACNUR y de otras ONG internacionales.
Acerca de la situación en los campos de refugiados comentó que "tenemos que estar preparados para poder responder ante un agravamiento de la situación".
Sobre la situación humanitaria en Libia informó de que "hoy ha llegado un barco, el segundo, a Misrata con ayuda humanitaria española".EFE

Túnez reúne todos los ingredientes para la democracia, dice primer ministro

París, 19 abr (EFE).- El primer ministro tunecino, Beji Caid Essebsi, consideró hoy que Túnez reúne todos los ingredientes necesarios para la consolidación de la democracia y que está "mejor preparado que otros" para iniciar el proceso democrático.
"Somos un país con población instruida, hemos luchado para combatir el analfabetismo, hay muchos licenciados superiores, aunque estén en paro, y la presencia de las mujeres en las listas electorales puede que sea superior a la de algunos países europeos", dijo en una entrevista concedida a la emisora "France 24".
Essebsi destacó que Túnez, en donde se dio la primera de las revueltas populares que han sacudido el mundo árabe en los últimos meses, vive en la actualidad un "periodo excepcional", y que "aunque todos los poderes son frágiles, no solo los surgidos de una revolución", el Ejecutivo de transición que preside ha logrado mejorar la situación.
"Ese Gobierno no tiene más de 40 días, pero aunque no hayamos conseguido todos nuestros objetivos, estamos mucho mejor. Se mantiene en parte el problema de la seguridad, que era nuestra prioridad, pero ahora las cosas van bien", dijo en esa intervención desde Túnez.
"Con mi llegada -el pasado 27 de febrero tras la dimisión de Mohamed Ghanuchi- se ha logrado cierta confianza, aunque la confianza es débil y hay que mantenerla", subrayó el representante tunecino, según el cual iniciar un proceso democrático "no es fácil, pero tampoco imposible".
"La política de Túnez mejora y esa estabilidad es resultado de los esfuerzos desplegados. Hemos comenzado esforzándonos nosotros primero, pero para el desarrollo de Túnez necesitamos inversiones", dijo a la emisora gala, a la que aseguró que el país no representa ahora "ningún riesgo para el turista".
En su llamamiento a la colaboración extranjera invitó también a que se les ayude a gestionar el flujo de inmigrantes llegados a su territorio después de huir del conflicto libio.
"Túnez y Libia somos vecinos con fronteras largas y permeables.
Hemos recibido a unos 260.000 refugiados y los aceptamos, pero constituyen una carga muy pesada para nosotros y evidentemente sería mucho mejor el poder contar con la ayuda de los países amigos", indicó Essebsi, antiguo decano del Colegio de Abogados del país.
Y de nuevo sobre la situación nacional calificó de "normal" la eclosión de partidos políticos en la futura campaña electoral para las elecciones del próximo 24 de julio a una Asamblea Constituyente, "tras más de un cuarto de siglo donde la gente no podía hablar y no había un espacio de libertades y discusión". EFE

Huyen más de 10 mil libios a la frontera con Túnez: ACNUR

Ginebra, 19 Abr (Notimex.- El Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR) informó hoy que unos 10 mil ciudadanos libios huyeron de las zonas montañosas situadas al oeste de Libia hacia la frontera con Túnez, ante la escalada de violencia.
El portavoz de ACNUR, Andrej Mahecic, dijo en rueda de prensa que debido al recrudecimiento de los ataques perpetrados por las fuerzas leales a Muamar Gadafi, en los últimos días ha ido en aumento el número de refugiados libios que llegan a Túnez.
Mahecic precisó que la mayoría proviene de Nalut, ciudad que se encuentra a unos 50 kilómetros de la frontera con Túnez desde la que se alcanza a ver el humo negro que dejan los bombardeos.
En lo que respecta a Bengazi, ACNUR señaló que registraron unos 35 mil desplazados internos y estimó que cerca de 100 mil desplazados de Ajdabiya han encontrado refugio en la ciudad que se ha convertido en el bastión de la oposición al régimen de Gadafi.
Por su parte, la Organización Internacional para las Migraciones (OIM) anunció que en un tercer viaje de la embarcación con la que han rescatado ya a más de dos mil personas, espera poder desalojar a unos mil inmigrantes más atrapados en Misurata gracias al apoyo financiero del gobierno británico.
Sin embargo, según la evaluación del organismo "al menos otros cinco mil inmigrantes necesitan ser evacuados de Misurata urgentemente", dijo la portavoz de OIM, Jemini Pandya.
Además , Pandya señaló que en el este de Libia se encuentran bloqueados unos 20 mil inmigrantes originarios de Chad y otro grupo de 30 mil en Ghatroun que se encuentran en una "situación desesperada".
Según OIM, hasta el momento más de 500 mil personas se han visto forzadas a escapar de la violencia en Libia y se han podido repatriar a unos 114 mil 300.

vendredi 22 avril 2011

La Chine encourage ses entreprises à coopérer avec ses homologues tunisiennes

La gouvernement chinois continue à encourager les entreprises concernées à mener une coopération mutuellement bénéfique avec les entreprises tunisiennes. C'est ce qu'a expliqué le 21 avril Fu Ziying, le vice-ministre chinois du Commerce. Il a également promis un soutien.
Fu Ziying, à la tête d'une délégation chinoise, a entamé une visite en Tunisie et rencontré le ministre tunisien du Commerce et du Tourisme, le ministre tunisien des Finances et le secrétaire des affaires d'État du ministère des Affaires étrangères. Les deux parties ont estimé qu'elles ont de grands potentiels de coopération en matière de crédit aux PME et de micro-crédit. Ils souhaitent voir un établissement de partenariats et un développement commun entre les entreprises chinoises et tunisiennes.
Côté tunisien, les officiels ont exprimé leurs remerciements au gouvernement chinois pour son aide humanitaire aux sinistrés de la guerre en Libye à la frontière entre la Tunisie et la Libye. Ils souhaitent par ailleurs approfondir la coopération économique, commerciale, touristique et financière avec la Chine.
En outre, ils ont signé des accords de coopération technologique et économique. La délégation chinoise a participé au forum commercial Chine-Tunisie.

jeudi 21 avril 2011

Tunisie : touche pas aux droits de la femme


Inquiètes face au discours ambigu des islamistes, féministes et laïques tunisiennes redoublent de vigilance. Et interpellent les autorités provisoires et la société civile pour qu’elles leur garantissent la protection de leurs acquis.
Ils sont là. Barbes et qamis, les yeux cerclés de khôl, regards incendiaires. « Mais où étaient-ils donc cachés? » se demande une blogueuse. Ces salafistes du parti El-Tahrir – non autorisé –, qui font figure d’extraterrestres au pays de Bourguiba, s’affichent désormais au grand jour, et leurs démonstrations musclées font la une des journaux. Une semaine à peine après la chute de Ben Ali, ils s’en prenaient déjà sans détours, dans leurs prêches ou dans leurs réunions publiques, à l’émancipation des femmes. Pour ces « talibans », comme on les appelle ici, la chose est claire: il faut rétablir la charia, donc la polygamie et le mariage religieux, et, pour résorber le chômage, forcer les femmes à retourner au foyer. Ce sont eux qui ont mis le feu à plusieurs maisons closes, arguant que l’islam interdit la prostitution. Eux qui fustigent les passantes non voilées, les femmes artistes. Eux, toujours, qui ont frappé une journaliste de la chaîne Nessma parce qu’elle a animé une émission sur la laïcité. Autant d’alertes qui ont poussé féministes et laïques à accentuer leur vigilance, notamment à travers une manifestation contre l’intégrisme, le 9 avril, à Tunis, et à interpeller les autorités provisoires.
Mais le danger ne vient peut-être pas tant des salafistes que des tenants d’un islam prétendument « soft » affiché par les militants d’Ennahdha – parti autorisé –, dont le discours demeure pour le moins ambigu. « Autant je n’acceptais pas qu’on dise que Ben Ali était un rempart contre les islamistes, explique l’avocate Bochra Belhaj Hmida, ex-présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), autant je refuse aujourd’hui de croire que la menace islamiste est un leurre. » Faut-il attendre des formations dites libérales et laïques qu’elles fassent échec à ce courant religieux? « Les pourparlers actuels tournent plutôt en faveur de ce dernier, déplore Bochra. Les islamistes sont en train de s’exprimer, de réagir dans les mosquées, les médias, et cherchent à nouer des alliances politiques. Les partis dits progressistes courtisent Ennahdha, alors qu’ils devraient s’allier entre eux, étudier les moyens de combattre ce courant sur le plan culturel et politique, et dénoncer les contradictions de son discours. » C’est pourquoi l’avocate, ainsi que d’autres militantes de l’ATFD, entend exiger de tous les partis qu’ils promettent dès à présent de maintenir et de renforcer le code du statut personnel (CSP) et la parité, et de s’attaquer à la question de l’héritage, qu’il faudra rendre équitable. Elles se sont attelées à préparer un pacte qui engagerait dans ce sens la société civile et la classe politique.
Bochra se dit « inquiète, mais pas alarmée »: « Chaque fois qu’il y a un changement, on croit que le CSP risque d’être touché. Mais je crois qu’il existe des forces qui feront en sorte que ces acquis soient protégés et renforcés. C’est en tout cas notre mission en tant que militantes féministes. » La blogueuse Mona Ben Halima est encore plus optimiste: « Je ne comprends même pas pourquoi on maintiendrait un ministère de la Femme ou une fête de la Femme. C’était en 1957, ça! Aujourd’hui, le CSP est un acquis. C’est à nous, membres de la société civile, d’être vigilants. Il n’y aura pas de retour en arrière. Nous combattons pour la modernité»
Représentation
Seulement voilà, comment les femmes réussiront-elles à se faire entendre si elles ne disposent pas d’une représentation dans les instances politiques? Car c’est là l’autre menace qui guette les Tunisiennes: la révolution risque de les laisser au bord de la route, comme naguère les moudjahidate algériennes. En effet, sitôt le soulèvement terminé, les femmes qui s’étaient fortement impliquées dans la révolution ont, à quelques exceptions près, disparu de la scène politique et des réseaux médiatiques. Le gouvernement provisoire ne compte qu’une seule ministre – en dehors de celle chargée des Affaires de la femme. Idem pour les partis politiques, où la présence féminine à des postes de direction est quasi nulle, exception faite du Parti démocratique progressiste (PDP) d’Ahmed Néjib Chebbi, dont Maya Jribi est la secrétaire générale. Pas de figures connues dans les rangs de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), trois seulement à la Ligue de défense des droits de l’homme, une présence symbolique parmi les membres du Conseil de la révolution. Quant au dossier du droit des femmes, il ne figure ni sur l’agenda du gouvernement provisoire ni sur celui des partis d’opposition. « Aujourd’hui, les femmes dérangent plus qu’elles ne dérangeaient avant, affirme Bochra. Chaque fois qu’on veut ramener la question féminine sur le tapis, les hommes nous sortent l’argument classique du “ce n’est pas le moment”, “ce n’est pas la priorité”, “c’est contre-productif”. En fait, ils ont peur que les femmes leur prennent leur place. Quand notre association des femmes démocrates parle de démocratie, elle rencontre un écho au sein des partis d’opposition. Mais dès qu’elle parle des femmes, ces derniers sont absents ou hostiles. À preuve, alors que le consensus est là pour ratifier les conventions internationales, on refuse de se prononcer sur les conventions qui ont trait aux droits des femmes, comme la non-discrimination entre les sexes ou l’héritage. » Et Bochra de conclure: « Les femmes, ils ont en besoin, ils les ont toujours instrumentalisées. Mais il faut que cela cesse! »

vendredi 15 avril 2011

En Tunisie, la parité s'impose

 La nouvelle démocratie tunisienne s'affirme comme un modèle de parité : le principe de l'égalité entre hommes et femmes est acquis pour l'élection de l'Assemblée constituante. Un grand pas en avant, et « un modèle d’innovation pour la région et même au-delà », même si la vigilance reste de mise.

Les Tunisiennes vont-elles gagner à la révolution ? nous posions la question  il y a trois mois, à la chute du régime de Ben Ali. Aujourd'hui, la réponse apparaît positive.
La Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (1) a décidé d'imposer la parité homme-femme pour l'élection de l'Assemblée constituante, le 24 juillet. Sur leurs listes, les partis devront faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes. Celles qui ne respecteront pas la parité seront invalidées. Alors que la disposition originale prévoyait une proportion minimale de 25%, les débats ont abouti à ce principe de listes "chabadabada", finalement adopté à une large majorité.

Réactions enthousiastes

Dans le journal La Presse, Abdelhamid Largueche, historien et membre de la Haute instance, dit son émotion devant cette avancée : « J’ai eu l’intime conviction que nous nous sommes projetés dans le futur en enjambant d’un seul pas une ligne jugée par beaucoup infranchissable. »
« Les femmes ont participé à la révolution, sur le même pied d’égalité, elles participeront désormais à forger l’avenir politique de la Tunisie », se réjouit Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
Un choix salué dans des termes semblables par la représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton : « La Tunisie a aujourd’hui l’occasion de renforcer davantage l’égalité entre les hommes et les femmes et de mettre fin à toutes les formes de discrimination, en droit et dans les faits, à l’encontre des femmes. »

Modèle à suivre

C'est aussi une responsabilité que prend la Tunisie, au regard de sa place de modèle pour l'égalité dans le monde arabe, souligne Catherine Ashton : « En accordant à ces principes une place centrale dans les réformes politiques en cours, la Tunisie peut véritablement devenir un modèle d’innovation pour la région et même au-delà. »
Cette étape importante ne marque pas la fin d'un processus dans le pays, au contraire. « Nous devons maintenant travailler à la participation de toutes les femmes aux élections du 24 juillet. Tout doit être fait pour que la nouvelle constitution tunisienne consacre l’égalité et la non-discrimination entre hommes et femmes », insiste Khadija Chérif, Secrétaire générale de la FIDH. D'autant que, selon certaines critiques, la composition de l'Assemblée constituante ne respectera pas forcément la parité annoncée : la multiplication des petites listes pourrait conduire à ce que beaucoup ne comptent qu'un élu... la tête de liste, qui pourrait bien souvent être un homme.

jeudi 14 avril 2011

Tunisie: 18 actions en justice intentées contre Ben Ali

Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali fait l'objet de 18 actions en justice pour "complot contre la sûreté de l'Etat, homicide volontaire, usage et trafic de drogues", a fait savoir le ministre tunisien de la Justice Lazhar Karoui Chebbi.
Dans un entretien accordé à la télévision nationale et rapporté jeudi par l'agence officielle TAP, M. Chebbi a par ailleurs noté qu'un dossier juridique était en cours de constitution en vue d'obtenir l'extradition de M. Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite en compagnie de son épouse Leïla.
Il a également indiqué qu'"Interpol était en train de pourchasser les autres membres de la famille de l'ancien président et de ses proches qui sont en état de fuite afin de les arrêter".
Le ministre de la Justice a par ailleurs annoncé qu'une délégation officielle tunisienne se rendrait prochainement en France, au siège d'Interpol à Lyon, afin d'accélérer l'opération d'exécution des mandats internationaux portant sur le gel des avoirs de l'ancien chef d'Etat et de sa famille.
Il a fait état de contacts "probants" engagés à cet effet avec des délégations représentant la Suisse, les Etats-Unis et le Canada, où s'est réfugié l'un des beaux-frères de l'ex-président, Belhassen Trabelsi.

Tourisme, le ministère rachète les sièges vides des vols charters


La Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie, la Fédérations Tunisienne des Agences de Voyage, l’Office National du Tourisme Tunisien, ont signé ce matin une convention de partenariat avec les transporteurs aériens Nouvelair, Tunisair et Tunisair Express. L’objet de l’accord est « historique », comme l’a souvent répété Mehdi Houas, ministre du Tourisme et du Commerce, garant de l’opération. Il s’agit de soutenir financièrement l’effort commercial pour le redémarrage de la saison touristique. En fait l’Etat s’engage à maintenir les vols charters des tours opérateurs dont le taux de remplissage est inférieur à la capacité convenue avec ceux-ci. Ce soutien pourrait être accordé aux vols dont le coefficient de remplissage est supérieur à 50% et inférieur ou égal à 80%. La différence des sièges (maximum 30%), sera alors réglée à la compagnie concernée au prix de vente des sièges réellement facturés au TO.

Cependant, la compagnie concernée fera l’effort de revendre les sièges vides dans le sens Nord/Sud, en veillant à informer la FTH et la FTAV de l’évolution des ventes. Si malgré tous les efforts, les sièges demeuraient vides, la FTH, la FTAV, et l’ONTT pourraient en disposer pour inviter des agents de voyage, des tours opérateurs ou des journalistes capables de contribuer à la promotion du tourisme tunisien.

Tahar Saihi, président de la FTAV, ajoute que ces dispositions peuvent également servir d’autres partenaires et d’autres compagnies aériennes qui travaillent avec la Tunisie.

Ce soutien qui sera mis en place du 15 avril au 15 juin, est limité dans le temps mais aussi dans le budget. Nebil Chettaoui, PDG de Tunisair explique que ces décisions interviennent pour ne perdre aucun touriste. En temps normal, les vols qui ne sont pas remplis au moins à moitié, sont annulés.

Il ajoute : «Mesure exceptionelle pour sauver la saison, nous vendrons le «siège été» au même prix que le « siège hiver», une décision jamais prise jusque là ». Soit en moyenne 30% moins cher. Mehdi Houas, annonce un fonds initial d’une valeur de 10 millions de dinars pour les besoins de l’opération.  «Nous assurons les arrières de nos partenaires, et cet argent pourrait rouler si on n’y touche pas. C'est-à-dire que la campagne de soutien pourrait être reconduite aux mois d’après, en cas de nécessité », a dit le ministre.

mardi 12 avril 2011

Tunisie, Ben Ali a donné l’ordre de bombarder Kasserine


Taoufik Bouderbela, président de la commission nationale d’établissement des faits sur les dépassements et abus commis au cours des événements liés à la révolution du 14 janvier, a déclaré ce matin lors d’un point de presse, que la plus jeune martyre est une bébé de 8 mois qui a reçu une balle perdue alors qu’elle était dans les bras de son père, et le martyr le plus âgé, est un retraité de 61 ans, et a été également victime d’ une balle perdue. La région de Sidi Bouzid a perdu 13 martyrs dont 4 à Sidi Bouzid ville, 1 à Menzel Bouzaïène, 1 à Meknassi (il a trouvé la mort à Tunis) et 6 à Regueb. Le bilan est plus lourd à Kasserine, 23 martyrs sont tombés dans le chef lieu du gouvernorat, 6 à Tala, 1 à Feriana, 1 à Majel Bel Abbès, et 2 à Foussana (ils ont trouvé la mort à Tunis). 111 blessés ont été enregistrés dans la région.

La commission à reçu jusque-là 979 dossiers, dont 106 dossiers de martyrs, 672 dossiers de blessés et 201 dossiers relatifs à des dommages causés à des biens publics et privés.

Les membres de la commission ont visité les familles des régions de Sidi Bouzid et de Kasserine, et comptent se rendre à Haïdra, une région frontalière qui a connu la révolte. "La commission s’est également rendue dans les tribunaux de Sidi Bouzid et de Kasserine, et a constaté que la justice fait son travail, et qu’une instruction a été ouverte contre le Président déchu, l’ancien ministre de l’Intérieur, l’ancien directeur général de la sûreté nationale et contre tous ceux dont l’implication dans les événements sera prouvée par les investigations", a souligné Taoufik Bouderbela. Il a fait savoir que 4 arrestations d’agents de la police sont survenues, 11 mandats d’amener ont été émis par le juge d’instruction de Kasserine, à l’encontre des membres de l’appareil sécuritaire dont certains auraient quitté le territoire. "La difficulté pour la Justice réside dans les noms des prévenus qui lui sont communiqués par les familles des victimes. En effet, ces noms correspondent souvent à des alias, chose courante dans les milieux de la police", a-t-il explique, précisant que les listes détenues par la commission et celles entre les mains de la justice sont  conformes les unes aux autres. La commission a en sa possession trois dossiers des éléments de l’armée, qui seraient coupables de bavures, et s’est rendu  au ministère de la Défense, et au tribunal militaire, à cet effet.

Après investigations, la commission a conclu qu’il y a bien eu une intention délibérée d’homicide volontaire, pour mater la révolte et mettre à genou ces régions, puisque les tireurs ont été positionnés de 50 à 100 mètres des victimes, et ils tiraient comme des lapins avec provocation. Il y a des martyrs qui se sont faits tirés deux fois à la tête, à la poitrine etc., a déploré le président de la commission.

Les snipers sont des tireurs d'élite
S’agissant des snipers qui compteraient une femme, la commission déduit qu’il s’agit de tireurs d’élite qui font partie des brigades de maintien de l’ordre public, deux unités de ces brigades ont été ramenées de Nabeul et de Gafsa. La police de Sidi Bouzid et de Kasserine n’a pas contribué aux événements, a-t-il laissé entendre. Taoufik Bouderbela en a appelle à la volonté politique pour dévoiler ces gens-là, s’ils existent, les arrêter et les placer en détention préventive.

Ceci étant, la commission va poursuivre ses visites, et se rendra la semaine prochaine à Monastir et la semaine d’après à Gafsa et à Tozeur. Parallèlement, les cités de Tunis, dont Ettadhamen sont au programme de ses prochaines visites, a affirmé son président.  "Nous allons couvrir toutes les régions du pays, et  visiter l’ensemble des familles des victimes maison par maison, pour savoir qui a tué qui. Tous ceux qui ont tiré seront jugés, car dans le droit international, la personne qui reçoit l’ordre ne doit pas l’exécuter s’il est illégal, c'est une règle qui a cours depuis le procès de Nuremberg, a-t-il noté.

Le Président de la commission a évoqué les raisons de  la colère et de  la rancune des habitants de Kasserine. "Ces derniers ont été victimes de provocation de la part de la police qui a jeté des bombes lacrymogènes dans un Hammam (Bain maure), ce qui a effrayé les femmes, qui sont sorties nues, chose qui a été perçue par les habitants comme une grande humiliation, et ils ne sont pas prêts à pardonner". Il a, par ailleurs, déclaré citant des personnes dignes de foi de l’appareil sécuritaire de Kasserine, que "Ben Ali a donné l’ordre de bombarder la cité Ezzouhour, un foyer de résistance dans la région, mais ses ordres n’ont pas été exécutés".

La commission détient quatre dossiers relatifs à des cas de viol survenus sur des hommes. "Deux hommes ont été agressés sexuellement alors qu’ils étaient en détention à Kasserine, et deux autres victimes se sont présentées eux-mêmes à la commission". Les membres de la commission se disent persuadés "qu’il y a eu des viols de femmes, mais ces dernières, par peur et par pudeur, refusent de briser le mur de silence et d’en parler. Une seule femme de Kasserine a parlé ; elle est venue exposer son cas à Tunis".

Ce faisant, "la situation socio-économique des familles des victimes est alarmante, voire explosive. Elles se sentent abandonnées par les autorités et les médias", regrettent les membres de la commission. Pour répondre à la détresse humanitaire, la commission est sortie de son rôle pour assurer le relais avec les associations de solidarité et faire parvenir des aides matérielles aux familles, et les faire bénéficier de carnet de soins du ministère de la santé. Les membres de la commission proposent la création de cellules de crise pour répondre aux urgences socio-économiques de ces familles qui vivent dans le dénuement le plus total.

Autre cas évoqué, celui du taxiste qui transportait des chasseurs suédois, qui a été battu presqu'à mort par la police, bien que les deux chasseurs aient été en possession de permis de port d’armes. Il s’en est sorti avec deux gros hématomes, et son cas nécessite une intervention chirurgicale de deux milles dinars, une somme qu’il n’a pas.

Tunisie: l'ex-président accusé de "meurtres avec préméditation"

Pendant les troubles qui ont précédé la chute de son régime le 14 janvier dernier, l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali aurait donné des ordres de bombarder la cité Ezzouhour, dans la ville de Kasserine (centre-ouest), pour mâter la révolte populaire.
C'est ce qu'a révélé mardi le président de la commission d'investigation sur les violations et les abus commis pendant cette période, Me Taoufik Bouderbala, lors d'une conférence de presse.
"L'intention était claire de faire plier la région et de mettre à genoux ses habitants pour des meurtres collectifs avec préméditation", a accusé cet ancien président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH).
La région de Kasserine avait enregistré à elle seule 33 victimes pendant le soulèvement populaire qui a eu raison du régime répressif de Ben Ali, contre 13 à Sidi Bouzid d'où est partie l'étincelle à la suite de l'immolation par le feu d'un jeune vendeur ambulant.
Selon des informations de presse, le général Rachid Ammar, chef d'état-major de l'armée de terre, avait refusé d'exécuter l'ordre de tirer sur les manifestants. Il est devenu depuis l'une des figures les plus populaires du pays, selon des sondages.
Les autorités et des organisations non gouvernementales ont fait état d'un bilan global dépassant les 200 morts, tombés sous les balles des forces de sécurité.
Le président déchu est depuis réfugié en Arabie Saoudite en compagnie de son épouse Leïla en dépit d'un mandat d'amener lancé à travers Interpol. Une demande d'extradition adressée par Tunis est restée sans réponse