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vendredi 15 avril 2011

En Tunisie, la parité s'impose

 La nouvelle démocratie tunisienne s'affirme comme un modèle de parité : le principe de l'égalité entre hommes et femmes est acquis pour l'élection de l'Assemblée constituante. Un grand pas en avant, et « un modèle d’innovation pour la région et même au-delà », même si la vigilance reste de mise.

Les Tunisiennes vont-elles gagner à la révolution ? nous posions la question  il y a trois mois, à la chute du régime de Ben Ali. Aujourd'hui, la réponse apparaît positive.
La Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique (1) a décidé d'imposer la parité homme-femme pour l'élection de l'Assemblée constituante, le 24 juillet. Sur leurs listes, les partis devront faire figurer en alternance des candidats hommes et femmes. Celles qui ne respecteront pas la parité seront invalidées. Alors que la disposition originale prévoyait une proportion minimale de 25%, les débats ont abouti à ce principe de listes "chabadabada", finalement adopté à une large majorité.

Réactions enthousiastes

Dans le journal La Presse, Abdelhamid Largueche, historien et membre de la Haute instance, dit son émotion devant cette avancée : « J’ai eu l’intime conviction que nous nous sommes projetés dans le futur en enjambant d’un seul pas une ligne jugée par beaucoup infranchissable. »
« Les femmes ont participé à la révolution, sur le même pied d’égalité, elles participeront désormais à forger l’avenir politique de la Tunisie », se réjouit Sophie Bessis, Secrétaire générale adjointe de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
Un choix salué dans des termes semblables par la représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton : « La Tunisie a aujourd’hui l’occasion de renforcer davantage l’égalité entre les hommes et les femmes et de mettre fin à toutes les formes de discrimination, en droit et dans les faits, à l’encontre des femmes. »

Modèle à suivre

C'est aussi une responsabilité que prend la Tunisie, au regard de sa place de modèle pour l'égalité dans le monde arabe, souligne Catherine Ashton : « En accordant à ces principes une place centrale dans les réformes politiques en cours, la Tunisie peut véritablement devenir un modèle d’innovation pour la région et même au-delà. »
Cette étape importante ne marque pas la fin d'un processus dans le pays, au contraire. « Nous devons maintenant travailler à la participation de toutes les femmes aux élections du 24 juillet. Tout doit être fait pour que la nouvelle constitution tunisienne consacre l’égalité et la non-discrimination entre hommes et femmes », insiste Khadija Chérif, Secrétaire générale de la FIDH. D'autant que, selon certaines critiques, la composition de l'Assemblée constituante ne respectera pas forcément la parité annoncée : la multiplication des petites listes pourrait conduire à ce que beaucoup ne comptent qu'un élu... la tête de liste, qui pourrait bien souvent être un homme.

jeudi 14 avril 2011

Tunisie: 18 actions en justice intentées contre Ben Ali

Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali fait l'objet de 18 actions en justice pour "complot contre la sûreté de l'Etat, homicide volontaire, usage et trafic de drogues", a fait savoir le ministre tunisien de la Justice Lazhar Karoui Chebbi.
Dans un entretien accordé à la télévision nationale et rapporté jeudi par l'agence officielle TAP, M. Chebbi a par ailleurs noté qu'un dossier juridique était en cours de constitution en vue d'obtenir l'extradition de M. Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite en compagnie de son épouse Leïla.
Il a également indiqué qu'"Interpol était en train de pourchasser les autres membres de la famille de l'ancien président et de ses proches qui sont en état de fuite afin de les arrêter".
Le ministre de la Justice a par ailleurs annoncé qu'une délégation officielle tunisienne se rendrait prochainement en France, au siège d'Interpol à Lyon, afin d'accélérer l'opération d'exécution des mandats internationaux portant sur le gel des avoirs de l'ancien chef d'Etat et de sa famille.
Il a fait état de contacts "probants" engagés à cet effet avec des délégations représentant la Suisse, les Etats-Unis et le Canada, où s'est réfugié l'un des beaux-frères de l'ex-président, Belhassen Trabelsi.

Tourisme, le ministère rachète les sièges vides des vols charters


La Fédération Tunisienne de l’Hôtellerie, la Fédérations Tunisienne des Agences de Voyage, l’Office National du Tourisme Tunisien, ont signé ce matin une convention de partenariat avec les transporteurs aériens Nouvelair, Tunisair et Tunisair Express. L’objet de l’accord est « historique », comme l’a souvent répété Mehdi Houas, ministre du Tourisme et du Commerce, garant de l’opération. Il s’agit de soutenir financièrement l’effort commercial pour le redémarrage de la saison touristique. En fait l’Etat s’engage à maintenir les vols charters des tours opérateurs dont le taux de remplissage est inférieur à la capacité convenue avec ceux-ci. Ce soutien pourrait être accordé aux vols dont le coefficient de remplissage est supérieur à 50% et inférieur ou égal à 80%. La différence des sièges (maximum 30%), sera alors réglée à la compagnie concernée au prix de vente des sièges réellement facturés au TO.

Cependant, la compagnie concernée fera l’effort de revendre les sièges vides dans le sens Nord/Sud, en veillant à informer la FTH et la FTAV de l’évolution des ventes. Si malgré tous les efforts, les sièges demeuraient vides, la FTH, la FTAV, et l’ONTT pourraient en disposer pour inviter des agents de voyage, des tours opérateurs ou des journalistes capables de contribuer à la promotion du tourisme tunisien.

Tahar Saihi, président de la FTAV, ajoute que ces dispositions peuvent également servir d’autres partenaires et d’autres compagnies aériennes qui travaillent avec la Tunisie.

Ce soutien qui sera mis en place du 15 avril au 15 juin, est limité dans le temps mais aussi dans le budget. Nebil Chettaoui, PDG de Tunisair explique que ces décisions interviennent pour ne perdre aucun touriste. En temps normal, les vols qui ne sont pas remplis au moins à moitié, sont annulés.

Il ajoute : «Mesure exceptionelle pour sauver la saison, nous vendrons le «siège été» au même prix que le « siège hiver», une décision jamais prise jusque là ». Soit en moyenne 30% moins cher. Mehdi Houas, annonce un fonds initial d’une valeur de 10 millions de dinars pour les besoins de l’opération.  «Nous assurons les arrières de nos partenaires, et cet argent pourrait rouler si on n’y touche pas. C'est-à-dire que la campagne de soutien pourrait être reconduite aux mois d’après, en cas de nécessité », a dit le ministre.

mardi 12 avril 2011

Tunisie, Ben Ali a donné l’ordre de bombarder Kasserine


Taoufik Bouderbela, président de la commission nationale d’établissement des faits sur les dépassements et abus commis au cours des événements liés à la révolution du 14 janvier, a déclaré ce matin lors d’un point de presse, que la plus jeune martyre est une bébé de 8 mois qui a reçu une balle perdue alors qu’elle était dans les bras de son père, et le martyr le plus âgé, est un retraité de 61 ans, et a été également victime d’ une balle perdue. La région de Sidi Bouzid a perdu 13 martyrs dont 4 à Sidi Bouzid ville, 1 à Menzel Bouzaïène, 1 à Meknassi (il a trouvé la mort à Tunis) et 6 à Regueb. Le bilan est plus lourd à Kasserine, 23 martyrs sont tombés dans le chef lieu du gouvernorat, 6 à Tala, 1 à Feriana, 1 à Majel Bel Abbès, et 2 à Foussana (ils ont trouvé la mort à Tunis). 111 blessés ont été enregistrés dans la région.

La commission à reçu jusque-là 979 dossiers, dont 106 dossiers de martyrs, 672 dossiers de blessés et 201 dossiers relatifs à des dommages causés à des biens publics et privés.

Les membres de la commission ont visité les familles des régions de Sidi Bouzid et de Kasserine, et comptent se rendre à Haïdra, une région frontalière qui a connu la révolte. "La commission s’est également rendue dans les tribunaux de Sidi Bouzid et de Kasserine, et a constaté que la justice fait son travail, et qu’une instruction a été ouverte contre le Président déchu, l’ancien ministre de l’Intérieur, l’ancien directeur général de la sûreté nationale et contre tous ceux dont l’implication dans les événements sera prouvée par les investigations", a souligné Taoufik Bouderbela. Il a fait savoir que 4 arrestations d’agents de la police sont survenues, 11 mandats d’amener ont été émis par le juge d’instruction de Kasserine, à l’encontre des membres de l’appareil sécuritaire dont certains auraient quitté le territoire. "La difficulté pour la Justice réside dans les noms des prévenus qui lui sont communiqués par les familles des victimes. En effet, ces noms correspondent souvent à des alias, chose courante dans les milieux de la police", a-t-il explique, précisant que les listes détenues par la commission et celles entre les mains de la justice sont  conformes les unes aux autres. La commission a en sa possession trois dossiers des éléments de l’armée, qui seraient coupables de bavures, et s’est rendu  au ministère de la Défense, et au tribunal militaire, à cet effet.

Après investigations, la commission a conclu qu’il y a bien eu une intention délibérée d’homicide volontaire, pour mater la révolte et mettre à genou ces régions, puisque les tireurs ont été positionnés de 50 à 100 mètres des victimes, et ils tiraient comme des lapins avec provocation. Il y a des martyrs qui se sont faits tirés deux fois à la tête, à la poitrine etc., a déploré le président de la commission.

Les snipers sont des tireurs d'élite
S’agissant des snipers qui compteraient une femme, la commission déduit qu’il s’agit de tireurs d’élite qui font partie des brigades de maintien de l’ordre public, deux unités de ces brigades ont été ramenées de Nabeul et de Gafsa. La police de Sidi Bouzid et de Kasserine n’a pas contribué aux événements, a-t-il laissé entendre. Taoufik Bouderbela en a appelle à la volonté politique pour dévoiler ces gens-là, s’ils existent, les arrêter et les placer en détention préventive.

Ceci étant, la commission va poursuivre ses visites, et se rendra la semaine prochaine à Monastir et la semaine d’après à Gafsa et à Tozeur. Parallèlement, les cités de Tunis, dont Ettadhamen sont au programme de ses prochaines visites, a affirmé son président.  "Nous allons couvrir toutes les régions du pays, et  visiter l’ensemble des familles des victimes maison par maison, pour savoir qui a tué qui. Tous ceux qui ont tiré seront jugés, car dans le droit international, la personne qui reçoit l’ordre ne doit pas l’exécuter s’il est illégal, c'est une règle qui a cours depuis le procès de Nuremberg, a-t-il noté.

Le Président de la commission a évoqué les raisons de  la colère et de  la rancune des habitants de Kasserine. "Ces derniers ont été victimes de provocation de la part de la police qui a jeté des bombes lacrymogènes dans un Hammam (Bain maure), ce qui a effrayé les femmes, qui sont sorties nues, chose qui a été perçue par les habitants comme une grande humiliation, et ils ne sont pas prêts à pardonner". Il a, par ailleurs, déclaré citant des personnes dignes de foi de l’appareil sécuritaire de Kasserine, que "Ben Ali a donné l’ordre de bombarder la cité Ezzouhour, un foyer de résistance dans la région, mais ses ordres n’ont pas été exécutés".

La commission détient quatre dossiers relatifs à des cas de viol survenus sur des hommes. "Deux hommes ont été agressés sexuellement alors qu’ils étaient en détention à Kasserine, et deux autres victimes se sont présentées eux-mêmes à la commission". Les membres de la commission se disent persuadés "qu’il y a eu des viols de femmes, mais ces dernières, par peur et par pudeur, refusent de briser le mur de silence et d’en parler. Une seule femme de Kasserine a parlé ; elle est venue exposer son cas à Tunis".

Ce faisant, "la situation socio-économique des familles des victimes est alarmante, voire explosive. Elles se sentent abandonnées par les autorités et les médias", regrettent les membres de la commission. Pour répondre à la détresse humanitaire, la commission est sortie de son rôle pour assurer le relais avec les associations de solidarité et faire parvenir des aides matérielles aux familles, et les faire bénéficier de carnet de soins du ministère de la santé. Les membres de la commission proposent la création de cellules de crise pour répondre aux urgences socio-économiques de ces familles qui vivent dans le dénuement le plus total.

Autre cas évoqué, celui du taxiste qui transportait des chasseurs suédois, qui a été battu presqu'à mort par la police, bien que les deux chasseurs aient été en possession de permis de port d’armes. Il s’en est sorti avec deux gros hématomes, et son cas nécessite une intervention chirurgicale de deux milles dinars, une somme qu’il n’a pas.

Tunisie: l'ex-président accusé de "meurtres avec préméditation"

Pendant les troubles qui ont précédé la chute de son régime le 14 janvier dernier, l'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali aurait donné des ordres de bombarder la cité Ezzouhour, dans la ville de Kasserine (centre-ouest), pour mâter la révolte populaire.
C'est ce qu'a révélé mardi le président de la commission d'investigation sur les violations et les abus commis pendant cette période, Me Taoufik Bouderbala, lors d'une conférence de presse.
"L'intention était claire de faire plier la région et de mettre à genoux ses habitants pour des meurtres collectifs avec préméditation", a accusé cet ancien président de la Ligue tunisienne de défense des droits de l'Homme (LTDH).
La région de Kasserine avait enregistré à elle seule 33 victimes pendant le soulèvement populaire qui a eu raison du régime répressif de Ben Ali, contre 13 à Sidi Bouzid d'où est partie l'étincelle à la suite de l'immolation par le feu d'un jeune vendeur ambulant.
Selon des informations de presse, le général Rachid Ammar, chef d'état-major de l'armée de terre, avait refusé d'exécuter l'ordre de tirer sur les manifestants. Il est devenu depuis l'une des figures les plus populaires du pays, selon des sondages.
Les autorités et des organisations non gouvernementales ont fait état d'un bilan global dépassant les 200 morts, tombés sous les balles des forces de sécurité.
Le président déchu est depuis réfugié en Arabie Saoudite en compagnie de son épouse Leïla en dépit d'un mandat d'amener lancé à travers Interpol. Une demande d'extradition adressée par Tunis est restée sans réponse

L'Union européenne accorde une rallonge de 140 M€ à la Tunisie


TUNISIE / EUROPE. En visite à Tunis où il a rencontré le premier ministre Béji Caied Essebsi, José Manuel Durao Barroso, président de la Commission européenne, a confirmé que son institution allait accorder à la Tunisie une rallonge de 140 M€ au budget d'aides initialement prévu de 257 M€ pour la période 2011-2013.

"Il y a une trentaine d’années, j’ai moi-même vécu la transition démocratique de mon propre pays, le Portugal. J'avais 18 ans et sais bien comment c'est exigent. La démocratie créée beaucoup d'attentes. Elle a besoin de la patience de chaque jour. Dans cette heure d’espoir, mais également de défis énormes, mon message à la Tunisie est clair : L’Europe est avec vous ! Et nous restons avec vous" a déclaré au premier ministre tunisien José Manuel Durao Barroso.

Le président de la Commission européenne a dit être déterminé à faire "un saut qualitatif avec nos voisins du Sud qui s'engagent dans des réformes à travers un Partenariat pour la démocratie et la prospérité partagée. Ce partenariat doit s'articuler autour des trois grands axes suivants: un soutien ciblé à la transition démocratique; un partenariat étroit avec la population; une stimulation de la croissance économique inclusive et de la création d'emplois."
L'Europe prévoit de verser 4 mrds€ d'aides aux pays du sud pour la période 2011-2013.

La BAD accordera un appui budgétaire de 300 à 400 millions €

Confiant dans une reprise rapide » de l’économie tunisienne, la Banque africaine de développement (BAD) va accorder à la Tunisie un appui budgétaire de 300 à 400 millions d'euros, a annoncé Donald Kaberuka, le président de cette institution à la suite de l'entretien qu’il a eu, lundi, avec le Premier ministre par intérim, Béji Caïd Essebsi.
Cet appui budgétaire, dont le montant définitif sera arrêté en juin prochain, servira au financement de la politique sociale et à la réduction des disparités régionales en Tunisie.
Le patron de la BAD espère une reprise très rapide de la croissance économique de la Tunisie qui devrait se situer entre 0 % et 1 % en 2011. « Cette baisse était attendue, avec notamment l'impact régional de la crise en Libye. Le plan de transition politique très clair, la démocratisation de la société, tout cela est un gage de confiance pour les investisseurs. Et nous allons assister à une reprise importante », a-t-il déclaré. « Cette fois-ci nous allons favoriser une croissance génératrice d'emplois », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, Donald Kaberuka a indiqué que la BAD va aider techniquement les autorités tunisiennes à récupérer les « biens mal acquis » du président déchu, Zine el-Abidine Ben Ali, de son épouse Leila Trabelsi, et de leurs proches, à travers une « facilité juridique africaine » qui permet de mettre des avocats au service des requérants.

Tunisie : la parité hommes/ femmes à l’Assemblée adoptée

La haute commission chargée de préparer les élections du 24 juillet de l’assemblée constituante tunisienne a adopté lundi soir un décret qui prévoit un mode de scrutin à la proportionnelle et la parité-hommes/femmes, rapporte Trends top. L’élection prévoit le système des plus forts restes, qui favorise les petits partis. Le décret interdit également à toute personne ayant eu des responsabilités dans le gouvernement ou sous le Rassemblement démocratique constitutionnel (RDC), parti de l’ex-dirigeant Zine El Abidine Ben Ali. La parité hommes/ femmes dans ce scrutin a été saluée par les membres de la haute commission, y compris par le mouvement islamiste Ennahdha. La haute commission a approuvé le 7 avril la création d’une commission électorale indépendante de 12 membres. Cette commission doit être validée par le gouvernement.

lundi 11 avril 2011

Tunisie: arrestation du patron de l'ex-parti au pouvoir et d'un frère de Ben Ali

Le secrétaire général de l'ancien parti au pouvoir en Tunisie, Mohamed Ghariani, a été arrêté et incarcéré lundi, a annoncé l'agence officielle TAP.
L'ancien patron du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) du président déchu Zine El Abidine Ben Ali a fait l'objet d'un mandat de dépôt émis par le juge d'instruction près le tribunal de première instance de Tunis, ajoute l'agence, qui ne précise pas les chefs d'accusation retenus contre l'inculpé.
Cette arrestation intervient au lendemain de celle d'un frère de l'ancien président tunisien, Slah Ben Ali, annoncée dans un communiqué du ministère de l'Intérieur.
Ce dernier a été arrêté dimanche soir dans une maison à Sousse, à 150 km au sud-est de Tunis, par les unités de sécurité nationale, après trois mandats d'amener lancés contre lui.
Aucune indication n'a été fournie pour le moment sur les délits qui lui sont reprochés.
Ces deux proches de Ben Ali rejoignent en prison six hauts responsables de l'ancien régime incarcérés

dimanche 10 avril 2011

Bertrand Delanoë encourage les Français à se rendre en Tunisie

Lors de son déplacement en Tunisie (son pays natal) en février, Bertrand Delanoë avait exprimé le souhait d’aider le secteur du tourisme en Tunisie, à l’occasion de sa rencontre avec des acteurs politiques et économiques . C’est pourquoi la Ville de Paris et le Ministère du Tourisme Tunisien ont décidé de s’associer pour une action de soutien en faveur de la reprise de l’activité touristique en Tunisie.
Ainsi une table ronde présidée par le maire de Paris et le Ministre tunisien du commerce et du tourisme, Mehdi Houas, a été organisée à l’Hôtel de Ville de Paris vendredi en réunissant une trentaine de professionnels.
S’appuyant sur les conclusions de deux ateliers de travail associant les acteurs du tourisme en Tunisie, la table ronde a abordé surtout deux thèmes : comment favoriser le renouveau du tourisme en Tunisie et comment découvrir la Tunisie autrement.
« Le peuple français s’est enthousiasmé pour la vitalité du peuple tunisien, qui a réussi à se donner à lui-même lae démocratie, et ce n’est pas le moment de laisser les Tunisiens tomber. Il faut y aller ! C’est un acte de solidarité qui permet en même temps de se faire plaisir » a déclaré le maire de Paris. Et il même lancé une initiative symbolique en proposant la candidature du peuple tunisien au prix Nobel de la Paix.
Alors que le Ceto (Centre d’Etude des Tours Operateurs) met en avant une baisse de l’activité de 70% sur la destination par rapport à l’an dernier, sa représentante Anne Bouferguene a, elle, annoncé que son organisme lève ses dernières restrictions de voyage sur la Tunisie. Elle a aussi affirmé que Boris Boillon, l’Ambassadeur de France en Tunisie l’avait assuré que le Ministère des Affaires étrangères allait bientôt faire de même.

Pourquoi toute cette haine ? Nous sommes tous des Tunisiens libres !


Les Tunisiens sont différents, et ce n’est guère un phénomène nouveau. Ils sont différents et l’ont toujours été  dans leurs convictions, leurs idéologies, leurs cultes, leurs visions, leurs  pays et régions d’origine, leurs appartenances sociales, leurs catégories professionnelles, leurs générations, leurs pratiques de toutes sortes,…Ils sont différents, mais très fortement unis autour des mêmes acquis, depuis le 14 Janvier : Tunisiens, Citoyens, Libres, Unis contre la dictature et la répression.

Alors pourquoi  toutes ces divisions  précoces ? Pourquoi tous ces échanges de  haine ? Pourquoi tout ce manque de conscience ?

Pourquoi, ayant recouvré leur liberté, oublient-ils la tolérance et se tournent vers la violence ? Ils sont tout de même connus pour leur  pacifisme et  leur esprit d'ouverture.

Il est tout à fait normal que nous soyons différents. Il est même impératif que nous exprimions nos différences dans le nouveau paysage démocratique, mais il est tout aussi important de comprendre que nous devons nous accepter les uns les autres.

Cette problématique se trouve aussi projetée sur le plan politique : Une guerre est ouverte entre  partisans et sympathisants  des différents partis. Une guerre peut-on dire, tout à fait légitime, mais qui semble, dépasser les limites tolérées : les Tunisiens s’insultent, ne se respectent plus, voire même se bagarrent et commencent à agresser ceux qui sont différents d’eux, sur les lieux publics et sur les réseaux sociaux.

Aujourd’hui, nous oublions  que lorsqu’on parle de liberté et de démocratie, il faut, tout d’abord, tourner le dos à tout ce qui s'apparente à la théorie du parti unique, de la religion unique, de l’idéologie unique et du modèle unique. Tous ceux qui nous semblent différents ont le droit d’exister. Même si ceci nous semble dangereux pour le pays, nous n’avons pas le droit de nous y opposer : c’est la loi de la démocratie .

Alors, arrêtons toutes les formes de violence contre ceux qui sont différents de nous, car il y a bien des méthodes beaucoup plus intelligentes pour exprimer nos tendances et nos idées, ou même les propager.

Sans raisons valables, une guerre  s’est déclenchée entre les femmes. Il faut tout simplement que les femmes non voilées acceptent celles voilées et arrêtent de publier, sur les pages des réseaux sociaux, des commentaires et des photos qui touchent leurs compatriotes dans  leur dignité. Il y en a certaines parmi ces dernières qui ont souffert de la répression plus que toutes les autres. Les voilées, à leur tour, ne doivent pas juger explicitement  les autres femmes émancipées, ou leurs imposer des modèles de comportement ni même accepter que des hommes, barbus ou non, peu importe, agressent leurs compatriotes femmes dans la rue. Une femme non voilée est en droit de refuser de se voir imposer le port du voile, ou qu’on lui interdise une certaine tenue vestimentaire ou comportementale. Celle voilée n’acceptera pas non plus qu’on la discrimine pour son apparence ou qu’on lui interdise des droits, à cause de ses tendances religieuse : Nous voyons bien qu’elles ont le même souci : rester libres.

Sur un autre plan, ceux qui veulent  défendre un parti politique, doivent mettre en valeur ses principes, ses actions, son programme ainsi que les qualités de ses représentants. Il relève de la faiblesse de chercher à discréditer des hommes politiques, ou insulter les autres aux seuls motifs qu'ils nous déplaisent  ou que nous  ne partageons  pas leurs idées, ou encore pour renforcer d’autres partis. Aussi, certains activistes seraient-il plus inspirés  d'encourager les coalitions avec leurs partis et leurs semblables .  Vous me direz qu’ils sont libres de leurs choix, mais, au fait, il a  déjà été remarqué que plusieurs partis ne sont pas différents, et que, dans la précipitation des faits, nous avons besoin de leur union qui constituera une  force réelle, exactement comme notre Tunisie aurait besoin de notre union, dans nos différences, ce qui ferait pour nous un bel avenir.

Il faut aussi rappeler que ceux qui ont choisi de demeurer apolitiques,  sont aussi libres de leur choix, dans la mesure où ils restent des électeurs bien avertis et conscients de leur environnement politique,  mais aussi dans la mesure où ils peuvent toujours participer à la construction de leur pays, en s'investissant dans le mouvement associatif ou dans toute forme d’action de sensibilisation, de motivation, de formation et d’assistance à leurs concitoyens.

 Nous avons tous le droit d’être politisés ou non, de pratiquer la religion de notre choix, de nous exprimer librement, de mener la vie qui nous plait, de porter les habits qui nous conviennent,  de soutenir un parti, une association, une ONG, une personnalité ou une cause, tant que nous le faisons dans le respect de l’autre. Nous avons tous  droit à la liberté que nous avons chèrement acquise. Alors unissons-nous et faisons de nos différences un atout  plutôt qu'une source de conflit. Ne serait-il pas plus judicieux pour nous, de militer ensemble, chacun dans sa structure ou son environnement, pour imposer, aux futurs membres de la constituante, un engagement pour  la non discrimination et le respect des libertés individuelles.

Toute atteinte à la liberté de l’autre, par le jugement, l’interdiction, la moquerie, l’agression physique ou morale, est à mon avis une forme de violence. Alors, chers Tunisiens disons « Stop à la violence » : cessons  de nous quereller, et apprenons à accepter le droit à la différence. Notre  révolution était celle de la liberté, certes, mais la liberté des uns s’arrête là où celle des autres commence.

De vuelta a Túnez

Tras la revolución, el país mediterráneo intenta que el turismo vuelva a ser un motor económico 

La avenida de Burguiba, caótica y ruidosa, fue el escenario de la revolución del jazmín, de las manifestaciones que se llevaron por delante el régimen cleptocrático del presidente Ben Ali. Sus terrazas y comercios, sus fachadas art nouveau, sus lujosos hoteles y la catedral neobizantina invitan al extranjero a pasear y ser testigo privilegiado de cómo viven los tunecinos sus primeras semanas de democracia, porque el cambio verdaderamente sugerente está en la calle: mítines espontáneos y abiertas discusiones en los cafés, sin miedo ya a la temida policía secreta. Sin embargo, algo falta en el paisaje: ¡turistas!

La avenida de Burguiba, caótica y ruidosa, fue el escenario de la revolución del jazmín, de las manifestaciones que se llevaron por delante el régimen cleptocrático del presidente Ben Ali. Sus terrazas y comercios, sus fachadas art nouveau, sus lujosos hoteles y la catedral neobizantina invitan al extranjero a pasear y ser testigo privilegiado de cómo viven los tunecinos sus primeras semanas de democracia, porque el cambio verdaderamente sugerente está en la calle: mítines espontáneos y abiertas discusiones en los cafés, sin miedo ya a la temida policía secreta. Sin embargo, algo falta en el paisaje: ¡turistas!

El país, una pequeña cuña entre Argelia y el mar, es una mezcla de razas y culturas mediterráneas absolutamente enriquecedora. Casi tres meses después de la caída de Ben Ali, Túnez sigue el camino de la democracia, pero a los costes económicos de la revolución, iniciada en diciembre pasado, se suma la caída del turismo, generador de unos ingresos que representan el 7% del PIB y da empleo a unas 400.000 personas, según cifras oficiales. Por ello, el Gobierno provisional está inmerso en la ardua tarea de reactivar este sector clave para su economía. Mehdí Houas, ministro de Comercio y Turismo, admitió recientemente ante un grupo de periodistas el descenso del número de visitantes: un 40% menos (unos 600.000) que el año pasado, en temporada baja, situación que está favoreciendo el aumento del turismo en España, especialmente en Canarias. Pero Houas insiste: "No queremos vender revolución", sino patrimonio cultural e histórico.

Túnez

La Medina (casco antiguo) de Túnez es una de las más bellas del mundo islámico, declarada patrimonio mundial. En un área aproximada de un kilómetro cuadrado, un laberinto de callejuelas y callejones ofrece al visitante la posibilidad de perderse. Es recomendable visitar la Gran Mezquita y los zocos (mercados) con sus tiendas de perfumes y alfombras, donde conviene evitar toda la parafernalia made in China para turistas.

Cartago

Siguiendo por el litoral hacia el norte se llega al golfo de Cartago, donde entre ruinas púnicas y romanas ha crecido uno de los barrios más lujosos de la ciudad. Cartago fue en su día la ciudad más grande de África: su museo acoge los restos del esplendor pasado. Desde la colina de Byrsa se tiene una magnífica vista del lago y de la bahía, y cerca de allí se hallan las ruinas del circo, el anfiteatro, las cisternas de la Malga o los baños de Gargilius y el teatro de Adriano.

Sidi Bou Said

La caída de la tarde es el mejor momento para visitar Sidi Bou Said, pintoresco pueblo de casas de una altura y patios interiores con portones, dinteles, ventanas y rejas azules. Un paseo por sus empinadas calles comiendo un bambaluni (especie de donut delicioso) recién hecho, o un té con piñones o almendras en el Café des Nattes (de las esteras), sentados alrededor de pequeñas mesas de madera tallada, puede convertirse en una experiencia evocadora de otros tiempos. Si se prefiere disfrutar de la brisa del mar, el Café des Delices ofrece unas estupendas vistas del puerto.
Túnez lleva años intentando potenciar su gran extensión de desierto. Aunque la situación está aparentemente tranquila, el Ministerio de Exteriores español sigue desaconsejando (al cierre de esta edición) los viajes al interior y al sur del país, mientras que el Ministerio de Comercio y Turismo tunecino está enfrascado en una campaña de promoción para que se eliminen dichas recomendaciones.

Tozeur

En el pequeño aeropuerto de Tozeur, rostros sorprendidos reciben a los visitantes extranjeros: "Bienvenidos. Gracias por venir, aquí todo está tranquilo, no pasa nada". Aparentemente, todos están contentos: "Ben Ali est parti".
Tozeur es una de las ciudades meridionales más agradables y base perfecta desde la que explorar toda la zona. Está delimitada, por un lado, por un enorme palmeral y, por otro, por el lago salado más grande de África, Chott el-Jerid. Para los que quieran huir de la zona turística y de los hoteles de hormigón, el hotel Diar Abou Habibi, a dos kilómetros, ofrece alojamiento en una docena de cabañas de madera construidas sobre pilares y decoradas primorosamente, en medio de un palmeral y alejadas del mundanal ruido. Una experiencia inolvidable para mayores y pequeños.

Chott el-Jerid

El paisaje del Chott el-Jerid, de 5.000 kilómetros cuadrados y 30 metros por debajo del nivel del mar, se extiende hasta el infinito, desolador, inquietante, sin horizonte definido y con un silencio atronador. No se asuste si de repente ve extrañas figuras moviéndose a lo lejos, frótese los ojos y desaparecerán: son espejismos.

Tamerza

Merece la pena visitar el oasis de montaña de Chebika o la ciudad amurallada de Tamerza, con un vasto palmeral que produce los mejores dátiles de Túnez, según los lugareños, o el hotel Tamerza Palace, con vistas al oasis y al pueblo, relajarse en su piscina y degustar los platos típicos en su terraza.

Midès

Cerca de Tamerza se encuentra el oasis de Midès, a un kilómetro de la frontera argelina. Midès, que se asienta sobre un impresionante desfiladero, fue el escenario de El paciente inglés (1996, Anthony Minghella). No sería difícil imaginar al conde László Almásy por allí si no fuera porque el comerciante de turno ofrece sus productos "más baratos que en Mercadona". Ong Jemal (Cuello de Camello) se ha convertido en un gran atractivo turístico por sus dunas y porque allí se mantiene intacto el poblado que ideó George Lucas para su Episodio I: la amenaza fantasma, de la hexalogía de La guerra de las galaxias. Cerca de aquí también están las dunas en las que el paciente inglés vivió su historia de amor entre tormentas de arena.

Douz

Al otro lado del Chott el Jerid está Douz, la puerta del desierto del Sáhara. Esta acogedora localidad, cuya vida cotidiana transcurre alrededor de los soportales, fue en el pasado parte de una importante ruta comercial. Cuenta con uno de los mercados más típicos y coloridos de Túnez, donde se puede alternar con los habitantes de la región y sus dromedarios. El Museo del Sáhara desvela los secretos de la vida del desierto: las civilizaciones de los oasis, la vida de los nómadas, el arte del tatuaje. Y, por supuesto, hay que cumplir con el paseo en dromedario. Cada año, entre noviembre y diciembre, se celebra el festival internacional del Sáhara, que muestra las principales tradiciones del desierto, con sus carreras y sus músicas y bailes típicos.

samedi 9 avril 2011

Tunisie : En visite à Kairouan, Caïd Essebsi a parlé sécurité

La sécurité, c’est la priorité des priorités, et c’est une responsabilité collective et non pas uniquement gouvernementale. C’est en substance le message délivré par le Premier ministre, Béji Caïd Essebsi, mercredi à Kairouan où il effectuait une visite de travail.
Il n’a pas caché que le phénomène d'insécurité suscite des inquiètes d’autant plus que de nombreuses entreprises sont menacées de fermeture, à cause notamment de la multiplication des manifestations de protestation.
Il expliquera aux représentants des partis politiques et des composantes de la société civile de la région que le gouvernement provisoire, qu’il dirige depuis un peu plus d’un mois, a entamé l'étude de la situation dans le pays et préparé un projet économique et social à court terme au profit des régions défavorisées, rapporte la TAP.
Parmi les mesures arrêtées dans ce projet, la garantie d'un emploi à 60 mille chômeurs, durant l'année en cours, dont 40 mille dès maintenant, afin de réduire le taux de chômage qui touche aujourd'hui 500 mille personnes dont 150 mille diplômés du supérieur.
M. Caïd Essebsi rappellera par la suite que ce projet comprend en outre des aides au profit de 180 à 190 mille familles nécessiteuses, et le programme "Amal" qui bénéficiera à 200 mille personnes.
De ce point de vue, les présents ont insisté sur la nécessité d’instaurer une corrélation étroite entre les dimensions économique, sociale, politique et sécuritaire, ainsi que sur la consolidation du rôle des médias dans les régions.
Par ailleurs, les spécificités et préoccupations en matière de développement ont également été évoquées au cours de cette visite. Tous les intervenants ont appelé à instaurer un équilibre entre les régions, soulignant l'impératif de demander des comptes aux personnes impliquées dans des affaires de corruption sous le régime du président déchu.

Tunisie : Le maire de Paris lance le Village du Jasmin

A l'occasion d'une table ronde organisée à la mairie de Paris, Bertrand Delanoë, maire de la capitale, a annoncé la création du Village du Jasmin qui se tiendra sur le parvis de l'Hôtel de Ville les 20 et 21 mai.
Bertand Delanoë, maire de Paris, né à Tunis et fortement attaché à ce pays, a organisé une table ronde vendredi à la Mairie de Paris pour débattre de la relance du tourisme en Tunisie avec les TO, agences, institutionnel compagnies aériennes. Mehdi Houas, ministre du Tourisme, avait fait le déplacement pour participer à cet événement : "Allez en Tunisie ! C'est le moment ou jamais de se faire plaisir" s'est exclamé le maire de Paris. Les pensées amicales ne suffisent pas, il faut aussi des preuves d'amitié". A Paris, au moi de mai, dans le 14e arrondissement, Bertrand Delanoë inaugurera la place Mohammed Bouazizi, du nom du martyr qui s'est immolé par le feu et qui est devenu le véritable symbole de la révolution du 14 Janvier. De plus, les 21 et 22 mai, le parvis de l'Hôtel de Ville mettra à l'honneur l'artisanat, l'art et le patrimoine du pays dans le cadre d'un Village du Jasmin. Enfin, Paul Roll, responsable de l'Office du tourisme de Paris, a été chargé d'aider la Tunisie à reconquérir ses visiteurs.

Tunisie: mandat de dépôt à l'encontre de l'ancien patron de la douane

Un mandat de dépôt a été émis vendredi à l'encontre de l'ancien directeur général de la douane et ex-ministre éphémère du Commerce Slimane Ourak, a annoncé l'agence de presse officielle TAP dans une dépêche laconique.
L'agence, qui cite une "source judiciaire" relevant du ministère de la Justice, ne précise pas les chefs d'accusations retenus contre le prévenu.
M. Ourak, 56 ans, a dirigé de main ferme les rouages de la douane de 2004 à 2010, période au cours de laquelle le clan de Leïla Trabelsi, la deuxième épouse de l'ex-président Zine el Abidine ben Ali, importait sans aucun contrôle et sans payer de taxes douanières toutes sortes de produits, selon des sources portuaires.
Les Trabelsi ont des années durant inondé le marché local de matériels et denrées asiatiques, portant un grand préjudice à l'économie nationale.
Comme pour le récompenser pour les services rendus, l'ancien chef d'Etat avait promu M. Ourak ministre du Commerce fin décembre -un poste qu'il n'a occupé que pendant deux semaines puisque le régime est tombé le 14 janvier.
Slimane Ourak est la sixième haute personnalité du régime déchu placée sous les verrous. Il a été précédé par le général Ali Sériati, ancien chef de la garde présidentielle, Rafik Belhaj Kacem, ministre de l'Intérieur, Abdelaziz Ben Dhia, porte-parole officiel de la présidence, Abdelwahab Abdallah, conseiller politique surnommé le "Goebels" de Ben Ali, et Abdallah Kallel, ex-ministre de l'Intérieur et président du Sénat.
Par ailleurs, la TAP fait état d'une mesure judiciaire portant "interdiction de voyage à toutes les personnes impliquées dans des affaires de corruption et aux proches du président déchu, ministres et conseillers".
Cette mesure préventive entre en vigueur "dans l'attente des décisions qui seront prises à leur sujet par le juge d'instruction", ajoute l'agence, qui ne mentionne pas les noms des personnes visées.
Au lendemain de la fuite de Ben Ali en Arabie Saoudite, le ministre de la Justice Lazhar Karoui Chebbi avait fait état d'une liste de plus de 50 personnes du clan Ben Ali/Trabelsi faisant l'objet de poursuites judiciaires.

vendredi 8 avril 2011

Tunisie : De grands dangers guettent la révolution (PCOT)

Deux mois et demi sont passés depuis la glorieuse révolution du 14 janvier. Pendant cette période, le peuple a réalisé d’importants acquis grâce à sa lutte et ses sacrifices.
Après avoir fait chuter le dictateur et les deux gouvernements Ghanouchi, le peuple tunisien est parvenu à imposer sa revendication portant sur une assemblée constituante, la dissolution du « Rassemblement constitutionnel démocratique » et de la police politique. Il a aussi imposé de grands progrès sur le terrain des libertés d’expression, d’organisation, de réunion et de manifestation. Malgré tous ces acquis, la révolution demeure à mi-chemin, de grands périls la guettent et la menacent et grandissent jour après jour.
Le pouvoir n’est pas entre les mains du Peuple qui s’est soulevé contre la tyrannie, l’exploitation et la corruption, il est toujours détenu par les forces réactionnaires. Ces dernières tentent, par le biais de la présidence provisoire et le gouvernement de transition, de s’emparer de la révolution pour la réduire en un simple toilettage de l’ancien régime. Mbazaâ et Beji Kaïd Sebssi ne sont soumis à aucun contrôle, ils ont refusé de reconnaitre « le conseil national pour la protection de la révolution » pour échapper à toute contrôle, en contre-partie ils ont érigé une instance consultative dont ils ont désigné les membres.
Si Mbazaâ et Beji Kaïd Sebssi ont accepté l’élection d’une assemblée constituante, ils ont en outre fixé la date des élections sans prendre en considération les intérêts du peuple. D’un autre côté, la dissolution du RCD n’a pas empêché son retour sous couvert de nouveaux partis, les organisations qui lui sont liées continuent à exister (union nationale de la femme tunisienne...). Il s’est avéré que la dissolution de la police politique est une disposition presque formelle, elle existe toujours, elle pratique la répression, la torture, la surveillance, les écoutes téléphoniques, les coupures d’internet. Certains de ses symboles, occupent de hautes fonctions au ministère de l’intérieur, les responsables d’assassinats et de torture n’ont pas été inquiétés.
Le langage de la menace est réapparu comme lors de l’ère ancienne, au nom de « la lutte contre la violence et le désordre ». La police a réprimé des sit-in à la Qasbah et à Mahdia. Les Discours manipulant l’aspiration des citoyennes et des citoyens à la sécurité se sont multipliés, au détriment des questions sociales et politiques, dans le but de détourner la révolution.
Malgré la suspension de la constitution, les lois liberticides sont toujours en vigueur : le code de la presse et les lois régissant les associations, les partis, les réunions, les manifestations. Ces lois auraient due être abrogées et remplacées par des décrets garantissant les libertés, afin d’éviter leur incidences fâcheuses sur notre peuple.
L’administration est toujours sous l’emprise des symboles « destouriens » de la tyrannie et de la corruption, qui sont entrain de revenir en force, à leurs postes dans les différents gouvernorats. Ils ont renoué avec leurs pratiques anciennes opprimant la population, marginalisant les comités de protection de la révolution locaux et régionaux, dans la perspective de les anéantir.
La situation dans les établissements économiques et financiers n’est guère différente, les responsables du pillage du peuple, complices de « la bande criminelle » préservent leur puissance comme si de rien n’était.
L’état de la justice, minée par la corruption, n’a pas changé non plus, situation confirmée par l’association des magistrats. Les médias sont encore sous le joug des commis du régime de Ben Ali et fonctionnent toujours selon les instructions. Il n’y a eu aucune avancée sur le plan des poursuites et de la condamnation des emblèmes de la tyrannie et de la corruption y compris les assassins des martyres de la révolution à Sidi Bouzid, Menzel Bouzayane, Regueb, Thala, Kasserine, Tunis et les autres régions. Des membres du cercle proche de Ben Ali ont refait surface pour poursuivre leurs activités de façon provocatrice.
Sur le plan socio-économique, le gouvernement transitoire ne manifeste aucune volonté de prendre des mesures urgentes, en cette période décisive, au profit des classes populaires. La grande majorité de la population, particulièrement dans les régions marginalisées, a le sentiment qu’aucun changement n’est intervenu dans leurs situations critiques. Le chômage et la cherté de la vie sévissent encore, les services publics continuent à se dégrader et le gouvernent ne donne aucun signe démontrant sa volonté de faire face à ces difficultés.
Le gouvernement n’a pas encore mis ses pendules à l’heure de la révolution, il n’a pas remis en cause la minorité qui a pratiqué les pillages en s’appuyant sur le despotisme.
Le gouvernement applique encore les termes du budget décidé par le dictateur Ben Ali en décembre dernier, où la priorité est donnée au remboursement de la dette extérieure contractée par l’ancien régime et pour financer son gigantesque appareil sécuritaire. Malgré son caractère provisoire, ce gouvernement ne s’est pas gêné pour souscrire de nouvelles dettes externes, alors qu’il n’a pris aucune mesure pour la baisse des prix y compris pour les produits et services qui étaient sous le monopole des membres de la bande régnante. Les familles des martyres n’ont pas été indemnisées et aucune aide urgente n’a été fournie aux régions paupérisées...
Le gouvernement justifie son comportement en prétextant son caractère provisoire et en affirmant ne pas détenir « la baguette magique » pour régler tous les problèmes...
Pourtant, c’est bien le gouvernement qui freine la poursuite et le jugement de la bande des pilleurs de l’argent public, ainsi que la saisie de leurs biens. D’ailleurs, qu’est ce qui l’empêche de suspendre le remboursement de la dette pour un temps et en profiter pour régler les problèmes de notre peuple, comme cela a été le cas dans d’autres pays ? Pourquoi les prix des denrées de base, de l’eau et de l’électricité ne baissent-ils pas ? Pourquoi la redevance télé n’est pas supprimée ? Pourquoi, il ne fournit aucune aide aux habitants de Sidi Bouzid pour l’électrification de leurs puits ? Pourquoi il n’est pas à l’écoute des propositions des enseignants pour permettre l’embauche des hauts diplômés chômeurs ?
Si le parti communiste des ouvriers de Tunisie insiste sur les dangers qui menacent la révolution, c’est pour assumer les responsabilités qui sont le siennes. Le peuple a le droit d’utiliser tous les moyens légaux pour défendre sa révolution et ses acquis, pour faire face aux dangers qui la menacent, il est aussi habilité à lutter contre le gouvernement qui porte atteinte aux libertés et qui veut enfermer toutes actions à l’intérieur des seuls débats de « la haute instance »
Cette période exige l’approfondissement du processus révolutionnaire, pour parvenir à son aboutissement :
- 1- Le maintien du conseil national pour la protection de la révolution, comme un outil pour contrôler la présidence provisoire et le gouvernement transitoire et veiller sur la période transitoire.
- 2- le report de l’élection de l’assemblée constituante après l’été, pour permettre au peuple le choix conscient et aux forces politiques une bonne préparation.
- 3- empêcher les pivots du RCD de s’organiser dans de nouveaux partis.
- 4- La dissolution effective et de façon transparente de la police politique, ainsi que la poursuite des donneurs d’ordre et des auteurs de la torture, des assassinats et du pillage.
- 5- Assainir l’administration publique et semi publique de la corruption et des symboles de la répression.
- 6- Assainir l’institution judiciaire et permettre aux magistrats d’élire leur conseil supérieur.
- 7- Assainir le secteur médiatique des figures de l’ère révolue.
- 8- Abroger des lois répressives et respecter les droits du peuple à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation.
- 9- Livrer, urgemment, les assassins des martyres et les responsables des crimes commis contre le peuple, juger les figures de l’ancien régime, saisir leurs biens et récupérer leurs fortunes placées à l’étranger.
- 10- Suspendre le remboursement de la dette extérieure pendant trois ans et la consacrer à la création d’emplois et au développement des régions marginalisées. S’abstenir de contracter de nouveaux prêts qui seront aux dépens de l’indépendance de notre pays.
- 11- Baisser les prix des produits de consommation de base, de l’eau, de l’électricité, du gaz et la suppression de la redevance de télévision.
- 12- Indemniser en urgence les familles des martyres et les victimes de la répression et du pillage pendant la révolution et pendant les évènements du bassin minier, de Benguerdane, etc.
Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT)
Tunis, le 31 mars 2011

jeudi 7 avril 2011

Tunisie: les "snipers" bientôt devant la justice

Près de deux mois après les troubles qui ont conduit à la chute du régime répressif de l'ex-président Ben Ali le 14 janvier, les autorités tunisiennes ont commencé à lever le voile sur le dossier de ce qu'on appelle en Tunisie les "snipers".
En pleine effervescence "révolutionnaire", ces tireurs isolés ont, pendant des semaines, semé la terreur à Tunis et dans plusieurs régions de l'intérieur du pays en tirant à bout portant sur les manifestants.
Jeudi, l'agence officielle TAP a rapporté que les tribunaux tunisiens ont été saisis de 192 affaires d'assassinat de tunisiens par des "snipers".
"Plusieurs agents de sécurité ont été arrêtés alors que d'autres font l'objet d'un mandat d'amener", a ajouté l'agence en se référant à "une source judiciaire". Selon la TAP, l'enquête se poursuit pour identifier d'autres suspects.
Sur les plus de 200 morts recensés, un grand nombre est attribué à l'appareil policier du président déchu. Depuis, les familles des victimes ne cessent de réclamer justice.
Mardi dernier, le Premier ministre du gouvernement transitoire, Béji Caïd Essebsi, a été interpellé devant l'instance supérieure chargée de la réforme politique et de la transition démocratique par une femme membre de cette commission le conjurant de faire la lumière sur le meurtre de son frère par un sniper à Tunis.
Il lui a promis de s'en occuper "personnellement" pour que "justice soit faite".

mardi 5 avril 2011

A la rencontre des féministes tunisiennes (2/3)

Du 31 mars au 2 avril, des militantes d'osez le féminisme  ont participé à un voyage d’études en Tunisie organisé par Touristra Vacances. Rencontres avec de nombreuses militantes féministes, activistes associatives ou représentantes de la société civile et compte-rendu des débats actuels sur les droits des femmes en Tunisie.

La Tunisie est souvent mentionnée comme le pays du monde dit « musulman » dans lequel les droits des femmes sont les plus avancés. Grâce à la volonté politique importante de Bourguiba, les femmes ont pu accéder à la vie sociale. Les droits des femmes sont reconnus par le Code du statut personnel de 1957 dans de nombreux domaines : l’éducation, l’emploi, l’avortement et la contraception, pour n’en citer que quelques uns.
Cette reconnaissance de certains droits des femmes n’est pas venue de nulle part, mais, comme partout ailleurs, d’un mouvement féministe fort. En Tunisie, le mouvement féministe a plus de cent ans. Bourguiba a été marqué par les idées de Tahar Haddad, par exemple, qui, en 1930, publiait un ouvrage intitulé « Notre femme dans la charia et la société », ou par celles de Radhia Haddad (aucun lien de parenté avec Tahar Haddad), militante féministe du parti destourien. Le mouvement féministe tunisien, proche du mouvement anticolonialiste, a permis, donc, de faire de la Tunisie l’un des pays les plus avancés en matière de droits des femmes. Mais la situation est loin d’être idéale.

 La condition des femmes tunisiennes

Les femmes tunisiennes sont éduquées, mais le taux d’alphabétisation des femmes est tout de même de seulement 65,3%, alors que le taux d’alphabétisation des hommes est de 83,4%. Le droit à l’avortement est reconnu depuis 1973. La démocratisation de la contraception a fait partie d’une politique de contrôle des naissances voulue par Bourguiba, qui, parfois, a plus été imposée aux femmes que véritablement choisie par elles. De nombreux cas de stérilisations forcées ont été recensés dans les zones rurales de la Tunisie. Le port du voile n’est pas autorisé dans les administrations et les universités, mais la loi n’est, concrètement, pas toujours appliquée. La polygamie est interdite depuis 1957. Enfin, des discriminations légales persistent, en matière d’héritage par exemple, les hommes héritent de deux tiers et les femmes d’un tiers. L’égalité en matière d’héritage est, d’ailleurs, un des combats prioritaires des féministes tunisiennes.
Malgré les prises de position tranchées de Bourguiba, ce dernier a toujours considéré les femmes comme des mères et des épouses avant de les considérer comme des citoyennes. Encore aujourd'hui, la garde des enfants et du foyer incombe aux femmes.
L’homosexualité est interdite. La virginité avant le mariage est une valeur absolue. Un couple non marié ne peut pas s’afficher main dans la main dans la rue.

En ce qui concerne l’accès à l’emploi, c’est une des avancées les plus importantes de la seconde moitié du XXème siècle. Il y a plus d’étudiantes que d’étudiants à l’université, mais les femmes sont plus touchées par le chômage que les hommes. Dans les régions centrales de la Tunisie, les femmes subissent la précarité de l’emploi plus que dans les grandes villes du nord ou de la côte maritime. Elles sont notamment assignées aux travaux agricoles et ne sont pas conscientes de leurs droits.

Enfin, la place des femmes dans la vie publique est limitée. Elles ne sont que deux au gouvernement de transition, et 30 membres sur 145 dans l’Instance supérieure de réalisation des objectifs de la révolution. Abdesselem Jerad, secrétaire général de l’UGTT, affirme que les droits des femmes sont une valeur indiscutable de son syndicat : l’UGTT a une commission femmes active au niveau national et dans chaque fédération locale ainsi que dans chaque fédération de secteur. Mais, concrètement, il n’y aucune femme au bureau exécutif.

Cette énumération des inégalités, qui pourrait encore continuer, permet de dessiner le paysage général de la condition des femmes. Ce sont toutes ces inégalités persistances qui sont aujourd'hui dénoncées par le mouvement féministe qui, malheureusement, n’a pas toujours pu s’exprimer librement.
 
Le mouvement féministe sous le joug de la dictature

Avec la dictature de Ben Ali, certaines associations féministes n’ont plus pu défendre les droits des femmes et le bien fondé du féminisme. Avec l’arrivée de Ben Ali en 1987, le mouvement féministe s’est inquiété pour ses acquis. Si le gouvernement de Ben Ali a protégé les droits des femmes, il les a aussi utilisés comme une vitrine pour les relations diplomatiques de la Tunisie. En effet, Leïla Trabelsi a encouragé les associations féministes proches du pouvoir et s’est érigée en défenseure des droits des femmes. Après Bourguiba le père, Trabelsi la mère. Le mouvement féministe a beaucoup pâti de cette appropriation du combat pour les droits des femmes par Leïla Trabelsi : associé à la dictature, le mouvement doit aujourd'hui reprendre les choses au début et réexpliquer le bien fondé du message pour l’égalité femmes/hommes.
Dans le même temps, seules deux associations indépendantes du pouvoir ont pu mener leurs activités à bien (autant que possible) : l’ATFD (Association tunisiennes des femmes démocrates) et l’AFTURD (Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement), créées dans les années 80 par des militantes proches les unes des autres. Sous Ben Ali, les droits des femmes existaient dans les textes, mais la dictature, en bafouant les libertés publiques, ne permettait pas aux féministes de les défendre. Aujourd’hui, les féministes revendiquent, comme tout le monde, la liberté d’expression pour pouvoir débattre des moyens les plus efficaces d’arriver à l’égalité réelle femmes/hommes. Le mouvement féministe indépendant est en train de revivre.
 
Assurer les droits acquis et la place des femmes dans le processus démocratique

Aujourd'hui, le mouvement féministe a conscience de la période particulière dans laquelle la Tunisie se trouve, et, veut l’utiliser pour faire progresser les droits des femmes.
Elles poussent pour que les réserves à la convention de l’ONU pour l’élimination de toutes les formes de discriminations envers les femmes (CEDAW) soient toutes levées : en matière de transmission de la nationalité par la mère, en matière d’égalité dans le mariage, le divorce, la garde des enfants et les responsabilités parentales, et, bien sûr, en matière d’héritage.

Mais actuellement l’urgence est le maintien de la place des femmes au processus démocratique. Alors que les femmes ont tout autant participé à la chute de Ben Ali que les hommes, les féministes s’interrogent sur les invisibilités dans l’espace public depuis le 17 janvier dernier.
Noura Borsali, essayiste, fondatrice avec d’autres de l’AFTURD, membre de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, s’interroge. Est-ce un oubli ou une volonté politique délibérée ? Quelle que soit la réponse à cette question, elle se dit contrariée. Dans les émissions télévisées ou à la radio, les femmes ne sont quasiment jamais invitées à donner leur avis. Lors du 8 mars, très peu de débats ont été organisés pour évoquer les droits des femmes.

Il s’agit donc de faire en sorte que les femmes continuent d’investir la politique.
Cela passe d’abord par assurer leur présence dans l’Assemblée constituante qui sera élue le 24 juillet prochain et, surtout, une présence paritaire. Pour atteindre cet objectif, les discussions se concentrent sur le choix du mode de scrutin : uninominal ou de liste ? La future loi électorale doit, dans l’esprit de toutes et tous, traduire les caractères de la révolution. La révolution n’a pas eu de leader : il faudrait donc un scrutin de liste. Mais elle n’a pas été menée par les partis classiques, donc il faut donner la possibilité à tous de se présenter : il faudrait donc un scrutin uninominal. Les Tunisiens demandent de la proximité avec leurs responsables politiques : il faudrait donc un scrutin uninominal. Mais il ne faut pas favoriser les notables : il faudrait donc un scrutin de liste. Noura Borsali, elle, nous a glissé qu’elle pensait, peut-être, à un système mixte… Bref, la discussion promet d’être longue dans l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution.
La discussion, surtout, n’est pas confinée dans cette instance : vendredi, la session du Club femmes du Centre culturel Tahar Haddad, au milieu de la médina de Tunis, était dédiée à cette question. Elle rassemblait une cinquantaine de femmes, dont Noura Borsali, Souad Moussa, professeure de droit à l’Université de Sousse, et des membres de l’ATFD.
Alya Chammari, avocate au barreau de Tunis et auprès de la Cour pénale Internationale, Présidente du Collectif 95 – Maghreb Egalité, nous affirmait que la tendance se portait vers le scrutin de liste. Dans ce cadre, les féministes défendent l’obligation de l’alternance femmes / hommes dans les listes, pour assurer une Assemblée constituante parfaitement paritaire.

La question de la place des femmes au pouvoir se pose aussi à l’UGTT. Pour régler le problème de l’absence de femmes au bureau exécutif, Abdesselem Jerad nous a vanté la méthode des quotas.
 
Les interrogations autour de la laïcité

Le débat sur la laïcité occupe aussi toutes les têtes féministes.
Nos questions sur la force des islamistes ne trouvent pas de réponses tranchées. Le mouvement Islamiste existe mais personne ne peut ou ne veut quantifier leur poids réel dans la société : on ne connaitra leur force qu’après le 24 juillet. Pour le moment, les féministes ne reconnaissent que le fait qu’ils sont la force la mieux organisée du pays et qu’ils s’organisent. Ils placent leurs imams dans certaines mosquées. Ces derniers prêchent souvent contre la laïcité et déforment le débat en associant la laïcité à l’athéisme et à une valeur occidentale et colonialiste. Des manifestations pour la laïcité ont eu lieu à Tunis et à Sousse et ont dégénéré suite aux agressions de jeunes opposants à la séparation de l’État et du religieux. Ces derniers revendiquaient le maintien en l’État de l’article 1er de la Constitution tunisienne selon lequel la religion de l’État tunisien est l’islam. Vendredi après-midi, après la prière, plusieurs centaines d’islamistes ont manifesté dans les rue de Tunis contre la laïcité en scandant des slogans comme « Non à la laïcité, la Tunisie est un pays musulman ».

Pour les féministes, la laïcité seule peut assurer l’égalité. Mais elles reconnaissent aussi la nécessité de mener ce combat de manière progressive et stratégique. C’est pourquoi, aujourd'hui, elles mettent en avant la notion d’État « sécularisé ».
Elles refusent aussi de jouer sur la peur des islamistes, comme l’ont fait par le passé Ben Ali et les pays occidentaux. Au contraire, elles veulent poser le problème autrement et utiliser la liberté d’opinion et d’expression pour convaincre. Certaines défendent aussi l’utilisation de tous les outils à disposition pour convaincre sur leurs arguments : l’universalisme bien sûr, mais aussi les conventions internationales comme la CEDAW et une interprétation progressive du Coran basée par les recherches faites par des intellectuels musulmans sur les droits de succession par exemple. Il s’agit, par là, de convaincre dans les zones rurales plus pratiquantes. Mais le danger est aussi de tomber dans le relativisme culturel, de se contenter de n’importe quelle sorte de raisonnement pour justifier l’égalité des droits et de justifier sans le vouloir certaines positions sexistes de la charia.
Si l’objectif est de trouver un compromis, nécessaire pour que la révolution soit un succès, les féministes ont tout de même posé un certain nombre de lignes jaunes qui ont été acceptées dans les discussions sur la loi électorale. Par exemple, les mosquées ne pourront pas être utilisées comme des lieux de campagne électorale, et des sanctions seront prévues.
 
Ainsi, l’espoir du mouvement féministe est que la laïcité s’imposera progressivement. Les militantes savent aussi que le mouvement doit se renforcer et se diversifier. Essentiellement implanté chez les élites intellectuelles, le défi est maintenant de porter la parole féministe auprès de la jeunesse, des couches populaires de la société et dans les zones rurales pour que ce dernier représente toutes les femmes. Dans un but simple : peser davantage sur le cours de la révolution.

Tunisie : bilan noir du chômage en 2011


Quand le gouvernement choque !

Un sombre tableau de la situation de l’emploi a été brossé par Saïd Aydi, ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, lundi 4 avril 2011.
Au cours d’un entretien express avec Investir en Tunisie, le ministre n’a pas caché sa préoccupation quant au bilan de 2011. Malgré les efforts consentis et les mesures annoncées, la situation n’est guère réjouissante.
Comment évaluez-vous la situation de l’emploi ?
M. Saïd Aydi : en fait la Tunisie passe aujourd’hui par une phase de transition dans tous les domaines. Nous vivons actuellement une crise dd l’emploi due à des facteurs internes et externes. L’arrivée sur le marché de l’emploi de nouveaux diplômés de l’enseignement supérieur en juillet 2011 (environ 80.000), le retour des travailleurs tunisiens de Libye (entre 30.000 et 35.000), la perte de 10.000 emplois en 2011 et environ 80.000 emplois menacés, une estimation du taux de croissance pour l’année 2011 ne dépassant pas 1%.
Ainsi, le nombre de chômeurs en Tunisie s’élève à 520.000 dont 160.000 diplômés de l’enseignement supérieur. Ce chiffre est appelé à croître. Il atteindrait 700.000 au cours de l’année 2011, sachant que le marché enregistrera l’arrivée de nouvelles demandes, estimées entre 150.000 et 200.000.
Cette situation conduit à un pourcentage de chômage atteignant les 19% de la population active contre un pourcentage de 14% en 2010. Cela constitue un chiffre jamais atteint dans l’histoire de la Tunisie moderne.
Quels seront les mesures urgentes ?
Pour faire face à ce tsunami dévastateur, nous devons créer 270 mille postes d’emploi en 2011 et 2012. Au regard de cette situation, le plan d’urgence emploi mis en place par le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi s’articule autour de 4 grands axes à court terme:
1. La création de nouveaux emplois salariés dans tous les secteurs (public, privé, société civile et à l’étranger) soit 40 mille postes d’emplois
2. Le développement de l’entreprenariat et de la création de micro-entreprise avec un accompagnement des promoteurs pour assurer la pérennité des emplois créés. Ce développement s’opère à travers la formation et l’initiation à la création d’entreprise ainsi que l’accompagnement et le suivi dans toutes les étapes du projet.
3. Le soutien des entreprises en difficulté et la préservation des emplois existants à travers des mesures financières et fiscales.
4. L’accompagnement actif des demandeurs d’emploi et le développement de leur employabilité à travers le programme Amal. Chaque demandeur d’emploi a la possibilité de fixer un parcours professionnel personnalisé qui augmentera ses chances d’employabilité et d’insertion dans le marché du travail. Les primo-demandeurs d’emploi bénéficient d’une allocation de recherche active d’emploi d’un montant de 200 Dinars et d’une couverture sociale pour une période d’une année. Nous allons débloquer la subvention de 127 mille demandeurs dans 10 jours.
Comment se répartissent les offres d’emploi dans le secteur public ?
Nous comptons offrir 20 mille postes d’emplois dans le secteur public répartis comme suit : Le ministère de l’Emploi embauchera 400, le ministère de l’Education offrira 3050, l’enseignement supérieur intégrera 3000, le ministère de la Santé récupèrera 150 et pour le reste les besoins seront communiqués ultérieurement.
Y aura –t-il des une éventuelle suspension du CAPES?
C’est important de vérifier la compétence du candidat, mais pour le moment pas d’intention de suspendre le CAPES.
Comment vous allez procéder pour rompre avec la crise de confiance entre le ministère et le citoyen ?
Comme vous l’avez remarqué, précédemment, nous voulons être sincères et transparents le plus possible. Nous avons le devoir et l’obligation de dire la vérité. La Révolution nous a tout apporté, le chômage mais aussi la démocratie. Nous n’avons plus droit à l’erreur.

L'Italie a conclu un accord avec Tunis pour la régularisation de 22.000 clandestins tunisiens


Le Premier ministre tunisien Beji Caïd Essebsi a fait état mardi d'un accord avec l'Italie prévoyant la régularisation de 22.000 Tunisiens en situation irrégulière dans ce pays, rapporte l'agence officielle tunisienne TAP.
Selon la TAP, cet "accord inédit" a été passé lors de la visite lundi à Tunis du président du Conseil italien Silvio Berlusconi.
M. Caïd Essebsi était interpellé sur ce dossier par les membres de l'"Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique" devant lesquels il a exposé la situation qui prévaut en Tunisie près de deux mois après la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.
Selon la journaliste Soufia Hammami, membre de cette instance chargée de proposer des réformes politiques en prévision de l'élection d'une assemblée constituante le 24 juillet prochain, le Premier ministre tunisien a assuré que M. Berlusconi "a promis de délivrer à 22.000 immigrés tunisiens sur les 23.000 arrivés ces derniers mois en Italie des titres de séjour leur permettant de circuler librement dans les pays de l'espace Schengen".
Au cours de la visite éclair du chef du gouvernement italien, Tunis et Rome ont convenu de mettre sur pied "le jour même" une commission technique devant se pencher "de manière approfondie" sur le dossier des flux migratoires. Le ministre italien de l'Intérieur Roberto Maroni, qui l'accompagnait, est retourné mardi à Tunis pour signer le document sanctionnant les travaux de la commission.
Dans la soirée, M. Maroni a parlé devant des journalistes italiens de la signature d'un "accord de sécurité" qui prévoit notamment la fourniture d'équipements et de matériel logistique à la Tunisie pour lui permettre de renforcer le contrôle de ses côtes.
Selon Rome, quelque 6.000 migrants, des Tunisiens pour la plupart, sont arrivés récemment sur la petite île sicilienne de Lampedusa, située à 160km des côtes tunisiennes.