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vendredi 12 août 2011

Le ministre de la Justice s’explique devant des membres de l’Instance Ben Achour

Les derniers développements sur la scène judiciaire ont été au centre de la rencontre, mercredi, du ministre de la Justice, Lazhar Karoui Chebbi, avec sept membres de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, la réforme politique et la transition démocratique.

Dans une déclaration de presse, à l'issue de la réunion, le ministre a affirmé que "l'indépendance de la magistrature est irréversible". Le ministère, a-t-il expliqué, a préparé un ensemble de projets de décrets-lois qui prévoient l'élection du Conseil supérieur de la magistrature en dehors de la tutelle du président de la République et du ministre de la Justice.

Il a ajouté que le ministère de la Justice a préparé un nouveau projet de loi organique portant statut des magistrats qu'il a présenté aux structures judiciaires. Il a relevé que l'Association des magistrats tunisiens "n'a pas clairement exprimé son opinion sur cette question".

D'autre part, Me Lazhar Karoui Chebbi a affirmé que les décisions judiciaires au sujet, notamment, de Béchir Tekkari et Abderrahim Zouari "n'ont pas eu lieu sur la base de recommandations particulières, mais sur interprétations des magistrats".

Concernant le nouveau mouvement dans le corps des magistrats rejeté par l'Association des magistrats tunisiens, le ministre a expliqué que tous les points de vue présentés par l'Association ont été pris en considération.

Par ailleurs, M. Massaoud Romdhani, membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, a déclaré à l'agence TAP que deux rapports seront présentés, jeudi, au conseil de la Haute instance. Ils résument les résultats de la rencontre entre la délégation de l'association des magistrats et le ministre de la Justice, ainsi que les principaux points qui ont été discutés.

Le groupe des 25 avocats fera encore parler de lui avec une nouvelle série de plaintes

Le groupe des 25 avocats fera parler de lui. Ce groupe est devenu célèbre suite à une série de plaintes déposées contre l’ancien président Zine el Abidine Ben Ali, son gendre Sakher El Materi, les anciens conseillers Abdelaziz Ben Dhia, Abdelwahab Abdallah et Abdallah Kallel… En bref, une bonne partie des procès actuellement en cours ont été déclenchés suite à la plainte de ce groupe d’avocats qui vient, lundi 1er août 2011, de déposer une nouvelle série de plaintes.
Ces plaintes ont été déposées après que ce groupe ait réussi à obtenir suffisamment de documents accablant les personnes visées.
La première de ces plaintes touche Zine El Abidine Ben Ali, Rafik Hadj Kacem, Abdelwahab El Béhi et l’ensemble des gouverneurs qui étaient en poste lors de l’élection présidentielle de 2004. Abdelwahab El Béhi était, à l’époque, chargé de l’observatoire des élections, alors que Haj Kacem était ministre de l’Intérieur.
La deuxième plainte touche l’ancien premier ministre Mohamed Ghannouchi à propos d’affaires de privatisations et de corruption.
Trois autres plaintes touchent d’anciens ministres de la Jeunesse et des Sports, à savoir Abdallah Kaâbi, Samir Laâbidi et Abdelhamid Slama.
La dernière plainte, enfin, touche Saïda Agrebi à propos d’affaires liées au RCD, à l’Association tunisienne des mères et le Planning familial.

Tunisie - Le groupe des 25 avocats entendu par l'Instance de Ben Achour

La Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution de la réforme politique et de la transition démocratique a repris ses travaux, jeudi 11 août 2011, sous la présidence de Iyadh Ben Achour.

L'Instance a écouté un exposé de Amor Safraoui et Anouar El Bassi représentants du groupe des 25 avocats qui a porté devant la justice 40 affaires à l'encontre de symboles de l'ancien régime et le Rassemblement constitutionnel démocratique dissous.
Ce groupe œuvre à coordonner avec les différentes parties et l'ensemble des composantes de la société civile afin de recueillir le soutien à son initiative et accélérer les jugements de ceux qui ont commis des crimes contre le peuple tunisien.

jeudi 11 août 2011

Ettakatol: un nouveau modèle économique dont le financement reste indéterminé

Le parti Ettakatol, présidé par Mustapha Ben Jaâfer, propose un nouveau modèle de développement pour la Tunisie, basé sur "des relations sociales développées". Son objectif est de "relever les défis auxquels fait face l'économie tunisienne".

Présentant ce programme, mardi, à Tunis, l'expert économique Mongi Boughzala, a indiqué qu’Ettakatol prendra des mesures immédiates à même de relancer l'économie et d'impulser l'emploi, sans pour autant donner des précisions sur ces mesures et leurs objectifs quantitatifs pour une économie qui passe par une période délicate (taux de croissance négatif de -3% et exacerbation du chômage qui touche 700 mille personnes).
Il a ajouté que le nouveau modèle de développement proposé par Ettakatol nécessite l'établissement de nouvelles relations économiques entre les partenaires sociaux, le développement de l'investissement privé et la réalisation d'une réforme fiscale approfondie, à même d'assurer l'équité fiscale.

L'expert a souligné que la lutte contre le chômage est une priorité majeure, notamment, dans les régions intérieures où le taux de chômage varie entre 30 et 50%. Pour réduire le chômage à 7 % de la population active, la Tunisie, a-t-il précisé, doit réaliser un taux de croissance de 8%.
Ettakatol propose, à ce niveau, la création, en deux ans, de 100 mille emplois dans le secteur public, dans les régions défavorisées. Il s'agit de dynamiser les domaines culturels, sociaux et éducatifs dans ces zones, tout en accordant la priorité au recrutement des chômeurs de longue durée.

Le programme économique du parti baptisé «nouveau modèle de développement pour une économie solide et équitable» n'a pas déterminé les moyens de réaliser ces objectifs, ni leurs sources de financement.
S'agissant de la réforme du système fiscal, l'expert a souligné que le parti propose la mise en place d'un système plus équitable, basé sur la réconciliation entre le contribuable et l'administration fiscale.
Ettakatol recommande de réduire l'impôt sur les sociétés de 30% à 25% et d'exonérer les salariés, dont le revenu annuel est inférieur à 3500 dinars, de l'impôt sur le revenu pour consolider leur pouvoir d'achat.
Le parti s'engage à réviser les exonérations et les incitations fiscales, qui n'ont plus d'efficacité, ce qui va permettre de créer près de 800 millions de dinars de recettes fiscales par an.
Le programme prévoit, par ailleurs, la répartition du pays en 5 grands districts, axés sur les services, le tourisme, l'agriculture et l'industrie, tout en veillant à harmoniser le volume des transactions et le nombre d'habitants et à assurer la complémentarité entre les secteurs, afin de garantir une croissance cohérente entre ces régions. Il vise, également, à créer des pôles économiques et de services.

Tunisie. L’emploi au coeur du programme économique d’Ettakatol

Pour réduire le chômage de 14 à 7% de la population active, la Tunisie doit réaliser un taux de croissance de 8%, explique l’économiste Mongi Boughzala, l’un des concepteurs du programme économique d’Ettakatol.


Selon M. Boughzala, le programme économique du Forum démocratique pour le travail et les libertés (Fdtl), fondé et dirigé par Mustapha Ben Jaâfer, propose un nouveau modèle de développement pour la Tunisie, basé sur «des relations sociales développées». Son objectif est de «relever les défis actuels de l’économie tunisienne».
L’économiste, qui présentait le programme d’Ettakatol, mardi, à Tunis, a indiqué que son parti prendra des mesures immédiates à même de relancer l’économie et d’impulser l’emploi. Il n’a cependant pas donné des précisions sur la nature de ces mesures et leurs objectifs quantitatifs pour une économie qui passe par une période délicate (taux de croissance négatif de -3% et exacerbation du chômage qui touche 700.000 personnes).
Equité entre les acteurs et les couches sociauxLe nouveau modèle de développement proposé par le Fdtl, a expliqué M. Boughzala, nécessite l’établissement de nouvelles relations économiques entre les partenaires sociaux, le développement de l’investissement privé et la réalisation d’une réforme fiscale approfondie, à même d’assurer l’équité entre les acteurs et les couches sociaux.
L’expert a souligné que la lutte contre le chômage est une priorité majeure, notamment, dans les régions intérieures où le taux de chômage varie entre 30 et 50%. Pour réduire le chômage de 14 à 7% de la population active, la Tunisie, a-t-il précisé, doit réaliser un taux de croissance minimal de 8%.
La Fdtl propose, à ce niveau, la création, en deux ans, de 100.000 emplois dans le secteur public, et plus spécifiquement dans les régions défavorisées, qui en ont le plus besoin. Il s’agit de dynamiser les domaines culturels, sociaux et éducatifs dans ces zones, tout en accordant la priorité au recrutement des chômeurs de longue durée.
Dans son programme économique, intitulé «nouveau modèle de développement pour une économie solide et équitable», le Fdtl, à l’instar des rares autres partis ayant présenté des programmes, n’a pas défini les moyens de réaliser ces objectifs, ni, surtout, leurs sources de financement.
Une fiscalité plus juste et plus efficaceEn ce qui concerne la réforme de la fiscalité, l’expert a souligné que le parti propose la mise en place d’un système plus équitable, basé sur la réconciliation entre le contribuable et l’administration fiscale. Le parti de Ben Jaâfar  recommande de réduire l’impôt sur les sociétés de 30 à 25% et d’exonérer de l’impôt sur le revenu les salariés dont le revenu annuel est inférieur à 3.500 dinars, afin de consolider leur pouvoir d’achat de ces «petits salariés».
Le parti s’engage, par ailleurs, à réviser les exonérations et les incitations fiscales dont l’efficacité n’a pas été démontrée, ce qui va permettre de créer près de 800 millions de dinars de recettes supplémentaires par an.
Le programme prévoit, par ailleurs, la répartition du pays en 5 grands districts, axés sur les services, le tourisme, l’agriculture et l’industrie, tout en veillant à harmoniser le volume des transactions et le nombre d’habitants et à assurer la complémentarité entre les secteurs, afin de garantir une croissance cohérente entre ces régions. Il vise, également, à créer des pôles économiques et de services.

Tunisie. 42% des électeurs inscrits sur les listes électorales

A quatre jours de la fin des opérations d’inscription, le nombre des inscrits sur les listes électorales a atteint le taux de 42% des Tunisiens en âge de voter, a indiqué, mercredi, Souad Triki.

La vice-présidente de l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), qui parlait à l’ouverture d’une rencontre, à la Cité des Sciences, avec des organisations de la société civile, autour du thème: «Processus électoral: étape d’accréditation et période préélectorale», a indiqué que le processus a connu certains obstacles et lenteurs à son début, mais le rythme des inscriptions est actuellement ascendant, avec une moyenne de 100.000 par jour. Elle a, toutefois, signalé une certaine désaffection chez les jeunes âgés de 18 à 30 ans, contre une augmentation notable des inscriptions des adultes, âgés de 40 à 50 ans. Autre signe positif enregistré à quelques jours de la fin des opérations, fixée au 14 août : les inscriptions des femmes sur les listes électorales ont augmenté, atteignant aujourd’hui à 42% de l’ensemble.

L’Algérie cherche à faire échouer les révolutions en Tunisie et en Libye

Djamaleddine Benchenouf* écrit – Le régime algérien, qui redoute la mis en place de régime démocratique au Maghreb, multiplie les actions pour saborder les changements en Libye et en Tunisie.

Cette fois-ci, le régime algérien a été pris la main dans le sac. Une cargaison d’armes, une de trop, débarquée dans le port algérien de Djendjen, et acheminée par des relais de l’armée algérienne vers la Libye, à travers le sud-est du Sahara algérien, a été éventée par un haut responsable américain. Une opération que ce dernier a vigoureusement condamnée, accusant l’Algérie d’avoir violé les dispositions de la résolution 1973 du Conseil de Sécurité (1).
Les uns bombardent un pays, pendant que les autres aident son despotePourquoi les Américains ont-ils dénoncé cette opération? Pourquoi celle-ci? Pourquoi cette fois-ci?
Le soutien du régime algérien à la famille Kadhafi, pour l’imposer par la force au peuple libyen, était pourtant patent, et le Conseil national de transition (Cnt) libyen l’a publiquement, et énergiquement signalé à la communauté internationale, à plusieurs reprises. En vain!
Le régime algérien a volé au secours de Kadhafi bien avant que les premières émeutes de Benghazi aient lieu.
Une alliance mutuelle aurait été contractée entre les deux régimes despotiques dès que la révolution de jasmin a commencé à souffler sur la région. Les Occidentaux connaissaient la nature des relations entre les deux régimes, l’aide du régime algérien à son acolyte libyen, et même l’utilisation d’un clan du Polisario par le Département du renseignement et de la sécurité (Drs) de l’armée algérienne, pour sustenter le despote libyen en armes, munitions, mercenaires, carburant et véhicules. Cela était un secret de Polichinelle, depuis le tout début.
Pourquoi alors ni l’Otan, ni une quelconque puissance occidentale n’en a rien dit jusqu’à ce jour?
Est-ce seulement l’effet des gros contrats dont se sert le régime algérien pour mettre un bémol aux protestations occidentales, où bien existe-t-il d’autres éléments qu’on nous cache?
En tout  cas, à Alger, c’est le branle-bas de combat. Un malheur ne vient jamais seul, dit-on. Cette tuile qui tombe sur la tête du régime, et qui va, encore une fois, le montrer sous son véritable jour, tombe vraiment mal, pour l’association de malfaiteurs qui préside aux destinées des Algériens.
En plus d’une guerre de clans qui fait rage depuis peu, au sujet de toutes récentes commissions sur des achats d’armements, qui auraient rapporté un gros butin à un clan au détriment d’un autre, un gros pactole qui se chiffre en plusieurs centaines de millions de dollars, il y a aussi l’affaire El Jenn, ce criminel contre l’humanité, qui a failli être pris comme un rat à New York, après que des opposants au régime algérien ait lancé l’alerte sur sa présence aux Etats-Unis.
S’il avait été arrêté, le monde entier aurait découvert la véritable nature du régime algérien, et les atroces exactions qui ont été commises, dans les années 90, par les escadrons de la mort, et les Groupes islamiques armés (Gia), tous agissant sous les ordres du sinistre Drs. http://www.youtube.com/watch?v=T_O-QbQags0
Le régime, alerté par une procédure qui venait d’être lancée depuis Londres, a fait exfiltrer in-extremis le criminel contre l’humanité, en utilisant un avion affecté à la présidence de la république. Mais cette histoire a semé la panique dans le sérail. Un clan du Drs, le plus compromis dans les crimes de masse, parce que les généraux qui le composent aujourd’hui étaient des officiers opérationnels au moment des carnages et des enlèvements, a vite compris que si El Jenn a été envoyé en mission aux Etats-Unis, ce n'était pas pour ses brillantes qualités, puisqu’il n’en a aucune, hormis son goût immodéré pour le sang, mais pour les mettre dans une situation difficile, et les jeter en pâture aux opinions publiques internationales.
Le régime algérien déterminé à empêcher l'installation de démocraties à ses frontières...C’est donc dans ce climat de guerre larvée, et d’une autre ouverte, que le régime algérien est finalement confondu, pour une énième forfaiture. Son implication aux côtés de la contre-révolution libyenne, pour empêcher le despote de tomber, est enfin avérée. Ou plutôt publiquement dénoncée.
Cette cargaison d’armes destinée à la famille Kadhafi a bien été déchargée au port algérien de Djen-Djen, et acheminée vers la Libye par des relais de l’armée algérienne. Cette fois-ci, les preuves sont tangibles et incontournables. Les Américains, par la voix d’un responsable du Département d’Etat, ont porté des accusations directes. Comme pour dire que c’était assez joué.
Mais ce que ne nous disent ni les journaux du régime, ni les porte-paroles du Département d’Etat, est que ce n’est pas d’aujourd’hui que le régime algérien vole au secours des Kadhafi. Ce n’est pas une cargaison qui a été acheminée via l’Algérie, mais des centaines. Une perfusion en non-stop, de moyens colossaux, un approvisionnement et un soutien en flux tendu.
Sans l’aide, massive, régulière, et très variée du régime algérien, Kadhafi n’aurait pas tenir dix jours.
Toutes les souffrances inutiles, et les morts de  milliers de civils assassinés par les mercenaires de Kadhafi, auraient pu être évitées sans l’action morbide du régime algérien.
C’est lui, et principalement lui, qui a porté Kadhafi à bout de bras, par tous les moyens dont il dispose, diplomatiques, militaires, logistiques, médiatiques, et autres que nous ne connaissons pas, mais dont nous aurons bien le détail, tôt ou tard.
C’est le régime algérien, aidé de certaines parmi ses créatures du Sahara occidental et de l’Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), qui ont acheminé armes, carburant et véhicules militaires au clan Kadhafi.
Polisario et Aqmi, des outils entre les mains du Drs algérien... La désinformation qui a circulé sur les révolutionnaires libyens, pour les faire passer pour des djihadistes n’ayant d’autre objectif que d’installer des républiques islamistes dans tout le Maghreb est un complot soigneusement ourdi par les officines du Drs, passées maîtres dans ce genre de manipulation. Ce sont elles qui envoyaient leurs groupes de l’Aqmi vers la Libye, en même temps qu'elles  les dénonçaient via leurs journaux et leurs relais médiatiques, à une opinion internationale chauffée à blanc, encore une fois, sur la menace islamiste.
Rien que de bien normal, en fait. Ces pratiques du régime algérien, presque anodines, contre les peuples en marche, procèdent d’une logique somme toute légitime. Puisqu’une association de malfaiteurs, comme celle qui a pris le contrôle du pouvoir en Algérie, ne peut pas s’accommoder, à toutes ses frontières, d’Etats démocratiques, qui auront été fondés par les peuples eux-mêmes, après que les despotes en eurent été chassés. Cela aurait été suicidaire pour le régime algérien, s’il avait accepté, sans coup férir, que des systèmes démocratiques, et éminemment contagieux, s’installent à ses frontières.
Et c’est dans cette logique que, dès les premiers soulèvements populaires en Tunisie, le régime algérien a usé de tous ses moyens pour les contrecarrer, pour voler au secours de l’ami Ben Ali, et plus tard pour lancer, et promouvoir, avec le même zèle hargneux, les contre-révolutions des autres peuples de la région.
Il tente, jusqu’à aujourd’hui, de faire échouer la révolution tunisienne, et de faire regretter au peuple tunisien d’avoir chassé Ben Ali.
Si les touristes algériens ne se sont pas rendus massivement en Tunisie, cette année comme à leur habitude, c’est parce que le régime algérien a déchaîné sa propagande pour faire croire aux Algériens que la Tunisie est à feu et à sang, et qu’il était très périlleux d’aller y passer ses vacances.
Les journaux du régime ont été jusqu’à publier des informations faisant état de l’enlèvement de deux nouvelles mariées, par des groupes de jeunes Tunisiens.
Le régime algérien a réussi, en fin de compte, à priver le peuple tunisien d’une manne habituelle. Ce qui ne manquera pas d’affecter gravement son économie.
Ce que recherche exactement le régime algérien, qui tente de provoquer l’anarchie et le chaos dans ce pays voisin, pour dissuader les Algériens de se laisser tenter par une expérience révolutionnaire.
Un régime parano...Le régime algérien est aux abois. Son hostilité aux réformes annoncées par le monarque marocain procède de la même logique paranoïaque. Aussi timides soient-elles, et tout aussi mièvres, ces réformes ont pourtant été perçues comme dangereuses.
Et en même temps que le régime algérien lâche toutes ses meutes contre les opposants et les peuples voisins, il tente de se servir de l’immense pactole qu’il réserve à son fameux «plan quinquennal», environ 300 milliards de dollars, pour acheter la complicité, ou du moins la passivité d’un Occident qui ne demande qu’à irriguer son économie, même si cela doive être accompagné d’indignes compromissions.
Les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne savent très bien ce que sont les pratiques de ce régime mortifère, non seulement contre son propre peuple, qu’il prend en otage, et qu’il pille sans vergogne, mais aussi contre les autres peuples de la région, dont il aide les despotes à les garder sous leur emprise.
Les Occidentaux, et tout particulièrement la France, savent, dans le détail, toute l’étendue de l’aide scélérate et criminelle apportée par le régime algérien à la famille Kadhafi. Les gros contrats que leur agite le régime algérien sous le nez, pour qu’ils détournent le regard, sera inscrit à leurs tablettes, le jour où les peuples se seront débarrassés de toute leur vermine. Nous leur demanderons pourquoi ils acceptaient de bombarder des troupes de Kadhafi, avec toutes les victimes collatérales que cela entraîne, sachant qu’ils le faisaient en vain, et que dans le même temps que durait leur action, le régime algérien faisait parvenir aux Kadhafi bien plus que ce qui avait été détruit par leurs bombardements.
Et ils ne pourront pas dire qu’ils ne savaient pas, parce que nous savons qu’ils savent, et qu’ils ont toujours su.
En tout état de cause, cette cargaison d’armes pour Kadhafi dont le passage par l’Algérie a été éventé, n’est qu’une seule parmi des centaines, peut-être des milliers d’autres. L’approvisionnement des Kadhafi par le régime algérien n’a jamais cessé. Pas un seul jour. Non seulement en armes, mais aussi en mercenaires, en carburant, en véhicules militaires, en munitions, en argent, et même en psychotropes du viol et de l’assassinat. Les mêmes pilules bleues qui étaient distribuées aux criminels sanguinaires que le Drs envoyait dans les campagnes commettre des carnages contre les populations. Les mêmes pilules bleues que El Jenn prenait lorsqu’il égorgeait ses victimes, où qu’il les énucléait, un œil après l'autre, à l’aide d’une fourchette. Les mêmes pilules bleues ont été fournies aux Kadhafi – c’est dire! – par le régime algérien.
Comme un geste inamical, voire menaçant, une campagne anti-marocaine est savamment entretenue par les relais du régime algérien, pour empêcher, coûte que coûte, les deux peuples maghrébins de se retrouver, et de regarder ensemble vers l’avenir. Plus que cela, les récentes acquisitions d’armement par le régime algérien, pour près de 20 milliards de dollars, procède délibérément de la volonté de pousser le royaume marocain à une escalade militaire, pour le ruiner, et le pousser au surendettement, à un moment où la poussée de la misère et du chômage risquent de mettre le feu aux poudres, dans un Maroc qui manque cruellement de ressources naturelles. Contrairement à son voisin algérien qui dilapide les siennes en ruineuses dépenses, dont celle des armements, au risque de plonger toute la région dans une logique d’affrontement.
* Journaliste algérien basé en France.
(1) - Le ministère algérien des Affaires étrangères a «catégoriquement» démenti les informations faisant état du transit d’une cargaison d'armes par le port de Djen-Djen (360 km à l’est d’Alger) en direction de la Libye.
Dans une déclaration au journal électronique ‘‘Tout sur l’Algérie’’ (Tsa), le porte-parole Amar Belani a accusé des membres du Conseil national de transition libyen (Cnt, opposition) d’avoir distillé ces informations. Certains «ne reculent devant aucune turpitude ou manœuvre perfide de désinformation pour tenter, vainement je dois préciser, de mettre la pression diplomatique sur notre pays», a accusé M. Belani.
Depuis le début de la guerre civile en Libye, Alger est régulièrement accusée par le Cnt de soutenir le régime de Mouammar Kadhafi à travers la fourniture d’armes et l’envoi de mercenaires. Lors d’une visite début juin à Alger, le général Carter Ham, patron du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom), avait démenti les accusations du Cnt, affirmant que l’Algérie a toujours œuvré pour «prévenir et empêcher qu’il y ait des mercenaires ou bien un mouvement de personnes et d’armements dans la région». (Source: AP).

Tunisie. De jeunes indépendants à l’assaut de la Constituante

La scène politique post Ben Ali grouille d’associations, de partis et de leaders de la dernière heure. De jeunes loups, se disant indépendants, veulent avoir voix au chapitre.
Depuis le lancement, par un groupe de bénévoles, du site web de Afkar Mostakella (littéralement: idées indépendantes), il y a une quinzaine de jours, plusieurs internautes se sont posé des questions sur ses promoteurs et ses ambitions. Ce n’est ni une association ni un parti. De quoi s’agit-il vraiment?
Pour mettre au clair ce site, porteur d’un projet politique citoyen, et qui fait déjà débat sur les réseaux sociaux, une conférence de presse a eu lieu, mercredi, au siège d’Afkar Mostakella (AM), au 6 rue Lucie Faure, à Tunis.
Des candidats pour la Constituante Pour mettre la rencontre dans son cadre, Samia Cherif, l’une des quarante membres bénévoles d’AM, a passé en revue les objectifs de cette initiative. «Nous sommes des indépendants. Tous des volontaires. Et ouverts à toutes les propositions venant du peuple avec toutes ses composantes, sensibilités, et aucun n’est exclu», a-t-elle dit. 
Selon son camarade Fares Mabrouk, l’idée n’est pas venue comme ça, mais après une mûre réflexion. Avant de rentrer au pays dans les années 1990 pour  travailler dans le public puis dans le privé, l’homme a fait des études supérieures aux Etats-Unis. Aux dernières années de Ben Ali, il avait pris conscience que la situation dans le pays ne pouvait plus durer. «Surtout après les appels à Ben Ali à se présenter pour les élections de 2014», dit-il, et après en avoir discuté, à maintes reprises, avec Slim Amamou, dont il connaissait les convictions. «J’avais comme un sentiment de culpabilité. Avec Slim, on a mis Afkar en ligne, traitant de sujets divers, en tournant autour du pot, et sans prendre trop de risque», explique-t-il.
La force de la différence
«Un peu avant (puis après) la révolution, j’ai manifesté. On m’a arrêté, ensuite nommé secrétaire d’Etat. Me voilà enfin de nouveau indépendant. La plateforme d’AM a, elle aussi, beaucoup changé, devenant un espace de proposition», raconte M. Amamou, avant de donner des précisions sur cette initiative. «L’association des contributions des citoyens de divers horizons aboutira à des propositions de réformes, qui seront présentées à la future Assemblée constituante», ajoute-t-il.
Pour être membre d’AM, qui compte présenter candidats indépendants à l’élection de cette Assemblée, le 23 octobre, il faut d’abord s’engager à ne pas être soi-même candidat. Les quarante hommes et femmes membre de la plateforme sont en majorité des jeunes. Leur mission se limite au soutien et à la formation des futurs candidats. «Des experts viennent de nous consacrer quelques jours de formation politique. A notre tour, nous avons formé 120 personnes. AM aura des représentants parmi des indépendants à l’Assemblée. Tout est basé sur le bénévolat. Nous avons nos propres moyens pour faire la campagne. Ça ne va pas être avec de la pub ou de l’affichage urbain. Il y aura le site, facebook, twitter, le porte-à-porte et l’engouement de beaucoup de bénévoles», explique, pour sa part, la chanteuse Alia Sellami. Et d’ajouter: «Nous voulons que le peuple décide. C’est notre engagement. Le peuple est notre devise», martèle l’artiste. «J’ai souvent discuté de la question du pouvoir, à la fac avec mes étudiants. Mais loin de tout esprit de militantisme. N’empêche que la politique était en moi, enfouie, en veille, c’était l’autre partie de moi. Ne voulant pas être dépendante d’aucun parti, j’ai été séduite par les valeurs d’AM.  Lorsque j’ai rencontré Houeïda Anouar, Slim Amamou et les autres, j’ai senti quelque chose qui brûle dans mon intérieur et j’ai adopté leurs valeurs qui sont aussi les miennes», raconte encore Alia Sellami.
Ne ratez pas le train de la démocratie
Comme par un sentiment de culpabilité, Nesrine Ben Slimane (24 ans et totalement bleue) dit que ses parents ne lui ont jamais permis de faire de la politique. «J’ai voulu participer à la révolution. Mes parents ont refusé. Ils avaient peur pour moi. Maintenant, comme tous les jeunes de mon âge, j’ai voulu me tourner vers l’avenir et participer à la démocratie tout en étant indépendante. J’ai trouvé dans AM des gens qui me ressemblent, qui refusent la hiérarchie des partis. Et, surtout, qui partent du principe que la Tunisie est plurielle. N’importe qui peut aller sur le site et proposer ses idées», ajoute-t-elle.
A travers l’expérience amère de ses parents militants, surveillés à plein temps par les sbires de Ben Ali, Talel Naceur a eu, depuis son jeune âge, une vie perturbée. Il a passé le plus clair de sa vie dans des pays étrangers. Et c’est peu dire qu’il est fier aujourd’hui de pouvoir aider son pays. «Je prends un exemple: on nous propose de faire une bretelle de quelques km pour rattacher un bled à la route nationale à Gafsa, c’est déjà une idée qui sera transmise à l’Assemblée constituante», explique le jeune à la barbe.
Pour Fares Mabrouk, le secret de cette plateforme, c’est la diversité. «Notre force est tirée de nos différences. Et c’est une force intelligente», insiste-t-il.
En effet, AM compte des jeunes et des moins jeunes, des diplômés et des chômeurs, des laïcs et des religieux, des hommes et des femmes de toutes les tendances. Tous veulent contrebalancer l’autre force, celle des partis, pour dire et rappeler toujours que la dernière décision doit revenir au peuple. «C’est lui qui doit décider de son sort. Et non les représentants des partis», conclut M. Amamou.

La Tunisie nie le passage d'armes destinées aux insurgés libyens

Le ministre tunisien de l'Intérieur, Habib Essid, a nié le passage par la Tunisie d'armes en provenance du Qatar et destinées aux insurgés libyens mais n'a pas écarté le risque de trafic d'armes, a rapporté jeudi un membre de la Haute instance chargée des réformes.

M. Massoud Romdhani rendait compte devant la presse d'un entretien du ministre de l'Intérieur avec des membres de cette instance chargée des réformes politiques et de la réalisation des objectifs de la révolution.

"M. Essid a nié l'introduction d'armes sur le territoire tunisien en provenance du Qatar destinées aux rebelles libyens", a rapporté M. Romdhani en référence à des rumeurs persistantes ces derniers jours en Tunisie.

Selon M. Romdhani, le ministre n'a pas écarté les risques de trafic d'armes, jugé "probable" dans les conditions de sécurité actuelle, le conflit armé en Libye s'étendant à la frontière sud de la Tunisie.

"La situation sécuritaire est encore fragile" et les "patrouilles policières sont insuffisantes", a expliqué le ministre de l'Intérieur.

Ce ministre recevait à leur demande des membres de la Haute instance, pour la première fois depuis son entrée au gouvernement de transition le 28 mars.

La Qatar qui soutient les insurgés libyens finance un des camps de réfugiés en Tunisie, doté d'un hô pital à Tataouine (sud) et dont l'accès est contrô lé par l'armée tunisienne.

Depuis le début des événements en Libye, le 23 février, la Tunisie a accueilli un total d'environ 415.000 réfugiés de plusieurs nationalités, dont plus de 200.000 Libyens.

Interrogé sur la poursuite de la torture et des écoutes téléphoniques après la chute du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, M. Essid a expliqué qu'il n'était "pas facile pour des policiers qui ont pris l'habitude d'obéir aux ordres d'un dictateur de se transformer du jour au lendemain en serviteurs de l'intérêt public et d'appliquer la loi".

M. Essid a assuré avoir donné des "instructions rigoureuses concernant l'intégrité physique des personnes" et démenti avoir "donné d'ordre pour les écoutes téléphoniques", a poursuivi M. Romdhani.

Evoquant une période de transition, le ministre a plaidé la cause des agents de sécurité --estimé à 64.000-- ciblés par la population qui voit en eux des serviteurs de la dictature et des auteurs de la répression du soulèvement" qui emporté le régime de Ben Ali le 14 janvier.

La Tunisie lutte contre la contrebande d'essence vers la Libye

L'armée tunisienne a renforcé le contrôle des stations d'essence du sud du pays pour lutter contre le trafic de carburant au bénéfice des forces libyennes fidèles à Mouammar Kadhafi, a annoncé le gouvernement tunisien jeudi. Les sanctions internationales et le déploiement des navires de l'Otan au large des côtes libyennes ont coupé les voies d'approvisionnement traditionnelles des zones encore sous le contrôle du régime de Tripoli.
La Libye étant, comme beaucoup de pays producteurs de pétrole, importatrice de produits raffinés, l'armée libyenne essaie de faire transiter par la frontière tunisienne le carburant dont elle a besoin pour se battre contre les rebelles. «Les forces armées mènent des inspections dans les stations-services du sud de la Tunisie, comme à Tataouine, Ben Gardane et Remada, de sorte à ce qu'aucun Tunisien ou Libyen ne puisse se servir des quantités importantes», a déclaré un responsable du ministère de la Défense.
«Ces inspections sont destinées à empêcher la contrebande de diesel et d'essence vers la Libye», a-t-il ajouté. La police tunisienne a annoncé mercredi avoir saisi cinq camions-citernes remplis de fioul destiné aux zones sous le contrôle des forces pro-Kadhafi.

mardi 9 août 2011

Tunisie - Farhat Rajhi candidat potentiel aux prochaines élections de la Constituante

Farhat Rajhi a laissé entendre dans une déclaration donnée à Mosaïque FM qu’il pourrait se présenter comme candidat aux élections de la Constituante prévues pour le 23 octobre 2011, si « l’intérêt national l’exigeait ». L’ancien ministre de l’Intérieur du gouvernement Ghannouchi II estime que la réussite de ces élections incombe à tous les Tunisiens y compris le gouvernement provisoire.
Rencontré en marge du concert de Lotfi Bouchnak au festival d’Hammamet et interrogé sur le bilan du gouvernement provisoire, M. Rajhi a considéré que son rendement était globalement positif en considérant la situation particulière que traverse le pays. L’ex ministre a voulu probablement jouer la carte de l’apaisement après ses déclarations fracassantes sur l’existence d’un gouvernement de l’ombre, déclarations qui avaient provoqué des troubles et des affrontements violents avec les forces de l’ordre à l’époque.

Il est à signaler que Farhat Rajhi profite, ainsi, des derniers amendements portés au statut du corps de la magistrature permettant aux juges de ses présenter à des élections à condition de quitter ses fonctions durant tout le processus électoral (campagne électorale et scrutin). Et bien entendu, dans le cas où il est élu, le juge ne peut pas réintégrer son poste, autrement dit, il ne peut cumuler les deux fonctions.

lundi 8 août 2011

Tunisie: manifestation de femmes pour l'égalité dans l'héritage

 TUNIS — Plusieurs dizaines de femmes tunisiennes ont manifesté lundi place de la Kasbah à Tunis pour réclamer l'égalité totale et la levée de certaines discriminations, en particulier en matière héritage, a constaté l'AFP.
La manifestation était à l'initiative de l'Association des femmes démocrates (ATFD, féministe) alors que le gouvernement devait revoir lundi la position de la Tunisie sur la Convention internationale pour l'élimination de toutes formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), à laquelle le régime de Ben Ali avait opposé des réserves.
"Non à la discrimination"", "égalité dans l'héritage", "Pas de dignité sans égalité", pouvait-on lire sur des banderoles.
"Nous sommes là pour la levée totale des réserves émises par la Tunisie notamment en matière d'égalité dans l'héritage", a indiqué à l'AFP Fayza Skandrani, présidente de l'Association "Egalité, Parité".
"Tant que les femmes ne jouissent pas de l'égalité successorale on ne pourra jamais parler d'égalité et de démocratie, cette discrimination est à l'orgine de toutes les inégalités dans notre société", a estimé Noura Chéfi.
Dans un communiqué distribué sur place, "le Front des femmes pour l'égalité" a appelé le gouvernement provisoire "à s'inscrire clairement contre toutes les formes de discrimination fondées sur le genre".
"Dans le contexte unique que vit aujourd'hui la Tunisie les femmes aspirent à participer à la construction de la démocratie, ainsi qu'au développement de leur pays en tant que citoyennes à part entière", selon ce communiqué.
"On est là pour défendre nos mères, nos filles, nos épouses et réclamer le partage égalitaire", a affirmé Kamel Jallouli, un manifestant.
"Vous avez tout et vous êtes en train de nous guider! Que voulez-vous de plus!" lance un passant irrité.
La Tunisie dispose d'une législation avancée en matière d'émancipation des femmes, édictée en 1957 par le premier président Habib Bourguiba. Ces lois abolissant notamment la polygamie sont encore d'avant-garde dans le monde arabo-musulman, mais n'ont pas touché à la loi islamique en matière d'héritage, selon laquelle les femmes héritent de la moitié de ce qui revient aux hommes.
L'ATFD a fait de l'égalité dans ce domaine son cheval de bataille ces dernières années

Tunisie - Les Tunisiens manifestent pour réclamer une justice indépendante

Des centaines de personnes ont manifesté lundi dans le centre de Tunis pour réclamer une justice indépendance et une rupture avec l'ancien régime de Ben Ali, a constaté lundi un journaliste de l'AFP. 
"En finir avec la dictature", "Ni liberté, ni retour à la bande des RCDistes", ont scandé les manifestants, en référence au retour sur scène de certains membres du Rassemblement constitutionnel démocratique, parti de Ben Ali dissous après la chute de son régime le 14 janvier.
"Nous souhaitons en finir avec le régime de Ben Ali", a déclaré Najiba Bakhtri, syndicaliste de l'Union générale tunisienne du travail, principale centrale syndicale.
"Les éléments de l'ancien système sont toujours présents. Ils se sont intégrés dans de nouveaux partis, sous d'autres noms, mais ils agissent encore. Il est temps que nos voix soient entendues", ajoute cette enseignante, criant "Fidélité au sang des martyrs".
"Il n'est pas normal qu'en Egypte un président dictateur puisse être jugé et qu'en Tunisie, d'anciens ministres de Ben Ali soient libérés", lance Khouloud Adouli, étudiante à Tunis. "Nous voulons montrer que nous restons vigilants face aux objectifs de notre révolution", ajoute-t-elle.
Jeudi 4 août, Abdelrahim Zouari, ancien ministre du gouvernement du président tunisien déchu, arrêté le 13 avril pour corruption et financement illicite, a été remis en liberté par la chambre d'accusation de la cour d'Appel de Tunis. Il est accusé d'avoir abusé de ses fonctions de ministre et financé de manière illicite le RCD dont il avait assuré la direction entre 1988 et 2000.
Mercredi, Béchir Tekkari, un autre ministre dans le gouvernement de Ben Ali, en garde à vue depuis le 11 juillet pour corruption présumée, avait été libéré sur ordre de la chambre d'accusation de la cour d'Appel de Tunis.
Saida Agrebi, figure emblématique de la propagande sous Ben Ali et bras droit de son épouse Leïla Trabelsi, qui dirigeait une association caritative féminine, a quitté le pays récemment pour la France, alors qu'elle était sous le coup d'une plainte en justice. Son association, qui menait les campagnes "les plus honteuses", selon la presse, a repris du service en changeant d'appelation.
Slim Tlatli, ancien ministre du Tourisme et conseiller du président déchu, a été empêché de quitter le pays, dimanche, qu'il s'apprêtait à partir pour le Luxembourg.

dimanche 7 août 2011

La révolution tunisienne menacée par l’injustice

Samir Cheour* écrit – Il faut une justice plus crédible pour aider à réaliser la réconciliation nationale, apaiser le climat social et politique et restaurer la confiance permettant d’avancer vers une démocratie véritable et viable.

Si dans l’état actuel des choses, Ben Ali se livrait à la justice, il choisirait un avocat ancien militant anti-Ben Ali. Sa défense serait plus crédible et cela compenserait ses anciens ennemis, dont beaucoup commencent à trouver plein de vertu à ces nouveaux clients (en dehors des honoraires qu’ils sont prêts à payer). Ben Ali pourrait même être acquitté avec Leila en prime.
Moralité: ou le système est toujours pourri ou nos lois ne permettent pas de juger tous les crimes, comme dans les pays démocratiques: abus de pouvoir, torture, prise illégale d’intérêt, corruption active et passive, fraudes électorales et fiscales, falsification de documents officiels, trafic d’influence, mauvaise gestion, et je ne parle pas des crimes commis durant la période de la révolution (décembre-janvier).
Cette révolution risque d’ailleurs de faire pschiiit si la désillusion et l’absence de confiance s’installaient chez le commun du peuple comme en témoigne le peu d’enthousiasme pour les inscriptions sur les listes électorales.
Il est donc urgent de faire davantage pour régler le problème de la justice. Cela a une valeur pédagogique pour les futurs dirigeants et c’est indispensable pour aller de l’avant dans la réconciliation, sinon ce serait encore le «tous pourris» et les partis franchisés de l’ex-Rcd, avec la même mentalité d’avant la révolution, les hommes d’affaires véreux, les cadres ripoux de style «itarat jihawia» (cadres régionaux), les soi-disant «mawaed el iftar» et le 26-26 amélioré, avec le racket organisé et tout le reste...
Bref, les intérêts partisans passeraient avant l’intérêt général et les anciennes «règles» deviendraient de nouveau acceptables. Le roi est mort, vive le roi. Le ministre de la Justice devrait tirer les conclusions qui s’imposent et démissionner. La justice doit être réformée d’urgence. Elle devrait, tout au moins, envoyer les signaux forts d’une volonté d’assainissement du système hérité de Ben Ali.

Tunisie. Béchir Tekkari ne s’est pas enfui

L’ancien ministre Bechir Tekkari fait, actuellement, l’objet d’une mesure d’interdiction de voyager à l’extérieur du territoire tunisien.

M. Tekkari, qui est sous le coup de poursuites judiciaires, ne peut quitter le pays par quelque voie que ce soit, affirme une source officielle au ministère de l’Intérieur, citée par l’agence Tap.
La source dément catégoriquement les rumeurs insistantes circulant sur les réseaux sociaux selon lesquelles l’ancien ministre de Ben Ali, qui a beaucoup contribué à pourrir le système judiciaire dans le pays, a pu quitter le pays via l’aéroport Monastir Habib Bourguiba.
Selon la rumeur, M. Tekkari a profité de la décision de remise en liberté prononcée par la justice, le 3 août, dans l’affaire du restaurant Le Grand Bleu à Gammarth. Celle-ci a enflé après que Saïda Agrebi, ex-présidente de l’Organisation tunisienne des mères (Otm), l’un des symboles de la corruption sous Ben Ali, ait pu quitter, « en toute légalité », le territoire national via l’aéroport de Tunis-Carthage, alors qu’elle est sous le coup de graves accusations de malversations financières et de corruption.
Ces éclaircissements sont venus alors que les partis politiques et des organisations de la société civiles (avocats, magistrats, etc.) accusent le gouvernement de transition d’interférer dans les affaires de justice et de s’employer à assurer l’impunité des anciens collaborateurs de Ben Ali.

Tunisie: “Le SMS est le moyen le plus direct dans les campagnes politiques“

Le GSM est apte à devenir très facilement le moyen le plus direct dans les campagnes politiques avec les mêmes règles s'appliquant aux campagnes de marketing et de publicité pour une meilleure mémorisation de l’information. C'est ce que nous assure Tarek Touj, responsable interactivité et VAS chez Jet Multimedia Tunisie.

WMC: Alors que la campagne pour l'Assemblée Constituante a déjà pratiquement commencé, les nouveaux partis politiques peuvent-ils tirer profit du GSM pour se démarquer?

Tarek Touj:
Le GSM est apte à devenir très facilement le moyen le plus direct dans les campagnes politiques. Dans les mêmes règles s'appliquant aux campagnes de marketing et de publicitaire, les partis peuvent aisément utiliser la technologie SMS pour une meilleure mémorisation de l’information envoyée. Un parti politique qui ferait ce choix peut:

- créer un portail mobile pour que les utilisateurs du GSM puissent y accéder;

- collecter les numéros de téléphone afin de leur envoyer leur programme par SMS ;

- création d’un service pour envoyer des alertes par SMS pour informer les inscrits des nouveautés du parti P (création d’un sentiment d’appartenance pour les militants) ;

- recueillir les dons par SMS surtaxé (bien que la facturation auprès des opérateurs est très lente en Tunisie et cela devient difficile de la mettre en pratique) ;

- créations d’événement et de la pub indirecte par la participation à de jeux concours par SMS dont les gains seront reversés aux familles les plus démunies ou aux associations.

La communication de compagne par GSM a-t-elle été utilisée par d’autres pays?

Oui et je donne l’exemple de la compagne d’Obama aux USA où la créativité des agences a étonné et pris de court les autres candidats avec les résultats tout aussi étonnants qui en ont découlé... et il y a d’innombrables autres exemples.

Que doit faire un parti pour tirer parti de cette technologie?

Tout simplement faire appel à de vrais professionnels car tout cela est un vrai métier avec tous les détails que l'on ne voit pas à première vue; le mieux étant de nouer un contrat avec une société de services spécialisés dans les services mobiles à valeur ajoutée... telle que Jet Multimedia Tunisie.

ACNUR distribuye comidas de Ramadán a 55.000 libios refugiados en Túnez

ATAOUINE, Túnez, 3 de agosto (ACNUR) – La Agencia de la ONU para los Refugiados y varias organizaciones socias han comenzado a distribuir comida para las cenas de más de 55.000 refugiados libios durante el mes islámico de ayuno de Ramadán. Se han entregado 15 tipos distintos de alimentos, incluyendo arroz, pasta, cuscus, aceite, pasta de tomate, atún, azúcar y dátiles, en cinco provincias del sur de Túnez, donde decenas de miles de libios viven en campos o con familias de acogida tras haber tenido que huir de los combates en Libia este año. La comida la disfrutarán durante el Iftar o cena. Durante el mes de Ramadán, que comenzó el pasado lunes, los musulmanes no pueden beber o comer durante las horas del día. Este ayuno les enseña lecciones de paciencia, espiritualidad y humildad, entre otras cosas. Unos 400 trabajadores de ACNUR y de otras organizaciones locales e internacionales han ayudado a empaquetar, transportar y distribuir la comida en más de 34 puntos de distribución por todo el sur, incluyendo aquí, en Tataouine. Durante el mes de Ramadán, unas 10.000 familias (55.000 personas) recibirán cada una 120 kilos de alimentos. La comida se distribuirá en intervalos regulares en las provincias de Tataouine, Gabes, Kebili, Sfax y Medenine. Muchos de estos libios tienen pocos recursos y se han mostrado muy agradecidos y contentos de recibir la comida. “Esta donación será de gran ayuda para aliviar los gastos de la familia durante el Ramadán” declaró Ali, de 72 años, mientras hacía la cola para obtener su paquete en el centro de distribución de ACNUR “Al Khayr”, en Tataouine. Ali, que huyó a Túnez en abril con un numeroso grupo de parientes, dijo que el Ramadán era muy importante para él y su familia. “Ramadán es una oportunidad para las reuniones familiares” dijo, añadiendo que “aunque los tunecinos están siendo muy generosos con nosotros, se nos hace muy difícil sentirnos como en casa porque se han roto nuestras redes comunitarias” Nasir Abel Fernandes, Coordinador para Emergencias de ACNUR en el sur de Túnez, dijo que la logística de la operación había transcurrido sin problemas gracias a la exitosa cooperación de todos los implicados, incluido el gobierno. Otras organizaciones que están participando en esta operación de Ramadán son el Programa Mundial de Alimentos, la Media Luna Roja tunecina, la Media Luna Roja de Emiratos Árabes Unidos, Islamic Relief, Al Tawoon, Socorro Islámico de Francia, Wafa Relief y el Comité de Ayuda a Libia. Por Rocco Nuri en Tataouine, Túnez

samedi 6 août 2011

Tunisie - Le procès des deux policiers, accusés de meurtre à Sidi Bouzid, transféré au tribunal militaire

Le tribunal de première instance de Gafsa a transféré vendredi 5 août 2011, l’affaire des 4 agents de police accusés du meurtre des deux jeunes, Adel Hammami et Ridha Bakkari, qui ont été retrouvés brûlés, le 4 février dernier, alors qu’ils étaient placés en garde à vue dans un poste de police de Sidi Bouzid, au tribunal militaire, selon une source judiciaire au sein de ce tribunal rapportée par la TAP.
Cette décision est relative à la loi n° 70 de l’année 1982 qui règle la Loi fondamentale général des Forces de sécurité et qui stipule dans son article 22 que les procès, où les agents de police sont incriminés et qui touche à la sécurité nationale, sont du ressort du tribunal militaire.

Notons que le tribunal de première instance de Gafsa a refusé la demande de libération des inculpés.

Tunisie – L’Instance de Ben Achour parle « au nom du peuple »

On attendait Iyadh Ben Achour pour la conférence de presse annoncée, pour ce vendredi 5 août 2011, en vue de faire des éclairages sur les derniers développements au sein de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Et ce fut Samir Rebhi, porte-parole officiel de ladite Instance.
On s’attendait à une ruée habituelle des représentants des médias, mais ils étaient à peine une dizaine de journalistes présents, les autres ayant boycotté le point de presse en signe de protestation contre l’incident qui a eu lieu, la veille, entre « certains journalistes et certains membres de la Haute instance », selon les termes de M. Rebhi.

Et ce fut le premier axe traité par le porte-parole officiel de l’Instance de Ben Achour pour essayer d’apaiser le climat en affirmant qu’il s’agissait, juste, d’une tension conjoncturelle entre les deux parties et que l’Instance est déterminée à assainir l’atmosphère parce qu’elle croit au rôle majeur et constructif de l’information, d’où la volonté de maintenir la présence des journalistes lors des travaux de l’Instance même si le décret portant sa création stipule la confidentialité et le huis-clos de ses débats.
Concernant la loi des partis, M. Rebhi assure que, le jeudi 4 août, il y eut une confirmation du vote du 20 juillet 2011 consistant en l’adoption du projet sans les propositions d’amendement faites par le PDP. Et après avoir fait un rappel des péripéties de la polémique soulevée, depuis à ce propos, il a indiqué que le dossier est clos et que le projet se trouve chez le gouvernement.

Traitant ensuite de l’action du gouvernement, M. Rebhi a précisé que la Haute instance a créé une nouvelle commission de huit membres chargée de superviser l’action gouvernementale, plus particulièrement la sécurité et la justice avant d’exprimer l’indignation face aux « anomalies constatées dernièrement avec le départ à l’étranger de Saïda Agrebi et la libération de Béchir Tekkari », sachant que des données laissent entendre que d’autres libérations seraient en cours.
Et pour M. Rebhi, le comble est que certaines voix commencent à s’élever appelant à la réalisation de la réconciliation. Le porte-parole de l’Instance de Ben Achour, assure que « le peuple veut », d’abord, des procès en citant l’exemple de trois familles de martyrs à Kasserine qui s’impatientent face aux lenteurs des procédures judiciaires à cet effet.

A noter, enfin, que la conférence de presse a été marquée par un clash verbal entre M. Rebhi et certains journalistes qui se sont « chamaillés », même, entre eux.

Tunisie : IRADA défend la liberté de la presse

Suite aux derniers événements ayant marqué la scène médiatique nationale, notamment, les agressions visant des journalistes, le Parti IRADA conteste vigoureusement la répétition de ces atteintes et rappelle que la liberté de presse et d’expression demeure l’un des piliers essentiels pour la construction de toute démocratie.
Le Parti IRADA appelle tous les journalistes à faire prévaloir leur sens de la responsabilité dans la transmission des informations. Parallèlement, il réaffirme son attachement à la consécration des libertés de presse, d’opinion, de critiques et d’expression, garanties essentielles pour la consécration de la démocratie.
Dans ce sens, IRADA interpelle le gouvernement de transition et lui demande de protéger les journalistes et les entreprises de médias dans le cadre de l’accomplissement de leur noble mission.
Il propose, ainsi, d’ajourner l’examen du projet du décret devant régir la profession du journaliste et des entreprises de presse et ce, en faveur de l’élaboration d’une charte pour les professionnels afin de consacrer le principe de la liberté de la presse et de son indépendance.

Tunisie. Ettajdid interpelle le gouvernement sur sa volonté de rupture avec l’ancien régime

Le Mouvement Ettajdid interpelle le gouvernement sur la libération de certains symboles de l’ancien régime et exige une volonté claire d’assainir le pays.

Ce parti de centre-gauche, héritier du Parti communiste tunisien (Oct), a indiqué, vendredi, que les libérations, ces derniers jours, de plusieurs anciens ministres impliqués dans des affaires, et la permission de voyager accordée à certains symboles du régime déchu «posent une série d’interrogations légitimes sur le sérieux de l’opération de rendre compte et d’épuration de l’administration et des postes de décision aux niveaux central et régional, des personnes ayant eu une relation étroite avec l’ancien régime».

Les dangers de détournementLe communiqué d’Ettajdid intervient suite aux deux décisions de libérer les anciens ministres, Béchir Tekkari et Abderrahim Zouari (ce dernier a été maintenu en détention dans une autre affaire), et de la permission accordée à l'ancienne présidente de l’Organisation tunisienne des mères (Otm), Saida Agrebi, de quitter le territoire national en direction de la France, alors qu’un rapport du ministère des Finances dénonce de nombreux abus dans la gestion financière de cette organisation.
Le mouvement Ettajdid exige une levée de tous les obstacles empêchant l’opération de demande des comptes, d’accélérer et d’élargir cette opération «pour qu’elle soit un message sans équivoque sur le sérieux de la rupture entamée avec le régime d’oppression et de corruption» et comme condition essentielle pour renforcer la confiance des citoyens dans le processus de transition démocratique et de sa protection contre les dangers de détournement des objectifs de la révolution.
Opacité et confusion Le mouvement demande au gouvernement de transition de mettre fin à la situation d’opacité et de confusion, et de prendre des décisions de réforme audacieuses et immédiates au niveau des différentes structures, particulièrement celles liées à l’appareil sécuritaire et judiciaire, afin «de traduire en justice sans ralentissement, et en toute crédibilité et de punir toute personne responsable de crimes, de meurtres, de détournement d'argent public et privé où qu’ils soient».

Tunisie : la corruption persiste, selon le collectif des 25 avocats

La corruption persiste, à en croire le collectif des 25 avocats, connus par les multiples procès qu’ils ont intentés contre certains ministres et personnalités politiques et économiques impliquées dans l’ancien régime.
Une conférence de presse a été tenue à cet effet vendredi 5 août 2011. La rencontre avait pour ordre du jour la corruption au sein du corps magistral en Tunisie.
Cette corruption, selon Me Abdennaceur Laouini, avocat membre du groupe, n’a jamais disparu et aura pour conséquences la défaillance du processus électoral le 23 octobre prochain, comme fixé par les autorités compétentes.
Le groupe des 25 avocats (notons que leur nombre dépasse actuellement de loin les 25) dénonce la « clémence » exagérée de l’autorité judiciaire tunisienne vis-à-vis des « symboles de la corruption », dont Saïda Agrebi qui a pu quitter le pays depuis le 30 juillet 2011, librement, malgré la déposition du ministère des finances concernant les malversations et des abus commis par la femme politique au sein de l’OTM (Organisation tunisienne des mères).
Un deuxième symbole des fraudes en Tunisie, Abderrahim Zouari, ancien ministre du Transport, dont la libération a été ordonnée par la chambre des mises en accusations dans le cadre de l’affaire des fonctionnaires mis à la disposition du RCD uniquement.
Le troisième est l’ancien ministre de la Justice, Béchir Takkari qui a récemment été libéré malgré une accusation d’usage par un fonctionnaire public de sa qualité pour se procurer à lui même ou à un tiers un avantage injustifié.
Zouhair Mdhaffer, ancien ministre des domaines de l'Etat et des Affaires foncières, est le quatrième heureux élu. L’ancien ministre est impliqué dans une affaire de corruption immobilière, selon Me Laouini. Dans ce sens, le groupe des avocats a déposé une plainte appuyée d’un dossier, permettant de l’inculper, mais qui est resté malgré ça, sans suite.
L’ancien Premier ministre, Mohamed Ghannouchi n’a pas non plus été épargné. Il a eu sa dose d’accusations, à cause de sa présidence dans la haute commission des affaires économiques « suspectes » comme le signale Me Aouini.
Il est à noter que le collectif des avocats traite actuellement le dossier des truquages aux élections entre 2004 et 2009. Un genre de prévention pour empêcher des dérapages en octobre, seulement, et si les précédentes enquêtes n’ont rien pu faire, est ce que celle-ci sera efficace ?

Tunisie. Maya Jribi atteste du financement halal du Pdp

Maya Jribi indique qu’un comité d’experts-comptables sera créé au sein du Parti démocratique progressiste (Pdp). Il aura la charge de vérifier les ressources financières du parti et leur provenance.

La secrétaire générale du Pdp répond ainsi aux détracteurs de son parti qui s’interrogent sur les signes de richesse, aussi voyante que soudaine, du Pdp, et soupçonnent des financements douteux d’hommes d’affaires affiliés à l’ancien régime. Le comité d’experts comptables évoqué par Mme Jribi est, bien entendu, composé de… militants du Pdp. C’est très rassurant…

Des appétits à satisfaire et des places à distribuer Maya Jribi, qui parlait au cours d’une conférence de presse, tenue, vendredi matin, à Tunis, a, par ailleurs, annoncé l’élargissement des structures du parti, portant à 15 le nombre des membres de son bureau exécutif au lieu de 6, alors que les membres du bureau politique passent à 61 contre 20 par le passé, et ceux du comité central de 50 à 206 membres. Comme quoi, il y a désormais des appétits à satisfaire et des places à donner à ceux qui les exigent. 
Mme Jribi a aussi indiqué que cette mesure intervient dans le cadre de la modernisation du parti et pour mieux répondre aux exigences de l’étape actuelle qui impose une ouverture sur l’ensemble des composantes de la société. Elle a précisé que le Pdp a été renforcé par l’adhésion de plusieurs cadres et personnes hautement qualifiées qui représentent désormais le tiers des membres au sein de ses structures. Elle a annoncé la mise en place d’un bureau d’experts, au sein du parti, ayant un rôle «d’observatoire» des politiques générales du pays à tous les niveaux économique, social et politique.
Le Pdp a besoin de mobiliser d’importants financementsEn réponse aux questions des journalistes sur la position du parti quand à l’adoption du projet de loi organisant les partis politiques et la non prise en compte de l’amendement avancé par ses représentants au sein de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, Maher Hnaien, membre du bureau exécutif du Pdp, a mis en relief le soutien du parti à l’idée de créer un «fonds de soutien à la démocratie», réaffirmant l’attachement du Pdp à la concorde au sein de l’Instance qu’il a qualifiée comme étant une des plus importantes structures existantes en Tunisie de l’après-révolution.
Il a d’autre part mis l’accent sur la nécessité de constituer des partis modernes civiques, de leur assurer les moyens logistiques et matériels nécessaires afin qu’ils puissent jouer leur rôle. Cette situation, a-t-il dit, nécessite la mobilisation d’importants financements qui ne peuvent être assurés que par des personnes morales, précisant que «malgré ce qui s’est passé, nous restons positifs et nous appelons à un retour de la concorde au sein de l’instance».
Dans le même contexte, Maya Jribi a indiqué que «seul l’argent propre sera accepté dans le cadre d’un strict contrôle», précisant qu’un comité d’experts-comptables au sein du parti aura la charge de vérifier les ressources financières et leur provenance.
Bienvenues aux Rcdistes… intègres !Au sujet de l’adhésion des anciens membres du Rcd au Pdp, Mme Jribi a indiqué que la position de son parti est constante vis-à-vis de son ouverture à toutes ces personnes, à la seule condition qu’il ne soit pas prouvé leur implication dans des affaires de corruption financière ou administrative, faisant remarquer que la révolution du 14 janvier s’est engagé pour l’ensemble des Tunisiens afin d’assurer leur unité et refuser toute exclusion ou marginalisation.
Mme Jribi n’a cependant pas indiqué si une enquête sérieuse est effectuée à propos des cadres de l’ex-Rcd qui rejoignent en masse le Pdp pour savoir s’ils ont ou non commis des abus sous l’ancien régime.
Quid de la libération des anciennes figures de la corruption? Quid de la lenteur des procès des membres du clan Ben Ali? Qui des violences dans certaines régions du pays? Quand le Pdp va-t-il se rendre dans les régions déshéritées du pays, ou va-t-il se contenter de faire des meetings… sur la côte?
Les dirigeants du Pdp vont devoir répondre à ses questions que se posent les Tunisiens.

Yosra Frawes : «Les Tunisiens vont découvrir le vrai visage des islamistes»

Jeune avocate spécialisée en droit des affaires, Yosra Frawes fait partie de la jeune élite tunisienne qui ne pouvait passer inaperçue dans le nouveau paysage politique induit par la révolution du 14 janvier tant sa compétence est reconnue par tous. 

Militante des droits de l’homme, membre de plusieurs organisations citoyennes dont l’Association tunisienne des femmes démocrates, et l’Association des femmes tunisiennes pour la recherche sur le développement, Yosra Frawes a été engagée au sein de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution en qualité d’experte juridique. Yosra est aussi membre fondatrice d’une jeune association citoyenne née après le 14 janvier : le Forum des jeunes pour la citoyenneté et la créativité. Elle faisait partie à ce titre du staff d’organisation du forum social jeunesse Maghreb-Machrek qui s’est tenu à Bizerte les 29 et 30 juillet derniers.
-A l’issue de ces deux jours du Forum social jeunesse Maghreb-Machrek, quel bilan esquisseriez-vous comme ça, à chaud, de ce forum ?
Il y a déjà le qualitatif. Je pense qu’il y avait une réflexion assez poussée entre les jeunes. On a échangé les avis sur les contextes politiques dans la région Maghreb-Machrek, et on a vu qu’il y a plusieurs points communs qui s’en dégagent, et ces points communs nous amènent à réfléchir à des stratégies communes pour sortir de cette situation de marginalisation des jeunes. Et puis, il y avait un échange d’expériences qui a permis de faire un brainstorming intéressant. Nous sommes maintenant confrontés à un challenge réel. Les jeunes constituent le leadership d’un véritable mouvement social dans les pays du Maghreb et du Machrek, mais en même temps ils ne sont nulle part dans les structures de décision. Nous avons besoin de formation pour savoir comment être une force de proposition qui permet de changer les termes de la négociation avec les décideurs. On est donc en train de réaliser une accumulation qualitative d’actions de jeunes.
-Vous évoquiez dans une de vos interventions le paradigme micro-politique comme mécanisme de transition démocratique. D’après vous, une transformation par le bas de la société tunisienne pourrait-elle s’avérer plus efficace ?
Je pense qu’il y a des expériences de transition démocratique qui ont précédé la Tunisie, et qui ont commencé par un changement de structures. Ils ont changé leur structure de santé, leur politique de sécurité sociale, leur politique d’enseignement, et c’est ce qu’il nous faut exactement en Tunisie, avec, à la clé, des politiques sectorielles précises. Il faut qu’il y ait des plans généraux mais aussi des mesures qui doivent être discutées avec le peuple tunisien et non pas dans les couloirs des ministères ou entre le Premier ministre et la Banque mondiale. C’est au peuple tunisien qu’il revient de s’autodéterminer et de décider quelle voie il va choisir. Est-ce qu’il doit compter sur l’agriculture après avoir découvert la fragilité du tourisme ? Doit-il continuer de s’appuyer sur le tourisme et développer une économie de services comme les pays du Golfe ? Veut-il un pays qui s’investisse dans les énergies renouvelables puisque nous avons le soleil à volonté ? Est-ce qu’il veut une économie environnementale ? Tout cela doit faire l’objet d’une concertation avec les citoyens. Or, il y a un gros problème de communication entre tout ce qui est supra-structurel et ce qui est infrastructurel en Tunisie.
-Vous êtes membre de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et de la réforme politique. En quoi consiste votre travail au sein de cette instance ?
Cette instance est constituée d’un certain nombre de partis politiques, d’associations et de personnes renommées en Tunisie et qu’on respecte beaucoup. Il y a au sein de cette instance des commissions qui travaillent sur toutes les lois nécessaires pour assurer la transition démocratique en Tunisie, à savoir la loi électorale, le décret-loi qui a permis la constitution d’une Haute instance chargée d’organiser les élections. Une autre commission se penche sur la réforme de la justice et réfléchit à la meilleure façon d’aller vers une justice vraiment indépendante et intègre. Il y a également une commission dédiée aux médias. Et puis, il y a la commission qui m’intéresse directement, et qui travaille sur la nouvelle loi sur les partis politiques en Tunisie ainsi que le financement des partis.
-La classe politique tunisienne est-elle prête selon vous pour le rendez-vous du 23 octobre et l’élection de la nouvelle Constituante ?
Ça dépend de quelle classe politique on parle. Si vous me dites la gauche tunisienne, même après 20 ans, elle ne sera pas prête pour des élections parce qu’elle manque de moyens et n’a pas la formation nécessaire. On était tous amateurs sous Ben Ali, en ce sens qu’on ne faisait pas vraiment de la politique. On faisait du militantisme des droits de l’Homme. Donc, aujourd’hui, il est difficile pour les partis de gauche de jouer leur rôle sérieusement. En ce qui concerne les islamistes, ils sont beaucoup plus formés et informés politiquement.En plus, il y a un contexte régional qui est favorable à la montée du courant islamiste. Pour ce qui est des libéraux, ils sont en proie à une terrible fragmentation après la dissolution de l’ex-RCD. Mais Il est devenu tentaculaire en s’incrustant dans plusieurs partis politiques. Ils sont en train de créer un pôle fort. Il faut reconnaître qu’ils ont les moyens et ils ont l’expertise nécessaire. Quoi qu’il en soit, j’espère que la Constituante sera un bon exercice politique pour les partis aussi bien que pour le peuple tunisien qui va découvrir les islamistes sous leur vrai visage. Je suis persuadée qu’après ces élections, et après avoir fait confiance aux islamistes, les Tunisiens vont découvrir que ce n’est pas le modèle social pour lequel ils ont lutté.
-Vous pensez que ce sera le courant dominant au sein de la Constituante ?
Oui, c’est la première force. Ils sont en train d’organiser des mariages collectifs, ils sont en train d’emmener les gens s’inscrire dans des bus. Ils organisent des fêtes pour les mères…
-Ils sont déjà en campagne ?
Ils sont en campagne depuis quelques mois déjà. Ce sont les premiers qui ont commencé la campagne électorale.
Au quotidien, comment se comportent-ils ? Est-ce qu’il y a des violences qui ont été signalées, des atteintes aux libertés ?
Les islamistes sont aussi fragmentés que les libéraux. Il y a l’extrême droite qui se fait appeler «tahrir» (libération, ndlr), et qui n’a pas obtenu d’autorisation. Il y a les salafistes, et il y a le visage soi-disant modéré du parti Ennahdha. Je ne sais pas si c’est un pur hasard, mais lorsque Ennahdha a dénoncé la composition de la Haute instance indépendante pour les élections en arguant du fait qu’ils n’ont aucun représentant de leur parti dans cette instance, les actes de violence ont commencé dans la rue tunisienne. Ils ont également lancé une campagne de calomnies contre les membres de la Haute commission, comme quoi ce sont des gens qui vivaient en France, qui boivent tout le temps. Ils ont aussi fait montre d’une violence morale inouïe contre les militants des droits de l’homme. Ils ont commis même des violences physiques à l’encontre de certains avocats. J’ai été moi-même témoin au tribunal de scènes de violence, où des barbus réclamaient que l’athéisme soit criminalisé en Tunisie. C’étaient des slogans clairs du genre «echaâb yourid tadjrim el ilhad» (le peuple veut la criminalisation de l’athéisme). Et maintenant, ils menacent la liberté intellectuelle et artistique en Tunisie.
-Vous faites allusion à l’affaire du film Ni Allah ni maître de Nadia El Fani ?
Tout à fait ! Ils ont perpétré des actes d’agression devant la salle de cinéma où le film devait être projeté. Ils ont même agressé des spectateurs qui étaient dans la salle. Ils se sont attaqués physiquement aussi aux militants du Parti communiste tunisien. Ils ont également asséné des coups au chanteur engagé Nebrass Chammam. Il y a eu comme ça toute une série d’actes de violence qui ont semé la terreur dans le cœur des Tunisiens. Personnellement, je trouve que cela a au moins permis aux Tunisiens de découvrir leur vrai visage, et de voir que même la face modérée d’Ennahdha n’est qu’une ouverture de façade. C’est juste une stratégie pour manipuler les gens. A ce train, ils vont finir par demander un référendum sur le code du statut personnel comme ils l’ont fait en 1989.
-Cela ne met-il pas en demeure les forces progressistes et modernistes de mieux s’organiser et d’occuper plus activement le terrain d’ici le 23 octobre ?
Il y a quelques sondages politiques, je ne sais pas s’ils sont fiables ou pas, et tous ces sondages montrent que le parti Ennahdha raflera entre 20 à 30% des suffrages lors de la prochaine élection, ceci sans coalitions. Après, ils peuvent faire des coalitions et devenir une force majoritaire. Les remparts qu’on a maintenant en tant que société politique sont les indépendants. Autre chose : les islamistes d’Ennahdha n’ont pas d’intellectuels, ils n’ont pas d’artistes. Ils sont en train d’utiliser quelques jeunes rappeurs qui diffusent des messages artistiquement assez limités. En plus, ils sont très amateurs, et les messages sont toujours identitaires et archaïsants. Je ne crois  pas qu’un message aussi archaïque puisse marcher avec les Tunisiens. Les premières à avoir interdit la polygamie dans tout le monde arabo-musulman c’étaient les femmes tunisiennes à El Kairouan et à El Mahdia au XVIIIe siècle. Elles ont élaboré des contrats de mariage qu’on appelle d’ailleurs «le contrat kairouanais», où les femmes exigent que si leur mari songe à se remarier, il doit d’abord divorcer d’elles et leur verser des dédommagements.
Les Tunisiens étaient les troisièmes dans le monde à interdire l’esclavage en 1846, et qui ont promulgué la première Constitution dans le monde arabe en 1861. La première proclamation des droits en Tunisie s’est faite sous Kheireddine Bécha au XVIIIe siècle. Donc, je ne pense pas qu’avec un tel background historique, avec le cinéma tunisien, avec la chanson africaine tunisienne authentique, avec nos mots grossiers dans nos chansons populaires, les islamistes arriveront à imposer leur modèle social et politique. Il y a des amis qui nous disent : «Vous les élites, vous tenez ce discours parce qu’au fond vous avez peur.» Moi, je le dis parce que je suis consciente de la réalité tunisienne et de l’Histoire de la Tunisie.

jeudi 4 août 2011

La Tunisie nomme 28 nouveaux ambassadeurs

Foued Mebazaa, président de la République par intérim, a remis leurs lettres de créance, vendredi, à 28 nouveaux ambassadeurs. L’ambassade de Tunisie en France n’a pas été «servieæ». Liste des nouveaux promus…  

1- Rafaa Ben Achour: Maroc;
2- Zine el Abidine Tarras: Bahreïn;
3- Ilyes el Kosri: Japon;
4- Naceur Mestiri: Italie;
5- Mehrez Ben Rhouma: Turquie;
6- Raouf Chatti: Australie;
7- Othman Jerandi: Délégué permanent auprès de l’Onu;
8- Samia Zouari: Grèce;
9- Tarek el Adab: Oman;
10- Naceur Bou Ali: Côte d’Ivoire;
11- Mohamed Mondher Dherif: Qatar;
12- Badie Elkedidi: Tchéquie;
13- Tarek Ben Salem: Mali;
14- Hafedh Bajjar: Suisse;
15- Mohamed Fawzi Ballout: Liban;
16- Ammar Ammari: Corée du Sud;
17- Tarek Bettaïeb: Emirats arabes unis ;
18- Abdelmajid Elferchichi: Jordanie ;
19- Eloualid Doudech: Soudan;
20- Mohamed Karim Ben Becher: Hollande;
21- Mohamed el Mestiri: Brésil;
22- Ezzeddine Zayani: R. D. Congo;
23- Youssef Louzir: Portugal;
24- Ammar Ben Lamine: Serbie;
25- Nadra Elraïs Epouse Drij: Pologne;
26- Mahbouba Echebbi: Roumanie;
27- Mohamed Antar: Indonésie;
28- Moncef Elbaati: représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Office des Nations unies et des organisations spécialisées à Genève.

La Tunisie importe 200.000 tonnes de ciment

L’Etat importera une première tranche de 200.000 tonnes de ciment pour approvisionner le marché qui souffre d’une pénurie de ce produit à cause de la construction anarchique.

L’annonce a été faite par Kamel Oueslati, directeur général des Industries manufacturières au ministère de l’Industrie et de la Technologie, lors de la rencontre hebdomadaire avec la presse, jeudi à la Kasbah. M. Oueslati a annoncé également le gel total de toutes les opérations d’exportation de ciment, dans le but de mettre sur le marché local plus de 80.000 tonnes par mois.
La Tunisie compte 7 cimenteries (6 produisant du ciment noir et 1 de ciment gris). Ces unités produisent 7,7 millions de tonnes par an. 6,7 millions de tonnes sont destinées à la consommation locale et le reste est exporté vers la Libye et l’Algérie.
Les sit-in dans les sites de production, notamment dans les usines d'Enfidha et de Gabès, ont cependant réduit le volume de la production locale. Conséquence : les prix du ciment ont été quadruplés sur le marché noir, atteignant 15 dinars le sac.
Les opérations de contrôle devront se poursuivre, a précisé M. Oueslati. Il s’agit, selon lui, aussi d’assurer l’encadrement des entreprises privées et l’étude des revendications sociales et professionnelles qui ont entravé l’activité d’un certain nombre de sociétés de production de ciment.

Tunisie. Un bureau d’inscription sur les listes électorales à l’aéroport de Tunis-Carthage

Un bureau d’inscription des électeurs a été installé, jeudi, à l’aéroport de Tunis-Carthage, pour faciliter l'inscription aux citoyens en déplacement.

Cette installation a été facilitée par l’Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca), suite à la demande de la Sous-commission indépendante pour les élections de la circonscription de Tunis II.
Ce bureau sera ouvert jusqu’au 14 août courant, dans le cadre des préparatifs des élections de l’Assemblée nationale constituante du 23 octobre prochain. Le communiqué de l’Oaca n’indique pas la catégorie des citoyens pouvant effectuer la procédure d’inscription dans ledit bureau : les Tunisiens résidant en Tunisie ou à l’étranger ou les deux.

Tunisie. La Haute instance adopte le décret-loi sur les partis

Le projet de décret-loi organisant les partis politiques a été adopté, jeudi, sans prendre en considération les amendements proposés par le Parti démocrate progressiste (Pdp).

Dans leurs interventions à propos des amendements proposés, les membres de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution ont affirmé leur attachement à la copie qu’ils avaient adoptée, lors de la séance du 20 juillet, ainsi que leur refus de parrainer les amendements proposés par le Pdp dans l’article 18 du projet de décret-loi interdisant le financement des partis politiques par des personnalités morales.
Le Pdp pas content !
Les représentants du Pdp, qui étaient absents de la séance, avaient-ils d’autres urgences ou ont-ils voulu manifester ainsi leur mécontentement? La réponse n’a pas tardé. «L’adoption du projet de décret-loi, sans qu’il ne soit soumis au vote, porte un coup dur au principe consensuel», a déclaré à l’agence Tap, Issam Chebbi, à l’agence Tap, secrétaire général adjoint du parti démocrate progressiste (Pdp). Le représentant du Pdp au sein de la Haute instance, a estimé que celle-ci «se trouve dans une réelle impasse qui inquiète et préoccupe». M. Chebbi a cependant écarté la possibilité d’un retrait de son parti de la Haute instance. Car, a-t-il expliqué, le Pdp considère encore l’Instance, «en dépit de sa faiblesse – seulement 60 membres sur un total de 150 assistent à ses travaux – comme étant l'un des instruments de la transition démocratique».
Le Pdp s’était retiré, le 20 juillet dernier, d’une séance de l’Instance en signe de protestation contre son refus d’introduire sa proposition sur le financement des partis par les personnes morales dans le projet de décret-loi organisant les partis politiques.
Le Fonds de soutien à la démocratiePour ce qui est de l’article 19, relatif à la création d’un Fonds de soutien à la démocratie, contenu dans le même projet, les intervenants ont jugé l’idée bonne, en attendant la promulgation prochaine d’un décret-loi le concernant et qui sera adopté après l’élection de l’Assemblée nationale constituante, afin que les partis puissent bénéficier de leur financement au prorata du nombre de sièges dont ils disposeront dans cette instance.
Par ailleurs, une délégation formée de représentants du conseil de l’Instance a été choisie pour examiner, avec le gouvernement de transition, les obstacles entravant le jugement des symboles de l’ancien régime et permettant d’identifier les moyens pour accélérer ce processus.
Au début de la séance, le président de la Commission de soutien aux efforts de secours dans les gouvernorats du sud tunisien, relevant de la Haute instance, Abdelbasset Belhassen, a présenté un exposé filmé sur les visites effectuées dans la région du 27 au 29 juillet, pour s’informer des conditions d’accueil des réfugiés et de leurs problèmes, ainsi que des préoccupations des citoyens et de leurs revendications.

Tunisie - Des mariages sponsorisés par les islamistes d'Ennahdha

Dans la course électorale qui se dispute actuellement en Tunisie entre la centaine de partis politiques, les islamistes d'Ennahdha (renaissance) ont déployé leur stratégie de communication.
Leur dernière trouvaille pour faire connaître leur politique sociale: sponsoriser les mariages des Tunisiens, ce afin «d’encourager les jeunes en situation difficile de se marier».
D’après Tunisie Focus, le parti Ennahdha a pris en charge l’ensemble de l’organisation de huit mariages en finançant par exemple la location de la salle ou l’achat de pâtisseries.
Plusieurs centaines de personnes étaient donc présentes le dimanche 24 juillet 2011 à l'hippodrome de Ksar Saïd, dans la région de Manouba. Le fondateur d'Ennahdha Rached Ghannouchi était également présent aux cérémonies, qui comprenaient entre autres un spectacle de chevaux et un concert du chanteur Faouzi Ben Gamra.

travers ce qui apparaît comme le lancement de la campagne électorale, le parti islamiste, majoritaire dans les sondages d’opinion, s’inscrit au plus près des problématiques sociales des Tunisiens. L’occasion de mettre l'accent sur ses valeurs, qui selon Tunisie Numérique diraient «non à la polygamie, mais oui pour faciliter les procédures du mariage».
Tunisie Focus, qui qualifie l’initiative de «marketing politique et action de proximité», précise en donnant la parole à Khadouja Belgacem, l’une des sympathisantes d'Ennahdha:
«Contrairement à ce que pensent les gens, ces couples n’ont pas été choisis sur la base de leur appartenance politique. Ce sont des personnes d’origine modeste que nous avons voulu aider parce qu’elles n’ont pas les moyens de se marier».
Le président de l’instance constituante d’Ennahdha Ali Laardih avait en effet déclaré:
«Les efforts d’Ennahdha se focalisent actuellement sur la recherche des moyens et des mécanismes concrets qui facilitent le mariage de nos jeunes, surtout suite à l’accumulation des difficultés devant ce genre de projet».
Par ailleurs, ce dernier a également étayé certains des objectifs du parti:
«La famille constitue un axe principal dans la vision sociale du mouvement, étant un noyau essentiel pour réaliser l’équilibre des individus et de la société.»
A l’heure où les Tunisiens se perdent dans la cacophonie des quelque 90 partis en lice pour les élections de l’Assemblée constituante (reportées au 23 octobre prochain), le parti Ennahdha vient d'abattre l'un de ses atouts sociaux.