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mercredi 6 juillet 2011

Pourquoi l’Algérie cherche-t-elle à déstabiliser la Tunisie?

Les services algériens cherchent-ils à déstabiliser la Tunisie en laissant transiter des éléments armés à travers la frontière et en distillant des informations infondées pour noircir la situation sécuritaire dans notre pays?

Depuis deux semaines, des médias algériens colportent des informations totalement infondées sur de prétendues agressions sexuelles subies par des touristes algériennes en Tunisie. On est en droit de nous interroger sur l’identité des commanditaires de ces campagnes d’intox et sur leurs desseins secrets.
Rien de vérifié, rien de précis, rien d’officiel Sous le titre alarmiste, ‘‘Des Algériens fuient la Tunisie’’, le blog ‘‘Algérie Info’’, hébergé par le très sérieux site du ‘‘Nouvel Observateur’’, parle de «plusieurs familles algériennes [qui] ont fait l’objet d’agressions, vol d’argent et de véhicules dans la capitale et dans plusieurs autres villes tunisiennes.»
L’auteur, utilement anonyme, évoque des «informations sur des agressions sexuelles qui ont été rapportées par plusieurs personnes et relatées par divers médias». Ces «informations», dont on appréciera l’imprécision, auraient été «confirmés par des sources sécuritaires».
A la vérité, l’auteur n’avance rien de vraiment vérifié, rien de précis, rien d’officiel… Son unique source, c’est «un quotidien arabophone ‘‘Annasr’’», qui citerait, de son côté, des «sources sécuritaires». Quelles sont ces sources? Algériennes ou tunisiennes? Y a-t-il eu des communiqués officiels relatifs à des faits aussi graves (agressions, vol d’argent et de véhicules, agressions sexuelles…)?
Les lecteurs avisés n’auront pas de mal à débusquer l’approximation caractéristique de la désinformation. Mais la grande masse des lecteurs, qui n’est pas outillée intellectuellement pour faire le tri entre une bonne information et une manipulation, risque d’avaler ces contre-vérités, sans discernement, et sans soupçonner la volonté de manipulation sinon la campagne de dénigrement dont elles participent.
Le pseudo-journaliste, honnêtement et courageusement anonyme, parle non pas d’un cas isolé d’agression, ce qui aurait été plausible, mais de «plusieurs cas d’agressions sexuelles sur des femmes algériennes […] enregistrés sur le territoire tunisien». Il va jusqu’à en désigner les auteurs: «des agents de sécurité tunisiens et des groupes de malfaiteurs». Les premiers, on le sait, ont bon dos: on peut tout leur attribuer, et parfois même, n’importe quoi. Quant aux seconds, ci-devant qualifiés de «malfaiteurs», on aurait beaucoup de mal à les identifier et à les débusquer. Et pour cause: ce sont des fantômes nés de l’imagination d’un désinformateur professionnel.
La Tunisie est-elle devenue un pays dangereux pour les Algériens? «A leur retour sur le territoire algérien, plusieurs femmes ont indiqué qu’elles avaient fait l’objet d’agressions sexuelles mais refusent de porter plaintes, craignant la réaction violente de leur époux et de leurs parents, a indiqué la source», écrit encore ‘‘Algérie Info’’. Les «femmes algériennes» (ainsi au pluriel) témoignent mais, curieusement, ne portent pas plainte! Si elles craignent vraiment «la réaction violente de leur époux et de leurs parents», pourquoi parlent-elles, et si elles ont réellement parlé, à qui ont-elles raconté leur mésaventure? Pas à leurs époux ou parents. Et encore moins à la presse. Et si elles ont confié leur mésaventure à des sources sécuritaires, algériennes dans ce cas, pourquoi ces sources gardent-elles le silence sur des abus aussi graves?
L’auteur n’indique pas, par ailleurs, si les femmes soi-disant agressées voyageaient seules en Tunisie, ce qui aurait été très étonnant, eu égard aux  habitudes de nos frères (et sœurs) algériens. Si elles étaient accompagnées de leurs maris ou parents, ce qui serait plus crédible, il aurait été difficile à des «agents de l’ordre» ou à des «malfaiteurs» tunisiens de les «agresser sexuellement», sans que cela provoque une grave crise diplomatique entre les deux pays.
Le journal ‘‘Annasr’’, cité par ‘‘Algérie Info’’, évoquait également – tant qu’on y est, pourquoi se priver? – «le cas d’une femme originaire de l’est algérien qui a été enlevée alors qu’elle était en compagnie de son mari. La jeune femme a été séquestrée pendant deux jours avant d’être jetée dans la rue.»
Dans un autre article intitulé ‘‘Une jeune mariée enlevée à Sousse’’, le même ‘‘Algérie Info’’ raconte l’aventure qu’un couple de nouveaux mariés originaires de la Wilaya de Sétif aurait vécu dans la ville balnéaire de Sousse: l’épouse S. Fatima, 26 ans, enlevée par des inconnus, et l’époux S. Chadli, 35 ans, agressé à l’arme blanche jusqu’à en perdre conscience !
Des terroristes infiltrés par la frontière algérienne La Tunisie étant ainsi devenue un pays très dangereux, particulièrement pour les Algériens – car, à l’exception des Algériens, il n’y a pas eu de ressortissants  d’autres pays qui se seraient plaints d’avoir été agressés dans notre pays –, «le même quotidien a indiqué qu’une autre femme âgée de 37 ans originaire d’Annaba a été enlevée alors qu’elle se promenait dans la capitale tunisienne.»
Cette dernière information publié par le tabloïd algérien ‘‘Al-Khabar’’, et reprise sans vérification par des médias tunisiens, a obligé le ministère tunisien de l’Intérieur à rendre public un démenti formel. «Nous avons mené notre enquête partout et non seulement à Sousse et il n’y a eu aucun enlèvement. C’est totalement infondé. C’est une rumeur, voire une campagne orchestrée contre la Tunisie et notre tourisme», a affirmé à Kapitalis un responsable dudit ministère.
Comment expliquer cet acharnement de certains médias algériens, qui s’échinent à vouloir noircir davantage la situation sécuritaire en Tunisie? Seule explication plausible: ce sont les services de renseignement algériens qui distillent ces rumeurs infondées via les médias qui lui sont inféodés.
L’Algérie officielle, celle du gouvernement Bouteflika et des généraux de l’Armée nationale populaire, ont, il est vrai, de bonnes raisons d’appréhender tout changement démocratique en Tunisie, car cela pourrait donner de «mauvaises idées» aux Algériens. La crainte de l’effet de contagion démocratique semble avoir incité cette Algérie là, dont on soupçonne les velléités d’ouverture démocratique, à multiplier les actes inamicaux (c’est un euphémisme) en direction de la Tunisie.
Parmi ces actes, on pourrait citer l’infiltration, par la frontière algérienne, d’éléments terroristes affiliés à Al-Qaïda, dont deux ont été tués à Rouhia et  d’autres arrêtés dans d’autres régions. Une quantité d’armes a aussi transité par la frontière, que les services de sécurité tunisiens ont découverte dans des caches dans les régions frontalières du sud et du sud-ouest.
La campagne de désinformation sur la situation sécuritaire en Tunisie et sur les vraies fausses agressions à l’encontre de touristes algériennes participe de cette même volonté de déstabiliser la Tunisie et de noircir davantage l’idée que l’opinion algérienne se fait de la situation dans le pays. L’objectif visé: dissuader les Algériens de passer leurs vacances en Tunisie, comme ils ont l’habitude de le faire, et aggraver ainsi la situation économique dans notre pays.
On peut parier que la Tunisie, qui a toujours eu une place dans le cœur des Algériens, restera toujours, pour ces derniers, un havre de paix, chaleureux et accueillants. Les régimes passent, les peuples restent: et ce sont eux qui forgent leur histoire.

France-Tunisie: Deux accords de coopération énergétique avec la France

ENERGIE -  Deux mémorandums de coopération énergétique entre la Tunisie et la France ont été signés, hier, à Tunis, au cours d'une séance de travail présidée par MM. Abdelaziz Rassaâ, ministre tunisien de l'Industrie et de la Technologie et Eric Besson, ministre français, chargé de l'Industrie, de l'Energie et de l'Economie numérique, actuellement en visite de travail en Tunisie. Le premier accord porte sur le partenariat en matière d'interconnexions électriques entre le consortium international Medgrid, siégeant à Paris (France), et la Société tunisienne de l'électricité et du gaz (Steg). En vertu de cet accord la Steg participera aux travaux de Medgrid pour la réalisation du schéma directeur des futurs réseaux électriques en L'initiative Medgrid est complémentaire d'autres initiatives pour le développement de la production d'énergie d'origine solaire.

La capacité d'énergie solaire, qui pourrait être installée dans les pays du Sud, serait ainsi de 20 Gigawatts, à l'horizon 2020, dont le quart sera éventuellement exporté vers le nord.

Le deuxième mémorandum, conclu entre le Commissariat francais à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), la Soitec, société francaise leader du photovoltaique par concentration, et la Steg a trait au développement d'un projet de démonstration de stockage de l'énergie solaire photovoltaïque à concentration en Tunisie.

L'accord prévoit deux phases. La première consiste en l'installation, au premier trimestre 2012, d'un mécanisme combinant la production électrique et le pompage hydraulique, ainsi que l'irrigation et la deuxième porte sur la finalisation d'un démonstrateur production, stockage d'électricité.

L'objectif des deux accords est de répondre aux besoins croissants des ménages et des entreprises, dynamiser la recherche-développement, développer les compétences locales, créer de nouveaux emplois et contribuer au rééquilibrage territorial, outre la mise en oeuvre du Plan solaire méditerranéen, a précisé M. Besson.

De son côté M. Rassaâ a fait état de son espoir de voir se développer davantage, en Tunisie, la filière énergétique, soulignant la nécessité de favoriser l'échange des expertises dans le cadre de la coopération bilatérale.

Notons qu'au cours de cette séance de travail, les délégations tunisienne et francaise ont également évoqué des questions relatives aux énergies renouvelables, au secteur numérique et au textile-habillement.

Tunisie: report de l'adoption d'un texte sur le financement des partis

L'adoption d'un important projet de décret-loi sur le financement des partis politiques en Tunisie a été reporté mercredi par la Haute instance chargée des réformes politiques, en raison des dissensions au sein de cette institution.

Il veut mieux reporter les discussions autour du décret-loi à la semaine prochaine, afin de ramener les absents pour avoir plus de concertation sur ce sujet, a expliqué le président de la Haute instance, Yadh Ben Achour, en ouvrant la séance de travail.

Le projet de décret-loi qui devait être débattu mercredi instaure notamment l'interdiction de tout financement étranger des partis politiques tunisiens, et prévoit un plafonnement des dons de personnes privées. Il a suscité de fortes réticences de la part des grandes formations politiques, inquiètes de voir se réduire leurs marges de manoeuvre.

Le mouvement islamiste Ennahda et le Parti démocrate progressiste (PDP), principaux favoris des élections prévues en octobre pour une Assemblée constituante, sont les plus opposés au projet.

Nous essayons de dépasser la crise au sein de la Haute instance, a souligné M. Ben Achour. Les difficultés sont normales puisque la Haute instance est multicolore et regroupe différents courants idéologiques, a-t-il ajouté.

Plusieurs mouvements, dont Ennahda, se sont retirés en juin de l'institution chargée de piloter les réformes politiques dans la Tunisie post Ben Ali.

Une réunion de conciliation avait réuni mardi pendant cinq heures les différents représentants de la Haute instance, sous l'égide de l'ancien juge et militant des droits de l'Homme Mokhtar Yahyaoui.

Il y a des initiatives et des concessions acceptables, et d'autres que nous pouvons pas accepter, a déclaré mercredi M. Ben Achour, sans plus de précisions.

dimanche 3 juillet 2011

La banque islamique pour le développement finance des projets en Tunisie


Le ministre de la planification et de la coopération internationale du gouvernement provisoire, Abdelhamid Triki a invité le directeur de la banque islamique pour le développement à visiter la Tunisie pour signer deux accords de financements à la suite de leur rencontre en marge des réunions de la banque qui se sont déroulées à Djeddah.
La banque va financer à hauteur de 36.5 millions de dollars des projets de développements agricoles à Kasserine et au Kef, et à hauteur de 22 millions de dollars pour soutenir les petits projets.
Il est à noter que la Tunisie a été élue en tant que membre au conseil de la banque islamique pour le développement lors des réunions organisées le 29 et 30 juin à Djeddah.

Sihem Bensedrine: "La Europa oficial creía que la democracia no estaba hecha para los árabes"



Sihem Bensedrine sonríe, debe de hacer años que no sonreía tanto. "El lado positivo de la revolución es que cuando peleas, ganas" asegura esta mujer menuda. Y estando al lado de esta periodista y defensora de los derechos humanos tunecina es fácil de creer. Durante el transcurso de la entrevista ocurrió algo hermoso: esta periodista pudo ser testigo directo de cómo avanza la transición tunecina. Una llamada telefónica de su marido le hizo olvidar aquellos años en los que Ben Ali la perseguía hasta el extremo de obligarla a abandonar su país. Ahora ella era la ganadora; ella y los suyos habían logrado la primera licencia para un medio de comunicación independiente en el nuevo Túnez. Atrás quedaron los años en los que tuvo que refugiarse en Barcelona dentro del programa de escritores acogidos del PEN catalán. Tan atrás que se encontraba en la Ciudad Condal para darse de baja, queda mucho trabajo por hacer en el nuevo Túnez. Hoy, en algún lugar de la capital del país árabe, debe de estar festejando esta victoria de la revolución.
Tras el triunfo de la revolución. ¿Se ha instalado entre los tunecinos un sentimiento de decepción? ¿Avanzan las reformas?
Túnez vive su periodo de transición democrática. Una etapa en la que se lleva a cabo una batalla sorda pero muy fuerte entre dos potencias: las fuerzas del antiguo régimen, que tratan de volver hacia atrás, y las fuerzas revolucionarias, que miran hacia delante. Esto provoca que, a veces, la gente, sobretodo los jóvenes, se sientan decepcionados y piensen que nada ha mejorado, por que los cambios son lentos, pero quiero subrayar que hemos hecho avances reales.
Por tanto, es usted optimista.
Soy absolutamente optimista por que mido los avances. El primero y más grande es la formidable energía que se ha liberado, que es la fuerza del cambio. Ese ha sido el logro más grande a partir del cual vamos a hacer todo el resto. Esa energía revolucionaria ha hecho que no nos precipitemos y que no hayamos convocado de inmediato elecciones presidenciales. Celebrar unos comicios sobre la base de la antigua constitución era el camino más seguro para volver a la dictadura. Por eso hemos formado una Asamblea Constituyente que escribirá una nueva Constitución. El próximo 23 de diciembre elegiremos a los encargados de redactarla.
¿Tiene poder Ben Ali hoy en Túnez?
Ben Ali está muerto políticamente, e incluso sus antiguos aliados ya no lo defienden y lo han convertido en su chivo expiatorio. Nos quieren hacer creer que ellos no hicieron nada malo, pero todos sabemos que la dictadura es un sistema con muchas personas implicadas. Ahora ese antiguo régimen trata de entrar en el nuevo sistema de partidos. Para evitarlo, hemos conseguido disolver el partido de Ben Ali y la policía política. También nos hemos dotado de un nuevo código electoral para evitar que vuelvan al poder. La nueva ley prohíbe que los antiguos responsables del régimen sean elegibles, así como impone un límite en el financiamiento de los partidos para garantizar la igualdad de oportunidades entre todas las fuerzas políticas. También hemos prohibido la financiación extranjera de los partidos y hemos impuesto la paridad en las listas, que deben llevar a hombre y mujeres alternativamente, para evitar que las sitúen al final de la lista. Estamos muy orgullosos de estos avances.
Esta ley no debe gustar demasiado al antiguo régimen.
No están demasiado contentos, por eso tratan de vengarse en los sectores que todavía controlan: el poder judicial, los medios de comunicación y la policía. Luchamos por conseguir una verdadera independencia judicial, pero todavía no hemos ganado porque allí es donde el antiguo régimen tenía más apoyos. Otro lugar donde la resistencia es muy fuerte es en los medios de comunicación. Hemos heredado un sistema de comunicación que estaba fuertemente vigilado: unos medios públicos bajo las órdenes directas de la dictadura y un sector privado en manos de la familia de Ben Ali. A pesar de la caída del régimen y de la marcha del dictador, aquellos que dirigen los medios de comunicación todavía son gente designada por ellos. Las radios y televisiones independientes todavía están esperando sus licencias.
Es el caso de radio Kalima, que dirige su marido.
Sí, Omar, el director, lleva ocho días en huelga de hambre para exigir que nos concedan la licencia. Tenemos buenas esperanzas, y espero que hoy podamos anunciar que lo hemos logrado. Sin medios libres, la cobertura de las elecciones será un monopolio del antiguo régimen, y eso sería muy grave. Radio Kalima es la primera radio independiente en Túnez. Fue muy combatida por el antiguo régimen, nos obligaron a marcharnos del país y emitir desde el extranjero porque estábamos perseguidos. Conseguimos seguir desde Barcelona, cuando fuimos invitados por el PEN catalán. Nuestro equipo estaba dispersado entre Barcelona, Francia y Alemania y emitíamos por Internet. Cuando cayó Ben Ali, todo el quipo volvió a Túnez. Tenemos un nuevo local, nuevos colaboradores, pero no nos conceden la licencia a pesar de que se han comprometido a hacerlo. Por esta razón mi marido está en huelga de hambre desde el día 21 de junio. Si autorizan las emisiones de radio Kalima, nos convertiremos en el primer medio de comunicación independiente del panorama mediático tunecino.
La policía era la columna vertebral de la dictadura. ¿Serán capaces de integrarse en un sistema democrático?
Tras la caída de Ben Ali, la primera cosa por la que nos movilizamos fue por reformarla. Ahora tenemos un diálogo excelente con el nuevo ministro del Interior y ya hay cosas que hemos conseguido; como la expulsión de 43 altos funcionarios implicados en la represión. Estamos preparando una nueva ley, en la que se formará a los policías en materias de derechos humanos y se les prohibirá llevar pasamontañas e ir vestidos de civiles para reprimir las manifestaciones, de este modo serán más respetuosos con la ley. También hemos conseguido que el periodo máximo que se pueda tener retenida a una persona sean 24 horas, y no seis días, como antes. Esto no quiere decir que no siga la represión; siguen habiendo detenciones, se agrede a periodistas... Pero la policía tiene ganas de cambiar su imagen, de reconciliarse con la sociedad.
[ Lláman al teléfono de Bensedrine y ella responde emocionada. Habla brevemente en árabe con su marido, su cara se ilumina]
Aquí tenemos la buena noticia, hemos obtenido nuestra frecuencia! El combate siempre se paga, tenemos que pelearnos por todo, pero al final ganamos. El lado positivo de la revolución es que cuando peleamos, ganamos, como ahora. Es genial!
Túnez ha logrado algo que parecía imposible. Pero, han recibido la ayuda que esperaban de Occidente?
Para mi hay dos Occidentes, dos Ouropas. Está la Europa de la sociedad civil, que siempre nos ha ayudado. Sin su apoyo puede que hoy no estuviéramos vivos. Ha habido momentos en los que nuestras vidas han estado en peligro y sin su presión el dictador nos hubiera matado. Después de la revolución siguen estando a nuestro lado, creen que nuestra batalla es legítima y han sido decisivos para nuestra protección y para no perder la esperanza en los momentos más bajos.
Pero la Europa oficial nunca ha creído en nosotros, y no sólo eso, sino que ha respaldado siempre la dictadura. Mienten cuando dicen que apoyan la democracia, la libertad, la dignidad de los tunecinos. Han creído en un dictador, han creído que nosotros no éramos capaces de vivir en libertad. Tenían la concepción racista de que la democracia no estaba hecha para los árabes.
[Una nueva llamada telefónica interrumpe esta entrevista, se trata de la directora de antena de radio Kalima. Bensedrine habla con ella y le dice que hay que festejar la buena noticia]
El régimen de Ben Ali la trataba a usted de prostituta. ¿Hasta dónde llegó la persecución contra usted?
Lo último que hicieron fue cambiar mi imagen en Facebook por la de una mujer vieja desnuda y con una botella en la mano a la que le pusieron mi cara. La enviaron a todos mis amigos. Han hecho cosas muy sucias. Ben Ali fue un misógino hasta el final. No respetaba a las mujeres porque no respetaba nada. Para él, tener a una mujer como adversario era una cosa insostenible, por eso me maltrató y me trató de prostituta. Una mujer no podía tener el estatus de adversaria, una mujer sólo podía ser un objeto sexual y por eso me rebajaba a ese nivel. Pero finalmente he ganado yo y él ha perdido. Hoy no quiero hablar más de las cosas malas que he sufrido, sólo quiero hablar de cosas bellas!
[De nuevo, el tono del teléfono interrumpe nuestra conversa. Se trata de un colaborador. Bensedrine no puede parar de reír, y le habla con cariño:"Es nuestra victoria, se que has trabajado mucho"]
¿Cómo valora la evolución de la primavera árabe, que empezó en Túnez, en la región?
Túnez, con su revolución pacífica, ha inspirado a toda la región y continúa inspirando a los árabes y tal vez a Europa. Creo que permitirá a Occidente revisar la imagen que tiene de nosotros y la de él mismo. Esta energía nueva no es sólo nuestra, es el movimiento de todo lo que está vivo, todo lo creativo, tanto en Túnez como en Europa. Creo que igual que hemos inspirado al mundo árabe para la revolución, también les inspiraremos en el modelo de transición democrática. Estamos empezando a hacer un cambio profundo, lento, nos llevará mucho tiempo. Hace falta que la gente sea paciente, que comprendan que el proceso de transición será muy largo, no pasará en seis meses ni en un año, serán mínimo cuatro años. Pero cuatro años no es nada en la vida de un pueblo.

Túnez, 2º acto

Una vez barrido el poder mafioso de Ben Ali, la unión de las fuerzas sociales que han intervenido en el curso de la revolución tunecina se agrieta progresivamente. Es normal. En todo proceso revolucionario, el periodo de transición es en realidad una batalla campal entre aquellos que quieren ir hasta el final del cambio y aquellos que para conservar las posiciones adquiridas quieren detenerse. Eso es lo que ocurre hoy en Túnez. El principal problema institucional afecta a la naturaleza del régimen político que se adoptará. No hay consenso sobre este punto. Las elecciones para la Constituyente, que tenían que celebrarse el 24 de julio, se han retrasado por esta razón. En la pugna que se ha iniciado entre el poder de la revolución representado por la Alta instancia, presidida por Yad Ben Achur y los principales partidos de la oposición, incluidos los islamistas, frente al Gobierno compuesto por miembros del antiguo régimen y por viejos militantes del partido del Neo-Destur de la época de Burguiba, es la legitimidad revolucionaria la que ha ganado: las elecciones han sido aplazadas hasta el 23 de octubre de 2011.
El argumento de los partidarios de elecciones inmediatas era que había que poner rápidamente término a la ausencia de legitimidad institucional del poder y al caos económico; el argumento de los representantes de la sociedad civil es que un país que nunca ha conocido la democracia no puede adoptar un modelo institucional a la carrera: al contrario, hay que iniciar un debate en la sociedad para elegir unas instituciones sólidas que sean realmente garantes de la irreversibilidad del proceso democrático. El Estado de derecho no debe construirse de espaldas a los ciudadanos. Ha prevalecido esta solución.
Más allá de esta divergencia hay dos puntos conflictivos que mortifican al campo político: la cuestión social y la secularidad del Estado. Esas dos cuestiones están relacionadas. La primera no puede ser resuelta sin la puesta en marcha de una gran política de desarrollo en la que el Estado debería tener un papel estratégico. Pero los círculos de negocios que han apoyado a la dictadura querrían hoy una rápida reactivación de la actividad económica sin dar garantías sobre los derechos sociales de los asalariados. Defienden un liberalismo duro, mientras que la revolución es el resultado de los desastres económicos y sociales provocados por las privatizaciones de la era Ben Ali y la corrupción que constituía el corazón del régimen. No quieren un Estado social, que les impondría una parte de los sacrificios que todo el mundo está dispuesto a hacer. La cuestión social divide, pues, cada vez más. Y los partidos salidos de la revolución cabalgan sobre ella en la competición política por las elecciones.
El sindicato UGTT tiene el papel de un casi-partido; es un elemento clave de la lucha por un Estado social. Se redime así de su connivencia pasada con la dictadura. Pero nada indica que logrará conservar su hegemonía sobre los asalariados. Puesto que la economía tunecina está constituida en aproximadamente un 50% por el sector informal, los desempleados no sindicados son unos centenares de familias. La radicalidad religiosa está aquí al acecho. Los islamistas, que no han tenido papel alguno en la revolución, rivalizan en demagogia social para ganar legitimidad. Pueden seducir con sus propuestas extremas a una parte de la población, desorientada por la ausencia de cambio de su situación.
Segunda cuestión de fondo: la secularidad y las libertades individuales. Está en curso una batalla muy dura. Nadia el Fani, cineasta valiente, ha hecho una película significativamente titulada: Ni Alá ni amo. Ha proclamado en la televisión su ateísmo pidiendo respeto para quienes piensan como ella. Los fanáticos islamistas la han vilipendiado: ataques contra el cine que proyecta la película, amenazas de muerte contra la cineasta, actitud más que reservada del Gobierno en el apoyo a la libertad de conciencia. Por otro lado, los islamistas moderados del partido En Nahda acaban de abandonar la Alta instancia de la revolución, preparándose probablemente para pactar con los partidarios del antiguo régimen aún en el poder; a menos que se crean lo suficientemente fuertes como para separarse, ya, de una revolución secular que no es la suya. El mensaje es en todo caso claro para todos: el segundo acto de la revolución ha empezado. La batalla futura se convertirá inevitablemente en un enfrentamiento ideológico con los islamistas, que pretenden respetar la libertad de expresión, pero rechazan la secularidad del Estado. La revolución tunecina está lejos de haber acabado.

Festival de Carthage : le programme international



Dans quelques jours aura lieu le coup d'envoi du Festival international de Carthage qui devrait se poursuivre du 5 juillet au 4 aout.

Baptisée "Layal Carhage", cette 47eme session sera plus modeste que les précédentes et se déroulera sur quatre espaces : le Musée de Carthage, Ennejma ezzahra, El Abdellia et le Théâtre municipal de Tunis.
Largement consacrée aux artistes tunisiens de musique et de théâtre, le festival sera ouvert par 2 spectacles : le récital de l'Orchestre symphonique scolaire et étudiant de Hafedh Makni et une nouvelle production musicale de Ridha Chmak.
La clôture sera également double avec d'une part, le nouveau show de Raouf Ben Yaghlane et d'autre part, une troupe folklorique palestinienne.
Quant au programme international, il comprend un certain nombre de soirées ventilées entre musique et danse.
- Flamenco Jazz Fran Molinaz ( Espagne) - 9 juillet
- Ayo ( Nigeria-Allemagne) - 11 juillet
- Souad Massi ( Algérie-France) - 19 juillet
- Orchestre symphonique de Sicile ( Italie) - 22 juillet
- Craig Adams ( USA) - 26 juillet
- Ballets russes ( Russie) - 28 juillet
- Ballet Flamenco de Madrid ( Espagne) - 29 juillet
- Trio Jazz ( Italie) - 29 juillet
- Tango Nuevo ( Cuba) - 30 juillet
Plusieurs artistes arabes seront aussi de la partie
- Oumeima Khalil ( Liban) - 6 juillet
- Ballets Fahd Abdallah ( Liban) - 12 juillet
- Latifa Raafet ( Maroc) - 15 juillet
- Cheb Jilani ( Libye) - 15 juillet
- Abdou Driassa ( Algerie) - 17 juillet
- Nassir Chemma ( Irak) - 31 juillet
Par ailleurs, plusieurs Tunisiens vivant a l’étranger participeront a cette édition du festival. Citons entre autres Amel Methlouthi, Dhafer Youssef ou Khaled Ben Yahia.

La Suisse consolide sa présence en Tunisie par un don de 60 millions de dinars

L'ambassadeur de Suisse à Tunis, Pierre Combernous, a indiqué hier, selon la TAP, que la Suisse accordera une aide de 12 millions de dinars par an, sur cinq années, à la Tunisie.
Cette aide globale d'une valeur de 60 millions de dinars sera destinée aux régions du Centre tunisien, particulièrement les localités de Feriana et Thala, en finançant notamment des projets liés à la gestion de l'eau avec la mise en place de stations d'épuration et de recyclage des eaux usées, et ceci dans le but d'éradiquer les cas d'hépatites signalés à la suite de la contamination de la nappe phréatique.
D'autre part, l'ambassadeur suisse a souligné la volonté de son pays de consolider sa présence en Tunisie avec un consulat honoraire sur l'île de Djerba. Ce qui permettra de stimuler l'afflux de touristes helvètes vers notre pays.
Par ailleurs, il est important de signaler que la Suisse est l'un des pays qui renferme le plus d'avoirs du clan Ben Ali. En ce sens, certains diront qu'il serait plus simple de restituer cet argent au peuple tunisien au lieu de lui octroyer ces 60 millions de dinars sur cinq ans. Sur ce point, M. Combernous a déclaré que cette somme est un don, et non un prêt. De plus, les avoirs gelés du clan Ben Ali seront bel et bien restitués à la Tunisie. Mais cela peut prendre quelques années. L’ambassadeur a aussi fait remarquer que son pays est l'un des rares au monde à avoir déclaré le montant de ces avoirs gelés.

Tunisie: sites touristiques sous très haute surveillance cet été

TUNIS - Le ministère de l'Intérieur tunisien a annoncé vendredi un dispositif exceptionnel de sécurité pour la saison touristique estivale, pour prévenir toute menace de radicaux islamistes.

Cette année, il y aura une attention particulière portée sur les zones touristiques pour parer à des menaces d'agressions contre les Tunisiens ou les touristes étrangers, a déclaré le porte-parole du ministère, Néji Ziiri, qui a annoncé une présence très renforcée des forces de l'ordre.

Aujourd'hui, premier juillet commence une opération de sécurisation en trois phases: en juillet, en août et la première quinzaine de septembre, a précisé M. Ziiri lors d'un point presse au siège du gouvernement.

C'est la première fois qu'un tel dispositif est organisé, a précisé M. Ziiri à l'AFP.

Ce renforcement sécuritaire est décidé en raison des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux parlant d'attaques d'islamistes radicaux contre ceux qui ne partagent pas leurs valeurs, a-t-il précisé, tout en assurant que ces rumeurs étaient infondées.

Société civile, partis politiques et associations se sont inquiétés d'une montée de la pression islamiste en Tunisie, après l'attaque perpétrée dimanche contre un cinéma de Tunis où était projeté un film de Nadia el Fani sur la laïcité, et à des agressions mardi par des militants salafistes contre des avocats devant le palais de justice.

Le ministre de la Culture Ezzedine Bachaouch avait demandé jeudi des mesures de sécurité nécessaires pour qu'aucun extrémisme ne triomphe.

M. Ziiri a également fait référence à des mouvements d'Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) qui ont été observés à la frontière tuniso-algérienne ce dernier mois.

La garde nationale tunisienne a effectué il y a 10 jours des patrouilles dans une zone de la frontière algéro-tunisienne après une apparente incursion de quatre personnes en territoire tunisien, au niveau de Tamerza (sud-ouest).

Le mois dernier, un colonel et un soldat tunisiens avaient été tués dans des échanges de tirs avec des hommes fortement soupçonnés d'appartenir à Al-Qaïda.

Un Libyen et un Algérien avaient aussi été tués dans cet échange de coups de feu, à Rouhia, à environ 70 km de la frontière algérienne.

Peu importe l'origine de la menace, nous voulons veiller à la sécurité des citoyens, a déclaré M. Ziiri, avant de détailler les mesures prises.

Des postes de police éphémères seront aménagés sur toute la côte, en particulier dans les grandes villes, des numéros d'urgence seront activés, les festivals, les parcs, les plages seront particulièrement surveillés, a-t-il énuméré.

Les entrées et sorties des villes touristiques seront étroitement surveillées. Nous demanderons même aux bus touristiques de ne pas aller dans des zones où la sécurité n'est pas assurée. Des itinéraires seront déterminés en coordination avec le ministère du tourisme, a-t-il ajouté.

Tunisie: adoption d'un pacte interdisant la normalisation avec Israël

TUNIS — La commission de réforme politique tunisienne a annoncé vendredi l'adoption à la majorité d'un "pacte républicain" visant à servir de socle à la future constitution, qui stipule notamment le refus de toute forme de normalisation avec Israël.
Le président de cette commission, Yadh Ben Achour, s'est contenté lors d'une conférence d'annoncer l'adoption de ce pacte sans donner des précisions sur son contenu.
Mais la presse arabophone a publié le contenu de ce pacte qui définit la Tunisie comme un pays démocratique et libre, sa langue est l'arabe et sa religion est l'Islam.
Ce pacte qui doit servir de socle pour la nouvelle constitution tunisienne refuse catégoriquement "toute forme de normalisation avec l'Etat sioniste" et soutient la question palestinienne.
Cette mention a été l'objet d'un désaccord entre les membres de la commission, certains ayant jugé qu'elle n'est pas nécessaire dans une déclaration de principes, alors que d'autres, dont le mouvement islamiste Ennahda, qui s'est retiré fin juin de la commission, avait insisté sur son inclusion.
Parmi les principes fondamentaux de ce pacte, "la séparation entre les domaines politique et religieux", l'indépendance personnelle de chaque citoyen dans ses croyances et son droit à pratiquer les rites religieux.
Le pacte républicain prône également pour la préservation des acquis de la femme tunisienne et la séparation entre les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
M. Ben Achour a annoncé par ailleurs avoir envoyé ce matin au président tunisien par intérim "un décret présidentiel" déterminant les postes et les fonctions des membres du parti unique de l'ex-président Ben Ali le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui ne pourront pas se présenter aux élections de l'Assemblée constituante prévues le 23 octobre.
L'exclusion des anciens responsables du RCD devrait toucher notamment les membres du bureau politique, du comité central, des comités de coordination, des présidents de cellules et de fédérations, selon le texte de ce décret.
La commission pourrait annoncer la semaine prochaine la liste des personnes ayant appelé le président déchu Ben Ali à briguer un nouveau mandat, a-t-il encore indiqué.

Tunisie. 3C Etudes part en guerre contre le mauvais usage des sondages

3C Etudes lance un baromètre mensuel de mesure d’audience et présente les résultats d’une enquête d’opinion politique en Tunisie au cours d’une conférence de presse, mercredi, à l’Hôtel Golden Tulip à Tunis.

L’institut d’études marketing et de sondages d’opinion 3C Etudes investit, à son tout, un secteur fréquemment décrié en Tunisie, et lance un baromètre de mesures d’audience télé et radio et un sondage d’opinion politique. Pour ne pas laisser le terrain libre devant les cabinets déjà engagés dans ce secteur sans avoir nécessairement la maîtrise méthodologique et sans offrir les garanties minimales de rigueur et de crédibilité.
Etude de tendances ou manipulation d’opinions?  «Depuis mars 2011, Hichem Guerfali, directeur général de 3C Etudes ne cesse d’attirer l’attention du grand public sur le fait que les sondages d’opinion peuvent être manipulateurs de l’opinion avec un effet multiplicateur quand les méthodologies canoniques ne sont pas respectées», note 3C Etudes dans un communiqué. Le bureau d’études a joute que son directeur général «a commencé par proposer de mettre en place une réglementation du secteur et un contrôle à tous les stades de la réalisation de sondages d’opinion politique», mais, «ne percevant aucun pas fait dans ce sens en Tunisie, il a appelé à l’interdiction de la publication des sondages d’opinion politique dans les médias en les limitant à l’usage privé de leurs commanditaires.»
Le gouvernement n’ayant pas réagi et les cabinets spécialisés ayant continué à publier les résultats de sondages réalisés en dehors de tout cadre réglementaire et de tout contrôle des méthodologies assez primaires utilisées, les responsables de 3C Etudes on estimé qu’ils ne peuvent plus «se permettre de laisser le champ libre» et de publiera donc, à leur tour, les résultats de leurs premiers sondages d’opinion politique.

Tunisie: inquiétudes et vifs débats autour de l'intégrisme islamiste



L'attaque récente par des salafistes d'un cinéma de Tunis a catalysé les craintes dans les milieux culturels et associatifs tunisiens qui s'inquiètent d'une montée de la pression islamiste et multiplient les appels à la vigilance.

Dimanche dernier, une cinquantaine de militants brandissant le drapeau du parti salafiste Tahrir (non légalisé) envahissent le cinéma Afric'art pour tenter d'empêcher la projection du film de Nadia el Fani "Ni Allah, ni maître" (rebaptisé depuis d'un titre plus neutre, "Laïcité Inch Allah!").
Deux jours après, des avocats sont agressés devant le palais de justice où doivent comparaître les manifestants salafistes arrêtés à l'Afric'Art.
Ces événements ont relancé avec force le débat sur l'islamisme en Tunisie: vrai danger ou faux prétexte pour occulter les véritables problèmes ? Ennahda --le grand parti islamiste durement réprimé sous ben Ali et légalisé après la révolution-- joue-t-il double jeu ou doit-il être considéré comme un partenaire démocratique à part entière ?
Le parti est en tout cas généralement considéré comme l'un des favoris des élections du 23 octobre prochain pour choisir une assemblée constituante.
Artistes, syndicalistes et intellectuels de gauche ont multiplié cette semaine les réunions et manifestations pour mettre en garde contre "l'intégrisme et l'extrémisme", fustiger "l'inertie" des autorités et l'"ambiguïté" d'Ennadha vis à vis des actions salafistes. Le parti islamiste a condamné l'attaque du cinéma, mais selon eux il tient "un double langage".
"On ne laissera pas passer la violence dans ce pays profondément tolérant. On ne s'est pas débarrassé de la dictature d'un type pour passer sous la dictature d'une idéologie", martèle Habib Belhedi, membre de la direction du cinéma Afric'Art.
"Les gens, même les plus ouverts, nous reprochent de tomber dans la provocation en projetant un film sur la laïcité. Mais où on va ? On n'a pas fait une révolution pour en arriver là quand même!", s'indigne de son côté Nohra Sekik, membre du collectif Lam Echalm, qui regroupe quelque 80 associations.
Au-delà de l'affaire du film de Mme el Fani, beaucoup s'inquiètent de la visibilité de plus en plus importante des radicaux islamistes.
"J'ai peur. J'ai vu hier des images à Kairouan (centre) où l'on a abaissé le drapeau tunisien pour monter le drapeau noir des salafistes", déplorait samedi Raja Bourguiba, professeur d'italien, venue participer avec sa fille à un sit in contre la violence et l'extrémisme.
D'autres citaient des manifestations contre les "atteintes aux valeurs de l'islam" organisées vendredi après la grande prière à Sfax ou Sidi Bouzid (sud).
En outre, les rumeurs se multiplient, sur internet ou dans la rue: femmes agressées sur la plage parce que pas assez couvertes, intrusion d'islamistes dans des fêtes privées pour saisir les bouteilles d'alcool...
"C'est invérifiable, évidemment. On est entré dans le cycle des rumeurs", reconnaît Mme Sekik.
Interrogé samedi par l'AFP, Samir Dilou, membre du bureau exécutif d'Ennahda, ne cache pas son exaspération. "On en a marre d'entendre répéter la même chose, ce sont des procès d'intention de la part de gens qui pratiquent l'amalgame. Les vrais problèmes de la Tunisie c'est la stabilité sécuritaire, la prospérité économique", lance-t-il. "La politique n'est pas faite de faits divers, il faut sortir de l'exagération et de la victimisation", ajoute-t-il, avant de rappeler que le terme d'islamisme recouvre "un spectre large" allant d'Ennahda, autorisé, aux salafistes, non légalisés.
"Il faut prendre de la distance, et faire la distinction entre les différents courants islamistes", approuve le politologue Slah Jourchi, qui met en garde contre une bipolarisation du débat entre "modernistes" et "islamistes".

mercredi 29 juin 2011

Les Tunisiennes prennent possession de la Toile






WEB - Le site Aufeminin.com se lance en Tunisie. «20Minutes» a suivi ses équipes à la rencontre des militantes du Web tunisien...

Sur la terrasse d’un hôtel proche de Tunis, elles ont défilé, une par une, vendredi dernier, devant les caméras de l’équipe d’Aufeminin.com. Elles, ce sont des Tunisiennes dirigeantes d’entreprise, journalistes, blogueuses, spécialistes du Web ou des réseaux sociaux. Toutes très engagées pour la démocratisation de la Tunisie.
Aufemin.com, premier éditeur de sites féminin dans le monde, 40 millions de visiteurs uniques par mois, enregistre leurs témoignages pour la toute récente page d’accueil de sa version locale en Tunisie: http://tn.aufeminin.com. «C’est en raison de la situation très particulière des femmes en Tunisie que nous avons décidé de nous lancer dans ce pays, explique Marie-Laure Sauty de Chalion, PDG d’Aufeminin.com. Les femmes ont beaucoup plus de droits que dans d’autres pays arabes. Et les revendiquent, notamment sur Internet. Pendant la révolution, elles ont énormément utilisé le Web comme moyen de communication, de rassemblement. La Tunisie est le pays le plus connecté d’Afrique.»

Pas d’opportunisme

Aufeminin.com a ainsi constaté que son site recevait 285.000 visites de Tunisie par mois. Le Web, le networking est central ici, estime Amel Djait, journaliste et fondatrice de mille-et-une-tunisie.com. Les élections ont lieu en octobre. Je suis confiante, notamment grâce à Internet, quant aux possibilités pour notre pays et pour les femmes de réussir.»
Pourquoi alors ne pas justement avoir attendu octobre pour initier Aufeminin.com en Tunisie? «Tout le monde va recommencer à reparler de la Tunisie à ce moment-là, cela aurait paru opportuniste», estime Marie-Laure Sauty de Chalon.

La culture avant la pub?

L’initiative est bien accueillie car, comme le rappelle la militante Mouna Ben Halima «vous avez peut-être l’impression du contraire en France, mais ici les internautes ont eu le sentiment que le Web français avait mis du temps à soutenir les internautes tunisiens. Il y a eu Mediapart, Rue89 et Cécile Duflot qui ont été là dès le début sur Twitter. Mais beaucoup ont pris leur temps. Et comme on ne peut pas dire que les médias tunisiens soient encore tous libres, on se réjouit donc du lancement en Tunisie d’Aufeminin.»
A une condition, note cependant Nizar Chaari, directeur général du magazine «people culturel» Tunivisions: «que la Tunisie ne soit pas seulement pour ce mastodonte qu’est Aufeminin.com un marché publicitaire, qu’il y ait vraiment du contenu. La France a perdu pas mal de qualité dans ses échanges culturels avec la Tunisie, il faut que ça revienne, et si Internet peut en être le lieu, tant mieux.»

mardi 28 juin 2011

William Burns: «Le succès de la Tunisie est le succès des États-Unis»

La visite surprise et éclair de William J. Burns à Tunis n’a pas apporté de nouveau. Le Sous-secrétaire d’Etat américain chargé des Affaires politiques a réitéré lundi à Tunis «le soutiens total» de son gouvernement à la transition démocratique en Tunisie. 
Rappelant les propos du président Barack Obama, Burns n’a pas tari d’éloges aussi bien pour le rôle «pionnier» joué par la Tunisie dans «le printemps arabe» que pour «le chemin jusque là accompli sur la voie de la transition économique». Il a dit espérer voir la Tunisie «donner aussi l’exemple en réussissant le passage à la démocratie».
Plus d’investissement des pays du G8 en Tunisie
Le responsable américain est allé jusqu’à dire que «le succès de la Tunisie est le succès des États-Unis». C’est pourquoi, a-t-il annoncé, l’aide américaine au processus électoral et démocratique sera portée de 15 à 30 millions de dollars. Il a aussi laissé entendre que son gouvernement soutiendra «plus d’investissement des pays du G8 en Tunisie». C’est que, pense-t-il, «le plus le peuple a confiance en le processus démocratique (en Tunisie), le plus les investissements viendront».
Quant aux chances d’Ennahdha de remporter les élections du 23 octobre, Burns, qui avait déjà visité la Tunisie en février dernier, a réaffirmé que son pays n’y interviendra en aucun cas. «C’est aux Tunisiens de choisir», a-t-il dit et répété lors du point de presse qu’il a tenu à Tunis. «Notre unique objectif est de soutenir le processus démocratique, même si nous sommes ouverts à échanger avec tous les partis politiques».
Renforcer l’isolement de Mouammar Kadhafi Les États-Unis gardent les mêmes positions concernant la situation en Libye.
Burns l’a évoquée lors de ses entretiens avec le Premier ministre Béji Caïd Essebsi et le ministre des Affaires étrangères Mouldi Kéfi.
Se félicitant de «la position de la Tunisie sur la question libyenne», il a dit que les États-Unis «œuvrent, en collaboration avec leurs partenaires à renforcer l’isolement de Mouammar Kadhafi» et ne voient d’avenir en Libye «que dans le départ du régime actuel».

Tunisie : 30 millions de dollars d’aide américaine ?

Les Etats-Unis ont « doublé 15 fois le budget au profit de la Tunisie depuis le déclenchement de la Révolution, pour atteindre au cours des six derniers mois, 30 millions de dollars ». C’est ce qu’a déclaré William Burns, secrétaire d'État adjoint chargé des affaires politiques.
M. Burns a déclaré, lors d'une conférence de presse tenue lundi 27 juin 2011, à l'ambassade U. S. à Tunis, que "la transition démocratique ne peut pas atteindre l’objectif escompté sans le soutien et la revitalisation de l’économie et de la croissance". Il a souligné la détermination de son pays à doubler l'aide américaine à la Tunisie et à établir des partenariats à long terme.
Cette visite, sa deuxième en Tunisie depuis Février dernier, vise à confirmer le soutien des Etats-Unis d'Amérique à la transition démocratique en Tunisie. Il a rappelé à cet effet le soutien réitéré du président Barack Obama, dans ses différents discours envers la Tunisie et le printemps arabe.
Il a également souligné l'engagement du président américain durant le sommet du G8 à Deauville, en France, de convaincre les pays industrialisés d’aider l'économie tunisienne et la transition démocratique en Tunisie.
M. Burns a indiqué que les Etats-Unis sont désireux d'encourager les touristes américains à visiter la Tunisie, surtout après l'entrée de l’open sky. Il a noté qu'il a évoqué ce projet avec différents responsables tunisiens.

Tunisie/USA, le vice-président de Boeing veut l'instauration de l'Open Sky

Le sénateur américain, John Mac Cain qui devait arriver ce soir à Tunis, n’était finalement pas du voyage qu’il avait organisé pour accompagner une délégation d’hommes d’affaires américains. « Mr Mc Cain a raté l’avion qui devait le ramener de Paris, à cause d’un retard de son avion arrivant de Washington. Il est très navré et réitère son soutien à la Tunisie. Il réaffirme qu’il compte venir une seconde fois en Tunisie, mais sans donner de date précise », a expliqué l’ambassadeur américain à Tunis Gordon Gray, lors de la conférence de presse donnée ce soir à l’ambassade américaine. 

Mais comme l’avait promis Mc Cain lors de sa première visite en Tunisie, la délégation d’hommes d’affaires américains est quant à elle bel est bien arrivée à Tunis. Il s’agit de grosses pointures du monde des affaires comme Jeffrey L. Johnson, vice président de Boeing International et président de Boeing au Moyen Orient, Curtis A.Ferguson, le président de la région MENA de Coca Cola Company, Edwig D Fuller de la chaine hôtelière Mariott et Jeff Immelt, président directeur général de General Electric. Au total sept hommes d’affaires, qui ont rencontré ce matin Rafaa Ben Achour, ministre délégué auprès du premier ministre, et Jalloul Ayed le ministre des Finances. « Cette délégation est très représentative du secteur des affaires aux USA. Il faut que les hommes d’affaires américains voient ce qui se passe en Tunisie, voire comment il est possible de faire des affaires ici. Ce soir nous allons rencontrer des hommes d’affaires tunisiens pour parler de tout cela », avait affirmé Jeff Immelt. 

L’Amérique a réitéré son intérêt pour l’avenir de la Tunisie à maintes reprises. Obama lui-même  l’avait exprimé dans un discours, ensuite la secrétaire d’Etat américain Hillary Clinton, et enfin toutes les délégations gouvernementales qui sont passée par la Tunisie. Mais concrètement rien n’a été encore entamé. Jeff Immelt a évoque la question des infrastructures qui prennent du temps avant que les compagnies ne s’installent. «General Electric a déjà un partenariat avec une entreprise tunisienne, nous cherchons à en faire davantage, et c’est le cas de toutes ces entreprises représentées par les membres de la délégation ici présentes. Je ne peux pas donner de dates précises, mais nous y intéressons sérieusement».

Interrogés sur le fait s’ils ne craignaient pas d’investir dans un pays probablement non séculier, Jeffrey L. Johnson répond que tout ce qui importe c’est une sécurité économique, et des lois propices aux affaires. Immelt a pour sa part indiqué que les américains ont de tout temps fait des affaires en Tunisie, «  et nous sommes très optimistes quant à ce qui se passera ici », faisant allusion à l’avenir politique du pays.

Lors des réunions qui se sont déroulées ce matin, les hommes d’affaires américains ont chacun présenté des idées. Le Vice président de Boeing a exprimé sa volonté de voir s’ouvrir l’Open Sky entre la Tunisie et les USA et qu’il y ait concrétisation du vol direct prévu entre Tunis et New York. Est-ce que votre visite ici est aussi une façon de garder un œil sur la Libye ?  Le patron du Mariott répond : «nous avons ouvert un hôtel la bas une semaine avant le début des évènements, et nous avons l’intention d’y retourner pour en ouvrir encore d’autres ». Gordon Gray y répond autrement : «L’emplacement de la Tunisie est très intéressant, elle pourrait devenir une plate-forme des affaires en Afrique du Nord ». Il reste à espérer que ce ne soit pas un vœu pieux, puisque de tout temps les affaires avec l’amérique du Nord n’ont pas eu l’élan escompté. 

Tunisie: les islamistes d'Ennahdha se retirent de la commission des réformes politiques

Le mouvement islamiste tunisien Ennahdha a annoncé lundi qu'il se retirait définitivement de la Haute instance chargée des réformes politiques et de la transition démocratique. Son président, Rached Ghannouchi, lui a notamment reproché de s'ériger en assemblée parlementaire, alors qu'elle ne dispose pas, selon lui, de légitimité issue des urnes.
Cette instance est l'une des trois commissions mises en place au lendemain de la chute du régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui le 14 janvier dernier en Arabie saoudite à la suite d'un soulèvement populaire. La principale tâche qui lui a été assignée est la préparation de l'élection d'une Assemblée constituante.
Les représentants d'Ennahdha avaient récemment suspendu leur participation à cette instance pour protester contre le report au 23 octobre prochain de l'élection de la Constituante, initialement prévu le 24 juillet. Ils l'avaient néanmoins réintégrée après des consultations avec le gouvernement et les autres partis politiques.
Sur le fond, Ennahdha reproche à la Haute instance de s'ériger en assemblée parlementaire, alors qu'elle ne dispose pas, selon lui, de légitimité issue des urnes. Anticipant ce départ, le président de l'instance, le juriste Yadh Ben Achour, avait assuré le week-end dernier à Tunis que le retrait du mouvement islamiste n'aurait aucun impact sur le travail de l'organe qu'il dirige. "Nous respectons son opinion, mais nous allons poursuivre la mission qui nous est dévolue", a-t-il déclaré.
Cheikh Ghannouchi a estimé que la Haute instance avait "dévié" de sa mission en tentant "d'imposer loin de tout consensus ni de consultation" un ordre du jour qui pourrait encore une fois mettre en cause la nouvelle échéance électorale du 23 octobre.
Outre la controverse sur le financement des partis, l'un des points de contentieux porte sur la question de la normalisation avec Israël. Le mouvement islamiste voulait que le refus de toute normalisation avec l'Etat hébreu soit inscrit dans le projet de pacte républicain en cours de discussion.
Dans un communiqué, Ennahdha a accusé lundi "une minorité dominante" ainsi que M. Ben Achour d'avoir "trahi l'esprit de consensus" sur lequel a été fondé cet organe. Toutefois, le mouvement islamiste laisse entendre qu'il peut réintégrer l'instance "au cas où celle-ci révisait son attitude pour faire prévaloir le principe du consensus".
Le chef d'Ennahdha a par ailleurs exprimé ses "regrets" à la suite de la manifestation violente survenue dimanche à Tunis lors de la projection d'un film sur la laïcité intitulé "Ni Allah ni maître". "Nous refusons toute forme de violence et respectons la liberté de culte", a martelé Rached Ghannouchi, tout en dénonçant les "provocations" dont ferait l'objet son mouvement.
"Certains tirent des sonnettes d'alarme en présentant Ennahdha comme un ogre qui menace les droits de la femme et le tourisme", s'est-il insurgé. Il y a perçu "un harcèlement qui conduirait à l'exclusion du mouvement, voire à de nouveaux procès à l'instar de ceux montés par le régime de Ben Ali contre les islamistes"

lundi 27 juin 2011

Tunisie: manifestation islamiste contre la projection d'un film sur la laïcité

Une centaine d'islamistes ont tenté dimanche de s'opposer à la projection à Tunis d'un film de la réalisatrice Nadia Féni, une Tunisienne résidant en France, traitant de la laïcité, a constaté un journaliste de l'Associated Press. Intitulé "Ni Allah ni maître", le film avait déjà été mal accueilli dans les milieux islamistes il y a plusieurs semaines.
Aux cris de "Allahou Akbar" (Dieu est le plus grand) et "la Tunisie est un Etat islamique", les manifestants, la plupart barbus et qui scandaient des slogans hostiles à la laïcité, ont brisé les vitres du "Cinéma Africa" en plein centre de Tunis. Huit d'entre eux ont ensuite pénétré dans la salle, où ils ont été interpellés par les forces de l'ordre accourues les lieux, sous les acclamations du public. Le patron de la compagnie "Familia Productions", Habib Belhedi a été agressé et avait l'oeil tuméfié.
"Les salafistes voulaient empêcher la projection du film. Nous leur avons suggéré de le voir pour ensuite donner leur point de vue, mais ils ont refusé", a déclaré à l'AP le critique cinématographique Naceur Saâdi, connu pour être un fervent défenseur de la liberté d'expression et de création.
La projection du film était une initiative de l'association "Lam Echaml" (Rassemblement de toutes les parties) visant à contrecarrer les actes agressifs dont plusieurs artistes tunisiens ont été victimes. Le réalisateur Nouri Bouzid, honoré lors du dernier festival de Cannes, a ainsi été dernièrement violemment agressé à la tête par un islamiste.

dimanche 26 juin 2011

Les grandes entreprises américaines à la conquête du marché tunisien

Ce qui rend cette région intéressante c’est que, pendant longtemps, son marché a été dominé par les entreprises européennes, lâche tranquillement Jeff Immelt président du Conseil général de General Electric.
 
La délégation d’affaires américaine (GE, Coca Cola, Boeing, Mariott…) en visite en Tunisie et qui devait être conduite par le sénateur John McCain finalement empêché par un retard d’avion, compte s’appuyer sur « l’optimisme » généré par le printemps arabe et qui s’est répandu dans la région pour provoquer de nouvelles opportunités d’affaires. Conquérir un marche tunisien de 10 millions d’habitants n’est pas le plus intéressant pour ces mastodontes du business américain et mondial mais reste le challenge de faire de la Tunisie, et ce grâce à son emplacement stratégique, une plateforme d’échange avec le Maghreb et l’Afrique en général, explique M. Immelt lors de la conférence de presse qui a couronné cette visite.
Cette délégation « diversifiée et parfaitement représentative du monde des affaires américain » s’est rendue en Tunisie parce qu’il est « opportun » d’y être en ce moment et d’y investir, déclare Jeff Immelt.
 
Des rencontres ont été effectuées avec les autorités dont notamment le ministre des Finances mais pas seulement. Edwin D. Fuller, président de Mariott a révélé que deux projets dont il ne peut dévoiler les détails sont en cours de finalisation avec des partenaires locaux. Jeffrey L. Johnson, vice-président Boeing du Moyen-Orient espère que l’Open Sky (synonyme de vols direct des Etats-Unis vers la Tunisie) qui a été un des points discutés  avec les autorités, permettra de créer de nouveaux partenariats entre le géant de l’aéronautique et Tunisair.
Les opportunités existent et les responsables affichent une volonté claire pour favoriser une politique de transparence, pense Jeff Immelt. Sauf que les projets pour développer l’infrastructure sur tout le territoire, et sur lesquels il faudra mettre l’accent, prendront du temps, atténue-t-il un peu plus tard. En conclusion : « une vision est nécessaire pour assurer un développement économique sur le court terme avec un impact sur le long terme ».
 
Interrogé sur l’appréhension de l’arrivée possible au pouvoir des islamistes, Jeffe Immelt a clairement signifié son total désintérêt du jeu politique : « nous sommes des hommes d’affaires et nous ne croyons pas aux politiciens, ce dont nous avons besoin c’est d’honnêteté, d’un marché libre, d’une main d’œuvre qualifiée… ».

Tunisie : Ennahdha compte sur les femmes et prédit le chaos si…



Les dividendes de la révolution en Tunisie pourraient s’envoler si les élections étaient de nouveau reportées ou fondre sous l’effet des violences d'inspiration politique, avertit Rached Ghannouchi, le chef d'Ennahdha, le principal parti islamiste.

Dans une interview au quotidien britannique « The Guardian », il a prévenu que le report du scrutin - du 24 Juillet to 23 Octobre – pourrait ne pas être le dernier, et la tenue d'une élection au début de l'année scolaire et universitaire dans un contexte de contestation estudiantine et de grèves ouvrières pourrait fournir une occasion pour fomenter le chaos. Il a estimé que le report du scrutin est une tentative menée par les partis qui ont cohabité avec la dictature de Ben Ali pour regagner leurs positions. «Ils tentent d'échapper aux urnes. Ceux dont le poids est faible, ne veulent pas monter sur la balance."
Ennahdha et le Parti démocratique progressiste ont conclu des compromis pour maintenir le processus électoral sur les rails, étant convaincus que la transition démocratique est plus importante que le résultat. Ennahdha accepté à contrecœur le report de l'élection, après que tous les autres partis l’ont accepté, mais elle n’est pas convaincue du bien-fondé des raisons invoquées.
"Il est maintenant question d'organiser des élections présidentielles ou d’introduire des amendements à la constitution et d'organiser un référendum, ou encore de convertir le Conseil pour la réalisation des objectifs de la révolution en un parlement ayant vocation à légiférer. En fait, il accomplit déjà cette mission bien avant l'élection de l'assemblée constituante, ce qui montre que cette assemblée est, aux yeux de certaines personnes, une chose indésirable ", affirme Rached Ghannouchi.
Il n'existe pas de sondages d'opinion fiables sur ce qui va arriver aux 80 partis politiques en Tunisie. Le chef d’Ennahdha a indiqué que le représentant dominant de l’ancien échiquier politique était le parti Ettajid, l'ancien parti communiste tunisien pour lequel son parti était l'ennemi numéro un. "Ils n'ont pas confiance dans leur capacité à croiser le fer avec Ennahdha , et c’est pourquoi ils appellent de leurs vœux des reports de scrutin, l’un après l'autre . Fixer la date des élections pour le début de l'année universitaire pourrait être pour un motif de les reporter à nouveau, parce que pareille date coïncide avec une grande instabilité et une agitation estudiantine et ouvrière ", a-t-il dit.
Ghannouchi estime que la révolution est irréversible: «Le peuple tunisien s’est libéré et n'acceptera jamais un nouveau dictateur, sous n'importe quel nom, islamique ou autre. Mais il y a une peur du chaos, si la période de transition est longue et si le pays perd du temps. ».
Le tourisme a diminué de moitié et le chômage a doublé depuis le soulèvement. La vie de la plupart des Tunisiens est plus difficile maintenant, mais, dit-il, les Tunisiens retrouvent le sourire. «Ils se sentent en confiance, et ceci est visible sur le plan psychologique : Il ya moins d'accidents de la route, le taux des divorces est en baisse, et moins de gens sont traités en psychiatrie. Les Tunisiens sont plus confiants dans l’avenir et il y a davantage de solidarité et de cohésion sociale. "
D’autre part, Il s’est déclaré confiant dans la capacité de son parti à fonctionner dans une société pluraliste de la démocratie multipartite.
"Quand la loi électorale a été discutée, il était prévu que la disposition relative à la parité homme-femme dans les listes des partis devrait semer l'embarras dans les rangs des islamistes. C’est le contraire qui s’est produit, parce que nous étions en mesure de mobiliser davantage de femmes se réclamant de notre mouvement dans les zones rurales que tout autre parti pouvait le faire ", a-t-il conclu.

De París 1968 a Túnez 2011



Túnez, Egipto, Libia, Yemen, Barhein, Siria, brotes en Jordania y Marruecos. Pero también indignados en España, rebote en las calles francesas e italianas, manifestaciones explosivas en Grecia, incipientes en Alemania… ¿Un nuevo Mayo francés? Quizás no, pero no por eso menos agudo para estudiarlo.

Ayer
Aquella fue una auténtica contracultura, una revolución musical, cultural, sexual, libertaria, transversal y trascendente. Era el resultado de un fuerte descontento con el sistema de Berlín a Puebla, de Londres a Ciudad del Cabo, que pretendió ser disimulado con el mote de “conflicto generacional” o “neoclasista” para tapar la indignación (porque también lo fue) contra la desigualdad, la injusticia, los condicionamientos.
El establishment, claro, lo vivió como “desobediencia”; y para la soberbia autoritaria eso implicaba “castigo”. Pero los jóvenes se rebelaron en las plazas californianas contra Vietnam y se subieron a los tanques que Moscú mandó a Praga. Había expectativas en los intelectuales. Los jóvenes encontraban eco en las demás generaciones y se sentían Pulgarcito contra los gigantes (EEUU y la URSS).
Hubo un error (¿inexperiencia?). Faltaba organizarse y eso los (nos) debilitó, fue dispersando el movimiento; incluso en la década siguiente lo que sobrevivía creyó que la salida era la radicalización y los ‘70 fueron la antítesis de la Paz que reclamábamos en los ´60. La violencia imperó, se pasó del romanticismo a la exaltación. Y quizás el último estertor de aquel tiempo fue la esplendorosa fiesta de la Caída del Muro de Berlín, cuando a muchos ya nos había abandonado la adolescencia y otros caían en un neo-conservadurismo cuarentón.
Quedó el recuerdo imborrable, quedó un nuevo espacio para la mujer, quedó una nueva concepción del arte, quedó un fondo musical que sobrevivió en nuestros hijos/nietos de la mano de inmortales como Lennon y Jagger. Y la idea de que en la juventud podían estar las semillas de una realidad distinta; y que aún desarmada, cantando, festiva, irónica y mordaz, sin necesidad de tomar las armas, se podía construir una avanzada poderosa contra la lógica blindada del poder.

¿Hoy?


Estudiantes y jóvenes profesionales, como aquéllos, llegaron a inmolarse en Túnez reclamando democracia, libertades y trabajo. Los mismos que en Egipto fueron capaces de “ablandar” al histórico ejército y derrumbar al remedo de faraón que pretendió ser Mubarak. Los mismos que se hartaron del delirio de Khaddafi, de los abusos del régimen yemenita, de la falta de respuestas sirias, de la asfixiante opresión saudí.
Pero habría más. Cruzando el Mediterráneo, esa misma masa crítica social envió un mensaje de renovación de la conciencia cívica en paz, claramente en paz, para quitar justificativo a toda represión. De hecho, en la revuelta de los “indignados” se vetó a los que abogaban por el camino del destrozo. Reconociendo la primavera árabe como ejemplo de acción contra las injusticias, pusieron en blanco sobre negro su rechazo hacia dirigentes políticos, Bolsas y Bancos, contra la que llamaron “oligarquía económica” y “tiranía de déspotas”, apostando a otra mundialidad posible opuesta a la mundialidad financiera.
Como reacción ante “las injusticias” del sistema se instaló primero como un campamentismo urbano con algo de folklore hippie resucitado, para luego, a caballo de la escasa respuesta pública (y la que hubo fueron palos) multiplicarse a través de las redes sociales. Alcanzaron asambleas de barrio y ganaron vitalidad expresiva de su hartazgo, desencanto e incomprensión. Ya no es un arranque madrileño, lo vivieron de norte a sur: Barcelona, Valencia, Sevilla y varios centros en Galicia, con diferente intensidad.
¿Piden lo mismo que los jóvenes de la ”Primavera árabe”? No, por cierto. Arranca parecido, con juventudes motivadas a través del general Facebook, el mariscal Twitter y la comandante Internet. Pero mientras los árabes piden lo que nunca tuvieron (democracia, canales de expresión, mejor calidad de vida), los jóvenes europeos reclaman no perder lo que fue parte de su modus vivendi. Es decir, unos quieren lo que los otros tuvieron, y éstos sienten que lo están perdiendo.
Las autocracias del Norte de África y Oriente Medio les cerraron la boca. Las democracias europeas no dan respuestas, sumidas en la tormenta perfecta desatada por los mercados financieros. Se sumó la juventud francesa, en especial los hijos de inmigrantes que han nacido en suelo galo y no se les reconoce como tales. Con ellos, muchos más salieron a la calle pidiendo democracia real al grito de “París, despierta!” sin olvidar el pasado: “Mayo 68 pidió lo imposible, Mayo 2011 lo conseguirá”. Y adhirieron a los indignados jóvenes ingleses, irlandeses griegos e italianos.
Se habla de diversidad en el mundo, cultural, religiosa, política. Pero existen fuerzas unificadoras: la asfixiante tenaza financiera, la búsqueda de una mejor distribución, el rechazo a la dirigencia sorda. Hay un objetivo: transformar la realidad. Hay una masa crítica común: los jóvenes. ¿Es más lo que los une o lo que los diferencia? ¿Los separa el qué o los separa el cómo? Una cosa deberán aprender: no alcanzan carpas ni pancartas. Una cosa aprendieron: no sirve la violencia. Otro mundo es posible, o mejor dicho, otro mundo es necesario.

La paradoja belga

Curioso: siendo un país más bien “conservador”, Bélgica se volvió el sueño de indignados y anarquistas. Disciplinados como son, se las ingeniaron para pasar más de un año sin gobierno y para que la vida siguiera como si tal cosa. No se partió en dos, no se derrumbó su economía, sigue siendo la sede de la Unión Europea y no entró en caos. Sus manifestantes callejeros protestan comiendo papas fritas (literal) o dejando de afeitarse.
Desde que en junio de 2010 el partido independientista flamenco N-VA ganó las elecciones pero no la mayoría, que no puede formar gobierno superando a Irak que llegó a estar 289 días sin contar con autoridades consolidadas. Los diarios locales ya lo toman con mucha sutileza: “Bélgica está en pie, no se evaporó, simplemente es un poco menos belga”, publicó Beatrice Delvaux, editorialista jefe de “Le Soir”.
El colmo de la ironía provino de la senadora socialista Marleen Temmerman quien, parafraseando a la “Lisístrata” de Aristófanes, dijo a la cadena radial RTL: "Si todas nos ponemos de acuerdo en la abstinencia sexual hasta que se decidan, estoy convencida de que podremos lograr que las negociaciones para formar gobierno avancen más rápido. Ya se sabe qué prioridad le dan los hombres en esas cosas". Genial. Muy, pero muy belga.

En Tunisie, « on s'est débarrassé de la peur »

Six mois après le geste désespéré de Mohamed Bouazizi dont l'immolation par le feu a fait de la ville de Sidi Bouzid l'épicentre du séisme qui a amorcé la révolution tunisienne avant de gagner le monde arabe, sa région natale et le reste du pays hésitent entre fierté et désenchantement. 
La révolution de la dignité et de la liberté est celle du 17 décembre et non du 14 janvier », lit-on sur un mur de l'avenue Habib-Bourguiba à Sidi Bouzid, à 270 km au sud-ouest de Tunis. Le 14 janvier est la date de la fuite du président tunisien Ben Ali ; le 17 décembre, celle de l'immolation par le feu de Mohamed Bouazizi. Le suicide de ce jeune marchand de fruits excédé par des humiliations policières a déclenché la Révolution de jasmin en Tunisie avant de se transformer en printemps arabe.
Six mois plus tard, le désenchantement a gagné la ville de Sidi Bouzid. « Depuis des mois, les journalistes du monde entier défilent et ma situation n'a pas changé pour autant », déplore Youssef, un jeune vendeur de légumes. « Avant, je me faisais 100 dinars (50 E ) par semaine ; depuis la révolution, une vingtaine (10 E) », se plaint-il, en cachant à peine son regret du temps de « ZABA », acronyme de l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali. « Il paraît qu'il pleut des milliards sur Sidi Bouzid. Je n'ai pas vu un centime », lâche un autre vendeur de légumes.

Dans la Maison des jeunes toute proche, trois membres de l'association Al-Karama (la dignité en arabe) sont réunis pour élaborer des solutions de développement. Après le 14 janvier, « les critiques ne sont valables qu'assorties d'alternatives », tranche Hichem Daly qui propose ainsi « un projet de "comité de développement régional" réunissant des représentants de l'État, des communes et de la société civile qui débattront en public des priorités pour leur région ».

Apparition de plus de 90 partis
Au-delà de Sidi Bouzid, de nombreux Tunisiens trouvent que les choses ne vont pas assez vite. Mais, selon un baromètre de l'institut Sigma conseil, plus de 70 % de la population se dit confiante dans l'avenir, même si une liberté retrouvée ne fait pas oublier toutes les difficultés.
Dans la colonne positive du bilan des six derniers mois, Pierre Vermeren, historien spécialiste du Maghreb, constate : « Une vie politique s'est mise en place avec la création de nombreux partis, le pays n'a pas basculé dans la guerre civile ou un degré de violence trop grand et il ressent une grande fierté nationale d'avoir été à l'origine du printemps arabe. » Sur le plan politique, après de longues tergiversations, les autorités, les partis et la commission électorale se sont entendus pour fixer au 23 octobre la date des élections qui désigneront l'assemblée chargée d'élaborer une nouvelle Constitution pour la Tunisie. La scène politique est toutefois extrêmement morcelée avec l'apparition de plus de 90 partis.
Côté négatif, la crainte du marasme d'une économie tirée vers le bas par la baisse considérable d'une de ses principales ressources, le tourisme, assombrit le paysage. La guerre en Libye pèse aussi sur la Tunisie avec les quelque 500 000 réfugiés qu'elle a dû accueillir.
La blogueuse Lina Ben Mhenni tire pour sa part un bilan simple mais éloquent des six derniers mois en Tunisie : « On s'est débarrassé de la peur.

La Tunisie, prochain membre de la BERD

La Tunisie vient de déposer une demande officielle afin de joindre la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD), en qualité de membre et en qualité de pays recevant, a indiqué la BERD dans un communiqué rendu public vendredi 24 juin 2011.
La BERD avait exprimé le mois passé « sa volonté d’étendre ses domaines d’intervention au-delà de l’Europe de l’ouest et de l’Europe Centrale, et se lancer dans des investissements dans les nouvelles démocraties dans les pays de l’Afrique du Nord ». La banque de développement, qui traite déjà une demande égyptienne, a annoncé que le Maroc a à son tour formulé une même demande.
Dans une lettre adressée à Thomas Mirow, Président de la BERD, Abdelhamid Triki, ministre tunisien de Planification et de la Coopération Internationale a indiqué que « son pays est en train de s’engager dans des réformes politiques, économiques et sociales pour réussir la transition démocratique. Dans ce même contexte, je voudrais vous informer de notre grand intérêt à recevoir le soutien de la BERD pour parfaire ce processus ».
M. Triki ajoute que son pays souhaiterait que sa demande soit traitée dans de brefs délais. La BERD avait indiqué qu’elle serait en capacité d’investir 2.5 Milliards d’euros par an dans la région de l’Afrique du Nord et le Moyen Orient, sans demander de nouveaux fonds.

Des officiers libyens réfugiés en Tunisie jugent la situation dramatique

Des officiers libyens de haut rang ayant fait défection en Tunisie ont fait état vendredi d'une "situation dramatique" en Libye.
Depuis plusieurs semaines, les dissidence se multiplient dans les rangs des forces gouvernementales libyennes. De nombreux groupes sont arrivés en bateau en Tunisie au port de Ketf, dans la région de Ben Guerdane frontalière avec la Libye, et d'autres par voie terrestre, en passant par le poste frontalier de Wazen contrôlé par les insurgés ou en empruntant des pistes sahariennes.
L'agence de presse officielle tunisienne TAP a fait état de l'arrivée jeudi de 49 réfugiés libyens, dont 19 officiers de l'armée et de la police, précédés mercredi encore au port de Keft par 38 autres Libyens, parmi lesquels de hauts responsables militaires.
Trois officiers supérieurs ont accepté de livrer leur sentiment à l'Associated Press, sous le couvert de l'anonymat, par crainte de représailles du régime du colonel Moammar Kadhafi contre leurs familles restées en Libye. Ces informations n'ont pas pu être vérifiées de source indépendante étant donné le chaos qui prévaut sur place.
"Nous sommes venus ici (en Tunisie) non pas pour fuir la mort mais en raison du massacre perpétré contre le peuple libyen. Nous n'acceptons pas de tuer les enfants de notre pays", a expliqué l'un d'eux.
Jugeant "la pression de plus en plus insoutenable", il a confié avoir attendu plus de deux mois pour "sauter sur l'occasion" de partir qui s'était présentée à lui et à ses compagnons.
Selon lui, de nombreux autres militaires n'attendent eux aussi que le bon moment pour faire de même. "Il est arrivé que certains de nos collègues à bout de nerfs se tirent des balles sur eux-mêmes. Certains sont morts, d'autres se sont grièvement blessés", a-t-il assuré.
Il a aussi mentionné un bataillon de 150 militaires "disparus" pour s'être opposés à des "ordres insensés". Pour ce militaire, le colonel Kadhafi est devenu un "Satan" auteur de "crimes horribles".
"Nous vivons des drames tous les jours. Chaque heure, il y a des victimes qui tombent", a renchéri un autre officier. Il a avancé un bilan de plus de 15.000 morts depuis le début de la crise libyenne et estimé le nombre de prisonniers à plus de 30.000.
Le troisième officier a déploré les effets dévastateurs de la guerre à Misrata, deuxième ville du pays et dernière encore tenue par l'opposition dans l'ouest du pays. "Misrata était une belle ville. Aujourd'hui, c'est la désolation. Elle n'est méconnaissable", a-t-il témoigné.
A leur arrivée en territoire tunisien, les militaires libyens dissidents sont interceptés par les unités de l'armée et de la garde nationale tunisiennes qui ont renforcé leur présence dans les zones frontalières.
"Ils nous rendent leurs armes et nous les conduisons en lieu sûr. Certains vont rejoindre leur famille réfugiée en Tunisie", a déclaré le porte-parole du ministère tunisien de la Défense, le colonel-major Mokhtar Ben Nasr, qui a refusé de préciser leur nombre.

Tunisie: la BEI signe son premier financement de l'après-Deauville

Un mois après le sommet du G-8 de Deauville, la Banque européenne d'investissement (BEI) a opéré vendredi son premier financement en Tunisie par l'octroi d'une enveloppe de 163 millions d'euros destinée essentiellement à cofinancer un programme de modernisation routière.
Une convention a été signée à cet effet dans la journée à Tunis par le ministre tunisien de la Planification et de la coopération internationale Abdelhamid Triki et le vice-président de la BEI, Philippe De Fontaine-Vive.
D'un coût global d'environ 300 millions d'euros, le projet devrait contribuer à la création de 7.000 emplois. Il vise également le développement économique des régions de l'intérieure de la Tunisie défavorisées, en facilitant leur désenclavement.
Le financement de la BEI est remboursable sur 25 ans dont quatre ans de grâce, avec un taux d'intérêt fixé à chaque demande de décaissement.
Le sommet du G-8 avait adopté en mai dernier le principe d'un appui de 40 milliards de dollars sur deux ans, en faveur de la Tunisie et l'Egypte dont une partie doit être financée par les banques multilatérales de développement.
M. De Fontaine-Vive qui a eu des entretiens avec le Premier ministre Béji CaÎd Essebsi, plusieurs membres du gouvernement et des représentants du monde des affaires, a mis l'accent sur la volonté de la BEI, premier investisseur en Méditerranée, "à conduire une action rapide, concrète et efficace" en Tunisie d'où est parti le "printemps arabe" pour l'aider dans sa transition démocratique, économique et sociale, et améliorer les conditions de vie quotidienne des Tunisiens.
Il a fait état d'autres financements prévus en faveur des PME, du développement du micro-crédit, de l'emploi et de l'industrie.
Le responsable de la BEI a relevé "l'atmosphère sûre" qui prévaut en Tunisie, déplorant que "cette réalité n'est pas perçue actuellement par les investisseurs potentiels européens".

Tunisie: grève de la faim du directeur de radio Kalima pour "déni d'existence légale"

Le directeur de la radio tunisienne Kalima, dissidente sous le régime Ben Ali, Omar Mestiri, a annoncé samedi avoir décidé d'entamer une grève de la faim illimitée pour protester contre ce qu'il qualifie de "déni d'existence légale".
Dans un communiqué transmis à l'Associated Press, Radio Kalima s'élève contre la non obtention de l'autorisation devant lui permettre d'accéder aux fréquences, malgré une promesse faite par le gouvernement. Elle déplore également "l'inertie" de la nouvelle instance de réforme de l'information et de la communication (INRIC).
La direction de la radio estime que "six mois après la révolution, l'audiovisuel est toujours accaparé par les mêmes monopoles mis en place par la volonté de l'ancien président" tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui en Arabie Saoudite en janvier dernier à la suite d'un soulèvement populaire.
Elle considère comme "un paradoxe" le fait que "les médias alternatifs qui ont combattu l'appareil" du régime "et contribué à le discréditer, en payant le prix fort, demeurent rejetés hors de l'espace médiatique légal". "La scène publique a vu apparaître plus de 90 nouveaux partis politiques, mais aucun média audiovisuel", regrette le communiqué.
Les responsables de la station proclament leur refus d'utiliser des fréquences pirates ce qui "serait une insulte à la Révolution tunisienne", optant pour un "combat pour la légalité et une reconnaissance légale de Kalima et de toutes les radios libres".
Opposante notoire au régime de Ben Ali dont elle dénonçait régulièrement les atteintes aux libertés et aux droits de l'Homme, la fondatrice de cette radio, Sihem Ben Sédrine, a été emprisonnée et longtemps en butte aux harcèlements de la police du président déchu qui avait fermé les locaux de la station et saisi ses équipements.

Tunisie: Imed Trabelsi condamné en appel à quatre ans de prison

Un proche de l'ancien président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, Imed Trabelsi, a été condamné samedi en appel à quatre ans de prison ferme et une amende de 3.000 dinars (environ 1.500 euros) pour détention et consommation de stupéfiants, a rapporté l'agence officielle TAP.
La 14e chambre correctionnelle de la cour d'appel de Tunis a ainsi doublé la peine prononcée en première instance contre ce neveu de l'épouse de M. Ben Ali, Leïla Trabelsi. Début mai dernier, il avait écopé de deux ans de prison et 2.000 dinars d'amende (1.000 euros).
Personnage décrié, Imed Trabelsi est poursuivi dans plusieurs autres affaires. Selon le porte-parole du ministère de la Justice, Kadhem Zine El Abidine, il est impliqué dans des affaires de corruption, de constitution de bande pour commettre des atteintes aux biens et aux personnes de trafic de pièces archéologiques et d'octroi illicite de visas pour le pèlerinage à La Mecque.
Il fait partie de la liste des 114 proches du clan Ben Ali/Trabelsi dont les biens pourraient être confisqués par une commission nationale.