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Le premier ministre tunisien par intérim, Mohamed Ghannouchi, a annoncé dimanche 27 février sa démission. "J'ai décidé de démissionner de ma fonction de premier ministre", a déclaré M. Ghannouchi, qui avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali, chassé par la pression de la rue. Le président tunisien par intérim Foued Mebazaa a annoncé peu après la nomination au poste de premier ministre de Béji Caïd Essebsi, ministre du temps d'Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante. Réputé pour être un libéral, M. Béji Caïd Essebsi a occupé notamment les portefeuilles de la défense et des affaires étrangères. Il a été également président de la chambre des députés en 1990/1991
Cette démission intervient après plusieurs journées de contestations et de violences dans la capitale tunisienne. Cinq personnes ont été tuées samedi dans les affrontements ayant opposé à Tunis les forces de sécurité à des manifestants. Parlant devant la presse, M. Ghannouchi a déclaré: "Je ne serai pas le premier ministre de la répression". "Je ne suis pas le genre de personne qui va prendre des décisions qui pourraient provoquer des victimes. Ma démission fournira une meilleure atmosphère pour la nouvelle ère", a expliqué Mohamed Gannouchi. Il a ajouté: "Ma démission est au service du pays". Depuis samedi, des affrontements qui ont fait au moins trois morts et des dizaines de blessés ont opposé des manifestants et la police dans le centre de Tunis.
Dimanche matin, le coeur de la capitale tunisienne avait encore des allures champ de bataille. Scandant des slogans hostiles au gouvernement, des protestataires tentaient de s'approcher en petits groupes du ministère de l'intérieur, sur l'avenue Habib Bourguiba, épicentre des émeutes, auquel ils s'étaient déjà attaqués la veille. La police a riposté en tirant en l'air et à coup de grenades lacrymogènes. Certaines interpellations ont été très violentes, selon des témoins, et des jeunes manifestants "suppliaient" les policiers d'arrêter de les tabasser. Des jeunes lançaient des pierres sur des immeubles pour briser les vitres et avaient dressé des barricades pour freiner l'avancée des policiers. Les heurts se sont rapidement arrêtés sitôt connue la nouvelle de la démission du premier ministre, une annonce qui n'a toutefois pas été saluée par une explosion de joie.
PREMIER MINISTRE DEPUIS 1999
Mohammed Ghannouchi, 69 ans, est un économiste mesuré et bon négociateur, qui a effectué toute sa carrière politique dans l'ombre de l'ex-président Zine El Abidine Ben Ali. Tentant de redorer son blason, il affirmait n'avoir été qu'un simple exécutant sous Ben Ali, tenu à l'écart des décisions importantes, dans une interview télévisée le 21 janvier, disant avoir eu "peur, comme tous les Tunisiens" de son ancien maître.
Mais depuis sa nomination comme premier chef du gouvernement de l'après-Ben Ali, il n'a pratiquement pas eu un jour de répit depuis la chute et la fuite de l'ancien président le 14 janvier. La première équipe qu'il avait formée, avec notamment des poids-lourds de l'ancien régime, n'a pas tenu deux semaines. Au bout de cinq jours de manifestations sous ses fenêtres, il avait jeté l'éponge le 27 janvier et formé une nouvelle équipe expurgée, tout en sauvant sa tête.
Premier ministre sans interruption depuis le 17 novembre 1999, il était à l'origine entré au gouvernement comme secrétaire d'Etat auprès du ministre du plan en septembre 1987. Un mois plus tard, fin octobre, il devenait ministre délégué chargé du plan auprès de M. Ben Ali, alors premier ministre, soit quelques jours avant l'éviction du président Habib Bourguiba, le 7 novembre et la prise de pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali.
M. Ghannouchi, qui n'est devenu membre du Bureau exécutif du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, au pouvoir) qu'en 2002, est connu dans les milieux internationaux pour avoir participé à de nombreuses négociations avec des institutions financières internationales, notamment le Fonds monétaire international (FMI) et l'Union européenne. Souvent actif dans les instances internationales, partisan du renforcement de la coopération entre les pays du Maghreb, il était généralement le porte-parole fidèle de M. Ben Ali pour annoncer d'importantes mesures ou les remaniements ministériels. Cet homme marié, père de deux enfants, avait déjà donné des gages à la contestation populaire de son gouvernement provisoire, en démissionnant de ses fonctions du RCD et en promettant de prendre sa retraite à la fin de la transition.
Mohamed Ghannouchi a démissionné dimanche de ses fonctions de Premier ministre en Tunisie pour faciliter la tenue d'élections censées solder l'ère Zine ben Ali.
Il a été remplacé par Beji Caïd Essebsi. Ce dernier a notamment été ministre des Affaires étrangères du temps d'Habib Bourguiba, premier président de la Tunisie indépendante.
Des milliers de Tunisiens se sont rassemblés aux abords du parlement pour célébrer la démission de Mohamed Ghannouchi, Premier ministre depuis 1999 et perçu à ce titre comme un cacique du régime de Zine ben Ali, renversé par un soulèvement populaire le 14 janvier.
"Nous sommes très heureux mais ce n'est pas assez", a déclaré un homme parmi la foule disant s'appeler Ahmed. "Nous ne voulons plus rien voir de ce gouvernement."
Selon les chiffres du gouvernement, cinq personnes sont mortes depuis vendredi dans des affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants exigeant le départ de Mohamed Ghannouchi.
"Ma démission fournira une meilleure atmosphère pour la nouvelle ère", a expliqué Mohamed Ghannouchi en ajoutant qu'il voulait empêcher que les troubles politiques ne fassent de nouvelles victimes.
Il a ajouté: "Ma démission est au service du pays. Je ne suis pas un homme de répression."
Il a réitéré la promesse du gouvernement de transition d'organiser des élections d'ici le 15 juillet.
Alors que des personnes manifestaient leur joie, les forces de l'ordre ont tiré en l'air pour disperser des centaines de jeunes Tunisois qui jetaient des pierres et brisaient des vitrines de magasins.
D'après un journaliste de Reuters, des militaires ont bloqué un quartier commerçant de la capitale, théâtre de ces affrontements. Aucun blessé n'a été signalé.
Pour des analystes, le départ du Premier ministre peut désamorcer la tension dans la rue mais risque aussi de produire un effet inverse.
"L'espoir est qu'en faisant cette concession, les manifestations se calment, ce qui permettrait au gouvernement de préparer les élections", estime ainsi Kamran Bokhari, directeur pour le Moyen-Orient et l'Asie du Sud-Est du cabinet Stratfor, spécialisé dans l'évaluation des risques politiques.
"Mais le risque aussi existe qu'elle donne des ailes aux forces de l'opposition pour exiger de nouvelles concessions."
Un responsable de la grande centrale syndicale UGTT, qui demande des réformes sociales depuis la chute de Zine ben Ali, a déclaré à l'agence Reuters que le départ du Premier ministre était "un pas dans la bonne direction".
Pour sa part, un porte-parole du principal mouvement islamiste Ennahda (Renaissance) a estimé que ce geste pouvait ouvrir la voie à un élargissement du gouvernement de transition. Ennahda, interdit sous l'ère Ben Ali, s'était plaint d'être tenu écarté de l'équipe formée par Mohamed Ghannouchi.
La "révolution du jasmin" a inspiré des soulèvements populaires dans de nombreux autres pays arabes.
Ce sont des cris de joie et des chants de victoire qui ont accueilli à Tunis l'annonce de la démission de Mohamed Ghannouchi. Une décision qui fait suite à une vague de manifestations de rue d'opposants, qui lui reprochaient d'être trop proche de l'ancien régime du président Ben Ali renversé le 14 janvier. Il est remplacé par l’ex-ministre Béji Caïd Essebsi.
En pleine Kasbah, sous les fenêtres de Mohamed Ghannouchi, des milliers de manifestants promettent qu’ils ne baisseront pas pour autant les bras. Ils sont là depuis trois jours, une semaine pour certains. Ils dorment dans des dizaines de tentes plantées là et pour eux, ce départ du Premier ministre n’est qu’une étape. C’était l’une de leurs principales revendications, mais ce n’était pas la seule.
Ils demandent encore la démission de Fouad Mebaza, le président par intérim, et des onze ministres de Mohamed Ghannouchi, ainsi qu’une nouvelle Constitution, une Assemblée constituante et la dissolution du Parlement, toujours dominé par des anciens du parti du président déchu.
Le chef de l'Etat tunisien par intérim, Foued Mebazaa, a annoncé ce dimanche 27 février au soir la nomination de l’ex-ministre Béji Caïd Essebsi, au poste de Premier ministre de transition. Il était ministre du temps d'Habib Bourguiba et premier président de la Tunisie indépendante.
Après 48 heures de violences en Tunisie, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, a annoncé dimanche sa démission à l'issue d'un discours fleuve face aux journalistes tunisiens.
Cette démission n'est pas un « abandon de mes responsabilités » a-t-il assuré mais un geste fort visant à ramener le calme dans le pays. Sa seule intervention en français, « je ne suis pas l'homme de la répression et je ne le serai jamais », en témoigne.
Ghannouchi, qui était contesté depuis le départ de Ben Ali pour avoir été un fidèle serviteur du dictateur déchu, s'est également interrogé :
« qui est derrière les violences avenue Bourguiba ? »,
« qui a intérêt à ce que la révolution s'achève sur un échec ? »
Un nouveau Premier ministre devrait être désigné par le président par intérim, Fouad Mebazaa. Un nouveau gouvernement doit de fait être constitué. Sa mission : mettre en place des élections libres à la mi-juillet.
Au centre de Tunis, les manifestations se poursuivent ce dimanche avec le même ordre : « on veut une constituante. »
Les violences des deux derniers jours ont pesé lourd sur le climat politique. Ce samedi à 18 heures, Azyz est réfugié avec d'autres manifestants au 10e étage de l'hôtel Hana, sur l'avenue Bouguiba, à Tunis : « des gens avec des battes viennent d'arriver, c'est le bordel ! On ne sais pas ce qui se passe. »
La seconde manifestation massive contre le gouvernement prend la même tournure que la veille ; en fin d'après-midi, c'est l'explosion de violences au centre de la capitale. Face aux provocations de certains protestataires jets de caillous notamment , la police a répliqué très brutalement.
Trois morts et plusieurs blessés
Très impopulaire parce qu'associée au régime Ben Ali, la police est aujourd'hui soupçonnée d'exacerber les violences avec les manifestants. Azyz rapporte avoir assisté à une arrestation qu'il qualifie de « lynchage » :
« Il y avait trente policiers autour d'un type. Un seul ! Ils l'ont tabassé puis ils l'ont traîné jusqu'à leur voiture. »
Samedi, trois personnes sont mortes et des dizaines de manifestants ont été transportés à l'hôpital.
Après 48 heures de violences en Tunisie, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, a annoncé dimanche sa démission à l'issue d'un discours fleuve face aux journalistes tunisiens.
Cette démission n'est pas un « abandon de mes responsabilités » a-t-il assuré mais un geste fort visant à ramener le calme dans le pays. Sa seule intervention en français, « je ne suis pas l'homme de la répression et je ne le serai jamais », en témoigne.
Ghannouchi, qui était contesté depuis le départ de Ben Ali pour avoir été un fidèle serviteur du dictateur déchu, s'est également interrogé :
« qui est derrière les violences avenue Bourguiba ? »,
« qui a intérêt à ce que la révolution s'achève sur un échec ? »
Un nouveau Premier ministre devrait être désigné par le président par intérim, Fouad Mebazaa. Un nouveau gouvernement doit de fait être constitué. Sa mission : mettre en place des élections libres à la mi-juillet.
Au centre de Tunis, les manifestations se poursuivent ce dimanche avec le même ordre : « on veut une constituante. »
Les violences des deux derniers jours ont pesé lourd sur le climat politique. Ce samedi à 18 heures, Azyz est réfugié avec d'autres manifestants au 10e étage de l'hôtel Hana, sur l'avenue Bouguiba, à Tunis : « des gens avec des battes viennent d'arriver, c'est le bordel ! On ne sais pas ce qui se passe. »
La seconde manifestation massive contre le gouvernement prend la même tournure que la veille ; en fin d'après-midi, c'est l'explosion de violences au centre de la capitale. Face aux provocations de certains protestataires – jets de caillous notamment –, la police a répliqué très brutalement.
Trois morts et plusieurs blessés
Très impopulaire parce qu'associée au régime Ben Ali, la police est aujourd'hui soupçonnée d'exacerber les violences avec les manifestants. Azyz rapporte avoir assisté à une arrestation qu'il qualifie de « lynchage » :
« Il y avait trente policiers autour d'un type. Un seul ! Ils l'ont tabassé puis ils l'ont traîné jusqu'à leur voiture. »
Samedi, trois personnes sont mortes et des dizaines de manifestants ont été transportés à l'hôpital.
Des émeutes ont éclaté ce dimanche dans le centre de Tunis. Des jeunes se sont livrés à des saccages en règle, au lendemain d'affrontements qui ont fait trois morts. La police a rispoté en tirant en l'air et en jetant des grenades lacrymogènes.
Scandant des slogans hostiles au gouvernement de transition, les protestataires, rassemblés en petits groupes sur l'avenue Habib Bourguiba, ont tenté d'avancer en direction du ministère de l'Intérieur. Des jeunes ont lancé des pierres sur des immeubles pour en briser les vitres et ont dressé des barricades pour freiner l'avancer des policiers. Les forces de l'ordre ont essayé en vain de les disperser à coups de gaz lacrymogènes.
L'avenue centrale Habib Bourguiba a été livrée ce samedi à une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants. Le ministère tunisien de l'Intérieur a annoncé que trois personnes étaient mortes lors de ces affrontements. Plusieurs policiers ont été blessés. La journée de vendredi avait aussi été marquée par des émeutes. En tout, près de 200 personnes ont été arrêtées.
Pour de nombreux tunisiens, la police symbolise toujours la répression du régime du président Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir le 14 janvier. Le gouvernement de transition, qui dirige le pays actuellement, doit faire face à une grave crise de confiance. Il peine à convaincre et à trouver ses repères. Dimanche après-midi, le Premier ministre Ghannouchi a annoncé sa démission
"J'ai décidé de démissionner de ma fonction de premier ministre", a déclaré Mohamed Ghannouchi, qui avait pris les rênes d'un gouvernement de transition après la chute le 14 janvier du président Ben Ali.
Deux éditeurs tunisiens ont acquis les droits de six ouvrages sur la Tunisie publiés en France et restés longtemps interdits en Tunisie. La coédition permet de mettre ces livres à la portée de la bourse des Tunisiens.
Dar Mohamed Ali et RMR Editions ont acquis, auprès des éditions La Découverte, le droit exclusif de publication et d’impression en Tunisie et en langue française de 6 ouvrages qui étaient longtemps interdits de diffusion en Tunisie. Il s’agit de ‘‘La régente de Carthage’’ de Nicolas Beau et Catherine Graciet, ‘‘Notre ami Ben Ali’’ de Nicolas Beau et Jean-Pierre Tuquoi, ‘‘La force de l'obéissance’’ de Béatrice Hibou, ‘‘Une si douce dictature’’ de Taoufik Ben Brik, ‘‘L’Europe et ses despotes’’ de Sihem Bensedrine et Omar Mestiri, ‘‘Tunisie, le livre noir’’ de Reporters sans frontières.
Ces titres seront disponibles sur le marché tunisien à partir du 15 mars.
Pour ce qui est de la langue arabe, les deux éditeurs publieront les 3 ouvrages suivants: ‘‘La régente de Carthage’’, ‘‘Notre ami Ben Ali’’ et ‘‘Tunisie, le livre noir’’.
Le prix public de chaque titre est fixé à 10 dinars.
L’enjeu de cette opération citoyenne serait de rapprocher l’accès du plus grand nombre de tunisiens à l’achat du livre utile.
Tunis a connu, hier, une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants dans le centre de la capitale, théâtre de scènes de chaos.
Des dizaines de rafales d'armes automatiques, des tirs incessants de gaz lacrymogènes, des tirs de sommation, des sirènes de voiture de police et d'ambulances, des hurlements de policiers et de manifestants ont résonné, hier, dans le coeur de Tunis, où une multitude d'arrestations très musclées ont été opérées en fin d'après-midi. Des soldats ont également effectué des tirs nourris de sommation pour disperser des manifestants, qui se sont ensuite enfuis dans des rues latérales à proximité de l'avenue centrale Habib-Bourguiba. La circulation, même des piétons, a d'ailleurs été interdite, hier, jusqu'à ce soir minuit, sur l'avenue. Alors que des flammes s'échappaient d'un immeuble, deux blindés de l'armée ont remonté l'artère sous les invectives de policiers nerveux et fatigués.
Les forces de l'ordre harcelées
Des Tunisiens, pour la plupart âgés de moins de 20 ans, encagoulés ou portant des masques, ont harcelé et nargué les forces de l'ordre durant tout l'après-midi. Dispersés une première fois devant le ministère de l'Intérieur, les manifestants s'étaient regroupés dans l'avenue Habib-Bourguiba et les rues adjacentes pour attaquer de nouveau les policiers avec des pierres et des barres de fer. Aux cris de «Nous voulons faire tomber le régime», ces jeunes se présentent comme «les lionceaux de la révolution». Ils ont lancé au moins deux attaques contre la police, contraignant cette dernière à se replier vers le ministère de l'Intérieur.
Auparavant, des policiers des unités antiémeute et d'autres en civil, la plupart encagoulés, avaient tenté de faire barrage à des manifestants, qui continuaient de leur jeter des pierres à la hauteur de l'avenue de Paris, perpendiculaire à l'avenue centrale Habib Bourguiba et toute proche de l'ambassade de France, qui selon un responsable, «n'a enregistré aucun signe d'agressivité».
La police avait déjà procédé en début d'après-midi à de nombreuses arrestations musclées. Pour la plupart des Tunisiens, la police symbolise toujours la répression sous le régime de Zine El Abidine Ben Ali, chassé du pouvoir le 14 janvier.
La veille, policiers et manifestants s'étaient déjà affrontés autour du ministère de l'intérieur. Trois commissariats du centre-ville avaient été incendiés ou saccagés. Hier soir, le gouvernement de transition n'avait toujours pas réagi à ces violences.
Ya hay 30.000 refugiados en campamentos de Túnez y el número sigue en aumento
RAS AJDIR (Frontera entre Libia y Túnez).- "¡Nos abandonaron a nuestra suerte!", dice un hombre de unos 60 años, gritando a un soldado tunecino que escucha su protesta con un gesto de impotencia.
Es uno de los miles de refugiados egipcios que escapó de Libia y que espera en un campamento militar instalado por las autoridades tunecinas un transporte que lo devuelva a su país.
Unos hacen largas colas para que un funcionario anote sus nombres en una lista. Otros se agolpan frente a uno de los pocos ómnibus destartalados disponibles. Cuando abre la puerta, se empujan y se pelean para poder subir, mientras por detrás algunos se cuelan por las ventanillas. Desde una colina, se observan miles de personas sentadas sobre grandes valijas, tapados con mantas bajo un intenso frío.
El campamento cuenta con una decena de tiendas de campaña, dos camiones que reparten pan y leche y un puesto médico. "Estamos preparados para cualquier emergencia médica. Pero hasta el momento no han venido muchos heridos, seguramente estarán bloqueados en la frontera dentro de Libia", asegura el coronel médico Essoussi, responsable de las instalaciones.
Según Hoda Shalchoul, vocero del Alto Comisionado de las Naciones Unidas para los Refugiados (Acnur), se espera la llegada de ayuda humanitaria procedente de España y de otros países. "Nos envían carpas para dormir, colchones y camas, que es lo más urgente."
Los más numerosos aquí son los egipcios, cuyas autoridades diplomáticas están desbordadas por la huida masiva de sus ciudadanos y el problema de la repatriación, que se organiza lentamente a través de barcos que zarpan de la costa de Túnez.
"Necesitan sobre todo mantas, comida y un techo, porque hace mucho frío", explica la brasileña Iona Barbero, de la ONG Acción para la Cooperación Tunecina (ATC).
Aquí pueden ser tratados también por psicólogos que los atienden para poder lidiar con el estrés postraumático de los que sufrieron ataques o fueron testigos de los asesinatos masivos de la población.
En una de las tiendas se alberga una familia con dos niños pequeños, de cinco y siete años. Tienen la mirada perdida y el menor lleva el dedo vendado. "Libia ahora mismo es un infierno. Las calles están llenas de sangre. Sangre por todos sitios", dice el padre, Mohammed, a punto de salir a buscar leche para los suyos.
Ríos de gente
El campamento es un oasis comparado con el caos que se ha apoderado de la frontera de Ras Ajdir. Ríos de gente desfilan en masa con sus cosas a cuestas, muebles y hasta televisores envueltos en mantas.
La mayoría son trabajadores extranjeros egipcios, africanos o asiáticos, alimentando las arcas del país de los Khadafy con su trabajo. El dictador se ensañó con ellos: lanzó una ofensiva específica en su contra por considerar que instigaron la revolución.
Los más afortunados son los asiáticos. Sus empresas se organizaron a la perfección para enviarles transporte y ayuda diplomática. Una larga hilera de ómnibus los espera a tan sólo unos pocos metros de la salida del puesto de control libio, incluso antes de cruzar el tunecino. Haciendo cola, sonríen felices al verse fuera de un país al que no quieren regresar nunca más.
"Lo único que quiero ahora es llegar sano y salvo a mi país", dice un tailandés mientras camina hacia el micro que le enviaron sus jefes. Alrededor de 30.000 personas han salido por este enclave por la ruta. Es una avalancha compuesta en su mayoría, según el Acnur, por tunecinos, egipcios y chinos.
Sin embargo, los libios son sólo algunos centenares; parece que prefieren quedarse en su país por miedo o para participar de algún modo en el momento histórico que atraviesa la nación.
En esta frontera se espera la llegada de más refugiados por la tensa situación que se vive en el oeste del país y, sobre todo, el avanzado estado de la rebelión de Zawiya, ciudad a las puertas de Trípoli.
ACNUR alerta de la emergencia humanitaria.- La oposición libia se prepara para formar un Gobierno de unidad.- Gadafi arma a sus seguidores para defender Trípoli a sangre y fuego mientras cientos de personas le desafían
Mientras en las zonas liberadas del este de Libia civiles y militares se tratan de organizar para formar un Gobierno provisional y aumenta la presión internacional contra el régimen de Muamar el Gadafi con la aprobación de sanciones en el Consejo de Seguridad, los organismos internacionales alertan del éxodo que la represión de las revueltas ha causado y de la emergencia humanitaria causada por la acumulación de refugiados en las fronteras. Unos 100.000 trabajadores inmigrantes han huido del país en los últimos días, según el Alto Comisionado de Naciones Unidas para los Refugiados (ACNUR), 40.000 por la frontera tunecina y 55.000 por la egipcia.
Más de 10.000 personas, la mayoría egipcios, huyeron ayer de Libia por el paso de Ras el Ajdir, en la frontera con Túnez, según la Cruz Roja local, que habla de una "crisis humanitaria" y pide ayuda para gestionarla. Según las cifras del Gobierno tunecino, desde el pasado día 20, 40.000 personas han atravesado esta frontera, de ellas, 18.000 tunecinos, 15.000 egipcios, 2.500 libios y 2.000 chinos. Mientras que muchos tunecinos y chinos regresan desde aquí a lugares de origen, la peor parte se la llevan los egipcios, atrapados en una especie de tierra de nadie, que incluso se han manifestado porque se sienten abandonados por su Gobierno.
En el lado egipcio, las autoridades calculan que 55.000 personas han cruzado la frontera desde el día 19, de ellas, 46.000 egipcios, 2.100 libios y unos 6.900 de diversas nacionalidades, especialmente asiáticos.
ACNUR ha establecido equipos de emergencia en las fronteras tunecina y egipcia para ayudar a las autoridades locales y a las ONG. "Estamos comprometidos a ayudar a toda persona que huya de Libia. Hacemos un llamamiento a la comunidad internacional para que respondan rápido y con generosidad para ayudar a estos Gobiernos a hacer frente a la emergencia humanitaria", ha señalado el Alto Comisionado, Antonio Guterrez, en un comunicado.
Gobierno de unidad nacional
Dentro de Libia, la oposición y las autoridades civiles y militares que han desertado del régimen de Gadafi tratan de organizar un Gobierno provisional que tenga reconocimiento internacional y evite un peligroso vacío de poder. Uno de los líderes de este proceso es el exministro de Justicia Mustafa Abdulyalil, que según la agencia AP, ha recibido el encargo de dirigir este Ejecutivo por una asamblea de ciudades del este, liberadas del yugo de Gadafi. Abdulyalil, que renunció a su cargo esta semana en protesta por la represión violenta de las manifestaciones, había anunciado ayer que la oposición formará un Gobierno de unidad nacional integrado por civiles y militares, y que en tres meses se celebrarán elecciones democráticas. Según dijo a la televisión Al Yazira, ese Gobierno tendrá "un marco democrático".
A los pocos minutos de su anuncio, el embajador libio en los Estados Unidos, Ali Aujali, apoyó la idea de un Ejecutivo formado por Abdulyalil. Ambos políticos libios han sido dos de las caras más visibles que no tardaron en rechazar la actitud del régimen de Gadafi para apoyar las aspiraciones de los manifestantes. "Quiero apoyar este Gobierno como la cara de Libia hasta que se produzca la liberación del país, lo que espero que suceda muy pronto", ha dicho a la agencia Reuters el embajador, que ya ha anunciado que tras 41 años dejará en su cargo si Gadafi no abandona el poder. Incluso el diario Quryna, propiedad de Saif el Islam, se había hecho eco a lo largo del día de ayer de la constitución de un Gabinete interino con sede en la ciudad de Bengasi.
En Libia el combate sigue abierto. Según uno de los corresponsales del diario Quryna, decenas de personas han resultado heridas de gravedad en las inmediaciones de la ciudad de Sabratha por los disparos de efectivos del batallón Al Juwildi al Humaidi. Pese a ello, Saif el Islam, uno de los hijos de Gadafi, volvió a dirigirse al pueblo libio a través de una entrevista concedida a Al Arabiya para asegurar que no hay mercenarios entre las fuerzas gubernamentales y recalcar que los enfrentamientos que vive el país son entre ciudadanos. Además volvió a insistir en que la revuelta de los "terroristas" contra el régimen está dirigida desde el extranjero y aseguró que las informaciones sobre cientos de muertos, mercenarios extranjeros y bombardeos son falsas, ya que se vive con normalidad "en las tres cuartas partes del país". Pero nuevas informaciones de testigos llegadas desde Zawiyah (al oeste de Trípoli) le contradicen. Según un testigo recogido por la agencia Reuters, durante la noche mercenarios pro-Gadafi atacaron la ciudad petrolera causando más de 50 heridos. "Cuatro vehículos dispararon indiscriminadamente. Jóvenes, niños, mujeres, y gente mayor han muerto. Los he contado", contaba el testigo.
Si Saif el Islam no admitió en su comparecencia la represión que denuncian el pueblo libio, las ONG y la comunidad internacional, sí que mostró un tono más conciliador al aceptar que existe una "voluntad interior de cambio", reconocer "errores en la gestión de la crisis" y anunciar reformas en todos los niveles de la Administración. El considerado como heredero de Gadafi, educado en la London School of Economics, anunció que están intentando negociar con alguna de las ciudades en las que ha habido "problemas". El hijo del dictador aseguró además que algunos militares que han apoyado las revueltas lo han hecho por "miedo o por objetivos personales" y que "el pueblo libio no tiene futuro si no llega a un acuerdo". Insistió en que la revolución está hecha por terroristas e instigada desde el extranjero
Ofensiva de Gadafi
Consciente de que Trípoli es el último agujero en el que su régimen puede respirar, el coronel Muamar el Gadafi ha decidido armar a sus fieles para librar en la capital la última batalla. Sin apoyos internacionales y sin apenas ejército, el dictador solo tiene a los seguidores de su bandera verde, la de la revolución que él inició en 1969. Hasta el mismísimo primer ministro italiano, Silvio Berlusconi, quien fuera el principal aliado del régimen en Europa, afirmó ayer que el dirigente libio "ya no tiene el control".
El arsenal de la ciudad está ahora a disposición de aquellos que quieran hacer la guerra por su cuenta contra sus propios vecinos, levantados en sus barrios contra Gadafi. Su idea de dar armas a los civiles amenaza con desatar una matanza en la capital. Solo las fuerzas rebeldes, una mezcla de ciudadanos armados con piedras, soldados y militares en la reserva que avanzan lentamente por los flancos este y oeste, pueden impedirlo. Pero no lo tienen nada fácil, las fuerzas leales de Gadafi aún bloquean aquellos que vienen del este en la zona de Sirte, la ciudad natal del dictador, y controlan las carreteras de acceso a Trípoli por el oeste.
Mientras se prepara la batalla final, miles de extranjeros se desesperan por salir del país y las quince potencias del Consejo de Seguridad de la ONU han aprobado por unanimidad un duro paquete de sanciones contra el régimen, y tanto el presidente Obama como Hillary Clinton han hecho un llamamiento para que Gadafi abandone el poder por no contar con el apoyo de su pueblo.
Las llamadas a la reconciliación del heredero del coronel Gadafi tuvieron poco eco en los líderes rebeldes acantonados en el este del país, que aseguran que las fuerzas leales al régimen apenas controlan ya el 15% del territorio. "Gadafi está viviendo los últimos momentos y esperamos el final de su régimen en los próximos días", dijo ayer en Bengasi Fathi Tarbul, un abogado de 39 años cuya detención el pasado 15 de febrero fue el detonante del levantamiento popular anti-Gadafi. Pero el movimiento más significativo de los desafectos al régimen fue el del exministro de Justicia Mustafá Abdulyalil.
En el este del país, emerge como otra de las primeras caras visibles de la resistencia la figura del coronel Tarek Saad Husein. Según The New York Times, el oficial ha ido aunando en ese lado las voluntades de civiles y algunos batallones de un Ejército caracterizado por su fragmentación. Muchos son militares retirados que se han unido a la causa. Pero el protagonismo en el régimen que suceda al de Gadafi está muy disputado. Según el servicio secreto italiano, el nuevo hombre fuerte del país será el exministro del Interior y camarada de Gadafi en la revolución de 1969 Abdulá Yunis.
Tras la sangrienta jornada del viernes, en la que la policía disparó contra los manifestantes causando al menos siete muertos, las calles de Trípoli amanecieron ayer tranquilas, según informaron los medios internacionales invitados por el régimen a un estrambótico paseo por la ciudad protagonizado por el propio Saif el Islam, que enseñó a los periodistas una ciudad en la que aparentemente no pasaba nada. El Islam se arrancó con otro comentario de los que frecuenta su progenitor. "No confundan los fuegos artificiales con petardos", dijo a los periodistas mientras se reía.
Según la cadena BBC, Gadafi controla la mayoría de la ciudad, en la que viven dos millones de los seis y medio que habitan el país. Algunos testimonios recogidos por el diario The New York Times cuentan que las fuerzas del dictador pasaron la noche del jueves limpiando la ciudad de todos aquellos indicios del caos que han descrito esta semana decenas de testigos a través del teléfono. De acuerdo con la descripción del escenario que hacen estos medios, ya no hay carteles quemados de Gadafi, ni pintadas en las calles. Todo parece haber sido un mal sueño.
Sin embargo, en algunos barrios populares de la capital se reprodujeron ayer las protestas contra el régimen, según constató la agencia Reuters. En el distrito de Tajura, cientos de personas desafiaron al Gobierno durante el funeral por uno de los siete fallecidos la víspera. Según contaron los vecinos, las fuerzas de seguridad abrieron fuego el viernes contra los manifestantes tras la oración. Los heridos, explican, están siendo curados en las casas, después de que varias víctimas en las protestas hayan desaparecido de los hospitales públicos en días previos.
Como no hay observadores en la parte occidental del país, es imposible hacerse una idea de cuánto tiempo le queda a Gadafi antes de que las tropas que avanzan lentamente por el este se hagan con el siguiente objetivo militar, Sirte, el pueblo del dictador, en el golfo del mismo nombre.
En el oeste, el combate sigue abierto. Ayer, algunos medios libios aseguraban que había combates en Sebrata, una de las ciudades que supuestamente había caído.
Los aduaneros libios desertaron el principal puesto fronterizo entre Libia y Túnez, en Ras Jedir, pero los militares y policías leales a Muamar Kadhafi siguen presentes, indicaron este domingo responsables locales a la AFP.
"Ya no hay aduaneros libios en Ras Jedir desde hace dos días, ya solo queda el ejército y la policía que son fieles a Kadhafi", declaró un responsable local en el puesto fronterizo, que pidió el anonimato.
"Aparentemente esto está pasando también en Dahiba (segundo puesto fronterizo más al sur, ndlr) donde no están sellando los pasaportes pero la gente dice que hay francotiradores en los techos como en Ras Jedir", declaró por su parte el presidente del comité regional de la Media Luna Roja, Monji Slim.
Más de 40.000 personas huyeron de Libia esta semana.
Le ministère des affaires étrangères a suspendu samedi 26 février les activités de son ambassade à Tripoli, "en raison de la dégradation des conditions de sécurité en Libye" après l'évacuation de la totalité de son personnel diplomatique via un avion militaire qui a également évacué des ressortissants français et étrangers.
"En application de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques et en accord avec le guvernement russe, la protection des intérêts français a été confiée à l'ambassade de la Fédération de Russie en Libye", précise le communiqué du porte-parole du Quai d'Orsay, Bernard Valero. "Certains de nos compatriotes ont souhaité demeurer en Libye. S'ils décidaient ultérieurement de quitter le pays, tout serait mis en oeuvre afin de les rapatrier", a aussi indiqué Bernard Valero sans en préciser le nombre. UN CALME INQUIÉTANT "Les conditions de sécurité commençaient à devenir problématiques. Le climat général n'était pas marqué par des coups de feu incessants mais par un calme qui devenait inquiétant, en particulier le matin. On avait l'impression que c'était tous les jours dimanche", a relaté l'ambassadeur de France en Libye, François Gouyette, à son arrivée à Roissy. Un employé de l'ambassade de France a lui aussi décrit "un climat qui devenait de plus en plus tendu". "Les rues étaient vides, les échoppes fermées. Les gens ne sortaient plus de chez eux durant la journée, uniquement le soir. C'est à ce moment-là que l'on entendait des coups de feu", a-t-il expliqué, précisant n'avoir "assisté à aucune scène de guérilla urbaine". BANDES ARMÉES Des témoignages font également part de "bandes armées" dans les rues. "Ces hommes armés sont favorables au régime et font la loi à Tripoli. Ils circulent en 4 x 4, souvent sans plaque d'immatriculation et effectuent des patrouilles en civil dans la ville", a expliqué un journaliste présent à bord de l'avion qui a requis l'anonymat. Le Royaume-Uni et le Canada avaient annoncé plus tôt samedi des décisions similaires de suspension de leurs activités diplomatiques et d'évacuation de leur personnel diplomatique.
Ils traînent valises, baluchons et couverture. De nombreux Egyptiens fuient les violences en Libye pour la Tunisie. Ils sont des milliers à avoir déjà passé la frontière. Dans le sud-est du pays, dans la ville de Ben Guerdane, la première juste après cette frontière, on s’organise mais les capacités d’accueil sont limitées et on manque un peu de tout, sauf de solidarité.
“Tous les habitants de Ben Guerdane, sans exception, sont venus aider. Ils apportent de l’eau, de la nourriture et des médicaments et vont jusqu‘à les stocker dans leurs propres voitures ou même chez eux. Ils utilisent tous les moyens à leur disposition”, explique le coordinateur du comité des volontaires de Ben Guerdane.
Selon le Croissant-Rouge, l’Egypte devrait envoyer en Tunisie une vingtaine d’avions et un bâteau destinés au rapatriement de ses ressortissants.
Pour la seule journée de vendredi, près de 5000 personnes ont franchi la frontière par le point de passage de Ras Jedir. Plus des trois quarts étaient des Egyptiens.
TUNIS - Trois personnes sont mortes dans les affrontements samedi entre manifestants et forces de l'ordre en plein centre de Tunis, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué.
Selon ce communiqué, "trois personnes ont trouvé la mort parmi les douze qui ont été blessées lors de ces heurts et qui ont été transférées dans un hôpital pour y être soignées". L'utilisation du terme "personne" laisse entendre qu'il s'agirait de manifestants.
"Plusieurs membres des forces de l'ordre ont été blessés à différents degrés", selon le communiqué qui ne précise par leur nombre.
D'autre part, selon le communiqué, "plus de 100 personnes ont été arrêtées ce samedi" et "88 autres auteurs d'actes de vandalisme ont été arrêtés la veille", lors des premiers affrontements entre forces de l'ordre et manifestants survenus vendredi dans le coeur de Tunis.
Le ministère attribue ces actes de violence contre la police "à un groupe d'agitateurs infiltrés dans les rangs de manifestants pacifistes et qui se sont servis de jeunes lycéens comme boucliers humains pour se livrer à des actes de violences, d'incendies visant à semer la terreur parmi les citoyens et visant les forces de sécurité intérieures".
Il appelle "la population à la vigilance et presse les parents à coopérer avec les forces de sécurité et à convaincre leurs enfants de ne pas participer à ces manifestations".
Auparavant, le ministère avait annoncé l'interdiction de circuler pour les piétons et les voitures dans l'avenue Habib Bourguiba dans le centre de Tunis, théâtre de violents affrontements, à partir de ce samedi 18H00 jusqu'à dimanche minuit, a rapporté l'agence TAP.
Cette avenue centrale a été livrée samedi à une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants, que la police a dispersés à plusieurs reprises en faisant usage de gaz lacrymogènes.
RAS JEDIR (Tunisie) - Plus de 38.000 personnes, essentiellement des Tunisiens et des Egyptiens, ont fui la Libye vers la Tunisie par le principal point de passage frontalier de Ras Jedir depuis le début de l'exode le week-end dernier, a indiqué à l'AFP la protection civile.
Depuis le début "18.000 Tunisiens, 15.000 Egyptiens, 2.500 Libyens, 2.500 Chinois, les autres étant d'autres nationalités" ont franchi la frontière, a déclaré le colonel Malek Mihoub de la protection civile.
L'exode de Libye, où le leader Mouammar Kadhafi est en proie à une contestation sans précédent en 42 ans de pouvoir, avait commencé le 20 février.
Il s'est accentué tout au long de la semaine, en particulier après que le fils du dirigeant libyen, Seif Al-Islam, eut accusé lundi des éléments extérieurs d'avoir fomenté la révolte dans son pays, citant nommément les Egyptiens et les Tunisiens comme étant derrière ce "complot".
Un pic a été enregistré samedi, selon des journalistes de l'AFP sur place, alors que plus de 7.800 migrants de plus de 20 nationalités différentes ont franchi le poste frontière vendredi, selon l'Organisation mondiale pour les migrations (OIM).
Vendredi soir, le dirigeant libyen, qui a perdu le contrôle de l'est du pays, avait menacé d'ouvrir "tous les dépôts d'armes pour armer le peuple".
L'OIM a indiqué qu'elle comptait organiser un transfert des Egyptiens vers le littoral tunisien afin de les rapatrier chez eux par bateau, estimant que des milliers restaient toujours bloqués en Tunisie.
Vendredi le Croissant-Rouge tunisien avait lancé un appel à l'aide à l'Egypte pour organiser le rapatriement de ses ressortissants alors que les capacités d'accueil dans la première ville après la frontière, Ben Guerdane, sont dépassées.
"Le consulat d'Egypte à Tunis nous a dit que les Egyptiens allaient organiser 17 vols et envoyer un navire vers Zarzis", dans le sud tunisien, a déclaré dans la matinée à l'AFP Monji Slim, président du comité régional du Croissant-Rouge de Ben Guerdane.
Il a exprimé l'espoir que cette promesse soit tenue. "Des milliers d'Egyptiens continuent d'arriver à la frontière, les gens sont très mal logés, on n'a pas assez de matelas ni de couvertures et la capacité d'accueil est limitée", a-t-il dit.
L'agence officielle égyptienne Mena avait annoncé vendredi soir que deux navires étaient en route pour la Tunisie afin de rapatrier les Egyptiens.
L'OIM, qui a évalué à 50.000 le nombre de migrants ayant franchi les frontières terrestres de la Libye depuis lundi, a lancé un appel aux donateurs pour recueillir 11 millions de dollars afin de financer leur prise en charge.
Parallèlement, l'entrée en Libye de toute aide médicale restait bloquée.
"Pour le moment, on ne peut pas passer", a déclaré à l'AFP un médecin de l'organisation Médecins sans frontières (MSF) Mathieu Bichet. L'ONG a fait "toutes les démarches officielles pour rentrer en Libye et il faut attendre l'accord des autorités, ce qui est très peu probable, même les blessés ne passent pas", a-t-il ajouté.
MSF a indiqué vendredi qu'"en raison de l'insécurité, voyager par la route vers Tripoli - où il est estimé que les besoins médicaux sont immenses - est aujourd'hui quasiment impossible". Une équipe qui a essayé de se rendre dans la capitale libyenne s'est faite refouler à l'aéroport, a dit M. Bichet, tandis que des équipes sont présentes dans l'est du pays.
Le Croissant-Rouge a indiqué également qu'il ne pouvait faire entrer de convoi.
La répression de la contestation a fait plusieurs centaines de morts.
De violents affrontements opposaient samedi manifestants et forces de l'ordre dans le centre de Tunis. La capitale était le théâtre d'une véritable bataille rangée et de courses poursuites tous azimuts, selon des témoins. Des policiers ont tiré de nombreuses grenades lacrymogènes et effectué des tirs de sommation, tandis que les manifestants les bombardaient de pierres. Vendredi, plus de 100'000 personnes avaient réclamé le départ du gouvernement de transition de Mohammed Ghannouchi. Selon les autorités tunisiennes, 21 policiers ont été blessés et des camions de police incendiés.
Des incidents ont conclu hier soir la plus importante manifestation en Tunisie depuis la chute de Ben Ali. Des manifestants ont jeté des pierres sur le ministère de l’Intérieur et des soldats ont tiré en l’air pour tenter de les disperser.
100.000 personnes ont défilé dans l’après-midi pour réclamer le départ du gouvernement de transition, et en particulier du premier ministre Mohammed Ganouchi qui était déjà celui de ‘ex président.
Les Tunisiens ont fortement affirmé leur détermination à voir la révolution usurpée.
“Où sont les tribunaux de la République tunisienne ? Où est la justice pour plus de 170 martyrs ? Où sont les procès pour les assassins ?”, s’interroge un manifestant.
Depuis la fuite de Ben Ali, la mobilisation des Tunisiens n’a pas faibli. Le gouvernement a de son côté annoncé des élections au plus tard à la mi-juillet.
Un sondage vient d’être réalisé en Tunisie, portant sur les aspirations de la population, mais aussi ses craintes, un mois et demi après la chute du régime de Ben Ali.
Une enquête d’opinion, effectuée par l’institut d’analyse Media Scan Tunisie à la mi-février et dont les résultats ont été rendus publics vendredi 25 février, permet de comprendre les peurs et les espoirs dans la Tunisie de l’après-Ben Ali.
Et l’un des maître- mots de cette post-révolution, c’est la confiance retrouvée. 70% des personnes interrogées estiment qu’il s’agit de leur première source d’optimisme, loin devant l’accroissement des libertés (5%), l’avènement de la démocratie (4%) ou l’amélioration du niveau de vie (3 %).
De manière plus générale, 84 % Des Tunisiens se déclarent « optimistes » face à l’avenir, contre 16 % qui se disent « pessimistes ». Ceux-ci craignent principalement pour leur sécurité (46 %), à l’heure où de nombreuses manifestations anti-gouvernementales continuent de ponctuer leur quotidien.
Une révolution « sociale »
Quand on leur demande dans quels domaines ils pourront aider à bâtir une nouvelle Tunisie, 23 % des interrogés prônent la solidarité. Seuls 10 % pensent qu’il faut arrêter les grèves et 14 % souhaitent « retourner à une vie quotidienne », quand 14 % estiment qu’il faut « travailler plus ».
Selon 65 % des Tunisiens, la révolution a avant tout des racines sociales (manque de solidarité, sécurité menacée, disparité entre les régions, pauvreté, exclusion …). Viennent juste après des motifs économiques (chômage, manque d’investissement et de développement des régions intérieures), pour 60 % de la population. On a en effet beaucoup parlé du chômage et de la détresse populaire, symbolisés par Mohamed Bouazizi, le marchand ambulant qui s’était immolé pour protester contre ses conditions de vie le 17 décembre, enclenchant le processus révolutionnaire.
Les raisons politiques viennent bien après, 51 % des personnes interrogées estimant que les révolutionnaires aspiraient à plus de liberté d’expression, de pluralisme politique ou encore de démocratie.
Pour des élections « loyales »
L’échantillon interrogé estime néanmoins que le dénouement passera bien par une refonte du système politique. Et donc par les élections justes et démocratiques que le gouvernement de transition a promis d’organiser d’ici à six mois. Ils sont 61 % à croire à un scrutin loyal, alors que 37 % font état de craintes quant à la transparence des élections.
Plus d’un quart de la population (28%) redoute un « prolongement de l’ancien régime » à travers les hommes qui mènent aujourd’hui la transition ou ceux qui seront prochainement élus. L’une des explications réside dans la méconnaissance des partis politiques qui occupent actuellement l’échiquier tunisien. 35 % des personnes interrogées admettent n’en connaître aucun. Le plus connu est, pour 55 % personnes questionnées, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, ancien parti du pouvoir) et pour 51 % le parti Ennahdha (parti islamiste clandestin pendant les années Ben Ali).
TUNIS - Le ministère de l'Intérieur a annoncé samedi l'interdiction de circuler pour les piétons et les voitures dans l'avenue Habib Bourguiba dans le centre de Tunis, théâtre de violents affrontements, à partir de ce samedi 18H00 jusqu'à dimanche minuit, a rapporté l'agence TAP.
Selon un communiqué de la direction de la circulation relevant de ce ministère, les piétons et les voitures sont interdits de circuler dans les deux sens de cette avenue, de samedi 18H00 à dimanche minuit
Cette avenue centrale a été livrée samedi à une véritable bataille rangée entre forces de l'ordre et manifestants, que la police a dispersé à plusieurs reprises en faisant usage de gaz lacrymogènes.
TUNIS — Confronté à une grave crise de confiance, le gouvernement transitoire tunisien peine à trouver ses marques et joue sa survie face à des manifestants qui ne cessent de réclamer sa démission, annonçant des mesures qui semblent dépassées face aux revendications de la rue.
Dans une "Tunisie qui vit une situation exceptionnelle, le gouvernement de transition brille par une série de cafouillages et navigue à vue sous la pression de la rue", estime un politologue tunisien, Laarbi Chouikha.
Cet universitaire "regrette l'absence d'une véritable politique et d'une stratégie de communication" du gouvernement qui joue son avenir en étant confronté "à une grosse méfiance populaire" alors qu'il doit d'organiser les élections de l'après-Ben Ali.
Or, selon lui, "la rue ne doit pas dicter la politique du gouvernement car face à cette confusion, n'importe qui peut demander n'importe quoi en disant +je parle au nom du peuple+".
Plus de 100.000 personnes, mobilisées via Facebook, ont réclamé vendredi le départ du gouvernement de transition dirigé par Mohammed Ghannouchi au cours de la plus grande manifestation à Tunis depuis la chute de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier.
Alors que la manifestation battait son plein, le gouvernement ignorant les appels à la démission, annonçait en fin d'après-midi la tenue d'"élections au plus tard mi-juillet" sans préciser s'il s'agissait d'un scrutin présidentiel ou législatif.
Dans la foulée, le gouvernement annonçait la saisie des biens mobiliers et immobiliers ainsi que des avoirs de 110 anciens collaborateurs et membres de la famille du président déchu, dont son fils de 6 ans.
"Le gouvernement n'est pas à l'écoute de la rue, il aurait fallu que Ghannouchi s'adresse au peuple vendredi soir et exprime la position de son gouvernement sur ce qui se passe dans le pays", estime un autre universitaire, Ridha Hamdi.
Il existe, selon lui, "un fossé entre le peuple et ses dirigeants qui ne sert que les intérêts des partisans de l'ancien régime. La grande question est de savoir si le gouvernement fait la sourde oreille pour gagner du temps ou s'il est complètement dépassé".
Depuis la fuite en Arabie saoudite du président Ben Ali, un gouvernement de transition dirigé par son ancien Premier ministre Ghannouchi et comprenant des membres de l'ex-opposition a promis de consacrer pluralisme et démocratie.
Devant l'insécurité, ajoutée au mécontentement social face à l'absence d'amélioration dans le quotidien des Tunisiens, la mobilisation de la rue n'a pas faibli.
Selon l'avis d'un magistrat indépendant, Mokhtar Yahyaoui, "les revendications politiques doivent s'excercer au sein des institutions politiques et non dans la rue".
"Les manifestants font du chantage, ou bien le gouvernement tombe ou ils bloquent le pays, ce n'est pas la démocratie".
Les manifestants, selon lui, "sont bien organisés politiquement et financièrement, il y a des gens bien structurés derrière eux, qui travaillent avec un agenda politique et leur intérêt est de semer le chaos".
"Ils ont supporté le régime de Ben Ali pendant 23 ans et maintenant ils sont incapables d'attendre quelque mois, ce n'est qu'un gouvernement de transition", ajoute le magistrat, soulignant que "le gouvernement a échoué à établir une relation de confiance avec les citoyens" et estimant qu'il "aurait du demander l'extradition de Ben Ali et son épouse dès le début.
Plus d'un mois après la chute du président, le gouvernement annonçait avoir demandé à Ryad son extradition ainsi que celle de son épouse, Leïla. Quelques jours plus tard, la télévision nationale annonçait la "découverte de grandes quantités d'argent et d'or" dans un ancien palais des Ben Ali.
M. William J. Burns - Que ce soit un "modèle de réussite". Personnalité éminente de l'administration américaine, William J. Burns est sous-secrétaire d'Etat chargé des Affaires politiques. Il était parmi nous hier et avant-hier pour une visite où il s'agissait de "discuter des programmes des Etats-Unis qui visent à soutenir le développement économique, les organisations de la société civile, et la transition vers la démocratie en Tunisie", selon la formulation d'un courrier qui nous est parvenu de l'ambassade américaine.
Avant de clore cette étape, au cours de laquelle il a rencontré notamment le Premier ministre ainsi que le nouveau ministre des Affaires étrangères, William J. Burns a donné une conférence de presse dans les murs de l'ambassade des Etats-Unis.
Dans une brève allocution introductive, le diplomate américain a exprimé son "soutien" au processus actuel de démocratisation. Pour lui, la Tunisie est un sujet "d'inspiration pour la région" et "personne n'oubliera que le réveil a commencé en Tunisie".
Il a indiqué par ailleurs que les Etats-Unis étaient disposés à fournir leur assistance à la Tunisie "en fonction des priorités" exprimées par les Tunisiens eux-mêmes, et ce, en collaboration avec l'Union européenne.
L'option consiste à "travailler pour la stabilité" de la Tunisie, "au profit de tous les Tunisiens et pas seulement au profit d'une élite", à travers un renforcement de l'échange économique.
A ce propos, il a rappelé qu'une délégation d'hommes d'affaires américains est attendue pour la fin du mois de mars. La volonté américaine d'apporter sa contribution à la révolution s'exprime aussi, cependant, au niveau de la mise en place "d'élections transparentes et démocratiques", a souligné M. Burns.
La séance des questions-réponses a confirmé la vision américaine qui consiste à reconnaître dans la "croissance économique" un "pilier de la transition" et, du même coup, du modèle tunisien de transition politique un modèle de transition économique.
Le responsable américain relève les atouts de la Tunisie de ce point de vue, comme le niveau d'éducation de la population, ou le respect des droits des femmes... Il évoque le tourisme, à la fois comme l'un des secteurs qui risquent de souffrir le plus de la situation actuelle, mais aussi comme un domaine qui se prête à l'investissement et à l'échange, et donc à un soutien de la part de son pays.
Mais le tourisme n'est pas le seul secteur où l'accroissement du partenariat économique a des possibilités de développement.
Sur l'intérêt que représente la révolution tunisienne pour l'administration américaine, M. Burns rappelle que, de la même manière que les Etats-Unis avaient soutenu notre pays lors de son indépendance il y a 50 ans, la réussite de la Tunisie demeure aujourd'hui très importante : "C'est aussi l'intérêt des Etats-Unis que la Tunisie soit prospère".
Au sujet d'un rôle supposé que l'administration américaine aurait joué dans les événements qui ont poussé le président Ben Ali à fuir le territoire, le diplomate a nié toute implication de son pays : "Cette révolution est 100 % tunisienne".
Les Etats-Unis n'ont pas eu d'autre rôle que celui du soutien, a-t-il fait remarquer, en rappelant toutefois les critiques faites à l'ancien régime par son administration au sujet de la question des droits de l'Homme : "Nous avons toujours exprimé nos divergences".
M. Burns a également été sollicité au sujet des événements qui se déroulent en Libye. L'action américaine consiste à s'inscrire dans une concertation au niveau des Nations unies, mais aussi avec des structures comme l'Union européenne ou la Ligue arabe. Il est cependant question de "pas très concrets dans les prochains jours" car, dit-il, "la communauté internationale doit agir".
En réponse à une question qui consiste à demander si les Etats-Unis continueront à considérer Israel comme une démocratie modèle dans la région, alors que ce pays a exprimé son hostilité à l'égard de ce vent démocratique qui traverse le monde arabe, le diplomate américain s'est contenté de réaffirmer le soutien américain aux mouvements de revendication en affirmant que "aucun leadership ne sera immune face au peuple" dans les pays arabes et en insistant sur la nécessité de "construire des modèles de réussite".
Nous poursuivons ci-dessous la publication des traductions des « Chroniques de la révolution tunisienne » d'Alma Allende. Après une phase de reflux, la réoccupation de la Kasbah à Tunis démontre que les mobilisations sociales et ouvrières regagnent du terrain en Tunisie contre le gouvernement transitoire de Ghannouchi. Nous publions également un billet issu d'un blog d'une jeune tunisienne qui exprime bien le fait qu'une partie de la population commence à perdre toute illusion sur le caractère « démocratique » de la « transition » en cours menée par des politiciens directement issus de l'ancien régime. La révolution n'est pas terminée! (LCR-Web Belgique)
Laïcité et démocratie
Tunis, le 20 février 2011
Il est parfois nécessaire de revenir pour savoir où nous étions. Après une semaine à Cuba, nous revenons à Tunis, d'où nous étions partis depuis la chute de Ben Ali, et dans cette matinée venteuse et ensoleillée nous achetons les journaux en nous dirigeant vers l'Avenue Bourguiba. « La Presse » parle de « Ben Ali Baba et les quarante voleurs », donne de nouveaux éléments sur la profondeur et l'étendue de la corruption de l'ancien régime et examine les mesures prises par le nouveau gouvernement pour soulager la situation économique des ménages. « Le Temps » publie un montage photographique fort truculent qui fait rire à pleine gorge un acheteur à mes côtés: on y voit l'image de la fameuse et triste visite de Ben Ali à Mohamed Bouazizi à l'hôpital, mais aujourd'hui c'est l'ex-dictateur qui est dans le coma, étendu sur un lit, et le vendeur de fruits qui le regarde dans les habits du président. Dans « Al-shuruq » on parle d'une vague migratoire venant ces derniers jours de Libye et des naufrages de Zarzis, dont les cadavres des victimes sont toujours réclamés par les familles.
Un joie débordante et enfantine nous submerge sur l'Avenue Bourguiba: les manifestations continuent...
L'une des manifestations a lieu devant l'ambassade de France pour exiger la démission de Boris Boillon, le nouvel ambassadeur de l'ex-puissance coloniale, qui a eu une attitude méprisante et arrogante avec les journalistes tunisiens pendant sa conférence de presse de jeudi dernier. Boillon, ancien ambassadeur à Alger et à Bagdad, a déclaré à la revue « Challenges » en 2009 que « La reconstruction de l'Irak est le marché du siècle: 600 milliards. La France doit être en première ligne ». On comprendra que, suite au soutien de Sarkozy et d'Alliot Marie au dictateur, les Tunisiens ont peu de confiance envers la France. Il faut rallumer les Lumières et pour cela, ce sont les Français qui devront imiter les Arabes, et non l'inverse!
L'autre manifestation, encore plus nombreuse, a été organisée en défense de la laïcité et rassemble quelques milliers de personnes qui, depuis le Théâtre Municipal, montent vers le Ministère de l'Intérieur en scandant des slogans en faveur de la séparation entre l'État et la religion qui, disons la vérité, n'a été à aucun moment menacée: « La religion pour Dieu, la patrie pour tous ». Cette démonstration publique est cependant importante face aux médias occidentaux, toujours bien disposés à trouver partout – et à grossir – les fanatismes religieux, et il est très agréable et significatif de voir plusieurs femmes voilées parmi les manifestants: « Musulmans et laïcs », dit la pancarte qu'elles portent. Mais il y a quelque chose de préoccupant dans la préoccupation de ces groupes, clairement issus de la classe moyenne et des secteurs intellectuels, qui se focalisent sur le Ghannouchi du parti Ennahda et non pas sur le Ghannouchi qui occupe le siège de premier ministre.
De fait, nous discutons avec quelques femmes qui évoquent l'assassinat, hier, d'un prêtre à Manouba et la tentative d'incendie dans un quartier de prostituées. Il nous semble absurde d'associer ces faits à l'activité d'un parti qui, outre qu'il les a condamnés, n'est pas objectivement intéressé à miner sa faible position politique. Nous leur rappelons que l'épouvantail de l'islamophobie a déjà servi précisément en Tunisie pour empêcher la démocratie et peut resservir aujourd'hui pour suscriter la guerre civile, semer la terreur et détourner l'attention loin des véritables priorités, qui sont les politiques sociales et économiques. En outre, l'identité absolue entre démocratie et laïcité formulée par certaines pancartes ne nous semble pas si évidente. Le capitalisme est profondément laïc, puisqu'il tolère et transforme en marchandise tous les symboles, tous les principes, y compris religieux, et il est cependant radicalement anti-démocratique. Ben Ali lui-même fut un dictateur laïc qui a su, avec efficacité, combattre l'islam politique par la prison, la torture et l'assassinat.
Le socialisme – pensons-nous – est l'unique système où la laïcité et la démocratie sont harmonieusement compatibles. Et le socialisme, il faudra le défendre dans les quartiers périphériques de la capitale, dans les villages et les villes du centre et du sud de la Tunisie, où les gens sont en train de le demander à cris, même sans le savoir. On court le danger, en effet, que pendant que nous manifestons en faveur de la laïcité devant un théâtre, les militants islamistes disciplinés prennent notre place.
C'est, en tous les cas, un plaisir renouvelé de rentrer à Tunis, y compris en venant de Cuba. Ici aussi on lutte.
(Déjà vu) Encore une fois la Kasbah
Tunis, le 21 février 2011
Hier, le ministre de l'Intérieur a déclaré qu'on allait appliquer la loi - l'état d'urgence toujours en vigueur – et que, de ce fait, tout rassemblement et manifestation étaient interdits.
Cet après-midi, vers 16h00, les Tunisiens ont à nouveau repris la Kasbah. Mais pour une fois, nous n'étions pas là, mais nous avons vu les images. Des milliers de manifestants se sont rassemblés devant le Palais de la Municipalité, ont fait pression contre les clôtures qui protègent l'enceinte où se trouve le siège du Premier ministre, protégé par des militaires et des policiers. Les discussions ont fait place aux bousculades et, devant la poussée des masses, les soldats ont tiré en l'air. La tension n'est pas retombée, elle s'est au contraire accentuée avec des insultes et des projectiles et finalement la défense a cédé: une avalanche humaine a pénétré et réoccupé la place.
Nous sommes arrivés vers 18h00 pour constater qu'un miracle s'était produit. Les murs sont à nouveau recouverts de graffitis et de papiers avec des slogans griffonés à la hâte: « Dignité et liberté »; « La révolution continue »; « Non au complot du RCD », « Abattons le gouvernement collaborationiste »; « Zaura Tunis, Zaura Masr, zaura zaura hata el-nasr » (Révolution en Tunisie, révolution en Egypte, révolution, révolution jusqu'à la victoire); « Pouvoir populaire »; « Mobilisation, mobilisation jusqu'à ce qu'on impose la volonté populaire »; et aussi: « Soyons réalistes, exigeons l'impossible ». De l'autre côté, sur le linteau du siège du Premier ministre, dont des grappes de jeunes sont à nouveaux accrochés aux fenêtres, d'autres slogans témoignent de la finesse et de la conscience de ces gens. Une grande pancarte énumère les revendications des manifestants: dissolution du gouvernement et du parlement, destitution de la judicature, formation d'une assemblée constituante élue par la volonté populaire. Une autre identifie le peuple avec le Conseil National de Défense de la Révolution. Et une autre démontre jusqu'à quel point les provocations – face auxquelles, en partie, est tombée la manifestation pour la laïcité de samedi – ne donnent aucune prise ici: « Ce sont les bandes du gouvernement terroriste qui ont tué le prêtre » (en référence au curé polonais assassiné à Manouba). La sensation de déjà vu – avec la cascade de protestations qui déferle sur le monde arabe en mémoire – provoque en nous un tremblement de bonheur public, un frisson onirique partagé. La résistance est dans la répétition et il y a des événements dont la seule répétition est déjà une nouveauté multipliée, amplifiée à l'infini dans un jeu de miroirs sans origine. Nous regrettons seulement l'absence d'Ainara et d'Amin, qui sont en voyage car sans leurs yeux nous nous sentons un peu aveugles.
Ils sont moins nombreux que lors de la première occupation, mais ils sont revenus et ils en attendent beaucoup plus. Il semble qu'un autobus a été arrêté à Kairouan et d'autres groupes espèrent contourner les contrôles sur les routes. Comme la première fois, les drapeaux ondoient, l'hymne national retentit, les slogans sont criés à pleine gorge. Quelques jeunes, avec un brassard blanc au bras, s'occupent de l'organisation devant le balcon du Ministère des finances, où une pancarte du Front du 14 janvier a été placée. Toutes les forces anti-gouvernementales sont représentées sur la place, y compris celles qui ne veulent aucune représentation. Nous parlons avec trois hommes qui viennent de Hay Tadamun, un des quartiers les plus défavorisés de la capitale. Ils font partie du Comité de Défense et sont venus ici, indignés par la mascarade incarnée par ceux qui prétendent parler au nom du peuple et qui ne leur permettent pas d'organiser la vie dans leur quartier. « Nous ne voulons pas d'argent, nous voulons que Ghannouchi s'en aille ». Samia Labidi, une femme qui les accompagne, enveloppée dans un drapeau tunisien, proclame sa soif de justice:
- Ils nous ont montré les trésors des palais de Sidi Bou Saïd à la télévision. Du pur théâtre. Et nous sommes fatigués du théâtre. Nous exigeons la dignité et la liberté.
Parmi la foule, nous trouvons Farouk et Khaled, du Parti du Travail National Démocratique, également membres du Front du 14 janvier. Ils nous disent qu'ils sont là pour voir qui a organisé l'occupation de la Kasbah et la rejoindre afin de coordonner les luttes. Ils nous donnent la sensation d'aller un peu à la remorque d'une mobilisation qui, cependant, a besoin d'une structure politique et nous en profitons pour leur demander des nouvelles du congrès du Front célébré le 12 février dernier. Ce fut un succès de foule – quelques 8.000 participants – mais nous avions cherché en vain un communiqué ou une déclaration commune.
- Il n'y en n'a pas encore – confirme Khaled. Nous avons derrière nous des années de divergences et nous sommes en train de négocier. C'était notre premier congrès et nous avons encore beaucoup de travail devant nous. Le problème, c'est que la réalité va beaucoup plus vite que nous.
A ce moment là survient quelque chose d'étrange. Un des camions de l'armée garé contre le mur, au fond de la place, allume ses phares et allume son moteur. La foule s'agite. Le retrait de l'armée de la place peut être à nouveau le signal d'un assaut policier. Ce qui est étrange, c'est que le conducteur appuie sans cesse sur l'accélérateur, faisant rugir le moteur, mais sans bouger le véhicule, comme s'il voulait attirer l'attention au lieu de vouloir se déplacer réellement. Une provocation? Un avertissement? Les manifestants comprennent tout de suite et courrent pour se rassembler et s'asseroir devant les camions afin de leur couper l'issue. Camions et manifestants seront toujours là plusieurs heures plus tard quand nous appelerons la Kasbah pour prendre des nouvelles.
Sous le phare du camion, un jeune est en train d'écrire sur un papier posé sur le sol: « Le pouvoir appartient au peuple, le peuple n'appartient pas au pouvoir ».
Nous cherchons nous aussi un responsable de l'organisation afin de lui demander son numéro de téléphone avant d'abandonner le lieu. Ibrahim, un cinquantenaire qui travaille au Ministère de l'enseignement supérieur, nous parle du Che, de Fidel, de l'autre aussi – comment s'appelle-t-il? - du Venezuela:
- Chávez?
- Non, non, bien avant lui... Simon Bolivar!
Il se montre très fier de ses connaissances:
- Notre révolution ne vient pas de nulle part. Elle a des précédents partout. Nous connaissons l'histoire et c'est pour cela que nous voulons un gouvernement souverain, non dépendant ni de l'Union européenne, ni des Etats-Unis.
Dans un autre groupe, sur l'esplanade devant de l'hôpital, entre les clôtures de l'enceinte et du Palais de la Municipalité, on discute avec chaleur. Deux personnes mènent la dicussion: Mondher, un ingénieur du Congrès pour la République (le parti de Marzouki) et un jeune juriste nommé Yauhar. En réalité, plutôt qu'une polémique, ils se donnent raison dans un espèce de potlatch discursif. Ils expliquent avec force détails l'absence de légitimité du gouvernement de Ghannouchi:
- C'est exactement le contraire – dit Yauhar. Ce gouvernement ne peut ni réformer la loi ni convoquer des élections. Il faut d'abord élire une assemblée constituante qui élabore le nouveau texte constitutionnel auquel devra être adaptée la nouvelle législation. La dissolution des institutions et l'élection populaire de la constituante sont les conditions de toute légitimité.
Et il ajoute:
- On nous demande d'avoir confiance en Ghannouchi, qui doit nous guider vers un nouvel ordre de légitimité et de démocratie. On nous a dit précisément la même chose en 1987, quand Ben Ali a écarté Bourguiba à la tête de l'Etat. Sans une nouvelle constitution, il ne peut y avoir d'élections. Nous n'avons aucune confiance dans les promesses d'un homme, ce doit être la loi qui nous garantit la souveraineté.
Il nous dit que, ensemble avec d'autres jeunes avocats et universitaires, il a créé un « Forum Citoyen » qui tiendra vendredi prochain une conférence de presse sur une initiative afin de récolter un million, deux millions, trois millions de signatures afin de forcer la démission du gouvernement et l'élection d'une assemblée constituante.
A ce moment, un jeune arrive sur la place et déploie un drapeau. En réalité, il s'agit de la reproduction d'un panneau de circulation indiquant une direction interdite, sur un fond blanc: « Interdit de faire demi-tour ».
C'est cela, précisément, que demandent les occupants de la Kasbah.
Lorsque nous retournons à la maison, les nouvelles de Libye, du Maroc, du Barheïn, du Yémen, donnent toute leur place à l'expérience de cet après midi, pourtant loin de l'attention médiatique. Il n'y a plus rien de local ni de petit dans le monde arabe. Tout est dans tout. Le monde arabe, duquel on n'attendait que rêve ou fanatisme, n'existe pas seulement, il chevauche le cheval qui galope vers d'autres lieux.
Et pour quand en Europe? Pour le moment, nous regardons aussi vers le Wisconsin.
La Kasbah de Tunis: Trois traits
Tunis, le 22 février 2011
La révolution tunisienne a été la révolution des chômeurs, des travailleurs précaires, des pauvres, des humilliés, des syndicalistes et en partie celle des blogueurs, mais elle a été également, dans une grande mesure, la révolution des avocats. L'Association des Lettrés a joué un rôle décisif dans la formulation des revendications et dans l'éducation politique du peuple. Ils ont fait partie de la première occupation de la Kasbah et ils sont aussi dans la seconde et leur patte est visible dans le contenu des pancartes que les manifestants accrochent sur les murs: assemblée constituante, constitution, loi électorale, gouvernement de salut national, légitimité, épuration des institutions...
L'un d'eux, un jeune au bonnet de feutre et à l'élégante écharpe, déploie toute son éloquance pour expliquer que le contrat social a été violé par ceux qui ont tiré sur le peuple et que, pour cela, seul le peuple peut en élaborer un nouveau. Répondant à la question d'un des polémistes improvisés sur les pressions coloniales exercées par la France et les Etats-Unis, il répond avec une verve toute jacobine:
- La France a fait sa révolution en 1789 et nous, nous la faisons aujourd'hui. A partir de maintenant, ils devront nous traiter d'égal et à égal.
Personne ne peut dire qu'il y a quoi que ce soit de médiéval dans la révolution tunisienne, mais il y a bien un côté « XVIIIe siècle ». Et cet énorme retard de deux siècles, quand la postmodernité et la religion semblaient avoir érodé l'idée même du contrat social, nous semble une immense avancée. C'est juste une question de temps. Ensuite viendra la Commune et les Soviets et cette fois ci, cela se passera peut être à l'envers; c'est à dire à partir du droit et des gauches, comme cela doit être.
Avec l'activité fébrile d'une fourmillière pensante, les occupants de la Kasbah ont déjà dressé plusieurs jaimas. Sur l'une d'elles, au pied de la place du Palais Municipal, ils ont installé un pompeux et simple « Comité d'Information ». A l'intérieur, quatre jeunes aux vestes fluorescentes – un attribut d'identification improvisé – entourent un ordinateur et donnent des informations à ceux qui gardent l'entrée, chargés à leur tour de les transmettre aux participants:
- Ceux de Kasserine sont parvenus à passer! Dans une demi heure ils seront ici – et tous d'applaudir à cette nouvelle.
Mais, ensuite, ce n'est pas ceux de Kasserine qui arrivent, mais bien d'autres qu'on n'attendait pas, et ceux de Kasserine n'arriveront que beaucoup plus tard parce que la rapidité de l'information ne laisse jamais un récit complet. Un exemple: vers minuit, nous recevons l'information selon laquelle l'armée est en train d'évacuer la Kasbah de Tunis et de Sfax. Nous passons une heure d'angoisse jusqu'à ce que l'information soit démentie par téléphone. Ce qui s'est réellement passé c'est qu'un camion militaire a allumé son moteur et avant même qu'il puisse démarrer et abandonner tranquilement la place, l'information, déformée de manière menaçante, s'est déployée sur Facebook à une vitesse sidérale. Les informations, sur Facebook, sont souvent composées de « premiers gestes » et ces derniers volent et virevoltent comme des copeaux.
Facebook a été très important, cela ne fait pas de doute. Mais il est trop rapide. Et en pensant à la phrase des camarades du Front du 14 janvier hier (« la réalité va beaucoup plus vite que nous »), nous pensons qu'il ne s'agit pas seulement du problème qu'il n'y a pas de structure politique capable de recueillir l'impétuosité de la révolution, mais bien qu'il y a une structure technologique, préétablie et dont les avantages eux-mêmes, tellement utiles pour la mobilisation, mettent des limites à l'organisation. Il y a comme une compétition, ou un conflit, entre les territoires dans lesquels se déverse l'information digitale et ceux sur lesquels ont travaille de manière narrative (les murs, les pancartes, les nuits en commun, la fière revendication du peuple originaire) et la propre rapidité avec laquelle on parvient jusqu'à eux, à travers les messages par téléphone portable ou par internet. La réalité, c'est l'espace ou la rapidité? Parfois, nous craignons que ce qui est bon pour rassembler des foules serve précisément seulement à rassembler des foules. Et que, de manière étroite – organique même – la technologie liée au corps provoque cette confusion, et non le manque de partis, ce qui empêche de faire des projets.
Mais ces têtus de la Kasbah, qui font tellement « XVIIIe siècle », tellement peuple, continuent à raconter l'histoire avec leurs corps (qui laissent des traces partout).
Nous suivons un capitaine – si c'est bien le grade qui correspond à trois étoiles – qui circule parmi la foule. Nous l'avons déjà vu à d'autres reprises et il s'agit certainement de l'officier en charge de la compagnie qui garde la place. C'est un homme d'une cinquantaine d'années, à l'épaisse moustache blanche, un peu ventru, d'aspect très sympathique. Il traite avec énormément de familiarité tous ceux qu'il croise, comme s'il n'était qu'un manifestant parmi d'autres. Ce qui est curieux c'est qu'il ne se sent pas mal à l'aise et que les occupants ne se sentent pas intimidés. De fait, il est souvent abordé par des gens qui l'interpellent, lui demandent des comptes, lui donnent une petite tape sur l'épaule avec une ironie réprobatoire. Il répond avec tranquilité aux reproches, fait des plaisanteries et rit avec complicité. A un moment donné, un groupe un peu plus pressant l'entoure et lui reproche la passivité de l'armée face à l'assaut de la police l'autre fois.
- Vous devez protéger le peuple! - crie un homme.
- Mais vous n'êtes qu'une partie du peuple – répond le capitaine avec une patience un peu paternelle.
Et c'est alors qu'une femme plus âgée, qui se trouve à côté de nous, le fusille avec une colère majestueuse:
- Nous sommes la partie qui lutte, c'est seulement elle le peuple. Les autres, ceux qui ne luttent pas, ne sont pas le peuple.