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lundi 15 août 2011

La Tunisie, une démocratie entière dans 18 mois, selon The Guardian

La Tunisie a une chance raisonnable d'émerger  en tant que démocratie entière  dans les 18  mois à venir, telle est la conclusion majeure d’une enquête menée par le sérieux quotidien britannique « The Guardian » sur les perspectives politiques et économiques de la Tunisie à quelques semaines du scrutin du 23 octobre. Récit :
L'idée d'une révolution est intrinsèquement romantique et, après avoir vu les scènes de défiance qui s'est emparée de la Tunisie lors du renversement du président Ben Ali, j'avais hâte d'y retourner et d'observer comment les choses ont changé depuis ma visite dans ce pays,  l'année dernière, déclare en préambule la journaliste du quotidien britannique.
A la faveur de mes conversations avec la nouvelle  classe politique, ainsi que des  citoyens ordinaires, j’ai eu la claire impression que  la Tunisie  fait face, pour la première fois, aux défis de la pratique de pluralisme réel.
L'aspect le plus encourageant est l'attitude de la population. Les Tunisiens  cultivent  un sens bien mérité de la fierté attachée à la révolution. Tout le monde semble  politiquement engagé et désireux d'exprimer son opinion, même si la plupart des Tunisiens ne savent pas encore précisément ce qu'ils attendent d'un futur gouvernement.
Une saine culture de  la contestation -  même si parfois, elle est controversée – anime  une constellation de jeunes militants et de groupes de la société civile. Ils ont contraint des  vagues successives de membres de l’ancien régime à quitter le gouvernement, et continuent de faire pression  sur les institutions provisoires pour qu’elles tiennent  leurs promesses.
Il  existe  une voie claire pour aller de l'avant. Les  élections pour une assemblée constituante  sont  prévues pour le 23 octobre. Il s’agira d’élaborer  une nouvelle constitution d'ici un an, et les élections parlementaires et présidentielles pourraient se s’organiser  ensuite sur la base des nouvelles règles.
En bref, le pays a une chance raisonnable d'émerger  en tant que démocratie entière  dans les 18  mois à venir. Mon impression est que la transition tunisienne pourrait bien réussir parce qu’il y a de claires  indications de conserver  la confiance d'une population vigilante alors que les institutions démocratiques sont en cours de construction.
Toutefois, ceux qui travaillent effectivement au sein du  processus de transition regardent  le pays comme étant «calme en surface uniquement". Malgré le soutien   sans faille qu’ils apportent à  la révolution, les politiciens impliqués dans la mise en œuvre de ses objectifs peinent à instaurer  le pluralisme au sein d'une d'élite qui n'en a nulle expérience.
Avec plus de 80 partis politiques autorisés  depuis Janvier, il y a eu une cacophonie de nouvelles voix politiques sur fond de campagnes de dénigrement. Presque toutes les grandes figures politiques ont déjà été discréditées d'une certaine manière, et de nombreux Tunisiens semblent désespérés  au sujet de  leurs choix politiques. On estime que 54% de la population restent indécis quant à savoir pour qui ils vont voter en octobre.
Plutôt que de s’employer  à  mettre fin au chaos, la plupart des partis politiques semble plus intéressée par les affrontements l'un contre l'autre, et ne sont pas en train de mettre en place un climat de confiance pour permettre le partage du pouvoir dans un éventuel gouvernement. Ceci a en partie favorisé  la montée rapide d’Ennahda (Parti de la renaissance), naguère  interdit, et  qui est  un mouvement islamiste modéré crédité des plus fortes intentions de vote à l'heure actuelle. Ennahda a un avantage sur ses concurrents en raison principalement de sa réputation comme le mouvement qui  a toujours contesté à la fois Habib Bourguiba et Ben Ali.
Des dizaines de milliers de partisans d’Ennahda ont été emprisonnés ou ont pris le chemin de l’exil pendant les années 1980 et au début des années 1990. Le mouvement était essentiellement absent de la vie publique tunisienne, après 1991, même si ses membres ont commencé à se réunir en secret, à nouveau à partir de 1999.
Ce parcours confère  aux dirigeants d’Ennahda une certaine crédibilité auprès de la population, et le mouvement s'est réorganisé de manière agressive  depuis la reconnaissance légale  qui lui a été accordée, en mars.
Bien peu d'observateurs - dont les propres dirigeants Ennahda  - estiment  que le parti pourrait s’assurer  plus de 20-30% des suffrages, sa réémergence a créé un sentiment de paranoïa au sein du reste de la classe politique marquée par  une dangereuse polarisation.
 Nejib Chebbi, le chef du  Parti démocratique progressiste, déclare qu’il " n’est  pas inquiet au sujet  les islamistes autant que le sont les démocrates". Son opinion est  que beaucoup de politiciens pro-démocratie se sont unis dans leur critique d’Ennahda,  sans offrir cependant eux-mêmes  d'alternatives politiques valables.
Les médias  regorgent de  discours hostiles à Ennahda  tandis qu'il est juste que les dirigeants du mouvement soient  interpellés  sur des questions importantes pour les Tunisiens - telles que leur position sur le libéral  code du statut personnel – le dénigrement d’Ennahda ne doit pas servir de prétexte par d'autres partis afin d'éviter l‘élaboration  de programmes clairs.
Si les citoyens ne s’accommodent pas des  options qui seront disponibles  en octobre, ou encore  si les élections ne donnent pas lieu à des  résultats qui   garantissent  le partage du  pouvoir entre un vaste éventail de points de vue, il est à craindre que  la patience des  Tunisiens vis-à-vis le processus de transition ne puisse  s’effondrer  rapidement.
Et puis, il y a la situation économique. Bien que le démantèlement du  régime corrompu de Ben Ali soit sans doute positive pour la croissance  de la Tunisie sur le long terme, Mohamed Ben Romdhane, économiste affilié au parti de gauche  Ettajdid , explique que, sur  le court terme, la situation s'est dramatiquement détériorée. Cela est dû en grande partie à une absence totale de croissance de l'emploi  dans le  secteur privé (qui offre habituellement 80% des nouveaux emplois créés par an) tandis que les investisseurs nationaux et étrangers attendent d’être édifiés sur  la stabilité du nouveau gouvernement.
Le scénario le plus optimiste mis en avant par Mohamed Ben  Romdhane  prévoit que, si un système démocratique est mis en place avant la fin de 2012, les investisseurs commenceront  à revenir. Cependant, en raison du décalage entre les décisions d'investissement et la création d'emplois réels, la Tunisie devrait faire face à  quatre ou cinq ans  supplémentaires de crise économique et sociale avant que les citoyens ne commencent à percevoir une amélioration.
Demander aux  milliers de jeunes chômeurs tunisiens qui ont participé à la révolution d’attendre encore cinq ans n'est pas si aisé. La colère qui a été celle des jeunes  pendant  la révolution représente  une crainte réelle, et il est essentiel que soit maintenu un large consensus national appuyant l’action  des institutions de la transition tandis que le changement arrive progressivement.
Les politiciens tunisiens peuvent  réussir à construire sur la bonne volonté nationale existante, mais il y a toujours un risque qu'ils puissent perdre la foi de la population avant Octobre. Éviter la polarisation et  pratiquer le pluralisme réel - en acceptant les différents points de vue et échanger des idées dans le respect et  la  transparence – sont essentiels  à ce stade. Si la classe politique arrive à maîtriser  ses nerfs, la Tunisie aura la  chance de devenir la première démocratie  autodéterminée du monde arabe, conclut The Guardian.

L’armée tunisienne en état d’alerte maximale à la frontière libyenne

Alors que l’étau se resserre autour de Tripoli, l’armée tunisienne a décrété l’état de vigilance maximale autour de Raj Jedir, considéré comme un point stratégique par les deux belligérants.

La circulation dans ce poste frontalier entre la Libye et la Tunisie a été presque nulle dimanche, en raison des affrontements opposant les insurgés et les troupes de Kadhafi à Zaouia, à 130 Kms au sud de Ras Jedir et 40 kms de Tripoli, la capitale libyenne. Ces affrontements, qui se sont poursuivis dimanche, ont permis aux insurgés de prendre le contrôle de la région.
Le contrôle de Zaouia par les rebelles suppose deux scénarios: ou ils avanceront vers la capitale Tripoli ou ils renforceront leur contrôle du point frontalier de Ras Jedir, affirme «une source militaire tunisienne de haut niveau», citée par l’agence Tap. Elle ajoute: «Ceci qui entraînera l’asphyxie du régime de Kadhafi, d’autant que ce point de passage est vital pour la Libye.»
L’importance stratégique que revêt ce point de passage aux niveaux économique et politique est propre à renforcer l’intensité des affrontements entre les deux parties si les insurgés auraient l’intention d’y progresser, ajoute la même source.
Pour le moment, la situation sur les frontières est jugée «calme» et «normale». Mais «il est impératif de faire preuve de vigilance», affirme la source militaire, qui n’écarte pas qu’«en cas de besoin», des renforts militaires pourraient être déployés dans le sud du pays.
Par ailleurs, six blessés libyens sont arrivés, dimanche matin, à l’hôpital régional de Tataouine. Ils avaient franchi le territoire tunisien en empruntant des pistes sahariennes. Ces blessés, selon leurs accompagnateurs, ont été atteints lors des violents combats à côté de la ville libyenne de Zaouia.
Devant le manque flagrant en équipements et en cadres paramédicaux spécialisés, à l’hôpital régional de Tataouine, deux d’entre eux ont été transférés, dans un état critique, vers une clinique privée de Sfax pour recevoir les soins nécessaires.

Tunisie-Libye. La bataille de Ras Jedir aura-t-elle lieu?

Les troupes de Kadhafi et les insurgés massent leurs combattants autour de Ras Jedir, à la frontière libyenne avec la Tunisie. Ce qui laisse prévoir de durs combats pour le contrôle de ce point névralgique.

Des renforts militaires exceptionnels et un mouvement inhabituel ont été constatés à Ras Jedir, côté libyen du poste frontalier entre la Libye et la Tunisie, alors que des blessés sont arrivés dimanche par les pistes sahariennes. «Il y a une présence sans précédent d’unités sécuritaires pro-Kadhafi, avec blindés et armes lourdes du côté libyen du passage frontalier», a indiqué un témoin anonyme à l’agence Afp.
Alors que les insurgés sont en train de prendre le contrôle de villes importantes sur la côte, notamment Zaouia, Sorman et Sabratha, situées entre Tripoli et Ras Jedir, les troupes de Kadhafi semblent chercher à prendre le contrôle de Ras Jedir, principal point de passage entre la Libye et la Tunisie, de manière à ménager une éventuelle sortie ou pour assurer l’approvisionnement en vivres et carburants.
La bataille de Ras Jedir va devoir avoir lieu. Ce qui explique l’état d’alerte maximale observée par l’armée tunisienne sur toute la zone frontalière.

Tunisie. A une révolution laïque, une constitution laïque

Dr Salem Benammar écrit – Les vrais enjeux de la nouvelle constitution tunisienne réside dans la capacité des constituants à rester en cohérence avec l’esprit laïque et solidaire de la révolution des indignés. 

La Tunisie est tiraillée entre deux courants de pensée et de projets politiques antinomiques. L’un moderne et républicain, l’autre nostalgique, régressif et réactionnaire. L’un est ouvert sur le monde et l’autre cherche à atteler le pays aux wagons du wahhabisme saoudien en instrumentalisant le modèle turc, utilisé comme une vitrine pour une propagande fondamentaliste.
Une constitution fondée sur le droit positif
En effet, la Tunisie ne joue pas que son avenir politique dans les mois à venir ; elle joue surtout de son avenir en tant que nation moderne dotée d’institutions républicaines. Une lourde hypothèque semble peser sur son avenir sociétal, humain et civilisationel. Les symptômes constatés indiquent que le pays est le théâtre, tant redouté, de chocs de cultures. Toutes les incertitudes, les peurs et angoisses, les remous et convulsions de caractère religieux laissent planer de sérieuses craintes sur le choix du modèle d’institutions politiques et juridiques dont le pays devra se doter pour être en cohérence avec l’esprit laïc de sa révolution.
En tout état de cause, il faut absolument une constitution fondée sur le droit positif et non sur le droit naturel, véritable chimère, ou droit coutumier d’essence prétendument divine, et donc immuable, intemporel et omniscient, source d’abus et d’arbitraire en tout genre. Le pouvoir de légiférer est aux hommes et non à Dieu avec l’impérieuse nécessité de réaffirmer la prévalence des sources de lois des assemblées humaines sur celles d’origine divine qui sont par nature obscures, ambigües, confuses, inapplicables, inadaptables aux exigences du monde contemporain.
Les hommes doivent rester maitres de leur destin politique en application même de la liberté accordée aux hommes par le Coran.
Au prétexte de la supposée identité arabo-musulmane de la Tunisie, on occulte une histoire pluri-millénaire et qui fait fi de l’esprit de la révolution du 14 janvier 2011. Il faut que, par son préambule et par son contenu, la Constitution tunisienne doit rester en cohérence avec cet esprit laïque et solidaire et ce vent de liberté incarnés par la révolution des indignés.
La Tunisie est la terre d’Hannibal, de Saint-Augustin et d’Ibn Khaldoun, pour ne citer que ses enfants les plus illustres, et de tous ces hommes et femmes berbères qui ont fait sa gloire et qui ne sont pas tous issus tous d’une pensée religieuse. Le sang tunisien a été versé pour l’édification d’une nouvelle Tunisie, digne héritière de Carthage, dotée d’un modèle de constitution de caractère mixte et équilibré, remarquable, incluant le peuple à l’antipode de celui que souhaiteraient pour la Tunisie les forces intégristes inféodées aux wahhabisme saoudien, où le pouvoir absolu revient à Dieu, tel qu’ils se donnent (à tort et par apostasie) d’interpréter : véritable hérésie et ineptie juridique. Comment peut-on conférer à un système de croyances reposant sur des lois morales une validité juridique absolue ne souffrant aucune contestation au nom du sacré?
Des mécanismes juridiques protecteurs inébranlables La pérennité des institutions futures de la Tunisie, la séparation des pouvoirs, le caractère laïc de ses codes juridiques, l’inviolabilité de son territoire physique, ses structures sociales et humaines, son avenir politique, sa souveraineté nationale, le statut juridique de ses citoyens, le statut de la femme, sa vocation régionale et mondiale, doivent faire l’objet plus que jamais de mécanismes juridiques protecteurs inébranlables.
La Tunisie perdra son âme et ses acquis si elle ne se prémunit pas contre l’utopie du mouvement islamiste. Car les lois morales de ce mouvement constitueront un ordre juridique au détriment des lois humaines et républicaines qui sont le seul mode d’expression des libertés démocratiques et respectueuses du droit à la différence et de toutes les formes de libertés, qui doivent aussi fonctionner comme soupape de sécurité contre l’hégémonisme de la religion sur la société tunisienne. Une constitution capable de définir un rôle à la religion, par définition envahissante, et la cantonner dans son rôle de catharsis.
Il faudrait aussi rappeler que la Tunisie n’est pas un dominion exclusivement arabo-musulman et faire aussi référence à son patrimoine et son héritage non musulman.
Il faudrait que la nouvelle constitution soit l’expression de l’âme tunisienne et non une simple réaffirmation de son identité arabo-musulmane. Cette vision ethnocentriste et réductrice de la Tunisie ne doit pas hypothéquer l’avenir du pays.

dimanche 14 août 2011

«L’immunité» de Marouen Mabrouk fait un buzz

Depuis son mariage avec Cyrine Ben Ali, Marouen Mabrouk s'est enrichi d'une manière phénoménale. Le Groupe Mabrouk génère près de "900 millions d’euros de chiffre d’affaires par an". C'est dire le poids qu'avait Marouen Mabrouk et sa femme Cyrine Ben Ali dans la Tunisie d'avant le 14 janvier. Cependant, tout laisse croire que ce poids est toujours le même aujourd'hui. Pourquoi ? Tout simplement parce que Marouen Mabrouk, tout comme sa femme, font partie de la liste nominative des 110 proches de Ben Ali dont les biens et les avoirs doivent avoir fait l'objet de saisie (Marouen Mabrouk se trouve d'ailleurs à la 10ème place dans cette liste) et pourtant ses procès trainent encore.
Ainsi, une vidéo circule actuellement sur Facebook, provoquant un buzz énorme. Dans cette vidéo (voir en bas de cette page), un avocat de la partie civile, dans l'affaire des assurances GAT (Groupes des Assurances de Tunisie), explique ce qui est en train de se tramer dans cette affaire. Passé en première audience le 3 juin dernier, ce procès vient d'être reporté par le tribunal, et pour la énième fois, au 24 de ce mois.
Il est à rappeler que certaines affaires similaires sont jugées au bout d'une seule séance !!!
Selon cet avocat, c'est le Chef du Contentieux de l'Etat qui devait formuler des poursuites judiciaires contre Mabrouk. Or puisqu'il ne l'a pas fait, ce sont les autres actionnaires du GAT qui s'en sont chargés.
De plus, le Chef du Contentieux de l'Etat n'a pas assisté aux trois premières audiences de l'affaire, avant d'appuyer les avocats de la partie civile (contre Marouen Mabrouk) pour le gel des parts de celui-ci et de Cyrine Ben Ali au sein du GAT.
Pire, le 11 Août dernier, le Chef du Contentieux de l'Etat se permet de changer d'avis et n'appuie plus les avocats de la partie civile contre Mabrouk ???
Quant à nous, on se demande pourquoi les plus grands médias, télés, écrits ou électroniques, n’évoquent jamais le cas Mabrouk. Et pourtant Marouen Mabrouk, selon des témoins, assisterait, le plus normalement du monde, aux conseils d'administrations d'Orange Tunisie.
Peut être que les 15 millions de dinars de publicité par an du groupe Mabrouk (ce qui fait de lui l'un des premiers annonceurs du pays) ont de quoi faire taire pas mal de monde…

Les Mabrouk dans la nouvelle Tunisie



Le groupe Mabrouk gère plus de 9000 employés directs et génère près de 900 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’enrichissement par alliance des Mabrouk suite au mariage de Marouane avec Cyrine Ben Ali en 1996 est évident. Quelques exemples :
• L’obtention en franchise d’une licence Casino pour Géant très encouragée par des instructions ex-présidentielles, en plus des 71 supermarchés Monoprix qui est en réalité une enseigne partagée par Casino et les Galeries Lafayette.
• La mystérieuse prise de contrôle de la BIAT par les frères Mabrouk grâce à des instructions données par Ben Ali.
• La privatisation de la Société Le Moteur dans des conditions douteuses au bénéfice des Mabrouk et avec un prix de cession médiocre sous la bénédiction de l’ex président de la république en personne.
• La licence du troisième opérateur téléphonique Orange Tunisie a été accordée à la fille du président déchu, Cyrine Ben Ali.
• L’acquisition de la license mobile 3G + Internet d’Orange Tunisie pour seulement 130 millions d’euros dans un appel d’offre contre un cout estimée par les autorités à 550 millions d’euros.
Contrairement à plusieurs entreprises qui appartenaient aux gendres du président déchu, il n y a toujours pas d’administrateurs représentants de l’état au conseil d’administration d’Orange. De même, toutes les procédures judiciaires de saisies à la GAT sont bloquées. Aussi, le dossier de la BIAT a été bafouillé et aucun suivi clair n’a été présenté à l’opinion publique concernant la première banque du pays.
Les médias tunisiens semblent se taire sur les affaires de la famille Mabrouk surement pour protéger leurs chiffres d’affaire publicitaires avec le groupe Mabrouk qui est le premier annonceur du pays avec plus de 15 millions de dinars de publicité par an. Ainsi, la revendication des syndicats d’Orange Tunisie de la nationalisation de la part de Marouane Mabrouk dans l’entreprise n’a bénéficié d’aucune couverture médiatique.
Marouane Mabrouk est-il protégé ?
Rien ne permet de vérifier l’hypothèse selon laquelle l’homme d’affaire Kamel Eltaief serait venu au secours du clan Mabrouk, animé –disent certains- plutôt par l’amitié de longue date qui le liait avec la famille que par des intérêts économiques.
L’autre hypothèse est celle de Hakim El Karoui, ami de Marouane Mabrouk qui a conseillé ZABA dans la gestion de la crise est administrateur chez Orange Tunisie (dont M. Mabrouk est le président) et a conseillé Mohamed Ghannouchi dans le choix des ministres du gouvernement de transition. Ainsi, Hakim El Karoui aurait proposé Mehdi Houas (patron de Talan qui a mis en place le système d’Orange Tunisie) est au commerce et au Tourisme, Jaloul Ayed, ancien banquier, est à la Finance, Yassine Brahim, au Transport et Equipement et Elyes Jouini aux reformes économiques et sociales. Tous ces anciens Atugiens à l’instar de H. El Karoui sont aujourd’hui ministres à la tête des ministères chargés des secteurs de prédilection du clan Mabrouk.
Monsieur Mehdi HOUAS ministre du commerce et du Tourisme, patron de TALAN est fournisseur de ORANGE et de la GAT. Monsieur le ministre de l’emploi Said AIDI président de HR est fournisseur de la BIAT, de la GAT , de Géant et d’ORANGE Tunisie pour le recrutement et monsieuir. Mr Jalloul AYED, ministre des Finance, viré du groupe BMCE devait rejoindre le groupe Mabrouk pour la partie finance. Depuis Avril 2011, le secrétaire général de l’ATUGE Walid Kalboussi est nommé en tant que membre de l’instance générale de l’CICM (Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversations). Le représentant de l’association s’est retiré soudainement de la commission en Aout 2011.
Pour Ceux qui ne connaissent pas l’Atuge, c’est l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles, créée il y a plus de 20 ans et organisée en un réseau de plus en plus influant et comportant plus de 3000 membres qui sont l’élite intellectuelle Tunisienne issue des grandes écoles de l’Europe. Parmi les sept missions de l’association, notons “Renforcer les liens de coopération entre la Tunisie et l’Europe”.
Ismail et Marouane Mabrouk étaient présents au Forum de l’Atuge à Londres (London Day) en Novembre 2010. Etaient présents aussi parmi l’élite tunisienne Mehdi Houas, Sami Zaoui, et bien d’autres Atugiens.
Pour ceux qui désirent mieux connaitre l’ATUGE, le site web “Leaders.com.t”n compte dans ses archives des dizaines d’articles dédiés à cette association. Le propriétaire de ce magasine électronique Mr Taoufik HABAIEB, est un ami proche de Kamel Eltaief.
Les réseaux d’influence des Mabrouk est encore plus vaste, à titre d’exemple, L’IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) dont le groupe est membre fondateur. l’IPEMED compte également parmi ces membres tunisiens Mr Hedi Djilani et Mr Aziz Miled. L’IPEMED est présidé par un Atugien “Radhi Meddeb” qui est aussi le PDG de COMET Engineering, et peut-être le futur président de la Tunisie. En Septembre 2010, Hakim El Karoui scelle avec Radhi Meddeb le partenariat entre le YML (Young Mediterranean Leaders) et l’IPEMED. Les deux hommes comptent mobiliser leurs réseaux pour défendre des causes communes.
Mais pourquoi les technocrates protègeraient-ils Marouane Mabrouk ?
Quelles relations entre AFEK Tounes et Marouane Mabrouk ?

Rebeldes quieren dejar sin suministros a Khadafi

Un opositor informó que sus fuerzas están cercanas a tomar el pueblo de Zawiyah, en el oeste del país. En este lugar existe una refinería con la cual se abastecen el ejército y es una ruta de acceso a Trípoli

Combatientes rebeldes se enfrentaron a fuerzas del gobierno libio cerca de la frontera con Túnez y en el pueblo de Zawiyah, en el oeste del país, amenazando rutas vitales de suministros para la capital, Trípoli.

Ambos bandos también lucharon en dos frentes en el este del país el sábado, pero ninguno reportó grandes cambios en sus posiciones cerca de Misrata o en torno al pueblo petrolero de Brega.

Reporteros escucharon el sábado disparos y enfrentamientos en el pueblo litoral de Zawiyah, a unos 50 kilómetros al oeste de Trípoli, y la carretera que va desde la capital a la frontera con Túnez, cuyo control podría decidir el conflicto libio, estaba bloqueada.

Rebeldes que intentan derrocar a Muammar Khadafi esperan capturar Zawiyah, un pueblo con una refinería petrolera, y aislar la capital de contacto con el mundo exterior al cerrar la carretera litoral, una línea de abastecimiento para el Gobierno.

Ellos avanzaron hacia el norte hasta unos 25 kilómetros de Zawiyah en la mañana del sábado, después de lo que dijeron fue una batalla de seis horas que acercó el frente a Trípoli, y posteriormente dijeron que habían luchado hasta llegar al centro de Zawiyah.

El Gobierno confirmó los enfrentamientos en la zona, pero dijo que un intento rebelde por capturar la ciudad había sido derrotado Zawiyah está "totalmente bajo nuestro control", dijo el portavoz del Gobierno, Moussa Ibrahim, a reporteros en Trípoli.

"Un grupo muy pequeño de rebeldes intentó llegar al sur de Zawiyah, pero fueron detenidos fácilmente por nuestras fuerzas armadas", agregó. Pero un portavoz rebeldes, Mohammed Ezzawi, hablando desde el interior de Zawiyah, dijo que la fuerza rebelde estaba a unos 800 metros de la Plaza de los Mártires en el centro de la ciudad.

"La brigada Khadafi ocupó la parte este del principal camino mientras nosotros estamos en la parte oeste. Ha habido un intenso intercambio de disparos en este camino, que une a Trípoli con Túnez", dijo a Reuters por teléfono.

"Si logramos tomar Zawiyah, estaremos bloqueando este camino y significará la muerte de Khadafi", afirmó. Si los rebeldes capturan el pueblo, sería un golpe psicológico para Khadafi, al cortar su principal ruta de suministros y acentuarían aún más la escasez de combustible en Trípoli.

Tunecinos que viven cerca de la frontera dijeron posteriormente a Reuters que los rebeldes se enfrentaban a fuerzas de Khadafi en Abu Kammash, un pueblo industrial en la costa de Libia, a unos 10 kilómetros del principal cruce fronterizo, Ras Jdir, que también controla el camino a Trípoli.

Un empresario tunecino dijo desde la zona de la frontera: "Hay fuertes enfrentamientos en desarrollo (...) para intentar controlar el paso Ras Jdir". Otra fuente tunecina en el cruce dijo que el Ejército trajo tanques para proteger el lugar.

Control parcial
Los combatientes rebeldes que regresan al sur, hacia Bir al-Ghanam desde Zawiyah, dijeron a Reuters que su fuerza estaba en el centro de la ciudad, pero no con el control total. "Nosotros capturamos el centro de Zawiyah hace una hora", dijo el combatiente rebelde Ahmed.

Un segundo rebelde, Abdelsalam, dijo: "Tenemos el control del centro. Algunos soldados de Khadafi huyeron hacia Trípoli, algunos se quedaron, y también hay mercenarios en el pueblo. Así que aún no tenemos el control completo".

El doctor Asim Shaybee, en un hospital de campaña en la puerta de Bir Ayyad al sur de los combates, dijo que cuatro rebeldes habían muerto en un ataque aéreo accidental de la OTAN contra un tanque rebelde en Zawiyah. Ibrahim, portavoz del gobierno, dijo que menos de 100 rebeldes entraron a la ciudad desde el sur e intentaron sumarse a 50 rebeldes dentro de la ciudad, pero que ya se había"tratado con ellos".

Las fuerzas del Gobierno aún combaten a los rebeldes dentro de la ciudad, pero la ofensiva rebelde no fue "un avance, sino una escaramuza, una misión suicida", afirmó.

Al juzgar por los cráteres, edificios destruidos y tanques quemados, los aviones de guerra de la OTAN habían bombardeado objetivos militares del Gobierno en el camino del avance de las fuerzas rebeldes hacia Zawiyah durante la última semana, brindando un cercano respaldo aéreo.

Zawiyah es hogar de muchos de los rebeldes que luchan en el frente occidental y ha sido escenario de dos alzamientos contra Khadafi desde que comenzó la revuelta contra sus cuatro décadas en el poder en febrero.

Bajas en el frente este
Ningún bando se atribuyó grandes avances en los continuos combates en ambos frentes al este de Trípoli, en el pueblo petrolero de Brega y cerca de Misrata.

La agencia estatal de noticias de Libia dijo que un ataque aéreo de la OTAN había dejado seis "mártires" muertos en Brega, y la alianza dijo que había atacado a dos vehículos blindados en el pueblo.

Al menos 15 rebeldes y seis soldados del Gobierno murieron y otros 50 rebeldes resultaron heridos en los combates por la terminal petrolera de Brega en los últimos dos días, dijeron el sábado funcionarios hospitalarios.

En los combates en Misrata, un puerto bajo control rebelde durante meses y mucho más cercano a Trípoli, al menos seis rebeldes murieron en las últimas 24 horas, dijeron fuentes insurgentes. No hubo noticias sobre bajas en el bando gubernamental.

Les femmes tunisiennes craignent un scénario à l’algérienne

Certaines Tunisiennes pensent qu’elles ne risquent pas de connaître le sort de leurs voisines algériennes. D’autres, qui appréhendent la montée des islamistes d’Ennahdha, ont de réelles craintes à ce sujet. Par Giuliana Sgrena
Un groupe de femmes commence la campagne à la station balnéaire de La Marsa, près de Tunis. Leur mission: convaincre davantage les femmes de  s’inscrire sur les listes électorales, avant la date limite désormais repoussée au 14 août. La plupart des femmes qui observent les procédures sont voilées.
De plus en plus de femmes voilées Les voiles sont, à présent, plus une question qu’une suggestion. Une enquête auprès de femmes voilées, conduite par des journalistes, affirme que quatre  voilées sur cinq ne voteront pas pour Ennahdha, le parti islamiste en tête des sondages de popularité avant les élections de l’Assemblée constituante en octobre prochain.
Des voiles en si grand nombre sont un spectacle inédit en Tunisie où les femmes vont à la plage confortablement vêtues d’un bikini, et sirotent tout aussi confortablement du vin ou une boisson gazeuse, en écoutant du rap ou de la musique traditionnelle.

 


Les apparences peuvent être trompeuses, d’une façon ou d’une autre. «Regardez autour de vous, explique Khadija, militante du Pôle démocratique moderniste – une coalition de partis démocratiques locaux –, sur un autre front de mer à proximité de la station balnéaire en vogue de La Goulette. «Est-ce que vous voyez des gens vivant selon la chariaa? La Tunisie n’est pas l’Algérie. Je suis sûre que cela n’arrivera jamais ici.»
Des signes inquiétants Mais la plupart des femmes ne sont pas aussi assurées. «La Tunisie n’est pas l’Algérie» est un slogan des laïcs, déterminés à voir leur pays largement plus libéral que l’Algérie dominée par les islamistes. Mais des signes inquiétants ont commencé à apparaître.
«Je peux voir le spectre de l’Algérie derrière ce qui est arrivé à Menzel Bourguiba», déclare à l’Ips Sihem Ben Sedrine, présidente du Conseil national pour les libertés en Tunisie (Cnlt) et rédactrice en chef de Radio Kalima. «La Tunisie peut vivre le même cauchemar que l’Algérie dans les années quatre-vingt dix.»

 Plusieurs centaines de salafistes ont attaqué un poste de police de Menzel Bourguiba, dans le nord de la Tunisie, le mois dernier, battu les policiers, dont cinq ont été sérieusement blessés, et sont partis avec des armes. Des éléments de l’armée, stationnés tous près, ne sont pas intervenus. Sihem, qui est allée voir les policiers blessés à l’hôpital, n’a pu trouver une réponse à ses questions.
Ce n’était pas le premier signe du danger. La réalisatrice Nadia El Fani a été menacée en mai. Il y a eu d’autres menaces. Le mois suivant, le groupe Lam Echaml, qui rassemble 80 associations soutenant la liberté d’expression, ont organisé une série d’événements intitulée «Touche pas à  nos créateurs!» pour soutenir les artistes ciblés par les islamistes.
Un groupe a pris d’assaut la salle de cinéma où le était projeté le film ‘‘Ni Allah ni Maître» (Ni Dieu ni maître), dirigée par Habib Belhedi, à Tunis, le 26 juin. Les assaillants ont pulvérisé du gaz lacrymogène en direction des «infidèles» en criant: «La Tunisie est une Etat islamique». Cédant à la pression, la cinéaste El Fani a changé le nom du film en ‘‘Laïcité Inch’Allah’’.
Craignant de nouvelles violences durant le Ramadan, le mois sacré musulman du jeûne, Ben Sedrine explique: «Nous devons parvenir à un accord, même avec les religieux du parti Ennahdha, pour qu’il n’y ait pas de violence.»
La parité dites-vous ? Les femmes ont certes eu quelques succès: la moitié des candidats sur les listes électorales doivent désormais être des femmes. Une forte présence des femmes dans l’Assemblée constituante pourrait être cruciale pour la préservation des droits des femmes.
Celles-ci veulent aussi consolider les positions prises par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution – notamment celle relative au maintien de la séparation entre religion et politique. Ennahdha s’est opposé à cette position en cette période de transition. Il s’est également opposé à la décision du gouvernement de transition interdisant aux partis de recevoir des fonds provenant de l’étranger.
Sur un autre front, les femmes se battent contre l’influence grandissante des éléments non démocratiques liés à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali sui contrôlent encore certaines institutions. Parmi ces institutions, les médias, qui donnent peu d’espace pour les femmes, même si celles-ci sont politiquement actives, et beaucoup seront candidates.
«Après 23 ans de dictature de Ben Ali, destitué par la révolution de Janvier, la présence de ses anciens partisans à des postes clés signifie qu’il n’y a aucun respect pour la presse», a expliqué à l’Ips Nejiba Hamrouni, présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) et rédactrice en chef du Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar).
Maya Jribi est secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (Pdp), mais la figure représentant le parti dans les médias reste invariablement un homme, l’ancien dirigeant du parti Nejib Chebbi. ‘‘Femmes & Réalités’’, le magazine mensuel a réalisé un dossier spécial sur les femmes engagées en politique dans son numéro de juillet. Ce magazine féminin publie rarement des articles sur les femmes engagées en politique.
Un groupe de femmes est en train de réaliser un projet pour la surveillance des médias.

Tunisie. Le poste frontalier de Ras Jedir déserté par la police libyenne

Selon Radio Tataouine, le poste frontalier de Ras Jedir, du côté libyen, a été déserté depuis samedi 18 heures par la police et la douane libyennes. Et aussitôt contrôlé par les insurgés.

Les Libyens établis à Ben Guerdane, au sud de la Tunisie, affirment que les insurgés ont pris le contrôle de Zaouia, ville stratégique située sur la route entre Raj Jedir et Tripoli. Information aussitôt démentie par la télévision libyenne, qui parle d’une reprise de la ville par les troupes de Kadhafi. Mais sans beaucoup insister, ni apporter de preuves tangibles. A l'évidence, la ville est passée totalement sous le contrôle des anti-Kadhafi. 
A l’évidence aussi, les forces de Kadhafi ont de plus en plus mal à repousser l’avancée des insurgés sur Tripoli. On parle aussi de nombreuses défections dans l’armée du Guide, qui se serait barricadé, avec ses enfants, dans son bunker de Bab El Azizia, à Tripoli. Le compte à rebours du régime d’Al Fateh va-t-il s’emballer?

Kadhafi vit-il ses derniers jours en Libye?

Le ministre libyen des Affaires étrangères, qui a séjourné en Tunisie jeudi et vendredi, a laissé transparaître des signes de grande lassitude. Le clan Kadhafi a-t-il épuisé toutes ses cartes?

Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelaâti Obeidi, a quitté vendredi après-midi Tunis à destination de Djerba, une île du sud tunisien, d’où il a regagné Tripoli par voie terrestre.
Le chef de la diplomatie libyenne était arrivé jeudi soir dans la capitale tunisienne par avion spécial en provenance d’Athènes.
C’est la sixième fois, depuis la défection de son prédécesseur Moussa Koussa fin mars dernier, que M. Obeidi transite par la Tunisie pour des missions à l’étranger, dont deux fois à Athènes. Sa précédente visite à Tunis a eu lieu le 26 juillet. Il avait alors rencontré Mohamed Moudli Kéfi, ministre des Affaires étrangères. M. Obeidi, engagé dans des négociations sur l’avenir de la Libye, avait aussi séjourné en juin à Djerba, pour «négocier avec plusieurs parties étrangères» de l’avenir de la Libye.
En recevant la visite du chef du Conseil national de transition (Cnt), la Tunisie avait fait savoir qu’elle souhaitait «une solution pacifique en Libye dans les plus brefs délais». La rencontre de Moustapha Abdeljalil avec le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi n’avait pas été suivie par une reconnaissance formelle de l’instance politique des insurgés anti-Kadhafi, comme cela avait été annoncé par les médias, la Tunisie voulant visiblement garder deux fers au feu et se ménager la possibilité de jouer un rôle de médiateur dans le conflit libyen.
Abdelaâti Obeidi, qui était visiblement très fatigué, s’est refusé à toute déclaration à la presse. «Je n’ai rien à dire», a-t-il sèchement répondu à un journaliste présent à l’aéroport de Tunis-Carthage, en refusant de se laisser prendre en photo.
Avant de prendre l’avion pour Djerba, le responsable libyen s’est longuement entretenu au salon d’honneur avec le ministre tunisien du développement Abderrazak Zouari, qui était accompagné de deux hommes d’affaires. Ni lui, ni M. Zouari n’ont communiqué sur le contenu de leurs discussions.
Le voyage de M. Obeidi intervient à un moment où les troupes de Kadhafi semblent se heurter à des difficultés d’approvisionnement en carburant notamment, dues aux sanctions internationales et au verrouillage maritime opéré par l’Otan.
Jeudi, un porte-parole du ministère tunisien de la Défense, le colonl-major Mokhtar Ben Nasr, a déclaré que l’armée tunisienne s’employait à lutter contre le trafic d’hydrocarbures dans le sud du pays, frontalier avec la Libye. Il a fait état du renforcement des mesures de contrôle pour faire face à la contrebande d’essence et de gasoil à travers la frontière longue de plus de 500 km.
Malgré la saisie par les unités militaires et sécuritaires de camions transportant du carburant, les contrebandiers continuent néanmoins leur trafic en empruntant des pistes sahariennes.

Tunisie. 48,5% des électeurs inscrits sur les listes

L’Isie indique sur sa page officielle sur facebook que le nombre d’inscrits sur les listes électorales a atteint le 13 août 3.640.000, soit 48,5% du corps électoral.

L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), dirigée par Kamel Jendoubi, table, sans trop y croire, sur un rush de dernière minute qui établirait le nombre des inscrits à la fin de cette journée de clôture de la campagne à 4,5 millions. Par ailleurs, contrairement à ce Kapitalis a publié, en le mettant au conditionnel, le site de l’Isie n’a pas été piraté ce matin, mais il était inaccessible pour cause mise à jour.

Il Préside la Haute Instance de réalisation des objectifs de la révolution tunisienne Yadh Benachour scanne la Tunisie

Le professeur Yadh Ben Achour, qui avait démissionné du Conseil constitutionnel, bravant l’autorité de l’ancien président Ben Ali, assume aujourd’hui la tâche difficile de conduire à bon port la transition démocratique de la Tunisie.
Dans un entretien accordé au Soir d’Algérie, le président de la Haute instance chargée des réformes politiques, Yadh Benachour, revient d’abord sur la chute de Ben Ali. “Le malheur d'un homme comme Ben Ali, c'est d'avoir oublié qu'il était mortel. Vivre le départ du tyran constitue un événement heureux de mon existence, comme citoyen autant que juriste”. Quant à sa désignation à ce poste, il dira : “La présidence de la Haute instance, je ne l’ai pas cherchée. Elle se trouvait sur le tapis roulant. Je l'ai prise sans savoir avec précision ce que j'étais en train de faire, ni où cela me conduirait. Aujourd'hui, je peux affirmer que c'est une œuvre passionnante. Dire que c'est un couronnement, c'est nier ma propre philosophie de la vie.” Faisant un état des lieux de la Tunisie sous Ben Ali, il soulignera : “Ben Ali était animé aux premiers temps de sa prise du pouvoir par de bonnes intentions. Il a certainement cru à sa mission rénovatrice. Il était entouré d'hommes politiques expérimentés et intelligents. Mais, après les incertitudes des premiers temps, son installation définitive au pouvoir a laissé à l’homme réel tout le loisir de s'épancher et de se développer. L'homme réel n'a aucune élévation d'esprit, ni culture véritable. Il dispose d'une malice flicardière — excusez le terme — de bas étage qui ne convient pas à un chef d'État. Les meilleurs de l'équipe qui a pris le pouvoir se sont retirés. N'ayant plus aucun contre-pouvoir en face de lui, Ben Ali a alors plongé, avec une véritable ivresse et une irresponsabilité totale, dans la jouissance du pouvoir absolu. Sa deuxième femme et son entourage n'ont fait qu'aggraver cet instinct irrépressible de jouissance.” Il lui accordera néanmoins des points positifs, tout en écorchant au passage son prédécesseur Habib Bourguiba, en précisant que “Ben Ali n'a pas remis en cause les avancées sociales de Bourguiba, notamment le développement des droits de la femme. Ceci étant, Bourguiba n'est pas un homme sans faute. Il était le seul à disposer de la légitimité nécessaire, de la profondeur historique, de l'intelligence indispensable, de la culture universelle, pour préparer la Tunisie à vivre une vie réellement démocratique. Il a totalement raté cette mission qui ne l'intéressait pas, par rapport au culte de sa personnalité. Bourguiba, en effet, était dévoré par un instinct narcissique démesuré. Cela a englouti toutes les potentialités de cet homme exceptionnel. Mais il avait au moins une qualité, une vertu. Comme tous les vrais et grands politiques, l'argent ne l'intéressait pas”. Au sujet du régime de Ben Ali, le professeur Ben Achour mettra en évidence le fait que “la police politique en était le centre de gravité”, tout en affirmant que “dans ce type d'État, les valeurs sont détruites, y compris la valeur la plus sacrée, celle du respect de la vie et de l'intégrité physique. L'État policier, c'est un retour à l'état de nature, dans lequel la volonté subjective tient lieu de loi. C'est la négation de la société civile”. Il ajoutera qu’au total, la chute du régime du président Ben Ali, c’est l’échec d’un système autoritariste parvenu à ses limites ultimes ou la résultante de l’influence démesurée de la famille Trabelsi sur le processus de prise de décision national ? Parlant de la Haute instance, qu’il dirige, il notera qu’elle “a été confrontée aux mêmes problèmes que toutes les institutions de cette période transitoire. Tout s'est fait dans une certaine improvisation et sous la pression des évènements. Il a d'abord fallu, à la fin du mois de janvier 2011, concevoir une solution qui tienne compte à la fois de la logique institutionnelle, celle de la première Commission de réformes politiques, à caractère exclusivement technique, et de la logique révolutionnaire incarnée par le Conseil national de protection de la révolution. La Haute instance, créée par le décret-loi n°6 du 18 février 2011, constitue la synthèse des deux logiques. Cet aboutissement a fait l'objet de négociations extrêmement ardues et difficiles entre le Premier ministre de l'époque, Mohamed Ghannouchi, et les composantes principales du Conseil national de protection de la révolution. Il soulignera que cette institution est “une autorité publique indépendante”. Elle fait partie des institutions de l'État. Mais elle doit fonctionner de manière tout à fait autonome.
Elle a pour tâche d'examiner et de proposer aussi bien les réformes politiques nécessaires. Revenant sur le Pacte républicain, le professeur Yadh Ben Achour estime qu’il “constitue, pour l'essentiel, un rappel des principes de la révolution, avec des précisions concernant le caractère civil de l'État, la séparation de la religion et de la politique, l'égalité homme-femme, la liberté syndicale et le droit de grève, la liberté totale de croyance et d'expression. À ce titre, il constitue une rupture symbolique d'une grande portée par rapport à la pratique politique ancienne”.

Tunisie : Ali Seriati parle d'une mise en scène et accuse l'ex-ministre de la Défense Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Tunisie : Ali Seriati parle d'une mise en scène et accuse l'ex-ministre de la Défense | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Le général Ali Seriati, l'ex-chef de la sécurité du président déchu Zine El Abidine Ben Ali acquitté vendredi par la justice dans un procès pour falsification de passeports destinés à faire fuir Ben Ali et sa famille le 14 janvier, affirme être victime d'une mise en scène montée par l'ex-ministre de la Défense Ridha Grira.
Cet homme-clé du système a répondu vendredi aux questions de l'AFP par le biais de son frère Youssef lors de sa visite au prisonnier à la base de l'Aouina, près de Tunis, où il est détenu pour être rejugé pour complot contre la sécurité intérieure de l'Etat.

Vos avocats ont évoqué une mise en scène pour vous inculper. Pouvez-vous en détailler les éléments et les auteurs?

Ridha Grira (nldr: ancien ministre de la Défense actuellement en liberté) était derrière de tout ce qui c'était passé. Il voulait m'écarter à tout prix. C'est lui qui a donné l'ordre de m'arrêter avec le consentement du président déchu, à qui on avait déjà soufflé que je préparais un coup d'Etat.

Ridha Grira a eu trois fois l'ex-président au téléphone depuis l'avion qui le menait en Arabie saoudite. J'étais de trop dans un plan dirigé par Ridha Grira et il devait m'écarter.

Pourquoi avez-vous aidé Ben Ali à fuir et échapper à la justice?


Ma fonction était de protéger le président quel que soit son identité. Je n'ai n'ai fait que mon boulot et j'ai été fidèle à mon travail et à mon peuple jusqu'à la dernière minute. Je suis un militaire et je n'ai jamais élu qui que se soit.

On vous accuse d'avoir préparé un coup d'Etat et poussé le président déchu à quitter le pays?


Oui, j'ai poussé Ben Ali à quitter le pays pour épargner un bain de sang à la Tunisie et non pour faire un coup d'Etat. Je n'ai jamais été un politicien et je n'avais pas d'ambitions de ce genre.

Après l'arrestation des "Trabelsi" (nldr: du nom de la famille de Leïla, épouse de Ben ali) j'ai eu peur qu'il ne les fasse libérer et provoquer ainsi une bataille sanglante entre services de sécurité pro et anti Ben Ali.

Dès le décollage de l'avion de Ben Ali à 17h54 de la base militaire de l'Aouina (près de Tunis) j'ai donné l'orde à mes commandos de regagner le palais présidentiel, puis j'été arrêté à 18H17 par un colonel de la base aérienne au moment où je prenais un café dans le salon d'honneur.

J'ai alors senti que quelque chose se tramait.



Tunisie : de la révolution… à la démocratie !

Alors que le nombre de partis politiques continue de croître (déjà plus de 100 ! ) et avec lui celui des débats - tantôt cruciaux et productifs, tantôt purement politiciens et malheureusement stériles - de nombreux ministres et cadres du régime de Ben Ali sont toujours en poste dans le gouvernement provisoire.
Dernièrement, plusieurs anciens ministres impliqués de manière directe dans différentes affaires ont été acquittés et la permission a été accordée à certains symboles du régime déchu de quitter le sol tunisien. D'autres rumeurs s'ajoutent à ces faits et laissent craindre un retour en force du système corrompu que le peuple tunisien a vigoureusement rejeté au cours de la révolution qui, rappelons-le, a coûté la vie à plusieurs manifestants.
Dans ce contexte, il est impérieux que les partis politiques prétendant au pouvoir se penchent avec sérieux et application sur les grands défis qu'il faudra relever pour instaurer une démocratie durable en Tunisie.
Quelles que soient les formations politiques qui remporteront les scrutins à venir - ceux de l'Assemblée Constituante du 23 octobre puis ceux des élections qui suivront - les chantiers seront en effet identiques car la priorité pour la démocratie tunisienne balbutiante est de se construire un socle de stabilité reposant sur les quatre piliers suivants.

La lutte contre la corruption.

La corruption est un fléau qui entretient un lien viscéral avec la tyrannie. En 1549, Etienne de La Boétie, poète et écrivain humaniste français, s'interrogeait déjà sur les raisons qui expliquent que « tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent ».
Sa réflexion l'amène au constat que dans une tyrannie, il se trouve toujours une partie corrompue de la population qui trouve son intérêt dans le maintien du tyran :
« 5 ou 6 ont eu l'oreille du tyran […]. Ces 6 ont 600 qui profitent sous eux, et qui font de leurs 600 ce que les 6 font au tyran […] ces 600 en maintiennent sous eux 6000 … ».
La corruption permet donc à la tyrannie de perdurer. Mais une fois le tyran déchu, tout n'est pas gagné car la corruption a ceci de terrible qu'elle gangrène durablement la société dans laquelle elle s'est propagée, au point d'entrer dans les mœurs. S'en défaire réclame non seulement de la justice un assainissement minutieux et déterminé des affaires passées, mais également une prise de conscience individuelle de chaque citoyen et la conception d'un cadre institutionnel particulièrement robuste.

La conception d'un cadre institutionnel robuste.

Le principe cardinal d'une Constitution est de garantir la souveraineté du peuple ainsi que la séparation effective et réelle des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
Car comme l'énonce la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789,
« toute société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée et la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ».
En particulier, la Justice doit jouir, dans les textes et surtout dans les faits, d'une indépendance réelle, ce qui suppose notamment de lui accorder les moyens financiers de fonctionner convenablement.
Autre point essentiel, la Constitution doit impérativement prévoir des organes de contrôle crédibles et indépendants car comme l'affirmait Montesquieu, « il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».
Doivent en particulier être définis un Conseil Constitutionnel contrôlant la conformité des lois avec la Constitution, des organes de contrôle des finances publiques ainsi qu'un organe capable de délivrer des données économiques et statistiques fiables. Là encore, les discours ne suffisent pas et c'est dans les faits que l'indépendance et la crédibilité de ces différents organes seront évaluées.
L'importance de la Constitution dans la robustesse d'une démocratie émergente est véritablement capitale et doit inciter chaque Tunisien à aller voter le 23 octobre prochain afin que l'Assemblée Constituante dispose de la légitimité populaire la plus large possible.

La garantie de la sécurité sur l'ensemble du territoire.

La sécurité juridique étant assurée par le cadre constitutionnel que l'on vient d'évoquer, il convient également de garantir la sécurité physique des citoyens sur l'ensemble du territoire.
Cette mission régalienne est au cœur des missions de l'Etat qui doit pour cela disposer du monopole de la violence. Evidemment, cette violence doit se cantonner de manière très stricte au cadre que lui fixe la Loi et ne pas être utilisée à des fins idéologiques, partisanes ou privées comme cela a pu être le cas par le passé.
Dans ce domaine, un travail de longue haleine attend les forces de l'ordre pour éradiquer les différents trafics qui ont été entretenus et apprivoisés par l'ancien régime et certains cadres de l'administration publique. Ce travail devra s'accomplir avec détermination et dans le respect exemplaire de la Loi et des Institutions.

La relance de l'économie et la réduction des inégalités.

D'aucuns s'étonneront que la relance de l'économie soit ici reléguée en quatrième position. La raison est pourtant simple : une économie gangrénée par la corruption et où règne l'insécurité juridique comme physique n'a aucune chance d'attirer les investisseurs et de faire émerger des entrepreneurs.
Pour autant, ces priorités de court terme ne dispenseront pas le futur gouvernement de développer une stratégie à moyen et long terme pour offrir à l'économie tunisienne autosuffisance et durabilité. Dans cette optique, la Tunisie pourra s'appuyer sur ses atouts et notamment sur la qualité de son système éducatif et sur sa nombreuse diaspora, notamment en France, dont les compétences devront être exploitées.
Mais il faudra également préparer la montée en gamme de l'industrie pour offrir des débouchés adaptés aux nombreux diplômés au chômage et créer des conditions favorables pour moderniser l'agriculture dans le respect de l'environnement et de la qualité des produits.
Le soutien à l'innovation et à l'entrepreneuriat ainsi que le développement des exportations devront s'inscrire au cœur des préoccupations économiques afin de stimuler la croissance et limiter la dépendance vis-à-vis du tourisme et des industries à faible valeur ajoutée.
La lutte contre la corruption, la résorption du chômage et la croissance économique contribueront sans nul doute à réduire la pauvreté et les inégalités. Cependant, une attention particulière devra être accordée à la redistribution des richesses produites et notamment à la mise en place de garanties sociales permettant de répondre à une préoccupation majeure du peuple tunisien.
Enfin, un développement régional ambitieux doit permettre aux régions les plus en difficulté de retrouver de l'espoir dans l'avenir. Elles disposent pour cela de richesses naturelles (sous-sol) et de compétences humaines bien réelles.
Des quatre piliers précédents dépendra donc en grande partie la solidité du système démocratique auxquels les Tunisiens aspirent. Mais c'est avant tout par la vigilance de chacun et l'instauration progressive d'une culture démocratique qui fait encore défaut qu'aboutira la révolution. Primordiale pour les Tunisiens, la transition démocratique en Tunisie est également scrutée avec beaucoup d'attention dans l'ensemble des dictatures du monde arabe.

samedi 13 août 2011

Les Tunisiennes veulent leur part d’héritage

A l’appel de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) des dizaines de femmes ont manifesté à Tunis pour réclamer « l’égalité totale et la levée de certaines discriminations en particulier en matière d’héritage ». Car, explique une participante, « tant que les femmes ne jouissent pas de l’égalité successorale, on ne pourra jamais parler d’égalité et de démocratie, cette discrimination est à l’origine de toutes les inégalités dans notre société ». En Tunisie en effet, le droit à l’héritage relève de la loi islamique : les femmes héritent de la moitié de ce qui revient aux hommes, les biens peuvent être en outre répartis entre d’autres membres masculins d’une famille. Un communiqué distribué lors de la manifestation de Tunis, signé du Front des femmes pour l’égalité, a appelé le gouvernement provisoire à « s’inscrire clairement contre toutes le formes de discriminations fondées sur le genre ».
Le statut de la femme tunisienne est pourtant le plus avancé de tous les pays arabes grâce au président Habib Bourguiba qui en 1956 avait interdit la polygamie, légalisé le divorce et accordé le droit de vote aux femmes. Il avait en outre en 1961 légalisé l’avortement, bien avant de nombreux pays européens, dont la France. Il n’avait par contre jamais voulu abroger la loi sur l’héritage.
La Tunisie a été signataire en 1985 de la Convention internationale sur l’élimination de toute forme de discriminations à l’égard des femmes  (CEDAW), qui dépend de la Fédération des ligues des Droit de l’homme (FLDH). A ce titre, elle devrait légiférer au plus vite sur l’héritage, demandent les associations féminines. Balkis Mechri-Aallagui, vice président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, cité par le quotidien de Tunis, La Presse, a estimé que l’accent devait être mis sur « la nécessité d’insérer les droits des femmes dans le texte de la Constitution en se référant aux conventions internationales ».
Pou rappel, le 14 avril 2011, les membres de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique ont adopté à une écrasante majorité le principe de la parité homme-femme pour les élections à l’assemblée constituante qui auront lieu le 23 octobre prochain. C’est dont l’Assemblée issue de ce scrutin qui devra mettre tout en œuvre pour que l’égalité entre les hommes et les femmes devienne une réalité et plus particulièrement en matière d’héritage.

vendredi 12 août 2011

Tunisie : Le Programme économique du parti PDP présenté à El Menzah

Dans le cadre de sa série de conférences consacrées aux divers aspects du programme du Parti Démocrate Progressiste (PDP), la section PDP Menzah- Ennasr a organisé le mercredi 10 août 2011 une conférence-débat animée par Mahmoud Smaoui et Mohamed Salah Ayari consacrée au programme économique du PDP et aux réformes fiscales proposées par le parti.

Dans une salle comble, Mahmoud Smaoui a exposé les grandes lignes du programme économique notamment l'importance de l'état dans le développement économique à travers un triple rôle: de réglementation de l'économie, de stratège (préparation d'une politique économique, encouragement de l'initiative privée, amélioration des services administratifs, amélioration de l'attractivité territoriale), enfin un rôle d'investisseur.

Il propose ainsi un nouveau modèle de gouvernance basé sur la décentralisation économique et politique.

Sur un autre plan, il propose de délaisser une économie de sous-traitance avec une refonte de l'économie dans les secteurs à forte valeur ajoutée, aboutissant à un équilibre entre les régions dans divers domaines, à une résorption du chômage et à une croissance soutenue dans une logique d'augmentation du pouvoir d'achat des citoyens tunisiens et donc de la consommation. Il insiste également sur l'importance de l'investissement tant public que privé, national et international mais également sur l'innovation.

Ce fût ensuite le tour de Mohamed Salah Ayari de présenter un projet de réformes fiscales destiné notamment à encourager les entreprises à investir et à créer des emplois.

Parmi les mesures proposées, citons la réduction de l'impôt sur les sociétés (IS) de 30% à 20%.

Sur un autre plan, il propose que les bénéfices provenant de l'exportation soient soumis à l'impôt sur les sociétés au taux de 10%.

Concernant la TVA, le projet comporte la suppression de la TVA à 6% et l'établissement d'une TVA solidaire de 19% (au lieu de 18) afin d'offrir la gratuité des soins au quart le plus démuni de la population tunisienne.

Un ambitieux plan de développement pour la Tunisie

La Tunisie prépare un plan de développement qui devrait s’étendre sur cinq ans, de 2011 à 2016. Le ministre la Planification et de la Coopération internationale Abdelhamid Triki est revenu sur les détails de ce plan ainsi que la situation économique globale du pays.Ce plan de développement se déroulera en trois étapes. 

Entre 2011 et 2012, il s’agira de contenir les répercussions négatives engendrées par la révolution. 2012 et 2013 seront des années de transition économique et la période entre 2014 et 2016 sera consacrée à l’amélioration des conditions de vie et à la réalisation de la croissance. Le coût du plan ainsi établi varie entre 72 et 90 milliards de dollars US. Le financement des trois premières années du plan reposera principalement sur l’investissement public. Mais dès 2014, la participation du secteur privé devrait augmenter et dépasser les 60% pour s’établir entre 70% et 80% dans les années qui suivront. 500 000 nouveaux postes d’emploi sont attendus sur les cinq ans avec la création d’une moyenne de 80 000 à 85 000 postes durant les deux premières années. Ce plan devrait être prochainement présenté aux composantes de la société civile.
Quant à la situation économique globale, elle devrait s’améliorer puisque les économistes estiment que le taux de croissance pour le deuxième semestre de cette année sera positif de 0.2% pour peu que la stabilité politique et sécuritaire soit maintenue. Pour rappel, la croissance a été négative autour de 3% pour le premier semestre de l’année.

Tunisie : ex-ministres interdits de voyage

Une soixantaine de personnes, dont plusieurs ex-ministres de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite depuis le 14 janvier, sont frappées d'une interdiction de voyage, selon une liste établie par le ministère de la Justice et publiée vendredi. Les anciens ministres de la Communication, Oussama Romdhani, du Tourisme, Khelil Lajimi et Slim Tlatli, et du Commerce Slimane Ourak, figurent parmi les hauts responsables concernés par l'interdiction de voyager. La publication de cette liste intervient après la polémique provoquée par la fuite de Saïda Agrebi, figure emblématique du régime Ben Ali et bras droit de son épouse Leïla Trabelsi, qui a réussi à quitter le pays pour la France le 30 juillet, alors qu'elle était sous le coup d'une plainte en justice.

Corruption et inaction en Tunisie : un échec de la révolution ?

TUNISIE. On est encore loin d'un État de droit nouveau en Tunisie. Pour l'heure, les stigmates et les habitudes de l'ancien régime sont tenaces, même sept mois après le départ du président déchu Ben Ali. 

Parmi les motifs qui ont entraîné le déclenchement de la Révolution, il y a eu bien sûr la volonté de liberté, de dignité et de travail. Mais parmi les moteurs du mouvement il y a eu, indiscutablement, la volonté de réagir contre la corruption qui gangrénait le pays du haut en bas, de la corruption de la famille et de la belle famille de Ben Ali, jusqu’à la corruption de l’administration et des juges.

Lutter contre la corruption, une étape indispensable vers l'État de droit

Ce qui permet de soutenir cette analyse, c’est la façon dont le peuple s’est comporté à l’égard des biens de la famille du président. Il y a eu des saccages et des pillages qui ont manifesté clairement le rejet de cette corruption généralisée et violente et qui n’ont touché, pour l’essentiel, à aucun autre bien.

Quant à la "petite corruption", celle de l’administration à tous les niveaux, c’est bien en partie à cause d’elle que Mohamed Bouazizi s’est immolé. Or il faut bien constater que ce phénomène de corruption continue, et que l’État n’agit pas suffisamment, quelles que soient ses déclarations contre le phénomène.

Pourtant cette lutte contre la corruption et pour un État de droit solide est un objectif indiscutable si l’on veut asseoir le développement économique du pays et notamment celui des investissements, y compris étrangers.

Les investisseurs se méfiaient de la Tunisie à cause de la famille de Ben Ali ; il ne faudrait pas qu’ils aient le sentiment que rien n’a changé sur ce plan.
La lutte contre la corruption est en réalité une lutte pour un État de droit. Quand le droit peut ou doit s’acheter, il n’existe aucune justice et aucune sécurité juridique.

Car si le citoyen n'a plus confiance dans la justice de son pays, il ne faut pas s'étonner qu'il se retourne vers la famille, le clan ou la tribu pour se "faire" justice... Ou, pire, qu'il "rentre" dans le système de corruption par le bakchich. Et s'il n'en a pas, on fera de lui un citoyen aigri contre le pouvoir en place.

Je voudrais donner un exemple tout à fait clair qui peut facilement être vérifié par quiconque veut s’en donner la peine, et dont je détiens évidemment l’ensemble des preuves ; et qui montre à la fois le maintien de pratiques de corruption et l’inaction fautive de l’État.

Un passe-droit parmi d'autres

Un des rôles de la presse dans une démocratie est de procéder à des enquêtes et à livrer des faits et des analyses à la population. Or elle me paraît bien timide dans ce domaine. Voici les faits et d’après ce que j’ai pu lire ici ou là, ils ne sont pas isolés mais parfaitement significatifs d’une pratique qui s’est généralisée.

Dans le quartier de Mutuelleville, quartier résidentiel de Tunis, il existe un règlement d’urbanisme extrêmement clair qui dispose notamment, et pour aller à l’essentiel, qu'aucune construction ne peut être édifiée si le propriétaire ne dispose pas d’un terrain d’une surface minimum de 400 m². Ce propriétaire doit par ailleurs, en vertu des règles d’urbanisme, installer sa construction à une certaine distance des limites de son terrain.

Comme on le voit, la règle est simple et ne souffre aucune interprétation. Et pourtant un propriétaire, résidant au demeurant de manière habituelle en France, a, manquant à toute conscience civique, profité de la période troublée qui a suivi le 14 janvier pour procéder, sans permis de construire et au mépris des règles précitées, à l’édification d’une construction qui est donc manifestement illégale.

L’administration municipale a été alertée par des voisins et elle a constaté elle-même l’irrégularité de la situation. Le voisin, victime de cette construction irrégulière, a adressé un mot à la Ville de Tunis sur son site dans la rubrique "Contactez nous", et n'a jamais eu aucune réaction. Le procureur de la République a été saisi.

Or rien n’a été fait pour faire interrompre ces travaux illégaux, et bien au contraire, ce qui est la preuve manifeste de la corruption, un permis a été accordé deux mois après le commencement des travaux, bien qu’il soit contraire aux règles d’urbanisme.
Peut-on expliquer, sans la corruption de l’administration, la délivrance d’un permis aussi manifestement contraire aux règles d’urbanisme ? Peut-on expliquer que la justice, pourtant saisie d’une procédure de référé (c’est-à-dire d’urgence), n’ait pris aucune décision plus de six mois après le commencement des travaux qui vont se terminer ?

Le cas n’est pas isolé et l’administration en est pleinement consciente, puisque le ministre de l’Intérieur a pris le soin de publier un communiqué en février menaçant de sévir contre les constructions anarchiques qui défigurent le pays et défient l’État. Voici la circulaire du 14 février 2011 telle que parue dans la presse sous le titre :

"Construction anarchique et appropriation des locaux : premier avertissement du ministère de l'Intérieur :

Plusieurs personnes ont profité, durant la dernière période, de la focalisation des autorités centrales, régionales et locales sur les problèmes actuels pour s'approprier de biens immobiliers et de locaux d'habitation appartenant à des privés ou à l'État et à ses institutions, alors que d'autres ont entamé des constructions de façon illégale et sans permis, a souligné, lundi 14 février 2011, le ministère de l'Intérieur.

Ces actes représentent une violation criante aux valeurs et aux nobles objectifs de la révolution du peuple tunisien. Toute personne ayant commis de tels actes est appelée à évacuer le local occupé indûment, à arrêter immédiatement les travaux de construction sans permis, et à démolir les constructions entamées ou déjà bâties de façon illégale.

En cas du non-respect de ces injonctions, les auteurs de ces actes seront traduits en justice, conformément aux dispositions et aux réglementations en vigueur.

Le ministère de l'Intérieur ne tolèrera quiconque qui exploite la révolution pour réaliser des intérêts et des desseins interdits par la Loi qui demeure au-dessus de tous dans tous les cas et dans toutes les circonstances."
 
Mesures et résolutions sans grand effet

Dans un article paru sur le site Kapitalis le 23 juin dernier, un représentant de l’administration prétendait que des mesures avaient été prises contre ces constructions anarchiques. Pourtant le communiqué n’a eu aucune suite pratique, et les résolutions du ministre de l’Intérieur sont restées lettre morte !

Des associations de citoyens se sont même créées, à Sidi Bou Saïd, à la Marsa, au Belvédère et à Jerba entre autres, pour lutter contre ce phénomène des constructions anarchiques. Mais le problème demeure.

Je répète que le cas précité n’est qu’un cas parmi d’autres, mais il est révélateur d’un état d’esprit de l’administration qui fait beaucoup de mal au pays.

Quant on ajoute que certains partis n’hésitent pas à utiliser l'argent pour s’attirer une clientèle électorale, sans que là encore le pouvoir ne réagisse, ou utilisent les mosquées comme tribune "politique", sans que la police ne bouge, on peut avoir des craintes sur l’avenir du pays.

Par ailleurs, la justice, qui normalement doit être indépendante, donne depuis quelques temps de très mauvais signes de corruption et de soumission au pouvoir, par un grand nombre de décisions pour le moins surprenantes concernant des anciens du RCD et des proches de l'ex-famille régnante. Des avocats et des journalistes s’en sont fait l’écho. Il est symptomatique que le bâtonnier de Tunis ait pris le soin de dénoncer la corruption de la magistrature et qu'il demande des mesures d'assainissement du corps des magistrats. Certains magistrats, eux-mêmes, souhaitent cet assainissement.

On sait que cette corruption a "gangréné" toute la société. Il fallait payer pour obtenir "son droit". Quoi d’étonnant lorsqu’au plus haut niveau de l’État on a érigé la corruption en système ? Quoi d’étonnant quand, dans l’enseignement, il fallait "obligatoirement" prendre des cours privés pour réussir et "payer" pour avoir un poste ?

Il y a là un enjeu majeur de la révolution, car la corruption est un facteur de divisions sociales (les "pauvres" ne peuvent pas "payer leurs droits") et un frein indiscutable au développement des investissements économiques.

Quelles mesures doivent être prises ? Ce ne sera pas facile puisque tout passe par une véritable "révolution civique des esprits". Il faut, en effet, que les Tunisiens refusent de se plier désormais à cette pratique du "bakchich", et qu’ils dénoncent au contraire ces pratiques de l’administration à tout niveau que ce soit.

Partout dans le pays, la presse (quatrième pouvoir dans une vraie démocratie) devrait en faire son combat pour dénoncer la corruption, enquêter et montrer les cas patents de dysfonctionnement. De même que la société, à travers les associations, doit veiller au respect du droit et dénoncer les dysfonctionnements de l’administration et toute injustice. L’une et l’autre feront œuvre utile et seront parfaitement dans leur rôle dans un pays démocratique.

Aux manipulateurs qui parlent de réconciliation nationale

Mesdames et Messieurs les manipulateurs, vestiges de l'ancien régime,

Pendant que vos partis s'organisent, que vos coalitions se forment, que votre campagne se développe, nous entendons parler de "réconciliation nationale".
Avant toute réconciliation, n'y aurait-il pas une demande de pardon nécessaire ?
Comme si de rien n'était, sans mea culpa, sans aucune explication sur votre servilité envers une bande d'infâmes salauds que vous n'avez jamais cessé de glorifier, vous parlez de réconciliation, de démocratie, de libertés, de Droits ! Alors que vous avez trahi ces principes depuis des décennies ?

Êtes-vous seulement conscients de ce qui s'est passé ?
De l'ignoble mascarade dans laquelle vous avez jeté notre pays ?
Êtes-vous conscients de ce que vous avez fait ?
Savez-vous que vous avez été les piliers d'un régime n'ayant aucun sens de la dignité ?
Un régime que vous avez servi pour écraser votre propre pays ?
Savez-vous que vous vous concurrenciez entre vous pour servir à qui mieux-mieux cette racaille au mépris de l'Etat, de la nation et de toutes les valeurs humaines ?
Savez-vous que vous avez donné ce pays - que le peuple a construit pierre par pierre, au prix du sang, de la sueur et de la misère - à une bande de salauds ?

Jusqu'au 14 janvier au soir, aucun de vous n'a eu le courage de démissionner !
Et vous avez le culot de faire de la politique ?
De vous exprimer grâce à une liberté que vous devez au sang des victimes de votre indifférence !
Vous voulez continuer à confisquer ce pays?
Vous voulez continuer à utiliser vos réseaux pour dissimuler vos crimes ?
A vous foutre de la gueule du monde ?
Vous croyez vraiment qu'on vous laissera faire? Qu'on vous laissera poursuivre votre pillage ?
Vous sortirez de l'histoire comme vous y êtes entrés, par la porte de derrière…

*Abdelaziz Belkhodja est écrivain, fondateur du Parti Républicain (qui a fusionné ensuite avec Al Wifak Al Joumhouri) et membre du Pôle Démocratique Moderniste