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lundi 7 mars 2011

Tunisie / France : Relancer l’économie à travers des coopérations concrètes

Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre française de l’Écologie, du Développement durable, des Transports et du Logement,  était, lundi, en visite de travail  en Tunisie, accompagnée d’acteurs  français du secteur.
Lors d’un point de presse, elle a précisé « que cette visite a pour objectif d’apporter un soutien à la transition démocratique à travers des coopérations concrètes dans des domaines qui touchent à la vie quotidienne comme l’énergie, les transports ou la gestion de l’eau, tout en favorisant une approche respectueuse de l’environnement et participative ».
Elle affirmé qu’il est « important de relancer l’économie tunisienne, notamment  la réhabilitation et la gestion environnementale intégrée du bassin minier, la déconcentration des services environnementaux, la réhabilitation des aires protégées, l’appui à la mise en place d’un plan climat en Tunisie, la coopération dans le secteur de la dépollution et de l’eau, le jumelage européen sur le renforcement des capacités institutionnelles, les grands projets d’infrastructures, le projet de réseau ferroviaire rapide, la coopération dans le secteur des énergies renouvelables et le soutien au plan solaire tunisien ».
La ministre a par ailleurs souligné que « son déplacement en Tunisie représente un événement propice  et important  pour entendre et comprendre  la société civile, afin de savoir quelles sont ses ambitions et ses préoccupation surtout dans cette période jugée délicate. De plus  c’est une étape pionnière pour relancer l’économie tunisienne, en vue de créer une  forte coopération  entre la France et la Tunisie non seulement dans le domaine du développement durable mais aussi sur tous les plans sociaux et économiques.
« Nous sommes ici pour être  l’écoute des citoyens et  pour mettre un plan d’action dans le but de  renforcer l’économie tunisienne, citant à ce propos le développement des régions défavorisées, ces régions qui ont les priorités concernant notre  étude de coopération comme par exemple  la région de Kasserine. Dans ce sens, nous devons   travailler surtout sur  l’énergie et l’environnement, le carbone, l’assainissement, et le soutien du plan solaire ».
Nous sommes engagés à  renforcer la coopération institutionnelle et aussi l’investissement dans le secteur privé. Nous devons travailler ensemble pour poursuivre les projets qui sont en cours d’exécution, et créer de nouveaux projets ».
Elle a enfin indiqué  qu’elle a discuté avec le ministre du Transport du  plan de soutien technique pour quelques projets  phares  concernant le secteur du transport, notamment le Port d’Enfidha, qui est  la colonne vertébrale de l’export et  de l’import. Nous allons renforcer  les services du port commercial  afin d’améliorer ses prestations, a-t-elle  observé.

Tunisie: troisième gouvernement provisoire pour gérer la transition


TUNIS — Exit les derniers ministres hérités du président déchu Ben Ali, aucun membre de l'opposition: le Premier ministre tunisien par intérim, Béji Caïd Essebsi, a formé lundi un gouvernement composé de technocrates dont la mission première est la sécurité et l'économie.
Les nouvelles autorités ont immédiatement donné un autre signal fort en annonçant la dissolution de la redoutée Direction de la sécurité du territoire (DST) et de la police politique qui a fait régner la terreur durant les 23 ans de pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali.
Les 21 ministres, dont 17 reconduits aux postes qu'ils occupaient depuis le 27 janvier, sont des technocrates.
Fait notable, ce troisième gouvernement depuis la chute le 14 janvier de Ben Ali, ne compte plus aucun ministre ayant servi dans le dernier gouvernement du président déchu.
Les deux "survivants" étaient Mohamed Nouri Jouini (Planification et la coopération internationale) et Mohamed Afif Chelbi (Industrie et technologie),
Ce cabinet s'inscrit dans "la continuité", a assuré M. Essebsi lors d'une conférence de presse, précisant que le rétablissement de la sécurité "est la clef pour le règlement de tous les autres problèmes" car "sans sécurité, il n'y aura pas de développement".
Le souvenir des très violents affrontements au coeur de Tunis les 26 et 27 février qui avaient fait six morts, est encore frais.
Les deux précédentes équipes avaient fait l'objet d'une contestation permanente de la rue qui avait abouti à la démission du Premier ministre Mohammed Ghannouchi le 27 février, dernier chef de gouvernement de Ben Ali pendant onze ans d'affilée.
Pendant une semaine, des milliers de personnes avaient campé sous ses fenêtres pour qu'il "dégage" (le mot fétiche de la révolution) de sa première équipe tous les caciques de l'ancien régime.
Sa seconde n'avait pas eu l'heur de plaire non plus à la rue et finalement M. Ghannouchi avait jeté l'éponge.
Nommé à sa place le 27 février, M. Essebsi, 84 ans, a dû remanier immédiatement le gouvernement dont il avait hérité de son prédécesseur suite aux démissions en quelques jours de cinq ministres, dont les deux représentants de l'opposition: Ahmed Ibrahim (Enseignement supérieur et recherche scientifique) et Ahmed Néjib Chebbi (Développement régional et local).
Face à la grogne permanente d'une frange contestataire craignant de voir "sa" révolution confisquée par des politiciens de retour, le président par intérim Foued Mebazaa avait annoncé jeudi le report des élections promises juste après le 14 janvier et l'élection préalable le 24 juillet d'une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle constitution.
M. Essebsi a d'ailleurs été clair sur son avenir et celui de son équipe: le bail n'est que de quatre mois et demi. Après l'élection de la "Constituante, une assemblée souveraine, le lendemain ou deux trois, jours après, vous ne me verrez plus à cette tribune".
"Je suis un homme de confiance, de parole", a-t-il insisté, en annonçant le retour du cabinet mardi dans les locaux du gouvernement à la Kasbah, après s'être replié sur le palais présidentiel de Carthage pour des raisons de sécurité.
En annonçant l'élection d'une Constituante, une des renvendications phare de l'opposition, M. Mebazaa avait proclamé "l'entrée dans une nouvelle ère (...) dans le cadre d'un système politique nouveau qui rompt définitivement et d'une manière irréversible avec le régime déchu".
Au premier jour du nouveau gouvernement, les Tunisiens ont d'ailleurs eu droit à deux autres événements chargés de symbole.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé qu'il "s'engageait à appliquer la loi et à respecter les libertés et des droits civiques", et la Ligue tunisienne des droits de l'Homme, harcelée sous Ben Ali pendant des années, a tenu ce lundi son conseil national.

Un spectacle inédit à l’aéroport de Djerba pour Oussem, un passager. « On a jamais vu autant de monde même en pleine saison estivale à l’aéroport de Djerba. J’ai jamais vu autant de communautés et ce qui m’impressionne, c’est l’organisation ».


Fathi Chamkhi, portavoz de ATTAC-Túnez. Cree que la dimisión del primer ministro Ghanuchi es "una victoria de la revolución"
"Comunista
, revolucionario y no creyente". Así se define a sí mismo en Madrid Fathi Chamkhi (Kairouan, 1955), que considera que el miedo de los tunecinos a que los hombres de la dictadura les roben su revolución está justificado. ATTAC, la asociación altermundista de la que es portavoz en Túnez, forma parte del Consejo Nacional para la Protección de la Revolución (CNPR). Esta instancia, creada el 11 de febrero, reúne a la Unión General de Trabajadores Tunecinos, asociaciones y partidos políticos, y su objetivo es preservar los logros de la revolución que derrocó al dictador Zin el Abidín Ben Alí
Ustedes acusan a Mohamed Ghanuchi, el ex primer ministro que acaba de dimitir, de haber bloqueado la transición. ¿Por qué?
Ghanuchi no sólo no ha hecho nada, sino que pretendía restaurar el régimen de Ben Alí. De ahí que haya intentado mantener lo que quedaba de la dictadura, siguiendo órdenes de Washington y de Bruselas, y también del Gobierno francés y del español. Todos ellos, tanto Sarkozy, como Berlusconi y Zapatero, dieron un apoyo incondicional a Ben Alí para acceder al Partenariado Euromediterráneo.
¿Qué interés podría tener la UE en perpetuar la dictadura en Túnez?
Un Túnez que permanezca bajo un sistema de dominación vale más, a ojos de la UE, que un Túnez soberano. Ben Alí era un dictador pero, sobre todo, era el agente de la UE y también de EEUU en Túnez. El tirano era la persona designada por Bruselas para mantener mi país como un dominio reservado de los empresarios europeos. Hoy, Ben Alí ya no les es útil y, por supuesto, lo han abandonado, al tiempo que quieren aparecer a ojos de mi pueblo como los amigos que acuden en su auxilio.
¿Se refiere a la visita del presidente español a Túnez del pasado miércoles?
Zapatero ha dicho que estaba maravillado de la revolución tunecina y que venía como amigo. ¿El amigo de quién? Yo creo que ha viajado a Túnez porque está mejor situado que Francia, que ha sido desenmascarada ante los tunecinos. Zapatero tiene mejor imagen y por ello ha venido para apoyar la estrategia de [la representante de Política Exterior de la UE, Catherine] Ashton. Tanto mejor si, de paso, puede afirmar sus intereses y los intereses económicos españoles, que son muy importantes en el sector del turismo.
Zapatero aludió al modelo de la transición española.
Su presidente puede prevalerse de la experiencia de una transición, pero con Túnez se equivoca. Aquí no se trata sólo de alcanzar la libertad y la justicia social, sino también de evitar la dominación imperialista; queremos hablar a los pueblos europeos de igual a igual. Hasta ahora, la UE ha hablado al pueblo de Túnez, a través de Ben Alí, como fuerza de dominación.

Una vez que Ghanuchi se ha marchado, ¿cuál es la hoja de ruta para la transición que propone el Consejo?
Ghanuchi no se ha ido, a Gha-nuchi lo hemos echado. En el pulso que la vieja guardia y la revolución mantienen, Gha-nuchi ha perdido. Ese fracaso ha sido la victoria de la aspiración del pueblo a lograr una Asamblea Constituyente que nos dote de una nueva Constitución; la ley que deberá instaurar una democracia real.
¿Ghanuchi pretendía mantener la Constitución de la dictadura?
El intento de reformar la Constitución de Ben Alí había empezado ya, pero ese proyecto está ahora enterrado. Incluso el presidente de la Comisión de Reformas Políticas del Gobierno, Yadh Ben Achour, ha dicho que hay que escuchar al pueblo, que quiere una nueva Carta Magna. El Consejo no se opone al nuevo primer ministro, Beyi Said Essebsi, pero queremos un Gobierno de tecnócratas y que se institucionalice nuestro Consejo hasta que se forme la Asamblea Constituyente [que será elegida en las urnas el 24 de julio]. Después nos disolveremos.
Tras la dimisión de Ghanuchi y de varios ministros, se ha hablado incluso del riesgo de un golpe de Estado.
No existe ningún riesgo de golpe de Estado. Aquí el único golpe de Estado es el que dieron Ghanuchi y su equipo, que impusieron a los revolucionarios tunecinos que habían derrocado a Ben Alí, al mismo primer ministro que tenía el dictador.

Tunisie : à Djerba l’évacuation des réfugiés se poursuit

En Tunisie, les évacuations des étrangers arrivés ces derniers jours à la frontière libyenne se poursuivent. Que se soit par bateau ou par avion. Dimanche 6 mars 2011, des Egyptiens, des Bangladais et des Vietnamiens attendaient un vol à l’aéroport de Djerba qui a rarement reçu autant de passagers.

« Les gens qui viennent à l’aéroport devraient normalement être directement évacués, explique Marwane Beltaïef volontaire à l’aéroport de Djerba. Mais parfois il y en a qui reste plusieurs jours, on essaie de faire avec, on les laisse dormir ici ».

Youssef est Egyptien et fait partie de ceux qui ont passé trois nuits dans le camp installé à l’aéroport. Je suis sûr de partir, dit Youssef, qui fait la queue sous le soleil à 500 m du hall des départs car l’aéroport est bondé. Assis, allongés, ou dans une file d’attente, ils sont des centaines dans le hall, regroupés par pays, comme ces Vietnamiens, vêtus du gilet jaune de leur entreprise, qui s’apprêtent à prendre l’avion de Vietnam Airlines qui vient d’atterrir. 

Un spectacle inédit à l’aéroport de Djerba pour Oussem, un passager. « On a jamais vu autant de monde même en pleine saison estivale à l’aéroport de Djerba. J’ai jamais vu autant de communautés et ce qui m’impressionne, c’est l’organisation ».

Un spectacle inédit à l’aéroport de Djerba pour Oussem, un passager. « On a jamais vu autant de monde même en pleine saison estivale à l’aéroport de Djerba. J’ai jamais vu autant de communautés et ce qui m’impressionne, c’est l’organisation ».

Londres va rapatrier dans leur pays 500 Bangladais qui ont fui la Libye

Le Royaume-Uni va rapatrier dans leur pays 500 Bangladais réfugiés en Tunisie après avoir fui les violences en Libye voisine, a annoncé dimanche le ministère britannique du Développement international.
Trois avions transportant 500 Bangladais doivent quitter dimanche l'aéroport de Djerba, dans le sud-ouest de la Tunisie, pour Dacca, a précisé le ministère dans un communiqué. Début mars, Londres avait déjà évacué vers Le Caire 6.195 Egyptiens bloqués en Tunisie en raison des affrontements en Libye.
"A moins qu'on ne continue à désengorger les camps (de réfugiés) à la frontière (entre la Tunisie et la Libye), il y a encore un vrai danger que la situation se détériore rapidement", a estimé le ministre britannique du Développement international, Andrew Mitchell, qui s'est rendu cette semaine en Tunisie.
"On se prépare à une arrivée soudaine de personnes venant de l'autre côté de la frontière", a-t-il ajouté, demandant "au reste du monde de se joindre au Royaume-Uni pour ramener chez eux" les réfugiés.
La Libye est secouée depuis trois semaines par une insurrection qui prend désormais des allures de guerre civile. Les insurgés réclament le départ du colonel Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 42 ans.
Ces violences ont provoqué l'arrivée en Tunisie de plus de 100.000 personnes, principalement des travailleurs immigrés, selon la protection civile tunisienne.

dimanche 6 mars 2011

Cruz Roja Navarra envía un puesto médico avanzado a Túnez para atender a la población desplazada de Libia

Cruz Roja Navarra ha colaborado en el envío de ayuda humanitaria a Túnez para asistir a las personas que huyen de Libia, una iniciativa de Cruz Roja Española mediante la cual se enviarán ambulancias, dos puestos sanitarios y de avituallamiento y fondos para la Media Luna Roja de Egipto y la de Túnez.

Cruz Roja Navarra ha colaborado en el envío de ayuda humanitaria a Túnez para asistir a las personas que huyen de Libia, una iniciativa de Cruz Roja Española mediante la cual se enviarán ambulancias, dos puestos sanitarios y de avituallamiento y fondos para la Media Luna Roja de Egipto y la de Túnez.
En concreto, Cruz Roja Navarra envió este viernes desde el aeropuerto de Torrejón de Ardoz (Madrid) un puesto médico avanzado (hospital de campaña) que se utiliza para grandes dispositivos preventivos. Estaba previsto que este puesto se utilizase en las primeras Javieradas de 2011 que se celebran este fin de semana.
El hospital de campaña enviado a Túnez, ha explicado Cruz Roja Navarra a través de un comunicado, está configurado como una infraestructura sanitaria básica con capacidad de rápida movilización y despliegue para estabilizar a la víctima antes de su traslado hospitalario.
Para realizar estas tareas cuenta con un equipamiento específico para dar soporte a la víctimas en varios 'box'. Cada uno de ellos puede ser dedicado a SVB o SVA en función de equipamiento externo que se le facilite. Este equipamiento está montado sobre un remolque con fácil acceso a los materiales.
En total, son más de 20 toneladas de ayuda las que ha enviado Cruz Roja Española a Túnez, con la financiación de la Agencia Española de Cooperación Internacional para el Desarrollo (AECID) y de la Oficina de Ayuda Humanitaria de la Comisión Europea (ECHO).

Aumenta la afluencia de vehículos privados libios que pasan a Túnez

Ras el Jadir (Túnez), 5 mar (EFE).- La afluencia de vehículos privados libios que están llegando a Túnez a través del paso fronterizo de Ras el Jadir ha aumentado en las últimas horas, según pudo constatar Efe.
Varias decenas de vehículos, en su mayoría turismos ocupados por el conductor o a lo sumo dos personas, normalmente jóvenes, han atravesado la frontera a lo largo de la mañana.
Según fuentes policiales tunecinas, se trata de comerciantes que hacen ese trayecto habitualmente, aunque lo cierto es que ese flujo de vehículos, que en algunos momentos hasta tienen que hacer colar para pasar, no se habían visto en los últimos días.
Tampoco se ve a los miles de refugiados que hasta hace dos días se agolpaban en el lado libio de la frontera, actualmente vacía, y sobre cuya situación real persisten las dudas.
Algunos informes sin confirmar apuntan a que los refugiados podrían haber sido retenidos por las fuerzas libias algunos kilómetros antes de alcanzar la frontera.
Según la ONU, el pasado jueves hubo un descenso de las personas que cruzaron la frontera, que pasó de 10.000 a 15.000 diarios a 2.000, después de que hombres fuertemente armados y afines al régimen de Muamar al Gadafi tomaran el control fronterizo del lado libio.
En total, unas 180.000 personas ya han salido del territorio libio desde que comenzó el conflicto y que en su mayoría se han dirigido hacia las zonas fronterizas de Túnez, Egipto y Níger. EFE

En Túnez acusan de "alta traición" a Ben Alí por su fuga

El primer ministro afirma que el ex presidente, refugiado en Arabia Saudí merecería ser condenado a la pena capital

Con el discurso pronunciado por el primer ministro Beyi Said Essebsi, Túnez parece estar al comienzo de la transición, tras la revolución que el pasado 14 de enero depuso al presidente Ben Alí.


Essebsi se dirigió ayer por televisión a sus conciudadanos con un discurso en el que advirtió de la complejidad de la tarea que tienen por delante y en el que fue especialmente duro con Ben Alí, refugiado en Arabia Saudí desde el 14 de enero, a quien sin ambages acusó de "traición" y del que dijo que merece ser condenado a la pena capital.
En su primera alocución televisada desde que el pasado domingo asumió la jefatura del Gobierno de transición, Essebsi subrayó que Ben Alí "ha cometido errores que lo declaran culpable de traición a la nación".
"A mi juicio -dijo Essebsi-, un jefe de Estado -y a la vez comandante en jefe de las Fuerzas Armadas- jamás abandona su puesto y huye, por lo que debería comparecer ante una corte marcial que lo juzgue" por un delito, subrayó, que está penado con la horca.
Tarea larga
"La prioridad del nuevo Gobierno es el restablecimiento de la seguridad para que el país recupere un ritmo normal", afirmó Essebsi.
Al mismo tiempo, advirtió a sus conciudadanos de que la tarea que tienen por delante es larga y compleja, por lo que les dijo que no esperen "que los asuntos se resuelvan en días, semanas o meses".
Veinticuatro horas antes, el presidente del país había convocado elecciones constituyentes para el 24 de julio.

 

 

Túnez espera el anuncio del nuevo gobierno para empezar a caminar

Los tunecinos aguardan el anuncio mañana o tal vez el lunes de la formación del nuevo gobierno de transición, que debe posibilitar la marcha del país por la senda de un nuevo proceso político que contribuya a cerrar la inestabilidad generada tras la caída del presidente Zine el Abidín Ben Alí.
La situación en Túnez es hoy de calma, con la sensación de que los discursos pronunciados en las últimas 48 horas por el presidente interino, Fuad Mebaza, y el primer ministro de transición, Beyi Said Essebsi, han servido para afianzar posiciones, fijar planteamientos y, de alguna manera, satisfacer las expectativas de buena parte de la sociedad.
En su discurso del pasado jueves, el presidente Mebaza anunció la convocatoria de elecciones a una Asamblea Constituyente para el próximo 24 de julio, al objeto de redactar una nueva carta magna para Túnez, dado que la vigente se considera por la oposición como un texto ya agotado.
Dicho anuncio pareció colmar las expectativas de buena parte de las fuerzas opositoras, en particular las del poderoso sindicato Unión General de Trabajadores de Túnez, que acogió de buen grado el anuncio de Mebaza.
A su vez, el discurso pronunciado ayer, viernes, por Essebsi, en el que consideró a Ben Alí culpable de "traición a la nación" por haber huido del país tras la revolución que lo depuso el pasado 14 de enero, ha servido también para que la oposición vea que el nuevo jefe del ejecutivo, al menos, ha hablado claro y ha ofrecido unos planteamientos acordes con los nuevos tiempos.
Pese a que Essebsi, que asumió la jefatura del ejecutivo de transición el pasado domingo tras la dimisión de Mohamed Ghanuchi, fue acogido con recelos por la oposición, que lo consideraba como un personaje vinculado al antiguo régimen (fue ministro de Asuntos Exteriores durante el mandato de Habib Burguiba, 1956-1987), la claridad con que habló ayer parece haber cambiado ciertos criterios.
En su primera alocución televisada desde que asumió la jefatura del gobierno de transición, Essebsi dijo que Ben Alí "ha cometido errores que lo declaran culpable de traición a la nación".
"A mi juicio -dijo Essebsi-, un jefe de Estado -y a la vez comandante en jefe de las Fuerzas Armadas- jamás abandona su puesto y huye, por lo que debería comparecer ante una corte marcial que lo juzgue" por un delito, subrayó, que está penado con la horca.
Ben Ali, que huyó del país el pasado 14 de enero, se encuentra actualmente refugiado en Arabia Saudí.
Essebsi añadió que el próximo domingo se anunciará la composición del nuevo Gobierno de transición, del que dijo que será "cien por cien tunecino, sin presencia extranjera", en referencia a las críticas de la oposición a varios ex ministros que se incorporaron al ejecutivo nada más salir de Francia, donde vivían.
"La prioridad del nuevo gobierno es el restablecimiento de la seguridad para que el país recupere un ritmo normal", afirmó Essebsi.
Essebsi reconoció que "la seguridad no es un asunto fácil de gestionar, sobre todo cuando hay fisuras y desequilibrios".
Al mismo tiempo, el jefe del Ejecutivo tunecino de transición advirtió a sus conciudadanos de que la tarea que tienen por delante es larga y compleja, por lo que les dijo que no esperen "que los asuntos se resuelvan en días, semanas o meses".
Señal de que ambos discursos parecen haber dejado satisfecha a la oposición es el hecho de que el campamento montado desde hace dos semanas en la Plaza del Gobierno de la capital tunecina ya ha sido desmantelado, tras considerar los organizadores que las autoridades de transición han atendido sus reivindicaciones.
En declaraciones a Efe, uno de los organizadores de la acampada, Said Abderrasak, miembro de la Unión Sindical de Trabajadores de Túnez (UGTT), el principal sindicato del país y una de las principales fuerzas de la oposición, dijo que las líneas maestras del discurso pronunciado anoche por Mebaza les han animado a terminar con esta movilización.
"Al menos a grandes rasgos, el gobierno ha escuchado nuestras reivindicaciones", subrayó Abdelrrasak.

Des avions militaires US rapatrient des Egyptiens de Tunisie


A l'appui des efforts internationaux pour fournir des secours humanitaires cruciaux aux personnes fuyant la crise en Libye, les Etats-Unis ont annoncé le 5 Mars une contribution de 3 millions de dollars à l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) dans le cadre d'un partenariat entre les Etats-Unis et l'OIM afin de renforcer les efforts visant à aider des milliers d'Egyptiens et d'autres ressortissants d'Afrique, d'Asie du Sud et d’Asie du Sud-Est qui ont fui la Libye et sont maintenant en Tunisie pour qu’ils puissent rentrer à leurs pays.

Dans le cadre de ces efforts, deux avions C-130 de transport militaire a atterri à Djerba, en Tunisie, le 4 Mars délivrant des fournitures humanitaires offertes par le Gouvernement américain. Chaque avion transportait trois palettes de provisions humanitaires, dont 2000 couvertures, 40 rouleau de toiles en plastique et 9.600 jerricanes d'eau de 10 litres chacune. Ces fournitures de secours humanitaire, qui couvrent les besoins de 2.000 bénéficiaires, ont été livrées au Croissant Rouge pour assurer leur distribution.
Le 5 Mars, deux avions militaires KC-130 et deux autres avions des forces aériennes C-130 ont effectué des missions de Djerba au Caire, en retournant un total de 312 ressortissants égyptiens à leur pays d'origine. Le 6 Mars, quatre vols supplémentaires ont rapatrié 328 ressortissants égyptiens, pour un total de 640 rapatriés ce week-end.

En outre, une équipe américaine d’assistance en cas de catastrophes naturels est arrivée en Tunisie le 3 mars pour évaluer la situation sur les frontières et déterminer les ressources additionnelles que les Etats-Unis pourraient apporter. Le Secrétaire d'Etat adjoint pour la Population, des Réfugiés et des Migrations Eric Schwartz et l’Administrateur Adjoint du Bureau pour la Démocratie, les Conflits et l'Aide Humanitaire au sein de l’Agence Internationale de Développement (USAID) Nancy Lindborg arriveront  en Tunisie le 8 Mars pour examiner la possibilité de contribuer davantage à l’aide humanitaire en collaboration avec le gouvernement tunisien et les organisations humanitaires internationales.

Président Obama a loué les efforts déployés par le gouvernement tunisien afin de fournir l’aide humanitaire aux réfugiés en Tunisie fuyant la Libye.   L’ambassade des Etats-Unis observe, pour sa part, avec admiration la générosité dont le peuple tunisien a fait preuve vis-à-vis de ce flux des personnes qui se sont situées dans leurs frontières. « Les migrants avec lesquels nous avons parlé ont chanté les louanges de leurs hôtes tunisiens » note Ambassadeur Gray dans l'analyse de la situation humanitaire « et les États-Unis sont fiers de s'associer avec le peuple tunisien afin de répondre à leurs besoins.

La Tunisie aide au mieux les réfugiés qui attendent leur retour

Le pont humanitaire aérien et maritime s’organise peu à peu pour rapatrier vers leurs pays les très nombreux travailleurs étrangers qui attendent encore dans les camps tunisiens, près de la frontière libyenne

Aux barrières du poste frontière tunisien de Ras Jedir, ils arrivent par groupes, des Bangladais pour la plupart et des Ghanéens, des hommes seuls qui fuient la Libye à feu et à sang. Beaucoup viennent de zones où les combats font rage. Ils tirent à bout de bras ce qui leur reste de biens. Ils ont parfois marché plusieurs jours. Ils sont harassés, choqués, la plupart ont été dépouillés de leur téléphone. L’un d’eux a un large sourire victorieux : il a eu le réflexe de cacher la puce de son mobile dans une entaille de la ceinture de son pantalon.

Une marée humaine a submergé le poste frontière depuis le 20 février. Environ 10 000 étrangers travaillant en Libye, dans le bâtiment et l’agriculture, arrivaient chaque jour, 110 000 au total en deux semaines. Ils étaient « seulement » 3 600 samedi.

« La situation est plus calme, on en profite pour mettre la priorité sur l’hygiène et le nettoyage », explique Ramzy Ben Haji Nasr, médecin sapeur-pompier à Tunis venu en renfort pour quelques jours. Le sol, qui avait disparu sous un tapis de déchets, bouteilles d’eau, sachets de biscuits… commence à réapparaître grâce au ramassage des bénévoles du Croissant-Rouge.

La situation sanitaire est bien en main

Pourtant, cette relative accalmie ne rassure guère, en raison des nouvelles tragiques qui viennent de Libye. Beaucoup se demandent si le calme n’annonce pas l’orage.

« D’après certains témoins, il y aurait un camp côté libyen où seraient gardés les étrangers, mais nous ne pouvons le confirmer », reconnaît le colonel Mihouba Malok, à la tête de la protection civile, tout en se dirigeant d’un pas décidé vers la tente des bénévoles, des musulmans salafistes, qui distribuent à manger aux arrivants. « Faites attention à ce que vous leur donnez, pas de harissa, ces gens sont fragiles, ils ont des diarrhées », les sermonne-t-il.

La situation sanitaire est bien en main. Le docteur Ikram Mzoughi, anesthésiste de Sousse, venu par le Croissant-Rouge pour s’occuper du poste médical avancé – deux tentes installées à la frontière même – dément la menace d’épidémie dont parle l’Organisation mondiale de la santé.

«Peut-être qu’ils seront encore beaucoup plus nombreux»

« Nous avons des conjonctivites, des gastro-entérites, des céphalées, et quelques cas de gale, très contagieux, que nous avons mis en quarantaine », précise-t-il. Les patients dans l’état le plus grave sont, eux, directement acheminés à l’hôpital de campagne dressé sur le camp de Choucha, à huit kilomètres de la frontière.

À Choucha, sur un terrain préparé par l’armée tunisienne, les tentes s’étalent à perte de vue. Celles, kaki, des militaires, à gauche ; les autres, blanches, du Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations unies, à droite, pour abriter 20 000 personnes.

Cela n’empêche pas Moncef Chamboul, membre de l’Initiative de protection de la révolution de Ben Guerdane, d’étudier avec le colonel Malok, la Croix-Rouge et le Croissant-Rouge les plans pour une extension du camp, 5 000 tentes supplémentaires devant venir du Danemark.

« On est prêts à tout, peut-être qu’ils seront encore beaucoup plus nombreux dans les jours à venir », explique Moncef Chamboul. « Ce ne sont pas des réfugiés pour la très grande majorité d’entre eux, mais des étrangers qui fuient la Libye et veulent regagner leurs pays », précise le colonel Malok.

«Merci à la Tunisie»

En attendant, les quelque 12 000 « réfugiés temporaires », presque tous Bangladais, improvisent une vie de fortune. Par groupes, ils se lavent au jet d’eau, d’autres vont chercher à manger. Par centaines, ils font patiemment la queue auprès de Télécoms sans frontières qui offre trois minutes de télécommunications par satellite n’importe où dans le monde, le temps de dire qu’ils sont en vie et voient sans doute le bout du tunnel, grâce à la solidarité tunisienne.

Spontanément, des groupes scandent : « Merci à la Tunisie. » « On assure l’accueil, la nourriture, il faut que la communauté internationale se bouge plus vite, il faut des avions et des bateaux, et encore des avions et des bateaux », s’énerve Moncef Chamboul.

Presque tous les Égyptiens ont été rapatriés. Mille d’entre eux ont encore embarqué samedi au port de Gabès. « Plusieurs pays prennent en charge leurs ressortissants, tels que la Chine, le Vietnam, le Pakistan, le Népal, l’Algérie, le Maroc », liste Tarek Ben Ali, de l’Organisation internationale des migrations (OIM).

« Le cas des Bangladais est de loin le plus compliqué, car leur pays ne peut les prendre en charge », souligne-t-il. Dimanche, trois vols sous la bannière de l’OIM et trois vols organisés par le gouvernement britannique étaient prévus pour le Bangladesh.

Tunisie : Concours majeurs de la BEI à la croissance et à l’emploi

« Notre action est d’envergure et concrète, centrée sur la croissance économique et la création d’emplois. ».C’est en ces termes que Philippe de Fontaine Vive, Vice-président de la Banque européenne d’investissement(BEI) a résumé l’effort que la Banque entend développer au bénéfice de la transition démocratique en Tunisie. Il est venu à Tunis  pour rencontrer les nouvelles autorités du pays et recueillir leurs attentes économiques et sociales de nos partenaires. L’objectif est d’apporter une réponse rapide, concertée et efficace aux priorités économiques et sociales de ce pays.
Ainsi,  la BEI a pu évaluer les besoins prioritaires des Tunisiens en matière de développement économique et social et propose, en accord avec le Gouvernement de transition, les actions suivantes :
-Accélérer la mise en œuvre de projets publics, en particulier dans le secteur de l’assainissement, de l’énergie et des infrastructures routières (1 milliard d’euros, soit près de 2 milliards de Dinars) ;
-Accompagner la création et le développement de PME à travers la mobilisation des lignes de crédit BEI auprès des banques et sociétés de leasing tunisiennes (260 millions d’euros, soit 500 millions de Dinars) ;
-Soutenir la construction de la nouvelle usine de Mdhilla du Groupe chimique tunisien, une unité moderne élaborée aux meilleures normes environnementales. Ce soutien permettra de consolider la position de ce groupe à l’exportation (140 millions d’EUR, soit 270 millions de Dinars) ;
-Mise en œuvre d’un vaste programme de modernisation routière, réalisé par la Direction des Ponts et Chaussées à travers le pays (160 millions d’EUR, soit 310 millions de Dinars) ;
-Financer plusieurs projets significatifs dans les domaines suivants : Petites et Moyennes Entreprises en particulier dans les zones défavorisées, énergie (secteur du gaz), équipement des collectivités locales sur l’ensemble du territoire (voirie, éclairage public, eau potable, traitement des eaux usées, traitement des ordures ménagères, équipements socio-collectifs), et microcrédit. Le montant global attribué sera de l’ordre de 310 millions d’EUR, soit plus de 600 millions de Dinars.
Au total, ce sont donc 1,87 milliards d’euros (plus de 3,6 milliards de Dinars) qui sont en jeu. La mobilisation concrète sur le terrain des projets permettra d’injecter ces fonds dans l’économie tunisienne.
Ces projets auront un impact direct sur la création d’emplois en Tunisie. Ils constituent le fer de lance d’une coopération européenne appelée à se renforcer de manière significative dans les pays méditerranéens.
« La liberté que les Tunisiens sont en train de retrouver peut leur permettre d’avoir un taux de croissance accrue de plusieurs points de PIB par an », affirmait Philippe de Fontaine Vive lors d’une conférence de presse, précisant : Nous sommes conscients qu’il faut agir vite et de manière très efficace afin que l’espoir d’un avenir meilleur ne cède pas le pas à une conflagration économique et sociale importante. »
Dés le 20 janvier 2011, par un communiqué, la BEI avait assuré les Tunisiens de son soutien dans la réalisation de leurs priorités économiques et sociales. Pour s’enraciner durablement dans la société, la démocratie doit s’appuyer sur la croissance économique et sur une politique de développement capable d’apporter à chacun de meilleures perspectives d’avenir.
La BEI, premier contributeur financier en Méditerranée via la FEMIP
La facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP) regroupe l'ensemble des instruments mis à la disposition par la Banque européenne d’investissement (BEI) dans les pays partenaires méditerranéens. Opérationnelle depuis octobre 2002, elle est aujourd’hui l’acteur de référence du partenariat économique et financier entre l’Europe et la Méditerranée, avec plus de 12,6 milliards d’EUR pour soutenir des projets de développement économique et social dans les neuf pays partenaires méditerranéens.
En portant son volume d’activité à un niveau inégalé de 2,6 milliards d’euros en 2010, dont près de 500 millions d’euros à la Tunisie, la BEI réaffirme pour l’avenir son rôle de premier investisseur du développement en Méditerranée avec la capacité d’accompagner dés maintenant les pays partenaires méditerranéens dans leur volonté de transition démocratique comme de développement et de modernisation économique. Un engagement qui s’est confirmé le 22 février 2011 lors de sa conférence annuelle à Bruxelles : la BEI annonce qu’elle est prête à doubler ses prêts aux pays du sud de la Méditerranée pour les aider dans leur transition démocratique. Des investissements pouvant atteindre 6 milliards d’euros d’ici 2013.
La BEI est un partenaire de longue date et de long terme de la Tunisie. Elle en est aujourd'hui le principal partenaire financier extérieur. À ce jour, un montant total de plus de 4.4 milliards d’EUR de financements a été accordé à la Tunisie ; son portefeuille de financements actuellement en cours de mise en œuvre se compose de 61 prêts et de 20 prises de participation dans des fonds d'investissement.
Ses priorités opérationnelles sont centrées sur la modernisation de l’économie, la création d’emplois et l’amélioration du cadre et des conditions de vie de la population. Ses principales interventions ont porté sur :
-L'extension des réseaux routiers et autoroutiers (le dernier en date est le tronçon entre Sfax et Gabès) pour faciliter les échanges régionaux et favoriser le développement des régions enclavées, tout en réduisant le nombre d’accidents ;
-Les autres modes de transport, que ce soit l'aéroport d'Enfidha pour accompagner le développement de l'activité touristique, ou en site urbain, comme RFR, pour améliorer les conditions de déplacement des usagers entre Tunis et sa périphérie ;
-La modernisation et extension de la production et distribution d’énergie afin de produire, dans des conditions respectueuses de l’environnement, une électricité au meilleur prix, accessible à tous (dernières interventions : centrale électrique de Sousse et renforcement du réseau de lignes à Haute tension) ;
Les programmes d’approvisionnement en eau potable, de traitement des eaux usées et de dépollution de sites industriels (site de Taparura);
-Le programme de modernisation et d’équipements des hôpitaux publics ;
-L’aménagement de technopoles travaillant en liaison avec les universités pour faciliter la création d’entreprises innovantes par de jeunes diplômés ;
-Les lignes de crédits pour accompagner les petites et moyennes entreprises et financement du microcrédit à travers ENDA interarabe.

Tunisie: 2.000 arrestations en un mois

Les forces de sécurité tunisiennes et l'armée, ont arrêté en un peu plus d'un mois près de 2.000 personnes, dont 200 pour agressions et 165 pour port d'armes et actes de pillage et de vol, a annoncé le ministère de l'Intérieur dans un communiqué publié dimanche. Après l'arrestation de "deux personnes en possession d'armes à feu qu'elles avaient dérobées des locaux du district de la Garde nationale de Kasserine (centre-ouest)", les efforts "s'accélèrent pour retrouver les autres suspects et les armes volées", a ajouté le communiqué.

Fin février, le ministère de l'Intérieur avait fait état de "la perte d'armes et de munitions" lors d'"actes de pillage et d'incendie (...) ayant visé des postes et des districts de la sécurité et de la garde nationales", et invité "les citoyens qui trouvent ces armes à les remettre" aux autorités. Sur les quelque 2.000 personnes arrêtées entre le 1er février et le 5 mars, figurent aussi "276 prisonniers évadés, 700 auteurs de vol, de pillage et de destruction, 260 délinquants ayant terrorisé des citoyens et 70 autres pour avoir allumé des incendies et endommagé des biens".

Ce bilan a été publié alors que le calme est revenu ce week-end dans la capitale après l'annonce par les autorités intérimaires de l'élection en juillet d'une Assemblée constituante, principale revendication de l'opposition. Par ailleurs, les forces de sécurité et l'armée recherchaient 16 prisonniers qui se sont évadés vendredi soir de la prison de Borj Erroumi, à Bizerte (nord), après avoir percé un trou dans le mur d'enceinte de ce pénitencier très sécurisé, a indiqué une source des services de sécurité, citée par l'agence officielle TAP.

Des évasions massives des prisons tunisiennes avaient eu lieu pendant les émeutes durement réprimées qui ont conduit le 14 janvier à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali après 23 ans de pouvoir absolu.

Tunisie : report de la conférence internationale sur l'après-Ben Ali

Initialement prévue en mars, la conférence est reportée de quelques mois.

La conférence internationale sur les réformes politiques et économiques en Tunisie prévue en mars a été reportée de "deux ou trois mois", a annoncé dimanche 6 mars à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères tunisien.

"Cette conférence n'est pas annulée mais reportée pour bien la préparer", a déclaré à l'AFP  Mohamed Ben Ezzedine. Selon une source informée, le chef de la diplomatie tunisienne, Mouldi Kéfi, a annoncé ce report lors d'un entretien le 3 mars à Tunis avec la Commissaire européenne Kristalina Georgieva, chargée de la coopération internationale, de l'aide humanitaire et de la réaction aux crises.
Le 10 février, le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi, qui a depuis démissionné, avait indiqué par téléphone à la chancelière allemande Angela Merkel que Tunis allait "bientôt" organiser une conférence internationale à Carthage (près de Tunis), pour préparer l'après-Ben Ali, le président tunisien qui a fui le pays le 14 janvier dernier.

L'UE soutient activement l'organisation d'une conférence internationale

Quatre jours plus tard, le chef de la diplomatie européenne, Catherine Asthon, de passage à Tunis, confirmait la tenue de cette conférence et avait annoncé le soutien de l'UE à celle-ci.  "L'UE aidera activement à l'organisation de la conférence internationale que les Tunisiens souhaitent organiser en mars", avait-elle dit.
La chancelière allemande Angela Merkel avait indiqué quelques jours auparavant que son gouvernement était "prêt à participer à une conférence bien préparée". La France, ancienne puissance coloniale, avait dit de son côté qu'elle y prendrait "naturellement toute sa part".

Un Libyen accueilli en Tunisie sauve en retour deux Tunisiens bloqués à Tripoli


RAS JDIR — Témoin d'un massacre, menacé de mort, Mouftah Mouznagui a été accueilli à bras ouverts en Tunisie après avoir fui Tripoli avec sa famille. Il y est quand même retourné sauver quelques affaires et, reconnaissant, il a même ramené deux Tunisiens avec lui.
Venu prêter main-forte aux bénévoles mobilisés au poste-frontière de Ras Jdir, où continuent d'affluer les réfugiés fuyant la Libye, cet ingénieur en informatique raconte dimanche son histoire, des sanglots dans la voix.
"Je vivais à Tripoli. Il y a dix jours, des militaires libyens et des Noirs sont entrés dans la maison de mon voisin et ont ouvert le feu, ils ont tué des gens", explique l'homme aux traits burinés, encore choqué.
Il décide immédiatement de quitter le pays avec sa femme et ses quatre enfants. En laissant tout derrière lui. "J'avais peur pour ma vie".
"J'ai conduit longtemps. On est passés par Zawiyah, il y avait des combats", poursuit-il.
"Quand je suis arrivé en Tunisie, les gens d'ici nous ont offert l'hospitalité. On a été accueillis par une famille tunisienne, qui nous nourrit et nous loge", dit-il, en levant les mains au ciel pour remercier Dieu de cette rencontre.
Quatre jours plus tard, malgré le danger, Mouftah décide de repartir à Tripoli pour ramener quelques affaires.
"Après Zawiyah, il y avait des check-points de militaires et de policiers tous les 500 mètres", décrit-il.
En route, il rencontre un Tunisien qui le supplie d'entrer en contact avec son fils, détenu à Tripoli, et de le ramener au pays.
Sans hésiter, le Libyen accepte. Par gratitude envers un peuple qui l'a sauvé.
Non sans peine, il retrouve l'homme et son oncle qui viennent de sortir de prison et les prend sous son aile. Direction la frontière.
Contactée par l'AFP au téléphone, la soeur du jeune Tunisien aidé par Mouftah a confirmé le récit, sous couvert d'anonymat.
Son frère et son oncle, propriétaires d'un restaurant à Tripoli, ont été arrêtés par l'armée libyenne alors qu'ils se dirigeaient vers la frontière tunisienne, avant d'être "envoyés dans une prison de Tripoli avec 78 autres personnes de différentes nationalités, essentiellement des Egyptiens et des Tunisiens", a-t-elle précisé.
En prison, "on les a forcés à poser pour une photo avec des armes pour dire qu'ils étaient d'Al Qaïda, avant de les libérer en leur disant de quitter le pays", raconte Mouftah. Un fait confirmé par la soeur du Tunisien.
Sur la route du retour, "aux check-points, les militaires voulaient que les Tunisiens sortent de la voiture, ils voulaient les emmener avec eux", raconte Mouftah, qui parvient malgré tout à les protéger en parlementant inlassablement avec les forces de l'ordre.
"J'ai dit aux Tunisiens: je donnerai ma vie s'il le faut, mais je vous ramène", raconte-t-il les larmes aux yeux.
Les trois hommes franchiront la frontière sains et saufs le 28 février.
Sortant de la petite foule attentive qui fait cercle autour de lui, un Tunisien anonyme s'avance, l'embrasse sur la joue, l'étreint pour le remercier et le réconforter.
Aujourd'hui, Mouftah a tiré un trait sur la Libye. Il va demander l'asile politique.
"Ce qui se passe, ça me fait mal pour mon pays. On n'a pas d'armes, on veut seulement qu'il parte", souffle-t-il. "Il", c'est le colonel Mouammar Kadhafi.

Retour à Redeyef, creuset de la révolution tunisienne

Redeyef, envoyée spéciale - La machine à écrire calcinée gît sur le trottoir, lançant ses bras tordus vers le ciel. Elle n'a pas bougé depuis un mois, devant le commissariat où elle remplissait son office – jusqu'au jour de la révolution tunisienne, le 14 janvier. Il n'y avait pas d'ordinateur chez les flics de Redeyef. Aujourd'hui, il n'y a même plus de policiers. Dans les bureaux abandonnés, où la fumée a noirci les mosaïques, flotte encore une odeur âcre. Au-dessus du comptoir, quelqu'un a écrit : "Vous êtes partis, sales chiens."

Le commissariat est le seul bâtiment que les acteurs de la "révolution du jasmin" ont saccagé à Redeyef, 30 000 habitants, la principale ville du bassin minier de Gafsa. Il était vide. Les policiers sont partis sans demander leur reste. C'est dans ce bourg qu'ont commencé, en janvier 2008, des émeutes contre la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG), prélude d'un long mouvement social. Le plus dur depuis les émeutes du pain, en 1984.
La répression du régime Ben Ali a été impitoyable : trois morts, des centaines d'arrestations, des semaines de procès fleuve à Gafsa, siège du gouvernorat, soldées par de lourdes peines de prison ferme, au mois de décembre suivant. Des avocats étaient venus de toute la Tunisie. Un an de révolte, dont le feu ne demandait qu'à se rallumer. A Redeyef, cœur de la contestation, chacun porte la conviction que la révolution tunisienne a commencé ici…
Il n'y a que quelques centaines de mètres à faire pour trouver l'usine de phosphate. Un enchevêtrement gigantesque de passerelles, de pompes, de trémies qui tourne vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L'architecture du bâtiment administratif date de la grande époque des colonies. C'est d'ailleurs un Français qui a découvert le premier gisement, en 1885. Aujourd'hui, ils sont presque tous exploités à ciel ouvert, comme celui situé à 20 kilomètres de Redeyef. Un site lunaire et grandiose au bord du Sahara, où dansent les excavatrices. De cet or brun, recouvert d'une poussière blanche, on fait des engrais, des lessives, des briques et même des cosmétiques… On découvre à présent qu'ils sont la cause principale des "marées vertes", les algues tueuses.

En tout cas, ce n'est pas aux habitants de Redeyef qu'il faut raconter des histoires sur la lutte des classes. En 1937, les autorités du protectorat français réprimaient déjà très durement une grève des mineurs : 17 morts. La philosophe Simone Weil s'en était émue avec une ironie cinglante, en plein Front populaire, dans un texte intitulé "Le sang coule en Tunisie". Malgré l'effroi que lui inspirait la perspective d'une guerre, celle-ci pourrait, écrivait-elle en mars 1937, "servir de signal à la grande revanche des peuples coloniaux pour punir notre insouciance, notre indifférence et notre cruauté".
La cruauté, c'est avec les policiers tunisiens que Hafnaoui Ben Othman l'a découverte. Titulaire d'une maîtrise de lettres et de civilisation arabe à l'université de Kairouan, il ne travaillait pas pour la CPG, principale pourvoyeuse d'emplois de la région. Mais en tant que militant politique et syndical (d'abord à l'Union générale des étudiants de Tunisie, puis à l'Union générale tunisienne du travail, UGTT), il ne pouvait qu'être solidaire de la révolte des mineurs.
L'étincelle est venue d'un concours d'embauche au début de l'année 2008 – une offre rare, dans un marché du travail déprimé. Les départs à la retraite non remplacés, la mécanisation croissante du travail, s'étaient ajoutés au marasme créé par la fin progressive de l'embargo contre la Libye. Car, jusqu'aux années 2000, le contournement de cet interdit avait créé un commerce parallèle dans le Sud tunisien. Mille candidats s'étaient rués sur les 80 postes.
A l'annonce des résultats, Redeyef et les trois autres villes minières du bassin – Moularès, Al-Mdilla, Metlaoui – s'étaient embrasées : les notables de la région et les proches du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), s'étaient réparti les postes. Un exemple parmi d'autres de la corruption, du favoritisme et du népotisme de règle sous Ben Ali.
VIOLENCES POLICIÈRES
Alors, oui, Hafnaoui avait été de toutes les manifestations. D'autant qu'avec son diplôme il n'avait pu qu'ouvrir un petit commerce de nettoyage. Ecarté du Capes pour raisons politiques, il n'a jamais pu enseigner. Les arrestations ont commencé le 14 juin. Auparavant, 10 000 policiers s'étaient déployés dans la ville, se livrant sans vergogne à diverses exactions et au pillage. "Ils ont cassé toutes les boutiques, volé les marchandises, les cartes de téléphone, les vêtements, le tabac, cassé les frigos, les vitrines, pris l'argent", raconte dans le désordre Hafnaoui.
Cet homme de 37 ans dévide ensuite d'un ton neutre les tortures dont il a été victime. Assis dans la boutique de jeans de son frère, Mohamed, ouverte sur la rue, il jette sans cesse un coup d'œil au-dehors, où se promènent des jeunes gens en charentaises (les baskets sont trop chères). "La police politique m'a arrêté entre Sidi Bouzid et Gafsa. Elle connaissait tous mes mouvements car mon téléphone était sur écoute", commence-t-il. Emmené à la gendarmerie de Gafsa, il a été dévêtu, pendu par les bras, roué de coups, électrocuté, pendant six jours, avant d'aller en prison.
"Ils ont écrit des rapports complètement faux, que j'ai été obligé de signer. Le juge a vu les traces sur moi. Il n'a rien dit", poursuit-il. Lors du premier jugement, il prend dix ans ferme pour… terrorisme. Il y aura 360 condamnés au total dans les quatre villes minières, dont 160 rien qu'à Redeyef. Grâce à une mobilisation au-delà de la Tunisie, les peines ont été diminuées. Mais Hafnaoui a tout de même fait un an et demi de prison dans des conditions très dures, baladé d'un établissement pénitentiaire à un autre pour punir aussi sa famille. Son frère glisse : "Chaque fois que je venais, ils vidaient le parloir et ils écoutaient tout. Je ne savais pas quoi dire." Leur père décède le 10 décembre 2008. Hafnaoui n'est pas autorisé à se rendre à l'enterrement, comme la loi le permet pourtant aux détenus.
Sous la pression de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, des avocats, des politiques de la gauche internationale et en particulier française, la plupart des prisonniers du bassin minier sont enfin libérés en novembre 2009. "Mais tout le monde a galéré, témoigne l'ancien prisonnier. Les enseignants n'ont pas été réintégrés, les chômeurs n'ont pas obtenu de passeport." Combien de familles ont été brisées dans cette Tunisie à mille lieues de la démocratie ?
Pourtant, il n'y a pas eu de violence à Redeyef pendant la "révolution du jasmin". L'UGTT a pris soin d'éviter les débordements. Le local du RCD, l'ex-parti au pouvoir, s'est vidé de ses occupants, mais demeure intact. Tout juste voit-on sur certains murs de la ville le graffiti qui a couru comme un impératif d'une révolution arabe à l'autre : "RCD dégage !" Seul le destinataire est interchangeable.

CÉLÉBRITÉ SYNDICALE
"Il n'y a aucun intérêt à vandaliser. C'est à nous tout cela, depuis le départ de Ben Ali", affirme Adnane Hajji d'une voix basse, un peu lasse. Le charismatique leader de l'UGTT a porté à bout de bras le mouvement, haranguant la foule tous les dimanches depuis le local du syndicat. C'était déjà lui le meneur de la révolte de 2008. Il est célèbre dans toute la région et même au-delà. Le gouvernement provisoire lui a proposé d'être secrétaire d'Etat. Il a refusé.


"Le chemin n'est pas encore trouvé pour encadrer la révolution. Les partis politiques sont faibles. La gauche est faible. L'UGTT ne suffit pas. La position du bureau exécutif n'est pas stable", explique-t-il. Lui aussi a été emprisonné, harcelé. C'est un homme de haute stature, habitué à vivre comme un opposant dans une dictature. La porte de son bureau, gardé par un colosse à moustache, n'a pas de poignée : elle n'ouvre qu'avec une clé, ou de l'intérieur. Sa maison personnelle est surveillée jour et nuit.
Sur les murs de la modeste pièce de travail, les figures tutélaires du syndicalisme ouvrier : Farhat Hached, assassiné en 1952 par La main rouge, groupe armé français qui opérait en Afrique du Nord, en particulier contre les indépendantistes ; Ahmed Tlili, personnalité du nationalisme tunisien, grand défenseur des ouvriers du bassin minier, dont Hajji pense qu'il a été empoisonné par Bourguiba ;  Mohamed Ali El Hammi, fondateur du syndicalisme en Tunisie, poursuivi par les autorités françaises et mort en 1928 dans un mystérieux accident de la route…
Quand il a ouvert la porte, son portable s'est mis à sonner sur l'air de "Hasta siempre comandante Che Guevara ...". La coïncidence pouvait faire sourire. Puis il s'est assis et a commencé à raconter : sa femme, tellement épuisée par les voyages incessants dans les différentes prisons où il séjournait et par les tracasseries de la police, qu'elle en a perdu le rein qu'il lui avait donné, par une greffe, en 2001 ; elle est sous hémodialyse.
Il a raconté cette région déshéritée, dont ni Bourguiba ni Ben Ali ne se sont préoccupés alors que s'érodait à l'œil nu la manne du phosphate. Il a décrit la mainmise de la Compagnie des phosphates de Gafsa sur les terres, la spéculation, la corruption, la délation. Les plans de sauvegarde toujours annoncés et jamais appliqués. Il a dit son espoir d'une union entre ce qu'il reste de partis démocratiques en Tunisie : "Il faut qu'ils trouvent un terrain favorable pour travailler ensemble. C'est le moment. Il risque de passer."

DÉSERTION POLITIQUE
La situation revêt un caractère presque cocasse à Redeyef. La mairie est déserte, l'élu se terre chez lui. Lorsque les habitants ont besoin d'un papier administratif, dans cette ville sans forces de l'ordre ni élus depuis le 14 janvier, ils viennent sonner à sa porte. C'est sa femme qui ouvre. Elle prend le document et le rend signé un peu plus tard.
Abdelnasser Bouhali, 40 ans, traîne en survêtement et il a oublié de se raser. Il sait qu'il ne terminera pas son troisième mandat, commencé en mai 2010. "Je ne vais plus à la mairie. Les gens veulent d'autres dirigeants", dit-il, l'air vague. Ce médecin, qui est aussi sénateur, rapporte que la délégation (équivalent de la sous-préfecture) est vide et que tous les gouverneurs ont été changés. "Moi aussi je suis pour le changement, pour la nouvelle Tunisie, pour la liberté", s'enhardit-il. Il répète au moins trois fois, mécaniquement : "Hommage aux martyrs de la révolution !"
Le hic, ce sont ses administrés : ils savent tous qu'il travaillait avec la police politique, qu'il balançait des noms. Au moment des grandes manifestations à Redeyef, il avait déjà eu chaud. Monsieur le maire s'était réfugié dans un taxiphone, priant le commerçant de barricader sa porte. Ce dernier se fait un plaisir de raconter l'anecdote. Les voisins rigolent.
Hier membre du RCD, fort de deux mandats, il devient pathétique, quand il mendie : "Je veux vivre ici, je ne serai qu'un médecin." Son français s'embrouille, il parle mieux l'anglais, la langue de ses études, à Bagdad. Comme beaucoup de médecins, d'ingénieurs, de professeurs, il a étudié en Irak, dans les années 1980 –Saddam Hussein était un modèle. Redeyef et Kasserine sont connues pour être des villes idéologiquement liées au parti Baas. "Là-bas, justifie-t-il, ils disaient que les Arabes doivent aider les Arabes."
Il accepte une photo à condition de se changer. Il revient avec une veste et une cravate, mais toujours son bas de survêtement. Monsieur le maire demande qu'on le cadre en haut. Son inconscient vestimentaire parle pour lui. Il marmonne, travaillé par son passé et surtout son avenir : "Dans toutes les personnes, il y a du bon et du mauvais."
Le 17 mars, l'intérim du président Foued Mebazaa, autorisé à gouverner par décrets, est censé prendre fin. Selon l'article 57 de la Constitution, il a deux mois pour organiser des élections législatives – alors que le premier ministre par intérim Mohammed Ghannouchi a jeté l'éponge le 27 février. Adnane Hajji souligne l'urgence de la situation : "Nous demandons une Assemblée constituante pour que cette révolution arrive à ses fins. Elle est fragile et menacée", soutient-il. Il juge très dangereuse l'absence totale d'Etat, la quasi-disparition des services communaux, assurés tant que bien que mal par les citoyens.
Hafnaoui Ben Othman  renchérit, de son côté : "On essayait depuis 2008 de déclencher cette révolution. Nous sommes très contents qu'elle ait enfin réussi et nous en avons été la pierre angulaire. Mais elle est loin d'avoir abouti."

UNE LIBERTÉ TOUTE NEUVE
Sur ses cinq doigts, il énumère les objectifs à atteindre : éliminer la corruption, juger les policiers qui ont torturé et tué, pousser la CPG à créer des emplois, dégager le RCD, rendre la justice indépendante. Ah, il en a oublié un sixième, qu'il s'empresse d'énoncer en souriant : "La liberté d'expression et des médias." Cette liberté toute neuve, encore fragile, dont chacun s'émerveille chaque jour.
Pour Ridha Raddoaui, avocat à Gafsa et défenseur des grévistes de 2008, elle n'a pas de prix. Le 6 janvier encore, le procureur avait donné ses ordres à la police, venue déchirer les robes des avocats tandis que des femmes avocates étaient molestées. Dans Gafsa, le déploiement de policiers et de militaires en armes reste impressionnant. Impossible de franchir la ligne de barbelés. Il faut faire le grand tour pour parvenir jusqu'aux avocats rassemblés pour se rendre à une manifestation à Kasserine. Et lorsque l'on demande où se situe le tribunal, le militaire répond sans ciller… qu'il n'y en a pas à Gafsa !
 
Jusqu'au 14 janvier, un policier suivait chaque jour, partout, Me Raddaoui. "Il assistait même à mes plaidoiries. Et parfois il me disait : 'C'était formidable !' J'étais son boulot..." Maintenant, quand il le croise, le policier s'enfuit. Pour l'avocat, sans les procès de Gafsa, sans la grève des mineurs et de toute une population entrée en résistance, le 14 janvier aurait peut-être été un jour comme tous les autres dans la dictature de Ben Ali. "Mais le bassin minier a forgé le smic politique de la révolution."
Voilà dix-huit mois, parmi les commentaires laissés sur les vidéos des manifestations de Redeyef, encore visibles sur Dailymotion, on pouvait lire ce post : "Dehors Ben Ali ! Après la marche, il faut passer à la révolution." Prémonitoire. Et insuffisant.

A bord du Mistral gagnant la Tunisie

REPORTAGE - Une opération impliquant plus de 900 militaires français en route vers la frontière libyo-tunisienne...

Il est 14h40 samedi quand les 21.000 tonnes du Mistral quittent lentement le quai du port de Toulon (Var). Direction: Zarzis, un port tunisien, à quelques kilomètres de la frontière libyenne. C’est là que le bâtiment de projection et de commandement (BPC) français doit arriver lundi matin pour amener du fret humanitaire (nourriture, couvertures, produits sanitaires…) mais aussi récupérer des réfugiés égyptiens ayant fui les combats en Libye. Aucun militaire ne se risque à donner de chiffres sur leur nombre mais «le maximum sera de 800 à 900 personnes». Le Mistral les acheminera ensuite jusqu’à Alexandrie. «La sélection des réfugiés sera faite par les autorités tunisiennes», précise Xavier Moreau, commandant du vaisseau. Les critères ne sont donc pas précisés.
Le plus grand hôpital flottant européen
A bord, c’est l’effervescence parmi les 670 militaires qui participent à l’opération qui n’a pas encore de nom. Réception des palettes, montage des latrines pour les réfugiés dans un vaste espace où seront installés leurs lits de camp, stockage d’aliments sans porc dans les cuisines. Une équipe médicale d’une trentaine de personne se tient prête. Car avec 69 lits et deux blocs opératoires, le Mistral représente, selon l’armée, le plus grand hôpital flottant européen, l’équivalent d’un hôpital d’une ville de 25.000 habitants. «On peut tout faire, de la bobologie à des opérations chirurgicales lourdes», indique un officier. Y compris des soins psychiques avec la présence d’un psychologue et d’un aumônier musulman. «On ne sait pas encore quels pathologies on va trouver, explique Loïc Lemesle, médecin en chef. «On peut avoir des blessures par balles comme des traumatismes simples. Il faudra sans doute prévoir des soins pédiatriques et gériatriques.»
Au côté du Mistral, la frégate Georges Leygues avec 250 autres militaires à bord. De quoi sécuriser le bateau. Lequel prendra bien soin d’éviter largement les côtes libyennes lorsqu’il mettra le cap sur Alexandrie.


Les affrontement à Zawiya poussent à la fuite des milliers d‘étrangers





Des centaines de réfugiés continuent de fuir chaque jour la Libye par la frontière tunisienne. Ils sont Égyptiens, Tunisiens, Vietnamiens, Bangladais ou Somaliens… Ces hommes et femmes, qui travaillaient en Libye, ont parfois marché des heures pour atteindre la ville frontière de Ras Jedir.
Beaucoup d’entre eux viennent de Zawiya où ils disent avoir vécu un véritable enfer. A leur arrivée de l’autre côté de la frontière, ils expriment leur soulagement. « On a eu peur qu’il utilisent des armes chimiques contre nous, explique un réfugié somalien. Les magasins de Zawiya sont fermés. Il n’y avait rien à manger là bas. C’est pour cela qu’on a décidé de partir. Dieu merci, on est en Tunisie maintenant ». Un réfugié bangladais raconte qu’il y a eu de violents combats à Zawiya. Il est encore sous le choc.
Pour ces réfugiés, l’avenir est incertain. La plupart ont tout perdu en Libye, leur travail mais aussi leurs biens. Beaucoup se dirigent vers le camp de réfugiés de Choucha, d’autres vers Djerba où ils espèrent être rapatriés dans leur pays.
Notre correspondant à Ras Jedir, Jamel Ezzedini, affirme qu‘«une nouvelle vague de réfugiés traverse la frontière tunisienne. Les affrontements, qui font rage actuellement dans la ville de Zawiya, risquent d’accélérer la fuite de milliers d‘étrangers qui travaillent et résident en Libye ».

Le calvaire des réfugiés de Libye

Par dizaines de milliers, des fuyards de toutes nationalités qui travaillaient en Libye ont afflué vers la frontière tunisienne, dans l’attente d’un rapatriement vers l’Egypte, le Bangladesh, la Côte d’Ivoire…

Couvertures dans un sac en plastique sur la tête, baluchons à la main, faces creusées par la fatigue et la peur, ils marchent d’un pas lent dans la poussière, en une file interminable. Selon le HCR (Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés), depuis le 20 février, ils sont près de 100000 à avoir franchi la frontière entre la Libye et la Tunisie, fuyant les violences. 
Soixante mille seraient encore bloqués du côté libyen, où des militaires les empêchent de passer. Mansour, Egyptien de 35 ans, attend sagement de monter dans le car jaune qui va le conduire directement à l’aéroport de Djerba, direction Le Caire, puis un petit village de la vallée du Nil « où l’attendent ses trois enfants. »  

Ils étaient partis en Libye pour fuir la misère
A perte de vue, sur une terre jaune presque sans arbres, un gigantesque amoncellement de détritus et d’ordures et des hommes hagards couchés à même le sol, les plus chanceux réfugiés sous les tentes blanches de l’ONU. Depuis une cahute, un barbu, au visage protégé par un masque de tissu, distribue des morceaux de pain et des plats de riz. Des mains calleuses s’en saisissent avec une avidité craintive. Des bouteilles d’eau pour se laver, pas de toilettes ni de latrines : l’odeur, par endroits, est insoutenable. Ces êtres apeurés viennent des régions les plus déshéritées du monde, et étaient venus en Libye pour fuir la misère. Chassés par le chaos, ils se retrouvent dans ce no man’s land brûlant le jour, glacé la nuit. Sans le moindre espoir.
Les plus chanceux sont sans doute ces 35000 Egyptiens dont l’évacuation a été prise en main par leur gouvernement qui a envoyé trois gros-porteurs pour les rapatrier.
Alassane, un gigantesque Ivoirien de 25 ans, « employé dans la construction », a « cru plusieurs fois être tué en chemin. » « Je suis tombé sur des rebelles. Ils ont cru que j’étais un mercenaire de Kadhafi. Ça a été difficile de leur expliquer! » Le jeune homme explique qu’il a « de la famille en France. » « Je sors de l’enfer, murmure-t-il. Et, dans mon pays, ça va très mal. On sait jamais, si je peux traverser la mer vers l’Europe… » Igbel Bramonbarha, 35 ans, père d’un enfant qu’il a laissé au Bangladesh, éboueur à Tripoli, avait payé « 4000 $ un intermédiaire » pour venir travailler dans la capitale libyenne. Il y est resté quatre ans. Il y a dix jours, l’entreprise qui l’employait a mis la clé sous la porte. « Saïd, le contremaître, m’a rendu mon passeport mais il ne m’a pas payé mon dernier salaire. On nous a fait monter dans des camions. Sur la route, nous avons été attaqués par des hommes armés de couteaux. Ils nous ont tout pris, argent, téléphones… Comment vais-je rentrer chez moi? » Un diplomate bangladais est arrivé jeudi, avec pour tâche de faire rentrer chez eux, à 17000 km de là, ses 13000 compatriotes déjà sur le sol tunisien, alors que 60000 sont restés en Libye. Igbel rejoint la longue colonne qui va devoir marcher jusqu’au camp de transit de Choucha, à 7 km de là. « Ils sont à bout, mais on ne peut pas faire autrement, s’excuse un chauffeur de bus. Nous sommes mobilisés, avec nos véhicules, pour l’aéroport de Djerba. »

Le camp de Choucha, première étape des travailleurs étrangers fuyant la Libye

Le camp de Choucha, à sept kilomètres de la frontière libyenne, accueille depuis douze jours les travailleurs étrangers fuyant l'ouest de la Libye. Ils sont désormais près de 15 000 à y vivre en attendant de rentrer chez eux.
Qu'ils soient Tunisiens, Bangladais, Marocains ou Nigérians, tous racontent la même histoire. Ils ont fui précipitamment le spectre de la guerre civile en Libye pour se réfugier en Tunisie, mettant brutalement fin à une existence laborieuse qui leur permettait tant bien que mal de faire vivre leurs familles restées au pays. Galvanisés par leur propre révolution, des Tunisiens, jeunes comme vieux, affluent depuis plus d'une semaine, au camp de Choucha pour accueillir les réfugiés et leur venir en aide.
Pourtant, le contraste est grand entre les Égyptiens, pour lesquels les autorités se sont moblisées afin d'assurer leur rapatriement, et les Bangladais, dont le gouvernement peine à assurer leur prise en charge. Et personne ne sait combien de leurs compatriotes attendent de passer la frontière.