Suite aux propos, qu’il a jugés diffamatoires, livrés par les avocats de Abderrahim Zouari, le parti Afek Tounes réagit avec virulence à ces déclarations tenus à l’occasion d’une conférence de presse organisée par lesdits avocats.
Bref, sans chercher donc à défendre Afek Tounes ni son leader, ce scénario hollywoodien organisé par les avocats de l’un des « symbole bien connu de l'ancien régime et de l'appareil du RCD qui a gangréné le pays, l’économie et la société », comme le décrit le communiqué publié à l’occasion par le parti politique, ne peut en effet représenter autre chose que « une opération de diversion visant à tromper l'opinion publique et une stratégie de défense appartenant à la politique de mensonge de l'ancien régime et de son bras, l'appareil RCD ».
De quoi alerter justement les citoyens « sur les dangers du retour en force constaté du système RCD et des forces contre-révolutionnaires alliées au RCD », comme le souligne Afek Tounes qui rappelle que « ce retour en force a été encouragé par les problèmes et lenteurs de la justice à l'encontre des symboles de corruption de l'ancien régime ».
Partant du principe que la construction de la démocratie passe obligatoirement par l'établissement d'une justice intègre et indépendante du pouvoir exécutif et que la démocratie naissante en Tunisie ne peut s'installer que si on rompt définitivement avec les pratiques de l'ancien système en traduisant en justice ses symboles notoires, Afek Tounes appelle ainsi au nettoyage du système judiciaire des juges corrompus et de ceux qui sont responsables de condamnation d'innocents. Il appelle également à la poursuite de tous les responsables de l'ancien régime impliqués dans des affaires de corruption et d'abus de bien publics.
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lundi 15 août 2011
Manifestations et heurts avec la police en Tunisie
La Tunisie a vécu une journée de colère, lundi 15 août, contre le gouvernement provisoire de Béji Caïd Essebsi, entre marche syndicale autorisée et manifestation dispersée à coups de gaz lacrymogènes par la police dans le centre de la capitale. Une troisième manifestation s'est déroulée sans incident devant le palais de justice, non loin de la casbah, qui avait abrité de longs sit-in dans la foulée de la chute du régime de Ben Ali, le 14 janvier.
Quels que soient l'endroit ou l'appartenance, les protestataires ont exprimé leur colère contre les autorités de transition, certains appelant à la chute du gouvernement de Béji Caïd Essebsi.
La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation au cœur de Tunis et a chargé des manifestants qui tentaient de se regrouper sur l'avenue de Carthage, dans le centre de la capitale, dans l'après-midi. Le porte-parole du ministère de l'intérieur a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) que la police avait chargé "lorsqu'un des manifestants a jeté une bombe lacrymogène dans sa direction".
Les premiers protestataires, qui avaient commencé à se rassembler en fin de matinée sur l'artère centrale Habib-Bourguiba, ont été empêchés de progresser vers le ministère de l'intérieur, une dizaine de blindés de la police en barrant l'accès.
Des colonnes de fumée s'élevaient de la place Ibn-Khaldoun, devant la cathédrale, jusqu'à la porte de France, à l'entrée de la médina, alors que des manifestants criaient "Nouvelle révolution", "Ministère de l'intérieur terroriste", "Le peuple veut la chute du système", "Fidèles à l'âme de nos martyrs". Repoussés sur la place d'accès à la médina, des jeunes manifestants se sont heurtés à la police, lui jetant toutes sortes de projectiles. Des commerçants et marchands ambulants pris par surprise ont déserté dans la panique.
Au même moment, la marche de protestation autorisée rassemblait sans incident deux mille Tunisiens, selon la police, à l'appel de l'Union générale tunisienne de travail (UGTT, unique centrale syndicale sous Ben Ali) sous le slogan : "Fidèles aux âmes des martyrs et pour la réalisation des objectifs de la révolution."
Défilant sur l'artère Mohamed-V, périphérique du centre, et encadrés par un important dispositif policier, les protestataires ont crié "Indépendance à la justice", "Purge des magistrats et avocats corrompus", "Tunisie libre, les voleurs dehors", "Le peuple veut le départ du gouvernement" ou encore "Le peuple ne doit plus être humilié", dénonçant le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi et le cherté du coût de la vie en plein ramadan.
Des représentants du parti islamiste Ennahda et d'autres formations politiques ont participé à cette marche de l'UGTT, y compris d'anciens membres du gouvernement de transition. "Il est capital que la magistrature soit indépendante, nous devons résoudre nos problèmes pour réussir l'élection" d'une constituante le 23 octobre, a déclaré à l'AFP l'ancien ministre des transports, Yassine Brahim, qui a intégré un nouveau parti politique.
"Militons pour une égalité réelle entre l'homme et la femme", "Peuple révolte-toi contre les résidus de l'ancien régime", "Economie nationale au service du peuple", pouvait-on lire sur des banderoles blanc et rouge, les couleurs nationales.
Tunisie – ISIE : un taux d’inscriptions de 52%
Les inscriptions sur les listes électorales pour la Constituante ont pris fin dimanche 14 août à 16h, avec 3.882.727 millions d'inscriptions, soit environ 52% d’électeurs potentiels. D’après les dernières statistiques de la Haute instance indépendante pour les élections, le plus grand nombre d'inscrits se trouvent successivement à Ben Arous (234 804), Sousse (227 771) Tunis 2 (225 734) et Sfax 2 (209 451)
Cependant, 138.827 électeurs se sont inscrits à la Manouba, tandis qu’à Zaghouan, seulement 61.466 citoyens se sont dirigés vers les bureaux d’inscriptions.
L’ISIE a annoncé que l'opération d'inscription exceptionnelle démarre lundi et se poursuivra jusqu'au 12 octobre prochain.
A noter que l'inscription exceptionnelle concerne les militaires et les agents des forces de l'ordre intérieur qui ne sont plus en exercice.
Les jeunes ayant atteint l'âge de voter entre le 15 août et le 12 octobre prochain, sont concernés également par cette opération ainsi que les Tunisiens résidant à l'étranger se trouvant en Tunisie le jour du vote.
Cependant, 138.827 électeurs se sont inscrits à la Manouba, tandis qu’à Zaghouan, seulement 61.466 citoyens se sont dirigés vers les bureaux d’inscriptions.
L’ISIE a annoncé que l'opération d'inscription exceptionnelle démarre lundi et se poursuivra jusqu'au 12 octobre prochain.
A noter que l'inscription exceptionnelle concerne les militaires et les agents des forces de l'ordre intérieur qui ne sont plus en exercice.
Les jeunes ayant atteint l'âge de voter entre le 15 août et le 12 octobre prochain, sont concernés également par cette opération ainsi que les Tunisiens résidant à l'étranger se trouvant en Tunisie le jour du vote.
Tunisie : Ettakatol appelle à une marche pacifique
Le parti politique, Ettakatol vient d’appeler, dans un communiqué publié sur sa page « facebook », tous les Tunisiens et Tunisiennes à participer à une marche pacifiste organisée pour l'expression du rejet de certaines pratiques. Cette marche est organisée lundi 15 août 2011 à partir de 12 heures sur l’Avenue Mohammed V dans la capitale. Cet appel vient suite à la difficulté du « systéme judiciare » à ouvrir les dossiers chauds et juger les personnes impliquées dans l’assassinat de plusieurs centaines de martyrs entre le 17 décembre 2010 et le 14 Janvier 2011. Il s’agit également de tenir responsables ceux qui ont donné l'ordre de tirer sur les manifestants.
L’appel a été appuyé par la tendance à remettre au lendemain le jugement des symboles de la corruption qui ont sévi durant l’ère de Ben Ali en dilapidant l’argent du peuple et en utilisant leur influence pour se servir eux-mêmes et leurs maîtres.
Ettakattol a exprimé son étonnement à l’égard de la poursuite des tentatives de détourner le procès public de ces accusés dans des questions secondaires.
De ce fait, un appel au maintien de la vigilance et au soutien des efforts, afin de déjouer les tentatives des entités contre révolutionnaires de faire échouer la Révolution ou de se l’accaparer.
L’objectif de cette manifestation pacifique est d’assurer le succès de la transition démocratique et le maintien des élections pour l'Assemblée nationale constituante le 23 Octobre 2011, de réformer le système judiciaire et de le débarrasser de la corruption et des corrompus.
L’appel a été appuyé par la tendance à remettre au lendemain le jugement des symboles de la corruption qui ont sévi durant l’ère de Ben Ali en dilapidant l’argent du peuple et en utilisant leur influence pour se servir eux-mêmes et leurs maîtres.
Ettakattol a exprimé son étonnement à l’égard de la poursuite des tentatives de détourner le procès public de ces accusés dans des questions secondaires.
De ce fait, un appel au maintien de la vigilance et au soutien des efforts, afin de déjouer les tentatives des entités contre révolutionnaires de faire échouer la Révolution ou de se l’accaparer.
L’objectif de cette manifestation pacifique est d’assurer le succès de la transition démocratique et le maintien des élections pour l'Assemblée nationale constituante le 23 Octobre 2011, de réformer le système judiciaire et de le débarrasser de la corruption et des corrompus.
Tunisie : Ettakatol mobilise ses adhérents à Nabeul et Hammamet
Ettakatol ne cesse de sillonner villes et campagnes pour présenter son programme et toucher plus d’adhérents. C’est dans ce cadre que s’inscrit la visite du secrétaire général d’Ettakatol, Dr Mustapha Ben Jaafar, samedi et dimanche 13 et 14 août à Nabeul et à Hammamet. Dr Ben Jaafar a été chaleureusement accueilli tout au long de cet itinéraire. Le but de cette tournée, c’est d’avoir une vraie discussion, franche. Ecouter, parler. Ça tombe bien : dès la descente de sa voiture, Dr Ben Jaafar a commencé à discuter avec les citoyens à l’entrée du souk de Nabeul. Le secrétaire général d’Ettakatol aime bien être dans un contact direct avec les Tunisiens.
« Bonne fête à toutes les femmes à l’occasion du 13 août », dit-il en dialoguant avec certaines femmes. Plus loin, il fut abordé par les artisans. On parlait business et saison touristique. A l’entrée du marché municipal, dans un franc-parler politique habituel au leader politique d’Ettakatol, Dr Ben Jaafar a invité les citoyens à s’impliquer avec courage dans le processus du changement et à se rendre aux bureaux pour s’inscrire aux listes électorales.
« Bonne fête à toutes les femmes à l’occasion du 13 août », dit-il en dialoguant avec certaines femmes. Plus loin, il fut abordé par les artisans. On parlait business et saison touristique. A l’entrée du marché municipal, dans un franc-parler politique habituel au leader politique d’Ettakatol, Dr Ben Jaafar a invité les citoyens à s’impliquer avec courage dans le processus du changement et à se rendre aux bureaux pour s’inscrire aux listes électorales.

Il a souligné le fait que la Tunisie est à la veille d’un changement historique, dont le peuple reste le concepteur. Au marché municipal, Dr Ben Jaafar a causé avec les commerçants des légumes et des fruits. Partout où il passe, les doléances des populations sont les mêmes : « La cherté de la vie, la Constituante, les élections ».
Dimanche, une autre rencontre politique a été programmée à Hammamet où Dr Ben Jaafar a sillonné rues et artères de la ville. La mobilisation était au rendez-vous, ce qui témoigne de l’adhésion de la population aux valeurs défendues par ce parti : « Nous n’allons pas nous arrêter au Cap Bon. Nous visiterons également toutes les villes du pays pour leur apporter les mêmes messages », a rassuré Dr Ben Jaafar.
Tunisie. Manœuvres pré-électorales et désillusion de la population
Désaffection des électeurs, effritement de l’autorité du gouvernement, manœuvres des partis… l’ambiance n’incite pas à l’enthousiasme, mais les Tunisiens n’ont pas droit à l’échec.
Le faible taux des inscriptions aux listes électorales a surpris beaucoup d’observateurs. Une véritable alerte, symptomatique d’un état de lassitude extrême de la population, qui a fait planer des doutes sur la poursuite du processus politique de transition démocratique, en cours, et la réalisation des objectifs de la révolution.
La désaffection de Tunisiens
Les statistiques sont, en effet, alarmantes puisque et jusqu’au 30 juillet, à deux jours de la clôture de la campagne des inscriptions – initialement fixée pour le 2 août –, 23,5%, seulement, sur les 7,5 millions des électeurs tunisiens se sont inscrits pour le vote du 23 octobre. Un taux très faible qui tranche, d’une façon surprenante, avec d’autres chiffres, plutôt rassurants, d’une enquête réalisée par la Fondation internationale pour les systèmes électoraux (Ifes), durant la période fin mars-début avril, qui avait montré que près de 92% des personnes interrogées entendaient participer au vote – initialement prévu pour le 24 juillet – et 86%, d’entre elles, s’attendaient à des élections libres (36%) ou plutôt libres et transparentes (51%).
La population, qui semble à bout de patience, a donc, rapidement changé d’opinion, en l’espace des cinq derniers mois. Ses conditions de vie restent, en fait, encore difficiles et se sont même aggravées, ces derniers temps, avec une augmentation du taux du chômage de 13% à 19% et une hausse, libre, des prix de nombreuses denrées alimentaires.
La population, qui semble à bout de patience, a donc, rapidement changé d’opinion, en l’espace des cinq derniers mois. Ses conditions de vie restent, en fait, encore difficiles et se sont même aggravées, ces derniers temps, avec une augmentation du taux du chômage de 13% à 19% et une hausse, libre, des prix de nombreuses denrées alimentaires.
Le désintérêt manifesté par les Tunisiens pour les inscriptions sur les listes électorales a désorienté la l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) qui a fait preuve d’un manque de savoir-faire inquiétant et mis beaucoup du temps pour réagir. Son peu d’empressement, initial, à mobiliser la population et la convaincre de l’importance de l’opération, a laissé perplexe. Le gouvernement provisoire a du intervenir pour l’inciter à prolonger le délai, de douze jours supplémentaires et augmenter le nombre des bureaux d’inscription, tout en les rapprochant du citoyen, dans des zones isolées, d’accès difficile.
C’est la centrale syndicale, l’Union générale tunisienne du des travail (Ugtt), grand acteur de la scène politique avec quelques sociétés civiles et les représentants des deux principaux pôles politiques dans le pays, le Parti démocratique progressiste (Pdp), libéral, et le parti Ennahdha, conservateur, islamiste, accrédités des taux les plus élevés de vote, qui ont volé au secours de l’Isie, en se mobilisant pour inciter les habitants de leurs fiefs à s’inscrire aux listes électorales, allant jusqu’à faire le tour des commerçants, un-à-un et du porte-à-porte. Ces deux partis, avec d’autres moins importants, comme le Congrès pour la république (Cpr), semblent avoir vu juste, en exprimant, après le report du rendez-vous électoral du 24 juillet au 23 octobre, leurs craintes des risques d’une prolongation excessive de la période de transition et en soulignant la nécessité de mettre en place, rapidement, un gouvernement, légitime, capable de réaliser de profondes réformes et de prendre toutes les dispositions nécessaires pour améliorer la situation sociale et économique du pays. Mais le report des élections a été, de l’avis de la plupart des protagonistes, même ceux qui s’étaient opposés, avant de se raviser, à cette décision, une nécessité technique et une force majeure, qu’on ne pouvait contourner.
L’effritement de l’autorité du gouvernement La désaffection des Tunisiens pour tout le processus de transition, de plus en plus perceptible, est aussi un sérieux revers pour le gouvernement provisoire, qui semble avoir entamé, sérieusement, son capital de confiance auprès de la population. Il se retrouve dans une situation peu confortable, confronté, à la fois, au désenchantement de la rue, mécontente d’attendre un changement qui tarde à se réaliser, à la nécessité de tenir ses obligations d’organiser les élections de la constituante dans les meilleurs conditions, le 23 octobre, au milieu d’un marasme général et à l’animosité de nombreux courants politiques, qui, profitant de la mauvaise humeur de la rue, font monter la pression et critiquent sa gestion de la transition, l’accusant même d’agir en continuité avec l’ancien régime et de connivence avec ses anciens symboles.
L’effritement de l’autorité du gouvernement provisoire se poursuit dangereusement. Ses adversaires exploitent sa faiblesse chronique, ses contradictions et une série de ses bavures dont les dernières ont concerné l’appareil judiciaire. L’approche de l’échéance électorale semble, également, en cause, dans l’embrasement soudain de la scène politique et la poussée de fièvre, observée sur les réseaux sociaux.
Le paysage politique change à grande vitesse; une redistribution des cartes et une redéfinition des alliances semblent s’opérer, rapidement. On a assisté, ainsi, à une volte-face de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution qui a haussé, subitement, le ton. Ses membres sont montés au créneau pour dénoncer la libération, impromptue, de certains responsables, des plus emblématiques, de l’ancien régime. Ils ont décidé, à l’improviste, de changer leur fusil d’épaule et de reprendre leur rôle de gardien de la révolution, aux dépens de celui de législateur de la transition qu’ils avaient affectionné, jusqu’à présent. Ils se sont, ainsi, nettement démarqués du gouvernement provisoire et rapprochés de ses détracteurs, en particulier, le groupe des avocats libres et l’association des magistrats, très critiques sur l’assainissement, jugé insuffisant, de l’appareil judiciaire et la gestion, trop laxiste, des poursuites intentées contre les responsables de l’ancien régime.
Les partis à la manœuvre Certains partis de gauche, qui étaient, aussi, proches du gouvernement provisoire et son Premier ministre, ont décidé de changer de cap et de rejoindre les rangs de ses opposants, renchérissant sur son manque de vigueur dans la lutte contre la spéculation, l’augmentation du coût de la vie et le chômage. Les associations féminines ont élevé le plafond de leurs demandes et se ont réitéré, lors de la célébration de la journée de la femme, à haute voix leurs revendications, concernant en particulier l’égalité dans l’héritage, déjà formulées dans le passé mais d’une façon plus timide. Même le ministère de l’Intérieur semble vouloir s’affranchir du rôle de grand frère, du gouvernement provisoire. Il a réussi à jeter de nouveaux ponts d’amitié avec la population, en dévoilant, d’une façon très médiatisée, le rôle déterminant, joué par certains de ses cadres, héros des premières heures de la révolution, qui ont agi, rapidement, pour empêcher la fuite des membres de la famille, par alliance, de l’ancien président et organiser la cérémonie officielle, transmise à la télévision, qui annonça au peuple, la fuite du dictateur et la passation de ses pouvoirs au premier ministre de l’époque.
Le pôle moderniste et libéral, apparait de plus en plus nerveux à l’approche de l’épreuve des urnes, redoutant qu’il ne pâtisse des bavures commises sous le gouvernement provisoire actuel, son allié objectif. En effet, la tentation est grande dans la rue de lui imputer la responsabilité de l’inefficience de la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution et sa transformation en un forum anti islamiste qui a fait voler en éclats le consensus de départ, entre les différentes factions politiques, si important dans la réussite de tout processus de transition, après une dictature.
Les Tunisiens n’ont pas droit à l’échec Les Tunisiens en ne montrant pas beaucoup d’engouement pour la campagne des inscriptions sur les listes électorales ont voulu, sans doute, exprimer leur profonde déception et leur impatience face aux maigres progrès réalisés, jusqu’à maintenant, dans la voie d’un assainissement rapide de la vie politique et économique du pays et la mise en place d’un nouveau régime représentatif et démocratique, sous l’égide d’hommes politiques intègres et compétents, mus par une volonté sincère de servir le pays et le faire sortir de la grave crise actuelle, qu’il traverse. La désillusion de la population risque d’être exacerbée, dans les jours à venir, par une violente campagne de désinformation, de déploiement de linge sale, de fuites organisées de données compromettantes et de provocations, qui risque, dans le contexte actuel, d’engendrer une situation explosive, incontrôlable, très préjudiciable à l’organisation des prochaines élections dans des conditions sereines. Le gouvernement provisoire peut-être tenté, pour renforcer l’ordre et la loi, par la manière forte.
Les Tunisiens doivent faire preuve d’une grande maturité, de vigilance et de patience face à toutes les manipulations pré-électorales qui vont sans doute, se multiplier, à l’approche de la date du scrutin. Ils doivent refuser de suivre les appels des ennemis de la révolution qui rêvent de faire échouer le processus politique de transition démocratique et d’empêcher la tenue d’élections libres et transparentes. C’est de la réussite de leur première expérience démocratique dont dépend le sort de la démocratie en Egypte et dans les autres pays arabes qui ont suivi leur exemple et ont déclenché leur révolution. Les Tunisiens ne doivent pas lésiner sur un dernier effort pour pouvoir relever ce grand défi historique. Ils n’ont pas droit à l’échec. Ils doivent réussir.
La Tunisie, une démocratie entière dans 18 mois, selon The Guardian
La Tunisie a une chance raisonnable d'émerger en tant que démocratie entière dans les 18 mois à venir, telle est la conclusion majeure d’une enquête menée par le sérieux quotidien britannique « The Guardian » sur les perspectives politiques et économiques de la Tunisie à quelques semaines du scrutin du 23 octobre. Récit :
L'idée d'une révolution est intrinsèquement romantique et, après avoir vu les scènes de défiance qui s'est emparée de la Tunisie lors du renversement du président Ben Ali, j'avais hâte d'y retourner et d'observer comment les choses ont changé depuis ma visite dans ce pays, l'année dernière, déclare en préambule la journaliste du quotidien britannique.
A la faveur de mes conversations avec la nouvelle classe politique, ainsi que des citoyens ordinaires, j’ai eu la claire impression que la Tunisie fait face, pour la première fois, aux défis de la pratique de pluralisme réel.
L'aspect le plus encourageant est l'attitude de la population. Les Tunisiens cultivent un sens bien mérité de la fierté attachée à la révolution. Tout le monde semble politiquement engagé et désireux d'exprimer son opinion, même si la plupart des Tunisiens ne savent pas encore précisément ce qu'ils attendent d'un futur gouvernement.
L'aspect le plus encourageant est l'attitude de la population. Les Tunisiens cultivent un sens bien mérité de la fierté attachée à la révolution. Tout le monde semble politiquement engagé et désireux d'exprimer son opinion, même si la plupart des Tunisiens ne savent pas encore précisément ce qu'ils attendent d'un futur gouvernement.
Une saine culture de la contestation - même si parfois, elle est controversée – anime une constellation de jeunes militants et de groupes de la société civile. Ils ont contraint des vagues successives de membres de l’ancien régime à quitter le gouvernement, et continuent de faire pression sur les institutions provisoires pour qu’elles tiennent leurs promesses.
Il existe une voie claire pour aller de l'avant. Les élections pour une assemblée constituante sont prévues pour le 23 octobre. Il s’agira d’élaborer une nouvelle constitution d'ici un an, et les élections parlementaires et présidentielles pourraient se s’organiser ensuite sur la base des nouvelles règles.
En bref, le pays a une chance raisonnable d'émerger en tant que démocratie entière dans les 18 mois à venir. Mon impression est que la transition tunisienne pourrait bien réussir parce qu’il y a de claires indications de conserver la confiance d'une population vigilante alors que les institutions démocratiques sont en cours de construction.
Toutefois, ceux qui travaillent effectivement au sein du processus de transition regardent le pays comme étant «calme en surface uniquement". Malgré le soutien sans faille qu’ils apportent à la révolution, les politiciens impliqués dans la mise en œuvre de ses objectifs peinent à instaurer le pluralisme au sein d'une d'élite qui n'en a nulle expérience.
Avec plus de 80 partis politiques autorisés depuis Janvier, il y a eu une cacophonie de nouvelles voix politiques sur fond de campagnes de dénigrement. Presque toutes les grandes figures politiques ont déjà été discréditées d'une certaine manière, et de nombreux Tunisiens semblent désespérés au sujet de leurs choix politiques. On estime que 54% de la population restent indécis quant à savoir pour qui ils vont voter en octobre.
Plutôt que de s’employer à mettre fin au chaos, la plupart des partis politiques semble plus intéressée par les affrontements l'un contre l'autre, et ne sont pas en train de mettre en place un climat de confiance pour permettre le partage du pouvoir dans un éventuel gouvernement. Ceci a en partie favorisé la montée rapide d’Ennahda (Parti de la renaissance), naguère interdit, et qui est un mouvement islamiste modéré crédité des plus fortes intentions de vote à l'heure actuelle. Ennahda a un avantage sur ses concurrents en raison principalement de sa réputation comme le mouvement qui a toujours contesté à la fois Habib Bourguiba et Ben Ali.
Avec plus de 80 partis politiques autorisés depuis Janvier, il y a eu une cacophonie de nouvelles voix politiques sur fond de campagnes de dénigrement. Presque toutes les grandes figures politiques ont déjà été discréditées d'une certaine manière, et de nombreux Tunisiens semblent désespérés au sujet de leurs choix politiques. On estime que 54% de la population restent indécis quant à savoir pour qui ils vont voter en octobre.
Plutôt que de s’employer à mettre fin au chaos, la plupart des partis politiques semble plus intéressée par les affrontements l'un contre l'autre, et ne sont pas en train de mettre en place un climat de confiance pour permettre le partage du pouvoir dans un éventuel gouvernement. Ceci a en partie favorisé la montée rapide d’Ennahda (Parti de la renaissance), naguère interdit, et qui est un mouvement islamiste modéré crédité des plus fortes intentions de vote à l'heure actuelle. Ennahda a un avantage sur ses concurrents en raison principalement de sa réputation comme le mouvement qui a toujours contesté à la fois Habib Bourguiba et Ben Ali.
Des dizaines de milliers de partisans d’Ennahda ont été emprisonnés ou ont pris le chemin de l’exil pendant les années 1980 et au début des années 1990. Le mouvement était essentiellement absent de la vie publique tunisienne, après 1991, même si ses membres ont commencé à se réunir en secret, à nouveau à partir de 1999.
Ce parcours confère aux dirigeants d’Ennahda une certaine crédibilité auprès de la population, et le mouvement s'est réorganisé de manière agressive depuis la reconnaissance légale qui lui a été accordée, en mars.
Bien peu d'observateurs - dont les propres dirigeants Ennahda - estiment que le parti pourrait s’assurer plus de 20-30% des suffrages, sa réémergence a créé un sentiment de paranoïa au sein du reste de la classe politique marquée par une dangereuse polarisation.
Bien peu d'observateurs - dont les propres dirigeants Ennahda - estiment que le parti pourrait s’assurer plus de 20-30% des suffrages, sa réémergence a créé un sentiment de paranoïa au sein du reste de la classe politique marquée par une dangereuse polarisation.
Nejib Chebbi, le chef du Parti démocratique progressiste, déclare qu’il " n’est pas inquiet au sujet les islamistes autant que le sont les démocrates". Son opinion est que beaucoup de politiciens pro-démocratie se sont unis dans leur critique d’Ennahda, sans offrir cependant eux-mêmes d'alternatives politiques valables.
Les médias regorgent de discours hostiles à Ennahda tandis qu'il est juste que les dirigeants du mouvement soient interpellés sur des questions importantes pour les Tunisiens - telles que leur position sur le libéral code du statut personnel – le dénigrement d’Ennahda ne doit pas servir de prétexte par d'autres partis afin d'éviter l‘élaboration de programmes clairs.
Si les citoyens ne s’accommodent pas des options qui seront disponibles en octobre, ou encore si les élections ne donnent pas lieu à des résultats qui garantissent le partage du pouvoir entre un vaste éventail de points de vue, il est à craindre que la patience des Tunisiens vis-à-vis le processus de transition ne puisse s’effondrer rapidement.
Si les citoyens ne s’accommodent pas des options qui seront disponibles en octobre, ou encore si les élections ne donnent pas lieu à des résultats qui garantissent le partage du pouvoir entre un vaste éventail de points de vue, il est à craindre que la patience des Tunisiens vis-à-vis le processus de transition ne puisse s’effondrer rapidement.
Et puis, il y a la situation économique. Bien que le démantèlement du régime corrompu de Ben Ali soit sans doute positive pour la croissance de la Tunisie sur le long terme, Mohamed Ben Romdhane, économiste affilié au parti de gauche Ettajdid , explique que, sur le court terme, la situation s'est dramatiquement détériorée. Cela est dû en grande partie à une absence totale de croissance de l'emploi dans le secteur privé (qui offre habituellement 80% des nouveaux emplois créés par an) tandis que les investisseurs nationaux et étrangers attendent d’être édifiés sur la stabilité du nouveau gouvernement.
Le scénario le plus optimiste mis en avant par Mohamed Ben Romdhane prévoit que, si un système démocratique est mis en place avant la fin de 2012, les investisseurs commenceront à revenir. Cependant, en raison du décalage entre les décisions d'investissement et la création d'emplois réels, la Tunisie devrait faire face à quatre ou cinq ans supplémentaires de crise économique et sociale avant que les citoyens ne commencent à percevoir une amélioration.
Demander aux milliers de jeunes chômeurs tunisiens qui ont participé à la révolution d’attendre encore cinq ans n'est pas si aisé. La colère qui a été celle des jeunes pendant la révolution représente une crainte réelle, et il est essentiel que soit maintenu un large consensus national appuyant l’action des institutions de la transition tandis que le changement arrive progressivement.
Les politiciens tunisiens peuvent réussir à construire sur la bonne volonté nationale existante, mais il y a toujours un risque qu'ils puissent perdre la foi de la population avant Octobre. Éviter la polarisation et pratiquer le pluralisme réel - en acceptant les différents points de vue et échanger des idées dans le respect et la transparence – sont essentiels à ce stade. Si la classe politique arrive à maîtriser ses nerfs, la Tunisie aura la chance de devenir la première démocratie autodéterminée du monde arabe, conclut The Guardian.
Les politiciens tunisiens peuvent réussir à construire sur la bonne volonté nationale existante, mais il y a toujours un risque qu'ils puissent perdre la foi de la population avant Octobre. Éviter la polarisation et pratiquer le pluralisme réel - en acceptant les différents points de vue et échanger des idées dans le respect et la transparence – sont essentiels à ce stade. Si la classe politique arrive à maîtriser ses nerfs, la Tunisie aura la chance de devenir la première démocratie autodéterminée du monde arabe, conclut The Guardian.
L’armée tunisienne en état d’alerte maximale à la frontière libyenne
Alors que l’étau se resserre autour de Tripoli, l’armée tunisienne a décrété l’état de vigilance maximale autour de Raj Jedir, considéré comme un point stratégique par les deux belligérants.
La circulation dans ce poste frontalier entre la Libye et la Tunisie a été presque nulle dimanche, en raison des affrontements opposant les insurgés et les troupes de Kadhafi à Zaouia, à 130 Kms au sud de Ras Jedir et 40 kms de Tripoli, la capitale libyenne. Ces affrontements, qui se sont poursuivis dimanche, ont permis aux insurgés de prendre le contrôle de la région.
Le contrôle de Zaouia par les rebelles suppose deux scénarios: ou ils avanceront vers la capitale Tripoli ou ils renforceront leur contrôle du point frontalier de Ras Jedir, affirme «une source militaire tunisienne de haut niveau», citée par l’agence Tap. Elle ajoute: «Ceci qui entraînera l’asphyxie du régime de Kadhafi, d’autant que ce point de passage est vital pour la Libye.»
L’importance stratégique que revêt ce point de passage aux niveaux économique et politique est propre à renforcer l’intensité des affrontements entre les deux parties si les insurgés auraient l’intention d’y progresser, ajoute la même source.
Pour le moment, la situation sur les frontières est jugée «calme» et «normale». Mais «il est impératif de faire preuve de vigilance», affirme la source militaire, qui n’écarte pas qu’«en cas de besoin», des renforts militaires pourraient être déployés dans le sud du pays.
Par ailleurs, six blessés libyens sont arrivés, dimanche matin, à l’hôpital régional de Tataouine. Ils avaient franchi le territoire tunisien en empruntant des pistes sahariennes. Ces blessés, selon leurs accompagnateurs, ont été atteints lors des violents combats à côté de la ville libyenne de Zaouia.
Devant le manque flagrant en équipements et en cadres paramédicaux spécialisés, à l’hôpital régional de Tataouine, deux d’entre eux ont été transférés, dans un état critique, vers une clinique privée de Sfax pour recevoir les soins nécessaires.
Tunisie-Libye. La bataille de Ras Jedir aura-t-elle lieu?
Les troupes de Kadhafi et les insurgés massent leurs combattants autour de Ras Jedir, à la frontière libyenne avec la Tunisie. Ce qui laisse prévoir de durs combats pour le contrôle de ce point névralgique.
Des renforts militaires exceptionnels et un mouvement inhabituel ont été constatés à Ras Jedir, côté libyen du poste frontalier entre la Libye et la Tunisie, alors que des blessés sont arrivés dimanche par les pistes sahariennes. «Il y a une présence sans précédent d’unités sécuritaires pro-Kadhafi, avec blindés et armes lourdes du côté libyen du passage frontalier», a indiqué un témoin anonyme à l’agence Afp.
Alors que les insurgés sont en train de prendre le contrôle de villes importantes sur la côte, notamment Zaouia, Sorman et Sabratha, situées entre Tripoli et Ras Jedir, les troupes de Kadhafi semblent chercher à prendre le contrôle de Ras Jedir, principal point de passage entre la Libye et la Tunisie, de manière à ménager une éventuelle sortie ou pour assurer l’approvisionnement en vivres et carburants.
La bataille de Ras Jedir va devoir avoir lieu. Ce qui explique l’état d’alerte maximale observée par l’armée tunisienne sur toute la zone frontalière.
Tunisie. A une révolution laïque, une constitution laïque
Dr Salem Benammar écrit – Les vrais enjeux de la nouvelle constitution tunisienne réside dans la capacité des constituants à rester en cohérence avec l’esprit laïque et solidaire de la révolution des indignés. La Tunisie est tiraillée entre deux courants de pensée et de projets politiques antinomiques. L’un moderne et républicain, l’autre nostalgique, régressif et réactionnaire. L’un est ouvert sur le monde et l’autre cherche à atteler le pays aux wagons du wahhabisme saoudien en instrumentalisant le modèle turc, utilisé comme une vitrine pour une propagande fondamentaliste.
Une constitution fondée sur le droit positif
En effet, la Tunisie ne joue pas que son avenir politique dans les mois à venir ; elle joue surtout de son avenir en tant que nation moderne dotée d’institutions républicaines. Une lourde hypothèque semble peser sur son avenir sociétal, humain et civilisationel. Les symptômes constatés indiquent que le pays est le théâtre, tant redouté, de chocs de cultures. Toutes les incertitudes, les peurs et angoisses, les remous et convulsions de caractère religieux laissent planer de sérieuses craintes sur le choix du modèle d’institutions politiques et juridiques dont le pays devra se doter pour être en cohérence avec l’esprit laïc de sa révolution.
En tout état de cause, il faut absolument une constitution fondée sur le droit positif et non sur le droit naturel, véritable chimère, ou droit coutumier d’essence prétendument divine, et donc immuable, intemporel et omniscient, source d’abus et d’arbitraire en tout genre. Le pouvoir de légiférer est aux hommes et non à Dieu avec l’impérieuse nécessité de réaffirmer la prévalence des sources de lois des assemblées humaines sur celles d’origine divine qui sont par nature obscures, ambigües, confuses, inapplicables, inadaptables aux exigences du monde contemporain.
Les hommes doivent rester maitres de leur destin politique en application même de la liberté accordée aux hommes par le Coran.
Au prétexte de la supposée identité arabo-musulmane de la Tunisie, on occulte une histoire pluri-millénaire et qui fait fi de l’esprit de la révolution du 14 janvier 2011. Il faut que, par son préambule et par son contenu, la Constitution tunisienne doit rester en cohérence avec cet esprit laïque et solidaire et ce vent de liberté incarnés par la révolution des indignés.
Au prétexte de la supposée identité arabo-musulmane de la Tunisie, on occulte une histoire pluri-millénaire et qui fait fi de l’esprit de la révolution du 14 janvier 2011. Il faut que, par son préambule et par son contenu, la Constitution tunisienne doit rester en cohérence avec cet esprit laïque et solidaire et ce vent de liberté incarnés par la révolution des indignés.
La Tunisie est la terre d’Hannibal, de Saint-Augustin et d’Ibn Khaldoun, pour ne citer que ses enfants les plus illustres, et de tous ces hommes et femmes berbères qui ont fait sa gloire et qui ne sont pas tous issus tous d’une pensée religieuse. Le sang tunisien a été versé pour l’édification d’une nouvelle Tunisie, digne héritière de Carthage, dotée d’un modèle de constitution de caractère mixte et équilibré, remarquable, incluant le peuple à l’antipode de celui que souhaiteraient pour la Tunisie les forces intégristes inféodées aux wahhabisme saoudien, où le pouvoir absolu revient à Dieu, tel qu’ils se donnent (à tort et par apostasie) d’interpréter : véritable hérésie et ineptie juridique. Comment peut-on conférer à un système de croyances reposant sur des lois morales une validité juridique absolue ne souffrant aucune contestation au nom du sacré?
Des mécanismes juridiques protecteurs inébranlables La pérennité des institutions futures de la Tunisie, la séparation des pouvoirs, le caractère laïc de ses codes juridiques, l’inviolabilité de son territoire physique, ses structures sociales et humaines, son avenir politique, sa souveraineté nationale, le statut juridique de ses citoyens, le statut de la femme, sa vocation régionale et mondiale, doivent faire l’objet plus que jamais de mécanismes juridiques protecteurs inébranlables.
La Tunisie perdra son âme et ses acquis si elle ne se prémunit pas contre l’utopie du mouvement islamiste. Car les lois morales de ce mouvement constitueront un ordre juridique au détriment des lois humaines et républicaines qui sont le seul mode d’expression des libertés démocratiques et respectueuses du droit à la différence et de toutes les formes de libertés, qui doivent aussi fonctionner comme soupape de sécurité contre l’hégémonisme de la religion sur la société tunisienne. Une constitution capable de définir un rôle à la religion, par définition envahissante, et la cantonner dans son rôle de catharsis.
Il faudrait aussi rappeler que la Tunisie n’est pas un dominion exclusivement arabo-musulman et faire aussi référence à son patrimoine et son héritage non musulman.
Il faudrait que la nouvelle constitution soit l’expression de l’âme tunisienne et non une simple réaffirmation de son identité arabo-musulmane. Cette vision ethnocentriste et réductrice de la Tunisie ne doit pas hypothéquer l’avenir du pays.
dimanche 14 août 2011
«L’immunité» de Marouen Mabrouk fait un buzz
Depuis son mariage avec Cyrine Ben Ali, Marouen Mabrouk s'est enrichi d'une manière phénoménale. Le Groupe Mabrouk génère près de "900 millions d’euros de chiffre d’affaires par an". C'est dire le poids qu'avait Marouen Mabrouk et sa femme Cyrine Ben Ali dans la Tunisie d'avant le 14 janvier. Cependant, tout laisse croire que ce poids est toujours le même aujourd'hui. Pourquoi ? Tout simplement parce que Marouen Mabrouk, tout comme sa femme, font partie de la liste nominative des 110 proches de Ben Ali dont les biens et les avoirs doivent avoir fait l'objet de saisie (Marouen Mabrouk se trouve d'ailleurs à la 10ème place dans cette liste) et pourtant ses procès trainent encore.
Ainsi, une vidéo circule actuellement sur Facebook, provoquant un buzz énorme. Dans cette vidéo (voir en bas de cette page), un avocat de la partie civile, dans l'affaire des assurances GAT (Groupes des Assurances de Tunisie), explique ce qui est en train de se tramer dans cette affaire. Passé en première audience le 3 juin dernier, ce procès vient d'être reporté par le tribunal, et pour la énième fois, au 24 de ce mois.
Il est à rappeler que certaines affaires similaires sont jugées au bout d'une seule séance !!!
Selon cet avocat, c'est le Chef du Contentieux de l'Etat qui devait formuler des poursuites judiciaires contre Mabrouk. Or puisqu'il ne l'a pas fait, ce sont les autres actionnaires du GAT qui s'en sont chargés.
De plus, le Chef du Contentieux de l'Etat n'a pas assisté aux trois premières audiences de l'affaire, avant d'appuyer les avocats de la partie civile (contre Marouen Mabrouk) pour le gel des parts de celui-ci et de Cyrine Ben Ali au sein du GAT.
Pire, le 11 Août dernier, le Chef du Contentieux de l'Etat se permet de changer d'avis et n'appuie plus les avocats de la partie civile contre Mabrouk ???
Quant à nous, on se demande pourquoi les plus grands médias, télés, écrits ou électroniques, n’évoquent jamais le cas Mabrouk. Et pourtant Marouen Mabrouk, selon des témoins, assisterait, le plus normalement du monde, aux conseils d'administrations d'Orange Tunisie.
Peut être que les 15 millions de dinars de publicité par an du groupe Mabrouk (ce qui fait de lui l'un des premiers annonceurs du pays) ont de quoi faire taire pas mal de monde…
Ainsi, une vidéo circule actuellement sur Facebook, provoquant un buzz énorme. Dans cette vidéo (voir en bas de cette page), un avocat de la partie civile, dans l'affaire des assurances GAT (Groupes des Assurances de Tunisie), explique ce qui est en train de se tramer dans cette affaire. Passé en première audience le 3 juin dernier, ce procès vient d'être reporté par le tribunal, et pour la énième fois, au 24 de ce mois.
Il est à rappeler que certaines affaires similaires sont jugées au bout d'une seule séance !!!
Selon cet avocat, c'est le Chef du Contentieux de l'Etat qui devait formuler des poursuites judiciaires contre Mabrouk. Or puisqu'il ne l'a pas fait, ce sont les autres actionnaires du GAT qui s'en sont chargés.
De plus, le Chef du Contentieux de l'Etat n'a pas assisté aux trois premières audiences de l'affaire, avant d'appuyer les avocats de la partie civile (contre Marouen Mabrouk) pour le gel des parts de celui-ci et de Cyrine Ben Ali au sein du GAT.
Pire, le 11 Août dernier, le Chef du Contentieux de l'Etat se permet de changer d'avis et n'appuie plus les avocats de la partie civile contre Mabrouk ???
Quant à nous, on se demande pourquoi les plus grands médias, télés, écrits ou électroniques, n’évoquent jamais le cas Mabrouk. Et pourtant Marouen Mabrouk, selon des témoins, assisterait, le plus normalement du monde, aux conseils d'administrations d'Orange Tunisie.
Peut être que les 15 millions de dinars de publicité par an du groupe Mabrouk (ce qui fait de lui l'un des premiers annonceurs du pays) ont de quoi faire taire pas mal de monde…
Les Mabrouk dans la nouvelle Tunisie
Le groupe Mabrouk gère plus de 9000 employés directs et génère près de 900 millions d’euros de chiffre d’affaires. L’enrichissement par alliance des Mabrouk suite au mariage de Marouane avec Cyrine Ben Ali en 1996 est évident. Quelques exemples :• L’obtention en franchise d’une licence Casino pour Géant très encouragée par des instructions ex-présidentielles, en plus des 71 supermarchés Monoprix qui est en réalité une enseigne partagée par Casino et les Galeries Lafayette.
• La mystérieuse prise de contrôle de la BIAT par les frères Mabrouk grâce à des instructions données par Ben Ali.
• La privatisation de la Société Le Moteur dans des conditions douteuses au bénéfice des Mabrouk et avec un prix de cession médiocre sous la bénédiction de l’ex président de la république en personne.
• La licence du troisième opérateur téléphonique Orange Tunisie a été accordée à la fille du président déchu, Cyrine Ben Ali.
• L’acquisition de la license mobile 3G + Internet d’Orange Tunisie pour seulement 130 millions d’euros dans un appel d’offre contre un cout estimée par les autorités à 550 millions d’euros.
Contrairement à plusieurs entreprises qui appartenaient aux gendres du président déchu, il n y a toujours pas d’administrateurs représentants de l’état au conseil d’administration d’Orange. De même, toutes les procédures judiciaires de saisies à la GAT sont bloquées. Aussi, le dossier de la BIAT a été bafouillé et aucun suivi clair n’a été présenté à l’opinion publique concernant la première banque du pays.
Les médias tunisiens semblent se taire sur les affaires de la famille Mabrouk surement pour protéger leurs chiffres d’affaire publicitaires avec le groupe Mabrouk qui est le premier annonceur du pays avec plus de 15 millions de dinars de publicité par an. Ainsi, la revendication des syndicats d’Orange Tunisie de la nationalisation de la part de Marouane Mabrouk dans l’entreprise n’a bénéficié d’aucune couverture médiatique.
Marouane Mabrouk est-il protégé ?
Rien ne permet de vérifier l’hypothèse selon laquelle l’homme d’affaire Kamel Eltaief serait venu au secours du clan Mabrouk, animé –disent certains- plutôt par l’amitié de longue date qui le liait avec la famille que par des intérêts économiques.
L’autre hypothèse est celle de Hakim El Karoui, ami de Marouane Mabrouk qui a conseillé ZABA dans la gestion de la crise est administrateur chez Orange Tunisie (dont M. Mabrouk est le président) et a conseillé Mohamed Ghannouchi dans le choix des ministres du gouvernement de transition. Ainsi, Hakim El Karoui aurait proposé Mehdi Houas (patron de Talan qui a mis en place le système d’Orange Tunisie) est au commerce et au Tourisme, Jaloul Ayed, ancien banquier, est à la Finance, Yassine Brahim, au Transport et Equipement et Elyes Jouini aux reformes économiques et sociales. Tous ces anciens Atugiens à l’instar de H. El Karoui sont aujourd’hui ministres à la tête des ministères chargés des secteurs de prédilection du clan Mabrouk.
Monsieur Mehdi HOUAS ministre du commerce et du Tourisme, patron de TALAN est fournisseur de ORANGE et de la GAT. Monsieur le ministre de l’emploi Said AIDI président de HR est fournisseur de la BIAT, de la GAT , de Géant et d’ORANGE Tunisie pour le recrutement et monsieuir. Mr Jalloul AYED, ministre des Finance, viré du groupe BMCE devait rejoindre le groupe Mabrouk pour la partie finance. Depuis Avril 2011, le secrétaire général de l’ATUGE Walid Kalboussi est nommé en tant que membre de l’instance générale de l’CICM (Commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversations). Le représentant de l’association s’est retiré soudainement de la commission en Aout 2011.
Pour Ceux qui ne connaissent pas l’Atuge, c’est l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles, créée il y a plus de 20 ans et organisée en un réseau de plus en plus influant et comportant plus de 3000 membres qui sont l’élite intellectuelle Tunisienne issue des grandes écoles de l’Europe. Parmi les sept missions de l’association, notons “Renforcer les liens de coopération entre la Tunisie et l’Europe”.
Ismail et Marouane Mabrouk étaient présents au Forum de l’Atuge à Londres (London Day) en Novembre 2010. Etaient présents aussi parmi l’élite tunisienne Mehdi Houas, Sami Zaoui, et bien d’autres Atugiens.
Pour ceux qui désirent mieux connaitre l’ATUGE, le site web “Leaders.com.t”n compte dans ses archives des dizaines d’articles dédiés à cette association. Le propriétaire de ce magasine électronique Mr Taoufik HABAIEB, est un ami proche de Kamel Eltaief.
Les réseaux d’influence des Mabrouk est encore plus vaste, à titre d’exemple, L’IPEMED (Institut de prospective économique du monde méditerranéen) dont le groupe est membre fondateur. l’IPEMED compte également parmi ces membres tunisiens Mr Hedi Djilani et Mr Aziz Miled. L’IPEMED est présidé par un Atugien “Radhi Meddeb” qui est aussi le PDG de COMET Engineering, et peut-être le futur président de la Tunisie. En Septembre 2010, Hakim El Karoui scelle avec Radhi Meddeb le partenariat entre le YML (Young Mediterranean Leaders) et l’IPEMED. Les deux hommes comptent mobiliser leurs réseaux pour défendre des causes communes.
Mais pourquoi les technocrates protègeraient-ils Marouane Mabrouk ?
Quelles relations entre AFEK Tounes et Marouane Mabrouk ?
Rebeldes quieren dejar sin suministros a Khadafi
Un opositor informó que sus fuerzas están cercanas a tomar el pueblo de Zawiyah, en el oeste del país. En este lugar existe una refinería con la cual se abastecen el ejército y es una ruta de acceso a Trípoli
Combatientes rebeldes se enfrentaron a fuerzas del gobierno libio cerca de la frontera con Túnez y en el pueblo de Zawiyah, en el oeste del país, amenazando rutas vitales de suministros para la capital, Trípoli. Ambos bandos también lucharon en dos frentes en el este del país el sábado, pero ninguno reportó grandes cambios en sus posiciones cerca de Misrata o en torno al pueblo petrolero de Brega.
Reporteros escucharon el sábado disparos y enfrentamientos en el pueblo litoral de Zawiyah, a unos 50 kilómetros al oeste de Trípoli, y la carretera que va desde la capital a la frontera con Túnez, cuyo control podría decidir el conflicto libio, estaba bloqueada.
Rebeldes que intentan derrocar a Muammar Khadafi esperan capturar Zawiyah, un pueblo con una refinería petrolera, y aislar la capital de contacto con el mundo exterior al cerrar la carretera litoral, una línea de abastecimiento para el Gobierno.
Ellos avanzaron hacia el norte hasta unos 25 kilómetros de Zawiyah en la mañana del sábado, después de lo que dijeron fue una batalla de seis horas que acercó el frente a Trípoli, y posteriormente dijeron que habían luchado hasta llegar al centro de Zawiyah.
El Gobierno confirmó los enfrentamientos en la zona, pero dijo que un intento rebelde por capturar la ciudad había sido derrotado Zawiyah está "totalmente bajo nuestro control", dijo el portavoz del Gobierno, Moussa Ibrahim, a reporteros en Trípoli.
"Un grupo muy pequeño de rebeldes intentó llegar al sur de Zawiyah, pero fueron detenidos fácilmente por nuestras fuerzas armadas", agregó. Pero un portavoz rebeldes, Mohammed Ezzawi, hablando desde el interior de Zawiyah, dijo que la fuerza rebelde estaba a unos 800 metros de la Plaza de los Mártires en el centro de la ciudad.
"La brigada Khadafi ocupó la parte este del principal camino mientras nosotros estamos en la parte oeste. Ha habido un intenso intercambio de disparos en este camino, que une a Trípoli con Túnez", dijo a Reuters por teléfono.
"Si logramos tomar Zawiyah, estaremos bloqueando este camino y significará la muerte de Khadafi", afirmó. Si los rebeldes capturan el pueblo, sería un golpe psicológico para Khadafi, al cortar su principal ruta de suministros y acentuarían aún más la escasez de combustible en Trípoli.
Tunecinos que viven cerca de la frontera dijeron posteriormente a Reuters que los rebeldes se enfrentaban a fuerzas de Khadafi en Abu Kammash, un pueblo industrial en la costa de Libia, a unos 10 kilómetros del principal cruce fronterizo, Ras Jdir, que también controla el camino a Trípoli.
Un empresario tunecino dijo desde la zona de la frontera: "Hay fuertes enfrentamientos en desarrollo (...) para intentar controlar el paso Ras Jdir". Otra fuente tunecina en el cruce dijo que el Ejército trajo tanques para proteger el lugar.
Control parcial
Los combatientes rebeldes que regresan al sur, hacia Bir al-Ghanam desde Zawiyah, dijeron a Reuters que su fuerza estaba en el centro de la ciudad, pero no con el control total. "Nosotros capturamos el centro de Zawiyah hace una hora", dijo el combatiente rebelde Ahmed.
Un segundo rebelde, Abdelsalam, dijo: "Tenemos el control del centro. Algunos soldados de Khadafi huyeron hacia Trípoli, algunos se quedaron, y también hay mercenarios en el pueblo. Así que aún no tenemos el control completo".
El doctor Asim Shaybee, en un hospital de campaña en la puerta de Bir Ayyad al sur de los combates, dijo que cuatro rebeldes habían muerto en un ataque aéreo accidental de la OTAN contra un tanque rebelde en Zawiyah. Ibrahim, portavoz del gobierno, dijo que menos de 100 rebeldes entraron a la ciudad desde el sur e intentaron sumarse a 50 rebeldes dentro de la ciudad, pero que ya se había"tratado con ellos".
Las fuerzas del Gobierno aún combaten a los rebeldes dentro de la ciudad, pero la ofensiva rebelde no fue "un avance, sino una escaramuza, una misión suicida", afirmó.
Al juzgar por los cráteres, edificios destruidos y tanques quemados, los aviones de guerra de la OTAN habían bombardeado objetivos militares del Gobierno en el camino del avance de las fuerzas rebeldes hacia Zawiyah durante la última semana, brindando un cercano respaldo aéreo.
Zawiyah es hogar de muchos de los rebeldes que luchan en el frente occidental y ha sido escenario de dos alzamientos contra Khadafi desde que comenzó la revuelta contra sus cuatro décadas en el poder en febrero.
Bajas en el frente este
Ningún bando se atribuyó grandes avances en los continuos combates en ambos frentes al este de Trípoli, en el pueblo petrolero de Brega y cerca de Misrata.
La agencia estatal de noticias de Libia dijo que un ataque aéreo de la OTAN había dejado seis "mártires" muertos en Brega, y la alianza dijo que había atacado a dos vehículos blindados en el pueblo.
Al menos 15 rebeldes y seis soldados del Gobierno murieron y otros 50 rebeldes resultaron heridos en los combates por la terminal petrolera de Brega en los últimos dos días, dijeron el sábado funcionarios hospitalarios.
Les femmes tunisiennes craignent un scénario à l’algérienne
Certaines Tunisiennes pensent qu’elles ne risquent pas de connaître le sort de leurs voisines algériennes. D’autres, qui appréhendent la montée des islamistes d’Ennahdha, ont de réelles craintes à ce sujet. Par Giuliana Sgrena
Un groupe de femmes commence la campagne à la station balnéaire de La Marsa, près de Tunis. Leur mission: convaincre davantage les femmes de s’inscrire sur les listes électorales, avant la date limite désormais repoussée au 14 août. La plupart des femmes qui observent les procédures sont voilées.
De plus en plus de femmes voilées Les voiles sont, à présent, plus une question qu’une suggestion. Une enquête auprès de femmes voilées, conduite par des journalistes, affirme que quatre voilées sur cinq ne voteront pas pour Ennahdha, le parti islamiste en tête des sondages de popularité avant les élections de l’Assemblée constituante en octobre prochain.
Des voiles en si grand nombre sont un spectacle inédit en Tunisie où les femmes vont à la plage confortablement vêtues d’un bikini, et sirotent tout aussi confortablement du vin ou une boisson gazeuse, en écoutant du rap ou de la musique traditionnelle.
Des voiles en si grand nombre sont un spectacle inédit en Tunisie où les femmes vont à la plage confortablement vêtues d’un bikini, et sirotent tout aussi confortablement du vin ou une boisson gazeuse, en écoutant du rap ou de la musique traditionnelle.
Les apparences peuvent être trompeuses, d’une façon ou d’une autre. «Regardez autour de vous, explique Khadija, militante du Pôle démocratique moderniste – une coalition de partis démocratiques locaux –, sur un autre front de mer à proximité de la station balnéaire en vogue de La Goulette. «Est-ce que vous voyez des gens vivant selon la chariaa? La Tunisie n’est pas l’Algérie. Je suis sûre que cela n’arrivera jamais ici.»
Des signes inquiétants Mais la plupart des femmes ne sont pas aussi assurées. «La Tunisie n’est pas l’Algérie» est un slogan des laïcs, déterminés à voir leur pays largement plus libéral que l’Algérie dominée par les islamistes. Mais des signes inquiétants ont commencé à apparaître.
«Je peux voir le spectre de l’Algérie derrière ce qui est arrivé à Menzel Bourguiba», déclare à l’Ips Sihem Ben Sedrine, présidente du Conseil national pour les libertés en Tunisie (Cnlt) et rédactrice en chef de Radio Kalima. «La Tunisie peut vivre le même cauchemar que l’Algérie dans les années quatre-vingt dix.»
«Je peux voir le spectre de l’Algérie derrière ce qui est arrivé à Menzel Bourguiba», déclare à l’Ips Sihem Ben Sedrine, présidente du Conseil national pour les libertés en Tunisie (Cnlt) et rédactrice en chef de Radio Kalima. «La Tunisie peut vivre le même cauchemar que l’Algérie dans les années quatre-vingt dix.»
Plusieurs centaines de salafistes ont attaqué un poste de police de Menzel Bourguiba, dans le nord de la Tunisie, le mois dernier, battu les policiers, dont cinq ont été sérieusement blessés, et sont partis avec des armes. Des éléments de l’armée, stationnés tous près, ne sont pas intervenus. Sihem, qui est allée voir les policiers blessés à l’hôpital, n’a pu trouver une réponse à ses questions.
Ce n’était pas le premier signe du danger. La réalisatrice Nadia El Fani a été menacée en mai. Il y a eu d’autres menaces. Le mois suivant, le groupe Lam Echaml, qui rassemble 80 associations soutenant la liberté d’expression, ont organisé une série d’événements intitulée «Touche pas à nos créateurs!» pour soutenir les artistes ciblés par les islamistes.
Un groupe a pris d’assaut la salle de cinéma où le était projeté le film ‘‘Ni Allah ni Maître» (Ni Dieu ni maître), dirigée par Habib Belhedi, à Tunis, le 26 juin. Les assaillants ont pulvérisé du gaz lacrymogène en direction des «infidèles» en criant: «La Tunisie est une Etat islamique». Cédant à la pression, la cinéaste El Fani a changé le nom du film en ‘‘Laïcité Inch’Allah’’.
Craignant de nouvelles violences durant le Ramadan, le mois sacré musulman du jeûne, Ben Sedrine explique: «Nous devons parvenir à un accord, même avec les religieux du parti Ennahdha, pour qu’il n’y ait pas de violence.»
Ce n’était pas le premier signe du danger. La réalisatrice Nadia El Fani a été menacée en mai. Il y a eu d’autres menaces. Le mois suivant, le groupe Lam Echaml, qui rassemble 80 associations soutenant la liberté d’expression, ont organisé une série d’événements intitulée «Touche pas à nos créateurs!» pour soutenir les artistes ciblés par les islamistes.
Un groupe a pris d’assaut la salle de cinéma où le était projeté le film ‘‘Ni Allah ni Maître» (Ni Dieu ni maître), dirigée par Habib Belhedi, à Tunis, le 26 juin. Les assaillants ont pulvérisé du gaz lacrymogène en direction des «infidèles» en criant: «La Tunisie est une Etat islamique». Cédant à la pression, la cinéaste El Fani a changé le nom du film en ‘‘Laïcité Inch’Allah’’.
Craignant de nouvelles violences durant le Ramadan, le mois sacré musulman du jeûne, Ben Sedrine explique: «Nous devons parvenir à un accord, même avec les religieux du parti Ennahdha, pour qu’il n’y ait pas de violence.»
La parité dites-vous ? Les femmes ont certes eu quelques succès: la moitié des candidats sur les listes électorales doivent désormais être des femmes. Une forte présence des femmes dans l’Assemblée constituante pourrait être cruciale pour la préservation des droits des femmes.
Celles-ci veulent aussi consolider les positions prises par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution – notamment celle relative au maintien de la séparation entre religion et politique. Ennahdha s’est opposé à cette position en cette période de transition. Il s’est également opposé à la décision du gouvernement de transition interdisant aux partis de recevoir des fonds provenant de l’étranger.
Sur un autre front, les femmes se battent contre l’influence grandissante des éléments non démocratiques liés à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali sui contrôlent encore certaines institutions. Parmi ces institutions, les médias, qui donnent peu d’espace pour les femmes, même si celles-ci sont politiquement actives, et beaucoup seront candidates.
«Après 23 ans de dictature de Ben Ali, destitué par la révolution de Janvier, la présence de ses anciens partisans à des postes clés signifie qu’il n’y a aucun respect pour la presse», a expliqué à l’Ips Nejiba Hamrouni, présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) et rédactrice en chef du Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar).
Maya Jribi est secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (Pdp), mais la figure représentant le parti dans les médias reste invariablement un homme, l’ancien dirigeant du parti Nejib Chebbi. ‘‘Femmes & Réalités’’, le magazine mensuel a réalisé un dossier spécial sur les femmes engagées en politique dans son numéro de juillet. Ce magazine féminin publie rarement des articles sur les femmes engagées en politique.
Un groupe de femmes est en train de réaliser un projet pour la surveillance des médias.
Celles-ci veulent aussi consolider les positions prises par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution – notamment celle relative au maintien de la séparation entre religion et politique. Ennahdha s’est opposé à cette position en cette période de transition. Il s’est également opposé à la décision du gouvernement de transition interdisant aux partis de recevoir des fonds provenant de l’étranger.
Sur un autre front, les femmes se battent contre l’influence grandissante des éléments non démocratiques liés à l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali sui contrôlent encore certaines institutions. Parmi ces institutions, les médias, qui donnent peu d’espace pour les femmes, même si celles-ci sont politiquement actives, et beaucoup seront candidates.
«Après 23 ans de dictature de Ben Ali, destitué par la révolution de Janvier, la présence de ses anciens partisans à des postes clés signifie qu’il n’y a aucun respect pour la presse», a expliqué à l’Ips Nejiba Hamrouni, présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (Snjt) et rédactrice en chef du Centre de la femme arabe pour la formation et la recherche (Cawtar).
Maya Jribi est secrétaire générale du Parti démocratique progressiste (Pdp), mais la figure représentant le parti dans les médias reste invariablement un homme, l’ancien dirigeant du parti Nejib Chebbi. ‘‘Femmes & Réalités’’, le magazine mensuel a réalisé un dossier spécial sur les femmes engagées en politique dans son numéro de juillet. Ce magazine féminin publie rarement des articles sur les femmes engagées en politique.
Un groupe de femmes est en train de réaliser un projet pour la surveillance des médias.
Tunisie. Le poste frontalier de Ras Jedir déserté par la police libyenne
Selon Radio Tataouine, le poste frontalier de Ras Jedir, du côté libyen, a été déserté depuis samedi 18 heures par la police et la douane libyennes. Et aussitôt contrôlé par les insurgés.
Les Libyens établis à Ben Guerdane, au sud de la Tunisie, affirment que les insurgés ont pris le contrôle de Zaouia, ville stratégique située sur la route entre Raj Jedir et Tripoli. Information aussitôt démentie par la télévision libyenne, qui parle d’une reprise de la ville par les troupes de Kadhafi. Mais sans beaucoup insister, ni apporter de preuves tangibles. A l'évidence, la ville est passée totalement sous le contrôle des anti-Kadhafi.
A l’évidence aussi, les forces de Kadhafi ont de plus en plus mal à repousser l’avancée des insurgés sur Tripoli. On parle aussi de nombreuses défections dans l’armée du Guide, qui se serait barricadé, avec ses enfants, dans son bunker de Bab El Azizia, à Tripoli. Le compte à rebours du régime d’Al Fateh va-t-il s’emballer?
A l’évidence aussi, les forces de Kadhafi ont de plus en plus mal à repousser l’avancée des insurgés sur Tripoli. On parle aussi de nombreuses défections dans l’armée du Guide, qui se serait barricadé, avec ses enfants, dans son bunker de Bab El Azizia, à Tripoli. Le compte à rebours du régime d’Al Fateh va-t-il s’emballer?
Kadhafi vit-il ses derniers jours en Libye?
Le ministre libyen des Affaires étrangères, qui a séjourné en Tunisie jeudi et vendredi, a laissé transparaître des signes de grande lassitude. Le clan Kadhafi a-t-il épuisé toutes ses cartes?
Le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdelaâti Obeidi, a quitté vendredi après-midi Tunis à destination de Djerba, une île du sud tunisien, d’où il a regagné Tripoli par voie terrestre.
Le chef de la diplomatie libyenne était arrivé jeudi soir dans la capitale tunisienne par avion spécial en provenance d’Athènes.
C’est la sixième fois, depuis la défection de son prédécesseur Moussa Koussa fin mars dernier, que M. Obeidi transite par la Tunisie pour des missions à l’étranger, dont deux fois à Athènes. Sa précédente visite à Tunis a eu lieu le 26 juillet. Il avait alors rencontré Mohamed Moudli Kéfi, ministre des Affaires étrangères. M. Obeidi, engagé dans des négociations sur l’avenir de la Libye, avait aussi séjourné en juin à Djerba, pour «négocier avec plusieurs parties étrangères» de l’avenir de la Libye.
En recevant la visite du chef du Conseil national de transition (Cnt), la Tunisie avait fait savoir qu’elle souhaitait «une solution pacifique en Libye dans les plus brefs délais». La rencontre de Moustapha Abdeljalil avec le Premier ministre de transition Béji Caïd Essebsi n’avait pas été suivie par une reconnaissance formelle de l’instance politique des insurgés anti-Kadhafi, comme cela avait été annoncé par les médias, la Tunisie voulant visiblement garder deux fers au feu et se ménager la possibilité de jouer un rôle de médiateur dans le conflit libyen.
Abdelaâti Obeidi, qui était visiblement très fatigué, s’est refusé à toute déclaration à la presse. «Je n’ai rien à dire», a-t-il sèchement répondu à un journaliste présent à l’aéroport de Tunis-Carthage, en refusant de se laisser prendre en photo.
Avant de prendre l’avion pour Djerba, le responsable libyen s’est longuement entretenu au salon d’honneur avec le ministre tunisien du développement Abderrazak Zouari, qui était accompagné de deux hommes d’affaires. Ni lui, ni M. Zouari n’ont communiqué sur le contenu de leurs discussions.
Le voyage de M. Obeidi intervient à un moment où les troupes de Kadhafi semblent se heurter à des difficultés d’approvisionnement en carburant notamment, dues aux sanctions internationales et au verrouillage maritime opéré par l’Otan.
Jeudi, un porte-parole du ministère tunisien de la Défense, le colonl-major Mokhtar Ben Nasr, a déclaré que l’armée tunisienne s’employait à lutter contre le trafic d’hydrocarbures dans le sud du pays, frontalier avec la Libye. Il a fait état du renforcement des mesures de contrôle pour faire face à la contrebande d’essence et de gasoil à travers la frontière longue de plus de 500 km.
Malgré la saisie par les unités militaires et sécuritaires de camions transportant du carburant, les contrebandiers continuent néanmoins leur trafic en empruntant des pistes sahariennes.
Tunisie. 48,5% des électeurs inscrits sur les listes
L’Isie indique sur sa page officielle sur facebook que le nombre d’inscrits sur les listes électorales a atteint le 13 août 3.640.000, soit 48,5% du corps électoral.
L’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie), dirigée par Kamel Jendoubi, table, sans trop y croire, sur un rush de dernière minute qui établirait le nombre des inscrits à la fin de cette journée de clôture de la campagne à 4,5 millions. Par ailleurs, contrairement à ce Kapitalis a publié, en le mettant au conditionnel, le site de l’Isie n’a pas été piraté ce matin, mais il était inaccessible pour cause mise à jour.
Il Préside la Haute Instance de réalisation des objectifs de la révolution tunisienne Yadh Benachour scanne la Tunisie
Le professeur Yadh Ben Achour, qui avait démissionné du Conseil constitutionnel, bravant l’autorité de l’ancien président Ben Ali, assume aujourd’hui la tâche difficile de conduire à bon port la transition démocratique de la Tunisie.
Dans un entretien accordé au Soir d’Algérie, le président de la Haute instance chargée des réformes politiques, Yadh Benachour, revient d’abord sur la chute de Ben Ali. “Le malheur d'un homme comme Ben Ali, c'est d'avoir oublié qu'il était mortel. Vivre le départ du tyran constitue un événement heureux de mon existence, comme citoyen autant que juriste”. Quant à sa désignation à ce poste, il dira : “La présidence de la Haute instance, je ne l’ai pas cherchée. Elle se trouvait sur le tapis roulant. Je l'ai prise sans savoir avec précision ce que j'étais en train de faire, ni où cela me conduirait. Aujourd'hui, je peux affirmer que c'est une œuvre passionnante. Dire que c'est un couronnement, c'est nier ma propre philosophie de la vie.” Faisant un état des lieux de la Tunisie sous Ben Ali, il soulignera : “Ben Ali était animé aux premiers temps de sa prise du pouvoir par de bonnes intentions. Il a certainement cru à sa mission rénovatrice. Il était entouré d'hommes politiques expérimentés et intelligents. Mais, après les incertitudes des premiers temps, son installation définitive au pouvoir a laissé à l’homme réel tout le loisir de s'épancher et de se développer. L'homme réel n'a aucune élévation d'esprit, ni culture véritable. Il dispose d'une malice flicardière — excusez le terme — de bas étage qui ne convient pas à un chef d'État. Les meilleurs de l'équipe qui a pris le pouvoir se sont retirés. N'ayant plus aucun contre-pouvoir en face de lui, Ben Ali a alors plongé, avec une véritable ivresse et une irresponsabilité totale, dans la jouissance du pouvoir absolu. Sa deuxième femme et son entourage n'ont fait qu'aggraver cet instinct irrépressible de jouissance.” Il lui accordera néanmoins des points positifs, tout en écorchant au passage son prédécesseur Habib Bourguiba, en précisant que “Ben Ali n'a pas remis en cause les avancées sociales de Bourguiba, notamment le développement des droits de la femme. Ceci étant, Bourguiba n'est pas un homme sans faute. Il était le seul à disposer de la légitimité nécessaire, de la profondeur historique, de l'intelligence indispensable, de la culture universelle, pour préparer la Tunisie à vivre une vie réellement démocratique. Il a totalement raté cette mission qui ne l'intéressait pas, par rapport au culte de sa personnalité. Bourguiba, en effet, était dévoré par un instinct narcissique démesuré. Cela a englouti toutes les potentialités de cet homme exceptionnel. Mais il avait au moins une qualité, une vertu. Comme tous les vrais et grands politiques, l'argent ne l'intéressait pas”. Au sujet du régime de Ben Ali, le professeur Ben Achour mettra en évidence le fait que “la police politique en était le centre de gravité”, tout en affirmant que “dans ce type d'État, les valeurs sont détruites, y compris la valeur la plus sacrée, celle du respect de la vie et de l'intégrité physique. L'État policier, c'est un retour à l'état de nature, dans lequel la volonté subjective tient lieu de loi. C'est la négation de la société civile”. Il ajoutera qu’au total, la chute du régime du président Ben Ali, c’est l’échec d’un système autoritariste parvenu à ses limites ultimes ou la résultante de l’influence démesurée de la famille Trabelsi sur le processus de prise de décision national ? Parlant de la Haute instance, qu’il dirige, il notera qu’elle “a été confrontée aux mêmes problèmes que toutes les institutions de cette période transitoire. Tout s'est fait dans une certaine improvisation et sous la pression des évènements. Il a d'abord fallu, à la fin du mois de janvier 2011, concevoir une solution qui tienne compte à la fois de la logique institutionnelle, celle de la première Commission de réformes politiques, à caractère exclusivement technique, et de la logique révolutionnaire incarnée par le Conseil national de protection de la révolution. La Haute instance, créée par le décret-loi n°6 du 18 février 2011, constitue la synthèse des deux logiques. Cet aboutissement a fait l'objet de négociations extrêmement ardues et difficiles entre le Premier ministre de l'époque, Mohamed Ghannouchi, et les composantes principales du Conseil national de protection de la révolution. Il soulignera que cette institution est “une autorité publique indépendante”. Elle fait partie des institutions de l'État. Mais elle doit fonctionner de manière tout à fait autonome.
Elle a pour tâche d'examiner et de proposer aussi bien les réformes politiques nécessaires. Revenant sur le Pacte républicain, le professeur Yadh Ben Achour estime qu’il “constitue, pour l'essentiel, un rappel des principes de la révolution, avec des précisions concernant le caractère civil de l'État, la séparation de la religion et de la politique, l'égalité homme-femme, la liberté syndicale et le droit de grève, la liberté totale de croyance et d'expression. À ce titre, il constitue une rupture symbolique d'une grande portée par rapport à la pratique politique ancienne”.
Dans un entretien accordé au Soir d’Algérie, le président de la Haute instance chargée des réformes politiques, Yadh Benachour, revient d’abord sur la chute de Ben Ali. “Le malheur d'un homme comme Ben Ali, c'est d'avoir oublié qu'il était mortel. Vivre le départ du tyran constitue un événement heureux de mon existence, comme citoyen autant que juriste”. Quant à sa désignation à ce poste, il dira : “La présidence de la Haute instance, je ne l’ai pas cherchée. Elle se trouvait sur le tapis roulant. Je l'ai prise sans savoir avec précision ce que j'étais en train de faire, ni où cela me conduirait. Aujourd'hui, je peux affirmer que c'est une œuvre passionnante. Dire que c'est un couronnement, c'est nier ma propre philosophie de la vie.” Faisant un état des lieux de la Tunisie sous Ben Ali, il soulignera : “Ben Ali était animé aux premiers temps de sa prise du pouvoir par de bonnes intentions. Il a certainement cru à sa mission rénovatrice. Il était entouré d'hommes politiques expérimentés et intelligents. Mais, après les incertitudes des premiers temps, son installation définitive au pouvoir a laissé à l’homme réel tout le loisir de s'épancher et de se développer. L'homme réel n'a aucune élévation d'esprit, ni culture véritable. Il dispose d'une malice flicardière — excusez le terme — de bas étage qui ne convient pas à un chef d'État. Les meilleurs de l'équipe qui a pris le pouvoir se sont retirés. N'ayant plus aucun contre-pouvoir en face de lui, Ben Ali a alors plongé, avec une véritable ivresse et une irresponsabilité totale, dans la jouissance du pouvoir absolu. Sa deuxième femme et son entourage n'ont fait qu'aggraver cet instinct irrépressible de jouissance.” Il lui accordera néanmoins des points positifs, tout en écorchant au passage son prédécesseur Habib Bourguiba, en précisant que “Ben Ali n'a pas remis en cause les avancées sociales de Bourguiba, notamment le développement des droits de la femme. Ceci étant, Bourguiba n'est pas un homme sans faute. Il était le seul à disposer de la légitimité nécessaire, de la profondeur historique, de l'intelligence indispensable, de la culture universelle, pour préparer la Tunisie à vivre une vie réellement démocratique. Il a totalement raté cette mission qui ne l'intéressait pas, par rapport au culte de sa personnalité. Bourguiba, en effet, était dévoré par un instinct narcissique démesuré. Cela a englouti toutes les potentialités de cet homme exceptionnel. Mais il avait au moins une qualité, une vertu. Comme tous les vrais et grands politiques, l'argent ne l'intéressait pas”. Au sujet du régime de Ben Ali, le professeur Ben Achour mettra en évidence le fait que “la police politique en était le centre de gravité”, tout en affirmant que “dans ce type d'État, les valeurs sont détruites, y compris la valeur la plus sacrée, celle du respect de la vie et de l'intégrité physique. L'État policier, c'est un retour à l'état de nature, dans lequel la volonté subjective tient lieu de loi. C'est la négation de la société civile”. Il ajoutera qu’au total, la chute du régime du président Ben Ali, c’est l’échec d’un système autoritariste parvenu à ses limites ultimes ou la résultante de l’influence démesurée de la famille Trabelsi sur le processus de prise de décision national ? Parlant de la Haute instance, qu’il dirige, il notera qu’elle “a été confrontée aux mêmes problèmes que toutes les institutions de cette période transitoire. Tout s'est fait dans une certaine improvisation et sous la pression des évènements. Il a d'abord fallu, à la fin du mois de janvier 2011, concevoir une solution qui tienne compte à la fois de la logique institutionnelle, celle de la première Commission de réformes politiques, à caractère exclusivement technique, et de la logique révolutionnaire incarnée par le Conseil national de protection de la révolution. La Haute instance, créée par le décret-loi n°6 du 18 février 2011, constitue la synthèse des deux logiques. Cet aboutissement a fait l'objet de négociations extrêmement ardues et difficiles entre le Premier ministre de l'époque, Mohamed Ghannouchi, et les composantes principales du Conseil national de protection de la révolution. Il soulignera que cette institution est “une autorité publique indépendante”. Elle fait partie des institutions de l'État. Mais elle doit fonctionner de manière tout à fait autonome.
Elle a pour tâche d'examiner et de proposer aussi bien les réformes politiques nécessaires. Revenant sur le Pacte républicain, le professeur Yadh Ben Achour estime qu’il “constitue, pour l'essentiel, un rappel des principes de la révolution, avec des précisions concernant le caractère civil de l'État, la séparation de la religion et de la politique, l'égalité homme-femme, la liberté syndicale et le droit de grève, la liberté totale de croyance et d'expression. À ce titre, il constitue une rupture symbolique d'une grande portée par rapport à la pratique politique ancienne”.
Tunisie : Ali Seriati parle d'une mise en scène et accuse l'ex-ministre de la Défense Lire l'article sur Jeuneafrique.com : Tunisie : Ali Seriati parle d'une mise en scène et accuse l'ex-ministre de la Défense | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique
Le général Ali Seriati, l'ex-chef de la sécurité du président déchu Zine El Abidine Ben Ali acquitté vendredi par la justice dans un procès pour falsification de passeports destinés à faire fuir Ben Ali et sa famille le 14 janvier, affirme être victime d'une mise en scène montée par l'ex-ministre de la Défense Ridha Grira.Cet homme-clé du système a répondu vendredi aux questions de l'AFP par le biais de son frère Youssef lors de sa visite au prisonnier à la base de l'Aouina, près de Tunis, où il est détenu pour être rejugé pour complot contre la sécurité intérieure de l'Etat.
Vos avocats ont évoqué une mise en scène pour vous inculper. Pouvez-vous en détailler les éléments et les auteurs?
Ridha Grira (nldr: ancien ministre de la Défense actuellement en liberté) était derrière de tout ce qui c'était passé. Il voulait m'écarter à tout prix. C'est lui qui a donné l'ordre de m'arrêter avec le consentement du président déchu, à qui on avait déjà soufflé que je préparais un coup d'Etat.
Ridha Grira a eu trois fois l'ex-président au téléphone depuis l'avion qui le menait en Arabie saoudite. J'étais de trop dans un plan dirigé par Ridha Grira et il devait m'écarter.
Pourquoi avez-vous aidé Ben Ali à fuir et échapper à la justice?
Ma fonction était de protéger le président quel que soit son identité. Je n'ai n'ai fait que mon boulot et j'ai été fidèle à mon travail et à mon peuple jusqu'à la dernière minute. Je suis un militaire et je n'ai jamais élu qui que se soit.
On vous accuse d'avoir préparé un coup d'Etat et poussé le président déchu à quitter le pays?
Oui, j'ai poussé Ben Ali à quitter le pays pour épargner un bain de sang à la Tunisie et non pour faire un coup d'Etat. Je n'ai jamais été un politicien et je n'avais pas d'ambitions de ce genre.
Après l'arrestation des "Trabelsi" (nldr: du nom de la famille de Leïla, épouse de Ben ali) j'ai eu peur qu'il ne les fasse libérer et provoquer ainsi une bataille sanglante entre services de sécurité pro et anti Ben Ali.
Dès le décollage de l'avion de Ben Ali à 17h54 de la base militaire de l'Aouina (près de Tunis) j'ai donné l'orde à mes commandos de regagner le palais présidentiel, puis j'été arrêté à 18H17 par un colonel de la base aérienne au moment où je prenais un café dans le salon d'honneur.
J'ai alors senti que quelque chose se tramait.
Ridha Grira (nldr: ancien ministre de la Défense actuellement en liberté) était derrière de tout ce qui c'était passé. Il voulait m'écarter à tout prix. C'est lui qui a donné l'ordre de m'arrêter avec le consentement du président déchu, à qui on avait déjà soufflé que je préparais un coup d'Etat.
Ridha Grira a eu trois fois l'ex-président au téléphone depuis l'avion qui le menait en Arabie saoudite. J'étais de trop dans un plan dirigé par Ridha Grira et il devait m'écarter.
Pourquoi avez-vous aidé Ben Ali à fuir et échapper à la justice?
Ma fonction était de protéger le président quel que soit son identité. Je n'ai n'ai fait que mon boulot et j'ai été fidèle à mon travail et à mon peuple jusqu'à la dernière minute. Je suis un militaire et je n'ai jamais élu qui que se soit.
On vous accuse d'avoir préparé un coup d'Etat et poussé le président déchu à quitter le pays?
Oui, j'ai poussé Ben Ali à quitter le pays pour épargner un bain de sang à la Tunisie et non pour faire un coup d'Etat. Je n'ai jamais été un politicien et je n'avais pas d'ambitions de ce genre.
Après l'arrestation des "Trabelsi" (nldr: du nom de la famille de Leïla, épouse de Ben ali) j'ai eu peur qu'il ne les fasse libérer et provoquer ainsi une bataille sanglante entre services de sécurité pro et anti Ben Ali.
Dès le décollage de l'avion de Ben Ali à 17h54 de la base militaire de l'Aouina (près de Tunis) j'ai donné l'orde à mes commandos de regagner le palais présidentiel, puis j'été arrêté à 18H17 par un colonel de la base aérienne au moment où je prenais un café dans le salon d'honneur.
J'ai alors senti que quelque chose se tramait.
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Tunisie : de la révolution… à la démocratie !
Alors que le nombre de partis politiques continue de croître (déjà plus de 100 ! ) et avec lui celui des débats - tantôt cruciaux et productifs, tantôt purement politiciens et malheureusement stériles - de nombreux ministres et cadres du régime de Ben Ali sont toujours en poste dans le gouvernement provisoire.
Dernièrement, plusieurs anciens ministres impliqués de manière directe dans différentes affaires ont été acquittés et la permission a été accordée à certains symboles du régime déchu de quitter le sol tunisien. D'autres rumeurs s'ajoutent à ces faits et laissent craindre un retour en force du système corrompu que le peuple tunisien a vigoureusement rejeté au cours de la révolution qui, rappelons-le, a coûté la vie à plusieurs manifestants.
Dans ce contexte, il est impérieux que les partis politiques prétendant au pouvoir se penchent avec sérieux et application sur les grands défis qu'il faudra relever pour instaurer une démocratie durable en Tunisie.
Quelles que soient les formations politiques qui remporteront les scrutins à venir - ceux de l'Assemblée Constituante du 23 octobre puis ceux des élections qui suivront - les chantiers seront en effet identiques car la priorité pour la démocratie tunisienne balbutiante est de se construire un socle de stabilité reposant sur les quatre piliers suivants.
La lutte contre la corruption.
La corruption est un fléau qui entretient un lien viscéral avec la tyrannie. En 1549, Etienne de La Boétie, poète et écrivain humaniste français, s'interrogeait déjà sur les raisons qui expliquent que « tant d'hommes, tant de bourgs, tant de villes, tant de nations endurent quelquefois un tyran seul, qui n'a de puissance que celle qu'ils lui donnent ».
Sa réflexion l'amène au constat que dans une tyrannie, il se trouve toujours une partie corrompue de la population qui trouve son intérêt dans le maintien du tyran :
« 5 ou 6 ont eu l'oreille du tyran […]. Ces 6 ont 600 qui profitent sous eux, et qui font de leurs 600 ce que les 6 font au tyran […] ces 600 en maintiennent sous eux 6000 … ».
La corruption permet donc à la tyrannie de perdurer. Mais une fois le tyran déchu, tout n'est pas gagné car la corruption a ceci de terrible qu'elle gangrène durablement la société dans laquelle elle s'est propagée, au point d'entrer dans les mœurs. S'en défaire réclame non seulement de la justice un assainissement minutieux et déterminé des affaires passées, mais également une prise de conscience individuelle de chaque citoyen et la conception d'un cadre institutionnel particulièrement robuste.
La conception d'un cadre institutionnel robuste.
Le principe cardinal d'une Constitution est de garantir la souveraineté du peuple ainsi que la séparation effective et réelle des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire.
Car comme l'énonce la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789,
« toute société dans laquelle la garantie des Droits n'est pas assurée et la séparation des Pouvoirs déterminée, n'a point de Constitution ».
En particulier, la Justice doit jouir, dans les textes et surtout dans les faits, d'une indépendance réelle, ce qui suppose notamment de lui accorder les moyens financiers de fonctionner convenablement.
Autre point essentiel, la Constitution doit impérativement prévoir des organes de contrôle crédibles et indépendants car comme l'affirmait Montesquieu, « il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ».
Doivent en particulier être définis un Conseil Constitutionnel contrôlant la conformité des lois avec la Constitution, des organes de contrôle des finances publiques ainsi qu'un organe capable de délivrer des données économiques et statistiques fiables. Là encore, les discours ne suffisent pas et c'est dans les faits que l'indépendance et la crédibilité de ces différents organes seront évaluées.
L'importance de la Constitution dans la robustesse d'une démocratie émergente est véritablement capitale et doit inciter chaque Tunisien à aller voter le 23 octobre prochain afin que l'Assemblée Constituante dispose de la légitimité populaire la plus large possible.
La garantie de la sécurité sur l'ensemble du territoire.
La sécurité juridique étant assurée par le cadre constitutionnel que l'on vient d'évoquer, il convient également de garantir la sécurité physique des citoyens sur l'ensemble du territoire.
Cette mission régalienne est au cœur des missions de l'Etat qui doit pour cela disposer du monopole de la violence. Evidemment, cette violence doit se cantonner de manière très stricte au cadre que lui fixe la Loi et ne pas être utilisée à des fins idéologiques, partisanes ou privées comme cela a pu être le cas par le passé.
Dans ce domaine, un travail de longue haleine attend les forces de l'ordre pour éradiquer les différents trafics qui ont été entretenus et apprivoisés par l'ancien régime et certains cadres de l'administration publique. Ce travail devra s'accomplir avec détermination et dans le respect exemplaire de la Loi et des Institutions.
La relance de l'économie et la réduction des inégalités.
D'aucuns s'étonneront que la relance de l'économie soit ici reléguée en quatrième position. La raison est pourtant simple : une économie gangrénée par la corruption et où règne l'insécurité juridique comme physique n'a aucune chance d'attirer les investisseurs et de faire émerger des entrepreneurs.
Pour autant, ces priorités de court terme ne dispenseront pas le futur gouvernement de développer une stratégie à moyen et long terme pour offrir à l'économie tunisienne autosuffisance et durabilité. Dans cette optique, la Tunisie pourra s'appuyer sur ses atouts et notamment sur la qualité de son système éducatif et sur sa nombreuse diaspora, notamment en France, dont les compétences devront être exploitées.
Mais il faudra également préparer la montée en gamme de l'industrie pour offrir des débouchés adaptés aux nombreux diplômés au chômage et créer des conditions favorables pour moderniser l'agriculture dans le respect de l'environnement et de la qualité des produits.
Le soutien à l'innovation et à l'entrepreneuriat ainsi que le développement des exportations devront s'inscrire au cœur des préoccupations économiques afin de stimuler la croissance et limiter la dépendance vis-à-vis du tourisme et des industries à faible valeur ajoutée.
La lutte contre la corruption, la résorption du chômage et la croissance économique contribueront sans nul doute à réduire la pauvreté et les inégalités. Cependant, une attention particulière devra être accordée à la redistribution des richesses produites et notamment à la mise en place de garanties sociales permettant de répondre à une préoccupation majeure du peuple tunisien.
Enfin, un développement régional ambitieux doit permettre aux régions les plus en difficulté de retrouver de l'espoir dans l'avenir. Elles disposent pour cela de richesses naturelles (sous-sol) et de compétences humaines bien réelles.
Des quatre piliers précédents dépendra donc en grande partie la solidité du système démocratique auxquels les Tunisiens aspirent. Mais c'est avant tout par la vigilance de chacun et l'instauration progressive d'une culture démocratique qui fait encore défaut qu'aboutira la révolution. Primordiale pour les Tunisiens, la transition démocratique en Tunisie est également scrutée avec beaucoup d'attention dans l'ensemble des dictatures du monde arabe.
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