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lundi 2 mai 2011

Tunisie : Sidi Bouzid, cent jours après...





Fiers du nouveau statut de leur ville, les Bouzidiens savourent leur victoire sur la dictature. Mais ils ne relâchent pas leur vigilance et attendent avec impatience les premières mesures destinées à relancer le développement local.
Chef-lieu du gouvernorat du même nom, dans le centre du pays, la ville de Sidi Bouzid, 40000 âmes, jouit désormais du statut de lieu de naissance de la révolution tunisienne. Ses habitants, descendants des Hilaliens, majoritairement issus de la tribu des Hammama, n’en sont pas peu fiers. Amoureux du verbe et de la métaphore, le grand poète tunisien Sghaïer Ouled Ahmed, un enfant de la ville, décrit à sa façon le sentiment qui habite les gens de Sidi Bouzid: « Quelques jours après la chute de Ben Ali, j’ai eu à me rendre au Liban pour un colloque littéraire. Quand l’avion s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth, je me suis senti pour la première fois de ma vie supérieur à Hassan Nasrallah [chef du Hezbollah libanais, NDLR], seul leader arabe ayant défait l’armée israélienne. Lui continue de résister, moi j’ai vaincu. » Hasard de la géographie, pour rallier Sidi Bouzid depuis Tunis et Kairouan, la dernière ville que l’on traverse se nomme justement Nasrallah.
Les Bouzidiens sont-ils devenus des révolutionnaires permanents? Car si les Tunisiens ont « congédié » coup sur coup deux gouvernements transitoires, Sidi Bouzid, lui, a chassé trois gouverneurs depuis la chute du régime de Ben Ali. « La réaction de la population est compréhensible, explique Chiheb, 27 ans, animateur au sein de la société civile locale. Aucun d’entre eux n’est venu avec un budget adéquat pour financer de nouveaux projets ou débloquer ceux qui sont à l’arrêt. Les gouverneurs nommés se sont transformés en clercs enregistrant les doléances. Nous avons besoin de responsables ayant la capacité de trancher et disposant des moyens de leur politique. »
La question de la terre
Membre du conseil de la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, Sghaïer Ouled Ahmed renchérit: « Nous n’avons pas encore fait le deuil de nos morts, car de nombreux responsables de l’ancien régime sont encore en liberté, voire aux affaires, et l’euphorie révolutionnaire s’est très vite estompée sous l’effet de l’incertitude quant à l’avenir. » Objet d’une fatwa lancée par l’ouléma égyptien Youssef al-Qaradhaoui, Sghaïer Ouled Ahmed a toutes les raisons de redouter une victoire des fondamentalistes lors des prochaines élections. « Sidi Bouzid a accueilli en héros ses détenus islamistes après leur élargissement, s’inquiète Mongi, 53 ans, professeur de mathématiques. La misère est un terreau fertile pour Ennahdha. Quant aux salafistes, ils ont déjà pris le contrôle d’une mosquée, et le parti El-Tahrir [interdit, NDLR] dispose d’une section locale. » Islamistes, les Bouzidiens?
« Les origines arabo-bédouines de la population et leur vocation essentiellement agricole expliquent un certain conservatisme, analyse Lamine Bouazizi, 40 ans, historien. Sidi Bouzid a toujours été le théâtre de frondes contre l’autorité centrale: en 1864, lors du règne des beys; en 1906, pendant le protectorat français; en 1980, sous Bourguiba; et depuis 2005, contre le régime de Ben Ali. La révolution a certes été déclenchée par le sacrifice de Mohamed Bouazizi, qui s’est immolé le 17 décembre 2010, mais le feu couvait [al-nar chaala, en version originale, NDLR] depuis plus d’un an. » Au cœur de la contestation, le statut de la terre. Plus de 80 % de la surface de Sidi Bouzid est propriété de l’État. Les paysans qui travaillent la terre depuis des générations n’en ont pas l’usufruit. Et les terres agricoles exploitées ne peuvent pas servir de garanties auprès des banques pour obtenir crédits et financements. Pis, elles peuvent être retirées à l’exploitant sur simple décision de l’administration. « C’est un problème vieux de plus d’un siècle, explique un membre du gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi. Notre vocation est de gérer l’urgence et de préparer les échéances électorales. Quant à la situation foncière, elle fera certainement partie des priorités du prochain gouvernement. »
Dignité retrouvée
La région de Sidi Bouzid est l’une des plus pauvres du pays. Avec près de 35 % d’analphabètes, la ville détient paradoxalement le record national du nombre de diplômés-chômeurs rapporté à la population: 8000, loin devant Kasserine (6000), Jendouba (5500), Mednine (5000) et Siliana (4000), selon un classement établi par l’Union des diplômés-chômeurs (UDC). Mais si les Bouzidiens ont contraint trois gouverneurs à quitter leurs fonctions, les familles des martyrs de la révolution ont accepté des pouvoirs publics, pour chaque décès, un chèque de 20000 dinars (10000 euros). Sauf à Regueb, commune distante d’une vingtaine de kilomètres, autre pôle de la révolution tunisienne, qui pleure encore ses neuf morts, dont trois diplômés au chômage. « Nous estimons que ce gouvernement est un enfant naturel de l’ancien régime, affirme Moncef, et la charité du bourreau de nos enfants est malvenue. »
Îlot urbain en plein milieu d’un océan d’oliveraies et d’amandiers, Sidi Bouzid porte encore les stigmates de la révolution. Pas le moindre policier dans les rues, deux camions et un blindé léger marquent la présence de l’armée devant le gouvernorat. Dazibaos et banderoles habillent la place centrale, rebaptisée au nom de Mohamed Bouazizi. Le siège de la section locale de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), a été récupéré par des associations de la société civile. L’une d’elles, El-Karama (« la dignité », terme choisi par les jeunes de Sidi Bouzid pour qualifier leur révolution), a créé un cercle de réflexion associant toutes les catégories socioprofessionnelles toutes générations confondues pour débattre quotidiennement de la stratégie de développement de la cité. Chiheb en est l’animateur. En venant à notre rencontre, il détourne ostensiblement la tête d’une tente dressée depuis plus de huit jours à proximité du gouvernorat par une vingtaine de diplômés-chômeurs en grève de la faim. « Ils se sont battus pour avoir la liberté de mener leur combat, mais je ne suis pas un adepte du “tout et maintenant”. Je suis sorti du slogan “Dégage!” pour adopter celui de “bledi triguel” [“que mon bled se règle”, autrement dit “se stabilise”, NDLR]. Par bled, j’entends ma ville, ma région et mon pays. »
Conscience citoyenne
Membre de la section locale de l’UDC, Adib Aïssaoui, 29 ans, diplômé de lettres arabes depuis 2009 qui vit d’expédients et de boulots précaires (centres d’appels, cours de soutien scolaire…), désapprouve l’action des grévistes de la faim: « Je ne condamne pas le recours à l’ittisam [le fait de se distinguer, NDLR], mais la dynamique révolutionnaire ne peut s’embarrasser de revendications individuelles. » Pour Chiheb, il y a tant à faire que les énergies ne doivent pas se disperser: « Nous nous battons autant pour obtenir une révision du statut de la terre que pour la réhabilitation de la zone industrielle de la ville transformée par l’incompétence de nos dirigeants en simples dépôts et hangars pour entreposer des marchandises d’origine douteuse. » L’aménagement de la ville est également une priorité pour les jeunes révolutionnaires. « Sidi Bouzid compte vingt-deux décharges sauvages de déchets urbains et pas le moindre centre d’enfouissement. À moins de 200 m à vol d’oiseau du gouvernorat se trouve la seule unité industrielle de Sidi Bouzid. Il s’agit d’une usine d’aliments pour bétail dont les rejets polluants menacent la quasi-totalité de la population. »
Marches et sit-in, grèves et manifestations ralentissent l’activité économique de la région. Mourad est entrepreneur au chômage technique. « J’exploite plusieurs carrières d’agrégats, mais l’instabilité politique qui règne m’a contraint à suspendre mes activités. J’ai peur pour mes ouvriers et pour mes équipements. Résultat: une centaine d’employés au chômage et un avenir incertain pour l’entreprise. » Mais si l’économie tourne au ralenti, la vie politique est trépidante. Au café ou au lycée, dans l’unique bar ou à la mosquée, dans le bidonville de Hay el-Khadra ou au Mountazeh (parc de loisirs réduit à un immense espace vert mal entretenu), Sidi Bouzid ne parle que des prolongements de sa révolution. Conséquences nationales ou lointaines (Égypte, Libye ou Syrie), les Bouzidiens fêtent comme il se doit le recouvrement de leur liberté d’expression. Ils n’arrêtent pas de débattre du choix du mode de scrutin pour l’élection de l’Assemblée constituante (prévue le 24 juillet), de l’identité du prochain gouverneur, du projet de société pour la Tunisie de demain, ou encore du passé de la ville, avec son lot de jacqueries successives. « Nous avons contribué à faire sauter, à 3000 km de distance, un dictateur en place depuis trente ans, affirme Lamine, en référence à Hosni Moubarak, emporté par un mouvement populaire inspiré par Sidi Bouzid. Mais nous sommes incapables d’obtenir la tête d’un haut fonctionnaire de l’administration locale! »
Reflux d’émigrés
Les débatteurs dévorent la presse, boivent café sur café, grillent cigarette sur cigarette. Les échanges sont aigres-doux. Les rares militants de partis politiques tentent de convaincre lors de meetings improvisés sur la place centrale. L’assistance les écoute sans trop y croire. Le Comité de défense de la révolution, qui regroupe partis et associations de la société civile, se réunit quotidiennement et concentre les divergences d’opinions et d’intérêts. Quand ces derniers se sont exacerbés, un comité parallèle a vu le jour... Et vogue la révolution. Avec ou sans gouverneur, l’administration, elle, s’efforce de demeurer fonctionnelle dans un climat de contestation permanente.
Autre particularité de Sidi Bouzid: c’est la principale région pourvoyeuse de main-d’œuvre tunisienne en Libye. Les événements meurtriers qui secouent la Jamahiriya ont provoqué le retour massif de ces émigrés. « Sur les 35000 Tunisiens résidant en Libye, 7000 sont de Sidi Bouzid, nous indique un employé du gouvernorat, soit 1 sur 5. Aujourd’hui, [le 6 avril, NDLR], nous avons enregistré le 2 800e réfugié de Libye. Tous ceux qui sont en mesure de prouver qu’ils ont résidé dans ce pays depuis plus de six mois ont droit à une aide de l’État de l’ordre de 600 dinars. C’est bien sûr insuffisant, mais les pouvoirs publics n’ont pas les moyens de faire plus. » Un reflux qui devrait, hélas, consolider l’autre statut, moins enviable, de Sidi Bouzid: celui de place forte du chômage.

Túnez, intensamente humano, intensamente hermano

Amigo lector, es posible que usted conozca a algún visitante de Túnez que ha ido en uno de tantos viajes de entretenimiento comercial. Hasta ahora las multinacionales promotoras de tales viajes hacían creer que la cartera de algunos ciudadanos occidentales se podía permitir cualquier viajecillo basado en el desconocimiento absoluto de la vida del pueblo tunecino. Ahora, es posible pensar que lo acontecido en Túnez ha cambiado la perspectiva sobre aquél país, el gobierno que tenía, y su pueblo, a muchas de las personas que han ido y pensaban ir del avión al hotel y poco más para volver en avión. Refocilarse en un lujo superficial y a costa de otros hace más inútiles, más cínicos y más insensibles a quienes participan del comercio de la clase enriquecida a costa de ejercer la tiranía sobre el pueblo, a costa de mercadear con las riquezas éste y su fuerza de trabajo. Aún recuerdo un programa de TVE en el que hablaba un director de hotel subrayando la calidez de la atención en aquel recinto subido de lujo occidental, ajeno al mundo exterior; el director del hotel quería dar la impresión de que allí el turista podía ser el rey de todo ¿De qué todo? Seguro que aquella corruptela le valió algún visitante más. ¿Quién será y qué habrá sido de ese personaje tan atildado, si tenemos en cuenta que todos los negocios en Túnez eran de la familia Trablesi, la familia del dictador? ¿Quién viajó hasta Túnez como consecuencia de las palabras de aquél individuo, comerciales, huecas, extrañas a la más pequeña sensibilidad social?

Les invito a conocer Túnez, Túnez del pueblo, Túnez de la revolución, Túnez vivo, digno y en lucha contra la dictadura sostenida por los gobiernos europeos, EEUU e Israel. Les invito a conocer al pueblo de Túnez en lucha por la libertad y la justicia social. Nuestra guía de viaje se titula “Túnez, la Revolución”, sus autores son José Daniel Fierro y Alma Allende (Santiago Alba Rico); el primero es periodista y miembro del Consejo Editorial del diario Rebelión  y, Alma Allende es el seudónimo empleado por Santiago Alba Rico para firmar sus crónicas desde Túnez. Santiago Alba Rico es filósofo y escritor que no deja de reflexionar sobre la realidad en que vivimos, y apuntar caminos que ponen en alto la conciencia social; le doy aquí algunos de sus últimos títulos publicados: “Vendrá la realidad y nos encontrará dormidos”, “Partes de guerra y prosas de resistencia” (Editorial Hiru), “Leer con niños” (Editorial Caballo de Troya), “Capitalismo y nihilismo” (Editorial Akal), “Noticias” (Caballo de Troya).
La “guía de viaje”, “Túnez en Revolución” nos pone en el día en que el joven Mohamed Bouazizi se prendió fuego, en protesta por el trato y las condiciones de vida miserable a las que el régimen sometía al pueblo trabajador. Después nos adentramos en las movilizaciones, desde el 16 de enero hasta el 3 de marzo, fecha en la que se consigue la reivindicación que en la lucha fue haciéndose núcleo principal de las protestas: la Asamblea Constituyente y la convocatoria de elecciones.
El tirano Ben Alí con su clan familiar, asimilado al capitalismo europeo y estadounidense ejercía su dominio desde una posición feudal por las armas suministradas por tales aliados, entre ellos el gobierno español. La alegría que les causaba la explotación en Túnez dio lugar a que su Fondo Monetario Internacional (FMI) declarara al país ejemplo de economía capitalista, y por eso mismo el Foro Económico Mundial para África lo elogiaba como el más competitivo “del continente”. El gobierno dictatorial envuelto en el celofán del capitalismo fue presentado por sus padrinos muy poco antes del levantamiento popular con varios premios: la Copa de África, el Mundial de Balonmano, y una Cumbre de la Información; cualquiera de ellos y todos a la vez eran una burla, un sarcasmo, un desprecio absoluto por la verdad y la justicia, es curioso que todo esa gala la publiciten sus protectores en medio de la prohibición de toda información, ni hablada ni escribita, hasta ser declarado el 2º país del mundo con mayor censura informática. Y, por ejemplo, ¿los periódicos españoles hablaban de ello?.
Una gota puede desbordar el baso, y esa gota lo desbordó cuando a Mohamed Bouazizi, un joven ejemplo de los jóvenes de Túnez por su condición de parado, la policía le robó su carrito de verduras con cuya venta llevaba algún dinero a su familia, después le abofetearían humillándole todavía más. Sumido en la desesperación y la impotencia, desde la absoluta miseria, se prendió fuego. Los crímenes del régimen, con el grito de Mohamed Bouazizi, se verían enfrentados por la población.
“El 17 de diciembre –nos dice Santiago Alba Rico en la Introducción- una chispa iluminó de pronto el monstruo y reveló asimismo, como explica el sociólogo Sadri Khiarique, “no hay servidumbre voluntaria sino solo la espera paciente del momento de la eclosión”. Para entonces, policías y militares ya habían asesinado a 100 personas en todo el país.
Se abre la que hemos denominado “guía de viaje” con las “Crónicas de José Daniel Fierro”; primera fecha, 16 de enero. La revolución está en marcha y Ben Alí ha escapado de Túnez. Hasta el último momento los capitalistas europeos y estadounidenses con sus jefes de gobierno le mandaban su apoyo públicamente, le llegaron a ofrecer fuerzas de policía y militares. Más allá de los gobiernos, una ministra francesa hizo un viaje particular para ver la manera de proteger sus negocios. Teniendo perdida la batalla, la misma policía se echó a la calle a saquear establecimientos. El pueblo de Túnez se enfrentaba a su verdugo, y como nos dice José Daniel fierro: “Occidente, mientras tanto, guarda silencio”.
Las sucesivas crónicas de José Daniel Fierro, tituladas “Reflexiones sobre la memoria”; “…sobre el compromiso”; “…sobre la barbarie”; “…sobre la esperanza”; “…sobre el valor”; “… sobre la higiene (democrática)”; “… sobre el orgullo”; “…sobre la perspectiva “; y “…sobre la camaradería”, recogen lo esencial, por cada uno de estos conceptos, de lo acontecido y las ideas expresadas por los revolucionarios y su pueblo en esos días. El nombre de Mohamed Bouazizi se pronuncia con fervor, y en el aeropuerto de la capital arrancan y destrozan el del dictador, que lo titulaba, y ponen el de ese muchacho que con su vida impulsó la conciencia social. “La memoria es la inteligencia de los pueblos que recuerdan de dónde vienen y saben a dónde se dirigen”, nos dice el autor.
Luego nos mostrará escenas en las que el control de la situación lo tienen “jóvenes, adultos y ancianos” en las calles y los barrios formando “milicias populares”, y es la policía la que obedece. Nos pondrá al corriente del asesinato del foto-reportero franco-alemán Lucas Mebrouc, al que un policía le disparó a bocajarro una granada lacrimógena. Su muerte ha sido precedida por múltiples castigos de torturas y cárcel por “asociación criminal” a periodistas tunecinos que escribían sobre lo que venía aconteciendo desde hace años. Por otro lado, aún en esos primeros días de la revolución, la televisión seguía emitiendo fútbol y programas basura.
Poco antes, en el 2008, Sarkozy miraba su cuenta corriente y declaraba: “Hoy (en Túnez) progresa el espacio de libertades”. Pero es que Strauss-Kahn, jefe del FMI, socialdemócrata, declaraba sobre el gobierno dictatorial de Túnez: es “un buen ejemplo para los países emergentes”, y consideraba “muy positiva” su política. Strauss-Kahn, socialdemócrata, como el tal Ben-Ali. ¿Conoce usted más socialdemócratas? En Túnez privatizaron la riqueza del Estado, y sumieron a la población en la pobreza, corrompiendo de paso toda la red social.
Con esa historia detrás, en los días de revuelta se corre la voz de la destrucción masiva de documentos por parte de la policía. Los ladrones de siempre sacan el dinero del país; la prensa, dirigida en su intento de distracción, se llena de asuntos morbosos. Mientras, la solidaridad del pueblo tunecino abre espacios inimaginables, las palabras de la madre y el resto de la familia de Bouazizi van de boca en boca: “Estoy orgullosa de lo que hizo. Es bueno saber que mi hijo tuvo un papel en cambiar las cosas” “Rezo para que el pueblo tunecino no pierda esta oportunidad para la revolución. “Todos le tenemos un gran respeto. Es el verdadero líder de nuestra revolución, el héroe de la juventud. Se sacrificó por sus derechos y por los de los demás”.
Terminadas las crónicas de José Daniel Fierro vienen al lector las de Alma Allende-Santiago Alba Rico, haciendo una aclaración previa, Alma es el acrónimo de Alba Martínez, que escribió la primera de las crónicas, y Santiago Alba lo mantuvo “para seguir cubriendo la revolución tunecina desde otro cuerpo”.
Santiago Alba Rico comienza el 13 de enero a mostrarnos al pueblo superando obstáculos, sus conquistas sobre los gobiernos reaccionarios que se suceden, el desgaste que deja ver la falta de organización política en el campo revolucionario, los pasos atrás por las presiones y componendas de los reaccionarios burgueses, la situación en el conjunto del país, donde el drama del pueblo trabajador, minero-campesino, es insoportable, generalizadas el hambre y las enfermedades, como el cáncer producido por los fosfatos, y el otro cáncer, el del paro, y, sin embargo, brilla con luz propia la labor desarrollada en ciudades como Redeyef por la organización social y política de los trabajadores. La crónica de cada uno de los días –del 13 de enero al 6 de febrero, y luego el paso rápido por los últimos días hasta el 3 de marzo- es una síntesis de esos conocimientos políticos, tácticos y estratégicos: 13 de enero. Todo se precipita. Día 14 de enero. Las fotos de Ben Alí arden por toda la ciudad. 15 de enero. Huelga general. “Ministerio del Interior, ministerio del terror”. “Moriremos, moriremos para que viva la patria”. Se lucha en todo Túnez. El gobierno de EEUU y los gobiernos europeos están desconcertados. El pueblo tiene grandes esperanzas. La lucha de los trabajadores en todo Túnez hace caer el muro desinformativo. Hay cambios. Pero también empieza el terrorismo policial en la noche, e inmediatamente el pueblo responde con la organización de comités de defensa.
Santiago Alba Rico introduce poco antes de terminar un nuevo factor de reflexión, lo ocurrido en Libia, que por aquellos días se presentaba como otra revolución popular, para entonces ya se había producido el levantamiento en Egipto, y estaba encendida la mecha de Barheim. Transcurrido el tiempo de todos son conocidas algunas cosas más sobre Gadafi, sus torturas y negocios con EEUU, Europa e Israel, pero también las colaboraciones de éstas mismas potencias con la resistencia al régimen: asesores militares, venta de armas, bombardeos a la población, intervención de la CIA, apertura de oficinas diplomáticas del autoproclamado gobierno, y petróleo, venta de petróleo mediante barcos de países interpuestos. La revolución se mueve, la reacción también.
Inmediatamente después se nos comunica la noticia de la creación del gobierno que se ha formado en Túnez -los revolucionarios han hecho caer hasta tres- que anuncia, con la boca pequeña, que la principal reivindicación de los revolucionarios, la convocatoria de una Asamblea Constituyente se va a llevar a cabo, y las elecciones se celebrarán el 24 de julio. El gobierno, muy tibio, ha asumido la reivindicación después de que el pueblo haya vuelto a tomar la Qasba el día 25 de Febrero. La Qasba ha sido el lugar de asentamiento del pueblo de Túnez en lucha contra sus enemigos internos y externos, ha sido el centro en el que se encaramó la revolución empujada desde todas las poblaciones, ha sido el lugar donde estaba ubicada la escuela política para los trabajadores llegados de todo el país, allí es donde se mostraba su resistencia con un alto nivel organizativo, donde se terminó de una vez con la represión policial y desde donde se rechazaron las migajas que los negociadores reformistas y los descendientes del régimen.
No es una revolución “de blogueros y cibernautas” como escribió el reaccionario Bernard Henri-Levy, consejero de guerra de Sarkozy, es una revolución de proletarios y campesinos; “la revolución nace en Sidi Bouzid, el lugar más agrícola, más atrasado, más cerrado, del país. … El primer golpe contra el régimen se propina desde una mentalidad feudal, no desde la marginación del paro urbano más o menos cualificado, como se pretende”, señala a Santiago Alba, Redha, abogado bien conocido por su defensa de los trabajadores en las huelgas desde 1986, año de grandes luchas en las minas de fosfatos. La herramienta cibernética empleada en algunas zonas, ha jugado un papel limitado, han sido los obreros y campesinos quienes echaron a perder las maniobras del gobierno de EEUU, que ha cambiado a su embajador para instalar en Túnez al que estaba en Iraq, echaron a perder las maniobras de los gobiernos europeos, la UE, cuyo portavoz de política exterior, Catherine Ashton, declara entonces que ya se ha puesto de acuerdo con el nuevo ministro de asuntos exteriores del país en revolución, “para asegurar que los intereses fundamentales de Europa y Túnez –la liberalización de la economía y el control de la emigración ilegal- se mantengan a pesar del cambio de gobierno”, y echaron a perder las maniobras de Israel, que ve en la revolución tunecina un desencadenante del apoyo al pueblo palestino y una pérdida de su influencia en la zona; Israel, aunque no disponía de embajada en el país sí tenía oficina comercial y por debajo sostenía con el tirano importantes acuerdos; lo último es que el gobierno sionista ha emprendido una campaña invitando a salir de Túnez a los judíos que allí viven y vayan a instalarse en territorio ocupado por Israel al pueblo palestino. La respuesta por parte de los judíos tunecinos ha sido completamente negativa, afirman querer seguir en su tierra, son tunecinos. Los tres aliados de Ben Alí contaban con las fuerzas represivas del tirano, la burguesía corrupta y el aparato burocrático sindical, y se han visto sorprendidos por el hundimiento tan rápido de sus colaboradores.
Antes de la convocatoria para la Asamblea Constituyente, el horizonte se configuraba entre dudas, un interlocutor de Santiago Alba Rico en la ciudad de Gafsa, a escasos días del final mencionado, le dice: “-Ahora hay un poco más de libertad para expresarse… nos permiten hablar de revolución, pero no hacer la revolución. No hay dictador, pero sí dictadura. … sigue habiendo presos políticos,…”. Redha, el abogado, expone a Alba Rico una metáfora muy inquietante del momento que se vive: “- Yo he visto cambiar de piel a una serpiente. Durante tres días, mientras produce una nueva desde su interior, está desnuda, expuesta a todos los peligros; es vulnerable. Es y no es una serpiente. Debe protegerse del calor y del frío. No puede atacar a nadie; no puede ni siquiera comer. Pero si no se le corta la cabeza en ese momento de debilidad absoluta, ya no hay nada que hacer. La serpiente va recuperando fuerzas poco a poco, se arma de nuevo y recobra su agresividad. Lo que hay ahora mismo en Túnez no es una revolución; es una dictadura que cambia de piel. … La serpiente se rearma muy deprisa. Pero al mismo tiempo no tiene más remedio que hacer concesiones todavía. El gobierno, por ejemplo, se ha visto obligado a firmar dos protocolos internacionales muy importantes: el relativo al Tribunal Penal Internacional y, más importante aún, el Pacto de Derechos Sociales, Económicos y Culturales de la ONU, del que están ausentes casi todas las grandes potencias. Es y no es una serpiente, digo, y que lo sea o no es cuestión de tiempo. Es cuestión del pueblo. … Los intelectuales de izquierdas tienden a representarse un pueblo puro, revolucionario, y a sufrir por eso grandes decepciones. Pero el pueblo no es una construcción intelectual. El pueblo tunecino es como todos los pueblos: está lleno de vicios, defectos, mezquindades y tiene que cargar además con su propia historia reciente. Es rebelde, pero no revolucionario; y por la misma razón que se enciende rápidamente también se someterá enseguida. Nos encontramos, pues, en una encrucijada kafkiana. La serpiente está desnuda y hay que ejercer presión popular, pero esa misma presión popular, sin dirección ni programa, puede abortar la revolución. … El gobierno de Ben Alí, además, implicó a todo el mundo en su corrupción, de los más pequeños a los más grandes, y es con ese material con el que hay que hacer la revolución. No hay otro y de nada sirve engañarse. … Si no le cortamos la cabeza a la serpiente ahora, estamos perdidos. Y la paradoja sin fácil solución es ésta: si la revolución se para volvemos al punto de partida. Pero si no nos paramos para reflexionar y organizarnos, su propio movimiento la hará pedazos. No estamos haciendo la revolución, la estamos sencillamente padeciendo”.
A continuación, Santiago Alba se interna por el país y nos enseña la situación día a día en la que viven los trabajadores, cómo lo explican ellos mismos, cuáles son sus urgencias, cómo han llegado a una sociedad por hacer; nos muestra el territorio y su vivencia, el estado político conquistado o en vías de conquista, una realidad completamente desconocida para los visitantes: Hay ciudades liberadas como Redeyef, allí un dirigente revolucionario comenta: “…estamos tratando de establecer una dirección regional única con otros pueblos de la zona. Pero no hay que olvidar que de nada sirven las negociaciones y acuerdos entre direcciones locales si no se es capaz de convencer y movilizar al pueblo. La revolución está incompleta y sólo podremos completarla combinando organización y movilización”. Hay otras ciudades con una tradición histórica de lucha, como Gafsa, y las hay que viven el momento histórico en la desesperación de su nacimiento organizado, así ocurre en Moulares. La oportunidad para el pueblo trabajador tunecino es única, y, el peligro reaccionario también está latente. Con ésta guía, el lector no dejará de asombrarse, de emocionarse, de reflexionar momento a momento hasta la última frase: “Túnez es ya otro país”, y usted al terminar de leer es ya otra persona.
Título: Túnez, la Revolución.
Autores: José Daniel Fierro, y, Alma Allende (Santiago Alba Rico)

Si la Tunisie s'effondre, l'Europe s'écroulera

Pourquoi l’Europe a–t-elle intérêt à ce que la Tunisie ne s’effondre pas ? Non pas parce qu’elle est généreuse (et elle l’est) mais parce qu’il en va de ses intérêts sécuritaires, économiques et politiques ! En un seul mot, il en va de sa pérennité.

Il faut d'abord rétablir quelques vérités au sujet de le générosité européenne. L’Europe refuse de s’engager sérieusement financièrement dans l’accompagnement de la Tunisie vers la transition démocratique. Ce mutisme européen est un fait qui constitue une erreur fondamentale. Certains avançant même que l’Europe n’a jamais aidé financièrement l’Afrique et encore moins la Tunisie. Pourtant, pour être honnête, il faut souligner que ces critiques ne sont pas totalement vraies. On ne peut passer sous silence l’aide passée de l’Europe en direction du continent africain.
Effectivement, il faut être plus nuancé ; si nous verrons plus loin pourquoi elles sont compréhensibles, ces critiques ne sont pas totalement justes. Sans rentrer dans les détails, il faut souligner que l’Union Européenne, durant les trente dernières années, à beaucoup aidé financièrement les pays du Maghreb et par conséquence la Tunisie. Des centaines de millions d’euros ont été alloués à des domaines aussi divers que l’Education, la construction de voies de communication, l’assainissement des eaux…..
Mais pourquoi ces critiques sont-elles alors compréhensibles? Pour deux raisons. :
• Tout d’abord, l’Europe a certes alloué des fonds mais le contrôle qui en a été fait fut si faible qu’une grande partie a été détournée pour enrichir quelques personnes. Preuve en est que sur le terrain, les bénéficiaires légitimes n’ont jamais vu l’utilisation concrète des sommes prêtées ou données par l’Union européenne.
• La deuxième raison explique dans une certaine mesure cette absence de contrôle. Ceux qui auraient dû être contrôlés dans l’utilisation des fonds, les dirigeants corrompus, garantissaient ce qui était le plus important aux yeux de l’Europe, à savoir empêcher l’immigration clandestine d’atteindre l’Europe et circonscrire la menace islamiste. Pourtant, l’immigration clandestine ne s’est jamais réellement arrêtée et la menace islamiste (le plus souvent exagérée) a surtout permis d’étouffer toute velléité démocratique des forces d’opposition diverses (presse, syndicats et partis politiques).

Pourquoi l'Europe doit-elle aider la Tunisie ?
Un petit retour en arrière dans l’histoire de l’Europe s’impose. Le 5 mai 1947, Georges Marshall, homme d’état américain, lance le programme de relèvement de l’Europe (European recovery program) plus connu sous le nom de « plan Marshall ».
Pourquoi les américains se sont-ils lancés dans ce  coûteux programme ? Eux qui avaient déjà dépensé, avant ce plan, pendant les deux années qui ont suivi 1945, l’équivalent de 15 milliards de dollars (pour maintenir plusieurs pays européens à flot et surtout l’Allemagne, elle qui remboursait une dette de guerre énorme à l’URSS).
Les Etats-Unis ont donc été sans conteste généreux mais avaient-ils simplement un objectif philanthropique ? Bien évidemment non et c’est là ou le parallèle avec la Tunisie doit être fait car les Etats-Unis ont évité pour eux ceux que l’Europe semble ignorer pour elle.

Le soutien économique pour contrecarrer tout idéologie populiste et hostile aux intérêt de l’Europe

Avec ce plan, les américains voulaient éviter que les régimes européens s’effondrent, que les peuples se révoltent parce qu’ils ont faim, et que l’idéologie totalitariste communiste, récupère la mise.
Les européens doivent bien réfléchir avant de laisser la Tunisie seule face à son destin. Ils doivent la soutenir économiquement dans le cadre d’un vaste plan d’aide. Le phénomène est connu, le lit de tous les extrémismes est la pauvreté. L’histoire, pas si ancienne que cela de l’Europe, en est un bon exemple. Les régimes fascistes européens ont été concomitants à des périodes de crise.
Les tunisiens sont éduqués, instruits et possèdent une ouverture d’esprit reconnue mais, sans aide, comme tout naufragés en détresse, ils se raccrocheront à tout radeau, fusse t’il extrémiste, pour ne pas se noyer.

Contrôler l’utilisation de l’argent

Les Etats-Unis voulaient arrêter la charité à fond perdu donnée aux européens mais qui ne leur profitait pas toujours car détournée. Ils voulaient investir dans des grands projets à long terme permettant la remise à flot de l’économie européenne. Ils voulaient rendre autonomes les Etats européens. Pour cela, il ont conditionné le versement des aides au respect de règles de contrôle strictes quant à leur réalisation. En ces temps de crise, le problème des européens est que vue l’état de leurs finances, ils sont réticents à dépenser,  à fortiori  s’ils ne sont pas sur de la bonne destination des fonds. Comme dans le cadre du plan Marshall, ils peuvent aisément prévoir des mécanismes de contrôle qui conditionneraient strictement les aides versées au respect d’objectifs précis. Mais venons en  au point essentiel.

Le risque de la fin de l’aventure européenne

Avec le plan Marshall, les Etats-Unis voulaient assurer la sécurité en Europe gage pour eux d’un développement du commerce pour écouler leurs marchandises, films et produits divers. En effet, la faiblesse de l’Europe impactait directement leur économie et par conséquent leur stabilité sociale intérieure.
C’est sans doute le point le plus important pour l’Europe. L’effondrement de la Tunisie, ne constituera sans doute pas une grande perte pour l’écoulement des marchandises européennes contrairement à ce qui s’est passé à la fin de la seconde guerre mondiale. Le risque est plutôt inverse.
En effet, la stabilité économique et sociale européenne sera impactée car d’importants flux migratoires se dirigeront vers l’Europe si la Tunisie s’effondre. l’Etat tunisien s’affaiblira sans doute rapidement en raison du tarissement des ses moyens financiers pour fonctionner et maintenir ses organes de sécurité (police, armée, douanes).
A quelques heures de bateaux de l’Europe, la Tunisie, comme la Somalie , serait le point de départ de tout ce dont ne veut pas l’Europe. En tous cas, ce qui est sur, c’est qu’elle sera le point de départ de tous les clandestins du Maghreb et de l’Afrique dans sa direction.

Bien évidemment, comme vous le savez, tout cela n’est pas qu’un scénario de fiction destiné à faire peur car il a déjà commencé à se réaliser. Ainsi, ce ne seront donc pas quelques centaines d’immigrants auxquels il faudra faire honteusement la chasse en plein Paris mais des milliers. Quelle seront les réactions dans le Monde face à ces comportements hostiles aux immigrés clandestins ; quelle image l’Europe donnera t-elle ?
Et même si, retrouvant ses esprits, l’Europe les accueillaient dignement, en aurait elle les moyens quant il s’agira de milliers d’immigrants arrivant chaque jour sans que l’on sache quand le flot s’arrêtera. Bref, face à ces risques sécuritaires, économiques et sociaux, l’Europe résistera t-elle ou commencera t-elle à se déliter comme elle commence d’ailleurs déjà à le faire avec la remise  en question des accords de Schengen suite à  l’arrivée des quelques centaines d’immigrants tunisiens ?

Est-il réellement dans l’intérêt de l’Union européenne de ne pas aider la Tunisie avec un plan de relance digne de ce nom ? Qu’est-ce qui lui coûterait le plus cher ; agir préventivement aujourd’hui en soutenant la Tunisie ? Ou s’abstenir et faire face demain aux extraordinaires conséquences qui en découleraient ?

A part aider la Tunisie, quelles solutions l’Europe serait-elle tentée de mettre en place pour faire face à ce problème tunisien ?
Bien évidemment, il y a une solution connue de tous et qui a fonctionné pendant des décennies. A savoir, s’accommoder d’un président-dictateur (gardien de prison à l’échelle d’un pays), brimant son peuple et les libertés fondamentales sans qu’on ne le critique trop fort, à condition qu’il empêche tous les pauvres de son pays d’immigrer. Cette solution a de moins en moins de chances d’être envisageable. Le fait est que la Révolution tunisienne est passé par là et que les peuples sont, ces temps-ci, très en forme pour licencier sans préavis leur tortionnaire en chef. Surtout qu’il serait désormais mal vu pour un dirigeant européen, comme ce fut le cas dans le passé, d’aller « tapoter » sur le dos d’un dictateur en le louant comme si de rien n’était.
La seconde solution, celle que semble privilégier actuellement l’Europe, est de se retrancher dans une forteresse en investissant dans des solutions sécuritaires qui ne marchent pas et qui n’ont comme seule conséquence que d’enrichir les entreprises qui proposent ce type de solutions. Voilà d’ailleurs en réalité où se trouvent les dépenses à fond perdu pour l’Europe !. Dans combien de bateaux, avions, moyens humains faudra il investir pour contrôler les milliers de km carrés de la Méditerranée ? Et pour quel résultat d’ailleurs ?

En fait, la meilleure solution, encore une fois, est d’aider les tunisiens à vivre dignement dans leur pays. Si des jeunes affrontent une mer méditerranée déchaînée dans des barques fragiles, ce n’est pas pour s’offrir des sensations  mais parce qu’ils risquent de mourir de faim chez eux. Si l’on investit massivement en Tunisie, tout en contrôlant, encore une fois l’argent investi, la Tunisie ne s’effondrera pas, se développera économiquement et l’on diminuera le flot d’immigrants. L’immigration existera toujours mais dans proportions raisonnables et surtout gérables.

Pour paraphraser Victor Hugo, l’histoire tunisienne est en marche et rien ne pourra l’arrêter. Mettre ses deux mains devant ses yeux pour se cacher cette réalité n’y changera rien. Faire face en gesticulant de manière populiste parce que des élections sont proches non plus. Ne pas aider la Tunisie, c’est non seulement rater ce grand rendez-vous de l’Histoire mais c’est surtout s’exposer à des risques sécuritaires et  économiques réels. L’Europe n’y résisterait pas.
Accompagner la Tunisie vers la Démocratie, la soutenir financièrement, c’est non seulement renforcer ses liens avec un pays déjà ami, conforter sa zone d’influence, mais c’est surtout, comme aux échecs, s’assurer à l’avance d’une fin de partie gagnante.
Le temps presse. Il faut agir rapidement et mettre sur pied un plan « Marshall » pour la Tunisie. Un plan gagnant/gagnant.

 

Lech Walesa : « Je suis à votre disposition jusqu’à ce qu’on ferme mon cercueil »

Dirigeant une délégation polonaise qui s’est rendue en Tunisie dans l’objectif d’encourager les changements démocratiques suite au renversement de l’ancien régime, Lech Walesa le chef historique de Solidarnosc, était présent lors de la 14ème session du forum international de Réalités.

Lors d’une conférence de presse qu’il a tenue le jeudi 28 avril 2011, l’ancien président a précisé qu’en dépit de la différence fondamentale existant entre les révolutions tunisienne et polonaise, les deux pays sont, tout de même, passés par des chemins semblables.
Selon M. Walesa, il est nécessaire d'œuvrer à la réalisation d'un consensus entre la société civile virtuelle, composée de jeunes internautes ayant dépassé de loin les partis politiques, et les composantes traditionnelles de la société civile. Un projet politique doit être mis en place fédérant les différentes parties dans le but de réaliser un objectif commun, à savoir, «une Tunisie moderne, démocratique, libre, pluraliste, juste et solidaire». Un processus difficile et qui demande du temps, certes, mais qui est tout de même réalisable grâce à une jeunesse consciente et courageuse.

Le titulaire du prix Nobel de la Paix en 1983 a, par ailleurs, profité de sa présence en Tunisie pour déclarer son soutien le plus profond pour les Tunisiens, proposant la transition polonaise comme une réussite à suivre. « Je suis à votre disposition jusqu’à ce qu’on ferme mon cercueil », déclare t-il.

Tunisie - Plainte contre Ennahdha

Un groupe d’avocats tunisiens a déposé une plainte contre le parti Ennahdha. Ces avocats motivent leur plainte par le fait que le parti est d’orientation islamiste et viole ainsi les lois tunisiennes en vigueur. Ils motivent également leur plainte par les affaires des années 90 où des citoyens ont été agressés et assassinés. Les avocats estiment qu’Ennahdha est impliqué dans ces affaires dans lesquelles la justice ne s’est pas encore prononcée.
Si la plainte de ce groupe d’avocats aboutit, il y a des risques pour qu’Ennahdha devienne inéligible dans les prochaines élections.

La Tunisie élue membre de la commission de l'ONU pour la prévention du crime et la justice pénale


La Tunisie a été élue à, l'unanimité, membre pour un mandat de trois ans de la commission pour la prévention du crime et la justice pénale, relevant du Conseil économique et social de l'Organisation des Nations unies, à New York. Cette élection a eu lieu lors de la réunion consacrée au choix des nouveaux membres, dans les différentes structures du conseil et au niveau des commissions techniques.

Cette commission, créée en 1992, assume, principalement, la mission de consolidation de la coopération internationale, pour lutter contre le crime à l'échelle nationale et transnationale dont le crime organisé, le crime économique et le blanchiment d'argent.

Elle œuvre à promouvoir les moyens de lutte contre le crime dans les zones urbaines et la violence, et à améliorer la gestion des affaires de la justice pénale. (TAP)

L’avenir d’une Tunisie démocratique passe par l’éducation du peuple

Yamen Koubaa, professeur de marketing et d’affaires internationales à l’Ecole Supérieure de Commerce de Brest, livre sa vision sur l’avenir de la Tunisie, et ce dans le cadre d’une conférence-débats qui sera organisée jeudi 5 mai prochain par l’association La Liberté de l’esprit ayant pour thème “Comprendre les révolutions arabes“. 

Le professeur tunisien, pense qu’on peut parvenir à une “une Tunisie démocratique“ à condition que des personnes, ayant un poids important dans la société, investissent dès maintenant dans l'éducation du peuple… et ce à travers les médias, mais également des séminaires et conférences. 

Pour lui, ces personnalités peuvent être “des avocats très connus qui ont dirigé la révolution et sont respectés“, des “imams des mosquées qui ont une grande influence sur la société, à condition de bien les former à la responsabilité politique de l'éducation des gens“.  

M. Koubaa estime, par ailleurs, qu’à la date du 25 juillet “on n'aura pas une Tunisie complètement démocratique“. Pour y parvenir, “on doit passer par une période de deux-trois ans de «rééducation» de la société, parce que pendant 25-30 ans il n'y a pas eu de débats politiques en Tunisie“.

Répondant à la question de savoir si ce
Répondant à la question de savoir si ces premières élections vont apporter de la stabilité, il dira «une partie seulement. Tout dépend de ce qui va sortir de la période actuelle où se décident les conditions de l'élection, si les acteurs arrivent à s'entendre sur une méthode de campagne et de scrutin convenables. Ensuite, tout dépend de l'assemblée constituante qui sera formée et de la capacité de ses membres à trouver une voie pour offrir au peuple de meilleures conditions sociales et économiques».

Par ailleurs, quand on lui pose la question «il faut que les gens vivent. Ça pose la question de la reconstruction économique et sociale du pays», le professeur avoue que c’est «un chantier difficile. La Tunisie dépend beaucoup du tourisme, des investissements étrangers. On vit une période “instable“ parce qu'il y a des grèves, des manifestations partout». Mais selon lui, «beaucoup de gens commencent à réaliser qu'il y a un risque de faillite pour le pays, à se dire qu'il faut recommencer à travailler maintenant pour en récolter les fruits dans l'avenir. Car il existe des solutions économiques pour la Tunisie».

Parmi ces solutions, il indiquera que la Tunisie n’a pas des ressources naturelles immenses mais peut compter sur “un peuple éduqué“. A cet égard, «avec un peu de stabilité politique, on peut peut-être inciter les investisseurs étrangers, notamment du Moyen-Orient, où il y a beaucoup d'argent, et d'Europe aussi, notre premier partenaire».

A l’instar de nombre d’analystes, M. Koubaa croit nécessaire de «relancer le secteur du tourisme avec une nouvelle stratégie: aller plus loin en Asie, au Moyen-Orient, élargir nos prospections en Europe, en Amérique du Nord». Mais seulement, «il faut aussi privilégier les technologies de l'information, l'éducation, les investissements dans les PME».

Enfin, sur la question concernant «le régime politique irait le mieux à la Tunisie», son analyse est on ne peut plus pragmatique. Voici sa réponse: «Si on va vers un régime parlementaire, il y a des risques parce qu'en Tunisie il n'y a pas de parti majoritaire. La diversité des minorités politiques poserait un problème pour le choix du président. Autrement dit, on se retrouverait dans la situation actuelle: on n'arrive pas à former un gouvernement depuis trois mois. Si on va vers un régime présidentiel, on risque d'avoir quelqu'un qui va nous répéter la même histoire que Ben Ali. L'important c'est de définir des mécanismes qui permettent un contrôle populaire sur le pouvoir. Que le peuple puisse à tout moment réclamer la justice et vérifier que les institutions fonctionnent convenablement». 

Situation humanitaire inquiétante dans des camps de réfugiés libyens en Tunisie

TATAOUINE, Tunisia - Face à l'afflux de réfugiés fuyant les combats dans les régions montagneuses de l'ouest libyen, autorités et populations locales tunisiennes tentent de faire face tant bien que mal, mais la situation devient de plus en plus préoccupante sur le plan humanitaire. Au delà de l'aide matérielle, c'est aussi une véritable aide psychologique qu'il faut apporter à des réfugiés traumatisés, dont certains ont été victimes de viol.

Un calme précaire prévalait ce week-end à la frontière après les combats intenses ayant opposé ces derniers jours troupes loyales à Kadhafi et insurgés autour du poste frontalier de Déhiba/Wazen. Pour parer aux incursions des belligérants en territoire tunisien qui ont blessé plusieurs civils et provoqué la panique dans la population de Déhiba, suscitant de "vives protestations" de Tunis, l'armée et les gardes-frontières tunisiens ont renforcé leur présence dans la zone.

Contrôlé tantôt par les uns, tantôt par les autres, ce point de passage stratégique pour l'approvisionnement en denrées alimentaires, médicaments et carburant est depuis vendredi aux mains des insurgés.

Le nombre de réfugiés ne fait qu'augmenter. Avec essentiellement des femmes et des enfants qui ont fui précipitamment leur maison, ils seraient près de 24.000 à avoir officiellement traversé la frontière à Déhiba depuis le 6 avril, a précisé mardi dans un communiqué le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). Ils sont ainsi plus de 1.500 dans le camp de Déhiba mis en place par les Emirats arabes unis et géré par le Croissant-Rouge tunisien (CRT).

Devant cette situation, soulevée par le ministre des Affaires sociales Mohamed Ennaceur, des appels sont lancés avec insistance par le biais des radios et des organisations mobilisées sur place comme le CRT. Plusieurs caravanes, dont une venue d'Irlande, et d'autres des régions intérieures de la Tunisie sont déjà arrivées

Nouveaux combats à la frontière entre la Tunisie et la Libye

De nouveaux combats ont éclaté dimanche entre les forces régulières libyennes et les rebelles près de la ville de Wazin, à la frontière avec la Tunisie. Un journaliste de l'agence Reuters se trouvant à Dehiba, du côté tunisien de la frontière, a fait état de tirs d'artillerie et d'affrontements à l'arme légère. Selon des rebelles, des combats les ont opposés aux forces kadhafistes dans la nuit de samedi à dimanche à 7 kilomètres de là, dans la montagne.
Dehiba se trouve à l'intérieur des terres, à 150 kilomètres environ de la côte méditerranéenne. Les autorités tunisiennes ont dénoncé cette semaine des violations de la frontière par les forces kadhafistes.
Au poste-frontière, le flot de réfugiés libyens ne tarissait pas dimanche matin, la police tunisienne ayant enregistré la veille le chiffre record de 4 970 personnes en une journée. En milieu de matinée, des dizaines de véhicules aux plaques d'immatriculation libyennes patientaient au poste-frontière. Côté libyen, un des soldats rebelles qui tient le poste, surmonté du drapeau aux trois couleurs rouge noire et verte adopté par les insurgés, relève sur un grand cahier le nom de chaque personne qui quitte le pays.
Les incidents frontaliers de ces derniers jours trouvent leur origine dans la traque que mènent les troupes kadhafistes contre les rebelles du djebel Nafoussa, massif montagneux à la population principalement berbère situé au sud-ouest de Tripoli.

POUR UNE TUNISIE LAÏQUE

En aucun cas les islamistes n'ont contribué à la révolution, je suggère  donc qu'ils continuent à rester planqués chez eux, ils ne feront pas la loi en Tunisie et nous y veillerons.  Les actes extrêmistes doivent être sévèrement punis, ils sont peut-être encore l'oeuvre des pro-benali (Ben Ali serait déclaré  mort) qui souhaitent déstabiliser ainsi le nouveau régime de transition,  semer la zizanie et le décrédibiliser aux yeux du monde entier.
Une manifestation s'est déroulée samedi à Tunis pour dénoncer plusieurs incidents avec des islamistes qui s'en sont pris à une rue dédiée à la prostitution et à la mort d'un prêtre polonais, le prêtre, âgé de 34 ans, a été retrouvé mort, égorgé dans le parking d'une école catholique.  «Arrêtez vos actes extrémistes», «Laïcité = liberté et tolérance»... scandaient les manifestants.
Les poussées islamistes sont  à craindre et les risques de dérapage sont très forts. Il est temps de rappeler que la Tunisie veut s'afficher comme pays tolérant qui refuse le fanatisme, il est temps de renforcer la laïcité dans la loi, c'est un combat à mener de suite. Avant que la pieuvre fanatique n'enserre et étouffe un pays en quête de liberté.
En Tunisie plusieurs  mouvements ont dénoncé ces agissements dont Ennahda . Emboîtant le pas au ministère de l'Intérieur, le département des Affaires religieuses a, à son tour, condamné samedi cet "acte criminel" et appelé "instamment les hommes de religion et les composantes de la société civile à agir avec détermination pour éviter que de tels actes se reproduisent".

Dans un communiqué diffusé par l'agence gouvernementale TAP, "le ministère des Affaires religieuses réaffirme son attachement au principe de coexistence entre les races et les nationalités et à la liberté du culte aussi bien au niveau des croyances qu'au niveau des pratiques", et ce "conformément aux idéaux et à l'esprit de la grande révolution du peuple tunisien".
Vendredi, le ministère de l'Intérieur a accusé "un groupe de terroristes fascistes d'obédience extrémiste d'être derrière ce crime, comme l'attestent la façon dont il a été assassiné". Il a assuré que les auteurs de ce "crime odieux" et leurs complices seront "sévèrement punis ".
Mettant l'accent sur "les valeurs d'ouverture et de tolérance dont le peuple tunisien, toutes catégories confondues, est imprégné", le communiqué "appelle les autorités compétentes à faire la lumière sur les circonstances réelles de cet acte et ses auteurs afin d'éclairer l'opinion publique avant d'adresser des accusations" à quelque partie que ce soit.
Dans un autre communiqué, il se démarque par ailleurs des incidents antisémites survenus dernièrement devant la grande synagogue de Tunis ainsi que des manifestations d'éléments islamistes ayant ciblé des points de vente de boissons alcoolisées et des maisons closes, y voyant des "atteintes aux fondements de la démocratie qui sous-tendent notre société"
Dans cette période de transition, les minorités religieuses doivent être spécialement protégées et tout acte à leur encontre être sévèrement puni. Il est temps de rappeler que la Tunisie sera et restera un pays laïc où  chacun doit pouvoir marcher dans la rue ou pratiquer sa religion sans être menacé.

Tunisie - La venue de Calmy-Rey

C'est ce qu'on appelle être là, à la bonne heure et au bon moment. Cet après-midi, je longeai le bord de mer à la Marsa quand je décidai de visiter l'hôtel Mövenpick en cours de rénovation et sur qui je tombe ?  Nez à nez sur Calmy-Rey reçue en grande pompe  accompagnée de  toute une délégation suisse et tunisienne.
Les chaussures encore pleines de sable, je la salue et me présente devant toute la presse ainsi que  devant le staff de la sécurité médusé par cette apparition soudaine non annoncée et non badgetée. Ce fut fait avec un tel naturel que tout le monde a été pris de cours. Un responsable de la sécurité m'a demandé qui j'étais, je lui ai répondu spontanément blogueuse à la Tribune de Genève. Il a hoché la tête d'un air dubitatif, tandis que je prenais des photos.
Micheline Calmy-Rey effectue actuellement une visite en Tunisie, où elle présidera, dimanche, l'ouverture de la conférence régionale des ambassadeurs suisses au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conférence qui se tiendra pour la première fois en Tunisie, à Gammarth. Il est prévu que la Présidente rencontre le président par intérim Foued Mebazaa et le Ministre des Affaires étrangères, Mouldi Kéfi.
Il est vrai que la Présidente suisse a la cote en Tunisie même chez les personnes lambda et jusqu'au vendeur de glibettes qui la félicite d'avoir été la première à avoir décidé le gel des fonds de Ben Ali en Suisse et cela sans hésiter, ni tergiverser.
Geler les fonds, c'est bien, les restituer au peuple tunisien, c'est mieux encore. Il serait nécessaire d'aller plus loin, avec les fonds volés et ramenés en Tunisie, aider de toute urgence une bonne partie du peuple qui souffre du manque de rentrées d'argent avec entre autres la manne touristique devenue inexistante ces derniers mois.
Les traites doivent continuer à être payées coûte que coûte tandis que l'argent se fait rare et suffit à peine à se nourrir. Ce que préconisait un chauffeur de taxi serait de suspendre toutes les traites bancaires jusqu'à fin août en espérant un retour à la normale d'ici là.  Et tout ça grâce à l'argent volé de Ben Ali et de son clan. Le pauvre homme, père de 5 enfants dont 3 au chômage,  me racontait comment les chauffeurs de taxi avaient l'obligation d'acheter uniquement des Polo Volkswagen concession appartenant à Mohamed Sakhr El-Materi, corruption parmi tant d'autres, qu'ils payaient des frais de dossiers tournant autour de  1'400 dinars contre 120 dinars pour d'autres marques.  Et qu'ils continuent chaque mois à payer le prix fort de ces corruptions. Il serait juste de suspendre leurs dettes engrangées par les corrupteurs d'hier.
Une bonne idée ou une utopie ? Je vous laisse en juger.
Les photos viendront lorsque j'aurais mis la main sur le câble de mon appareil photo numérique

Comment prémunir la révolution tunisienne contre les menaces

Abdallah Rihani écrit de Montréal - Des arguments qui justifient le bannissement des Rcdistes, visages de l’échec de la décision et de l’influence sur la vie politique en Tunisie. 
De nos jours les Rcédistes, (membres de l’ancien parti RCD), cherchent à retrouver une nouvelle prise sur la société tunisienne pour la ramener à la docilité de jadis, celle qui leur laissait le champ libre pour piller et opprimer.
Maintenant que leur organisation est interdite, certains d’entre eux se mobilisent pour réclamer le droit des militants «propres» de se réorganiser et de participer de nouveau, dès à présent, à la vie politique du pays, aux élections prochaines, comme si de rien n’était. C’est un problème grave qu’il est important de débattre surtout qu’une partie du courant progressiste, sous prétexte de conciliation et de pardon, s’empresse d’adopter une position à la fois grave et risquée, oublieuse du passé proche du Destour et du RCD, ne tenant plus compte des traditions établies et bien connues des militants qui formaient les rangs de ces organisations.
Questions brûlantes sur un passé procheÀ cet égard, ne faut-il pas rappeler, de nouveau, que la domination despotique et dictatoriale de la Tunisie par deux hommes, Bourguiba puis Ben Ali, ne s’était pas faite toute seule. Non plus que le quadrillage du pays par le parti unique (version I et version II), n’a pas été le fait des seuls dirigeants mais impliquait une faune particulière de miliciens, membres des cellules, délateurs, gros bras, automates applaudisseurs et bien d’autres dont la caractéristique commune est une indifférence crasse envers l’intérêt général du pays. Pas étonnant, par exemple, que les habitants de Tabarka entrent dans une grande colère lorsqu’ils constatent que le rcédiste d’hier veut se faire passer pour un révolutionnaire aujourd’hui.
La Révolution populaire s’est clairement prononcée contre les moeurs mafieuses et l’esprit de bandits des Rcédistes. Les nouvelles fondations de la vie politique que la Révolution vient d’établir seront en danger si la mentalité des rcédistes se greffe dans de nouvelles niches et contamine les moeurs politiques pour nuire aux libertés et à la démocratie. Il faut cependant examiner leurs cas froidement, sans émotion, en tenant compte de l’intérêt général et en appliquant la justice. Ce moyen, la justice, préserve la société de toute tombée dans les climats de terreur, propres aux dictatures. En appliquant les lois avec rigueur contre ceux qui les ont bafouées, elle apaisera les craintes et découragera les perturbateurs tout en protégeant la Révolution du 14 janvier 2011 contre ses ennemis et détracteurs.
Ceux qui veulent le salut de la Tunisie doivent tout entreprendre pour rendre définitive la rupture avec les mœurs anciennes. Toutes les tentatives de retour en arrière seront vaines, dépourvues de sens et de valeur. Elles seront contrecarrées par le peuple et la jeunesse tunisienne dont l’action s’inscrit pleinement dans le sens des progrès de la conscience de la liberté dans le monde. Vu les situations désastreuses auxquelles la Révolution vient d’arracher la Tunisie, et dans sa suite les autres pays arabes, le peuple est légitimé de la protéger et de la consolider, tel un nouveau-né, jusqu’à la réalisation de ses nobles objectifs d’une vie libre et digne, à transmettre en héritage aux générations futures.
Nul ne peut crier à l’injustice ni parler de persécution lorsque la société confronte les menaces à sa survie et lorsqu’elle se donne les moyens d’éviter les dérives ou la déperdition. Un bref rappel de l’histoire des Destouriens et Rcédistes permet de faire ressortir une continuité parlante, des vérités à re-convoquer pour tirer les leçons quant à vouloir ramener par les fenêtres, avec précipitation, ce que le peuple a chassé par la porte après 23 ans de souffrance.
De nombreuses questions se posent à cet égard. Peut-on, à l’heure actuelle, croire et faire croire que le pays, le peuple et la Révolution sont à l’abri du retour de l’oppression, de ses agents, leurs complices et associés? Qui est en mesure d’affirmer maintenant que les forces de la noirceur et de la prédation ont été neutralisées, mises hors d’état de nuire?
Comment passer à l’étape de la réconciliation et du pardon si la réponse à la question précédente ne se fonde que sur les impressions ou sur les calculs électoralistes, politiciens? Oublier les horreurs de la dictature et du despotisme, trois mois après la fuite du dictateur, ne revient-il pas à engager la Tunisie, sans autre précaution, sur une voie dangereuse, pleine de risques pour le présent et le futur? Où sont passées les leçons de la crise de novembre 1987 et de ses suites?
De Bourguiba à Ben Ali, un sentier tracéComment oublier que sous Bourguiba les Tunisiens ont souffert politiquement de l’absence de libertés et économiquement d’un chômage et d’une pauvreté qui ne se sont jamais allégés? C’est ainsi que le renversement du «combattant suprême», fut vécu comme un grand soulagement. Le coup d’État médical et la fameuse déclaration lue à la radio, avaient été une surprise plutôt agréable à l’époque, un dénouement sans heurts qui a soulagé tout le monde.
Cependant et de fait, dans un pays où jamais l’on avait eu la possibilité de changer de chef d’État, l’occasion était belle, comme moment historique clé et fenêtre d’opportunité, pour réaliser une rupture avec le système et les méthodes de domination despotique que le vieillard avait maintenues et renforcées tout au long de son règne. L’occasion n’a pas été saisie par les forces démocratiques et progressistes, la chance perdue ne reviendra qu’après 23 années infernales. Un passage à vide dont avait profité Ben Ali et sa horde pour transformer son régime en une dictature des plus sanguinaires sur terre.
À cette époque les rangs de la résistance étaient dispersés, la pente à remonter était raide. Il a fallut le travail patient et acharné de militants et militantes de très grande valeur qui ont construit les outils qui feront échouer la propagande et les mensonges du régime. Ils vont diffuser l’information crédible et entretenir les débats qui vont éveiller les consciences, mettre les militants en relation et renforcer le réseau des opposants à la dictature. Ces derniers, à leur tour, vont découvrir qu’ils étaient plus proches les uns des autres quant à l’objectif commun visé et les moyens de s’en approcher.
Des sites d’information sont apparus pour consolider la mouvance, ils vont bouleverser complètement la donne contre le régime dictatorial. TuneZine, Tunisnews, Nawaat et les autres sites internet sont devenus des espaces de liberté et de résistance contre la tyrannie.
Ensuite s’est ajoutée la chaîne Al Jazira avec une information de grande qualité, accessible au plus grand nombre. Une véritable épine aux pieds des dictateurs arabes et de leurs appuis étrangers. Tout ce qui a manqué à la société civile à l’époque du coup d’État en novembre1987, la jeunesse tunisienne, en débats continuels avec les opposants connus ou non, va le conquérir. Elle construira des espaces de liberté que la dictature tentera de saboter de mille façons avec férocité sans jamais décourager la jeunesse qui finit par reconquérir tout site saboté ou espace perdu. Elle poursuivra son combat contre la dictature par le débat, la clarification des idées et la fixation des enjeux.
(A suivre)
* Politologue universitaire vivant au Canada, qui a enseigné l'économie politique et l’histoire aux universités de Montréal (Uqamet UdM).
 

L’International Crisis Group au secours de la dette externe tunisienne

L'ICG, ou International Crisis Group, ONG qui s’est donné pour mission de prévenir et de résoudre les conflits grâce à une analyse de la situation sur le terrain, vient de consacrer une large partie de son dernier rapport à la Tunisie, sous le titre "la voie tunisienne". Dans ce rapport, elle appelle au rééchelonnement du paiement de la dette externe tunisienne et à l'organisation d'une conférence de soutien économique à la Tunisie, rapporte la TAP.

Analysant les origines de la Révolution tunisienne et la situation politique et sociale dans le pays, l’ONG souligne que “la Tunisie a fait preuve d'une remarquable capacité à atteindre un consensus sur des enjeux politiques cruciaux". Sur ce point, on peut cependant se demander si l’ONG a envoyé des gens pour vérifier ce qui se passe réellement sur le terrain en Tunisie. A moins qu’ils aient une autre conception du mot “consensus“ que nous ignorons. D’ailleurs, Crisis Group rappelle plusieurs défis, notamment politique et économique auxquels fait face la Tunisie, tout en indiquant que “le pays traverse une conjoncture économique difficile marquée par l'absence d'initiatives internes fortes et d'une généreuse contribution internationale, estime cette ONG.

Ceci dit, on est d’accord lorsque le directeur du programme Moyen-Orient-Afrique du Nord de Crisis Group, Robert Malley, affirme que "la Tunisie est le pays où tout a commencé… C'est le pays où la transition démocratique présente aujourd'hui les plus fortes chances de réussite“.

A noter que l'ICG, créée en 1995, publie régulièrement des comptes rendus et des rapports afin de toucher les décideurs internationaux (ONU, UE, Banque mondiale).

30ème rallye de Tunisie : 1ère étape pour Helder Rodrigues



Hier matin s’est élancé la 30ème édition du rallye de Tunisie. C’était donc parti pour 6 étapes et 1500 kms.
Parmi les pilotes motos pour le podium, nous retrouvons Lopez sur son Aprilia, le Portugais Helder Rodrigues (Yamaha) et les Polonais, Dabrowski, Przygonski, Czachor, on peut ajouter l’Espagnol Viladoms. Un comité réduit à 22 motos et 6 quads.
La première étape ne faisait que 263 kilomètres, suffisant pour donner du mal aux amateurs éclairés.
L'étape du jour : Tracée entre Tozeur et Ksar Ghilane il fallait contourner le célèbre Chott El Jérid pour rejoindre la palmeraie d’El Faouar.
Un chott, des dunettes, puis quelques franchissements sérieux et beaucoup de navigation pour tenter de rejoindre enfin des pistes plus marquées.
Après le parc du Jbil, la piste est souvent recouverte par les dunettes. Il fallait bien naviguer pour trouver son chemin et franchir un dernier erg avant d’apercevoir le fort de Ksar.
Cette première journée rentrait donc dans le vif du sujet, du sable beaucoup de sable !
Pour les tops pas de problème, Rodriguez boucle l’étape en un peu moins de 4 heures, 3 minutes devant Lopez.
Viladoms perd déjà 36mn, pour la victoire cela se jouerait bien entre le Portugais et le Chilien.

Agentes de la revolución tunecina se reúnen por primera vez en foro público

Los agentes sociales tunecinos que protagonizaron la revolución de enero se reúnen por primera vez en un foro publico, en el que también participaron los exministros españoles Enrique Barón, Rafael Arias-Salgado y Josep Piqué.
Las jornadas, organizadas por el Instituto Cervantes en Túnez, llevaban por título "El pacto y la consolidación de la sociedad civil: retos de la transición democrática" y congregaron a numerosos representantes de la sociedad civil y política tunecinas.
Los participantes españoles, entre los que se encontraban también los periodistas Diego Carcedo y José Oneto, explicaron su experiencias durante la transición.
Entre los asistentes tunecinos destacó la presencia de Yadh Ben Achour jurista encargado de redactar la Constitución, Ahmed Nejib Chebbi, fundador del partido Demócrata Progresista y ministro dimisionario en el gobierno de Transición y Mustafá Ben Jafar, secretario general del Foro Democrático del Trabajo y de la Libertad.
El portavoz del Consejo Nacional por las Libertades en Túnez, Sihem Ben Sidrín, planteó el paso "de una policía de un régimen dictatorial a una policía al servicio de la democracia."
Ben Sidrín aseguró que los demócratas tunecinos "tenemos el sentimiento de que hay fuerzas ocultas contrarrevolucionarias que nos chantajean para que renunciemos a algunas libertades a cambio de estabilidad social y económica".
Por su parte, el director de la Fundación Transición Española, Charles Powell, aseguró que "en Túnez habrá elecciones a la asamblea constituyente, pero seguirá existiendo una autoridad interina que no tiene legitimidad democrática, incapacitada para tomar decisiones cruciales a nivel económico."
Además se ha insistido en que "tememos que el proceso constituyente tunecino se pueda alargar excesivamente porque hay cuestiones como la religión o el papel de la mujer que son debates muy importantes pero que pueden prolongar el proceso de forma excesiva".
Las jornadas, que se clausuraron hoy fueron organizadas por el Instituto Cervantes con la participación de la Fundación Transición Española, el laboratorio de Investigación para las relaciones Hispano-Tunecinas en la Época moderna y la Academia Tunecina de las Ciencias y las Letras y las Artes, sede del encuentro.

Los refugiados libios siguen afluyendo a Túnez

En el puesto fronterizo de Dehiba, en el sur de Túnez, el flujo de refugiados libios no cesaba el domingo, después de que la policía tunecina registrase la víspera la cifra récord de 4.970 personas en un solo día.
A media mañana, decenas de coches con matrículas libias hacen cola en el puesto fronterizo de Dehiba, uno de los principales accesos entre los dos países, junto con el de Ras Djir, a 200 km más al norte.
En el lado libio, uno de los soldados rebeldes que controla el puesto, junto a la bandera tricolor (roja, negra y verde) adoptada por los insurgentes, anota en un gran cuaderno el nombre de cada una de las personas que abandona el país.
La guerra no está lejos. Según los rebeldes, fuerzas del régimen e insurgentes combatían en la noche del sábado al domingo a sólo siete kilómetros de allí, en las montañas.
El jueves, soldados del ejército regular llevaron a cabo un violento ataque contra los rebeldes en el puesto fronterizo, penetrando incluso en territorio tunecino, lo que provocó la enérgica protesta del gobierno de Túnez.
Desde entonces, el ejército tunecino está desplegado a unos escasos cientos de metros de la frontera y ha instalado puestos de combate protegidos por muros improvisados levantados con piedras secas, diseminados en medio de un paisaje lunar.
Pese al ataque del jueves, la veintena de rebeldes armados con fusiles de asalto kalashnikov y apoyados por un solo pick-up cargado con un doble cañón de 20 mm no parecen inquietos.
"No merece la pena que seamos muy numerosos aquí", explica uno de ellos a la AFP, "es mejor oponerse a ellos más lejos, en nuestro territorio".
Una vez pasado el control de los rebeldes, los refugiados son acogidos por la policía tunecina. En los coches, cargados al máximo, a veces viaja una familia entera de una decena de personas.
Todos los miembros esperan pacientemente el control de los papeles que el cabeza de familia presenta a los policías.
Diez minutos más tarde, los vehículos avanzan algunos metros hacia los aduaneros. La mayor parte del tiempo, éstos echan un vistazo a las maletas y paquetes y hacen señal de poder pasar. De vez en cuando, un perro del ejército husmea el interior de un auto buscando armas o munición.
Unos metros más allá, miembros de la Protección Civil tunecina esperan la llegada de heridos en el conflicto para darles unas primeras curas, en los casos leves, o evacuarles, en el caso de heridos graves, hacia los hospitales de Dehiba, a 4 km de allí, o de Tataouine, a 130 km, explica un suboficial.
En cuanto a los refugiados sin recursos y sin alojamiento, son acogidos en el primer campo después de la frontera, instalado en la ciudad de Dehiba.
El domingo por la mañana, estaban registrados en ese campo 1.277 refugiados, según el suboficial de Protección Civil.
Se han habilitado otros dos campos de refugiados en la carretera que lleva a Remada y Tataouine.

La OMT apoyará el Plan de Recuperación del turismo en Túnez


La OMT, Organización Mundial de Turismo, tiene previsto apoyar el Plan de Recuperación diseñado por el Ministerio del Turismo del Túnez para reactivar el sector. El acuerdo fue firmado los días 20 y 21 de abril, durante una visita del secretario general de la OMT, Taleb Rifai, al país.
Fueron varios los asuntos abordados a lo largo de esos días, entre ellos, una nueva campaña publicitaria que va ser lanzada en el mes de mayo por el Ministerio del Turismo, alertas de viajes y colaboraciones entre los sectores público y privado.
El apoyo de la OMT va a incluir reuniones técnicas con un departamento creado específicamente por el Ministerio para trabajar con vista a la recuperación del sector, así como la organización de un taller en Túnez y una conferencia internacional en el país a finales de este año son otras de las iniciativas que serán llevadas a cabo.
El turismo en el Túnez representa el 6,5% del PIB del país, así como alrededor de 450.000 empleos. El año pasado, el destino Túnez recibió 7 millones de turistas internacionales.

El PSOE invita a políticos progresistas de Túnez al plato fuerte de la campaña

El PSOE ha invitado a una serie de políticos progresistas de Túnez a que visiten Madrid y Barcelona los próximos 16, 17 y 18 de mayo para que asistan a los actos centrales de la campaña para los comicios autonómicos y municipales del día 22, han informado a Europa Press fuentes socialistas.
   La invitación formal la ha trasladado el secretario de Estado para la UE, Diego López Garrido, que encabezó la delegación del PSOE que participó la semana pasada en la Conferencia Euromediterránea que el Partido Socialista Europeo organizó en Túnez con políticos y representantes de la sociedad civil de países árabes.
   El objetivo de la visita es ofrecer a los políticos tunecinos la oportunidad de que conozcan desde dentro la maquinaria de un partido democrático en plena campaña electoral y de que puedan tejer toda una red de contactos, todo con el fin último de ayudarles y asesorarles en el proceso de transición que tienen por delante en su país.
   En declaraciones a Europa Press, López Garrido ha explicado que el principal consejo que trasladó a sus interlocutores tunecinos fue que se mantengan "unidos" porque ésa será la mejor garantía para que sus ideas prosperen frente a las de otros grupos que empiezan a demostrar que están más articulados, como los islamistas.
   En Túnez hay convocados comicios el próximo 24 de julio para elegir una Asamblea constituyente que será la encargada de redactar una nueva Carta Magna.
   En el pequeño país magrebí hay en la actualidad más de 60 partidos políticos, por eso el PSOE, como el resto de miembros del Partido Socialista Europeo, recomienda a las formaciones progresistas que se agrupen bajo una misma plataforma para conseguir sacar adelante sus aspiraciones comunes.
   Junto a López Garrido viajaron a Túnez para participar en la Conferencia Euromediterránea el diputado Jordi Pedret, el coordinador de la Secretaría Federal de Política Internacional y Cooperación, José Antonio Espejo y las eurodiputadas Inés Ayala y Carmen Romero.