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mardi 15 mars 2011

Lampedusa: plus de 1.500 immigrants ont débarqué depuis lundi


LAMPEDUSA — Plus de 1.500 migrants, dont quelques femmes et enfants ont débarqué depuis lundi à Lampedusa, a annoncé mardi la capitainerie du port de cette petite île italienne, où ont afflué des milliers d'immigrés illégaux.
Au total, la capitainerie a recensé 21 bateaux arrivés depuis lundi matin et transportant un total de 1.623 personnes dont six femmes et six enfants. Le commandement de la capitainerie a constaté une "intense activité de débarquements qui a nécessité l'assistance constante des garde-côtes et de la police et diverses opérations de secours".
Dans la nuit, une patrouille de la marine militaire a ainsi sauvé une embarcation à la dérive qui commençait à prendre l'eau, à environ 20 milles nautiques au sud de Lampedusa, à bord de laquelle se trouvaient 129 immigrés.
Par ailleurs, 35 immigrants partis de Tunisie et qui se dirigeaient vers Lampedusa sont portés disparus depuis que leur navire qui transportait au total 40 personnes a chaviré lundi peu après avoir quitté le port tunisien de Zarzis.
Cinq des naufragés ont pu être secourus par un autre bateau qui partait aussi pour l'Italie, selon leurs récits à l'agence italienne Ansa.
A Zarzis, ni la police ni l'armée n'ont pu confirmer un éventuel naufrage, mais selon un pompier interrogé par l'AFP, un navire de la marine tunisienne est parti sur la zone possible de l'incident.
Depuis le début des insurrections en Tunisie, puis en Libye, près de 10.000 candidats à l'immigration ont débarqué sur ce confetti de 20 km2 perdu au sud de la Sicile, soit plus du double de ceux arrivés pendant toute l'année 2010, a affirmé le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni.
La dirigeante d'extrême-droite française Marine Le Pen s'est rendue lundi sur l'île pour "attirer l'attention sur les dangers très réels" de l'afflux d'immigrés illégaux en provenance d'Afrique du Nord qui, selon elle, pourraient "demain se compter en centaines de milliers".

lundi 14 mars 2011

Tunisie : la France multiplie les rencontres pour redorer son blason

C’est à « un dialogue d’égal à égal, respectueux du chemin parcouru par le peuple tunisien, que nous nous sommes livrés », ont assuré Mehdi Houas, ministre tunisien du Commerce et du tourisme, et Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat français au Commerce extérieur, au terme d’une rencontre à Bercy, le 11 mars. Les deux responsables politiques, le Français - né à Tunis - et le Tunisien – né à Marseille et fondateur de Talan, une société française dans les nouvelles technologies - se sont félicités de leur entrevue qui aura duré une heure.
Pierre Lellouche avait déjà annoncé qu’il se rendrait les 17 et 18 mars à Tunis, lors d’une réunion, le 9 mars, avec une trentaine d’entreprises françaises affectées par les révolutions arabes. A cette occasion, il avait souligné la mobilisation des services du Trésor, « en liaison avec le Quai d’Orsay », évoquant au passage les difficultés des entreprises : « interruption des paiements », problèmes de trésorerie de PME, etc.
La France compte en Tunisie 1 250 entreprises, dont 500 filiales, employant quelque 110 000 personnes. « Comme la Tunisie ne peut pas tout faire seul, la France et l’Europe peuvent l’accompagner », a expliqué Pierre Lellouche. Le ministre a révélé qu’une « délégation du Trésor se trouvait la veille à Tunis » et souligné la nécessité que la Tunisie « puisse accéder au statut avancé de l’Union européenne », un dossier, a-t-il rappelé qu’il avait eu l’occasion de pousser dans ses fonctions précédentes de ministre des Affaires européennes.
Depuis la démission de Michèle Alliot-Marie du Quai d’Orsay, la France fait profil bas et cherche à redorer son blason. Le nouveau ministre des Affaires étrangères, Alain Jupé, est aussi annoncé à Tunis. En fait, la France se livre à un ballet de membres de son gouvernement en Tunisie, depuis la visite, le 22 février, des ministres de l’Economie et des Affaires européennes, Christine Lagarde et Laurent Wauquiez. Leur ont ainsi déjà succédé, le 2 mars, Frédéric Lefebvre, secrétaire d’Etat au Commerce, à l’artisanat et aux PME, et, les 6 et 7 mars, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre responsable de l’Ecologie.
En charge aussi du tourisme, Frédéric Lefebvre a convenu de l’importance de relancer le secteur pour sauver la saison printanière et estivale en Tunisie. L’an dernier, les Français y représentaient 20 % des touristes, soit 1,4 million. Donc, l’enjeu est considérable, d’autant qu’une partie de la manne touristique s’envole aujourd’hui avec la révolution en Libye. En 2010, les Libyens constituaient un total de deux millions de touristes, a rappelé, à Paris, Mehdi Houas, selon lequel « l’année en cours sera difficile pour tout le monde ». Fidèle à ce qu’il avait déclaré le 9 février, le ministre tunisien demeure partisan d’une hausse des salaires de 15 %, « une mesure de justice sociale et de remise à niveau », selon lui, « ce qui ne veut pas dire que les tarifs doivent être augmentés de 15 % », a-t-il précisé, en insistant sur le fait qu’il ne fallait pas « brader la destination Tunisie ».
Bien au contraire, six semaines seulement après avoir rejoint le gouvernement, Mehdi Houas exhorte la profession à « préparer les années 2012, 2013 et 2014 sur des bases solides, afin de sortir la Tunisie du simple tourisme balnéaire ». Et d’insister encore sur la nécessité d’améliorer le service pour parvenir à un tourisme plus haut de gamme, à l’instar du Maroc (plus de 10 millions de touristes l’an dernier), qui bénéficie ainsi d’un tourisme plus rémunérateur (950 euros dépensés par touriste, contre 369 euros en Tunisie).
A Tunis, Nathalie Kosciusko-Morizet a examiné un certain nombre de projets dans l’intérieur du pays, dans les zones minières, les quartiers défavorisés ou touchant à la formation en logistique des jeunes. L’Agence française de développement (AFD) doit être mobilisée. Petit pays de 10,5 millions d’âmes, « la Tunisie compte 500 000 chômeurs, dont 170 000 diplômés de l’enseignement supérieur », selon Mehdi Houas, qui estime que, « le pays bien géré, sa production intérieure peut doubler, tripler ». Aussi, est-il important de « rassurer les entreprises étrangères » et « de le faire de façon transparente et sincère ». Pas question non plus de se livrer à une chasse aux sorcières dans le cadre des affaires touchant aux familles Ben Ali-Trabelsi de l’ancien président et de son épouse. Il faut, selon lui, « régler les problèmes de façon transparente au cas par cas et solder le passé de façon équitable ».
Répondant à une question de moci.com sur les promesses que la France a faites aux lendemains de la « révolution du jasmin » (14 janvier) en matière d’aide à la formation et l’organisation d’opérations extérieures (participation de sociétés tunisiennes dans des salons…), le ministre tunisien a promis la mise en place d’un plan d’actions dans les deux mois à venir. A Paris, Pierre Lellouche a aussi pointé « les produits contrefaits qui arrivent par conteneurs en Tunisie ». Pour mettre fin au commerce parallèle et protéger l’artisanat local, la France peut aussi apporter « son savoir-faire », assure-t-il.

Tunisie: deux mois après Ben Ali, la démocratie se construit

Quand "Zaba", le surnom de Zine El Abidine Ben Ali, a fui la Tunisie le 14 janvier, il a laissé un pays sonné par sa victoire mais libre. Deux mois plus tard, la démocratie tunisienne balbutie et les révolutionnaires sont conscients que le plus dur reste à faire.
Alors que la Libye voisine s'enfonce dans la guerre civile, la "nouvelle Tunisie" qui a donné le "la" dans le monde arabe, a connu en soixante jours crises, morts et soubresauts
Elle a consommé deux Premiers ministres et en est à son troisième gouvernement. Rendez-vous est pris le 24 juillet pour les premières élections libres de son histoire depuis l'indépendance, pour choisir une assemblée constituante chargée de rédiger une nouvelle charte et construire la démocratie.
Avec "un aller simple", affirme le ministre du Tourisme, Medhi Houas.
Un délai très court, selon les analystes, alors qu'une myriade de partis, certains sans programme, se bousculent au portillon de la démocratie, islamistes compris, pour être légalisés.
Mais avant même de dessiner les contours d'une "deuxième République", il a fallu très vite "dé-benaliser", "renationaliser" une Tunisie privatisée par le couple présidentiel.
Cette "dé-benalisation" est allée aussi vite que Ben Ali s'était attaché à gommer la moindre trace de son prédécesseur Habib Bourguiba après l'avoir déposé le 7 novembre 1987.
Son chiffre fétiche "7" a disparu, tout comme son obsédante et omniprésente couleur préférée, le mauve. "Télé 7" est redevenue "télévision nationale".
Les photos de l'ex-couple présidentiel Zine-Leïla, en Une de la presse tous les jours quoiqu'il arrive, ont fait place à des caricatures. Des rues sont rebaptisées.
Les "hommes du président" ont été arrêtés. Le clan de Leila Trabelsi qui rançonnait le pays, est en fuite ou sous les verrous. Les premières condamnations sont tombées.
Partout, on parle en public sans crainte et beaucoup.
Pendant ces deux mois, les tombeurs de Ben Ali ont maintenu la pression sur leurs nouveaux dirigeants par peur de se voir déposséder d'une victoire arrachée au prix de centaines de morts, lors de l'ultime sursaut répressif du régime aux abois.
Il faut, explique un politicien, "donner des preuves au peuple" que "sa" révolution ne sera pas confisquée.
Symbole des symboles, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le tentaculaire parti-Etat de Ben Ali, a été dissous le 9 mars.
Deux jours plus tôt, la redoutable direction de la sûreté de l'Etat ainsi que la police politique, bras armé du régime qui a mis le pays sur écoutes et en prison, 23 ans durant, ont connu le même sort.
Passés les premiers orages, le calme est revenu, grèves et manifestations ont cessé. Le célèbre "Dégage!" de la révolution a cédé la place au mot d'ordre "Je m'engage" pour remettre le pays au travail.
Patronat et syndicat ont décidé de travailler main dans la main avec les autorités car personne n'oublie que la vague révolutionnaire est montée des profondeurs d'un pays au chômage, loin de Tunis.
Désormais, la question est: que faire de cette révolution et avec qui ?
Des émeutes à Tunis fin février (6 morts) ont fait craindre que la "bête" n'était pas morte.
"Vous croyez qu'il (le RCD) n'existe plus par un coup de baguette magique?", met en garde Yadh ben Achour, patron de la commission de "réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique".
"Le parti est toujours là, partout. Ce sont des personnes vivantes qui vont se recomposer, se ré-infiltrer", martèle-t-il en évoquant les 2 millions d'"adhérents" du RCD, un cinquième de la population.
Personne de ce fait ne se risque à prédire le visage de la future Assemblée et jusque-là, la Tunisie politique, de facto sans Constitution et sans Parlement qui s'est sabordé le 9 février, restera "provisoire".
"La transition est une tâche difficile et risquée mais nous réussirons", a pourtant assuré vendredi le deuxième Premier ministre de la transition, Béji Caïd Essebsi, en "CDD" (contrat à durée déterminée) jusqu'au 24 juillet, tout comme le président Foued Mebazaa.

Tunisie: couvre-feu à Metlaoui en raison de troubles sociaux

Un couvre-feu est en vigueur à Metlaoui (centre-ouest de la Tunisie), une ville minière en proie depuis plusieurs jours à des troubles sociaux qui ont fait deux morts et une vingtaine de blessés, a-t-on appris dimanche de source officielle.

Selon l'agence TAP, le couvre-feu entré en vigueur samedi soir dure de 19h à 5h, et ce jusqu'à nouvel ordre. Il "vise à rétablir le calme et à protéger les citoyens et les biens, suite à la dérive sécuritaire et aux actes de vandalisme survenus dans la région", ajoute l'agence officielle citant une source militaire.

Les violences avaient éclaté jeudi dernier à la suite d'un "faux communiqué" faisant état de recrutements, sur une base tribale (arouchs), par la Compagnie de phosphates de Gafsa (CPG), principal employeur de la région.

Malgré les démentis apportés par les autorités et "l'assurance que les recrutements n'auront lieu que dans le cadre de la loi", plus d'un millier de personnes sont descendues dans la rue pour manifester leur colère, jetant des pierres et des cocktails Molotov. Une jeune fille et un jeune garçon ont été tués par des tirs de fusils de chasse.

Samedi, la ville a été de nouveau le théâtre d'actes de violence et de vandalisme entre plusieurs groupes d'habitants qui ont été dispersés par des unités de la Garde nationale et de l'armée, a rapporté la TAP qui fait état de nombreuses interpellations et de la saisie de 16 fusils de chasse.

samedi 12 mars 2011

Naceur Trabelsi condamné à 2 mois de prison et à 45 MDT d’amende

Mohamed Naceur Trabelsi, frère de Leila Ben Ali Trabelsi a été condamné, vendredi 11 mars 2011, par le Tribunal de première instance de Tunis à deux mois de prison et à une amende d’un montant de 45 millions de dinars, et ce pour deux infractions douanières.
C’est ce qu’a rapporté l’agence TAP, citant une source du ministère de la Justice, avant d’ajouter que Naceur Trabelsi est poursuivi pour d’autres affaires en cours d’instruction.
En clair, qu’il risque d’autres condamnations encore plus lourdes.

Les révélations du président international de TAV à propos de l’aéroport d’Enfidha et des pressions de Ben Ali

Novembre 2009. La propagande s’extasie des dernières élections présidentielles qui viennent de « plébisciter » Ben Ali, réélu avec 89,62 % des voix. Ce score à la stalinienne ne suffit cependant pas aux gourous du régime de l’époque qui ont besoin de poursuivre sans relâche le matraquage en cette période marquée par les festivités du 7 Novembre. Il faut donc trouver encore un vecteur de communication porteur, pompeux, flatteur. Abderrahim Zouari, à l’époque ministre du Transport, a vite fait de trouver le prétexte qu’il faut : l’aéroport d’Enfidha, déjà baptisé
« Aéroport Zine El Abidine Ben Ali ». Le projet est grandiose : 550 millions d’euros ont été injectés pour sa construction et il est prêt dans les délais. La presse est convoquée d’urgence sur place pour venir admirer ce chef d’œuvre mis sur le compte des « réalisations du Changement ». Fier comme un coq, Mohamed Chérif, à l’époque P-DG de l’Office de l’Aviation Civile et des Aéroports (OACA), s’affiche en première ligne face aux caméras et aux objectifs des photographes. Il cherche même à s’accaparer le premier rôle devant le P-DG de l’époque de TAV Airports Holding Tunisie, la société turque qui a bâti l’aéroport sur ses propres deniers dans le cadre d’un accord de concession passé avec l’Etat tunisien quelques années auparavant. L’aéroport d’Enfidha est certes achevé en ce mois de novembre 2009, mais il est encore en attente des dernières certifications internationales. Qu’à cela ne tienne, on doit annoncer à l’opinion qu’il est fin-prêt à accueillir ses premiers avions. Le projet est certes grandiose et tout semble aller pour le mieux. Sauf que dans les coulisses, quelque chose est en train de se tramer.

Aéroport ZABA & Co

Quand nous rencontrons, ce 9 mars 2011 à Berlin, Dr. Mustafa Sani Sener, président du directoire du holding TAV Airport (photo ci-dessus), la première question qui nous vient à l’esprit, en tant que journaliste tunisien, est de savoir pourquoi a-t-il choisi d’appeler l’aéroport « Enfidha Zine El Abidine Ben Ali ». La réponse de l’intéressé est immédiate : « ce n’est pas nous qui choisissons les noms des aéroports que nous exploitons. C’est l’OACA qui avait décidé de cette appellation. Pour preuve, il vient tout récemment de nous informer qu’il devra s’appeler désormais « aéroport Enfidha-Hammamet ».

Cet aéroport a été construit en moins de deux ans par la société turque TAV, dont le capital est détenu par le holding lui-même, à hauteur de 67%, par l’IFC (Banque mondiale) avec 15% et les 18% restants par le Fonds panafricain de développement des infrastructures. La société est cotée en bourse et son président est formel : il n’y a jamais eu de participation tunisienne dans le capital. Cette précision n’est pas anodine car à maintes reprises sous l’ère Ben Ali, on avait prêté à la TAV son intention d’ouvrir une partie de son capital à un investisseur local suite à de prétendues difficultés financières rencontrées par l’entreprise. En réalité, ce sont certains membres de l’ancien clan familial, alléchés par les perspectives prometteuses de l’aéroport, qui avaient tenté d’entrer (gracieusement ?) dans le capital. Mais face au refus catégorique de la partie turque, la stratégie choisie a été de discréditer l’image de l’entreprise pour la forcer à céder au chantage. Tout a donc été mis en œuvre pour empêcher l’aéroport de prendre son envol correctement, à commencer par son inauguration. « Nous avions voulu inaugurer officiellement l’aéroport pour l’annoncer au monde. L’ambassade de Turquie en Tunisie avait même informé les autorités que Abdullah Gül, le président de la République turque, était disposé à venir couper le ruban avec son homologue tunisien, mais aucune réponse n’a été rendue » a regretté le patron de TAV Holding. Pour ne pas arranger la situation, Tunisair n’y ouvre aucune ligne régulière et Nouvelair (à l’époque contrôlée par Belhassen Trabelsi), refuse d’utiliser la plate-forme.

Conséquence : la première année d’exploitation de l’aéroport (2010) n’atteint pas ses objectifs en termes de réalisations. « Nous avions besoin de revenus et personne n’a voulu venir à Enfidha, à part Tunisair (très peu) tandis que Nouvelair n’a pas voulu venir bien que nous ayons réalisé de gros investissements et recruté du personnel » a déploré Mustafa Sani Sener. De plus, les autorités de l’époque ont également refusé de faire migrer le trafic de Monastir vers celui d’Enfidha. « Je certifie en tout cas que nous n’avons traité qu’avec l’Etat tunisien et personne d’autre. Certains nous ont par exemple demandé de faire du catering sur notre aéroport et nous avons décliné l’offre car nous disposons de notre propre service et nous pouvons le gérer ».

L’après Révolution


Alors que la Tunisie était encore en pleine euphorie révolutionnaire, TAV décrochait dès le 15 janvier 2011 du fronton de l’aéroport d’Enfidha l’inscription « Zine El Abidine Ben Ali ». Le 21 février, Dr Sener venait à Tunis pour y rencontrer Yassine Brahim, le ministre du Transport et de l’Equipement, puis, le 9 mars 2011 à Berlin, il s’entretenait avec Mehdi Houas, le ministre du Commerce et du Tourisme. « Je leur ai fait part de mon souhait de faire inaugurer l’aéroport de manière officielle parce qu’Enfidha n’est pas seulement le meilleur aéroport en Afrique du nord mais le meilleur dans toute l’Afrique » a tenu à souligner le patron de la TAV. Les deux ministres se seraient montrés très enthousiastes par rapport à la demande, et même si aucune date n’a encore été fixée, les entraves d’hier sont de toute évidence levées.

Mais si d’un côté, l’opérateur turc peut désormais espérer voir son trafic évoluer de manière exponentielle, c’est par Monastir que les problèmes sont arrivés. Une grève sauvage entamée le 8 mars (et qui se poursuivait encore trois jours plus tard) a vite fait de saper le moral des troupes turques en Tunisie. Dr Sener s’est dit très attristé par les événements s’étant déroulés à Monastir où certains parmi les grévistes ont brisé des vitres, décroché des enseignes portant le logo de la TAV et ont écrit sur un mur « non à l’occupation ottomane ». Les grévistes ont revendiqué leur crainte de voir l’aéroport de Monastir fermer en avril prochain

« Pourquoi fermer Monastir ? s’est exclamé le responsable. Nous y avons investi et ce ne serait pas logique ». Quant à l’argument que le trafic a diminué sur Monastir, Dr. Mustafa Sani Sener a expliqué que la capacité réelle de Monastir est de 1,5 million de passagers si l’on veut offrir des services de qualité. Les 4 millions de passagers réalisés auparavant par l’aéroport l’ont été au dépend de la qualité des prestations. « Un aéroport, c’est la vitrine du pays, c’est la première et la dernière impression que l’on se fait de ce pays ». Dépité par la crise sociale de Monastir, il a voulu rappeler que les 550 millions d’euros investis en Tunisie l’ont été en pleine crise économique mondiale et que cela constituait un très bon exemple pour les investisseurs étrangers.

La promesse du premier responsable

« Je garantis que Monastir ne sera pas fermé, ce n’est pas le nôtre, c’est celui de l’Etat tunisien. Sa capacité sera maintenue à 1,5 million de passagers car il n’est pas en mesure de faire plus. D’ailleurs, il faut penser à l’aspect environnemental et à la pollution sonore provoquée par le trafic aérien de nuit sur les habitations et la zone touristique avoisinantes ». TAV Airport emploie sur ses deux aéroports en Tunisie environ un millier de salariés dont 30 seulement sont de nationalité turque. « Je considère que notre société en Tunisie est tunisienne et je veux qu’on la considère comme tel car c’est une fierté pour la Tunisie de disposer d’un aéroport comme celui d’Enfidha». Et le Dr Sener de fournir d’autres arguments : « pour chaque aéroport enregistrant un million de passagers supplémentaires, ce sont 1000 emplois directs qui sont créés et 2000 indirects. Les constructeurs aéronautiques sont prêts pour répondre à la demande en appareils pour le futur proche, les compagnies aériennes sont prêtes à l’augmentation du trafic aérien mondial, il n’y a que les aéroports qui ne sont pas prêts et la Tunisie a fait le bon choix en se voyant offrir cet aéroport sans rien payer ». Enfidha est actuellement apte à gérer 7 millions de passagers par an et sa capacité extensible à 22 millions. Citant l’exemple turc, le responsable a déclaré que les aéroports de ce pays totalisaient 33 millions de passagers avant leur privatisation en 2000. Aujourd’hui, les aéroports turcs reçoivent 102 millions de passagers. « Et ce qui se passera avec la Tunisie » promet S. Sener.

En attendant et pour lancer son aéroport, TAV s’est engagée dans la promotion de la destination en incitant notamment les tour-opérateurs étrangers de venir en Tunisie. Sur plusieurs salons touristiques internationaux, l’opérateur turc a réservé un module sur les stands de l’ONTT  au même titre que n’importe quelle autre entreprise tunisienne.

Entretien téléphonique entre Hillary Clinton et le Premier ministre tunisien

A quelques jours de sa visite à Tunis, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a eu samedi un entretien téléphonique avec le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi "qui a porté sur les relations tuniso-américaines et sur les perspectives de les approfondir davantage dans les divers domaines", a rapporté la TAP.
Selon l'agence officielle tunisienne, au cours de cet entretien qui a eu lieu à l'initiative de la secrétaire d'Etat, Mme Clinton a "réaffirmé l'engagement des Etats-Unis d'Amérique à soutenir la Tunisie en cette importante phase transitoire".
A l'issue de la réunion du G-8 diplomatie lundi et mardi à Paris, la patronne de la diplomatie américaine effectuera au milieu de la semaine prochaine une visite officielle en Tunisie au cours de laquelle elle rencontrera certains responsables au sein du gouvernement provisoire ainsi que des représentants de la société civile. Elle devrait se rendre ensuite en Egypte.
Devant le Congrès jeudi, Mme Clinton avait dit se rendre en Egypte et en Tunisie pour y encourager les réformes démocratiques réclamées par les manifestants qui ont fait tomber les régimes autocratiques de Zine El Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak. Elle avait précisé qu'elle devrait également rencontrer dans les deux capitales des membres de l'opposition libyenne.
Cette visite a été au centre d'une entrevue samedi matin entre M. Caïd Essebsi et l'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis Gordon Gray. Elle a été précédée par plusieurs visites de responsables et de parlementaires américains, dont le sous-secrétaire d'Etat pour les affaires du Proche-Orient Jeffrey Feltman, première personnalité politique occidentale à se rendre en Tunisie depuis la chute du régime Ben Ali.

Tunisie: trois partis islamistes se voient refuser leur légalisation

Le gouvernement tunisien a refusé samedi de légaliser cinq partis, dont trois islamistes, jugeant que ces formations ne sont pas fondées sur des principes démocratiques.
Les trois partis islamistes sont le "Hizb Et-Tahrir" (parti de la libération), "As-Salam" (La paix) et le parti sunnite tunisien. Les deux autres formations sont le "Parti libre populaire démocratique" et le "Parti démocratique libéral tunisien".
Les demandes ont été rejetées pour "infraction aux dispositions de la loi organique relative à l'organisation des partis politiques", explique le ministère de l'Intérieur dans un communiqué diffusé par l'agence officielle TAP.
Selon la Constitution tunisienne, un parti politique ne peut asseoir ses principes ou son programme sur des considérations religieuses, linguistiques, raciales, sexuelles ou régionales. Il doit en outre s'engager à bannir toute forme de violence, de fanatisme et de discrimination.
Le "Hizb Et-Tahrir" prône l'instauration d'un régime fondé sur la charia (la loi islamique), a déclaré son porte-parole Ridha Belhaj lors d'une conférence de presse. Tout en se défendant de prôner la violence ou le terrorisme, il n'a pas écarté le recours à "la rébellion et à la désobéissance civile pour l'instauration d'un Etat islamique". "L'islam représente la solution" pour la Tunisie d'aujourd'hui, a-t-il plaidé, en laissant entendre qu'il était hostile à l'égalité entre l'homme et la femme.
C'est la première fois depuis l'avènement du gouvernement de transition que des demandes de légalisation de partis politiques sont refusées. D'autres partis à connotation islamiste, comme le mouvement "Ennahdha" (La Renaissance), ont pour leur part obtenu leur reconnaissance légale.
Si cinq partis ont vu leur demande rejetée samedi, trois autres ont été légalisés: le Parti de la justice et de la liberté, le Parti de l'avenir pour le développement et la démocratie et le Mouvement des patriotes démocrates. Cela porte à 34 le nombre de formations légales en Tunisie, contre neuf sous le régime de l'ancien président Zine El Abidine Ben Ali. Le parti de ce dernier, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) a été dissout mercredi par décision de justice.

Le régime libyen a "perdu sa légitimité"


Les chefs d'Etat des pays arabes se sont réunis pour décider d'une no-fly zone en Libye.
A l'issue d'une réunion extraordinaire au Caire, la Ligue arabe a estimé samedi que le régime libyen avait "perdu sa légitimité" du fait des "violations dangereuses" commises contre son peuple. Dans ces conditions, elle a jugé nécessaire de coopérer avec le Conseil national de transition créé par l'opposition.
La Ligue arabe a aussi appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à autoriser la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Libye pour empêcher le régime d'utiliser son aviation dans la répression. Une telle opération nécessite des centaines d'avions pour interdire le survol aérien d'un territoire de près de 1,8 million de km2. Les Etats-Unis ont salué cet appel samedi.

Les Européens divisés

Quant à savoir qui doit assumer la direction d'une telle zone, Amr Moussa, le secrétaire général de l'organisation paranabe a déclaré : "cela dépend de la décision du Conseil de sécurité (de l'ONU). L'ONU, la Ligue arabe, l'Union africaine, les Européens - tous devraient participer". L'Union européenne et les Etats-Unis ont évoqué vendredi la possibilité d'utiliser "toutes les options" contre le régime de Mouammar Kadhafi. Les Européens se sont montrés toutefois divisés, soulignant que toute intervention était conditionnée à "une nécessité démontrée, une base juridique claire et le soutien de la région".
Le colonel Kadhafi avait dépêché deux émissaires au Caire pour participer à la réunion après la défection du délégué libyen à la Ligue arabe qui avait annoncé qu'il rejoignait "la révolution", mais ils n'ont pas été autorisés à y prendre part. Selon les affirmations de son fils, Seif al-Islam Kadhafi, les troupes gouvernementales auraient déjà repris "90% du pays" et tout accord avec les insurgés serait exclu.

Un mandat de l'ONU" nécessaire" pour la France

Dans un premier temps, le président français Nicolas Sarkozy, n'avait pas exclu une action sans mandat de l'ONU, tout en la conditionnant à "des agressions massives par des moyens militaires sur des populations civiles, désarmées et non violentes". Ces premières affirmations ont toutefois été contredites par le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé, qui a déclaré samedi que la France défendait une position "très claire" quant à la nécessité d'un mandat de l'ONU comme préalable à toute opération militaire en Libye.
La France a été le premier Etat à reconnaître jeudi l'opposition comme seul représentant légitime de le Libye.

Sentencian a cuñado del derrocado presidente de Túnez

Mohamed Naceur Trabelsi fue condenado por engañar a las autoridades aduanales y lo multó con 32 millones de dólares

Una corte de Túnez sentenció el viernes al cuñado del derrocado presidente tunecino por engañar a las autoridades aduanales y lo multó con 32 millones de dólares.

Es la primera sentencia que alcanza a los allegados del derrocado mandatario Zine El Abidine Ben Alí, quien huyó en medio de una revuelta popular en enero, la cual inspiró los levantamientos que sacuden el mundo árabe, indicó AP.

La agencia estatal de noticias TAP informó que Mohamed Naceur Trabelsi, quien ha permanecido en Túnez, fue sentenciado por dos infracciones aduanales ligadas al negocio de ropa. Deberá pasar dos meses en prisión y pagar una multa de 45 millones de dinares (32 millones de dólares).

Naceur es hermano de la ex primera dama Leila Trabelsi. Los tunecinos guardan un profundo resentimiento y acusan a la familia de corrupción.

Tunisie : trois proches collaborateurs de Ben Ali placés en détention

Trois proches collaborateurs du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, dont Abdel Aziz Ben Dhia et Abdel Wahab Abdallah, déjà en résidence surveillée, ont été placés en détention sur une base militaire près de Tunis, a-t-on appris ce samedi de source judiciaire.
MM. Ben Dhia et Abdallah ainsi que Abdallah Kallal, ancien ministre de l’Intérieur et ancien président du Sénat, qui étaient placés en résidence surveillée depuis le 23 janvier, ont été emmenés jeudi après-midi par la brigade criminelle au bureau du procureur général.
« Au bout de vingt minutes au parquet où ils n’ont pas été interrogés, les trois hommes ont été arrêtés et conduits vers la base militaire de l’Aouina, près de Tunis où ils ont été placés en détention. Ils sont poursuivis pour différentes affaires de corruption », a indiqué la même source qui s’est refusée à donner d’autres précisions.

Tunisie. Procès des collaborateurs de Ben Ali : à qui le tour?

 Beaucoup de noms circulent à cet effet, notamment ceux des dix hauts responsables qui ont fait l’objet d’une plainte déposée par 24 avocats du fait de leurs responsabilités dans l’ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (Rcd).
Outre Abdelwaheb Abdallah, Abdelaziz Ben Dhia et Abdallah Kallel, arrêtés aujourd’hui, les plaignants citent les noms de Mohamed Ghariani (ex-secrétaire général du Rcd), Ridha Chalghoum (ex-ministre des Finances), Abderrahim Zouari (ex-ministre du Transport), Zouheïr M’dhafer (ex-secrétaire d’Etat chargé des domaines de l’Etat), Chedly Neffati (ex-ministre de l’intérieur), Hamed Karoui (ex-Premier ministre) et Kamel Morjane (ex-ministre des Affaires étrangères.
Une instruction a été ouverte auprès du tribunal de 1ère instance de Tunis contre ces ex-hauts responsables de l’ancien régime et contre tous ceux qui seront révélés par l’enquête, pour des charges liées à leurs activités et leurs responsabilités au sein du Rcd: détournement et extorsion de fonds, malversation, spoliation et abus de pouvoir ayant porté préjudice à l’administration.
Le procureur de la République a demandé, le 21 février, l’émission des mandats judiciaires nécessaires et chargé de l’enquête le premier juge d’instruction, Mondher Ben Jâafer.

jeudi 10 mars 2011

Tunisie: Washington accroît son assistance aux réfugiés fuyant la Libye

En visite en Tunisie, le secrétaire d'Etat américain adjoint à la population Eric Schwartz a annoncé jeudi la mobilisation d'une enveloppe supplémentaire de 17 millions de dollars (plus de 12 millions d'euros) pour venir en aide aux réfugiés ayant fui la Libye vers la frontière tunisienne.
M. Schartz s'est rendu en compagnie de l'administratrice adjointe de l'Agence américaine pour le développement international (USAID), Nancy Lindborg, dans la zone frontalière de Ras Jédir où près de 20.000 réfugiés installés dans des camps géants attendent d'être rapatriés dans leurs pays d'origine, la plupart étant des ressortissants du Bangladesh.
Ces 17 millions s'ajoutent aux 30 millions de dollars (près de 27 millions d'euros) octroyés auparavant aux organisations internationales travaillant sous l'égide des Nations unies pour gérer la situation humanitaire engendrée par le flux massif de réfugiés au sud de la Tunisie, a M. Schartz précisé lors d'une conférence de presse.
Selon Mme Lindborg, cette aide sera répartie entre le Haut commissariat aux réfugiés (HCR) qui recevra deux millions de dollars (1,4 million d'euros), le Comité international de la Croix rouge (CICR) avec cinq millions (3,6 millions d'euros) et le Programme alimentaire mondial (PAM) qui bénéficiera de la plus grande partie, dix millions (7,2 millions d'euros).
L'aide servira à l'acquisition en Tunisie des produits de première nécessité pour faire face aux besoins immédiats des réfugiés, en plus de l'assistance aux populations tunisiennes "les plus vulnérables" de la région frontalière affectées par l'arrêt des échanges commerciaux avec la Libye, et des plus de 30.000 Tunisiens revenus de ce pays.
M. Schwartz et Lindborg ont salué "l'élan généreux de la population et du gouvernement tunisiens pour accueillir les milliers de réfugiés venus à leurs frontières, en dépit de la transition démocratique que traverse leur pays".
Après le rapatriement de centaines d'Egyptiens par des avions militaires, le gouvernement américain va poursuivre ses efforts, a assuré M. Schwartz. "Nous allons explorer d'autres projets", a-t-il dit.
L'assistance américaine sera également destinée aux populations à l'intérieur de la Libye, a déclaré la responsable de l'USAID, notant qu'une aide "a été déjà fournie aux habitants de l'Est libyen" contrôlé par les insurgés. AP

Exode et migrations en Tunisie: quand la société civile se réveille


Au moment où l’Union Européenne s’alarme de l’arrivée de quelques milliers de jeunes tunisiens sur les côtes italiennes et déploie une « mission Frontex » pour combattre l’afflux de ces migrants économiques, la Tunisie accueille à bras ouverts plus de cent mille réfugiés de Libye en une dizaine de jours. C’est une situation exceptionnelle dans ce pays qui rappelle l’invasion italienne de la Libye, un siècle plus tôt, et l’exode massif qu’elle a engendré vers les pays frères voisins.
L’affaiblissement des institutions et les difficultés que rencontre la Tunisie pour dessiner un nouvel horizon politique ne l’ont pas empêchée de faire face avec efficacité et respect pour la dignité des personnes, à l’afflux massif de migrants originaires des quatre coins du monde, fuyant les violences du régime de Kadhafi.
Durant plus de dix jours, tandis que l’aide internationale tardait à arriver, la société tunisienne s’est mobilisée au niveau local d’abord, dans les régions de Ben Gardane et de Tataouine, pour apporter secours et assistance aux nouveaux arrivants. Tandis que l’armée organisait le premier camp de réfugiés, les habitants des villages alentours ont amené spontanément de quoi nourrir et installer temporairement tant bien que mal ces étrangers sur place. Certains proposaient leurs véhicules pour conduire les arrivants de la frontière aux camps de Ras Jdir et de Choucha. Cet élan a rapidement été relayé dans tout le pays.
Nous avons été témoins de cette mobilisation massive sur les quelques 400 km de route qui nous ont conduit de Sousse à la frontière libyenne; où nous avons croisé ou doublé une suite ininterrompue de voitures personnelles, de camionnettes et même de semi-remorques transportant des produits et matériels de première nécessité, répondant ainsi aux appels diffusés par les médias. A côté du Croissant rouge tunisien, des collectifs de solidarité ont émergé un peu partout dans le pays, au sein des entreprises, des quartiers, des écoles, des universités, des mosquées ou entre amis. Ils apportent non seulement des médicaments, des vivres et des couvertures mais ont également conduit de nombreux volontaires de différentes professions (médecins, infirmiers, étudiants en médecine, ingénieurs, secouristes…) ou de simples citoyens venus dans le seul but, parfois, de ramasser simplement les déchets qui s’accumulent. Ces véhicules arborent fièrement le drapeau tunisien devenu, après la Révolution,  symbole de l’union, de la liberté retrouvée et de la force de tout un peuple. Des responsables du HCR, pourtant rompus à ce type de situations, nous disaient être impressionnés par la capacité déployée par les habitants de ce petit pays pour gérer une telle crise humanitaire.
Cette forte mobilisation ne peut être comprise comme le seul fait d’un quelconque panarabisme. Si la solidarité avec le peuple libyen et sa révolution sont clairement revendiquées par les Tunisiens, le soutien apporté ne s’établit pas sur la base de critères communautaires ou religieux. Les réfugiés ne sont pas des citoyens libyens, et les Tunisiens le savent ; ce sont des travailleurs migrants de toutes origines qui fuient les combats. Lors de notre passage dans la zone frontalière, les Egyptiens avaient presque tous quitté le camp pour laisser la place à des dizaines de milliers de Bengalais, de Soudanais, de Vietnamiens, et surtout d’Africains sub-sahariens.
La réaction spontanée de la population tunisienne est d’autant plus inattendue que les régimes autoritaires qui se sont succédé en Tunisie depuis l’indépendance n’ont jamais permis l’éclosion d’un tissu associatif indépendant ou d’acteurs solides de la société civile. Cela n’a pas facilité le développement, à large échelle, de traditions de volontariat et de travail humanitaire.
Il semble plutôt que cet engouement soit porté par l’élan révolutionnaire de ces derniers mois. La mobilisation sociale qui a permis le renversement du régime de Ben Ali et la mise en place progressive d’une nouvelle feuille de route vers la démocratie, par décisions gouvernementales et réajustements face aux vives réactions des manifestants à travers le pays (par exemple lors de la nomination des nouveaux préfets à la mi-février, dont 17 sur 24 étaient d’anciens RCDistes), semblent avoir  développé un sens aigu des responsabilités collectives et la conviction que chacun a un véritable poids sur le cours de l’Histoire. Un volontaire sur place résumait ainsi cette nouvelle conscience citoyenne «[…] dans le passé, nous nous considérions comme des locataires dans notre propre pays, aujourd’hui nous nous sentons propriétaires et, désormais, nous prenons le destin du pays en main […]».

Fonds onusiens pour réintégrer les Tunisiens fuyant la Libye

Une bonne nouvelle pour ceux qui s’inquiètent du sort des travailleurs tunisiens qui ont fui la Libye. Une stratégie sera, incessamment, mise au point pour les réintégrer dans le marché du travail en Tunisie. Cette stratégie sera financée, en partie, par des fonds mobilisés par le Haut commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
La nouvelle a été annoncée par Antonio Guterres, Haut commissaire aux réfugiés, et William L. Swing, directeur général de l’OIM, au cours d’une conférence tenue mercredi soir, au terme d’une visite de deux jours en Tunisie. 
Les deux chefs d’agences onusiennes, qui ont visité les camps de réfugiés à Ras Jdir et à Choucha, ont prévenu de l’impact de l’escalade du conflit en Libye sur la frontière tuniso-libyenne et n’ont pas exclu l’arrivée massive de réfugiés libyens en Tunisie.
Par ailleurs, ils ont démenti l’existence de toute épidémie dans les camps de réfugiés.
L’ONU et ses partenaires estiment avoir besoin de 160 millions de dollars pour venir en aide, au cours des trois prochains mois, aux populations qui ont fui la Libye vers la Tunisie, l’Egypte et le Niger. Les fonds, qui doivent également aider ceux qui sont affectés par les violences en Libye, couvrent les domaines de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la santé, de l’eau, de l’assainissement et des abris.
Selon Mme Valérie Amos, secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, cette estimation est «basée sur un scénario prévoyant jusqu’à 400.000 personnes fuyant la Libye, dont 200.000 qui l’ont déjà fait à ce jour, et 600.000 autres personnes en Libye qui vont avoir besoin d’aide humanitaire». La Tunisie a reçu à elle seule 115 mille réfugiés.
L’argent mobilisé permettra aux migrants, qui quittent la Libye pour la Tunisie, l’Egypte et le Niger, de recevoir une aide humanitaire adéquate et de pouvoir être transportés, rapidement, vers leur pays. Dans les parties contrôlées par les opposants, l’argent permettra d’évaluer, d’analyser et de répondre aux besoins humanitaires actuels et à venir.
Antonio Guterres et William L. Swing s’inquiètent particulièrement du sort des réfugiés bengalis qui attendent d’être évacués et de la diminution du flux des réfugiés, ces jours-ci.
«Au début de la crise, lorsqu’il n’y avait pas de contrôle, l’exode était massif (14.000 par jour), mais depuis le renforcement du contrôle aux frontières, l’exode a régressé (3.000 par jour). Je vous laisse le soin de deviner ce qui s’est passé», a déclaré M. Guterres.
Pour M. Swing, «l’objectif immédiat est de s’assurer que tout le monde soit évacué et rapatrié».
Les deux responsables onusiens se sont prononcés pour le renforcement des capacités de la Tunisie dont le gouvernement et le peuple ont «fait preuve, selon eux, de générosité humanitaire modèle, et ce en ouvrant leurs frontières et leurs maisons».
Dans cette perspective, les Nations unies ont décidé de nommer Rashid Khalikov, coordonnateur humanitaire des Nations nnies pour la crise libyenne et Abdelilah Al-Khatib (Jordanie) comme envoyé spécial du secrétaire général, Ban ki-moon pour la Libye.
Le premier a reçu pour mission de travailler avec les résidents coordonnateurs de l’ONU pour la Tunisie, l’Egypte et le Niger et avec les gouvernants de ces pays pour s’assurer d’une réponse coordonnée aux frontières avec la Libye. Quant au second, il sera chargé de mener des consultations avec Tripoli et le reste de la région sur la situation humanitaire et les autres dimensions de cette crise.

Première visite d'Hillary Clinton au Caire et à Tunis depuis les révoltes arabes

WASHINGTON — Hillary Clinton se rendra la semaine prochaine en Egypte et en Tunisie pour la première fois depuis le début des révoltes arabes, et y rencontrera des opposants libyens, a annoncé jeudi la secrétaire d'Etat américaine.
"La semaine prochaine, je vais me rendre au Caire et à Tunis pour parler directement" aux Egyptiens et aux Tunisiens, et "rencontrer leurs dirigeants de transition" a dit Mme Clinton à des élus du Congrès américain.
La chef de la diplomatie américaine a dit vouloir "apporter le soutien ferme" de l'Amérique à ces pays, et sa volonté d'être "partenaire" de la transition qui s'engage.
Elle a évoqué "un engagement très important" à aider économiquement la Tunisie, et rappelé que les Etats-Unis avaient déjà réaffecté vers l'Egypte 150 millions de dollars d'aide.
"C'est un enjeu énorme pour nous que d'assurer que l'Egypte et la Tunisie soient les modèles du type de démocratie que nous souhaitons voir", a-t-elle plaidé à la Chambre des représentants, devant laquelle elle défendait le budget de son ministère.
Réitérant la demande américaine que le colonel Kadhafi quitte le pouvoir à Tripoli "sans retard ni nouvelles violences", elle a annoncé une amplification des efforts de l'administration pour entrer en contact avec la rébellion libyenne.
"Nous sommes en train de joindre l'opposition à l'intérieur et à l'extérieur de la Libye. Je vais rencontrer certains de ces opposants à la fois aux Etats-Unis et lors de mon voyage la semaine prochaine, afin de discuter de ce que les Etats-Unis et d'autres peuvent faire", a-t-elle ajouté.
Des diplomates américains, dont Gene Cretz, l'ambassadeur américain en Libye, ont déjà rencontré au Caire des membres du Conseil national de transition (CNT), dont la France a été jeudi le premier pays à reconnaître la légitimité.
D'autres entretiens ont eu lieu, mais Washington est délibérément discret sur l'identité des personnalités rencontrées, pour ne pas donner le sentiment que les Etats-Unis choisissent leurs interlocuteurs.
Les Etats-Unis continuent de considérer l'opposition libyenne comme un ensemble en cours de formation, et non un bloc.
Les Occidentaux ont passé jeudi en revue les moyens, y compris militaires, de nature à mettre un terme à la crise en Libye. Mais deux réunions, des ministres de la Défense de l'Otan et des ministres des Affaires étrangères de l'UE, n'ont pas permis d'aboutir à un consensus.
Sur le terrain, les forces loyales à Mouammar Kadhafi ont gagné du terrain dans leur progression vers l'est tenu par les rebelles.

Tunisie, vers la création d’un front civil démocratique

A l'initiative de l'Association Mohamed Ali pour la Culture Ouvrière (ACMACO), quelque deux cents citoyens et citoyennes tunisiens ont engagé, vendredi 4mars 2011, un processus de constitution d'un front civil et démocratique.

Ce front a pour objectif de réunir des intellectuels, syndicalistes, acteurs de la société civile, jeunes de diverses régions et toute personne physique ou morale soucieuse de contribuer activement à la réalisation de la transition démocratique et des objectifs de la révolution du 14 janvier 2011.

Le débat a permis de souligner la pertinence de l'initiative qui répond à un besoin impérieux de création d'un cadre de débat et d'action ouvert à tous ceux qui veulent barrer la route définitivement au despotisme sous toutes ses formes et qui entendent s'engager sur la voie de la construction de la Tunisie de la démocratie et la modernité, la Tunisie de la liberté, de la citoyenneté et l'égalité, la Tunisie de l'intégrité, de la probité et de la transparence.

Forts de ce premier succès, les initiateurs ont décidé de poursuivre leur œuvre constitutive pour faire de ce front un cadre indépendant au service de la construction de la Tunisie de demain.
Dans ce cadre, un groupe de travail se chargera d’élaborer une plate forme et un plan d’action dans les jours qui suivent pour les soumettre  à la prochaine réunion des membres du Front Civil et  Démocratique.

Un emisario de Zapatero se reunió con la cúpula insurgente en Libia


Un emisario del presidente español, José Luis Rodríguez Zapatero, se reunió el pasado sábado en Bengasi -capital de la zona de Libia controlada por los rebeldes al régimen de Gadafi- con el Consejo Nacional de Transición, encabezado por su presidente, el ex ministro de Justicia Mustafá Abdel Jalil, según han confirmado a EL PAÍS fuentes gubernamentales. Zapatero dio instrucciones la semana pasada, durante su gira por el golfo Pérsico, de que se estableciera contacto directo con los dirigentes de la insurgencia libia.
España no es el único país que ha mantenido contactos con el nuevo poder revolucionario libio pero sí el primero, que se sepa, que lo ha hecho en su propio territorio. El Departamento de Estado de EE UU anunció ayer que su embajador en Libia se había entrevistado con representantes de la oposición a Gadafi en El Cairo (Egipto) y Roma (Italia); y la Alta Representante de la UE, Catherine Ashton, se reunió el martes en Estrasburgo (Francia) con dos enviados del Consejo Nacional de Transición, que hoy serán recibidos por el presidente francés, Nicolas Sarkozy.
El encargado de mantener este primer contacto por parte española fue el jefe de la Oficina Humanitaria de la Agencia Española de Cooperación Internacional para el desarrollo (AECID), Pablo Yuste, con rango de director general. Yuste recorrió por carretera los más de 1.000 kilómetros que separan El Cairo (Egipto) de Bengasi con un cargamento de tres toneladas de medicinas que entregó a la Media Luna Roja. Sin embargo, bajo la cobertura de esta misión humanitaria, Yuste llevaba también el encargo de mantener contactos políticos y se reunió, en el Palacio de Justicia de la ciudad, con Mustafá Addel Jalil y sus ministros.
Para evitar que se repitiera el fiasco de la misión diplomática británica, que concluyó con la detención de un comando de las fuerzas especiales, el viaje de Yuste fue cuidadosamente preparado y contó con la autorización de los insurgentes.
A su regreso a España, Yuste informó al Ministerio de Asuntos Exteriores y a La Moncloa de sus gestiones. El alto cargo explicó que, entre los líderes de la oposición a Gadafi, hay personas de alta cualificación técnica y profesional; es decir, no se trata de una guerrilla desorganizada sino de un embrión de Administración estatal. En cada ciudad en poder de la insurgencia se ha creado un consejo municipal y el Consejo Nacional los coordina a todos. No hay desabastecimiento en esa zona del país y las demandas que recibió Yuste se refieren a productos especializados: medicamentos para enfermos crónicos y de cáncer.
Pero la principal petición que recibió Yuste fue política: el reconocimiento del Consejo Nacional de Transición como Gobierno legítimo de Libia. Fuentes diplomáticas descartan que España vaya a dar ese paso a corto plazo, al menos mientras no lo decidan así los 27 países de la Unión Europea. Las mismas fuentes recordaron que España no reconoce Gobiernos sino Estados y, en la práctica, los Ejecutivos son reconocidos en la medida en que se les acepta como interlocutores. En ese sentido, España tiene intención de proseguir los contactos con las autoridades de Bengasi y elevar incluso el nivel de su enviado.
En contraposición, Zapatero se negó ayer a atender una llamada del propio Muamar el Gadafi. Fuentes gubernamentales explicaron que Gadafi telefoneó al presidente español como parte de una amplia ofensiva diplomática dirigida a frenar una posible intervención militar internacional, lo que incluyó el envío de emisarios a Portugal, Bruselas o Malta. Pero Zapatero, como otros mandatarios europeos, optó por no atender su llamada, por considerar que Gadafi -a quien el Consejo de Seguridad de la ONU ha llevado ante la Corte Penal Internacional por crímenes contra la humanidad- ya no es un interlocutor válido.
La semana pasada, la Embajada libia en Madrid entregó una nota verbal a Exteriores en la que repetía las tesis de Gadafi -que la situación en el país no es como la cuentan los medios de comunicación, que la revuelta está alentada por Al Qaeda- y anunciaba su intención de abrir un "diálogo nacional". España cree que ese diálogo ya no es posible con Gadafi en el poder.
Libia mantiene abierta su embajada en Madrid pero el embajador, Ajeli Breni, que no fue invitado al almuerzo que ofreció el jueves la ministra Trinidad Jiménez a los embajadores árabes, se ha marchado a su país.

Disuelto el partido del expresidente tunecino Ben Alí

El tribunal de primera instancia dictó hoy la "disolución y liquidación de los bienes y fondos" de la Agrupación Constitucional Democrática (RCD), el partido fundado por el expresidente tunecino Zín El Abidín Ben Alí, informaron a Efe fuentes de la magistratura.
La sentencia se ha producido después de que el pasado día 3 el Ministerio de Interior presentara el caso ante el tribunal de primera instancia que ha asumido la decisión, presidido por el juez Belgacem Barrah.
Según el representante del Ministerio Interior en el caso, Fauzi Ben Mrad, el RCD "violó la ley del 3 de mayo de 1988 que estipula que todo partido debe defender los logros de la nación en especial la forma republicana del régimen, sus fundamentos y principios basados en la soberanía popular".
En las más de dos décadas que monopolizó el poder, el partido de Ben Alí reformó varias veces la Carta Magna, lo que condujo a la transformación del sistema político tunecino en un "régimen personalizado y tiránico", denunció Mrad, que precisó que "el RCD no había presentado el estado de sus cuentas desde 1988".
Ben Alí fundo el RCD el 27 de febrero de 1988 sobre la base del partido Neo Destuor de su predecesor, Habib Bourguiba, primer presidente del país tras la independencia de Túnez en 1956.
El RCD contaba con dos millones de militantes y su disolución fue reivindicada por cientos de miles de tunecinos durante las numerosas marchas de protesta que dieron inicio del actual proceso democrático y provocaron la huida de Ben Alí a Arabia Saudi el 14 de enero.




Tribunal de Túnez disuelve partido del derrocado Ben Ali

Un tribunal tunecino falló el miércoles que el partido del ex presidente Zine Al Abidine Ben Ali sea disuelto, lo que provocó celebraciones callejeras ante el desmantelamiento de uno de los últimos vestigios del líder derrocado.
El fallo impedirá al partido, cuyas actividades ya habían sido suspendidas, presentar un candidato en unas elecciones futuras.
Un juez del Tribunal de Primera Instancia de Túnez ordenó que el Reagrupamiento Constitucional Democrático (RCD) de Ben Ali fuera disuelto y sus fondos confiscados, dijo un testigo de Reuters.
Cientos de manifestantes que se habían reunido en el tribunal cantaron el himno nacional como celebración después de leerse el fallo.
Algunos gritaron "el RCD está muerto" y "Túnez libre". Los manifestantes después marcharon pacíficamente hacia la plaza de la Kasbah, que ha sido el epicentro de las concentraciones a favor de la democracia.
"Este es un día histórico. Estamos orgullosos de nuestro poder judicial que finalmente es libre", dijo Badi Ben Zekri, un abogado independiente que estaba en el tribunal.
Ben Ali fue derrocado por las protestas masivas el 14 de marzo después de 23 años de gobierno autocrático y huyó a Arabia Saudí.
Las autoridades de transición han luchado por restaurar la estabilidad en el país norteafricano y durante la última semana han presentado una hoja de ruta hacia la transición y atacado los símbolos del poder de Ben Ali uno por uno.
Un nuevo gobierno de tecnócratas liderado por Beji Caid Sebsi, una figura respetada que no tiene vínculos con el presidente derrocado, fue presentado el lunes después del colapso de las dos administraciones interinas previas que incluían a miembros de la vieja guardia de Ben Ali.

mercredi 9 mars 2011

Tunisie: mandat de dépôt contre l'ancien ministre de l'Intérieur

Un mandat de dépôt a été émis à l'encontre de l'ancien ministre tunisien de l'Intérieur Rafik Belhaj Kacem pour "homicide volontaire", a rapporté mercredi soir l'agence officielle TAP.
Citant une "source informée auprès du ministère de la Justice", l'agence précise que le doyen des juges d'instruction a émis ce mandat de dépôt depuis le 3 mars. L'accusation d'homicide volontaire visant Rafik Belhaj Kacem est liée à la répression lors de la "Révolution du jasmin", selon la TAP. Il était alors ministre de l'Intérieur.
L'ex-responsable de la sécurité, qui était un proche collaborateur du président déchu Zine El Abidine Ben Ali, était déjà en résidence surveillée.