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mercredi 3 août 2011

FDTL - Ettakatol - Le programme en 6 chapitres et 100 propositions


Le 23 octobre 2011, les citoyens Tunisiens, de Tunisie et de l’Etranger, écriront une nouvelle page de leur histoire, celle de la deuxième république tunisienne. Ettakatol a été historiquement un parti patriotique dissident contre la dictature. Il est désormais la convergence de forces démocratiques qui s’attèlent à l’avènement de la seconde République. Ettakatol propose qu’ensemble nous construisons notre vision de cette deuxième république, qu’ensemble nous apportions des réponses à la crise de valeurs que nous vivons. Ainsi, c’est ensemble, disposition par disposition, que nous écrirons notre Constitution.
Les Tunisiens se sont révoltés pour que les valeurs du travail, de liberté, de justice et de solidarité reprennent leur véritable sens. Ces valeurs, intimement liées les unes aux autres, constituent la philosophie d’ Ettakatol depuis sa fondation en 1994. Des aspirations pour lesquelles nos martyrs ont payé de leur vie et qu’Ettakatol concrétisera afin que la Tunisie brille à jamais.
Les Tunisiens voient la hantise du chômage et s’interrogent sur leur avenir et celui de leurs enfants; ils voient une organisation du travail menant à la précarité et se demandent où est la justice sociale; ils voient des pseudo-fonds de solidarité et s’insurgent contre la fracture régionale; ils voient un système gangréné par une corruption généralisée. Aujourd’hui, ils aspirent à une gouvernance démocratique et un État de droit.
Ettakatol propose dès lors une véritable rupture avec les systèmes ayant prévalu pendant 23 ans. Notre projet de société se fonde sur un véritable contrat social, juste et équilibré, articulé sur un développement durable et l’harmonie sociale. Ainsi, notre engagement pour la Tunisie est de bâtir une société démocratique et libre, en mesure de relever quatre grands défis suivants :
  1. Bâtir un Etat de droit basé sur des pouvoirs et des contre-pouvoirs et instaurer de nouveaux principes de gouvernance
  2. Construire une économie solide et solidaire pour relancer notre compétitivité, réduire les fractures régionales et sociales et valoriser le travail
  3. Combattre la pauvreté et la précarité et faire accéder les Tunisiens à une vie digne.
  4. Renouer avec une société citoyenne pour assurer une gouvernance saine et un cadre de vie harmonieux.
L’enjeu majeur est ainsi de replacer tous les citoyens Tunisiens à leur vraie place, c’est-à-dire au cœur de la société. La politique, l’économie et les institutions de l’État ne seront seulement que des moyens, au seul service du citoyen. Dans cette nouvelle page de la Tunisie, le bien être et le bonheur du citoyen Tunisien seront les seuls objectifs d’Ettakatol.

Une deuxième République fondée sur  une nouvelle Constitution qui conserve  les acquis, et rompt avec la dictature

La Tunisie est un Etat libre, indépendant et souverain ; sa religion est l’islam, sa langue l’arabe et son régime la République. La République Tunisienne sépare le champ politique du champ religieux et est ouverte sur les valeurs universelles
1 Un Etat dont le Régime est républicain et civil fondé sur des Institutions qui reflètent la souveraineté du peuple. L’Etat préserve l’identité du peuple tunisien et garantit la liberté de croyance.
2 L’identité du peuple tunisien est enracinée dans ses valeurs arabo- musulmanes, et enrichie par ses différentes civilisations ; elle est fondamentalement moderne et ouverte sur les cultures du monde.
3 L’Etat veille à l’ancrage et au rayonnement de la langue arabe tout en promouvant l’ouverture aux langues étrangères et les diverses cultures et civilisations.
4 L’Etat veille à la préservation des lieux de culte et en assure la neutralité afin d’éviter l’instrumentalisation de la politique dans le champ religieux et de la religion dans le champ politique.
Consacrer la démocratie, assurer la stabilité et garantir la séparation et l’équilibre des pouvoirs
5 Déterminer clairement des prérogatives de chaque pouvoir et des mécanismes de contrôle mutuel
Garantir l’indépendance de la justice
Election du Président de la République qui est le Chef de l’Etat au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois. Nomination du premier ministre choisi au sein de la majorité parlementaire.
Définition des prérogatives et rôles du gouvernement de leurs pouvoirs et du Chef de l’Etat de manière à garantir l’équilibre.
Définition précise du fonctionnement et de l’organisation du Parlement ainsi que de ses prérogatives en matière législative et de contrôle de l’activité gouvernementale. Le Parlement partage avec le gouvernement l’initiative des lois.
Consacrer l’intangibilité des libertés individuelles et publiques, des droits politiques ainsi que ceux liés à l’économie, à la culture et à la justice sociale
10 Garantir les droits et les libertés publiques et individuelles, notamment ceux relatifs à l’intégrité et à la dignité de la personne
11 Mettre en œuvre les principes d’égalité entre la femme et l’homme
12 Concrétiser les principes de justice sociale et ceux d’égalité entre individus, classes, générations, communautés et régions
13 Garantir comme droit fondamental celui de vivre dans un environnement sain, équilibré et durable
14 Consacrer le principe d’intangibilité et de non possibilité de révision des dispositions de la Constitution en relation avec la nature du régime, les libertés et droits fondamentaux
Instaurer l’Etat de droit comme système effectif
15 Définir les prérogatives de l’administration centrale de l’Etat et organiser sa relation avec les autorités et les institutions régionales
16 Consacrer le principe d’élection des autorités locales et régionales représentatives et leur conférer un pouvoir décisionnel
17 Garantir l’indépendance de la Cour des comptes et veiller à la diffusion publique de ses rapports
18 Affirmer le principe de « la loi au dessus de tous » et garantir son application à travers une justice indépendante
Instaurer des mécanismes effectifs de contrôle des différents pouvoirs
19 Création d’une Cour Constitutionnelle pour contrôler la constitutionnalité des lois et garantir le respect des droits constitutionnels par les différents pouvoirs
20 Possibilité de saisie, après épuisement de toutes les voies de recours, de la Cour Constitutionnellepar touteinstitutionoucitoyenconsidérantquel’undesesdroitsconstitutionnels a été viole
21 Instauration de la responsabilité du gouvernement devant le Parlement qui pourra lui adresser tout type de questions et le cas échéant voter des motions de censure
22 Pouvoir du Chef de l’Etat, une fois au cours de son mandat, d’exercer son droit de dissolution du Parlement et d’appeler à l’organisation d’élections législatives anticipées
23 Instauration de mécanismes garantissant l’autonomie, la neutralité, la transparence et l’efficacité des Institutions en charge du contrôle et de la surveillance

De nouveaux principes de gouvernance pour l’instauration de « l’Etat de droit »

Garantir l’égalité et les droits du citoyen devant une justice indépendante
24 Adopter le principe de l’élection des membres du Conseil Supérieur de la Magistrature
25 Limiter la subordination des procureurs et garantir l’indépendance du juge à travers la prise en compte de critères objectifs fixés par le Conseil Supérieur de la Magistrature, relatifs à leur nomination, avancement, promotion et mutation.
26 Améliorer les conditions de travail des magistrats à tous les niveaux en vue d’une meilleure efficacité, adopter le principe de spécialisation des juges, améliorer la formation et créer de nouvelle spécialisations juridictionnelles
27 Adopter le processus de justice transitionnelle pour établir la vérité, déterminer équitablement les sanctions, indemniser les victimes, procéder aux réformes nécessaires pour éviter toute récidive puis atteindre la réconciliation nationale
28 Permettre à l’accusé d’être assisté par son avocat dès l’arrestation et durant toutes les phases du procès. Garantir l’immunité de l’avocat pendant la plaidoirie
Réduire la fracture régionale par la participation politique du citoyen à travers des structures régionales et locales élues et à travers des mécanismes de com- munication appropries
29 Créer des conseils de districts, dont les membres sont élus, jouissant d’une autonomie administrative et financière financés à travers le budget de l’Etat et la fiscalité locale
30 Doter les structures administratives régionales des moyens et de pouvoirs leur permettant d’assumer leurs missions, assurer une coordination entre elles et définir clairement la responsabilité de leurs différents organes
31 Doter les conseils municipaux élus d’une plus grande autonomie administrative et financière et leur accorder le pouvoir de supervision de l’appareil administratif municipal
32 Déconcentrer la Cour des comptes et le Tribunal administratif à travers la création d’antennes régionales disposant de prérogatives de contrôle.
33 Fournir une assistance technique aux régions et aux municipalités pour l’encadrement et la qualification de leurs ressources humaines leur permettant le lancement de leurs propres projets
Garantir la liberté et la diversité des médias
34 Créer une autorité indépendante de contrôle, efficiente, de composition équilibrée, garante de médias libres et pluriels et veillant au respect de la déontologie
35 Prendre en considération les spécificités sectorielles des médias, faire évoluer la législation pour prendre en compte l’évolution des technologies de la communication. Définir les méthodes et critères de sondage d’opinions et de mesure de l’audimat
36 Assurer la qualification et la formation des journalistes et garantir leur droit à la confidentialité de leurs sources secrètes et à l’accès à l’information officielle
37 Définir le rôle et les fonctions des médias publics et garantir leur neutralité, ainsi que l’obligation pour le gouvernement de consulter le parlement avant d’en nommer les principaux responsables. Création d’une chaîne parlementaire transmettant en direct les débats des assemblées pour en garantir la transparence
Moderniser l’administration et améliorer la compétence des ressources humaines pour mieux servir le citoyen
38 Adopter la séance continue sur 5 jours pour les horaires administratifs, et choisir un jour fixe pour une séance nocturne dans les services administratifs ouverts au public
39 Adopter des mécanismes et critères, objectifs et scientifiques, d’évaluation du rendement du fonctionnaire en relation avec son parcours professionnel. Généraliser l’utilisation des nouvelles technologies dans les structures et organismes de l’administration
40 Garantir la neutralité de l’administration, et dévlopper son efficacité. Encourager l’esprit d’initiative et le sens de responsabilités des fonctionnaires en adoptant le principe du management par objectif
41 Garantir la transparence à toutes les étapes des concours administratifs, depuis l’établissement des conditions d’accès jusqu’à la publication des résultats
Revoir la qualification et l’organisation des corps de sécurité intérieure pour garantir leur neutralité et restaurer la confiance avec les citoyens
42 Subordonner la mission du ministère de l’intérieur au strict respect de la constitution et de la déclaration des droits de l’homme.
43 Réorganiser les services du ministère de l’intérieur et réviser leurs mécanismes de communication interne et la politique des grades
44 Adapter le système de formation des agents de la sécurité intérieure aux exigences des droits de l’homme et à la nécessité d’une organisation de la sureté au service de la nation et du citoyen
Renforcer le rôle de l’armée comme pilier républicain de la défense de la nation
45 Réorganiser les services du ministère de la défense de façon à garantir la neutralité de l’institution militaire et à renforcer son rôle dans la protection et l’indépendance de la nation dans le cadre d’un Etat démocratique

Approches nouvelles et pionnières en matière de politique étrangère

Redéfinir une politique étrangère volontariste cohérente avec les aspirations de notre peuple et son appartenance civilisationnelle, et des relations internationales visant à réaliser l’intégration Maghrébine, Méditerranéenne, Arabe et Africaine
46 Établir les nouvelles bases de la construction maghrébine et refonder les relations par la création d’un parlement maghrébin élu au suffrage direct par les populations maghrébines
47 Valoriser les acquis de la révolution pour le développement de la pensée démocratique, l’encouragement des causes de libération dans le monde arabe et la création d’une Union Arabe Démocratique. Soutenir le peuple palestinien et appuyer sa juste cause à tous les niveaux
48 Développer les relations entre les nations arabes et africaines dans le cadre d’une stratégie visant à servir leurs intérêts communs
49 Réviser les accords d’association avec la communauté européenne pour concrétiser un co-développement cohérent et équitable. Etendre la réflexion commune sur un projet d’un partenariat arabo-européen équilibre
50 S’attacher à l’indépendance dans les relations internationales. Renforcer nos relations avec les pays émergents ainsi que le rôle de la Tunisie dans les organisations internationales pour veiller notamment au respect du principe de non discrimination.

Un nouveau modèle de développement pour une Economie Solide et Solidaire

La concrétisation d’un travail décent et le bien-être de tous passent par un nouveau modèle de développement basé sur des relations sociales évoluées qui stimulent le progrès scientifique et l’innovation, la production, la croissance économique et la compétitivité.
La coopération et l’harmonie entre toutes les parties prenantes sont des conditions préalables pour parvenir à une croissance rapide qui ne sera pérenne sans une répartition juste et équitable des fruits de la croissance, la garantie de la dignité du travailleur et la lutte contre la pauvreté et la précarité.
Nous mettrons en œuvre des mesures immédiates favorisant la relance économique, l’emploi et la gestion des actifs de l’ancien système.
51 Nous oeuvrerons pour rétablir la confiance des acteurs économiques par l’assainissement du climat social et sécuritaire. Nous ferons en sorte que les entreprises saines actuellement affaiblies puissent être rapidement soutenues, notamment par les institutions financières, afin qu’elles retrouvent leur niveau de productivité et de croissance
52 Nous créerons 100 000 emplois valorisants dans les services publics, dans le cadre de projets nationaux à caractère social renforcés par des ressources humaines nécessaires, notamment dans les secteurs de services au sein des collectivités locales en donnant la priorité aux chômeurs de longue durée.
53 Nous renforcerons l’intermédiation d’emploi dans les zones défavorisées (bureaux de l’emploi, tissu associatif, privé), des mécanismes de recyclage et de reconversion pour réduire les périodes de réinsertion. Nous allons Instaurer un cadre juridique pour inciter davantage les entreprises à accueillir et encadrer les stagiaires.
54 Nous mettrons en place des mesures urgentes pour récupérer toutes les entreprises et actifs détenus par les proches de l’ancien système et confier leur gestion à une Institution régie par un cadre juridique adapté afin de lui conférer transparence et efficacité
Nous redonnerons à l’Etat son rôle régulateur garantissant la cohésion sociale et la croissance durable
55 En affirmant son rôle de régulateur et de stratège, notamment dans le développement des infrastructures nationales et les secteurs stratégiques. Et en tant que garant des services publics et de la justice sociale. L’État aura également pour rôle de stimuler l’investissement et la compétitivité du secteur privé et de favoriser par le dialogue une véritable implication des partenaires sociaux dans le cadre d’un nouveau partenariat gagnant –gagnant
Nous stimulerons l’investissement et l’entrepreneuriat dans le cadre d’un nouveau modèle de développement
56 - Nous stimulerons l’investissement par le développement des principales incitations à l’investissement, notamment, le climat d’investissement, la qualité des institutions, la lutte contre la corruption, les infrastructures et la qualité et la disponibilité des ressources humaines. Nous proposons de réduireletauxgénérald’impositiondesentreprises de 30 à 25% et de renforcer les avantages fiscaux accordés aux entreprises réinvestissant leur profit, et créer des nouveaux mécanismes d’incitation à celles investissant dans la R&D et l’innovation et celles créant des emplois pour les diplômés de l’enseignement supérieur et celles investissant dans les régions prioritaires.
57 – Dans un souci de transparence et d’efficacité, nous lancerons rapidement un programme d’assainissement financier et organisationnel du secteur bancaire. Cette mise à niveau selon les normes internationales permettra aux banques de mieux jouer leur rôle dans le développement des PME et PMI. Nous favoriserons les rapprochements bancaires pour améliorer la productivité de ce secteur et réduire les coûts de financements actuellement en vigueur.
58 – Nous accorderons une grande priorité à la mise en place des systèmes pour garantir les crédits nécessaires aux entreprises et inciterons les sociétés de capital risque à jouer pleinement leur rôle dans le financement. Nous garantirons aux entrepreneurs de recouvrir les avances sur impôts dans des délais très courts afin de ne pas mettre en péril leur capacité d’entreprendre.
59 – Nous mettrons en place rapidement un système efficace de soutien et de garantie de l’état au service des jeunes entrepreneurs. Nous orienterons les capacités de financement des banques vers les investissements et entrepreneurs innovants et productifs plutôt que les investissements spéculatifs Nous allons moderniser la réglementation pour faciliter l’internationalisation de nos entreprises. Nous développerons le micro-crédit pour que l’entreprenariat soit accessible au plus grand nombre
Nous mettrons en œuvre des mesures pratiques et efficaces pour favoriser la culture d’entreprise citoyenne
60 Par un « pacte social » à initier entre les différents partenaires sociaux, nous allons œuvrer pour le développement d’entreprises citoyennes à travers un dialogue social gagnant- gagnant. Nous ferons évoluer le cadre juridique du travail en intégrant les partenaires sociaux dans la révision des conventions collectives.
Nous moderniserons l’administration des impots en simplifiant la norme fiscale
61 Nous garantirons un système de fiscalité juste et équitable permettant de garantir à la fois la cohésion sociale et le développement économique. Nous mettrons rapidement en place toutes les conditions nécessaires pour améliorer le recouvrement de l’impôt et réduire l’évasion fiscale.
Nous réduirons la fracture régionale et favoriserons un développement économique de la Tunisie équilibré
62 Nous désenclaverons les zones de l’intérieur à travers un découpage horizontal du territoire en 5 grandes régions. Les économies de ces nouvelles zones seront plus équilibrées et toutes basées sur les services, le tourisme, l’agriculture et l’industrie, avec des tailles et des populations voisines et une complémentarité entre les secteurs. Pour permettre un développement cohérent au sein des régions, celles-ci seront autonomes et bénéficieront d’un programme national d’infrastructure et de logistique adapté
Nous ouvrirons davantage notre économie sur les marchés internationaux
63 Notre créerons toutes les conditions nécessaires pour que notre économie soit davantage ouverte sur l’International tout en renforçant nos relations avec nos partenaires européens. Nous accorderons une grande priorité au développement de nos relations économiques etpartenarialesaveclespaysmaghrébins,arabesetafricains etceuxàfortecroissance
Nous replacerons l’agriculteur au centre de la stratégie de développement agricole
64 Nous favoriserons un développement rural intégré. Nous renforcerons la position de l’agriculteur en réduisant le nombre d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur. Nous inciterons les agriculteurs à la recherche de synergies pour leur permettre d’améliorer leur rentabilité. Nous faciliterons l’accès au financement que nous adapterons à la réalité des cycles agricoles. Nous mettrons en place des mécanismes permettant le rééchelonnement de la dette des agriculteurs et d’effacer la dette des petits agriculteurs en difficulté à concurrence de 4000 DT.
65 Nous accorderons une grande priorité à la régularisation de la situation foncière des terrains agricoles et inciterons à contrecarrer le morcellement des terres. Nous mettrons en place une stratégie nationale pour la préservation de l’eau et du sol
Nous renforcerons et pérenniserons notre tourisme
66 Nousinciteronsàlarénovationdeshôtelsetferonsprocéderàunauditdeladettepour que les unités hôtelières encore économiquement viables puissent être rapidement mises à niveau. Nous encouragerons la création de produits touristiques de qualité et plus diversifiés. Nous renforcerons la promotion et la commercialisation de nos produits touristiques notamment par la mise en place des systèmes de ventes les plus modernes. Nous mettrons en œuvre une politique de formation efficiente des différents métiers du tourisme, notamment celles des guides touristiques. Nous accélérerons l’ouverture du ciel pour plus d’autonomie de notre tourisme par rapport aux TOs.
Nous ferons de la Tunisie un pôle de services
67 Nous créerons toutes les conditions ainsi que le cadre juridique nécessaires pour que la Tunisie devienne une plateforme régionale de service, notamment, dans les secteurs des technologies de l’information, de la santé et de la logistique. Nous nous préparerons à plus long terme pour devenir une plateforme financière.
Nous créerons un nouveau cadre pour le secteur du commerce
68 Nous réviserons la réglementation du secteur de commerce pour un meilleur équilibre entre les petit commerçants et les grands distributeurs.
Nous ferons que nos industries soient innovantes, compétitives et solides
69 Nous favoriserons le développement de zones spécialisées de grande taille permettant une véritable intégration sectorielle et doterons nos zones portuaires des moyens nécessaires pour améliorer la logistique industrielle. Nous inciterons les entreprises à investir dans la R&D et l’innovation, et favoriserons les partenariats internationaux et le développement au Maghréb et en Afrique.
Nous rattraperons la dynamique mondiale autour des énergies renouvelables
70 Nous voulons faire des énergies renouvelables un moteur de notre croissance et de notre développement. Nous implanterons au niveau rural et urbain des projets écologiques adaptés et durables.

Un projet de société juste pour une Vie Digne

Nous rétablirons la confiance en un avenir serein, à travers la lutte et la prévention contre la pauvreté et la précarite
71 Pour aider plus de 1,2 millions de Tunisiens à sortir de la précarité, nous lancerons un plan national assurant aux plus démunis des programmes adaptés de réinsertion ainsi qu’un accès équitable au logement, au transport et aux soins.
72 Nous mettrons en place une Contribution de Solidarité (CDS) prélevée à partir d’une taxation sur les transferts de dividendes, sur les plus-values immobilières, et d’autres taxes sur les activités agréées (grande distribution, opérateurs télécom, concessions automobiles, banque et assurance).
73 Nous créerons progressivement une caisse d’assurance chômage.
74 Nous réorganiserons les marchés informels et faciliterons l’intégration de plus de 1,4 millions de travailleurs du secteur informel en leur octroyant des cartes professionnelles et de prévoyance sociale. Nous régulerons progressivement ces marchés pour les intégrer complètement dans l’économie réelle.
Nous améliorerons le pouvoir d’achat des Tunisiens pour assurer une vie digne a tous les citoyens
75 Nous réviserons la définition et la composition des indices des prix et revaloriserons sur cette base les salaires, particulièrement le SMIG, le SMAG et les bas salaires.
76 Nous réviserons le barème de l’impôt sur le revenu en élargissant l’exonération fiscale aux revenus annuels inférieurs à 3500 dinars et créerons des nouveaux paliers pour les tranches les plus élevés.
Nous améliorerons le quotidien des Tunisiens et permettrons à l’ensemble des citoyens d’accéder au mieux vivre.
77 Nouslanceronsunepolitiqueprivilégiantletransportencommunpermettantd’améliorer l’accessibilité, la qualité et le temps de déplacement des Tunisiens en réorganisant les circuits pour désenclaver les zones à forte densité. Ceux vivant dans la précarité bénéficieront de tarifs avantageux.
78 Nous mettrons en place une grande politique du logement social financée par l’Etat et les régions afin d’assurer à tous les tunisiens un habitat digne. La priorité ira vers aux Tunisiens vivant dans la précarité. Une loi ad-hoc devra également être promulguée concrétisant la régularisation de l’habitat spontané, dans le cadre d’un plan d’aménagement.
79 Nous allons créer un Ministère de la Santé et de la Prévoyance sociale qui aura pour mission d’assurer une politique de couverture de soins équitable et efficace permettant des prestations adaptées et de qualité pour tous les citoyens.
80 Nous veillerons à assurer l’accessibilité de tous les Tunisiens aux soins en implantant équitablement sur l’ensemble du territoire des établissements qui soient en mesure de traiter l’essentiel des pathologies. Nous engagerons par ailleurs des réformes aboutissant à une meilleure organisation du financement de la santé. La Contribution de Solidarité (CDS) permettra la financement de cette mesure.
Nous révolutionnerons le système éducatif pour lui rendre ses titres de noblesse et son rôle d’ascenceur social
81 Nous souhaitons faire émerger une jeunesse citoyenne, autonome et créative en garantissant à tous les enfants tunisiens un enseignement de base obligatoire, de qualité et gratuit incluant l’année préparatoire. Nous mettrons en place des activités de soutien scolaire dédiées aux élèves en difficulté.
82 Nous mettrons en œuvre des réformes structurelles du système éducatif. Ceci passera par la redéfinition des objectifs pédagogiques, de la méthodologie d’enseignement et des programmes. Cette réforme sera mise en place grâce à un travail collégial impliquant l’ensemble des acteurs de l’éducation et les autres parties prenantes.
83 Nous restructurerons l’enseignement secondaire autour de deux principales filières : l’enseignement général et l’enseignement technologique, reliées par des passerelles. L’enseignement technologique sera basé sur les filières à forte employabilité. Il permettra d’accéder à différents niveaux de qualifications diplomantes pouvant aussi conduire à l’enseignement supérieur.
84 Nous mettrons en œuvre un observatoire national indépendant, permettant une évaluation et une approche prospective de l’enseignement en adéquation avec le marché du travail et les métiers de l’avenir et qui garantit également la qualité de l’enseignement à tous les cycles.
85 Nous donnerons une grande priorité à limiter l’abandon scolaire à travers la mise en place de structures de soutien social, en apportant l’accompagnement supplémentaire dans les « zones d’éducation prioritaires » et en créant des incitations spécifiques pour les enseignants de ces zones.
86 Nous lancerons une première mission évaluative sur l’efficacité de la réforme LMD dans les universités et prendrons de concert avec des acteurs concernés les mesures correctives nécessaires. Par la suite et afin d’augmenter l’égalité des chances des jeunes dans le choix et l’accès aux métiers, nous redéfinirons progressivement un nouveau système d’orientation universitaire permettant de mieux adapter les vœux de l’étudiant, à ses capacités et aux possibilités d’employabilité.
87 Nous mettrons en place un programme ambitieux donnant aux institutions universitaires leur autonomie, en terme de gestion et de relation avec l’environnement économique et social, notamment le monde de l’entreprise, pour les impliquer davantage quant à leur objectif d’employabilité et de connaissance de l’environnement économique et social. La réforme de l’université inclura aussi la réforme de la recherche universitaire pour plus d’autonomie et d’efficacité par l’adoption d’un agenda national fixant les priorités et les attentes du pays notamment par une responsabilisation des centres de recherche.

Un cadre de vie harmonieux pour une société citoyenne

Nous œuvrerons pour une meilleure gouvernance de l’administration, des services publics et des services de sécurité pour plus de sérénité dans la sociéte
88 Nous lutterons contre l’enrichissement illicite. Nous allons créer des commissions d’audit sur la propagation de la corruption dans chaque administration ou organisme public pour identifier l’origine propre du mal et l’éradiquer. Nous allons confier à des juges indépendants et connus pour leur sérieux, ces affaires de corruption.
89 Nous adopterons la semaine des 40 heures en cinq jours pour un vrai repos de deux jours continus.
90 Nous créerons un service de police de proximité agissant de manière préventive pour encadrer la population et lui rendre la confiance et doter les autres corps des moyens nécessaires à la réussite de leur mission en termes d’effectifs, d’équipements et de conditions de travail.
Nous œuvrerons pour une famille épanouie et plus unie
91 Nous prolongerons le congé parental et inciterons les entreprises à créer des structures internes de garde d’enfants pour permettre la proximité des parents et de leurs jeunes enfants
92 Nous réhabiliterons les maisons de jeunes, inciterons le privé à la création de lieux de loisirs adaptés aux enfants et diversifier les activités extra scolaires en multipliant les clubs de sport, de culture, et média-jeunes .
93 Nous œuvrerons pour prévenir la délinquance à travers un cadre de suivi des mineurs. Nous œuvrerons également pour renforcer de la loi de protection des mineurs mendicité mafieuse, délinquance, tabac et autres stupéfiants, prostitution)
94 Pour lutter contre les violences sexistes nous promulguerons une loi générale se fondant sur la déclaration des Nations-Unies relative à cette question et introduisant, notamment, la reconnaissance du viol conjugal et la criminalisation du harcèlement sexuel.
Nous rendrons la culture accessible à l’ensemble des citoyens
95 Nous valoriserons les régions par la culture du terroir. Ancrer la culture au centre de développement de l’homme. Généraliser les espaces de création et de formation culturelle et les bibliothèques dans toutes les agglomérations .
96 Nous encouragerons l’investissement privé dans la culture à travers des exonérations fis cales, par la création et le financement des fondations, et à la Création d’une agence de promotion des investissements culturels
Nous ferons du Tunisien à l’étranger, un citoyen résident à l’étranger a part entière et veillerons au respect de ses droits dans le pays d’acceuil
97 Nous œuvrerons pour que chaque Tunisien soit citoyen chez lui et porte drapeau de son pays à l’étranger. Ainsi nous améliorerons les conditions d’accueil de nos concitoyens, notamment dans les ports. Nous développerons les infrastructures culturelles à l’étranger en coopération avec les pays maghrébins et les missions diplomatiques locales.
98 Nous réformerons le Bureau du Tunisien à l’Etranger pour être une structure d’Accueil avec ses différentes composantes (emploi, sociétés, procédures, etc…).
Nous favoriserons un cadre de vie de qualité propice à l’environnement pour un développement familial harmonieux
99 Nous développerons la part des énergies renouvelables grâce à un montage de mécanismes de financement dédiés à l’efficacité énergétique
100 Nous allons faire de l’esthétique urbaine dans les quartiers populaires une Priorité. Intensifier les espaces verts et les aires de loisirs, Désenclaver les quartiers populaires et les rendre plus humains Nous développerons également des zones vertes autour des centres urbains visant à limiter l’expansion péri-urbaine et à favoriser le développement durable des villes

Mustapha Ben Jaâfar, Secrétaire général d’Attakattol (FDTL): « Il n’y a pas de place, en Tunisie, pour un parti religieux et qui, de surcroît, prétend parler au nom de l’Islam »

Mustapha Ben Jaâfar, Secrétaire général d’Attakattol (FDTL) fait un tour d’horizon de la situation en Tunisie : la Constituante, le positionnement vis-à-vis de la France… L’essentiel à ses yeux est qu’on peut faire de la politique « sans manigances » ni « compromis »…Et pour une question d’identité, il affirme qu’Attakattol est plutôt au ‘’centre-gauche’’.

Le Temps : Le 22mai vous avez annoncé, lors d’un meeting, que dans une semaine, c’est-à-dire, le 1er juin votre programme électoral sera fin prêt. Il tarde à venir semble-t-il.

Mustapha Ben Jaâfar : La date des élections a été reportée. Nous allons donc prendre beaucoup plus de temps pour apporter plus de précision à ce programme qui se prépare à feu doux par une équipe de jeunes compétences dans tous les secteurs politique, social, et culturel. Nous prévoyons une rupture avec la dictature par la réforme des institutions avec la mise en place de pouvoirs séparés, une justice indépendante et une information libre. Nous pensons que l’Etat doit reprendre son rôle de Stratège et de régulateur dans le secteur économique car nous ne pensons pas que la liberté du marché puisse apporter la solution aux injustices qui ont marqué l’ère Ben Ali. Il faudra également s’attaquer aux priorités telles que le problème du chômage qui nécessite un grand effort d’investissement de l’Etat par la création d’un vrai climat d’affaires encourageant l’entreprise privée nationale et internationale. Cela nécessite aussi et fondamentalement une réforme radicale du système éducatif transformé par la démagogie de Ben Ali en véritable fabrique de diplômés chômeurs. Les domaines de la culture et du sport ne sont pas en reste, car c’est à l’école dans des clubs de jeunes et de terrains de sport qu’on forme notre jeunesse et qu’on la prépare à un avenir meilleur.

Etes-vos confiant pour la réussite de ces élections de la Constituante ? Ou alors êtes-vous déçu à cause du report de la date du 24 juillet ?

Les élections sont un point de départ qu’il faut réussir. C’est pour cela que nous ne nous sommes pas laissé entraîner à FDTL par le débat sur la date. La priorité est pour l’organisation d’élections démocratiques et transparentes. Par ailleurs nous sommes déçus, car nous voulions passer à une autre étape de légitimisation des institutions au plus tôt. Mais cela ne doit pas se faire aux dépens de la qualité des élections. Il s’agit de jeter les fondations de la Tunisie nouvelle. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.

Des voix s’élèvent aujourd’hui avançant qu’on aurait pu rééditer la Constitution de 1959 au lieu de la refaire. Histoire de gagner du temps. Qu’en pensez-vous ?

Toutes les hypothèses peuvent être soumises à la discussion. Nous pensons à Attakattol, et en respect à la Révolution et à ses martyrs, qu’il est important de faire un geste fort en tournant la page de la Constitution de 1959 tellement manipulée qu’elle devient méconnaissable.

Vous avez envoyé dernièrement une lettre au Président français. Est-ce qu’on a besoin de la France de Sarkozy?

On a besoin de la France tout court. On ne peut pas vivre à l’écart du monde en autarcie cloisonnée. Aujourd’hui 80% de nos échanges économiques se font avec les pays de l’Europe avec une dominante du sud de l’Europe, la France, l’Italie et l’Espagne. C’est vital pour la Tunisie de garder de meilleurs rapports avec la France. Mais il faut que cela se fasse d’une manière équilibrée sur la base de l’intérêt national qu’on défend bec et ongles dans le respect des valeurs fondamentales de démocratie et des droits de l’Homme.

Est-ce qu’on peut avoir une idée sur le contenu de cette lettre ?

C’est une protestation contre les traitements infligés à nos concitoyens qui fuyant la misère se sont jetés à l’eau, au péril de leur vie, pour rejoindre le nord de la méditerranée. En même temps c’est un appel au Président français pour traiter nos concitoyens en vertu de la déclaration des droits de l’Homme. On a insisté sur le fait qu’il ya d’autres solutions pour aider la Tunisie dans la phase délicate qu’elle traverse notamment par la signature des contrats formation travail, en laissant la liberté à nos concitoyens par la suite, de rentrer chez eux ou de rester en Europe dans la dignité. J’ai, par ailleurs, souligné le paradoxe qui fait que la Tunisie reçoit des dizaines de milliers de réfugiés fuyant la Libye sous le feu de l’OTAN et que l’Europe riche est incapable de recevoir quelques milliers transitant par la Méditerranée.

D’après-vous, le printemps Arabe va-t-il obliger l’Occident à changer son regard vis-à-vis de nous ?

C’est une revendication ancienne du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL). On a toujours critiqué la vision européenne qui privilégie la sécurité et la stabilité aux dépens des libertés et de la démocratie. Nous pensons que la vraie stabilité ne peut être acquise qu’avec une démocratie participative. Aujourd’hui la preuve est faite que démocratie et culture arabo-musulmane se conjuguent pour aller à l’encontre de certaines idées reçues qui ont la vie dure et qui ont considéré que l’Islam et la démocratie sont incompatibles.

L’Occident, il faut dire, a failli à ses devoirs puisque d’une manière ou d’une autre aurait soutenu les dictatures pour que Ben Ali puisse imposer son système dictatorial sur la Tunisie. Cela nous a coûté pas mal de sacrifices.

Vous avez critiqué le gouvernement Ghannouchi. Est-ce que le gouvernement Caïd Essebsi est au dessus des critiques ?

Aucun gouvernement n’est au-dessus des critiques. Les deux gouvernements provisoires n’ont pas réussi à un moment crucial de donner des signaux qui rassurent l’opinion publique en un temps où le Tunisien a perdu sa confiance dans le régime Ben Ali. Nous avons senti que le gouvernement Ghannouchi a privilégié la continuité aux dépens du changement. Le résultat est qu’on n’a pas pu éviter le gâchis. On a notamment perdu un temps précieux et été obligé de reporter la date des élections qui sont un passage d’une situation de transition à la légitimisation de nos institutions. Le gouvernement Essebsi a rectifié le tir, en ce sens où il a montré qu’il est question de faire une rupture avec le passé et en acceptant qu’une institution indépendante représentant les forces vives de la société copilote cette phase transitoire.

D’aucuns considèrent que la révolution égyptienne a pris de l’avance par rapport à la nôtre. On n’a pas encore extradé Ben Ali et accéléré les processus pour récupérer l’argent du peuple volé. Le silence complice du gouvernement Essebsi n’est –il pas préjudiciable?

On ne peut pas comparer deux situations différentes. Il est vrai qu’en Egypte on a marqué quelques points en matière de poursuite contre les symboles de la dictature, mais je pense que la Révolution tunisienne est en train d’avancer non pas d’une manière spectaculaire mais sûre. Cela est dû à l’attitude de notre armée qui s’est comportée en armée républicaine respectueuse de la Révolution et des martyrs. Reste que nous déplorons certaines lenteurs dans les réformes nécessaires aux systèmes sécuritaire et judiciaire. Nous déplorons également la lenteur de la commission indépendante chargée de réglementer le secteur des médias. Nous ne comprenons pas qu’à ce jour il n’y ait pas de règles concernant le financement des partis politiques.


Puisqu’on y est, où est-ce que vous vous positionnez dans le paysage politique et par rapport à ceux qui ne sont pas de votre bord : les islamistes ?

On ne peut pas prendre en compte les schémas occidentaux qui ne correspondent pas forcément à notre situation. Mais bon si l’on prend le modèle français Ettakattol sera au centre gauche. Nous correspondons à la véritable image de la société tunisienne qui est une société de modération enracinée dans sa culture et son histoire arabo-musulmane mais ouverte sur les autres civilisations extérieures dans le respect des valeurs universelles des libertés de la démocratie et de l’égalité homme/femme.

Hamadi Jébali, le Secrétaire général d’Ennahdha, a annoncé lors d’une conférence de presse la semaine écoulée que son parti est « civil ». Comment réagissez-vous à cela ?

On peut soulever certaines contradictions dans les propos des uns et des autres. Il faut dire qu’Ennahdha soumis à des critiques et suscitant certaines peurs essaye d’y remédier en affirmant qu’il est un parti civil. C’est ce que nous avons toujours demandé. Car il n’y a pas de place en Tunisie pour un parti religieux qui prétend parler au nom de l’Islam qui est une référence commune en terre d’Islam. Il va falloir aujourd’hui, juger tout le monde sur ses actes. Les élections sont une occasion historique pour savoir s’il s’agit d’un double langage ou d’une question de changement réel. Cela ne concerne pas uniquement Ennahdha mais tous les partis idéologiques de droite ou de gauche.

Vous êtes présidentiable. Est-ce que la présidence vous tente pour autant ?

Il n’est pas encore temps d’y répondre. Pas avant les élections de la Constituante. Pour le moment l’essentiel pour moi est de faire gagner à Attakattol la place qui convient compte tenu de son combat contre la dictature et de sa capacité de participer à l’édification de la Tunisie nouvelle. Le jour venu, je resterai comme avant au service de l’intérêt national.

Croyez-vous vraiment qu’on peut faire de la politique sans user de manigance et sans compromis ?

Oui cela est possible. Je vous remercie pour cette question car je pense et sans flagorneries que cela correspond à Attakattol qui sur ses trente ans de combat en a donné la preuve. Il a toujours été question pour nous de respecter les valeurs fondamentales et l’action politique qui pour nous doit être conjuguée avec éthique. Et c’est en s’inspirant de ces valeurs que nous avons décidé de nous engager au service de la Révolution et des objectifs définis par ses martyrs.

Est-ce que le militantisme politique et celui des droits de l’Homme sont compatibles ?

En militant des droits de l’Homme je peux vous le confirmer. Il faut savoir mettre la casquette là où il faut quand il le faut. Il ne faut pas oublier qu’au temps de Ben Ali le combat était pour la liberté et les droits de l’Homme, car politique et opposition étaient interdits… Un militant des droits de l’Homme n’est pas moins citoyen qu’un militant syndicaliste ou politique tant qu’il est capable d’éviter les confusions des genres.

Seul un Tunisien sur quatre s'est inscrit pour élire la Constituante

Depuis le 11 juillet, les Tunisiens sont appelés à s'inscrire sur les listes électorales en vue de l'élection de l'assemblée constituante le 23 octobre. Il était hors de question en effet d'utiliser un fichier électoral grâce auquel même les morts avaient le droit de vote, certains vivants pouvaient voter plusieurs fois et d'autres déposer leur bulletin dans l'urne sans même le savoir.
On s'attendait à voir les pionniers du printemps arabe, après des décennies d'élections truquées, de dictature policière, de liberté d'expression bafouée se lancer avec enthousiasme dans l'expérience d'une élection libre et transparente pour choisir leur régime politique. A l'inverse du modèle égyptien, où une réforme constitutionnelle cosmétique a été adoptée par référendum, la pression de la rue avait imposé en Tunisie, une assemblée élue pour refonder totalement le régime. Or, les Tunisiens boudent manifestement cette première phase du processus électoral.
Sur les quelque 7 millions d'électeurs potentiels (pour 11 millions d'habitants), après trois semaines, seules 1,8 million de personnes étaient allées s'inscrire, dont seulement 20% de femmes.
Devant ce résultat décevant, l'Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE), chargée d'organiser l'ensemble des opérations électorales, a décidé de repousser du 2 jusqu'au 14 août la fin de la période d'inscription.

Un air de fiasco

Le démarrage de l'opération avait été, il est vrai, chaotique. Seulement 165 000 personnes s'étaient inscrites durant la première semaine, faisant souffler un air de fiasco sur cette première étape du processus électoral. La procédure repose sur la présentation de la carte nationale d'identité et la lecture d'un code barre qui permet aux 460 bureaux d'inscription d'accéder au même fichier national. Les premiers jours, une panne d'accès au serveur (un grand classique) a bloqué le processus.
Aujourd'hui encore, les connexions ont quelques caprices, mais globalement le problème a été surmonté. La démarche en elle-même prend à peine plus d'une minute et peut être effectuée n'importe où en Tunisie (y compris depuis le 26 juillet, pour les Tunisiens à l'étranger). Une fois l'adresse de résidence, et donc de vote, actualisée, un reçu est remis au nouvel inscrit, avec un autocollant rouge « Je me suis inscris, je vote ! ».
Côté communication, l'ISIE n'a pas lésiné sur les moyens. Campagne d'affichage, encarts dans les journaux, spots TV, page Facebook, bannières internet et même, dans l'intérieur du pays, annonces par haut-parleurs à travers les villages.

Une preuve d'action citoyenne

L'effort a porté quelques fruits. Dans le bureau de Sidi El Béchir, un quartier populaire du centre de Tunis, la moyenne est passée de 200 à presque 500 inscrits par jour depuis le 25 juillet. Les files d'attente se forment et certains futurs électeurs ne rechignent pas à attendre parfois plus de deux heures. Les resquilleurs habitués à leurs anciens privilèges sont vite remis dans le rang.
Certains croient que l'inscription leur permettra de recevoir un peu d'argent, comme autrefois, quand le RCD octroyait une petite aide à des électeurs modestes. Mais dans l'ensemble, à l'instar de Jamila Binous, historienne, venue s'inscrire dans le bureau au cœur de la vieille ville de Tunis, prévaut « la fierté de participer à un moment unique de la vie la Tunisie » de la part de citoyens qui, pour la plupart, n'ont jamais voté.
Mais avec à peine 25% d'inscrits, on est encre loin du compte.

Protestation silencieuse

Cette démobilisation, au-delà d'une distance classique avec le politique, exprime deux malaises. D'abord, une perplexité devant une offre électorale totalement illisible. La Tunisie a passé à présent le cap des 100 partis légalisés. Dans un pays où seul le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) régnait, entouré de cinq autres servant de prétexte à un pluripartisme de façade, c'est beaucoup. Peu familiers des processus électoraux, certains croient d'ailleurs trouver dans les bureaux d'inscription des informations sur les partis.
Le choix d'élire une assemblée a fait passer directement la vie politique tunisienne de l'unanisme obligatoire au jeu des ambitions personnelles rivales et des manœuvres partisanes. Un spectacle qui dissuade beaucoup de potentiels électeurs de devoir choisir entre des partis jugés « tous malhonnêtes ».
Plus sérieux ensuite, le faible taux d'inscription exprime aussi une forme de protestation contre une transition en trompe-l'œil qu'on refuse de cautionner en participant aux élections. Dans plusieurs bureaux, des agitateurs sont même venus clamer haut et fort leur refus de s'inscrire.
A ce stade, néanmoins, le faible taux d'inscription ne compromet pas la réussite des élections. L'objectif de cette phase du premier processus électoral
post-dictature, était d'abord d'offrir aux Tunisiens une occasion de
manifester leur citoyenneté, comme l'a rappelé l'ISIE :
« L'inscription sur les listes électorales est nécessaire parce que c'est
une preuve d'action citoyenne d'une part, et une preuve d'inscription
volontaire d'autre part. »
Si techniquement l'inscription permet de confirmer le lieu de vote pour éviter les mauvaises surprises le 23 octobre, la liste des électeurs sera établie sur la base du fichier de la carte nationale d'identité. Il reste donc encore trois mois aux acteurs politiques tunisiens pour ressusciter l'élan populaire qui a secoué le monde arabe.

Révolution tunisienne : au creux de la vague



Six mois après le déclenchement de la révolution populaire en Tunisie et le départ de Ben Ali,
le chemin à parcourir pour un véritable État démocratique est encore long. Le pouvoir en place, constitué de nombreux anciens collaborateurs de l'ancien dictateur, berce le peuple d'illusions tout en réprimant grèves et manifestations. Le processus révolutionnaire peut et doit se reconstruire.

Quelques mois après le démarrage du processus révolutionnaire tunisien et le départ de Ben Ali, il est difficile de faire un bilan provisoire. Les acquis sont importants, historiques, mais les difficultés immenses.
La police de Ben Ali a par exemple repris le travail, avec les mêmes pratiques répressives et arbitraires, tandis que les comités d’autodéfense des quartiers ont presque tous disparu.
Des comités locaux pour la protection de la révolution, qui ont pullulé partout, ont été partiellement phagocytés par le parti islamiste Ennahdha. Cette reprise en main a été d’autant plus facile que plusieurs autres organisations les ont progressivement désertés pour aller dans les instances officielles. Ceux – quand même nombreux – qui n’ont pas été récupérés par Ennahdha se sont en partie institutionnalisés, jouant le rôle des municipalités ou celui d’intermédiaires avec celles-ci, plutôt que de contribuer à l’organisation et la coordination des luttes. De plus, le coup de maître qu’a réussi le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a été de créer la Haute Instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, instance pléthorique qui s’est rapidement substituée à la plupart des cadres d’auto-organisation de la population et des travailleurs. Plusieurs organisations (politiques, syndicales et associatives), jugeant importante la participation à cette instance chargée de fixer un cadre légal pour l’organisation des prochaines élections de l’Assemblée constituante, s’y épuisent et désertent de fait le terrain des luttes. Dans cette situation, les grèves – qui sont très nombreuses aujourd’hui – restent isolées les unes des autres. Il n’y a donc pas encore de force de frappe commune et les revendications demeurent au mieux sectorielles.

Le rôle de l'opposition
Ce faible niveau d’organisation et de coordination est par ailleurs entretenu par les illusions constitutionnelles. Une nouvelle Constitution démocratique serait élaborée par l’Assemblée démocratiquement élue. Le gouvernement et plusieurs organisations politiques – notamment libérales – propagent l’idée qu’il serait inutile voire irresponsable de poursuivre les grèves et sit-in aujourd’hui et qu’il faudrait plutôt veiller à ce que les élections se passent au mieux. Cette illusion – car comment des élections libres et démocratiques pourraient-elles être organisées avec un appareil d’État benaliste encore en place ? – a gagné du terrain, notamment dans les rangs de la petite bourgeoisie, considérant que l’essentiel – c’est-à-dire les libertés démocratiques – est acquis et qu’il suffit d’attendre sa consolidation par les élections.
Ainsi, plusieurs organisations politiques consacrent beaucoup d’énergie à la préparation de ces élections fixées au 23 octobre (initialement prévues pour le 24 juillet). Et le jeu des alliances fait partie du paysage actuel :
- constitution d’un pôle moderniste avec pour principal objectif de faire barrage aux islamistes, avec des choix économiques libéraux. Le parti Ettajdid en est le pivot.
- Alliances dans la gauche radicale : le Front du 14 Janvier est en difficulté, mais est en train de se reconstituer. Toutes ses composantes initiales n’y retourneront probablement pas, mais il peut être un front de classe dont le rôle ne se limitera pas à la participation au prochain épisode électoral. Le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT) et la Ligue de la gauche ouvrière (LGO) en seraient les principales forces, celles qui ne l’ont en tout cas jamais déserté.
- Alliances en cours autour de l’identité arabo-musulmane. Les militants des organisations nationalistes arabes s’affichent de plus en plus aux côtés d’Ennahdha.

L'épouvantail islamiste
Le pouvoir tunisien préférant avoir les islamistes comme adversaires, plutôt que des travailleurs organisés sur une base de classe – d'autant plus que la situation économique est loin de s’arranger –, ce parti islamiste est de plus en plus médiatisé, essentiellement avec l’objectif – pour le gouvernement – d’en faire un épouvantail qui oblige au statu quo et justifie la répression. Après avoir tenu un discours très conciliant et pro-démocratique jusqu’à fin janvier, les dirigeants d’Ennahdha ont depuis quelques semaines changé de ton et d’attitude. Par des coups de force, ils ont réussi à avoir la mainmise sur certains conseils locaux de protection de la révolution. Sur les droits des femmes, on note un véritable retour en arrière avec des déclarations en faveur de la polygamie, de rejet de la laïcité, avec la réquisition d’écoles et leur transformation en mosquées, avec, lors d’une rencontre avec des membres de l’administration américaine, la citation de l’État d’Israël comme exemple d’État démocratique non laïque !
En plus de l’instrumentalisation de la menace islamiste, le gouvernement utilise aussi toutes les divisions comme le régionalisme ou les résidus de logiques tribales, permettant ainsi d’alimenter des conflits entre populations. C’était le cas à Métlaoui notamment (bassin minier) où les conflits entre tribus se sont soldés par six décès début juillet, à Gafsa où il y aurait eu au moins douze blessés, ou encore au camp de réfugiés de Choucha près de la frontière libyenne, où des tentes ont été incendiées.
Dans le même temps, le gouvernement tente d’apaiser les esprits en organisant des procès en trompe-l’œil de Ben Ali et des symboles de son régime. Mais certains proches de Ben Ali ont été blanchis, d’autres condamnés à quelques mois de prison avec sursis. Concernant Ben Ali et son épouse, des procès expéditifs leurs sont faits et des condamnations lourdes sont prononcées et s’accumulent sans que cela permette de rendre la moindre justice : ils sont réfugiés en Arabie saoudite et l’État tunisien ne fait pas grand-chose pour obtenir leur extradition ; leur fortune – amassée aux dépens du peuple tunisien – leur appartient. Le procès du système, lui, n’est pas à l’ordre du jour.

Les pressions extérieures
L’épouvantail islamiste, les divisions multiples, les illusions constitutionnelles entretenues, les tentatives d’apaisement ont pour conséquence, voire pour objectif, de détourner l’attentions des questions de fond. Car concernant les injustices sociales, rien n’a changé depuis six mois, à tel point que pour les habitants des régions de l’intérieur de la Tunisie, là où le taux de chômage est le plus élevé et d’où est partie la révolution, le sentiment d’être « les oubliés de la révolution » est omniprésent. Dans certaines communes, les besoins les plus élémentaires ne sont pas garantis, tels que l’accès à l’eau potable, l'électricité, etc. Des manifestations et des sit-in se multiplient, montrant au grand jour des disparités invraisemblables entre régions et communes. S’ajoute à ces injustices une inflation insupportable. Un des exemples révélateurs est celui de la colère des paysans contre les industries agroalimentaires qui se remplissent les poches en imposant des prix extrêmement bas pour les matières premières.
Une campagne contre le paiement de la dette a été lancée, notamment par des militants de la LGO, mais n’est pour l’instant pas très populaire. En fait, les médias n’en parlent pas ou seulement pour dire : « nous sommes un peuple responsable, nous payons nos dettes ». Les forces militantes sont encore faibles pour propager l’idée de l’illégitimité de la dette. Ce n’est en tout cas pas l’axe de lutte ou de campagne privilégié par la plupart d’entre elles.
À toutes ces difficultés s’ajoute le rôle de différentes puissances impérialistes. Ainsi, la formation des gouvernements successifs depuis la chute de Ben Ali a été supervisée par l’administration américaine.
L’impérialisme français est pourtant celui qui est rejeté avec le plus de force, vu l’image néocoloniale de l’État français, sa connivence avec Ben Ali et maintenant avec un gouvernement provisoire dénué de toute légitimité et enfin l’accueil réservé par le gouvernement français aux migrants tunisiens transitant par Lampedusa.
De plus, les entreprises françaises installées en Tunisie depuis des décennies sont toujours là, continuent d’exploiter les travailleurs dans les mêmes conditions, voire avec d’autant plus de pression, avec des menaces de lock-out pour briser les grèves.

Poursuivre le mouvement
Ce tableau qui semble sombre correspond aux difficultés que peut connaître tout processus révolutionnaire et ne préjuge en rien de la suite des événements. Il n’empêche pas de constater l’importance des victoires partielles réalisées depuis six mois. De plus, depuis le début du processus, aucune défaite majeure n’a été enregistrée, et si le processus marque le pas, c’est aussi qu’il faut le temps d’assimiler toute l’expérience accumulée avant d’organiser la suite.
L’acquis le plus important, fondamental pour la suite du processus, c’est la disparition de la peur parmi une population qui, après un long silence forcé, discute désormais de la situation politique dans les lieux publics, sur les lieux de travail, critique et dénonce les membres du gouvernement, s’organise et lutte contre les « restes de la dictature ». L’idée que la lutte paye correspond aujourd’hui à des acquis concrets : le départ du dictateur, des gouverneurs, des dirigeants corrompus d’entreprises publiques et privées, sous la pression des masses mobilisées, ainsi que les titularisations de salariés précaires et les augmentations conséquentes de salaire pour des milliers de travailleurs. Une nouvelle tentative d’occupation de la place de la Casbah a eu lieu pour dénoncer l’inertie du gouvernement. Malgré la répression policière, en ce début d’été, les manifestations commencent à regagner les quartiers populaires des grandes villes du pays.
Ces expériences ont été partagées au-delà des frontières tunisiennes, renforçant l’espoir soulevé par ce processus. Ainsi, chaque pas en avant réalisé par un peuple en lutte – comme la lutte acharnée du peuple syrien, le départ du président yéménite ou le regain de colère et de mobilisations en Égypte – est une motivation supplémentaire pour les travailleurs et la population en Tunisie pour poursuivre et approfondir leur révolution. De même pour la colère qui gagne la jeunesse et les travailleurs de l’État espagnol et de la Grèce, qui peut se propager aux autres pays d’Europe touchés par la crise et confrontés de manière de plus en plus concrète à la question de la dette.
Un été méditerranéen sous le signe des luttes sociales semble démarrer.
Wafa Guiga

Chronologie de la révolution tunisienne

17 décembre 2010 : immolation par le feu de Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid.

19-20 décembre 2010 : début du mouvement social contre le chômage et la vie chère à Sidi Bouzid.

24 décembre 2010 : la révolte s’étend à Menzel Bouzaïane. La police tue par balles deux manifestants.

28 décembre 2010 : Ben Ali dénonce une « instrumentalisation politique ».

30 décembre 2010 : limogeage du gouverneur de Sidi Bouzid.

3-7 janvier 2011 : violences dans tout le centre-ouest du pays. Manifestations dans toutes les régions.

8-9 janvier 2011 : à Tala, Regueb et Kasserine la police tue par balles plus de 30 manifestants.

10 janvier 2011 : Ben Ali dénonce des « bandes cagoulées » et promet la création de 300 000 emplois.

11-13 janvier 2011 : poursuite des violences policières. Manifestations de masse organisées par l’UGTT dans plusieurs régions.

13 janvier 2011 : Ben Ali annonce des réformes politiques et promet de ne pas se présenter aux élections présidentielles de 2014. L’opposition modérée (Ettajdid, PDP, FDTL) salue ce discours et appelle au dialogue.

14 janvier 2011 : manifestation historique devant le ministère de l’Intérieur de 9 à 15 heures. Dispersion violente. L’état d’urgence est décrété. Ben Ali quitte le pays.

16 janvier 2011 : mebazaa’, président de l’Assemblée nationale, prend la présidence de la République par intérim. Ghannouchi, Premier ministre, garde son poste et compose un nouveau gouvernement, majoritairement composé de membres du RCD. Ettajdid et le PDP y participent. Le FDLT se retire dès le lendemain.

15-22 janvier 2011 : la police déserte les rues. Les milices du régime sèment la terreur, pillent, saccagent et agressent la population. Celle-ci organise son autodéfense.

20 janvier 2011 : dix organisations de la gauche radicale et des nationalistes arabes créent le Front du 14 Janvier.
Les ministres étiquetés RCD annoncent leur démission du parti-État.

22 janvier 2011 : une « caravane de la libération » part du centre du pays (Sidi Bouzid, Menzel Bouzaïane et Regueb) vers la capitale pour exiger le départ de toutes les figures RCDistes du gouvernement. Dès le 23 janvier, les manifestants campent place de la Casbah devant le siège du gouvernement.

27 janvier 2011 : après cinq jours d’occupation de la Casbah, Ghannouchi procède à un remaniement ministériel tout en poursuivant la répression des manifestants, dont l’évacuation violente de la Casbah.

7-9 février 2011 : dissolution de l’Assemblée nationale et du Sénat ; suspension de la Constitution ; préparation d’une loi d’amnistie.

11 février 2011 : 26 organisations politiques et associatives, avec l’UGTT, forment le Conseil national de protection de la révolution (CNPR). Des comités locaux voient le jour partout.

21-27 février 2011 : les Casbah de Tunis et Sfax sont occupées : les manifestantEs veulent une constituante plutôt que des élections présidentielles. Le 27, Ghannouchi démissionne et Béji Caïd Essebsi le remplace. Il propose l’organisation d’élections d’une Assemblée constituante pour le 24 juillet 2011 avant de la reporter au 23 octobre. Il met en place la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution dont la principale tâche est l’organisation des élections.

9 mars 2011 : dissolution du RCD par décision de justice.

Mars-juin 2011 : les mobilisations se poursuivent, mais sont moins massives et peu coordonnées.

20 juin 2011 : début d’une série de procès expéditifs contre les Ben Ali.

jeudi 21 juillet 2011

Tunisie : marche pacifique contre la violence

Initiative de son parti, Ahmed Najib Echebi, Président du PDP a indiqué à Investir en Tunisie que la marche vise à dénoncer la violence et a soutenir le gouvernement provisoire : « Devant les tentatives de faire semer le désordre, et la violence en Tunisie, plusieurs parties visent à baisser le gouvernement consensuel. C’est un travail pour faire entrer le pays de nouveau dans un tunnel de violence et de terreur. Les partis ont appelé les citoyens à participer à la marche pour dire non au terrorisme et oui à la date du 23 octobre ». La marche a démarré place de la République et s’est dirigée vers le siège de la TV nationale, avenue de la Liberté.
La manifestation s’est déroulée dans le calme. Aucun imprévu n’a été enregistré.
Les partis participants sont les suivants : Le Pole démocratique Moderniste, Ettajdid, PDP, FDTL, Afek Tounes, Parti Communistre de Gauche, Le parti de consensus Républicain, Mouvement de citoyenneté et de justice, Parti du Travail Tunisien.



mercredi 20 juillet 2011

La Tunisie redoute une contre-révolution

Après une série d'incidents violents, l'ensemble des forces politiques dénonce une tentative de déstabilisation. 

Six mois après la fuite de l'ex-président Ben Ali, la fragile Tunisie demeure hantée par le spectre d'une contre-révolution. Depuis quelques jours, une série de manifestations et d'incidents violents alimentent de nouveau cette crainte. Dans la nuit de samedi à dimanche, plusieurs commissariats de police ont été attaqués un peu partout dans le pays. À Menzel Bourguiba, une localité située à une soixantaine de kilomètres de Tunis, le ministère de l'Intérieur affirme que «des extrémistes religieux mêlés à des délinquants ont pris d'assaut le poste de police et volé des armes».
Même scénario à Kairouan, Sousse, Hammam Ghzez, al-Agba et Tunis, dans le quartier populaire d'Intikala, où plusieurs centaines de personnes, dont certaines armées de pierres et de cocktails Molotov, ont affronté pendant plusieurs heures les forces de l'ordre. La tension a culminé à Sidi Bouzid, ville emblématique où avait commencé la révolution tunisienne, lorsqu'un adolescent a été tué pendant la dispersion d'une manifestation. Le garçon, âgé de 14 ans, aurait été tué par le ricochet d'une balle tirée en l'air par un policier. Mardi enfin, un gazoduc a explosé dans la région de Zaghouan (Nord-Est). Selon le ministère de l'Intérieur, il s'agirait d'un attentat.
Tunis bruisse à nouveau de spéculations sur les forces obscures qui auraient téléguidé ces dérapages. Certains y voient une manipulation de puissants réseaux «rcdistes», le parti dissous de Ben Ali. D'autres pointent du doigt les milieux salafistes. Dans un discours télédiffusé lundi, le premier ministre a ainsi mis en cause «des mouvements extrémistes religieux». À l'instar de l'ensemble des forces politiques, Béji Caïd Essebsi a dénoncé une tentative de déstabilisation : «Il y a des troubles pour empêcher la tenue des élections… Ceux qui ont volé des armes veulent renverser le régime.» Le chef du gouvernement a cependant assuré que l'élection d'une assemblée constituante «aura lieu, bon gré mal gré», comme prévu le 23 octobre.

Ennadha tente de rassurer 

Mardi, se sentant visés par ces accusations, les islamistes d'Ennahda ont nié, lors d'une conférence de presse, être derrière ces troubles. Rached Ghannouchi, le président d'Ennahda, a reconnu que «certains essayent de provoquer les jeunes islamistes et de les entraîner dans la violence dans le but de reporter les élections. Nous les appelons à ne pas réagir à ces provocations» . Donné grand favori du scrutin, le parti islamiste s'est efforcé de rassurer en dénonçant lui aussi ces violences et en s'engageant à ce que les échéances électorales soient respectées.

L’ONU fait confiance à la Tunisie

L’ONU s’est dite confiante quant à la réussite de la Tunisie dans l’établissement du processus démocratique, a précisé M. Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint des Nations Unies, chargé des affaires politiques.
Lors d’un point de presse tenu mardi 19 juillet 2011, M. Pascoe a exprimé son admiration envers la Révolution, qui est selon lui, un modèle et un point de départ du processus de changement dans le monde arabe : « La Révolution tunisienne était à la bonne garde. Le peuple doit être fier de tout ce qu’il a fait. Je suis confiant et tout le monde est là pour vous accompagner durant cette phase délicate ».
Le responsable onusien a indiqué que la route vers la démocratie n’est pas facile et rapide : « Les Tunisiens doivent être plus patients en cette période. Vous avez témoigné au monde entier de l’aide des Nations Unies et nous sommes pleinement convaincus de ça ».
M. Pascoe a affirmé que l'ONU est prête à soutenir la Tunisie en cette étape transitoire et à contribuer à la réussite des prochaines élections : « Nous allons mettre à votre disposition notre savoir-faire et toute l’expertise acquise en matière des droits de l‘homme, de l'organisation des élections dans leurs différentes phases, en l'occurrence le vote, le dépouillement et la proclamation des résultats du scrutin.
L’ONU dispose de nombreux programmes que la Tunisie peut les utiliser en matière des droits de l’homme, de l’éducation, de l’Etat ... C’est aux Tunisiens à décider qu’est ce qu’ils veulent faire et comment ».
M. Pascoe a, également, exprimé sa considération envers la Tunisie, gouvernement et peuple, pour les efforts déployés en vue de venir en aide aux déplacés en provenance de Libye et pour la solidarité et l'accueil chaleureux qui leur ont été réservés afin qu'ils parviennent à surmonter leur rude épreuve.
Accompagné d’une délégation onusienne M. Pascoe s’est entretenu avec plusieurs membres du gouvernement de transition, à savoir le président de la République par intérim, le Premier ministre, les ministres de l’Education, des Affaires étrangères et de la Justice. Il s’est entretenu également avec les membres de l’Instance supérieure indépendante pour les élections.

Tunisie: levée de boucliers contre les tentatives de déstabilisation du pays

TUNIS (AP) — Le Parti démocratique progressiste (PDP), l'une des principales formations politiques en Tunisie, a appelé mardi à la constitution d'un front des forces démocratiques pour faire face aux tentatives de déstabilisation du pays.
Cet appel intervient à la suite de la flambée de violence qui a sévi ces derniers jours à Tunis et dans plusieurs régions de l'intérieur du pays attribuée par le gouvernement à des "courants extrémistes religieux", une allusion évidente au mouvement Ennahdha et au parti islamiste radical "Attahrir" (non reconnu) ainsi qu'à des courants d'extrême gauche.
Selon le Premier ministre Béji Caïd Essebsi, ces troubles "prémédités" visent à entraver le processus de transition devant aboutir aux élections du 23 octobre pour la mise en place d'une assemblée constituante.
Lors d'une conférence de presse, le fondateur du PDP, Me Néjib Chebbi, a annoncé que son parti allait engager "d'urgence" des consultations avec "les partis attachés à un processus électoral pacifique", dont le mouvement "Ettajid" et le parti "Al Wifak".
"Le but de ces consultations est de prendre des initiatives communes de terrain pour défendre le régime républicain et préserver l'échéance électorale de tout revers", a-t-il précisé. Il a déclaré adhérer à l'analyse "positive" du Premier ministre qui a insisté sur le respect de la date prévue pour les élections.
Tout comme d'autres partis parmi la centaine légalisée après la chute du régime Ben Ali, le mouvement "Ettajdid" (Le Renouveau) d'Ahmed Brahim a "vigoureusement dénoncé les actes criminels" visant à déstabiliser le pays.
Dans un communiqué transmis à l'Associated Press, il appelle toutes les composantes de la société civile, et en particulier la puissante centrale syndicale, l'UGTT, "à faire face à toutes les formes de violence et à adopter un discours politique raisonné qui garantisse le succès de la transition démocratique du pays".
Le chef d'"Ennahdha", Rached Ghannouchi, dont le mouvement est pointé du doigt, s'est déclaré "surpris" par les accusations implicites adressées à sa formation.
"Nous refusons la violence et nous la condamnons d'où qu'elle vienne, tout comme nous condamnons le comportement de l'appareil policier à l'égard des manifestants", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse mardi.
"Ce pays nous appartient à tous et il n'y a pas lieu de nous diaboliser les uns les autres", a-t-il martelé, en appelant à "une enquête sérieuse et neutre" sur les troubles qui ont secoué le pays. AP

Tunisie: un projet de loi interdit le financement étranger des partis

TUNIS — La Haute instance chargée de piloter les réformes dans la Tunisie post-Ben Ali a adopté mercredi un projet de décret loi interdisant tout financement étranger aux partis politiques, à trois mois de l'élection d'un assemblée constituante le 23 octobre.
Cette mesure qui sera soumise au gouvernement de transition a été prise en l'absence du puissant parti islamiste Ennahda, qui boycotte la haute Instance. Ennahda est soupçonné par de nombreux observateurs de recevoir des fonds de l'étranger, notamment de pays du Golfe.
Le texte en 30 articles prohibant formellement "tout financement étranger direct ou indirect" et toute subvention venant d'organismes privés ou publics, en dehors de l'Etat, a été adopté par 82 des 88 membres présents, cinq s'étant abstenus et un a voté contre.
Le projet de décret loi sera soumis à l'examen du gouvernement de transition jeudi, a indiqué à l'AFP Yadh Ben Achour, président de la Haute instance, se disant "soulagé" de l'adoption du texte par "une écrasante majorité".
Il a néanmoins exprimé sa frustration par l'absence d'Ennhada, dont le boycott a été suivi par celui du Congrès pour la république (CPR) de Moncef Marzouki.
"Mon soulagement sera total lorsque ceux qui ont suspendu leur participation se rejoindront à nous", a-t-il ajouté, affirmant qu'il allait reprendre le dialogue en panne avec le parti islamiste longtemps interdit et légalisé après la chute du régime de Ben Ali le 14 janvier.
Un dirigeant de ce parti, joint par l'AFP, a nié que sa formation soit contre le projet sur le financement des partis et expliqué son boycott de la Haute instance par son fonctionnement jugé partial et "anti-démocratique".
"Nous ne sommes pas contre le projet de décret loi sur les partis", a dit Samir Dilou, "mais contre le fonctionnement de la Haute instance".
Selon lui, Yadh Ben Achour a "un parti pris et son instance n'a pas de légitimité, ses membres n'étant pas élus".
Egalement très critique à l'égard de la Haute instance, le PDP (parti démocratique progressiste), que des sondages placent en deuxième position des intentions de vote après Ennahda, a participé mercredi à l'adoption du projet de décret.
Ces deux principales forces avaient contesté le projet qui risque, selon des observateurs, de réduire leurs marges de manoeuvre politique avant le scrutin du 23 octobre.
Outre l'interdiction de financement étranger, le texte consacre une limite aux donations privées et impose aux partis de désigner des commissaires au compte parmi les experts comptables attitrés.
Il plafonne à 60.000 milles dinars (30.000 euros environ) le montant des donations annuelles par personne physique et fixe à 200.000 dinars (100.000 euros) les engagements souscrits auprès des lignes de crédit.
Les partis politiques n'ont pas le droit d'offrir des privilèges en argent ou en nature aux électeurs, une interdiction qui pourrait là aussi contrarier Ennahda, très actif sur le terrain social.
Le texte énonce en outre les corps interdits de vote (militaires, magistrats, policiers, douaniers, responsables locaux...).
En chantier depuis plusieurs semaines, le décret loi a donné lieu à des débats houleux dans la Haute instance composée de différents courants et chargée de mener le processus politique jusqu'à l'organisation de premières élections "libres" de l'histoire de la Tunisie.

mardi 19 juillet 2011

Tunisie: «Toutes ces femmes ont joué un rôle prépondérant dans la révolution»


Ils sont issus de cette mouvance associative post-révolutionnaire et sont épris d'espoir et de liberté. Chaque jour, ils s'appliquent à écrire de nouvelles pages en mettant leur dynamisme et leurs compétences au service d'un pays en reconstruction. Témoignages de citoyens tunisiens. 

Khedija Lemkecher, réalisatrice, association des réalisateurs tunisiens.

« Le cinéma tunisien a beaucoup souffert des années de répression, la censure a trop longtemps étouffé la créativité des cinéastes. Cette révolution, c'est pour nous un second souffle.
Nous nous sommes réunis avec 5 autres cinéastes, de toutes générations, paritairement hommes et femmes afin d'être en accord avec cette valeur d'équité qu'on souhaite dans toute société. Nous avons écrit un projet traçant le portrait de six femmes tunisiennes issues de différents millieux sociaux et régionaux.
Qu'il s'agisse d'Olfa Riahi journaliste et militante, organisatrice de la Caravane de vérité ou encore de Faïda Hamdi l'agent municipal accusée d'avoir giflé Bouazizi - ce commerçant ambulant qui s'est immolé mettant le feu aux poudres de la révolte - toutes ces femmes ont joué un rôle prépondérant dans la révolution tunisienne.
Ces portraits sont mis en scène et sont esthétiquement très épurés; ce qui nous distingue d'un documentaire classique. Notre intention est de poser un regard différent sur ces femmes. Elles luttent et se sont incarnées et révélées dignement au sein de la révolution. Elles ont montré une image à contre-courant de la vision misérabiliste et mélodramatique de la femme, telle qu'elle est portée par les médias.
Nous sommes actuellement en plein tournage. Nous connaissons parfois des difficultés à filmer dans les quartiers populaires encore peu sécurisés dont sont issus la majorité des protagonistes mais nous sommes déterminés à aller jusqu'au bout. La Tunisie, dans son ensemble, aspire à la démocratie mais certains extrémistes religieux n'hésitent pas à remettre en question les droits fondamentaux et les acquis de la femme tunisienne.
Ce film sera le premier d'une série intitulée « Femmes du printemps ». Nous sommes d'ores et déjà en contact avec des réalisateurs lybiens et nous souhaitons étendre ce projet à d'autres pays du monde arabe tels que la Syrie, la Jordanie, le Maroc etc.
En différents points les femmes y subissent des pressions et sont aussi victimes de tout un système idéologique machiste. Pour autant et plus que jamais, elles manifestent partout leur désir de changement et d'émancipation dans la lutte. Elles portent désormais les germes de la révolution tunisienne. Ce sont elles que nous souhaitons soutenir et porter ».

BEJI CAID ESSBSI PIDE DEFENDER REVOLUCION

TUNEZ, 18 (ANSA) - El primer ministro provisorio de Túnez, Beji Caid Essebsi, hizo un llamamiento a los ciudadanos para que defiendan las conquistas y los objetivos de la revolución, despues que un joven de 14 años murió en enfrentamientos entre manifestantes y policías en Sidi Bouzid.
    Según las fuentes, el joven murió al ser alcanzado por un disparo durante los enfrentamientos, en los que también resultaron heridas otras dos personas y nueve detenidas.
    La adolescente, identificado como Thabet Belkacem, falleció en un hospital de Sidi Bouzid. Según la primera reconstrucción de los hechos, la policía abrió fuego cuando algunos agentes fueron atacados con botellas incendiarias y piedras.
    Luego de los hechos de violencia, el primer ministro provisorio de Túnez, Beji Caid Essebsi, hizo un llamamiento a los tunecinos para que defiendan las conquistas de Túnez y los objetivos de la revolución y hagan frente común contra quien atente contra la seguridad nacional.
    El gobierno de transición continuará su misión hasta el 23 de octubre próximo, fecha de la elección de la Asamblea constituyente, dijo Essebsi.
    El premier lanzó un ataque directo a los "partidos políticos" y "movimientos marginales", que "no están listos para las elecciones".
    Sidi Bouzid es la ciudad donde, el 17 de diciembre del 2010, un joven comerciante ambulante, Mohamed Bouazizi, se prendió fuego y falleció tras una semana de agonía.
    Se trató de un suicidio para protestar contra una sanción administrativa que le habían aplicado, y que dio inicio a la "revolución de los jazmines" que, el 14 de enero, culminó con la fuga del dictador Zine El Abidine Ben Ali.
    Sin embargo, las reivindicaciones y los reclamos continuaron en los últimos meses en esta región del país, afectada por una grave crisis ocupacional.
    Las circunstancias de la muerte del joven de 14 años serán investigadas por la justicia militar y no la ordinaria, anunció un portavoz del Ministerio de Justicia, quien precisó que ya nombró a un juez de instrucción. BY5